Remous

Sanji fila immédiatement sur la terrasse supérieure qui devait donner sur la cuisine, une odeur de nourriture sortant de la pièce qu'il venait d'ouvrir. D'ailleurs il sentait le pain tiède et la farine, un peu comme Penguin, mais en moins sucré, plus épicé. Tout l'équipage des Hearts Pirates monta à son tour sur le pont, et les discussions commencèrent activement, demandant les dernières nouvelles.

Wow. Ils vont vite les pirates. Une seconde auparavant, ils manquaient de deux doigts le massacre, (certes, c'était un peu de ma faute...) et maintenant, ils faisaient copain-copain. Eux, ils ne sont pas rancuniers au moins ! Je commençais à désespérer pour la race humaine en la personne de mon capitaine. La race humaine n'était pas aidée avec lui il fallait l'admettre.

Un léger vent balayait le pont du Sunny Go, rafraîchissant les équipages. La chaleur de la journée approchait de son apogée à cette heure. Je me dirigeai vers Law, qui se tenait à distance respectable du sabreur aux cheveux verts, le Nodachi posé à côté de lui

- On va rester avec eux un moment, Law ? Lui demandai-je doucement, attirant son attention jusqu'alors concentrée sur le déroulement des opérations.

Il se tourna légèrement vers moi, les cernes sous ses yeux atténués par la lumière du soleil. Sa peau bronzée semblait absorber la lumière pour la faire rejaillir au travers du gris brillant de ses yeux d'acier. Je frissonnai sous ce regard. Pour une fois, son odeur ne me sauta pas dessus –et moi non plus – et je pus rester concentrée sans m'approcher de trop.

- L'équipage a besoin de se défouler un peu, et une fête ça fait du bien, de temps en temps. Expliqua-t-il, sans vraiment faire attention.

Je fronçai les sourcils, agacée par son attitude désintéressée, et tirai sur une de mes mèches.

- Qu'est-ce qu'on fait pendant une fête entre pirates ?

- Tu découvriras ce soir. Finit-il en se détournant vers Bepo, qui s'approchait de lui, laissant son sabre contre le mur de bois. En, attendant, vas aider Jean Bart et Marle à transporter la nourriture et l'alcool sur le bateau des Mugiwaras.

Je restai plantée seule sur le pont, un peu vexée. Enfin, devant une meute ennemie, l'alpha se devait d'être plus dur en apparence. Et encore cette histoire d'alcool ! Mais qu'était-ce la fin ? Préférant obéir, pour une fois, j'acquiesçai dans le vide et filai vers l'échelle sans attendre.

Au bout de deux-trois heures, je pus enfin souffler. Nom d'un chien ! On m'avait plaqué une étiquette bête à tout faire ou quoi ?

Bête à tout faire... Ha ha.

J'avais dû me farcir je ne sais combien d'aller-retour entre les deux bâtiments rien que pour la nourriture, mais, avec ça, Law m'avait surchargée de travail alors que la moitié de l'équipage se tournait les pousses à tailler une bavette avec les hommes de Luffy. Certes je n'aurais pas dû désobéir, et venir avec lui, mais ce n'était pas une raison pour me crever à la tâche. Sale fou furieux !

J'avais profité de quelques minutes de pause pour me changer, troquant ma tunique bleue et mon pantalon blanc contre un léger tee-shirt orange auquel j'avais fait un nœud en bas, avec un petit short blanc tout simple en coton.

Je n'en pouvais plus. Je m'étalai bras par-dessus le bastingage tribord du Sunny Go, comme l'appelait l'équipage, et restai là une seconde, transpirante, savourant l'air marin qui venait glisser sur mon visage. Le bois brûlant chauffé par le soleil me fit grimacer, mais le vent était déjà plus frais dans ce début de soirée. Aah, ça fait du bien...

Le soleil commençait tout juste à décliner. Il devait être proche de vingt heures, beaucoup plus tard que je ne croyais. La fête s'organisait peu à peu. On avait dressé des tables dehors avec des bouteilles et des tonneaux remplis de cet « alcool ». La cuisine laissait échapper des odeurs délicieuses, et je sentis mon estomac gargouiller. Faaiimmm...

Law était apparemment occupé ailleurs, nulle part en vue sur le pont, et j'en profitai pour me reposer une seconde. Penguin vint s'accouder à ma droite, me souriant sous sa casquette.

- Le capitaine est impitoyable, pas vrai ? Dit-il avec un regard compatissant.

- Mortel... soufflai-je sans bouger, toujours affalée très élégamment sur la rambarde, les bras pendant dans le vide.

- Fallait pas lui désobéir ! Persifla-il. Ça t'apprendra !

Il posa sa main sur ma tête et m'ébouriffa les cheveux. Je ris et me débattis un peu, avant de m'asseoir par terre, le dos contre la rambarde, dans l'herbe fraîche. Quel bonheur cette herbe, et quelle merveilleuse odeur d'humidité et de nature. Penguin m'imita, plaçant son épaule contre la mienne. J'appréciai ce contact, et il acheva de débarrasser mes muscles de la tension accumulée.

- Ça va être une belle fête ! Sourit le pirate, contemplant l'activité sur le pont.

- Tu as aidé le cuisinier des Mugiwaras ? Demandai-je, tournant ma tête vers lui.

- Bien sûr, on a fait chacun notre part. Tu sais que Jean Bart et Nami, la rousse, ont beaucoup, beaucoup discuté ensemble ? Lança-t-il alors sur le ton de la confidence, une lueur malicieuse dans les yeux.

- Elle est leur navigateur ? Demandai-je.

- Navigatrice. Corrigea le cuisinier. Oui, et elle est douée de l'avis de notre grand gars !

Je ris, heureuse de pouvoir avoir un instant de calme, à discuter avec Penguin. Il s'étira à côté de moi, tendant son visage vers les derniers rayons du soleil déclinant. Je restai quelques secondes silencieuses, puis me relevai avec un soupir.

- Bon, ça va bientôt commencer non ?

Il me sourit.

- Ça ne devrait plus tarder, en effet !

Je lui rendis son sourire, puis me dirigeai vers le squelette, Brook à ce que j'avais retenus. Une odeur de renfermé et de lait, avec une pointe de sel. Très bizarre et qui agressait un peu les sinus, mais pas si désagréable quand on s'y habituait. Il avait sorti une espèce de bureau avec des plaques noires et blanches qui produisaient un son quand on appuyait dessus. Un beau son. Me demande bien comment ça marche ce truc.

Il m'accueillit avec plaisir, et je me juchai sur le dessus de la sorte de table, en face de lui, écoutant la mélodie qu'il jouait.

- Tu es... hésitai-je.

- Oui, Aylan-san ? Dit-il, relevant sa tête aux orbites vides vers moi.

Il était vraiment bizarre ! Je n'avais jamais vu un squelette parlant avant, c'était un peu perturbant de parler à un tas d'os. Moi les tas d'os que je voyais, c'était ceux que je venais de manger…

- Ce que tu fais là... - j'agitai ma main vers les siennes- c'est quoi ?

- De la musique ! Et c'est un piano. Je suis musicien. Répondit-il.

- C'est ça, musicien... J'adore le son que ça fait. Murmurai-je alors, la tête penchée sur le côté, écoutant avec attention.

- La musique a toujours charmé mes oreilles. Cela dit, je n'ai pas d'oreilles...Yohohoho !

Ses mains se déplaçaient avec aisance sur les touches, c'était presque hypnotisant ! Je me demandais si je saurais faire la même chose quand une voix dans mon dos brisa le fil de mes pensées.

- C'est beau.

Je me retournais, et aperçu Jean Bart, qui s'était approché, accompagné de Nami. Son odeur de mandarine parvint brièvement jusqu'à moi, mais mon odorat me refit défaut, et son parfum disparut. Je retins de justesse un juron agacé, et tachai de me recentrer sur la musique qui se faisait plus entraînante, oubliant ma frustration quant à la maîtrise de mes capacités.

Mon pied commença à battre de lui-même la cadence sur le piano. Un instant surprise, je me laissai finalement faire par la musique, me balançant doucement, en rythme.

- J'AI FAAIIMMM ! SANJIIIII ! Hurla alors Luffy à l'autre bout du pont, à l'arrière.

Tient, il y avait longtemps ! Je souris en le voyant, puis écarquillai les yeux. Son bras s'était brutalement allongé pour venir agripper la rambarde du pont supérieur, menant entre autres aux cuisines, et l'avait propulsé sur cette dernière !

- Qu'est-ce que... murmurais-je, stupéfaite.

- Luffy est un homme élastique. M'expliqua Nami. Il a mangé le Gomu Gomu no Mi.

- Trop fort ! M'exclamai-je.

Très intéressée, je sautai au bas du piano noir, et bondis à mon tour pour attraper la barrière de bois, me hissant à la force des bras. Luffy me regarda monter avec un immense sourire. Je vous ai déjà dit que j'adorais ce gars ?

- T'es un homme élastique ?! Dis-je, toute excitée, une fois parvenue à son niveau.

- Ouais ! Répondit-il en riant. On peut faire plein de trucs comme ça ! Tu veux voir ?

- Montre-moi !

Il me tendit sa main, je la pris avec prudence, surveillant à la fois l'ombre en moi et mon odorat légèrement défectueux, mais qui resta faible. Je tirai dessus, d'abord timidement, puis avec plus d'entrain. Le bras s'allongea facilement.

-Trop cool ! C'est génial comme pouvoir ! M'écriai-je, ravie du nouveau jeu.

Je tendis la main et attrapai sa joue, tirant dessus. Elle s'allongea aussi ! Il n'avait pas l'air fin comme ça. Hé hé ! Je jouai avec ses deux joues, m'amusant à les allonger et remettre en place, le faisant grimacer alors qu'il riait. Après, j'eus une idée beaucoup plus marrante. Je repris la tête du garçon entre mes mains, tirai à nouveau sur ses joues, puis lâchai d'un coup. Il sursauta quand l'effet élastique lui revint en pleine face ! J'éclatai de rire devant sa tête un peu sonnée.

Tout aussi content, le jeune capitaine me montra les différentes attaques qu'il pouvait faire, bondissant agilement tout autour de moi. Il avait des techniques vraiment bizarres, surtout celle où il se met à fumer... A un moment, il attrapa l'une des poutres qui maintenaient la voile repliée, et se hissa dessus. Il me fit coucou, un grand sourire sur le visage. Ne voulant pas rester derrière, j'attrapai une corde enroulée près de la porte de la cuisine, et la lançant, l'enroulai autour du même morceau de bois. Je me hissai de quelques mètres, puis m'amusai à me balancer, vite rejointe par Luffy, qui faisait sans problème le tour du mât avec ses bras.

Je riais, ça faisait longtemps que je n'avais pas joué comme ça avec quelqu'un d'aussi exubérant ! Des voix nous appelèrent.

- Hé ! On commence sans vous !

- Luffy ! C'est prêt !

- MANGEEERR ! Hurla-t-il immédiatement, me vrillant les oreilles.

Je grimaçai tant pour le bruit que pour la fin du jeu. Il sauta aussitôt au sol, ses bras suivant le mouvement dans un claquement, et je l'imitai, glissant un peu plus bas avant d'atterrir souplement. Je mourais de faim aussi, et des odeurs délicieuses montaient du pont principal.

Les tonneaux avaient été ouverts et des choppes passaient de mains en mains alors qu'une étrange odeur de fruits fermentés s'élevait, entêtante. Pourvu que mon odorat reste au plus bas pour une fois. Je l'insultai mentalement, lui conseillant vivement de se tenir tranquille, et me précipitai sur le pont principal.

Luffy était déjà en train de se jeter sur la nourriture l'avalant à une vitesse effarante avant de se prendre le pied du cuisinier blond en pleine face. C'était la tyrannie ici ! Plus le droit de manger tranquille ! Un vrai décor qui me rappelait la jungle, j'adorai ce joyeux bordel.

J'attaquai à mon tour les plats de viandes, et avalai le plus vite possible ce qui me passait sous la main, ne pensant qu'à rassasier mon estomac. Tous suivirent le mouvement et commencèrent à manger. J'enclenchai le mode survie et continuai de dévorer les plats, me battant avec Luffy pour les meilleurs morceaux.

Peu après, l'estomac un peu plus plein, les plats un peu plus vides, je chipai à la dernière seconde et sous le nez déconfit du jeune capitaine le dernier morceau de viande du plus grand plateau de la table. Évitant de justesse son bond hurlant vers moi en me jetant par terre, je le regardai en riant s'écraser dans l'escalier, se bloquant la tête.

Il se débattit, cherchant à décoincer sa tête encastrée dans le bois. Vraiment pas doué le capitaine ! Je m'imaginai Law dans la même situation…avant de bannir immédiatement l'image du « Chirurgien de la Mort » me sautant dessus pour un morceau de viande.

Des éclats de rire retentirent derrière moi, et je me retournai. Je vis Ussop, le long nez dans sa veste bleu et pantacourt noir, en train de raconter une de leurs aventures à quelques membres de l'équipage, aidé par le petit renne, Chopper et par Brook debout devant eux, en train de gesticuler avec de grands gestes. Dans un autre coin, plus éloigné, je vis Zoro, Sanji, et Franky, le gars qui ressemblait à mon Kidd, en train de vider leur choppes en riant avec Sachi, assis contre la rambarde autour d'un brasero.

Law discutait avec Robin, la femelle brune, habillée d'une robe légère bleu foncé à volants en bas. Ils souriaient, et Nami et Jean Bart ne tardèrent pas à les rejoindre. Soufflant, je dévisageais avec méfiance la brune, avant de hausser les épaules. Elle ne m'inspirait pas confiance celle là.

Je saisis un morceau de viande crue dans un plat et mordis dedans, savourant la sauce délicieuse.

- Mm ! Ch'est trop bon che truc ! M'exclamais-je.

Penguin s'approcha, une choppe à la main, un air ravi collé au visage.

- C'est moi qui les ai faits. J'étais sûr que tu aimerais vu que la viande crue, c'est plus ton truc !

Son haleine était forte, elle sentait le...le chose là, l'alcool, qu'il avait dans son verre. Ce n'était pas net ce truc.

- Merchi Penchouine ! Lançais-je, heureuse qu'il ait fait quelque chose spécialement pour moi et je repris une bouchée avec appétit.

- Je t'ai déjà dit de ne pas parler la bouche pleine, non ? Fit-il mine de s'exaspérer.

Il amorça un geste pour me taper sur la tête, prenant un air menaçant.

- File donc d'ici, sale gosse !

- Par ici alors, la sale gosse ! Cria Sachi de son groupe, me faisant signe de les rejoindre alors que Brook commençait une musique entraînante avec un truc à cordes posé sur sa jambe pliée sur un tabouret, faisant courir ses doigts d'os sur les cordes. Faut que tu goûtes ça !

Je partis dans sa direction, loupant le regard de Law, qui me surveillait de loin. M'approchant, je les détaillai. Ils s'étaient installés, debout contre la rambarde bâbord, légèrement vers l'arrière du bateau, avec un tonneau à côté d'eux.

Chacun avait enfilé de nouveaux vêtements : le sabreur et Sanji étaient en chemise blanche, à fins carreaux noir pour le cuisinier, et pantalon noir. Zoro avait son bandana noir toujours accroché au bras. Il dégageait un magnétisme animal très attirant cet homme, et je laissai mon regard trainer sur lui un peu plus que nécessaire. Sachi portait un pantacourt beige et une chemise gris foncé surmontée d'une veste à manches courtes plus claire. Il avait ôté ses lunettes de soleil, dévoilant ses fins yeux caramel. Jolis.

Ils m'accueillirent, Zoro par un hochement de tête, Sachi un petit sourire et des yeux brillants, Sanji par une grande déclaration en me prenant la main, chose que je commençais à trouver légèrement agaçante. Franki leva sa chope vers moi Puis Sachi me fourra une chope entre les mains. Je contemplai la chope, pleine d'un liquide doré, la reniflai soigneusement, sentant la forte odeur qui montait à la tête des fruits et d'autre chose que je ne connaissais pas. Méfiante, je relevai les yeux vers lui.

Tous avaient les joues un peu rouges et semblaient un peu...comment dire...Différents ? Ailleurs ? Bancales ? Seul Zoro était à peu près normal, et, quand il croisa mon regard, il désigna d'un mouvement du menton ma chope, m'encourageant à goûter. Sanji m'y poussa aussi par un clin d'œil. Sachi riait en me voyant hésiter, et je me décidai.

Plongeant mes lèvres dans la boisson, je bus une petite gorgée. Très forte, la boisson me brûla la gorge et chauffa mon ventre en passant. Je toussai.

- C'est fort ! Qu'est ce que c'est ? Articulais-je difficilement après avoir déglutis.

- Du saké ! S'exclama Sachi, aux anges. Goûte encore, tu vas t'habituer !

Le goût m'avait surpris, mais c'était bon. Spécial, mais bon. Je pris une gorgée plus importante, puis finis par boire peu à peu toute ma chope, m'étranglant encore un peu sous la brûlure.

- Alors ? Questionna Sachi en direction de Zorro. Vous avez fait quoi après Sabaody ?

- On devait faire réparer le Sunny qu'avait pris un mauvais coup dans notre... burp... Départ un peu précipité. Alors on est allé voir un pote de Franky sur une île voisine pour chopper du matériel correct. Franky refusait de réparer avec du bois de première main.

- Ah. C'est réparé maintenant ?

- Ouaip.

Ils racontèrent ensuite leurs combats contre la marine. Apparemment, coup de chance, aucun amiral n'avait pu arriver à temps. Vu que Luffy avait tabassé un Tenryubito, ils auraient dû intervenir.

- Ç'aurait été un beau combat ! Déclara Zorro. Contre un amiral... Ouais, un beau combat...

- Tu ne l'aurais même pas effleuré ! C'est pas un marimo doublé d'un crétin qui va lui faire peur !

-Teme ! J't'ai pas d'mandé ton avis, sourcil en vrille pervers ! Grogna ledit crétin au blond qui l'avait apostrophé.

- Hé, bretteur du dimanche, ne parle pas comme ça devant une jeune demoiselle innocente !

Il parlait de moi là ?

- Je t'emmerde le blondinet ! gronda l'algue à son tour.

Ils se disputèrent un bon moment et je crus que ça allait finir en bagarre, mais Sachi les stoppa en disant que s'ils se battaient, ils allaient renversés tout le saké -là, Zorro se figea- et massacrés toute la nourriture -Sanji le regarda, furieux qu'il l'arrête, mais protecteur envers ses plats-.

Habile le mécane... manéca... mécanicien.

Ils reparlèrent alors du combat avec la marine. Je saisis le nom de « Caimie », qui était prisonnière pour devenir esclave. Kécéça esclave ? Et c'était une... Sirène ?! Dingue, je croyais que ça n'existait que dans les histoires de ma mère. Je suivis avidement les histoires racontées par le groupe.

Je me sentais un peu bizarre... j'avais l'impression de... Flotter presque. J'avais du mal à me concentrer sur la discussion des mâles en face de moi, toute absorbée par la sensation que ça me procurait. Mais sinon, je me sentais très bien, plus du tout fatiguée ! Je tendis mon verre à Sachi, qui me resservit bien volontiers, un sourire dissimulé relevant légèrement le coin de ses lèvres.

- Alors ? C'est pas mal hein ? Demanda-t-il avec un sourire amical.

Trop amical même. Il avait une idée derrière la tête lui, mais quoi ? Fixant ma boisson, je la reniflai encore une fois, cherchant à savoir ce qu'il pourrait y avoir dedans. Mais non, je ne décelais rien. Puis, au fond, je m'en foutais non ? Je vidai peu à peu mon verre en écoutant Franky et Sachi débattre sur les avantages du Sunny Go et du Nautilus alors que des bulles de joies venaient envahir mon esprit, me déconnectant peu à peu de la réalité.

Je savourai la sensation de béatitude et cette douce chaleur dans mon estomac et un sourire irrésistible étira mes lèvres. Me tournant vers le centre du bateau, je vis Brook avec sa... sa guitare, c'est ça, commencer une nouvelle musique très rythmée.

Je l'écoutais quelques instants, découvrant ces nouveaux sons, mais rapidement, elle me parut si attirante que je ne pus résister.

Mes pieds agirent d'eux-mêmes et s'avancèrent vers la musique. Je me laissai immédiatement entraînée par mes pulsions et partis, trébuchant un instant, en direction de l'espace libre devant lui. Me mettant au milieu, sans réfléchir, je me mis à bouger en rythme avec la chanson, déliant mon corps au fil des notes, balançant mes hanches et mes bras, faisant des pas de côté pour revenir ensuite à mon point de départ, tournant et sautant en l'air, un peu gauche.

Je sentis des mains se glisser sur ma taille et un corps venir se coller au mien alors qu'une odeur de pain envahissait mon museau. Il épousait mes mouvements, m'imposait un nouveau rythme. Je tournai ma tête embrumée par l'alcool, et découvris Sanji, qui me fit un sourire charmeur alors que ses mains se positionnaient sur mes hanches, exerçant une pression pour m'inciter à le suivre.

Difficilement, je tâchai de me caler avec mon partenaire, qui me montra les mouvements par des pressions sur mes reins après avoir levé mes bras. J'hésitai, ne me sentant pas du tout à l'aise contre lui, et surtout à…Danser. Mais l'alcool balaya rapidement mes doutes et je me laissai faire, m'amusant trop pour arrêter maintenant. Ce n'est pas tous les jours que cela arrivera encore.

Je finis même par me laisser totalement aller contre lui, me laissant diriger par le cuisinier en riant alors qu'il me soutenait par la taille, ravi. Plusieurs membres des équipages avaient fait un cercle autour de nous, battant des mains en rythme pour certains, comme Ussop et Chopper. Zorro finissait son saké avec un sourcil inquisiteur levé à notre encontre. Ou seulement pour Sanji peut être. Nami et Robin vinrent nous rejoindre sur la piste. Comment arrivaient-elles à bouger comme ça ? Classe ! J'essayai de les imiter, les mains de Sanji m'aidant à trouver mes marques.

Plus rien n'existait sinon la musique et mon état de ravissement total. J'avais l'impression que tout tournait autour de moi, mais je m'en fichais, c'était tellement agréable d'oublier tout pour un temps.

- Vous dansez comme une déesse... Murmura Sanji à mon oreille.

Menteur. Je dansais probablement très mal pour le coup, me contentant de le suivre du mieux que je pouvais, le gênant plus qu'autre chose. Brook accéléra encore la musique, j'avais l'impression qu'elle m'hypnotisait. Ne pouvant plus me retenir, j'éclatai de rire. Sachi et Penguin vinrent à leur tour nous rejoindre, et le mécanicien commença à faire danser la rouquine, alors que Penguin, dans son pantalon noir et son tee-shirt bleu clair, s'avançait vers Robin. Peu à peu, la piste se remplie.

POV Law :

Un peu plus loin, Law adossé au large mat contemplait la scène avec une colère croissante. Il observait depuis un moment le manège du blondinet avec Aylan, et ça le rendait furieux. Et le fait que, justement il soit furieux pour ça, l'énervait encore plus. Il s'était bien trop attaché à elle. Et sans qu'il s'en aperçoive, elle était devenue sa faiblesse, la seule personne qui pouvait le mener par le bout du nez par ses provocations, qui l'énervait prodigieusement, l'amusait encore plus, l'intéressait tout autant, et le fascinait au-delà du raisonnable.

Et maintenant, il ne supportait pas qu'un autre homme la touche. Le Chirurgien de la Mort fronça les sourcils. C'était trop tard pour reculer, il le savait, mais avoir une faiblesse n'était pas dans ses habitudes. Ce genre de choses, il s'en débarrassait, elles étaient pour les plus faibles. Mais cette fois, il n'en aurait pas la force, ni la volonté. Encore moins l'envie.

Le médecin prit une profonde inspiration, serrant son Nodachi, tachant de se calmer. Luffy vint le rejoindre, un morceau de viande à la main, en souriant.

- Alors Traffy ? Tu t'amuses pas ? S'exclama le jeune capitaine insouciant.

Law se tourna vers lui.

- Trafalgar ou Law, Mugiwara. Ce n'est pas difficile que je sache. Asséna-t-il sèchement, déchargeant une partie de sa colère sur le nouveau venu.

Le jeune homme fit la moue.

- Si, ils sont compliqués tes noms. Traffy, c'est mieux !

Soupirant, le rookie l'ignora, revenant fixer le centre du pont. Luffy vint s'adosser à côté de lui, mordant à pleines dents la viande. Ils contemplèrent les danseurs en silence quelques instants, Luffy ravi de voir ses nakamas s'amuser, Law ne fixant qu'Aylan et le coq blond. Il vit les mains du cuisinier descendre un peu et se crispa davantage.

- Elle est sympa ta partenaire. Marmonna le petit brun en mâchouillant son os.

Trafalgar tressaillit. Il n'était pas sûr d'avoir imaginer la note étrange glissée dans le commentaire de Luffy. Il lui jeta une œillade peu amène, mais le capitaine des Mugiwaras lui rendit un regard innocent.

Le médecin posa brutalement son Nodachi contre le mat, la présence de Luffy lui portant sur les nerfs en plus de sa jalousie dévorante. Le manège de l'imbécile blond le poussait à bout. Law serra les dents et cessa de contenir sa colère. Il partit soudain à grands pas dans leur direction, plantant là Luffy qui le regarda s'en aller avec un sourire serein, avant de continuer son en-cas avec appétit.

POV Aylan :

Sanji me fit pirouetter, et je me retrouvais en face de lui. Il plaça mes mains sur sa nuque et remit les siennes au-dessus de ma taille. Je commençais à retrouver mes points de repère, l'alcool étant purger de mon organisme au fur et à mesure que je bougeais. Le blond me fixa un instant, puis me fit un clin d'œil. Je sentis ses mains glisser lentement le long de mes hanches et venir effleurer mes fesses.

Je plissai le museau, m'apprêtant à virer son bras vite fait. Une autre main, beaucoup plus froide, entoura mon ventre et me tira brutalement vers l'arrière en m'arrachant aux mains de Sanji. Mes épaules heurtèrent une poitrine musclée, me coupant le souffle.

Clignant des yeux, je me retrouvai appuyée à un autre homme qui me maintenait contre lui avec force. Sanji protesta avec énervement :

- Hé ! Qu'est-ce que tu fiches ?

Je levai le regard, vis une mâchoire à l'angle dur, une petite barbiche noire, un nez fin, et des yeux glacés qui fixèrent Sanji avec un éclat meurtrier. Oups.

Je déglutis devant l'intensité de la colère qui émanait de lui, me ramenant d'un coup dans la réalité. Sanji eut un mouvement de recul sous le feu de son regard. Les bras de Law m'entourèrent d'une poigne d'acier. J'eus brutalement peur à mon tour, et, me débattant avec les dernières bribes d'alcool, voulus me dégager de sa prise. Mais ses bras m'entourèrent le ventre plus fort, plaquant mon dos contre son torse musclé.

Le cuisinier tenta d'affronter son regard, mais dut reculer pour de bon avant de tourner sèchement les talons, les poings serrés. Sans un regard pour moi, Law m'attrapa fermement par le bras et me tira loin de la piste, bousculant sans les voir les danseurs qui nous fixèrent qui avec agacement qui avec amusement. Je tentai de résister, plantant mes pieds chaussés de petites baskets noires dans le sol pour échapper à sa prise, mais d'une secousse violente il me tira vers lui, me faisant déraper. Il me serrait le bras à m'en faire mal. Il semblait tellement furieux que je commençai à paniquer.

- Law ! Arrête, lâche-moi ! Qu'est ce qui te prend ?! M'écriai-je alors qu'il m'éloignait des autres, vers le bastingage à tribord.

Résistant à l'envie de mordre sa main pour le faire lâcher prise, je forçai de nouveau sur mon bras. La peur montait, mais surtout l'incompréhension. Non mais j'avais fait quoi là ?! Et qu'est-ce qu'il voulait cet espèce de lunatique ! J'eus une vision fugace de lui me jetant par-dessus bord, mais il me ramena violemment vers lui, et, se penchant, entoura mes genoux de son bras et me hissa sur son épaule, chassant l'air de mes poumons sous le choc. Encore abrutie par l'alcool, je clignai des yeux de surprise. Trafalgar grimpa agilement sur la rambarde… et sauta dans le vide.

- PUTAIN LAW QU'EST CE QUE TU FOUUUS ?! Hurlai-je.

Je vis la mer défiler un instant sous mes yeux, et laissait échapper un cri de peur face à la folie de mon alpha. Non mais il voulait se suicider ou quoi ?! Mais je sentis soudain un choc qui me coupa encore le souffle, et vis que Law avait sauté sur le pont du sous-marin, amortissant l'impact avec ses genoux, malgré mon poids sur son dos. Le soulagement qui m'envahit fut de courte durée quand il repartit en direction du pont arrière d'un pas énergique, moi toujours ballottée sur son épaule en sac à patates. Je me redressai un peu, mes doigts crochetés dans sa chemise blanche.

Mais qu'est-ce qu'il avait d'un seul coup ce sinistre crétin ! Je restai sagement immobile quand il franchit le passage extérieur assez étroit entre les deux ponts, fixant avec appréhension les eaux sombres remplies de dents pointues avec l'estomac qui allait avec. Mais dès qu'il posa le pied sur le large pont arrière, la tour du sous-marin masquant le Sunny Go, je contractai mes abdos et ruai pour me dégager de sa prise.

Il ne résista pas et je tombais rudement sur le flanc, essoufflée et prise de tremblements incontrôlables dû en partie au froid de la nuit faiblement éclairée par la lune, et par la panique que je ressentais envers mon capitaine. Je me forçai à ignorer ma peur et grinçai des dents. C'était le moment d'être énervée, pas apeurée enfin ! Je me relevai, ignorant la plainte de mon dos, puis lui fis face, laissant ma colère m'envahir. Mes yeux rageurs rencontrèrent les prunelles durs et cendrés de Law. Debout devant moi, il me contempla des pieds à la tête, me détaillant avec attention, sa fureur en apparence envolée. Son silence fit sauter mon dernier brin de contrôle.

- C'est quoi ton problème ?! Crachai-je en frappant son épaule de mon poing serré. Qu'est ce qui t'as pris ?!

- Tu étais saoul, tu ne savais même plus ce que tu faisais. Répliqua-t-il avec un calme contrastant avec son état d'il n'y a pas deux minutes.

Mon odorat décida alors de gagner les jeux olympiques des sens, et fit une brutale montée en flèche avec ma colère. Je titubai un instant, déséquilibrée, et faillis retomber par terre. Par réflexe, Law s'approcha de moi et je reculai précipitamment, refusant qu'il me touche. Il fronça les sourcils. Ce n'était vraiment pas le moment merde ! Je soufflai doucement, tachant de calmer mon cœur qui battait douloureusement dans ma poitrine.

- J'étais très bien, et je ne faisais rien de mal ! Tu n'as pas à dicter le moindre de mes gestes ! Articulai-je. Je ne suis pas ton chien !

- Non, seulement mon chat. Éluda-t-il en faisant un nouveau pas vers moi, ignorant mon agressivité.

Son ton avait changé. Je reculai en fronçant les sourcils et lui montrai les dents, lèvres retroussées. Il avança encore et je reculai jusqu'à ce que mon dos vienne heurter le mur de métal jaune du bâtiment. Je commençai à retenir ma respiration, mais il s'arrêta là, à un mètre de moi, me contemplant avec une colère blessée qui me sauta au visage.

- Tu m'évites. Commença-t-il, et sa voix, transformée, me fit sursauter.

- Je ne...

- Ce n'était pas une question. Coupa-t-il.

Il me fixa avec intensité. Je déglutis. Je n'avais pas du tout prévu d'en arriver là… Bon, impossible de lui mentir, il le saurait puisque j'en suis incapable. Mais de là à lui dire toute la vérité...Que faire ? J'ouvris la bouche, les mots se bousculant sur ma langue.

- C'est ta faute. Dis-je enfin.

Mince ! C'était sorti tout seul. Law haussa un sourcil interrogateur, sans me quitter des yeux. Il ne s'attendait pas à ça visiblement. Sous la pression de son regard, je sentis mes joue s'enflammer. Il ne manquait vraiment plus que ça tient... Je tachai de m'expliquer, bredouillant :

- Enfin non, ce n'est pas exactement ça, en fait c'est mon odorat… Je ne sais pas trop mais il augmente et puis... mais ce n'est pas tout le temps ! Ça dépend… Mais je...

Je m'embrouillai complètement ! Me prenant la tête entre les mains, je tirai sur mes cheveux avec un grognement irrité.

- RAAAH ! J'en ai ma claque ! Finis-je par crier.

Je relevai sèchement la tête et m'approchai brutalement de lui, j'agrippai le col de sa chemise blanche et le tirai avec force vers moi, le fusillant du regard.

- Oui, c'est de ta faute ! Criai-je. A cause du fait que tu sois mon putain d'alpha et à cause de mon putain d'odorat qui me rend dingue, de ta saloperie d'odeur qui me donne envie de toi à m'en rendre cinglée, et du fait que, justement, vu que t'es mon alpha, tout soit lié et ce qui prouve que du coup je suis pas une putain d'humaine ! Là ça te va ?!

Essoufflée, je tachai de reprendre un rythme normal sans le quitter des yeux, haletante, mon coup de gueule n'ayant pas apaisé ma colère. Ses yeux s'étaient peu à peu écarquillés alors que je lui débitais ses quatre vérités. Je n'osai pas desserrer mes doigts refermés sur sa chemise, de peur de ne pas pouvoir résister et lui mettre une droite si jamais je lâchai prise.

Law me dévisagea, un mélange de sentiments incompréhensible envahissant ses pupilles. Sans que je ne le remarque, l'atmosphère se fit plus lourde et le corps de mon capitaine se tendit.

POV Law :

Pris au dépourvu par son accès de colère, Law la contempla alors qu'elle reprenait son souffle, ses mains toujours verrouillées sur son col, les yeux luisant de rage. Il n'avait pas tout compris de ce qu'elle lui avait sorti, ou plutôt, balancé à la figure. Cela faisait longtemps qu'on ne lui avait pas hurlé dessus comme ça.

Toute son attention était concentrée sur elle. Dans la nuit, ses yeux et ses dents blanches contrastaient avec ses longs cheveux bruns striés de mèches plus claires. Contre la peau brune de ses pommettes, le turquoise de ses yeux en amande reflétait étrangement la lueur de la lune, et ils semblaient luire doucement dans la nuit. Il sentait contre son corps la force de sa respiration haletante alors qu'elle le maintenait de force contre lui. Sa bouche entrouverte laissait apparaître ses canines, comme prête à le mordre... Et ces lèvres semblèrent l'appeler en même temps.

Cette vision lui chatouilla le creux du ventre et il se tendit. Ses mots avaient ouvert les vannes de ses émotions maintenues sous contrôle depuis des semaines. Il avait envie d'elle depuis longtemps. Il la voulait pour lui, et pour lui seul. Le désir l'envahit, remontant le long de ses reins avec de plus en plus de force. Il se pencha vers elle, y répondant enfin.

POV Aylan :

Mais alors que je reprenais ma respiration, me préparant à me faire engueuler pour lui avoir hurlé dessus, sa main vint attraper ma mâchoire, geste pressant sans être brusque, alors que son autre bras entourait ma taille, et ses lèvres vinrent se plaquer sur les miennes.

Stupéfaite, je restai une seconde sans réagir alors qu'il me serrait contre lui, enserrant plus fort ma taille. Sa respiration s'était brusquement accélérée, et il léchait avidement ma lèvre inférieure. J'entrouvris la bouche par automatisme sous la pression, et il glissa sa langue à l'intérieur.

- Mm… Qu'est ce que t-… ! Tentai-je d'articuler à travers ses lèvres.

Il m'ignora, m'empêchant de parler en prenant le contrôle de ma langue, et, avançant les hanches, me fit reculer jusqu'au mur derrière moi. Il m'y plaqua brutalement dans un grognement animal et excitant, vidant l'air de mes poumons.

Il caressa de sa langue sa jumelle, jouant avec, puis suivit le contour de mes dents, glissant délicatement sur mes canines, alors que ses mains parcouraient mon corps, me faisant voir des étoiles. C'était…indescriptible. Le flot de sensations se déversant en moi me prenait au dépourvu le plus total.

Je fermai les yeux, soufflai le plus doucement possible par la bouche sans parvenir à expirer sans heurt et à calmer les martèlements de mon cœur. Mes mains sur sa chemise se crispèrent convulsivement. Son odeur oppressante flottant tout autour de moi, ma respiration s'accéléra brutalement quand il glissa sa main sur mon ventre, suivit le contour de ma cicatrice du bout des doigts, passant dans mon dos et caressant mes omoplates de ses mains.

C'était si agréable ! Je frissonnai violemment, dépassée par les sensations qu'il faisait naître en moi seulement en effleurant ma peau. Je ne pensais pas que ce serait si fort… Complètement abasourdie, je finis par réagir instinctivement à ses caresses, mon corps chercha de lui-même le sien, et j'effleurai sa langue de la mienne, attirant plus près son visage de mes mains toujours agrippées à sa chemise.

Me voyant réagir, il approfondie encore le baisé, entama un balai avec nos langues, passant sa main dans mes cheveux, l'autre caressant mon dos légèrement cambré, alors que je tachais de suivre son rythme exaltant.

Mon corps sembla prendre feu alors qu'il glissait ses mains le long de mon ventre jusqu'à mes cuisses, avant de les poser sur mes fesses, les parcourant avec légèreté du bas jusqu'en haut, avant de revenir les malaxer de ses deux mains. Je piaulai sous les sensations nouvelles, mes hanches venant heurter d'un mouvement incontrôlable son bassin. Il répondit d'un autre grognement plus grave qui me plut beaucoup, et accentua encore ses mouvements.

Me débattant intérieurement, je m'efforçai de comprendre, d'analyser la situation, l'esprit complètement embrumé, mais pas par l'alcool cette fois. Non, par le plaisir qu'il me procurait avec ses mains. Avec sa langue. Avec son corps. A court d'air, il stoppa le baiser, s'écartant de quelques millimètres seulement.

Les joues rougies, haletante, je le contemplai, complètement dépassée. Il me rendit mon regard, les yeux brûlants de désir, et avala sa salive dans un petit son guttural. Je ne voyais plus les étoiles briller derrière lui, je saisissais à peine les contours érodés de la lune. Mon univers à cet instant se résumait à cette vision, à l'intensité de ses yeux orageux, au scintillement de ses boucles d'oreilles, au velours de ses lèvres, à sa poitrine se soulevant et s'abaissant contre la mienne. La paume de mon alpha vint effleurer ma joue avec une douceur inattendue, me faisant frissonner alors que des vagues de chaleur émanaient délicieusement de mon bas-ventre. Mes jambes me soutenaient à peine.

Je glissai le long du mur en soupirant, et il suivit le mouvement, enlaçant ma taille alors qu'il se mettait à genoux, m'amenant à m'asseoir sur ses jambes, et il réunit nos bassins. Mais il s'immobilisa alors, se contentant de me regarder. Ses yeux cendrés semblaient me déshabiller sur place.

J'en voulais plus, et mes mains semblèrent reprendre vie. Elles partirent à la découverte de ce visage que je connaissais bien, mais que je redécouvrais sous un nouveau jour, les pommettes rouges, les yeux vibrants de désir, une courbe attirante au coin de sa bouche. Je laissai filer mes doigts le long de ses arcades sourcilières, les passai doucement sur ses yeux clos, effleurai ses pommettes.

Je longeai la courbe de sa mâchoire alors qu'il basculait la tête en arrière sous la caresse, dévoilant sa gorge pour moi, la mettant à ma merci pour la première fois. Ainsi positionné, je lui découvrais un côté animal que je trouvais magnifique, si naturel. Il était si beau, ainsi offert à mes caresses ! Me présentant sa gorge, la tête rejetée, exhalant des soupirs… A cette vue, mon bas-ventre me brûla pour de bon, et mon bassin vint onduler contre lui. J'entendis sa respiration se faire plus profonde sous la caresse, et je sentie une forme dure dans son pantalon. Étant un peu plus informée, je comprenais beaucoup mieux ce qui se passait… Et n'avais aucune envie d'arrêter.

Je plongeai mon visage dans son cou, sur sa gorge, inspirai à fond, et me laissai totalement aller, mordillant enfin cette peau dorée rendue pâle par la faible lueur de l'astre lunaire, à demi cachée par les nuages. Je goûtais enfin sa saveur alors que mes mains suivaient le contour de sa mâchoire avant de filer vers son torse, épousant la forme de ses pectoraux finement dessinés à travers sa chemise.

Ses bras sur ma taille me plaquèrent plus fortement contre lui, imprimant un rythme plus exigeant à mes hanches pour approfondir la caresse.

- Mmm…

Je laissai un murmure s'échapper, et il sourit. Serrant un peu les dents, je tachai de les contenir. Me concentrant sur mes mains, je les laissai parcourir son torse sans trop m'avancer, appréciant la chaleur de sa poitrine, glissant sur ses abdos contractés. Je ne savais pas quoi faire pour lui faire autant de bien qu'il m'en faisait, et je m'arrêtai, agacée de ne pas pouvoir continuer. Law sourit de nouveau au creux de mon cou, et embrassa ma clavicule gauche. Je frémis.

- Laisse-moi faire... murmura-t-il d'une voix rauque.

- Je...

Il me fit taire d'un baiser. Le jeune capitaine m'enlaça plus fortement la taille et se dressa sur ses genoux, léchant mon cou alors que j'enserrai fermement ses hanches de mes jambes. Il se leva et donna un violent coup de pied dans la porte à côté, brisant le verrou alors que je m'agrippais à ses épaules sous le choc.

- Pas bien. Murmurai-je contre son épaule.

- C'est l'hôpital qui se fout de la charité... Marmonna-t-il en étouffant un rire.

Alors qu'il pénétrait dans les couloirs sombres, se repérant grâce au très faible éclairage des lampes, je recommençai à mordiller son cou, le léchai, avant de venir jouer avec ses boucles d'oreilles froides. Je pouvais sentir l'accélération de ses battements de coeur contre mes lèvres. Il soupira, et s'arrêta un instant pour m'embrasser, mais repartit beaucoup plus vite, mettant fin au baiser. Beaucoup trop tôt à mon goût. Je lui mordis légèrement l'épaule pour lui en réclamer un autre, prenant garde à ne pas percer la peau avec mes canines pointues.

- Patience... murmura-t-il à mon oreille, et je le sentis sourire contre mon cou.

Il m'emmena rapidement dans sa chambre, ferma la porte d'un coup de pied et me coucha sur le lit. Il s'arrêta un instant en me fixant, puis avança les mains à côté de mes épaules, s'étendant contre moi avec une impatience contenue.

Me retrouvant complètement dominée, sous lui, mes mouvements bloqués, je sentis un début d'appréhension m'envahir, et j'hésitai, relevant les yeux vers lui. Il me sourit, se pencha vers moi et m'embrassa en grognant de désir, vibrant d'envie, ses mains caressant mes épaules. Mon hésitation fut noyée dans le flot de désir qui se déversa en moi.

Mon odorat s'affola alors que je percevais cette nouvelle odeur, plus dure et masculine, émanant de lui, et je retins de justesse un nouveau gémissement. C'était si délicieux ! Sa senteur fit tournoyer le plafond sous mes yeux, et je les fermai, appréciant cette sensation.

Il recula, et je grondai, voulant plus. Mon côté dominant reprit le dessus, et j'attrapai ses épaules pour nous faire rouler, me retrouvant à califourchon sur ses hanches. Je ne savais pas quoi faire, ne sachant pas comment lui donner du plaisir, alors je tachai de l'imiter. Je me penchai, laissai glisser le bout de ma langue le long de sa mâchoire, mais il ne me laissa pas faire et attrapa mon menton fermement pour venir coller mes lèvres aux siennes. Elles avaient une douceur et étaient d'un confort incomparable, et le goût de sa bouche me donna envie de la dévorer.

Distraite, je perdis ma place dominante immédiatement, me retrouvant de nouveau sous lui. Il fit descendre ses lèvres le long de ma gorge, délaissa ma poitrine pour venir embrasser mon ventre, suivant la ligne de ma cicatrice, avant de mordiller ma peau. Frustrée, je le laissai cependant faire, me tortillant un peu sous ses baisers. Mais la peur reprit aussitôt le dessus sur le plaisir que je ressentais quand il redressa son large corps au-dessus du mien.

Jamais je n'avais été si dominée, et mon côté animal ruait dans les brancards, grondant en allumant l'alerte rouge. Je commençais malgré moi à paniquer, tentant de le cacher à Law, qui sembla pourtant ralentir le mouvement, s'arrêtant un instant pour venir me regarder. Je pris une profonde inspiration. Je voulais qu'il continue, et je lui souris avec crispation, mon angoisse diminuant quelque peu alors qu'il embrassait mon front, parcourant de petits baisers l'arrête de mon nez.

Law glissa ses mains vers mes cuisses, se contentant de les laisser parcourir ma peau en partie cachée par mon short, me laissant m'habituer à ce contact et faisant monter des vagues de plaisir qui caressèrent ma colonne vertébrale, me faisant soupirer, haleter. Je sentis mes joues s'enflammer encore plus alors que je me cambrais sous lui. Quelque chose s'agita en moi, doucement puis avec de plus en plus d'énergie. Mon esprit embrumé par le désir n'y fit pas attention.

Mais quand le jeune capitaine commença à écarter en douceur mes jambes et à glisser son bassin entre elles, la respiration aussi haletante que la mienne, mon sentiment de sécurité précaire se brisa violemment en même temps que la maigre défense que j'avais mise en place en moi. Je voulais resserrer immédiatement mes jambes, crier à Law d'arrêter, mais la peur me paralysa, m'empêchant de réaliser ce qu'il se passait.

Ma vision s'obscurcit. Je sombrai.

POV Law :

Brûlant de désir, Law caressait enfin cette peau sucrée qu'il convoitait depuis longtemps, la léchant, la marquant comme étant sienne. Il la sentait hésiter, ne sachant pas comment réagir face à ses caresses, mais ne se laissait pas faire, tentant de contrebalancer son inexpérience par des initiatives maladroites, le prenant par surprise. Tachant de ralentir, de se contrôler, il parcourut son visage de baisers pour la calmer.

La position de soumis n'était pas dans ses habitudes, les sensations étaient totalement différentes. Mais, cette fois, et avec elle, ce serait lui qui mènerait la danse, et il reprit le dessus. Il savourait le contact du corps souple sous lui, la façon dont se mouvaient leur bassin l'un contre l'autre, la sensation des seins d'Aylan contre son torse, et les réactions qu'il obtenait à chaque caresse. Son envie d'elle ne cessait de croître à mesure qu'il découvrait de ses mains la peau douce de sa nakama.

Il écarta doucement ses jambes, se frayant un passage entre elles lentement. Mais il sentit le corps chaud et tendu de désir sous lui se contracter brutalement. Le jeune capitaine se figea, releva les yeux vers Aylan. Elle avait les yeux fermés, les joues rouges, mais sa bouche s'était crispée, comme sous une douleur intense, avant de se détendre et de sourire. Un mauvais pressentiment envahit immédiatement le médecin qui se redressa, en alerte.

Les yeux s'ouvrirent, le fixèrent avec sauvagerie.

-Surprise ! Murmura la voix chaude et vibrante, les iris rouges sang le contemplant avec appétit.

A suivre...

Et voil-..Iiiiirk ! (se planque sous le bureau) Non pas taper !

Et oui ! Je suis cruelle...

Qu'en avez-vous pensez ? S'il vous plaît, dites moi! :D ça m'aiderait beaucoup, et ça fait tellement plaisir une review !

(T'es bien trop sadique !)

Toi je t'ai rien demandé !

Merci d'avoir lu !