Mes amis, mes amours…

(Mes….)

J'émergeai doucement des bras sombres de Morphée dans lesquels j'avais plongé avec délice. Je m'étirai dans un demi-réveil, le souvenir de Law contre moi tout au long de ma nuit, me réchauffant agréablement. J'ouvris paresseusement les yeux, et découvris avec ravissement que ma vue à l'œil gauche s'était grandement améliorée. Je pouvais distinguer des couleurs et les formes autour de moi désormais.

Soulagée, je me retournai, clignant un peu des paupières pour m'habituer à la luminosité sans que mon œil ne soit douloureux. Ne sentant plus de source de chaleur dans mon dos, je m'étirai plus longuement et roulai sur le lit dans un miaulement de confort, en pleine forme.

- L'est quelle heure ? Marmottai-je pour moi-même.

- 9h35, pour être exact.

La voix me fit sursauter, et je me retournai d'un bond. Law, rieur, était assis dans son fauteuil à son bureau les jambes croisées façon mâle et le menton appuyé contre les doigts de sa main droite. Il semblait me fixer depuis un moment.

- Tu n'as que ça à faire, me regarder dormir ? Répliquai-je hargneusement, réveillée en sursaut.

- Quand on dort dix heures par nuit, on est mal placé pour faire des reproches ! S'esclaffa le jeune capitaine apparemment d'excellente humeur.

- Moi, au moins, je ne ressemble pas à un zombie drogué dès le lever !

Le zombie en question se retrouva soudainement devant moi et mon cerveau encore embrumé n'enregistra l'information que lorsqu'il sentit des lèvres douces et charnues se poser sur les miennes. Un ronronnement sourd m'échappa et je lui rendis son baiser avec émerveillement. Allais-je avoir droit à ça tous les jours désormais ? Envoutée, je voulu l'attirer plus près, mais dès que je fis un geste, il brisa l'étreinte et me contempla de haut avec son satané sourire en coin.

- Qui est drogué maintenant ? Dit-il dans un sourire léger qui dévoila ses dents blanches.

Raah, il m'énervait ! Je lui tournai le dos et balançai à l'aveugle un oreiller par-dessus mon épaule, qu'il intercepta facilement vu le bruit. Tch.

Décidée à l'ignorer, je sautai hors du lit de l'autre côté, rétablis mon équilibre encore hésitant, et allai vers mon armoire, puisque je n'avais plus le droit de lui piquer ses fringues. Je choisis rapidement un tee-shirt blanc tout simple et un bermuda de toile bleue.

- On arrive près d'une île hivernale, ça ne suffira pas. Me lança Law derrière moi.

Une île ? La seule chose que j'avais retenue. Une île ! Est-ce que... Je me tournai vers lui, pleine d'espoir. Il secoua la tête.

- Rien n'indique qu'une sorte de vieil apothicaire se trouve ici. Tu peux toujours chercher, mais j'en doute. Les recherches que j'ai faites n'ont abouti à rien, aucune personne de ce genre-là ne vit sur l'île.

La déception m'envahit, et je soupirai, baissant les épaules. Toujours pas. J'avais sillonné de long en large toutes les îles que nous avions rencontrées, sans jamais entendre quoique ce soit au sujet de ce satané vieux type bizarre, et je commençais à me demander si je ne faisais pas tout ça pour rien. Mais j'avais besoin d'y croire. Autant tout laisser tomber et me pendre tout de suite, plutôt que de vivre avec la menace constante d'une perte de contrôle sanglante.

Ça ne sera pas pour tout de suite... Je me secouai, ravalai difficilement ma déception et posai mes vêtements sur le lit.

- Tu m'as entendu ? Une île hivernale. Tu tiens si peu que ça à tes orteils ? Lança le jeune capitaine, sarcastique.

Je répondis en lui tirant la langue.

- Une vraie gamine. Commenta Law tandis que je balançais mes vêtements dans la commode de bois, sans prendre le temps de les plier.

Aah alors comme ça j'étais une gamine… J'eus un petit sourire. Je n'avais aucune affaire d'hiver, et n'en avait jamais eu, mon ancienne île étant tropicale, et toutes celles qu'on avait visitées étaient tempérées. Je ne savais même pas à quoi ça pouvait ressembler exactement, à part les rares images de neige que j'avais pu voir étant enfant. Je sautai vers l'armoire de Law, qui m'intercepta aussitôt d'un bras au passage, me voyant venir.

- Pas si vite. C'est : « pas touché », tu te souviens ? Gronda-t-il à mon oreille.

- Je n'ai aucun vêtement d'hiver ! Je ne sais même pas à quoi ça peut ressembler. Ricanai-je sournoisement. Va bien falloir que tu m'en prêtes ! A moins que tu ne tiennes si peu à mes orteils.

- Tu n'avais qu'à y penser. C'est mon armoire, alors va voir ailleurs !

Je me glissai agilement hors de portée de ses bras, et Law s'interposa alors que je m'approchais encore de son armoire.

- Faut savoir partager ! Glapis-je tandis qu'il me repoussait avec agacement.

- C'est non ! Je n'ai jamais revu les affaires que je t'ai prêtées. Alors tu peux toujours rêver pour ne serait-ce qu'espérer me voler un bout de tissu.

Alors que je lui envoyai des noms d'oiseaux à la figure…ainsi que d'autres objets non identifiés, Bepo vint toquer à la porte :

- Captain ! On a besoin de vous, l'île est en vue.

- C'est capitaine ! Grogna par réflexe Law en esquivant une chemise balancée dans sa direction, moi debout sur le lit, en armant un autre missile.

- Désolé...

- J'arr-...

Law se prit l'oreiller en pleine face. J'éclatai d'un rire qui se transforma très vite en cri suraigüe quand il m'attrapa, ouvrit d'un coup de pied la porte, qui alla heurter violemment le mur, et me balança à travers le couloir.

- YYYYAAAAAAHH !

Je m'étalai au sol dans un roulé-boulé lamentable, et m'arrêtai trois mètres plus loin, affalée sur le dos et les quatre fers en l'air. Aïeuh ! bon sang il n'y était pas allé avec le dos de la cuillère. Du coin de l'œil, j'aperçus - à l'envers - Bepo, qui avait bondit en arrière pour éviter de se payer la porte battante, tenter de toutes ses forces de ne pas éclater de rire.

- Law ! Crachai-je, furieuse, toujours sur le dos.

Mon alpha m'ignora complètement, sortit à son tour et referma la porte derrière lui.

A clé.

Vraiment soupe au lait ce mâle.

- Je suis encore en pyjama moi ! Protestai-je.

Je me redressai sur les fesses dans une grimace, alors qu'il se dirigeait vers moi, jouant avec la clé en la faisant tourner sur son doigt, son légendaire et arrogant sourire en coin collé aux lèvres. Il me dépassa sans me regarder, et Bepo attrapa mon bras juste à temps pour m'empêcher de lui sauter dessus.

- Tu tiens vraiment à te prendre une raclée ? S'exclama le second en me retenant du mieux qu'il pouvait alors que je me débattais.

- Rien à foutre ! Law ! Je te hais !

Le jeune médecin s'arrêta, se tourna à demi vers moi, et me fit un clin d'œil inquiétant avec un sourire glacial avant de repartir tranquillement.

… Non mais je vais me le faire ce type ! Plus lunatique tu meurs.

Bepo me traîna à sa suite, mort de rire, avant de se la boucler et de s'excuser quand je le foudroyais du regard. J'allais vraiment le lyncher, mon alpha de pacotille. Si si, sincèrement. Je boudai pendant le reste du trajet durant lequel Bepo me tira plus qu'autre chose, puis je finis par grommeler, de sale humeur :

- Et tu m'emmènes où là au fait ?

Il se tourna vers moi, mon bras toujours dans sa grosse patte poilue.

- Tu ne reconnais toujours pas ? On va chez Penguin, voir s'il a quelque chose pour toi, tu ne vas pas sortir en tee-shirt et short sur une île hivernale quand même ! Même avec ma fourrure faut que je me couvre un peu !

…..

oOo

…..

Ça caiiilllle !

Comment pouvait-on vivre dans un froid pareil ! Ce n'était pas humain !

Me promenant dans les rues encombrées avec Penguin, emmitouflée dans un manteau noir bien chaud dont les manches étaient deux fois trop longues et d'un pantalon avec deux ou trois revers aux jambes et une ceinture, je découvrais le bonheur d'une île hivernale.

Mais c'était quoi cette vie de fou furieux !

Dans mon île au moins, le climat était sympa, agréable, juste un peu trop chaud parfois. Mais là… Cette île était peuplée de masos. C'était certainobligatoireetindiscutable.

- Et encore, il ne fait pas si froid que ça ! S'amusa Penguin. Normalement, la température peut atteindre les – 20°, là il doit à peine faire – 2.

- Ouais, eh bien que ça reste comme ça surtout ! Grommelai-je en contournant une bande de mini humains qui couraient partout.

Le froid m'agressait les narines, me brûlait le museau très désagréablement. J'éternuai pour la dixième fois. Comment pouvait-on aimer ça ? Penguin ricana devant ma tête aux yeux exorbités, la goutte au nez et la peau rougie.

- Allez viens, on rentre ! Il n'y a rien à faire ici de toute façon, même pas de marines. Finit-il par déclarer, me sauvant certainement la vie alors que je grelottais.

Si j'avais su ce qui m'attendait en rentrant, je serais restée dehors... Le soir arrivait pourtant sans incident notable.

- AYLAN !

Rectification : sans incident notable, jusqu'à cet instant précis.

Soupirant, dans la cuisine devant un bon bol de chocolat chaud avec Penguin, Sachi et deux ou trois autres hommes, je me tournai vers mon très cher capitaine et, depuis peu, amour particulièrement emmerdant. Mais bon, il n'avait pas attendu ça pour être chiant.

Law, adossé contre la porte de la cuisine ouverte, les bras croisés, une jambe pliée derrière l'autre, me fixait avec un regard où se mélangeaient la colère, l'agacement, et une profonde lassitude.

- Ouiii ? Dis-je avec mon plus beau sourire plein de dents.

- Ta saloperie de machine à merde sur pattes. Se contenta-t-il de sortir placidement.

… Kidd ! J'avais complètement oublié que Law l'avait enfermé dans la vigie !

Y allant souvent, je ne m'inquiétais pas de la nourriture, j'en laissais toujours pour la prochaine fois. J'en profitais alors très régulièrement pour le cajoler, lui nettoyer soigneusement ses belles plumes, et le réconforter d'une punition très injuste, vu qu'il avait maintenant sauvé deux fois la vie de Law.

Mais le commentaire de mon alpha ne laissait rien présager de bon...Et effectivement, je passais par la case engueulade avant d'atterrir sur la case vigie + balai.

Je vous laisse imaginer l'état de la vigie quand j'y entrais. Des crottes absolument partout, les canapés massacrés, des plumes sales traînant sur la moquette plus si blanche que ça, une odeur épouvantable, et un dindon bleu pétard assez furax fonçant vers moi au moment où j'entrais.

Je reculai d'un pas.

- Non Kidd, attends ce n'est pas ce que tu cro-

VLAM ! Kidd me percuta de plein fouet en me faisant dégringoler les escaliers.

- Aïïe ! Outch ! Roaff ! Arrête, j'te dis que...

Il entama un virage assez serré pour revenir à la charge, tandis que je me relevai difficilement, appréciant peu qu'on me balance dans le couloir à tout bout de champ. J'avais les fesses vraiment très douloureuses maintenant.

Plan A, comme amicale : échec de la manœuvre.

Plan B : barrez-vous !

- KYYAAAAAH !

Je déguerpis en hurlant alors qu'un volatile psychopathe me fonçait dessus en s'égosillant :

- KIDOUDOUDINDONNNN !

Courant comme une dératée dans tout le sous-marin, un fou furieux à plumes derrière moi, je croisai plusieurs membres d'équipage qui se plaquèrent précipitamment contre les murs pour nous regarder ensuite disparaître dans un embranchement, la mâchoire au sol.

- KIIIDD ! CE N'EST PAS MA FAUUUTE ! Tentai-je, affolée en dérapant dans un virage.

- AYYLLLAAAANNNN !

Mais ce n'est pas vrai ! J'accélérai, voyant ma bestiole aux pulsions meurtrières se rapprocher dangereusement. Pluuus viiiiite ! Apercevant une des portes du gymnase, je me précipitai vers elle à fond les ballons, haletante et hystérique.

- AU SECOUUURS !

Je défonçai la porte – cas de force majeur !- et m'engouffrai à l'intérieur, y découvrant Law, torse nu et en sueur, ses bandages sur le sol et ses blessures encore visibles, et Akar, avec Bepo qui s'entraînaient. A l'aide !

Je courus vers eux alors qu'ils arrêtaient leurs activités respectives, mais dus esquiver un coup de bec en plongeant au sol, me relevant d'une roulade. S'ensuivit une course poursuite à travers toute la salle d'entraînement, moi, complètement paniquée et enchaînant les contre-pieds salvateurs de justesse, Kidd, des envies de meurtre envers ma personne. Moi, qui l'avais recueilli, élevé, protégé, nourri !

Les trois hommes s'assirent confortablement contre un mur et nous regardèrent passer, très intéressés par le divertissement.

- Allez Aylan ! Plus vite ! Cria Akar dans un ricanement.

- Attention ! Plonge ! S'exclama Bepo, aux anges.

Je me baissai, évitant l'attaque en piquée. Les salauds !

- Kidd ! Laisse-moi t'expliquer au moins ! Glapis-je en repartant vers le mur du fond, à bout de souffle et craignant vraiment pour ma peau devant mon cinglé de perroquet.

Law éclata de rire.

- On est derrière toi Aylan ! Tu as une infime chance de survivre ! Me cria-t-il.

Je les détestais. Je roulai au sol encore une fois, évitant de me faire lacérer par le bec de mon fêlé de perroquet bleu pétard. Je faisais quoi moi maintenant ! Je n'allais quand même pas lui balancer des couteaux ! Mayday mayday ! Désengagez ! Je répète, désengagez ! N'importe quoi mais faites quelque chose ! Un miracle !

- TRRRAAFFYNOUNEET ! Hurla alors ledit fou furieux.

Non ! Pas CE genre de miracles !

- Cette fois, il est mort. Entendis-je sobrement.

Oho. Très mauvais ça.

Résultat : moi, fuyant à travers la salle, un perroquet hurleur aux trousses, un capitaine glacial aux siennes, et deux crétins morts de rire, pliés en deux sur le sol, se roulant par terre et incapable de s'arrêter.

- Ca suffit Kidd ! Criai-je, n'arrivant plus à courir assez vite.

Je me jetai au sol, me recroquevillant... et Kidd me passa au-dessus sans me toucher. Étonnée, je relevai la tête, et une masse sombre me sauta par-dessus souplement et en silence, Nodachi à la main.

- ….. LAW ! Hurlai-je, réalisant enfin pourquoi Kidd ne s'était pas arrêté pour me harponner.

Je me relevai aussi sec et filai sur les talons du jeune médecin furieux, lui-même coursant mon perroquet cinglé. Accélérant un coup, je plongeai en avant et crochetai les chevilles de mon alpha, qui sauta pour se dégager. Il jura, tituba un instant mais je finis par lâcher sa jambe. Ouch, ma mâchoire...

Au moins, Kidd avait gagné quelques mètres...

J'adorais ma vie.

Après avoir empêché Law de transformer ma boule de plumes ambulante en poulet frit, m'être pris une belle engueulade et bichonné un oiseau très sale et de méchante humeur, j'avais dû récurer à fond la vigie, en sueur, des crampes dans les jambes.

Et pourquoi ? Pour avoir oublié un détail dont je n'étais même pas l'initiatrice, et pour avoir protégé un traître cinglé d'un capitaine psychopathe, qui me détestaient tous deux cordialement à présent. Youpi.

Et vous pouvez m'expliquer pourquoi c'est moi qui suis privée de dîner ?

Jetant l'éponge dans les deux sens du terme, j'essuyai la sueur coulant sur mon front, des envies de meurtres gambadant dans ma tête depuis un bon moment. La pièce était en meilleur état après trois bonnes heures de travail. C'était toujours ça de prit. D'une humeur de chien, je m'ébrouai et sortis de la vigie plongée dans la pénombre de la vie sous-marine et partis d'un pas raide vers la chambre de Law.

Je me perdis une ou deux fois, avant de retrouver l'odeur de Law et de la suivre, le parfum apaisant ma colère à ma plus grande frustration. Tentant vainement de l'attiser, ce fut pourtant une Aylan un peu plus calme qui pénétra dans la chambre de son alpha, qui n'était pas encore là.

Au moins j'aurais la paix. J'attrapai mon tee-shirt et mon short qui me servaient de pyjama sous l'oreiller, complètement froissés, et filai immédiatement sous la douche, transpirante et les muscles douloureux. Jetant mes vêtements trop grands à travers la pièce carrelée, je me glissai dans le petit recoin cerclé de verre et imprégné de la présence de Law.

Se doucher au milieu l'odeur chaude et humide de son alpha, ce n'est pas toujours facile à gérer, et je me forçai à l'ignorer, agacée par l'emprise qu'elle avait toujours sur moi.

- Pas moyen de prendre une douche en paix dans ce bas monde... grognai-je en allumant le jet, bien que l'odeur fût on ne peut plus agréable.

L'eau chaude me fit le plus grand bien, et je soupirai de bien-être. Les muscles de mes bras et de mes jambes se détendirent alors que la vapeur s'élevait tout autour. Le silence ponctué de du bruit de l'eau courante de la salle d'eau finit de me calmer, et je m'adossai au mur. Sous le jet d'eau chaude, les yeux fermés, je m'étirai et grimaça un peu au léger tiraillement de mes épaules. Enfin calmée, j'inspirai à fond et frissonnai sous la tension qui me quittait. Rapidement, je passai à de l'eau tiède, presque froide, que je préférai.

Je lavai mes cheveux emmêlés – je peux vous dire que Penguin s'est battu avec acharnement pour me faire utiliser une brosse et du shampoing -, j'enchaînai sur mon corps, passant en douceur sur les cicatrices au ventre, le long de ma jambe gauche et sur mon œil gauche.

Je constatai que je voyais à présent entièrement par cet œil, même s'il restait un peu douloureux. Heureusement ! Je ne voulais surtout pas finir borgne, vous imaginez le problème pour se battre. En tout cas, voir était un réel soulagement, et mon équilibre allait enfin s'améliorer. Déjà qu'il n'était pas fameux à cause de mon odorat qui faisait le yo-yo... encore qu'il se tînt presque tranquille depuis cette fameuse nuit. Je finirais bien par m'habituer. Il s'était encore approfondi, mais plutôt que monter et baisser, il restait généralement constant. Presque au maximum de ses capacités dans la grande majorité du temps. Argh.

Au moins je ne me cassais pas la figure dans le couloir sans raison, mais les odeurs étaient tout de même plus puissantes... et pas toujours supportable. J'eus un brusque tressaillement nerveux et préférai éteindre l'eau. Je sortis, attrapai une serviette et séchai mes cheveux sommairement avant de les brosser. Leur couleur blanche striée de noir me fit froncer le museau. Au fond de moi, j'avais espéré que leur ancienne couleur reprendrait le dessus... mais je commençais à m'y faire.

J'entendis la porte de la chambre s'ouvrir, et je terminai de me brosser rapidement. J'enfilai le tee-shirt noir trop grand et le short, qui commençaient tous deux à plus ressembler à des torchons qu'à autre chose. Law venait d'entrer. Il était en train de poser son chapeau à pois noir et son Nodachi sur son bureau quand je sortis de la salle d'eau. Son regard se posa sur moi. Je perçus un changement dans sa manière de se tenir, un infime quelque chose se modifier dans son odeur que je connaissais si bien. Un fin sourire vint étirer ses lèvres alors qu'il me détaillait.

Je n'étais pas encore habituée à ce regard et tachai de cacher un début d'embarras. Je repoussai mes cheveux humides derrière mon épaule et passai devant lui sans le regarder, faisant mine de vouloir sortir alors qu'il venait d'entrer.

Ça lui fera les pieds tiens.

Mais Trafalgar ne l'entendit pas du tout de cette façon. Son bras m'entoura rapidement la taille, me retourna d'autorité et me plaça contre lui. Ses hanches vinrent se lover contre les miennes avec une étonnante tendresse. Il glissa son visage dans mon cou, inspira profondément contre ma peau. Son museau frotta le creux de ma gorge avec douceur et je répondis en enlaçant ses épaules, frissonnante de le sentir ainsi contre moi. Des mains froides vinrent enserrer mes hanches, parcourant ma taille, empressées.

Je ris face aux baisers papillon qui remontèrent vers mon oreille, qu'il esquiva pourtant pour revenir à mon visage. Ses mains trouvèrent la cambrure de mon dos, caressant délicieusement ma peau. Law unit avidement ses lèvres à ma bouche, et je sentis sa langue caresser ma lèvre inférieure avec insistance.

Encore énervée, je résistai un instant et le repoussai de mes mains sur son torse. Puis je le laissai m'embrasser, appréciant pour cette fois le contact, mais n'y répondis pas. Sa main gauche glissa de haut en bas sur mon dos, vint effleurer mes omoplates, puis glissa légèrement sur l'épaule dénudée. Mes mains, toujours sur son torse, se crispèrent sur le tee-shirt tandis qu'il me cajolait.

Ma résolution commençait à faiblir face à sa tendresse et son empressement mêlés. Et quand il posa sa main gauche au creux de ma taille, à la limite de mon short, et sa main droite sur ma cuisse pour relever ma jambe contre sa hanche, liant nos deux bassins plus étroitement, le désir eut raison de ma résistance.

Dans un soupir d'agacement pour la forme, je me laissai finalement aller contre lui. Je l'attirai plus près pour me blottir contre son corps chaud et lui permis l'accès à ma bouche. Sa langue s'y glissa immédiatement alors qu'il grondait de contentement. Law avança le bassin, la main gauche dans mon dos, la droite sur ma joue. Il me fit reculer vers la porte fermée derrière moi, et m'y plaqua sans ménagement, dévorant ma bouche alors qu'il se tendait contre moi.

J'agrippai ses épaules puissantes et entourai son cou de mes mains qui caressèrent avec bonheur sa peau dorée. Je suivis le contour de ses clavicules du bout des doigts, longeai la ligne de ses abdos sur son tee-shirt sans aller plus loin, alors que ses mains glissaient sous le mien et parcouraient mon ventre et mes flancs de frôlements délicieux et je sentis mon visage s'enflammer une fois de plus. Je n'en revenais pas du bonheur que le simple contact de Law pouvait m'apporter, à quel point c'était bon d'aimer et de se savoir aimée.

Les vagues de plaisir commençaient à venir danser le long de mes hanches sous les attouchements chauds de mon capitaine. Ce dernier ondula son bassin contre le mien. J'inspirai brutalement par le museau, mon corps figé un court instant sous la sensation. Law stoppa le baiser, maintenant nos bassins unis. Il me contempla, le rouge aux joues alors que je sentais avec envie contre mon bas-ventre son désir grandir. Un éclat triomphant dans ses yeux me provoqua, et je me redressai pour le défier du regard. Cela eut pour effet de dilater légèrement ses pupilles.

- Et maintenant, tu es d'accord ? Murmurai-je d'une voix changée par le désir, mes yeux plantés dans les siens avec ironie.

Pour toute réponse, il joua des hanches et plaqua ses mains sur mes fesses, me faisant sursauter et entrouvrir mes lèvres, mais je refrénai le moindre bruit. Il eut un sourire possessif.

- Je ne suis plus blessé à présent, et nous sommes… en pleine possession de nos moyens... me souffla-t-il à l'oreille, et il la mordit du bout des dents.

Je léchai sa mâchoire en réponse, comme l'aurait fait une panthère avec son mâle. Law eut un petit rire, et embrassa mon cou. Il saisit mes fesses pour approfondir le contact de nos bassins, me faisant accompagner ses mouvements et je failli gémir de plaisir.

- Si on reprenait là où on en était ?

POV Law :

Plaquée contre la porte, Aylan lécha délicatement la mâchoire de Law. La plupart de ses réactions étaient typiquement félines, le prenaient par surprise, et le jeune capitaine prenait plaisir à les découvrir au fur et à mesure. Il la désirait pour beaucoup de raisons, et toutes agissaient comme un boute feu en lui. Il voulait la connaître, apprendre d'elle ce qui la ferait gémir, la ferait se tordre de plaisir sous ses mains. Il savait que l'indépendance de la jeune femme était puissante, et que le plaisir était une chose encore nouvelle pour elle. Le pirate qu'il était était d'autant plus avide de découvrir cette femme, que personne d'autres ne toucherait jamais car elle était sienne.

Il sentit les mains de sa nakama venir caresser ses flancs et glisser sur la barrière de son pantalon. La brûlure délicieuse de l'envie ne faisait que croître avec ses gestes maladroits mais affirmé. Il savourait chacun de ses gestes audacieux, teintés de cette incertitude qui la rendait vulnérable. Le fait qu'elle l'ignore était d'autant plus grisant. Il brûlait de la prendre, d'entendre sa voix, mais il se forçait à la douceur, afin de la laisser se découvrir elle même à son rythme. Il se pencha vers elle et murmura :

- On reprend là où on en était ?

POV Aylan :

Je souris. Enfin !

Law n'attendit pas ma réponse. Un bras enlaça ma taille et le capitaine des Hearts me souleva, puis me porta jusqu'au lit à notre gauche. Il m'y étendit d'autorité et je levai mon regard vers lui, dans l'attente de la suite. Mais Trafalgar s'arrêta aussitôt, resta au-dessus de moi, appuyé sur ses mains à plat.

Je fronçai un sourcil. Il me regardait, ses yeux brûlants de désir, mais avec une prudence que je saisis aussitôt. Cela m'agaça. Même si c'était pour moi qu'il le faisait. Et aussi pour lui... et pour l'état de sa moquette. Et des murs. Mais je ne m'en préoccupais pas, il n'y avait aucun risque !

J'attrapai le col de son tee-shirt et le tirai vers moi, mais Law résista facilement et leva un sourcil désabusé. Je soupirai en plissant le museau. Quel casse-pied ! Certaine qu'il ne lâcherait pas l'affaire, je lui lançai un coup d'œil énervé et fermai les yeux un instant, vérifiant l'activité de la Bête.

Toujours rien. Juste une aura faible, sans plus.

Je rouvris les paupières, plongeai mes yeux dans les siens, et admirai au passage son visage à l'angle dur dans la pénombre de la chambre. J'avais mis du temps à réellement apprécier la beauté humaine, mais à ce moment précis, je trouvais mon alpha magnifique avec ses pommettes taillées à la serpe, ses yeux magnétiques et son odeur puissante.

Il me rendit mon regard, attendant ma réponse. Je hochai la tête avec détermination.

Le jeune capitaine sourit, plaqua enfin ses lèvres sur les miennes et se coucha entièrement sur moi. Je le sentis s'appuyer sur mes hanches et nos jambes s'entremêlèrent. La sensation de son corps, de son poids sur moi me donna le vertige tant c'était bon, mais cela faisait aussi remonter la vieille appréhension d'être immobilisée, soumise à la volonté de quelqu'un d'autre. Déterminée à ne pas gâcher ce moment, je muselai mon inquiétude avec fermeté.

Je l'avais décidé, et je faisais confiance à Law. Alors vas voir ailleurs si j'y suis ! Grondai-je en mon fort intérieur.

Je tentai de respirer doucement, chose complexe dans ce genre de situation, et entrepris de me calmer. Je ne me concentrai que sur lui. Une cascade de légers baisers parcourait mon visage, et le médecin ignorant de mes pensées descendit jusqu'à mon cou, et suivit le contour de mes clavicules du bout des lèvres. Une main se glissa sous mon tee-shirt et caressa mon ventre avec légèreté. Son toucher semblait brûler ma peau.

Mes mains agrippèrent ses épais cheveux de jais quand son visage descendit sur mon ventre et le bout d'une langue partit à la découverte de mes abdominaux. Son exploration laissa une traînée humide sur ma peau, me faisant frissonner tandis qu'il passait sur mes cicatrices, suivant leur contour avec lenteur. Il s'appuyait sur ses genoux, assis à cheval de par et d'autres de mes jambes. La chaleur qui émanait de lui était agréable, me rassurait étrangement.

J'inspirai profondément, désireuse de tout sentir en même temps, les sensations, les odeurs, les gestes de Law contre mon ventre...

Voulant plus, j'attrapai son visage et le tirai vers moi pour réclamer un baiser qu'il me donna sur le champ. J'avais l'impression que ces baisers remplaçaient un peu plus à chaque minute mon oxygène. Law en profita pour s'étendre à nouveau sur moi, me faisant sentir son désir. Ses doigts crochetèrent mes mâchoires et je les ouvris, comprenant l'ordre implicite. Law envahit littéralement ma bouche ouverte, caressa ma langue et mes dents avec domination, prenant ce côté animal qui me plaisait tant, et émit un grondement contre mes lèvres gonflées. Je ris, étonnée de le voir ainsi, lui toujours si maître de ses émotions. En réponse, il força mon visage vers l'arrière et appuya davantage sur ma bouche ma gorge se dévoila aussitôt, offerte et vulnérable, et ma tête s'enfonça dans le matelas sous son assaut. J'en aurai gémi de plaisir s'il m'en avait laissé l'opportunité.

Je laissai enfin mes mains parcourir son dos, les glissai sur ses omoplates et suivis la courbure de ses muscles jusqu'au bas de son dos, au creux de ses reins. Puis, après une légère hésitation, je glissai le bout de mes doigts sous son pantalon. J'effleurai sa peau douce de son bas-ventre que je sentis se tendre.

Law se redressa soudain, toujours prudent vis-à-vis de la Bête. Je fronçai le museau et me retins de justesse de lui montrer les dents, de plus en plus frustrée par ces précautions. Il était aussi impatient que moi, ça se voyait à ses muscles contractés et son odeur qui s'intensifiait et changeait. Seul un gémissement de désir quémandeur s'échappa de ma bouche, que je m'empressai de refermer en détournant la tête sous le rire chaud de Law. Je rougis encore plus.

- Tu sais que tu es très excitante quand tu gémis comme ça… ça me donnerait des envies de te faire crier toute la nuit. Me dit-il à l'oreille.

Mon bas-ventre s'enflamma. Woua, j'étais sensible à ce qu'il pouvait me dire apparemment ! J'avais envie de l'entendre proférer des mots crus, d'une voix rauque et dominante, et qu'il me morde à pleines dents la nuq-… je tressaillis et clignai des yeux pour chasser l'image mentale qui s'était brusquement imposée dans mon esprit. Mon capitaine acheva de se réapproprier mon attention. Il glissa ses mains le long de mes flancs en partie dénudés, passa sur mon short vers mes cuisses qui se tendirent.

- Mmmh... Aah.

Je ne pus m'empêcher de soupirer quand Law remonta une main et la glissa doucement entre mes jambes. Incapable d'attendre plus, je m'agrippai à ses épaules et y plantai mes ongles. Law m'immobilisa d'une main sur mes poignets qu'il plaqua au-dessus de ma tête et les maintint avec fermeté, les yeux rieurs.

- Patience petite chatte... Ordonna-t-il d'une voix plus grave, me faisant tressaillir.

-… j'ai déjà entendu ça quelque part... marmonnai-je dans un halètement.

Law se contenta de rire. Ses doigts cajolèrent mes cuisses, y traçant des cercles, puis il y lova ses paumes chaudes et appuya légèrement, écartant mes jambes avant de glisser ses hanches entre elles. Sans me quitter des yeux, il joignit nos désirs d'un geste ferme.

Je me redressai brusquement sous la sensation inconnue de sa virilité contre mon sexe, mais Law m'enlaça et enfouit son visage dans mon cou dans un gémissement satisfait. Il resta immobile tant qu'il me sentit crispée et haletante, mais je pouvais sentir ses flancs palpiter contre mes jambes. Finalement, je bougeai doucement et me rapprochai un peu de lui et de cette forte source de chaleur qui me fit me mordre les lèvres.

Law donna un lent coup de hanche et soupira à nouveau, ce qui m'excita encore plus. La vue de mon alpha se donnant du plaisir me surprenait beaucoup et m'encourageait à faire plus. L'euphorie que déclenchaient en moi ses gestes me faisait perdre la tête et je commençais à accompagner ses mouvements. Law émit un doux râle et m'embrassa alors que je ronronnais de plaisir, inconsciente des battements accélérés de mon cœur dans ma poitrine. Son bassin plaqué contre le mien, mes jambes forcées d'être écartés de cette façon... C'était étrange. Mais pas désagréable, au contraire... C'était excitant et tendre à la fois.

Le médecin stoppa le baiser et enleva définitivement mon haut, le jetant à travers la pièce sans un regard pour lui. A moitié nue, je le vis se redresser et me contempler sans gêne, les yeux brillant de désir.

Je me retins de justesse de me tortiller sous ce regard, et lui rendis la pareil avec entêtement. Étendue sur le dos, les paumes plaquées sur les draps, j'observai l'homme redressé à genoux au-dessus de moi, ses abdominaux contractés pour se maintenir ainsi, me dominant de sa stature.

Je dévorais du regard ce mâle dominant et fort, au début seulement pour lui montrer que je n'étais pas faible face à lui. Je ne me soumettrai pas à son regard. Puis je me surpris à aimer ça, être ainsi isolée de tout par le corps puissant et assuré de l'alpha. Cette pensée me rasséréna, je pensai fugacement que sa domination sur moi n'était pas imposée... Puis je me perdis de nouveau dans le désir de mon alpha. Je remis mes mains en mouvements, les fis passer sur ses côtes sous son haut, pour ensuite venir effleurer avec curiosité ses tétons sous le t-shirt du bout de mes doigts tendus. Je devinai son sourire plus que je ne le voyais. Je me léchai lentement les lèvres. Dévoilant ses dents blanches, Law eut une expression qui me fit pousser un petit miaulement d'envie. Son odeur se déploya autour de lui, me frappant de son désir comme une gifle, et je hoquetai presque.

Le jeune capitaine se pencha, suivit de sa bouche la rondeur de mon sein droit avec lenteur. J'attendis avec expectative ce qu'il allait faire, sentant mon corps se tendre tout particulièrement. Il saisit alors un téton entre ses lèvres et le lécha doucement, me faisant me cambrer sous la caresse alors que sa main faisait subir le même traitement à son jumeau, le pinçant entre ses doigts. Cela libéra juste sous ma peau un éclair de plaisir qui alla sans détour déferler sur mon entre-jambe, qui semblait déjà réclamer. C'était délicieux...

- MMhm... Law… !

Je lâchai un murmure de plaisir qui fit redoubler les attentions de Law sur mes seins. Mon bassin tressauta contre ses hanches et je refermai mes cuisses sur ses flancs. Un petit éclair de conscience me traversa et, ne voulant pas être la seule torse nue, j'agrippai son tee-shirt et entrepris de le faire glisser de ses épaules, dont les muscles roulèrent sous sa peau pour me faciliter la tâche. Cela le fit cesser ses attentions sur ma poitrine et je grognais, souhaitant retrouver cette sensation incroyable, désirant sa bouche sur ma peau.

Le vêtement tomba au pied du lit, et je pus enfin contempler son corps, la peau contrastant par sa couleur plus claire avec la mienne, ses épaules musclées aux pectoraux finement dessinés, ses tatouages qui donnaient cette excitante impression qu'il n'était pas tout à fait dénudé, en passant par ses abdominaux à en faire saliver une panthère. Ma vue, meilleure que la sienne de nuit, me permettait de détailler chaque parcelle de peau tatouée qui s'offrait à moi.

J'inversai brusquement les positions en poussant soudainement ses épaules, et me retrouvai à califourchon sur lui. Mes mains glissèrent sur sa peau dorée, partant de son cou qu'il dévoila sous le toucher, la tête penchée en arrière. Dès qu'il m'offrit sa gorge, cela me fit comme un électrochoc et je me jetai dessus. Je mordillai sa peau de mes dents, la goûtait du bout de la langue. Je pris délicatement sa pomme d'Adam entre mes crocs, et il déglutit involontairement. Je ris, amusée. Je relâchai l'infime pression pour ensuite parcourir en longueur sa gorge offerte d'une légère caresse de la langue. Quelle vue sublime, ces clavicules surmontant les pectoraux décorés d'arabesques noires, cette gorge offerte et ce visage aux lèvres gonflées et aux yeux brillants. Je l'embrassai comme il l'avait fait, parcourus sa bouche, caressai sa langue. Law accentua le baiser d'une main sur ma nuque, et son autre main se referma sur ma jambe droite pour la tirer encore plus contre lui. Ses hanches se soulevèrent, cherchant plus de contact en se pressant contre mon entrejambe, et un gémissement de contentement résonna dans sa gorge.

Sous moi, son membre durcit et son corps se contracta davantage dans cette position qui semblait lui plaire. Je sentis sa respiration s'accélérer, à chaque inspiration sa poitrine venait effleurer mes seins. Ne sachant pas comment le satisfaire, je tachais de l'imiter au mieux, mais finis par me redresser. Je le contemplai alors qu'il haletait, sous moi, me laissant parfaitement libre. Ses mains reposaient sur mes cuisses, ses yeux suivaient le moindre de mes mouvements, me mettant un peu mal à l'aise.

- Law ? Demandai-je, et je me penchai vers sa bouche, effleurant doucement ses lèvres.

Il sourit et m'embrassa un instant.

- Mmm ? Murmura-il, jouant de son bassin pour venir frotter son érection contre mon entrejambe.

Je fermai les yeux sous cette sensation qui me fit frissonner, alors que je sentais une vague de plaisir bien plus puissante monter en moi. Tâchant de me contrôler, je poursuivis :

- Montre-moi... comment te donner plus de plaisir.

Il gémit d'une voix rauque et ses mains se refermèrent brutalement sur mes hanches, comme un étau qui me retourna sur les draps. Le choc me coupa le souffle, et mon capitaine m'empêcha sournoisement de le récupérer en m'embrassant sauvagement.

- Ne me dis pas ça comme ça Aylan... murmura-t-il, et il mordit mon oreille droite. Tu vas me rendre fou.

Ma tête partit en arrière, et je gémis alors qu'une de ses mains se glissait dans mon short, me surprenant par sa température fraîche comparée à la mienne. Mais je ne me laissais pas distraire... enfin, pas trop, et ma main se referma sur son poignet.

- Law ! Insistai-je, mon regard plongé dans ses yeux cendrés qui luisaient d'une lueur très excitante.

Un petit sourire qui le fit ressembler à un loup apparut sur son visage tendu par le désir, et il m'embrassa, me faisant trembler.

- Non. Pas cette fois... Tu me laisses faire. Grogna-t-il, et il avança sa main plus loin dans mon short, l'appuyant doucement contre mon entrejambe.

- Aah...

Law ricana contre mon oreille.

- Tu es déjà dans cet état...tu me veux tant que ça ? Releva-t-il sur ce ton rauque à la fois provoquant et avide qui m'excitait, détail qui n'avait pas dû lui échapper.

Je lui mordis l'épaule en représailles, et traversai involontairement sa peau de mes canines pointues. Un minuscule filet de sang glissa sur ses clavicules. Il me saisit l'épaule droite en retour et imprima sa marque sur ma peau de ses dents. Un éclair traversa mon dos et je me cambrai en haletant. Law sembla enfin vouloir accélérer. Il saisit l'élastique de mon short et le fit glisser le long de mes jambes, il détacha ensuite sa ceinture. Je ne lui en laissai pas le temps et me redressai pour plaquer ses lèvres sur les miennes en lui maintenant le cou. Je ne pouvais plus attendre, j'avais l'impression que mon corps était en feu. Cette fois je savais ce que je voulais. Je voulais ce qu'il me disait. Je le voulais lui. Je voulais le sentir en moi, entièrement, le posséder vraiment, et voir le plaisir sur son visage.

Law se dégagea à l'aveugle de son pantalon, sa bouche encore prisonnière, et je pus apercevoir la bosse de son désir à travers le tissu noir de son boxer. Sans attendre, je brisai notre baiser et tirai sur le dernier vêtement, curieuse, libérant son membre fièrement érigé. C'était la première fois que je voyais un mâle entièrement nu, et cette vision me fascina, d'autant plus que cet homme était Law.

Ce membre tendu et ferme me fit venir l'eau à la bouche et ma main se referma dessus avant que je ne le réalise. Le soupir rauque qui résonna me ravie et Law posa sa main par-dessus la mienne. Il y imprima une pression et guida mes gestes dans un lent mouvement de vas et viens que je mémorisai soigneusement. Son dos se cambra soudain quand j'effleurai le contour plus épais du bout de son sexe et il émit un gémissement guttural. Il était très excitant, exposé et vulnérable à ma vue.

Le jeune capitaine se débarrassa de l'encombrant vêtement et se rallongea avec empressement à mes côtés. Law caressa ma jambe de sa main droite, avant de venir la glisser entre mes cuisses, que j'écartai instinctivement. Effleurant mon intimité, il me tira à son tour un gémissement de plaisir et je ne pus m'empêcher de venir mordiller et sucer la peau de son cou, qu'il m'offrit aussitôt. Ce mâle me faisait perdre le contrôle, et je perdis davantage la raison lorsqu'il glissa un doigt en moi, me faisant me cambrer et gémir de surprise.

Je sentis son souffle se bloquer un instant dans sa gorge alors qu'il me dévorait du regard. Je fermai les yeux.

- Regarde moi ! Asséna-t-il, et sa voix claqua. Je t'interdis de fermer les yeux !

Il accompagna pourtant ses exigences d'un baiser appuyé dans mon cou, comme une requête voilée. J'obtempérai alors et ancrai mon regard fiévreux dans ses prunelles qui ne me laissèrent plus m'échapper. Il aventura un deuxième doigt et appuya doucement. Mon bassin se creusa et j'ouvris la bouche, les yeux mi-clos sous le plaisir qu'il me donnait. Law dévora mon visage du regard et glissa plus profondément ses phalanges.

Mes mains se saisirent de ses joues et je tendis mon visage vers lui en une demande presque désespérée, mais il sourit à demi sans cueillir mes lèvres.

Je le sentis ralentir, ne voulant pas rejouer la dernière scène, mais je l'attirai fermement vers moi tandis qu'il retirait sa main, et laissai son bassin se glisser entre mes cuisses. Law lâcha un soupir et embrassa mon museau, le corps tendu d'envie. Il se redressa, me regarda en soulevant légèrement mes hanches. Puis il me pénétra avec douceur, ne me quittant pas des yeux.

Je me mordis les lèvres, dévoilant mes dents et des larmes me montèrent aux yeux. J'avais presque l'impression d'être déchirée de l'intérieur, et mon alpha se figea, attendit que je m'habitue tout en caressant mes flancs et mon ventre pour me détendre. Il murmura quelque chose à mon oreille, mais je ne compris pas ce qu'il disait.

Bon sang, c'était vraiment… très étrange. Et pas vraiment agréable. La douleur s'atténua pourtant peu à peu. Je tachai de me décrisper, les mains serrées sur les poignets de Law de part et d'autre de mon buste.

Mon alpha, voyant que j'étais prête, redonna un coup de hanches et pénétra entièrement en moi. Je lâchai un petit cri, et le mordis au biceps immédiatement. Son grognement de douleur me fit réaliser ma réaction et je le relâchai, penaude. J'avais répondu à la douleur par la douleur instinctivement. Mais un rire dangereux résonna dans la gorge du capitaine des Hearts, et son regard se fit provoquant face à cette punition que je lui avais infligée.

- Ne crois pas toujours pouvoir t'en sortir à si bon compte petite chatte, je pourrai bien te punir pour ça… me murmura-t-il d'une voix chaude à l'oreille, et je ne pus retenir un gémissement.

Law m'embrassa alors passionnément, et je fondis dans ses bras, mes mains trouvant le chemin de ses épaules pour s'y accrocher. Le chirurgien reprit très lentement ses coups de hanches.

POV Law :

Dans un gémissement de plaisir étouffé, Law pénétra enfin Aylan. Atteignant ce qu'il attendait depuis des jours, des mois ! Il savoura cette sensation d'être en elle, de la posséder.

Sa compagne lâcha un petit cri de douleur, et il s'arrêta immédiatement, patientant alors qu'elle s'habituait à sa présence, la caressant, lui murmurant des paroles rassurantes à l'oreille. Le jeune capitaine la sentit se détendre un peu, et redonna un bref coup de hanche, entrant pleinement en elle. La brûlure qu'il ressentit alors aussitôt au biceps gauche le déstabilisa et il dévisagea Aylan dont les dents s'étaient plantées fermement dans sa chair, mais pas profondément. Ah très bien, un donné pour un rendu alors ? Il eut un sourire pervers alors qu'elle retirait ses crocs rapidement, visiblement choquée de sa propre réaction.

- Ne crois pas toujours pouvoir t'en sortir à si bon compte petite chatte, je pourrai bien te punir pour ça … lui susurra-t-il, pour ne pas qu'elle s'en veuille, mais surtout pour lui faire une promesse. Il ne serait pas aussi clément la prochaine fois…

Il commença de légers mouvements, attendant qu'Aylan réagisse, et dès qu'un gémissement plus profond et surpris résonna dans la chambre, il entama de plus longs et lents vas et viens, prenant tout son temps. Il sentit ses cuisses remonter contre ses flancs et enserrer avec force ses côtes et il grimaça un peu sous la douleur des os encore sensibles. Aussitôt la pression se relâcha. Elle était aussi attentive à lui qu'il l'était à elle…

Law s'arrêta, et la contempla pour le simple plaisir de la voir ardente de désir. Elle gronda comme un félin pour qu'il reprenne ses mouvements, et il sentit ses ongles s'enfoncer en représailles dans la peau de son dos. Le rookie se pencha et l'embrassa langoureusement, dévorant sa bouche et volant sa langue. Aylan miaula contre ses lèvres quand il reprit son rythme plus lentement. Le bassin de la jeune pirate se souleva alors pour accompagner ses gestes, et Law gémit de plaisir sous la vague de chaleur qui s'installa dans son bas-ventre. Cet angle…

- Oh oui… Mmm Aylan…

- Mmn aah… Plus vite ! Réclama-t-elle en remontant davantage ses hanches vers lui, changeant encore l'angle de pénétration.

Les deux amants soupirèrent de concert et les mains de Law vinrent maintenir fermement le bassin de la jeune femme contre lui. Constatant qu'il n'accélérait toujours pas, Aylan lui montra dans un flash ses canines. Ses mains descendirent jusqu'aux hanches du capitaine et se saisirent de ses fesses musclées. Elle imprima alors une pression sèche et rapide, imposant son rythme au rookie qui rejeta la tête en arrière, le corps piqueté d'aiguilles de plaisir. Prise de court par ces nouvelles sensations, la jeune pirate perdit le contrôle, mais Law entama un rythme plus rapide, et si satisfaisant… Il n'allait pas tenir longtemps comme…

- Aanh ! cria soudain Aylan en se cambrant davantage sous lui et libérant pour la première fois sa voix. Ses jambes se refermèrent avec force sur ses hanches.

...Ça.

Ce son le ravit. Il commença à accélérer le mouvement, et le bassin de la jeune femme répondit enfin au sien, ondulant avec lui au rythme de ses coups de hanches. Une décharge de plaisir traversa brutalement ses hanches et remonta le long de sa colonne vertébrale.

- Ooh oui... grogna-il, la sueur couvrant son corps.

Incapable de se retenir, il accéléra encore.

POV Aylan :

Le jeune capitaine lâcha un gémissement alors que je commençais à bouger en rythme avec lui, mouvant mes hanches contre les siennes, complètement dépassée par le plaisir que je ressentais.

Le sentir bouger en moi déclenchait des vagues de sensations qui déferlaient le long de mes hanches comme une flamme. Je laissai échapper un premier cri, rapidement suivi d'un deuxième qui fit écho à ceux de Law. Il accéléra encore ses coups de hanches, qui devinrent erratiques, et j'entourai son bassin de mes jambes. Son bras passa sous mes hanches et les maintint fermement surélevées, lui permettant de frapper juste cette zone qui semblait se tendre et brûler un peu plus de délice à chaque fois.

- Law ! Comme ça…Encore ! Gémis-je sous les merveilleuses décharges qui jaillissaient du fond de mon corps à chacun de ses coups de bassin.

Il soupira mon nom en retour, agrippant les draps de sa main libre alors que la sueur glissait le long de nos corps unis. Je n'en pouvais plus, le plaisir était trop grand pour que j'arrive à l'assimiler entièrement, je criais à chaque coup de bassin désordonné mais puissant de Law, griffant son dos.

Sa main soutenant mes fesses, Law devint plus erratique, ses dents serrées laissaient échapper de plus en plus de gémissements et halètements, ses yeux fixés dans les miens. Enfin il se figea et son gémissement se changea en un cri plus puissant et abandonné, la tête penchée en arrière, le dos cambré et le corps contracté parcouru de brusques frissons. Je me crispai un instant après sous une ultime vague de plaisir… et ouvris de grands yeux choqués quand cette vague grandit d'un coup, déborda dans mes hanches, sapa mes repères et inonda mon corps d'une sensation de chaleur indescriptible et délicieuse. Un dernier cri rauque résonna dans la chambre sombre, jaillissant autant de ma bouche que de celle de Law. Mon capitaine s'écroula sur moi, haletant et en sueur, pendant que je savourais avec hébétude les dernières sensations qui s'enroulaient délicieusement au creux de mon bas-ventre..

Le souffle court, les yeux fermés, je revins peu à peu sur terre tandis que Law se redressait et se retirait doucement. Ma respiration ralentit peu à peu alors que les martèlements de mon cœur s'apaisaient. J'avais encore du mal à comprendre ce qu'il venait de se passer.

C'était... tellement fort, incroyable... ce que vous voulez, c'était délicieux ! Je souris dans le noir avec béatitude.

Une main se posa sur mon front et j'ouvris une paupière à demi pour découvrir les yeux cendrés de mon compagnon. Law déposa un baiser sur mes lèvres et roula paresseusement sur le côté, s'allongeant contre moi. Je lâchai un profond soupir. Le plaisir laissait peu à peu la place à la somnolence. Sa main remonta le long de ma jambe, caressant ma peau du bout du doigt avant de venir se poser sur mon ventre.

Me tournant vers lui, je me pelotonnai dans ses bras, et il embrassa le sommet de ma tête, enfouissant son museau dans ma crinière.

- Je t'aime. Murmurai-je.

Il eut un petit rire.

- Moi aussi.

Je restai un instant en silence, savourant ces mots.

- Ça se passe toujours comme ça ?

Ses yeux cendrés brillaient légèrement dans la pénombre, et Law rit encore.

- Tu poses toujours autant de questions ? Murmura-t-il, engourdit.

Je grondai doucement. Mais la fatigue alourdissait déjà mes paupières. Appuyant ma tête contre son torse, je murmurai :

- Tu m'apprendras ?

- Faudra pas me le demander deux fois. Souffla-t-il.

- Surprenant...

Je lui tournai le dos et il passa une main autour de ma taille, me ramenant contre lui, et colla mon dos à son torse. Il se mit à caresser lentement mon ventre, descendant parfois jusqu'à mes jambes pour ensuite revenir à mes flancs.

Je m'endormis immédiatement.

A suivre...

Alors ?

( ça t'en bouche un coin monsieur-j'y-crois-pas-mustaffa!)

Vous avez aimé? Dites moi ce que vous en pensez !

Merci d'avoir et à plus les choubidous!