Et voilà la fin de notre aventure ! Je suis tout émue, c'est fou le temps que vous m'avez suivi, merci d'aimer Aylan comme je l'aime, c'est merveilleux d'avancer avec vous !
Merci LadyClau, tu es juste un vent de bonheur et de motivation pour ma fiction, tes reviews m'ont fichu un sacré coup de pied au c-
UL !
Chut chut chut.
Et merci Chikaneki pour ta review, ça me fait très plaisir ce que tu me dis là :') Aylan a bercé mon adolescence (j'ai 23 ans maintenant dit donc…)
On a 23 ans je te prie.
Fertes.
Le dernier chapitre de cette aventure au milieu de One Piece !
Enjoy, et dites moi toutes vos critiques et commentaires ! 3
Une fin n'est qu'une courbe
Et les courbes sont l'harmonie d'une vie.
Y parait.
Aylan se remit debout péniblement, un Kidd satisfait au creux des bras. Law ne lâchait pas sa compagne du regard. Quelque chose avait changé. Il ne parvenait pas à cerner quoi, mais une chose essentielle avait été perdue... ou gagnée ? La façon qu'elle avait de regarder autour d'elle avec une expression plus calme, plus…
Impénétrable.
Il se redressa à son tour et grimaça de douleur. Ils régleraient cela plus tard. Pour l'instant…
- AYLAN !
Le hurlement d'Ace les fit tout deux sursauter. Aylan se retourna dans sa tenue d'Eve, apparaissant derrière l'épaule de Law à la vue des deux autres pirates à genoux. Quand il aperçut la jeune femme, le visage de Poings Ardents devint aussi rouge que ses flammes. Il se retourna brusquement, bafouillant des phrases incompréhensibles. Marco se contenta d'un rire silencieux qui secoua ses épaules devant l'expression meurtrière de Law
- Law.
La voix fatiguée d'Aylan, inhabituellement calme, interpella aussitôt le capitaine. Elle évita d'abord son regard et il la vit rassembler son courage pour lui faire face.
- Law je… je…
Il lui mit un doigt sur la bouche et Aylan tressaillit.
- Plus tard. Coupa-t-il plus sèchement qu'il ne l'aurait voulu. Toi ?
Elle lui rendit un regard confus mais reconnaissant.
- Plus tard.
POV Aylan :
Je fuis une fois de plus son regard pénétrant et me donnai une contenance en reprenant mes caresses sur Kidd. Le perroquet blotti contre mon ventre me dispensait une chaleur à laquelle je m'accrochai presque désespérément. La vague des sensations qui m'assaillait me donnait un vertige et un mal de crâne atroce. Le ciel était plus bl… bon surtout gris, les sons plus forts, les odeurs tellement plus…
Mmmmh… un frisson de délice me parcourut. Qui ne m'appartenait absolument pas. J'avalai de travers.
J'avais l'impression d'une présence mouvante juste sous ma peau, de légers frissons et des pensées qui se mêlaient et jaillissaient quand je ne les attendais pas, comme les éclaboussures imprévisibles du torrent. Etrangement, la sensation de n'être jamais seule avait disparu… Et je compris bien à l'œillade que me lança Law qu'il n'était pas dupe une seconde de ma petite comédie. Je le voyais lui-même puiser dans ses dernières réserves pour se maintenir debout.
- Il faut y retourner.
La voix grave de Marco résonna sur la petite plage. Je m'aperçus que les deux hommes -Ace étant toujours de dos- me fixaient avec un regard inquiet.
Wups.
J'avais dû me laisser emporter par le tourbillon d'informations que je percevais. Je me mordis sèchement la joue et grimaçai. Le goût métallique qui envahit ma bouche m'aiderait à me concentrer. Rassurés momentanément quant à ma santé mentale, Law et le Phénix échangèrent alors un regard entendu.
Akar était peut-être encore en vie.
Je n'y croyais pas. J'avais senti les crocs s'enfoncer dans son torse, senti son sang chaud se déverser en cascade sur ma langue. Mon alpha acquiesça cependant et fit un pas dans ma direction.
Son teint passa en un instant de pâle à gris et ses yeux s'écarquillèrent légèrement alors qu'il serrait plus fort le manche de son sabre. La faiblesse de mon alpha fit rater un nouveau battement à mon cœur. J'écartai les bras, laissant Kidd s'envoler vers les arbres, et comblai les derniers pas nous séparant.
Avant qu'il ne s'effondre devant les deux capitaines de l'équipage de Barbe Blanche, je me blottis contre lui. Mes bras enserrèrent la large poitrine et les siens passèrent dans mon dos alors qu'il s'appuyait lourdement contre moi. Son corps était glacé, et le manque de force dans son étreinte faillit me tirer un sanglot.
- Je suis désolée… je suis désolée… finis-je par répéter encore et encore.
Je retins mes larmes de toutes mes forces et le serrai plus fort contre moi, tâchant de lui communiquer ma chaleur. Une main vint soudain à la rencontre de ma joue contre sa clavicule et je relevai la tête vers lui avec hésitation. Ses yeux gris acier me regardaient avec une tendresse mêlée de chagrin que je ne lui avais jamais connu.
- Il faut y retourner Aylan. Maintenant.
Ferme et définitif.
Je pris une profonde inspiration et ravalai de force les derniers sanglots qui bloquaient ma gorge. Assez maintenant.
J'eus la soudaine sensation d'oreilles pointées vers l'avant dans la masse de mes cheveux.
Il pouvait à peine marcher. Je me sentais plus forte que jamais. Un sourire effleura mes lèvres qui cessèrent peu à peu de trembler. Je plantai mes yeux turquoises dans les siens.
- Tu veux voir un truc cool ?
Law haussa un sourcil dubitatif. Il tressaillit quand il sentit ma main gauche se couvrir soudainement de fourrure douce et blanche, ma main droite saisit la sienne et entrecroisa fermement nos doigts quand il tenta de reculer. Mon corps s'embrasa sans qu'aucune douleur n'entache la transformation et un ronronnement satisfait surgit de ma poitrine. Avant qu'il n'ait le temps de réagir, Law fut soulevé et lâcha un cri rauque quand il sentit ses cuisses s'écarter sous le corps qui apparaissait sous lui.
En un instant, le Chirurgien de la Mort se retrouva sur le dos d'un gigantesque tigre blanc aux rayures noires d'encre, aux yeux turquoise et à l'apparence encore famélique. Ses doigts se crispèrent instinctivement dans la fourrure rase de mes omoplates, le Nodachi toujours au creux de sa paume.
- Bon sang !
Je tressaillis encore quand mon alpha s'exclama, manquant de peu de le désarçonner. Cette nouvelle forme si vite obtenue me fit vaciller et je me couchai aussitôt, plus pour éviter de m'écrouler que pour rassurer les deux pirates de Shiro Hige qui s'étaient aussitôt mis en garde. Le juron de Law avait averti Ace qui s'était retourné d'un bloc. Ses yeux luisaient d'une détermination sans faille, on sentait que cramer le matou une seconde fois serait un plaisir.
Je n'avais cure de ces deux-là. Un bonheur immense m'envahissait par vague, au même rythme que le sang pulsant avec force dans mes muscles à chaque battement de mon puissant cœur. L'envie de me mettre en chasse et gouter le sang de créatures innocentes me saisit et je sentis Hell gronder de satisfaction à mes côtés. C'en était presque jouissif tant c'était pur, facile et intense.
Je tournai la tête vers mon alpha, qui contempla d'un air choqué mes yeux turquoises.
Law était choqué ! Ah ! Sa tête était impayable. Mon rire feutré qui résonna dans ma cage thoracique manqua le déstabiliser et me faire repartir de plus belle. Ses jambes touchaient à peine le sol.
- Incroyable.
Je me retournai vers les deux autres pirates, qui avaient compris qu'il n'y avait aucun danger.
La grosse bébête n'allait pas les croquer.
Pour le moment.
L'esprit mêlé de Hell au mien donnait lieu à un étrange résultat et je soufflai, troublée.
Ace, émerveillé, s'accroupit lentement devant moi et tendit une main hésitante. J'y donnai une pichenette du bout du nez malgré le grognement mécontent de Hell qui faillit m'échapper. Sale caractère le sac à puces.
Mon demi-frère entreprit de caresser d'abord prudemment, puis avec plus d'entrain le front du tigre qui ronronna.
Pas question de laisser Hell dicter chacun de mes pas. Nan mais. D'autant qu'entre pas et repas, il n'y a qu'un pas. Je ressentis une exaspération naissante tandis que je riais intérieurement.
Marco se contenta de m'observer avec attention sans faire aucun commentaire mais j'entendais presque les rouages tourner et cliqueter dans sa tête. Ça ramait sec là-haut. Histoire de lui filer un coup de main, je me redressais -lentement pour ne pas secouer Law -, et m'approchai du Phénix. Il me regarda m'avancer avec une impassibilité parfaitement maitrisée… et je lui barrai le visage d'un grand coup de langue.
L'ananas blond recula de quelques pas titubants, trébucha dans le sable et tomba brusquement sur les fesses, tandis qu'Ace roulait par terre à un pas de lui, écroulé de rire.
- Qu'est ce que- !
C'est comme ça qu'on nettoie les tronches sérieuses chez moi, à grand coup de bave. J'émis un feulement grave, nouvelle forme de rire.
Les jambes de Law qui jusqu'alors étaient crispées sur mon dos, se relaxèrent sensiblement et je le sentais retenir son amusement devant l'expression indescriptible du grand Marco, roi de la poker face.
Une main vint cependant tapoter mon épaule avec une certaine impatience et je cessai de persécuter le Phénix, qui s'était relevé et avait retiré sa veste pour s'essuyer énergiquement. Et filer un coup de pied au cul d'Ace au passage aussi, toujours mort de rire par terre.
Sans perdre plus de temps, j'obéis à l'ordre implicite et partis en direction de la falaise de mon pas le plus léger. La B-… Hell réagit aussitôt et vint se joindre à la course. Pliant les jarrets, elle pétrit un instant le sable froid qui s'enfonça entre ses épais coussinets, avant de bondir jusqu'en haut de la falaise d'un saut. Law, qui avait senti le coup venir, avait planté ses mains dans la peau de mon cou et s'était plaqué contre mon dos. Même en plein saut, la sensation de son corps collé au mien me fit venir l'eau… nous fit venir l'eau à la bouche. Je manquai perdre l'équilibre du saut et me recentrai de justesse.
Holàholàà ! Ça devenait un peu trop tordu là ! Il allait falloir que j'aie une petite conversation avec ma colocataire envahisseuse, histoire de mettre certaines choses au clair.
Les envies qui se mélangent dans le corps d'un animal. Des envies d'humain pour un humain. C'était non, non et au grand jamais non. Pauvre tarée.
J'entendis Ace et Marco s'élancer à ma suite. Me réceptionnant avec le moins de secousses possibles sur le bord rocheux, je me secouai les pattes pour me débarrasser des grains de sable – bon sang de maniaque celle-là ! - et m'élançai vers la forêt.
Law à califourchon sur mon dos, les deux capitaines de Shiro Hige juste derrière ma queue, nous disparûmes sous l'épaisse canopée.
oOo
La course retour prit plus de temps. Je veillais à assouplir mes foulées pour ménager mon capitaine. Son état de faiblesse m'angoissait instinctivement, bien plus que tout le reste. Au moins put-il se reposer pendant l'heure que nous prîmes à traverser la jungle. Quand nous approchâmes de la clairière brûlée, je ralentis progressivement et laissai Marco et Ace me dépasser pour qu'ils expliquent aux Hearts pirates la situation. Marco partit en avant et Ace le suivit après un hochement de tête à mon encontre.
Je revins doucement au pas et me tordis souplement la nuque pour regarder mon alpha. Son visage était encore très pâle mais il semblait capable de tenir debout à présent au moins. Il me gratifia à son tour d'un signe de tête encourageant. J'aperçus Kidd, qui nous avait suivi, perché sur une branche au-dessus de nous. Il se lissait les plumes et dressait sa longue queue, l'air de mettre au défi les autres oiseaux de rivaliser avec son plumage bleu pétard.
Une bonne stratégie, car pour ce qui était du ramage, il n'avait aucune chance.
J'inspirai un bon coup. Les deux capitaines avaient dû avoir le temps de clarifier les choses.
Allons-y.
L'atmosphère sombre de la clairière nous confirma bien vite ce que je pressentais. Le corps d'Akar gisait près des arbres qui bordaient l'espace. Il était recouvert de la veste de Penguin, ce dernier assis non loin, la tête entre les genoux. Tous relevèrent la tête à la vue de leur capitaine et leurs yeux s'éclairèrent un peu.
Je m'approchai à pas lents, me forçant un peu plus après chaque enjambée à entamer la suivante. Mes oreilles bourdonnaient. Je sentais la tension et le chagrin muet de Law sur mon dos. Un désastre. J'avais provoqué un désastre. L'angoisse et la culpabilité me tenaillaient.
Bepo se précipita vers son capitaine quand j'arrivai enfin à leur hauteur, et l'aida à descendre. Ils échangèrent quelques mots que je ne compris même pas, le sang vrombissant à mes tympans. Je secouai la tête à temps pour entendre Bepo s'adresser à Marco :
- … on aurait pu le ramener à temps si tu étais resté. Il serait peut-être encore en vie.
Le Phénix dévisagea la douce expression de l'ours, sans la moindre trace de reproche, avant de détourner le regard. Le silence fut sa seule réponse.
Le retour au sous-marin se fit dans le même esprit. Pas un mot ne fut échangé. Je marchai à l'arrière garde, tête basse, incapable de regarder le corps que portait Sachi, aux côtés du capitaine. Le pire était probablement que la culpabilité me rongeait de moins en moins, je me surprenais à penser que c'était le cours naturel des choses. Il avait fait son choix et en avait payé le prix. Un frisson de dégoût me parcourut. Je commençais à comprendre que la personnalité de Hell et la mienne allaient se mêler bien plus profondément que ce que j'imaginais. A quel prix ? Je ne voulais pas perdre mon humanité durement gagnée.
Kidd s'était perché sur ma tête, étonnamment confiant en présence de Hell. Une pensée me traversa sur la qualité particulièrement... croustillante de Kidd. Je hurlai intérieurement après Hell, qui ricana.
Dans un état second et étrangement couronnée, je me laissai mener comme un chaton jusqu'au sous-marin, happée par un enchevêtrement de sentiments et de souvenirs qui montaient en moi, en nous, comme le ferait une marée sous l'attraction de la lune. Ou la sinistre fascination de la proie devant les yeux du prédateur.
Arrivée devant le sous-marin, je m'assis sur la plage, regardant sans les voir mes nakamas pénétrer un à un à l'intérieur dans un silence religieux. La queue enroulée autour de mes énormes pattes, j'inspirai l'air salin, savourai la beauté et la chaleur de l'endroit sans y prêter une réelle attention. Pas plus d'ailleurs qu'aux serres de Kidd qui piquaient mon crâne, tentant d'attirer mon attention. Au bout d'un temps, Kidd finit par se lasser et s'envola vers le sous-marin, s'engouffrant dans les couloirs comme une ombre dotée d'une large envergure. Je ne réagis pas.
Le soleil s'enfonçait dans les eaux argentées de l'océan, teintant les cieux d'un rose vif, quand Law ressortit enfin.
Il vint clopin-clopant s'installer à côté de moi. Il avait l'air d'avoir repris des forces, et sa jambe le supportait mieux à présent
Je n'avais pas bougé d'un poil depuis je ne savais combien d'heures, mais sa présence suffit à briser mon état de transe. Nous contemplâmes l'horizon en silence, lui absorbé par le coucher de soleil, moi bercée par les mémoires que je venais de parcourir. L'odeur encore tachée de sang de mon alpha me fit pourtant réagir après quelques minutes. Sans que je n'y réfléchisse, je transmutai et retournai lentement à mon ancienne forme, rétrécissant. Je me retrouvai assise en tailleur, dominée par la stature de mon alpha.
Je sentis son bras m'entourer, plaçant un plaid sur mes épaules et il m'attira à lui. Je soupirai de bien-être et me blottis dans sa chaleur. Mes muscles se relâchèrent enfin un à un. Sa protection m'était devenu aussi indispensable que l'air que je respirais. On s'était encore sorti de justesse d'un nouvel enfer, et les dernières heures m'avaient donné un aperçu de ce qui aurait pu arriver. Et de ce qui en aurait résulté. Je frissonnai soudainement.
Incapable de me taire davantage, je m'écartai à regret de son torse pour enfin le regarder.
- … Alors ?
- Alors la moitié de l'équipage refuse que tu restes parmi nous.
Coup de poignard. Bien joué Law, toujours aussi précis et fulgurant. Je déglutis, tachant d'empêcher ma mâchoire de trembler.
- Et toi ?
Sa main se resserra sur mon épaule et son regard se durcit. Mon cœur se mit à battre plus fort dans ma poitrine.
- J'ai des projets, depuis trop longtemps repoussés. Des projets liés à César Clown.
Ce nom, surgit des tréfonds de ma mémoire, m'arracha un grondement de haine glacée. Je cillai sous la surprise et les prunelles orages du Chirurgien de la Mort luisirent de satisfaction.
- Ce nom lui parle, pas vrai ? C'est le nom que m'a donné Thib avant d'être brûlé vif. Et je suis à peu de choses près convaincu que c'est lui qui a utilisé la Bête pour des expériences et qui avait une idée derrière la tête quand vous vous êtes enfuies. J'ai des projets, et tu vas venir avec moi.
- Hell.
- Pardon ?
- Hell, pas la Bête.
Law haussa un sourcil intrigué. Il planta son regard d'acier dans mes yeux troublés par le souvenir, et je lui touchai le bras.
- Je vais te raconter une histoire.
oOo
J'avais vécu toute ma vie aux côtés de mon peuple. Nous étions les maîtres incontestés du semi continent que nous appelions « l'Île ». Nous avions bâti des architectures de plus en plus audacieuses aux côtés de l'autre espèce qui avait évolué à nos côtés pour finir par établir une symbiose avec nous, les grands prédateurs. Nous ne les mangions pas et cette race de chèvres bipèdes nous aidait dans nos ambitions de création et de développement. Nos deux espèces en étaient venu à dépendre l'une de l'autre.
Chasseurs avant tout, nous avions élevé la loi de la nature en une loi incontestable. Tyrans, nous l'étions probablement, mais le plaisir de vivre était presque une religion pour nous tous au sang si échauffé et chaque jour devait être exploité selon le désir de chacun. Les autres espèces n'avaient pas leur mot à dire. Tout comme les fourmis ne contredisent pas le fourmilier.
J'avais un compagnon, deux petits à élever. Puis un mal est apparu, à la suite d'un terrible tremblement de terre qui brisa la surface de notre île en fragments crevassés. Proies et prédateurs périrent en nombre ce jour-là, mais ce n'était rien comparé au poison qui commença à se répandre. Des prédateurs perdirent peu à peu l'esprit, attaquant leurs congénères et finalement mourant une fois enfermés sans que quoique ce soit n'ait pu être fait.
Mon compagnon fut atteint. Il massacra notre petit devant moi avant que je ne le tue moi-même, mes crocs enfoncés profondément dans sa gorge épaisse. Le goût de son sang allait hanter mes rêves à jamais.
C'est alors que des bipèdes abordèrent nos côtes. Nous étions désormais peu nombreux et peu enclins à accueillir des inconnus chez nous. Ils fuirent et disparurent dans la jungle encore ravagée par le cataclysme. En sous-nombre, affaiblis par le manque de nourriture et plus occupés par la recherche d'un antidote au Mal qui nous rongeait de l'intérieur, nous les laissâmes partir.
Des disparitions survinrent sur nos plus jeunes. Je ne quittais pas mon dernier enfant, protégeant avec violence la dernière précieuse vie qui me restait. Quand je l'entendis hurler un soir, mon sang se glaça dans mes veines et je galopais en direction du cri, dans les sous-bois. Mes congénères, trop affaiblis, ne me suivirent pas.
Des bipèdes avaient capturé mon enfant dans un piège cruel qui enfonçait des aiguilles le long de sa colonne vertébrale. La moindre tentative de lutte enfonçait davantage les épines et la douleur et la peur que je vis dans le regard de mon fils me fit perdre toute raison.
J'attrapai à mon tour le Mal ce soir-là. A cause des bipèdes, à cause de la folie ambiante… qu'en savais-je, et je n'en avais cure sur le moment. Les organes éclaboussèrent en quelques secondes les troncs d'arbre et la terre se gorgea de sang de bipèdes. Quand le dernier eut à son tour abreuvé de son sang le sol de la forêt, je me tournai vers mon petit, la mort au bord des lèvres.
Il me regarda approcher, la compréhension et la résignation se lisaient dans ses yeux larmoyants. Il pressa doucement sa tête contre ma joue quand mes crocs pénétrèrent sa fourrure et un dernier soupir quitta son petit corps plein de vie.
J'errais, longtemps. Ou peut être seulement quelques jours. Le Mal me dévorait, mais je l'accueillais à présent à bras ouverts. Il me faisait oublier pour un temps ce que j'avais fait. Je finis par déboucher, amaigrie et hagarde, sur le camp caché des bipèdes. J'appris ce jour-là que c'était bien eux les responsables du Mal, car ils me maintinrent en vie et captive.
Je ne sais pas s'ils me guérirent. Probablement pas. Mais ils expérimentèrent durant des années des choses sur moi, profitant de la force de mon corps et de mes capacités de régénération inaccessibles à ces créatures fragiles. Des années de douleur, de peur et de culpabilité à vouloir mourir chaque jour, à accueillir la mort pour se la faire arracher l'instant d'après. De tout cela il ne restait qu'une trace sanglante dans ma mémoire. Mon compagnon et mes fils y vivaient à jamais.
Longtemps, très longtemps après, je m'évadais. Les forces qui m'avaient maintenu en vie jusque-là, que ce soit les miennes ou celles de leurs sciences, m'avaient doté de capacités meurtrières et d'une profonde résistance à la douleur. Je ravageai le laboratoire dans lequel on m'avait maintenue captive, ne laissant aucun être en vie.
Pendant un temps, je vécue seule sans comprendre ce qu'il s'était passé, pourquoi je ne retrouvais pas l'Île et les miens. Je ne souhaitais plus qu'une chose, retourner auprès du corps de mon petit, me rouler en boule au sol et ne plus bouger. Je tombai un jour dans un piège, attirée par l'espoir d'informations que j'avais cru sentir sur une large île au Nord, dans ce que les hommes appelaient alors le Nouveau Monde.
Je rencontrai ce jour-là César Clown, qui m'enferma de nouveau. Il m'apprit que j'étais la dernière de mon espèce. Que mon Île avait été engloutie par la mer et rayée de la carte. Ma haine envers les hommes atteint son apogée grâce à cet homme. Je devais cependant lui reconnaitre une imagination exemplaire, il ne manquait pas de ressources et avait toujours de nouvelles choses à essayer sur moi. Quand je pensais que plus rien ne pourrait m'atteindre à présent, il me prit alors la dernière chose que j'avais. Mon corps.
Il arracha mon esprit et le passa dans un autre corps, tentant d'en faire un prédateur ultime. Autant dire que cela ne se passa pas très bien, ni pour lui, ni pour les suivants. Sans parler des aides du scientifique. La folie était douce, le goût du sang, réconfortant. Leur mort soulageait ma douleur.
Jusqu'à toi.
oOo
Je parlais longtemps. Law écouta, sans jamais m'interrompre. Je parlai jusqu'à avoir la gorge sèche, jusqu'à ce que la demi-lune fasse scintiller les flots de ses rayons. Je m'étais plongée dans le passé du tigre et en étais ressortie, à la fois plus meurtrie et plus sereine.
Je lui expliquais ce qui nous était arrivé aujourd'hui et il serra les dents. J'avais peur, peur de ce que Hell et moi avions fait, peur de ce que ça allait entrainer pour moi et mon alpha. Allait-il accepter ce changement en moi, lui qui l'avait involontairement provoqué ?
Finalement, après de longues minutes de silence, il se remit sur ses pieds, fit quelques pas. Mes doigts se crispèrent sur mes genoux. Le Capitaine des Hearts eut un profond soupir las, baissa la tête et je contemplais dans une angoisse grandissante son large dos.
Je déglutis et forçai les mots à passer la barrière de mes lèvres.
- Tu veux que je parte ?
Ma voix ne trembla pas et j'y puisais du courage. Dans la pénombre qui s'était installée, je ne pus dire si j'imaginais le frisson qui sembla le saisir. Law se retourna et s'accroupit devant moi. Son odeur m'enveloppa aussitôt et j'y perçu l'odeur piquante de la colère. Son visage était plongé dans l'ombre, la lune suspendue derrière son dos, et je ne vis que ses yeux luire d'un éclat menaçant. Je déglutis péniblement.
Sa voix s'éleva, profonde et implacable.
- Nous. Nous allons partir Aylan. Toi et moi.
J'écarquillai les yeux et restai un instant sans voix.
- Quoi ?! Mais.. Et Bepo, Sachi, Penguin ? Et la boîte de cons-….
Les lèvres qui se plaquèrent sur ma bouche éteignirent toute velléité de protestation. Je reculai sous la surprise mais sa main vint immédiatement se plaquer contre ma nuque, coupant cours à toute retraite.
Son baisé se fit plus exigeant et je gémis quand sa langue m'envahit, mes pensées s'embrouillant dans ma tête. Renonçant, je lui répondis alors avec plus d'entrain et le plaquai contre mon corps nu. Il répliqua aussitôt en mordant ma lèvre inférieure et ce fut cette fois un grondement de plaisir qui surgit de ma poitrine.
Loin de ralentir Law, ce bruit animal sembla le mettre davantage en colère et la main qui n'était pas crochetée à mes cheveux vint entourer ma taille pour me faire basculer par terre sans ménagement, le plaid glissant sous moi.
Je grondai quand mon crâne heurta le sable et plantai mes ongles dans ses épaules. Il ne me laissa pas respirer et saisit mes mâchoires entre ses doigts, les forçant à s'ouvrir et dévora ma bouche sans aucune tendresse. Je ne me laissai pas faire et griffai durement la peau brune de ses épaules. Il en grogna d'approbation.
Ses mains descendirent et prirent possession de mes seins alors que mes paumes se refermaient sur ses fesses musclées. Nos bassins s'unirent davantage et à travers son pantalon, je sentis son désir fermement plaqué contre mon intimité. Je gémis de contentement et il quitta ma bouche pour venir parcourir mon cou de sa langue, ses lèvres, ses dents. Pour chacun, je haletais plus vite. Ses mains caressaient, taquinaient et pinçaient mes seins au plus fort de leur sensibilité, me faisant perdre la tête.
Ma cambrure accueillit le creux de son bras et il maintint fermement mon bassin pour entamer des vas et vient, nous arrachant un soupir commun. Mes mains massèrent la courbe de ses fesses et accompagnèrent le mouvement pour intensifier cette délicieuse chaleur lovée au creux de nos reins.
D'un brusque coup à l'épaule, je le repoussai et le forçai à se redresser avant de prendre possession de sa bouche, sans tenir compte de l'éclat orageux de ses yeux. Mes mains fébriles vinrent dénouer sa ceinture à tâtons et il soupira avidement. Concentrée sur mon baisé, à observer son visage à la lumière de la lune, la tâche s'avéra plus ardue. Je sentis ses doigts venir aider les miens à dénouer la boucle avec empressement, et bientôt, son pantalon et son t-shirt jonchèrent le sable tiède.
Il était d'une brusquerie et d'une sauvagerie que je ne lui avais jamais connu jusque-là, et l'animal en moi répondait à chaque morsure, chaque geste brutal avec un plaisir enfiévré.
Je parcourus son torse baigné dans les faibles rayons de lune, goutant sa peau, mordillant et caressant de mes mains son corps autant que je le pouvais. Peut-être était-ce la dernière fois, peut-être demain devrais-je partir. Le désespoir me rendait plus téméraire, et je descendis le long de son ventre, y laissant une traînée de coups de langue. A genoux, il me laissa faire, ses mains caressant mes épaules et mon dos, son souffle se faisant plus saccadé.
Quand ma bouche embrassa la peau si douce en dessous des hanches, il m'empoigna par les cheveux et me força à remonter pour prendre de nouveau possession de mes lèvres en un baiser dominant. Il autorisa cependant mes mains à reprendre les caresses sur ses jambes, ses fesses, entre ses cuisses...
Je me retrouvai d'un coup à quatre pattes, sa main enfoncée dans ma nuque me maintenant la tête basse contre le plaid et la croupe offerte. Je lâchai presque un sanglot de désir et d'anticipation. Hell rugit en moi son ordre impatient, et Law y répondit avec empressement. Il me pénétra, ses mains refermées qui sur ma hanche qui dans mes cheveux.
- Han !
Le gémissement nous échappa à tous les deux et nous nous immobilisâmes un instant, profitant de l'intensité des sensations. Je le sentis alors hésiter, tâcher de reprendre le contrôle de lui-même. Un contrôle que Hell lui arracha aussitôt en donnant un coup de hanche soudain vers l'arrière, et mes fesses butèrent contre son bassin. Je sentis son sexe s'enfoncer davantage en moi et me mordis la lèvre de satisfaction.
Law émit un râle rauque terriblement érotique.
Sa main me tira en arrière par les cheveux et je me retrouvai, cambrée, le dos contre son torse tatoué, la tête appuyée à sa mâchoire. Je ne vis que la moitié de son visage mais sentis ses dents passer contre ma joue, et son bras vint entourer mon ventre pour me maintenir contre lui. Un sourire étira mes lèvres et je frissonnai de plaisir.
Il s'enfonça en moi et chaque fois, je me sentais plus vivante que jamais. Le plaisir était si pur, si éclatant qu'il coulait en moi comme une rivière surgit d'une cascade. Le son des vagues était une symphonie à mes oreilles, la voix de mon alpha, envoûtante et sauvage, me faisait miauler et je ne souhaitais rien tant que me soumettre à ses désirs. Je lui appartenais, depuis qu'il était mon alpha j'étais à lui.
En pleine nuit, sur la plage, la lune éclairant à peine nos gestes, le fracas du ressac rythmant nos instants, nous fîmes l'amour plus intensément que jamais. Transmettant dans chaque geste la peine, et la douleur vécues, partageant dans nos caresses la passion et la peur, confiant dans nos baisers le doute et les épreuves.
Nous fîmes l'amour pour la dernière fois. Nous disions adieu à notre vie ensemble passée sous le joug de la Bête.
Nous fîmes l'amour pour la première fois, nos corps réunis et liés par l'amour et le plaisir, mon âme à nouveau complète, liée à Hell comme j'étais liée à Law et son acceptation de ce que j'étais.
Je me sentais capable de m'évanouir sous l'afflux de telles sensations, mais Hell ne le permettait pas, elle se jetait dans le torrent, avec une joie et une témérité qui me sidéraient. Elle se montrait provocatrice, joueuse, insatiable, repoussant mon instinct soumis à mon alpha par son exubérance et sa soif de liberté. Ma main vint saisir la hanche de notre amant dans mon dos pour tenter d'y imprimer le rythme qu'elle voulait.
A sa façon, elle exprimait toute sa vie dans chacune de ses actions. La langueur était un état habituel pour elle, et elle en faisait un jeu. De nouvelles envies montèrent en moi.
Certains de mes gémissements sous le corps de Law se transformèrent alors en grognements, et Hell tenta de s'arracher à la poigne de mon alpha en saisissant sa main dans mes mèches et immobilisant mes hanches contre lui. Il sentit la pression exercée, la tentative de reprendre le contrôle, et il assura sa prise dans mes cheveux.
Je tentai de mordre sa mâchoire en grondant, mais il esquiva et appuya brutalement sur ma nuque, enfonçant mon visage dans le plaid. Joueuse, Hell ne s'avoua pas vaincue, et tandis que je succombais au plaisir sous la domination de mon alpha, elle tenta à nouveau de s'échapper à sa prise par la force, refusant de se laisser faire.
Elle prit appui au sol et parvint en mobilisant toute notre force à se redresser malgré la poigne de notre amant, repoussant Law dont la prise dans mes cheveux s'affaiblit. Hell ne perdit pas une seconde pour se retourner souplement et plaquer mon compagnon au sol.
- Tu n'es pas en mesure de me soumettre petite proie ! Grondai-je dans un sourire en me pressant contre lui.
Et je l'embrassai avidement, refermant ma main sur sa gorge, l'autre empoignant sa virilité. Law gronda et répondit au baisé. Il prit mes seins en paumes, les pressant en des gestes possessifs et délicieux.
Hell éprouvait un plaisir immense à la résistance de Law, et quand je le chevauchai d'autorité, voir le défi dans l'ombre de ses yeux la fit se lécher les lèvres.
Elle ne doutait pas une seconde qu'elle dominerait cette bataille. Mon bassin entama une danse taquine sans jamais redescendre, ce qui envoya des étincelles dans le corps de Law. Il se cambra un peu plus, plantant les talons dans le sable sous la brûlure de son désir. Un sourire amusé affleurait cependant à ses lèvres.
Il empoigna mes hanches et imprima un mouvement vers le bas, mais je résistai, mes jambes bien ancrées de part et d'autre de son bassin, dans le sol. Hell ne supporta cependant que quelques secondes cette contrainte. Elle referma ses mains sur les poignets de Law et plaqua ses bras au-dessus de sa tête, verrouillant sa prise d'une main grâce à sa force effrayante. Le capitaine des Hearts gronda un juron et tenta de se libérer d'une secousse. Ainsi allongé, bras étendus au-dessus de sa tête, la courbe des muscles de ses épaules, son torse où venaient s'enrouler ses tatouages noirs, les yeux brillants et haletant… Il était tout simplement magnifique.
- Mmmmmh… Murmurai-je avec Hell. Ne gémis pas trop capitaine, ou je ne résisterai pas à l'envie de te dévorer.
Law planta son regard provocateur dans le mien, puis gémit outrageusement en donnant de lascifs coups de bassin contre moi.
- Mmmm ouiii…aaah..
Oh bon sang. Cela mit le feu dans mon bas-ventre et ma partenaire miaula d'envie.
Histoire de lui montrer que le sens figuré n'existait pas ici, je me penchai sur lui et mordis sans aucune crainte la peau tendre entre son cou et son épaule. Le goût de son sang envahit ma bouche. La morsure lui arracha un grognement. Je gémis de contentement en savourant le goût sur ma langue, son odeur qui emplissait ma truffe. Je relâchai ses poignets et vint caresser les spirales noires sur ses pectoraux, reprenant le jeu.
Hell tortura alors littéralement Law, l'empêchant de venir en moi, tout en pressant l'extrémité de son sexe sur la perle si sensible de mon intimité, provoquant des décharges électriques dans tout mon corps tant ce contact était bon. Ce qu'elle n'avait pas l'air de réaliser, immergée dans le plaisir du jeu et de la domination, c'est qu'elle me torturait également. Je ne souhaitais rien d'autre que mon alpha en moi, me possédant une fois de plus, me marquant comme sienne, entendre nos gémissements mêlés. Et, peu à peu, je gagnais du terrain pour obtenir ce que je voulais.
- Aylan... Souffla Law alors que je me donnais du plaisir devant lui sans jamais lui permettre de me pénétrer malgré ses tentatives.
Je ronronnai à cette voix rauque et grave.
- Une requête ? S'enquit Hell, murmurant à son oreille. Peut-être que si tu me supplies, je-…
Law ne me laissa pas le temps de finir, il empoigna mes épaules et me repoussa vers l'arrière avec une puissance inattendue. Je m'envolai presque, retombai sur mes fesses et Law prit de force place entre mes cuisses ouvertes, les maintenant dans cette position avec ses mains glissées sous mes genoux, un sourire triomphant sur le visage.
Je feulai de colère, me débattant pour de bon, tentant de l'attraper pour l'approcher de mes dents en grondant. Law esquiva mes coups dans un rire qui attisa la fureur et le besoin de dominer de Hell. Il saisit finalement mes mains pour les plaquer au sol à son tour. Se couchant sur moi il plongea vers ma gorge pour la saisir entre ses dents. Aveuglée par mes cheveux, je ne vis pas l'attaque et ne pus que sentir sa mâchoire se refermer sur ma gorge découverte, tandis que mes mains étaient immobilisées au sol de chaque côté de ma tête.
Je m'apprêtais à mobiliser mes jambes pour l'éjecter de moi, cherchant les bons appuis, quand il pressa son bassin contre le mien, cherchant puis trouvant mon intimité. Il me pénétra doucement, et ne s'arrêta pas une seule fois.
Quand je sentis le sexe de Law entrer si pleinement en moi, immobilisée et ses dents maintenant ma gorge à sa merci, un flash me traversa la tête et le corps. La sensation fut si surprenante qu'un nouveau gémissement m'échappa, venant autant de moi que de Hell. Je restai sans bouger, haletante et à la merci de Law, je sentis le tigre hésiter.
Je m'exclamai intérieurement de contentement quand la tension se relâcha en nous, et me jetai à mon tour dans le torrent du plaisir. Mon amant resserra un de mes genoux contre son flanc d'une main et entama un jeu de bassin d'abord doux, mais qui s'enflamma très vite au même rythme que nos soupirs et gémissements.
Hell tenta de refuser le plaisir, mais nos esprits mêlés ne pouvaient renier ce mélange d'envie et de passion que nous offrait le Chirurgien de la Mort- et une pointe de respect tout neuf de la part du félin…
Le capitaine pirate me tira soudainement du sol, s'asseyant sur ses talons et vint m'asseoir sur ses hanches que j'enserrai de mes jambes. Je me retrouvai au-dessus de lui et emmêlai mes doigts dans ses mèches sombres. Law embrassa doucement la peau de ma poitrine avant de plonger son visage entre mes seins, les bras autour de mes hanches imprimant un délicieux mouvement.
Je sentis Hell s'apaiser, trouver son équilibre au cœur de nos ébats. Son ronronnement était presque audible.
Baissant les yeux, je remontai le visage du capitaine brun vers le mien, effleurai ses lèvres d'un baiser et sentis le souffle de ses soupirs contre les miennes. Je luis souris, mon regard le dévorant, empli de tout l'amour que je ressentais, et je vis la même étincelle dans ses yeux.
Mon orgasme me prit sans prévenir et mes jambes se crispèrent sur les flancs de Law. Me voir jouir le transporta à son tour et le visage anguleux se crispa quand la vague submergea son bassin. Un cri nous échappa à tous deux tandis que l'apogée de notre plaisir nous secouait. Je m'affaissai dans ses bras tétanisés, ma tête glissant naturellement au creux de son cou portant la marque de mes dents.
Il redescendit plus lentement de sa jouissance, dans un mi-soupir mi-gémissement alors qu'il nous étendait tous deux doucement sur le plaid froissé. Sonnés, nous ne dîmes plus rien mais échangeâmes un long regard de connivence, tous deux transportés par la chaleur de l'instant.
Je m'endormis blottie dans la chaleur de ses bras, enfin en paix.
Il ne me laisserait pas. Elle ne nous menacerait plus.
oOo
Le matin nous cueillit aux premiers rayons du soleil affleurant du feuillage de la forêt. Les douces odeurs matinales de la jungle et du sable montaient avec la température encore agréable. Law dormait encore, mais mon geste pour me dégager le tira du sommeil.
- Mmmmh…
Il bailla à s'en décrocher la mâchoire avant de cligner des yeux, les paupières encore lourdes, un état rarissime chez lui. J'avais un bras tout ankylosé et mal à chacun de mes muscles, mais j'avais passé la meilleure nuit de toute ma vie. L'ombre de la Bête ne hanterait plus jamais mes pas, et j'étais d'humeur à sauter partout comme un chaton. Je m'étirai d'ailleurs comme tel.
Je souris devant mon alpha qui se tirait péniblement du plaid en rassemblant ses vêtements, puis m'approchai de l'eau qui clapotait doucement. J'y plongeai mes orteils -Brrr, froid ! - C'eut le mérite de me réveiller pleinement.
Le soleil levant dans mon dos, derrière les arbres, ne touchait encore que le fond de la baie et divisait l'eau en deux parties distinctes, ombre et lumière. Je me sentais confiante, prête à affronter toutes les épreuves de ce monde.
J'aperçus le Moby Dick et la boîte de conserve jaune canari à notre droite, bercés par les flots. Pas un son ne les agitait encore. Je redressai le menton en me souvenant de ce que Law avait dit. Quitter son équipage et son sous-marin. Du moins pour un temps… Quels projets avait-il planifié et depuis quand y réfléchissait-il, seul ?
Une main effleura mon épaule et Law se tint derrière moi, contemplant à son tour ce qui était son foyer depuis longtemps. Je le regardai longuement sans rien dire, son profil aux pommettes hautes, sa barbiche noire et ses boucles d'oreilles d'or. Il me faisait penser à une panthère noire.
Une panthère noire en beaucoup plus mortel. Je souris de cette comparaison, heureuse d'avoir trouvé le compagnon de ma vie.
Comme s'il avait entendu mes pensées, le tout premier compagnon de ma vie, beaucoup moins mortel et beaucoup plus bleu, surgit des tréfonds du sous-marin.
- KIDDOUDOUDINDONNN! Cria le perroquet bleu pétard, déployant ses ailes pour amortir l'atterrissage droit dans mes bras.
Je le réceptionnai avec un « ouufff » étouffé, et entrepris de le hisser sur mon épaule.
- Te voilà, grand dindon déplumé ! Tu as des habitudes de luxe maintenant ! Il fait trop froid dehors, Môssieur préfère dormir dans un lit douillet, au chaud n'est-ce pas. Je vais te refaire dormir à la belle étoile, espèce de volatile précieux !
Kidd n'écouta pas un mot, comme à son habitude, et me pinça gentiment l'oreille, se couvrant la tête d'une mèche de cheveux noirs, ce qui lui donna un air des plus comiques.
Il pencha la tête en direction de Law pendant que je le cajolais, l'air de dire « et ouais mon coco, c'est pas toi qui aurait droit à tout ça hein ! »
Law soupira en levant les yeux au ciel. Il n'avait pas du tout pensé au fait qu'Aylan ne se séparerait pas de cette catastrophe ambulante à plumes. Voilà longtemps qu'il aurait dû clouer ce perroquet à sa porte. Aylan étant elle-même une catastrophe ambulante à poils, ils n'étaient pas tirés d'affaire.
Du bruit survint soudainement du sous-marin des Hearts, et je vis surgir quelques hommes, dont Bepo, Sachi et Penguin. Les trois nous aperçurent et entreprirent après quelques secondes de nous rejoindre. Les autres me jetèrent des regards haineux et méprisants, se contentant de rester aux abords du sous-marin.
Un véritable fossé s'était créé… Je baissai la tête. Law avait raison. Ça ne serait plus jamais comme avant. Dans ma tête, Hell souligna alors que s'ils n'étaient pas de notre côté, les manger serait une solution tout à fait envisageable.
J'écarquillai les yeux et failli me mordre la langue. Est ce que… Est-ce que Hell venait d'essayer de me faire rire ?
Je secouai la tête, complètement paumée. Law dû sentir mon état d'esprit car sa main vint serrer mon bras.
- Le pire est derrière nous Aylan.
Un infime frisson. Je me redressai, Kidd toujours sur mon épaule droite, me retournai à moitié vers lui.
Law se figea. L'espace d'un instant, je savais qu'un de mes yeux avait viré au rouge sang.
- C'que tu crois. Murmurai-je dans un sourire diabolique.
Fin
Et voilà…. Une grosse émotion à finir ce chapitre…Love you all !
Tournée de cidre et de saucisson à tout le monde!
Merci d'avoir lu mon histoire, Aylan aura toujours une place spéciale et c'est grâce à vous que j'ai pu écrire tout ça avec elle, vous m'avez fait réaliser un rêve. Continuez à créer et lire, c'est la magie de notre monde !
