Coucou! Nouveau chapitre de cette fic Moderne AU et première rencontre des deux protagonistes. Comment cela va-t-il se passer?
Bonne lecture!
Zakuro Kagame: Merci pour ta review! Oups pour l'accent héhé... J'ai retiré du coup! J'aime pas Aloïs non plus et je crois que ça se sent! Le pauvre... XD Ah Dorothea! Elle va avoir un certain rôle oui. ;) Ouais mais Edelgard n'est-elle pas toujours la cible du regard de Byleth? *sort* XD Alors qui donc sera l'antagoniste dans cette fic? Rhea? Les Serpents? Edelgard elle-même? Tellement de possibilités en vrai... Tu verras en lisant!
Je n'ai pas énormément dormi cette nuit en fin de compte. Les rares minutes où j'ai erré entre conscience et inconscience ont été hantées par deux yeux parme que je vais aujourd'hui devoir croiser pour la première fois. Je fais mon entrée en tant que nouveau professeur d'escrime ce matin et suis justement en train de m'atteler à me préparer. Une sorte d'uniforme m'a été envoyé par l'établissement mais il est absolument hors de question que j'enfile cela.
Les habits cintrés comme ceux-ci ne m'ont jamais plu et m'empêcheront de réagir et de bouger comme je l'entends. La seule chose de l'uniforme que j'accepte de porter se limite à la veste que je me contente de jeter sur mes épaules sans véritablement l'enfiler. Je pourrais ainsi l'ôter sans difficulté si la nécessité se présente. De plus, cette dernière est grise et non blanche comme les autres pièces de l'ensemble que je juge bien trop voyant.
Pour le reste de ma tenue je prends donc mes propres affaires telles qu'un short noir assez court, une paire de collant décorés d'arabesques et un haut se rapprochant plus du corset qu'autre chose et laissant apparaitre mon nombril. Mais ce dernier dissimule plusieurs lames et autre attirail utile si besoin. Personne n'osera dire quoique ce soit de toute façon, je les intimiderais certainement bien trop pour cela. J'assortis le tout de bottes montantes noires.
Mon entretient avec la sous-directrice de l'établissement me donne raison puisque cette Manuela, comme elle s'est présentée, hormis le fait de me faire don d'un air à mi-chemin entre le choc et l'admiration, ne m'a pas adressé la moindre remarque. Elle-même n'était pas beaucoup plus habillée avec son décolleté bien plus plongeant que la bienséance ne l'autorise en temps normal. Ma tenue s'avère beaucoup plus sage à côté de la sienne.
Ma nouvelle collègue m'informe que j'ai déjà été introduite auprès des élèves et que mon premier cours sera en fin de matinée aujourd'hui. Il semble que les étudiants soient répartis en trois classes selon leur spécialité d'étude et que tous ceux ayants choisi ma discipline sont rassemblés dans la même section. Je trouve les noms choisis pour désigner les classes particulièrement étranges mais qui suis-je pour discuter de tels choix ?
Quoiqu'il en soit, je suis ensuite dirigée vers le gymnase avant d'y être laissée en autonomie. Avant de me laisser Manuela a pris soin de me confier les clés du local où est entreposé le matériel. J'y fais un tour et constate que tout est particulièrement bien rangé et semble neuf. Cette école doit avoir beaucoup de moyens pour avoir un tel matériel de qualité.
Je crois savoir que les trois grandes puissances du pays versent des sommes conséquentes pour que les jeunes héritiers d'entreprises ou autre fréquentant cette Académie soient éduqués convenablement pour un jour prendre la relève. Notre Organisation fait également partie de ces généreux donateurs bien que nous demeurions anonymes.
—Bonjour Professeur ! Je vois que nous prenez déjà vos marques à peine arrivée, quel professionnalisme !
Je tourne la tête vers l'entrée du local où une voix qui ne m'est pas inconnue vient de m'interpeler. Je découvre alors la jeune cantatrice d'hier soir me toisant de ses yeux malachites un peu moqueurs.
—Je n'ai pas le plaisir de vous connaitre, Mademoiselle… ?
—Dorothea Arnault. Allons Professeur, vous et moi appartenons à la même Organisation pourtant. Je vous ai reconnu à l'emblème de l'Eglise cousu dans votre dos. Excellente idée pour que nos alliés postés ici puissent vous identifier.
Je n'avais pas prêté attention à ce détail, pensant que ce motif n'était qu'une coïncidence mais apparemment pas. J'observe en penchant la tête sur le côté cette « étudiante » qui est loin d'être effarouchée. Quelle peut bien être la raison de sa présence ici ?
—Mes camarades des Aigles de Jais ne vont pas tarder, je tenais simplement à vous saluer. Bon courage pour notre cours Professeur !
Elle me gratifie de ce clin d'œil qui semble être sa marque de fabrique si je me fie à celui qu'elle nous a déjà offert au cabaret la veille. Cette jeune femme n'en a sûrement pas fini avec moi, c'est ainsi que j'interprète sont geste. Alliée ou intrigante, je me fixerais plus tard sur son cas puisque mes autres élèves arrivent par vague de deux ou trois.
Ils sont tous assez différents quand je promène mon regard sur eux alors qu'ils me dévisagent curieusement pour certains et d'un air dubitatif pour d'autres. Mes yeux balaient la ligne qu'ils ont formée avant de croiser le regard qui m'a tenu compagnie toute la nuit dernière. Je m'arrête malgré moi sur l'étudiante porteuse de ces yeux saisissants qui réussissent à me piéger malgré moi. Elle est la seule à m'observer plus en me jaugeant qu'avec curiosité. Un peu comme si elle m'analysait pour connaitre mes intentions.
Ce moment est brisé lorsqu'un de ses camarades, assez grand et aux cheveux ébènes, se penche pour murmurer quelque chose à son oreille. Le jeune homme, qui me semble plus âgé que les autres, lui me regarde avec une méfiance et une défiance à peine dissimulées. Voilà qui va constituer un obstacle pour me rapprocher de ma cible mais il n'est pas encore temps de m'en inquiéter.
—Bonjour à tous. Comme on a dû vous le dire je suis votre nouveau Professeur d'escrime.
Tous hochent la tête sauf un dans le fond qui l'air de dormir debout et une autre qui tente sans succès de se cacher derrière Dorothea qui s'amuse de ce comportement enfantin. Je racle ma gorge pour attirer l'attention des deux et reprend la parole.
—Vous apprendrez ici l'art de manier le fleuret et sachez que je n'enseigne que l'excellence et qu'en conséquence c'est ce que j'attendrais de vous à chacun de nos cours ensemble. Que vous soyez ici par choix ou parce qu'on vous a inscrit, votre investissement dans ma matière doit être identique car je vous évaluerais de même la manière.
Je peux, rien qu'avec cette phrase, repérer ceux qui sont ici de leur plein gré et ceux que l'on a forcé. Un garçon aux cheveux bleus semble tout excité et pressé de commencer tout comme sa camarade qui semble venir d'un pays étranger. Lorsque je regarde vers la jeune femme aux cheveux neigeux je constate qu'un léger sourire étire ses lèvres alors qu'elle semble pensive en m'observant.
J'invite mes élèves à passer dans le local de matériel pour prendre leur équipement et se diriger vers les vestiaires pour se préparer. Tous s'exécutent hormis ma cible qui indique à son ami qui continue de me foudroyer de partir à la suite des autres. Elle s'avance ensuite à ma rencontre.
—Ainsi c'est vous notre nouveau Professeur ? Je n'imaginais pas que le directeur Hanneman vous laisse porter une telle tenue si… décontractée.
—J'ai dû avoir de la chance alors puisque c'est la sous-directrice qui m'a reçu ce matin. Et vous conviendrez que sa tenue est tout autant sinon plus…décontracté que la mienne, selon votre terme.
La blanche hausse un sourcil devant ma réponse, certainement peu habituée à ce qu'on lui réponde avec tant d'aplomb. Son ton était précédemment mi-moqueur, mi-insolent et je n'ai pu me retenir d'y réagir.
—Certes, je reconnais bien volontiers que le Professeur Manuela n'est guère plus habillée que vous. Mais êtes-vous certaine que pratiquer l'escrime dans cette tenue soit très pratique cependant ? Votre ventre ainsi exposé risquerait d'être blessé.
Elle me teste indéniablement et j'ignore si j'aime cela ou si au contraire cela me contrarie d'être ainsi poussée dans mes retranchements.
—Votre sollicitude me touche mais ne craignez rien, la qualité de mon enseignement n'en sera pas affecté Mademoiselle…
—Edelgard von Hresvelg, héritière de l'Empire commercial d'Adrestia et déléguée la classe des Aigles de Jais.
Je me contente de hocher la tête devant ce déluge de titres qui me laisse perplexe. Est-il courant de présenter ainsi son CV en plus de son identité ? Les hautes sphères du pays de Fodlan sont vraiment un monde à part pour qui n'en fait pas partie.
—Rejoignez donc vos camarades, nous n'allons pas tarder à commencer la séance.
Elle m'adresse un dernier regard défiant avant de tourner les talons dans un mouvement plutôt théâtral, sa cape vermeille drapant ses épaules volant derrière elle. Quelques minutes plus tard tous sont en tenue d'escrime, leur fleuret dans une main et leur casque dans l'autre. Enfin tous sauf celle qui se nomme Bernadetta qui s'est apparemment évanouie dans les vestiaires et que j'ai autorisé à seulement regarder la séance une fois revenue à elle. Elle semble plutôt émotive, voilà quelque chose qu'il va me falloir surveiller.
Je leur demande ensuite de se mettre en binôme pour que je les observe échanger quelques passes afin de connaitre le niveau de chacun. Alors que je termine d'analyser le dernier groupe je remarque la déléguée à l'écart. Avec Bernadetta mise de côté il est vrai que les Aigles ne sont plus un nombre pair. Les laissant un bref instant je pars chercher un fleuret dans le local avant de les rejoindre puis lance une œillade à la seule de mes élèves ne pratiquant pas encore.
—Puisque vous n'avez pas de binôme je vous propose de faire office de compagne d'entrainement si cela vous va ?
—Avec plaisir Professeur.
La jeune femme baisse son casque, me dissimulant son visage avant de se mettre en garde. J'adopte la même position mais je ne porte pour ma part pas la tenue réglementaire mais pour ce cours ce n'est pas nécessaire. Je ne devais qu'observer au départ. L'étudiante face à moi lance la première attaque que je n'ai aucun mal à esquiver sans effort. Je la laisse encore un peu être celle à attaquer avant de décider en avoir assez vu. Je sais exactement quelles sont ses failles en termes de garde et de déplacement et en quelques mouvements elle est touchée par la pointe de mon arme sans avoir pu l'éviter.
Je sens dans le léger tremblement du bras armé de la jeune femme qu'elle est loin d'être ravie d'avoir été défaite ainsi. Elle ôte son masque et alors que je pensais qu'elle aurait un mouvement d'humeur elle ne fait que me regarder de cette façon analytique une nouvelle fois. Elle ne dit rien et j'annonce la fin du cours. Je suis plutôt satisfaite de leur démonstration. Ils ont tous de solides bases bien que certains soient clairement plus avancés que d'autres.
La déléguée est immédiatement rejointe par celui qui se comporte comme son garde du corps et je m'étonne qu'ils ne se soient pas mis en binôme pour la séance avant de les voir de nouveau converser entre eux, leurs yeux braqués sur moi. Ce devait être voulu que je me retrouve à tirer contre la jeune héritière si j'en crois leur façon de me regarder et la soudaine énergie de Bernadetta qui lui est revenue dès la fin de l'instruction.
Tous retournent dans les vestiaires pour se changer et c'est ma cible qui en ressort la première. Elle rattache soigneusement les rubans qui ornent ses cheveux immaculés et je me surprends à me perdre dans la contemplation de ses mouvements appliqués à sa tâche. Il n'y a rien de particulièrement intéressant dans cette action mais la jeune femme est pourtant indéniablement belle a ainsi effectuer ce geste si anodin. Je constate que ses mains ont quittées ses gants d'escrime pour en revêtir d'autres tout aussi blancs.
—Vous pouvez y aller Hubert, je souhaiterais m'entretenir avec notre Professeur.
—Bien Dame Edelgard.
Quel étrange titre qu'il vient de lui donner… Celui qui semble être comme l'ombre de l'Aigle la quitte visiblement à regret non sans m'adresser une moue contrariée. Mes autres nouveaux élèves me saluent un à un avant de quitter le gymnase, la marche étant fermée par Dorothea qui ne manque pas de me faire son fameux clin d'œil et une grimace en voyant que sa camarade souhaite me parler. L'héritière de l'Empire commercial d'Adrestia hausse un sourcil devant cette familiarité qu'elle n'a pas manqué de remarquer avant de secouer la tête et d'ouvrir la bouche mais je l'interromps avant qu'elle ne prononce un mot.
—Et bien, j'espère vous avoir rassurée sur ma capacité d'enseigner et ce peu importe ma tenue.
—Vous semblez en effet très compétente Professeur, votre démonstration de tout à l'heure aura achevé de m'en convaincre. Je m'interroge cependant sur le pourquoi d'engager ainsi un nouvel enseignant en cours d'année. Que faisiez-vous avant cela ?
—Rien de bien palpitant je vous l'assure. Du dégraissage… administratif, particulièrement inintéressant. L'escrime est bien plus passionnante à mon sens.
Elle laisse échapper un murmure pensif, ses prunelles rivées dans les miennes comme à la recherche d'une quelconque vérité que je ne souhaiterais pas divulguer. Je ne m'en fais pas, mon expression a toujours été impassible et cette fois ne fait pas exception. Elle finit par acquiescer néanmoins et m'adresse une dernière phrase avant de me quitter.
—J'espère dans ce cas que vous trouverez un meilleur intérêt en enseignant l'escrime Professeur.
Je n'ai pas d'autre cours de prévu dans la journée et commence à remballer mes affaires quand une femme pénètre dans le gymnase. Elle a plutôt l'air profondément ennuyée de se trouver là et m'aborde en me posant une drôle de question.
—Alors, comment s'est déroulé le premier contact ?
—Et vous êtes ?
—Shamir, professeur de tir à l'arc dans cette Académie, mais aussi membre de l'Organisation de Seiros.
Une de mes supérieures donc. Je remarque alors le discret emblème dessiné sur l'une de ses manches. Une autre envoyée de Rhea en plus de Dorothea ? Combien des nôtres sont-ils en poste ici ? Gardant mes interrogations pour moi je réponds mécaniquement.
—Bien, j'ai déjà pu me retrouver seule avec elle durant quelques minutes. Il semble que je l'intrigue car elle m'a posé des questions sur mon passé avant d'arriver ici. Le seul élément qui risque d'être gênant reste son camarade qui la suit comme une ombre partout où elle se rend.
—Hubert von Vestra oui. Nous pensons qu'il a été envoyé pour veiller sur l'héritière de façon plus rapprochée que ses gardes du corps qui la suivent à l'extérieur. Passer sa surveillance ne sera pas aisé.
—Je m'en accommoderais, la mission sera remplie sans fautes.
—Bien mais vous avez le temps. L'Archevêque, je vous le rappelle, n'a ordonné son exécution que pour la fin du mois.
Shamir me salue avant de repartir d'où elle est venue et je lâche un soupir. Il va me falloir trouver un moyen de détourner l'attention du cerbère de la déléguée pour me rapprocher d'elle et je n'ai encore aucune idée de comment je vais m'y prendre malgré ce que je viens tout juste d'affirmer. Cependant je pourrais jouer sur la curiosité que j'inspire à cette dernière pour la pousser comme tout à l'heure à rechercher ma compagnie plutôt que l'inverse. Une chose est sûre, celle dont les cheveux arborent cette jolie teinte hivernale m'intrigue tout autant bien j'en ignore la raison.
Rangeant le fleuret que j'ai utilisé pour le cours, je caresse son pommeau de la main alors qu'un sourire fleurit sur mes lèvres. Pratiquer de nouveau m'a fait du bien et m'a fait réaliser que cela me manquait bien plus que je ne le pensais jusqu'ici. Bien que cette mission ne dure qu'un mois je n'aurais aucun mal à jouer ce rôle de Professeur qui m'a été attribué. Une pointe de regret me perce cependant le ventre à la pensée qu'une fois ma cible éliminée je reprendrais ma vie de tueuse à gage insipide…
