Les quatre familles et certains de leurs amis étaient tous dans le salon des Potter qui semblait bien petit avec tant de gens dedans. Les pères riaient tous les quatre sans se soucier de leurs femmes qui vérifiaient une dernière fois que rien ne manquait, les plus âgés des enfants n'avaient qu'une hâte : quitter cette pièce pour aller prendre le train où ils retrouveraient tous leurs amis, les plus jeunes s'inquiétaient déjà de quitter leurs parents et leurs maisons pour vivre à Poudlard et David, Isaac et Riley, les enfants respectifs de James et Lily, Ambre et Sirius et Alice et Franck, boudaient dans leur coin, triste de rester seuls à la maison. Evidemment, ce n'était pas la première fois, pour David, puisque ses grandes sœurs, qui étaient les plus proches de lui, étaient déjà parties à Poudlard depuis quatre ans. En revanche, Isaac et Riley, qui voyaient partir leur frère et leur sœur pour la première année, se sentaient désespérément seuls.
Un appel de Dora fit immédiatement taire le brouhaha permanent et les enfants se mirent tous en ligne devant la cheminée. Lily fut la première à passer, avec Franck, pour s'occuper de l'arrivée à la gare. July insista pour être la première, mais, avant de passer dans la cheminée, elle salua son père et ses amis de la main et embrassa rapidement la joue de sa mère en disant :
« -On se voit à Noël ! »
Elle prit sa malle, la poudre de cheminette et arriva, presqu'immédiatement, à la gare de Kings cross. Elle fit un rapide signe de tête à Franck et Lily puis et les quitta aussitôt, se dirigeant vers le quai 9 3/4 où le train attendait déjà ses premiers voyageurs. July sourit en constatant qu'elle avait presqu'une heure d'avance. Ses parents avaient tellement eu peur d'être en retard qu'ils avaient préparé tout le monde pour arriver trop tôt. Pour ne pas avoir de mauvaise surprise sur le trajet. July n'avait jamais vraiment compris cette inquiétude. Il ne pouvait rien se passer sur le trajet puisqu'ils l'effectuaient en cheminée et il ne se passait jamais rien…
July observa le quai plus en détail et remarqua rapidement un petit groupe d'élèves qu'elle connaissait bien puisqu'il s'agissait de ses meilleurs amis. Elle avança vers eux tout en leur souriant. Pansy, sa meilleure amie, alla vers elle en marchant dignement, sous le regard de sa mère. July constata qu'elle avait nettement laissé poussé ses longs cheveux noirs, ce qui la changeait et lui donnait un air de tueuse avec ses yeux gris perçant. Elle était suivie de Daphné, la meilleure amie de Roxane. Plus petite, Daphné paraissait moins digne que Pansy mais essayait de faire bonne figure, elle aussi observée par ses parents. Mais, malgré tous ses efforts, la petite brunette ne pouvait laisser échapper un sourire en voyant son amie arriver, car elle savait que ça signifiait l'arrivée imminente de Roxane, qu'elle attendait plus que tout.
Les deux filles arrivèrent à hauteur de July et lui serrèrent respectueusement la main. En apparence, cette poignée de main était une simple politesse entre deux camarades de classe mais la pression irrégulière des doigts de Pansy et de Daphné trahissait une envie presque incontrôlable de prendre July dans ses bras et de lui répéter à quel point elle leur a manqué.
July leur sourit très légèrement. Amie avec eux depuis quatre ans, July avait appris à bien se tenir devant leurs parents. Elle savait que c'était ce comportement qui lui avait permis de se faire bien voir par Lucius Malefoy, malgré son passé avec ses parents. Après ces retrouvailles silencieuses, July suivit ses deux amies vers le reste du groupe. Milicient se tenait debout, un peu en retrait du groupe et lui adressa un signe de tête, auquel July répondit, sans sourire cette fois. July savait très bien que Milicient la détestait parce qu'elle était plus proche de ses amis que Milicient ne l'avait jamais été alors qu'ils se connaissaient tous depuis quinze ans.
Le reste du groupe n'était plus composé que de garçons. Blaise Zabini, le plus grand, se tenait droit, fier de sa taille. July sourit en pensant qu'il ne devait sûrement pas s'attendre à ce que Teddy ait, lui aussi, autant grandi pendant les vacances. Il discutait avec ses amis, sûrement pour leur raconter la semaine qu'il venait de passer en Bulgarie. Son teint mat s'opposait à ses yeux bleus et le soleil d'été avait renforcé ce contraste. A ses côtés, son meilleur ami, Théodore Nott, blond aux yeux marron, écoutait attentivement, comme il en avait l'habitude. Parmi les trois autres garçons, deux encadraient le troisième, comme s'ils avaient besoin de lui pour exister. July reconnut intérieurement que cette comparaison n'était pas si loin de la réalité. En effet, Crabbe et Goyle passaient leur temps à tourner autour de leur ami qui était un des rares à savoir les différencier. Ils n'étaient pas très intelligents et avaient été missionnés d'être à l'écoute de leur ami, de veiller sur lui et de rapporter ses moindres faits et gestes à leurs parents, donc aux siens. C'est pourquoi July ne leur accordait vraiment de l'attention. Non, ils ne valaient pas le coup. En revanche, s'il y en avait un qui valait vraiment le coup et que July se réjouissait particulièrement de revoir, c'était leur fameux « ami » : Drago Malefoy, son meilleur ami. Ils s'étaient rencontrés dès la première soirée et était tout de suite devenus très complices, malgré les nombreux différends entre leurs parents. L'attitude rebelle de July l'avait poussée à se rapproché de lui et de son monde de sorciers de sang purs qu'elle idéalisait toujours un peu. Elle avait réussi à bien se faire voir par Lucius Malefoy, le père de Drago, ce qui lui avait donné une place dans cette société exclusive. Depuis, elle passait le plus clair de son temps avec ce blond aux yeux d'un gris changeant selon son humeur et Pansy. A eux trois, ils formaient un trio insolite et July savait que, quand il n'y avait pas Crabbe et Goyle dans les parages, elle pouvait leur parler sans faire attention à ce qu'elle disait ou les écouter parler de leurs problèmes.
Elle arriva à leur hauteur et les salua en s'inclinant dignement avant de réitérer en s'adressant à leurs parents qui les observaient dans les moindres détails.
« -Je suppose que le reste de la famille ne va pas tarder à débarquer ? Demanda la mère de Pansy, très bas, qui ne voulait pas être entendue. »
July acquiesça avec un air désolé et la femme s'en alla, bientôt suivie des autres adultes qui avaient assisté à la scène. Leurs enfants purent enfin monter dans le train. Pansy prit immédiatement July dans ses bras :
« -Comme tu m'as manquée ! Ca fait tellement de bien de te voir.
-Moi aussi, tu m'as manquée, Pansy. Je suis trop contente d'être de retour à Poudlard avec vous tous.
-Nous aussi, July, nous aussi… Ajouta Drago en soupirant. »
July lui sourit franchement et il lui répondit, la prenant dans ses bras, ce qu'il ne faisait qu'à July, parce qu'il savait pertinemment qu'elle était la seule qui ne s'imaginerait rien… Et la seule à se faire assez respecter pour faire peur à Crabbe et Goyle et les empêcher d'en parler à son père.
Jane souriait en regardant sa famille et ses amis se démener à emmener tout le monde vers le train. Ils venaient d'arriver sur le quai et les regards des autres parents ou élèves s'étaient tous tournés vers eux. Certains les observaient en souriant de les voir si nombreux et si heureux. Ceux-là ne savaient pas qu'une des filles Black avait déjà quitté sa famille pour rentrer et que le meilleur ami de cette fille n'était autre que le fils du pire ennemi de ses parents. Ils ne savaient pas non plus qu'Elsa Londubat et Harry Potter évitaient le plus possible les Serpentard, à l'exception des jumelles Potter, qui restaient les sœurs d'Harry, ou que Teddy avait presque abandonné sa famille, déçu de ne pas être à Gryffondor… Non, ceux-là ne savaient pas tout cela. Ils ne voyaient qu'une quinzaine d'enfants de trois à quinze ans, heureux d'être là, plus ou moins heureux d'être ensemble…
Jane soupira en haussant discrètement les épaules. Elle ne devait pas penser à ça et profiter de la joie d'être sur ce quai pour la cinquième fois, profiter de la joie de retrouver sa meilleure amis, Hermione Granger, avec qui elle passait de si bons moments et profiter de son retour à Poudlard, ce château qui représentait tant pour elle.
Après avoir embrassé chaleureusement ses parents, elle suivit Harry, Neuville et Ethan dans le train, pour aller choisir un compartiment rapidement avant qu'ils soient tous pris. Elle ne put réprimer un sourire en voyant les parents Weasley, qui accompagnaient leurs jumeaux pour la dernière fois, profiter de rapides retrouvailles avec Ron et Ginny. Si Ginny était rassurée de voir que tous ses amis de Serpntard, en dehors des jumelle Potter, étaient déjà dans le train et ne pouvaient donc pas voir cette effusion, Ron, lui, devint aussi rouge que les rideaux de sa chambre, face aux regards amusés des autres élèves et s'empressa d'écourter ces salutations et de rejoindre ses amis.
« -Ron ! Attends-moi ! Lui cria une voix dans la foule d'élève. Il se retourna et aperçu Elsa qui avait perdu son frère et ses amis dans la foule.
Il l'attendit quelques secondes pendant lesquelles sa sœur lui adressa un léger sourire avant de partit vers l'autre bout du quai où devaient se trouver ses amis Serpentard. Quand Elsa arriva enfin à lui, elle soupira :
« -Je n'en pouvais plus de ces au revoir de famille… En plus, cette année, il y a toutes les inquiétudes de Clara, Eliott et Louis. Et je suis censée les rassurer, leur dire que la maison n'a aucune importance, alors que je suis persuadée du contraire. Heureusement que Hugo est plus patient que moi et s'en occupe !
-Tu as laissé Hugo gérer ça tout seul ? S'étonna Ron.
-Ne t'inquiète pas pour lui. Il sait parler à tout le monde. Il arrivera à les calmer. »
Ron sourit à cette très judicieuse remarque. Hugo était doué pour parler aux autres, il était simplement bienveillant. Les gens qui le connaissaient disaient souvent que si le monde n'était fait que de personnalités comme la sienne, ce serait la paix et la cordialité assurées dans le monde.
« -Tu es sûre que tu ne veux pas que l'on traverse avec toi pour aller sur le quai, Hermione ?
-Faites comme vous voulez, mais ne vous sentez pas obligés… Je sais très bien que vous vous sentez un peu perdus sur le quai. Je peux y aller seule.
-D'accord, Comme tu voudras. Acquiesça Mrs Granger en prenant sa fille dans les bras. »
Hermione embrassa ensuite son père et leur adressa un dernier sourire avant de courir vers le mur symbolique de la séparation de deux ondes, deux mondes auxquels elle appartenait, aussi fière d'être dans l'un que dans l'autre.
Elle observa avec de la joie et un peu d'exaltation, l'excitation des jeunes sorciers qui couraient dans tous les sens, leurs parents derrière eux, tentant de les calmer, les plus âgés qui se retrouvaient avec plus ou moins d'émotions.
Hermione fut vite tirée de sa méditation par Sirius Black, le père de sa meilleure amie, qui courait honteusement derrière un petit garçon qui n'avait pas cinq ans. Hermione reconnut immédiatement le petit Isaac, né entre sa première et sa deuxième année, le dernier petit frère de Jane. Elle manqua d'exploser de rire en le voyant narguer son père… Définitivement, Sirius Black n'était pas fait pour avoir des enfants. Sa femme devait avoir beaucoup d'autorité pour qu'ils aient pu avoir cinq enfants.
« -Hermione ! Comment vas-tu ? La salua-t-il quand il eut enfin attrapé son fils.
-Très bien, monsieur. Je suis heureuse de retourner à Poudlard.
-Tu as raison, profite ! Toutes ces bonnes années passent trop vite. Aïe ! Isaac, on ne tire pas les cheveux des gens, et encore moins de ses parents !... Tu vois ce que je veux dire, Hermione. »
Hermione sourit et acquiesça mais ne répondit pas puisque le sifflement strident de la locomotive retentit, rappelant à Hermione qu'elle devait se dépêcher. Sirius Black percha alors son fils sur ses épaules et empoigna la malle d'Hermione, remplie de livres denses et lourds, pour courir vers la porte du train. Hermione le remercia en souriant et n'eut que le temps de voir le clin d'œil de Sirius, qui partait déjà rejoindre sa femme et ses amis…
Dans le train, les élèves allaient et venaient dans tous les sens, cherchant leurs amis, dans les différents compartiments, mais tout le monde savait clairement que le dernier wagon comptait quatre compartiments dans lesquels il était impossible d'entrer si on n'était pas Gryffondor et proche d'Harry Potter d'un de ses amis et que, juste derrière la locomotive, se trouvait Drago Malefoy et ses amis proches, puis ses amis moins proches, puis tous les autres Serpentards, désireux de se faire bien voir par l'élite.
Déjà dans le train, tout les opposait.
