Salut! Et un chapitre de plus, un! Par contre, si vous espériez des révélations eh bien, pas sûr que vous soyez exaucés hélas! XD Quoique, tout dépend de ce que vous comprendrez de votre lecture... Bref! Je n'en dis pas plus, mon intrigue se déroule héhé...
Bonne lecture!
Mijoqui: Pas de serviette qui tombe non, dommage hein? :P Quant aux cachotteries, Byleth n'est pas au bout de ses peines la pauvre et vous non plus d'ailleurs! XD Quelques petites explications sur le lien entre El et Jeralt ici mais pas encore de grosse révélations, je garde ça pour plus tard. Merci pour ta review!
Zakuro Kagame: Non, Hubert n'oserait pas s'infiltrer dans les vestiaires des femmes quand même... Quoique? XD Ah les emblèmes, grosse intrigue ça et ici si on en apprend un peu plus ce n'est toujours pas la grande révélation pour le moment! Ah bah là tu vas comprendre comment El fait le rapprochement entre Jeralt et Byleth, ou du moins en partie. Et oui y'avait que Byleth qui était en serviette hein XD Merci pour ta review!
Je suis de retour à mon appartement, lire le journal au Q.G ne me semblait pas être une bonne idée. J'ignore encore ce que je vais y découvrir mais j'ai la sensation que j'ai besoin d'être seule et surtout de ne pas être dérangée durant cette lecture. Installée dans mon canapé, que j'utilise peut-être bien pour la première fois je crois, j'ouvre le livret et commence à la première page. C'est une petite présentation. Je souris en lisant les mots hésitants de mon père qui se demande lui-même pourquoi il s'est mit à écrire et tenir ce journal. Je saute quelques pages dans lesquelles il ne dit pas grand-chose si ce n'est annoncer la météo de chaque jour. Etrange manie…
Je cherche, je dois bien l'avouer, des passages parlant éventuellement de cette mère que je n'ai pas pu connaitre. Hélas, je ne trouve rien sur elle, comme si mon père demeurait pudique même dans ses propres pensées. Puis, j'en arrive finalement à ce que je crois être une mention d'elle bien que son nom ne soit pas cité.
« Le temps est nuageux aujourd'hui, j'ai presque peine à croire qu'il ne pleuve pas plutôt. Tout comme je n'arrive pas à croire qu'elle nous ait quittés. Rhea m'a dit qu'elle était morte en couche mais… Est-ce vraiment la vérité ? Et cet enfant, que je n'ai pas eu le loisir de voir naitre… Quelle est donc cette marque sur son dos ? Tant de mystères l'entourent, je ne comprends pas. »
Ainsi, cette marque…cet emblème comme l'a appelé Edelgard, je l'aurais depuis ma naissance ? Mais alors pourquoi mon propre père ignorait-il d'où elle provient ? Je pensais trouver des réponses mais pour le moment je n'ai que plus de questions. Peut-être dans la suite trouverai-je quelque chose qui m'éclairera un peu plus.
« Il pleut. L'enfant lui ressemble tellement, c'est incroyable. J'ai presque l'impression que c'est elle qui me regarde lorsque ce petit être pose sur moi ses yeux bleuet. Rhea aussi doit le sentir car elle arbore toujours cet air mélancolique lorsque le bébé la regarde aussi. Il y a quelque chose qu'elle ne me dit pas, j'en suis persuadé. J'ai emmené l'enfant chez un médecin pour examiner cette drôle de marque. Ce n'est pas une tâche de naissance, c'est un tatouage. Mais…pourquoi tatouer une enfant qui vient à peine de naitre ? »
Un tatouage ? Tout comme mon géniteur je n'arrive pas à comprendre pourquoi cet emblème a été apposé sur moi de la sorte. Je repense alors à mon élève, ma cible. Elle m'a montré sa main recouverte de la même empreinte que mon père. Pourquoi alors en voyant le mien a-t-elle semblé le reconnaitre ? Serait-il possible qu'elle sache ce que ces étranges arabesques sur ma peau signifient ? Je vais devoir l'interroger pour en savoir plus. Je poursuis ma lecture avec un nouveau passage dans le journal.
« Soleil. Je voudrais partir avec le bébé, je sens qu'il le faut. Mais l'Eglise nous surveille en permanence. Que peut bien prévoir Rhea ? Je lui étais si dévoué auparavant. A présent…je ne sais plus quoi penser d'elle. Elle me terrifie presque maintenant qu'elle est si secrète et renfermée. »
Cette entrée du journal est courte. Ainsi Rhea s'était repliée sur elle-même. Je me demande pour quelle raison et pourquoi aujourd'hui il n'y parait plus. Mais, est-ce vraiment le cas finalement ? Pour le peu de fois que je la croise, bien qu'elle semble toujours veiller sur moi, nos rapports sont finalement plutôt éloignés.
« Il pleut de nouveau. J'ai fait quelques recherches sur l'Eglise et la mafia que nous sommes devenus. Car oui, il n'en a pas toujours été ainsi. Il semble qu'un événement particulier ait déclenché cette sorte de guerre de l'ombre que nous entretenons. Mais qui est l'ennemi contre lequel nous nous battons ? Et cela en vaut-il vraiment la peine ? Une nouvelle mission m'a été assignée mais à présent que je nourris tous ces doutes je ne sais si je pourrais la mener à bien. »
Nouvelle entrée, nouvelles questions. J'en viens à me demander si vraiment ce journal va m'aider en quoique ce soit. L'Eglise ? Devenue mafia après un incident particulier certes, mais lequel ? J'avance de quelques pages pour voir s'il est fait mention de ce fameux événement mais je ne trouve rien. Rien hormis un sorte de rapport sur cette mission dont il parle plus tôt.
« Il neige. Cela me rappelle la chevelure de cette pauvre enfant. Une exécution, voilà la mission qui m'a été donnée. Rien de bien nouveau si ce n'est que j'ai échoué. Du moins c'est ce que j'ai dit à Rhea lorsqu'elle me l'a demandé. Une exécution…un sauvetage. Cette petite que j'ai trouvé, elle portait la même marque que ma fille. Non pas tatouée mais sous forme de scarification, mutilée… Quel est cet emblème inconnu ? Qui est derrière tout ça et surtout qui pourrait vouloir torturer ainsi une si jeune enfant ? Je n'en sais rien et Rhea refuse de répondre à mes questions. »
C'est impossible ! Cette enfant dont il est question… Une chevelure couleur neige, je n'en connais qu'une seule. Alors, voilà d'où Edelgard connait mon père ? Et cette deuxième marque qu'il mentionne dans ces lignes, la même que la mienne… Je repense alors au fait que lorsque nous nous sommes croisées dans le vestiaire elle cherchait son gant égaré. Pourtant l'emblème identique à celui de mon père qu'elle m'a montré se trouvait sur son autre main. La marque, celle que je porte se trouve sûrement sur cette deuxième main qu'elle m'a dissimulée, j'en suis sûre. Je feuillète encore les quelques pages du journal mais rien d'autre ne vient me donner la moindre explication.
J'envoie voler le petit carnet relié de cuir sur la table basse en un geste d'humeur. C'est à n'y rien comprendre ! J'ai certes découvert des choses et appris des éléments que j'ignorais mais j'ai surtout l'impression d'avoir encore plus de questions qu'avant ma lecture. Et la plus grande : qui sont ceux qui œuvrent ainsi dans l'ombre contre lesquels l'Eglise se bat ? Je ne comprends pas quel est mon rôle dans tout ceci, j'ai besoin de réponses. Edelgard m'a dit qu'elle me les donnerait à la condition que je découvre qui était mon père et son lien avec elle. Bien, je sais maintenant qu'il l'a sans doute sauvée lorsqu'elle était plus jeune mais cela ne m'avance pas plus.
Je me lève soudain, attrapant rapidement ma veste et mon casque ainsi que mes clés de moto. J'ai une petite visite à rendre et un rapport à faire, voilà qui tombe bien. Ma conduite est nerveuse dans les rues de la ville tant je suis fébrile. Toute cette situation me déstabilise et je déteste ça. Arrivée devant le Mittelfrank, je coupe le moteur et entre en bousculant presque le petit groom posté devant. Peu importe, je n'ai guère le temps de m'en préoccuper car j'ai avant tout besoin de réponse au milieu de toute cette brume nébuleuse dans laquelle j'ai l'impression d'avancer.
Les clients ont l'air outré par mon entrée fracassante mais je n'en ai cure et cherche plutôt du regard mon contact habituel de l'Eglise. Enfin, je le repère qui est assis à la même table du fond que la dernière fois. Je le rejoins à grande enjambées et Alois m'accueille avec son éternel sourire niais qui bizarrement m'agace bien plus ce soir que d'ordinaire. Le calme me fait décidément défaut ces derniers temps mais j'estime avoir des circonstances atténuantes.
—Oh ! Salut petite ! T'es un peu en retard mais bon, je te pardonne pour cette fois, dit-il avec un clin d'œil.
—Je veux voir Rhea.
Je lâche cette phrase qui le laisse tout d'un coup perplexe, toute jovialité exubérante envolée. Mon ton était un peu froid mais je n'ai aucune envie de tourner autour du pot.
—Mais, heu…tu sais bien que c'est elle qui nous convoque où qui nous rencontre. En tout cas ces derniers temps.
—Je n'ai pas le temps d'attendre qu'elle me convoque ou je ne sais quoi. Je dois lui parler, c'est urgent.
—Mais enfin…
Ma patience, inexistante aujourd'hui, s'est épuisée après sans doute sa première phrase et je l'attrape au col avant d'approcher mon visage du sien. Je le foudroie de mes orbes ô combien contrariés en cet instant avant de lui reposer la question différemment.
—Je reformule alors : où est-elle ?
—C'est fou ce que tu ressembles à ton père quand tu t'énerves tu sais ? Je ne sais pas, personne ne sait jamais où elle disparait lorsqu'elle n'est pas ici.
—Très bien, si tu la vois dis-lui que j'ai à lui parler alors.
—O…ok, et la mission ? demande t-il d'une petite voix qui contraste avec ses cris habituels.
—Tout va bien, je me rapproche de la cible comme prévu.
Je n'ajoute rien et quitte le cabaret sans un regard en arrière. Il est tard mais je n'ai aucune envie de rentrer chez moi pour tourner dans mon lit à ne rien faire que penser sans cesse. Mais que faire d'autre ? Je n'ai pas encore décidé que quelqu'un m'interpelle derrière moi.
—Professeur ?
Il n'y a qu'une personne qui peut m'appeler ainsi dans un tel endroit. Je me retourne alors pour plonger dans les iris malachite de la chanteuse. Elle a l'air soucieux en me regardant et je réalise qu'elle m'a sans doute vu perdre mon sang froid avec Alois. Passant une main en arrière pour frotter ma nuque, je suis mal à l'aise de m'être ainsi laissée aller.
—Puis-je vous proposer un verre ?
—Pardon ? Qu'êtes-vous en train de me proposer au juste Dorothea ?
—Ne vous en faites pas, j'ai tout à fait l'âge de boire si c'est ce qui vous inquiète ! A moins que vous pensiez que je vous proposais autre chose d'une nature plus…charnelle ?
Est-ce possible, mais je crois bien que je rougis lorsqu'elle me dit cela. J'ai parfaitement compris le sous-entendu qu'elle vient de me faire et bien que je sache pertinemment qu'elle adore taquiner cela me surprend quand même. Percevant ma gêne, elle éclate d'un grand rire.
—Je vous rappelle que mon cœur est déjà pris et que chez moi cela va de pair avec mon corps, continue-t-elle en me gratifiant d'un clin d'œil moqueur.
—Dorothea… J'espère que vous avez du rhum.
—Bien entendu !
Elle me donne alors son adresse et nous enfourchons toutes deux ma monture mécanique qui a tôt fait de nous conduire à bon port. Je suis surprise car la brune semble vivre dans un quartier plutôt chic en plus d'habiter dans un joli loft de deux étages décoré avec goût. Contrairement à chez moi cet endroit est véritablement un lieu de vie. Je peux voir, sur une bibliothèque garnie d'ouvrages différents, plusieurs photos dans des cadres. Je crois même reconnaitre mon hôtesse accompagnée d'Ingrid alors qu'elles étaient plus jeunes. Un lueur innocente brillait encore dans son regard à cette époque, certainement bien avant qu'elle ne passe ce marché qui la force à travailler pour nous.
—Installez-vous comme chez vous, je vais nous chercher des verres.
Comme chez moi ? Il ne vaut mieux pas puisque les seuls endroits que je fréquente dans ce lieu que j'appelle mon appartement sont au choix la cuisine, la salle de bain et mon lit dans ma chambre. Nul doute que j'essuierais une nouvelle moquerie si j'osais cependant lui demander des précisions sur ce qu'elle entend par « faire comme chez moi ». Je n'ai vraiment pas pour habitude de me faire inviter chez des gens et ne sait absolument pas comment me comporter. Je suppose qu'il faut que je m'asseye sur le canapé ? Faisons cela, c'est sûrement ce qui est le plus logique de faire.
—Professeur, vous avez l'air d'être parfaitement à votre aise dites moi !
—Cessez donc de vous moquer Dorothea. Vous m'aviez promis un verre.
—Le voici, un excellent rhum ambré XO si cela vous convient ?
—Parfaitement. Cela fait longtemps que je n'ai plus goûté un tel breuvage pour tout vous dire.
—Je vous aurais bien proposé un thé mais j'ai tendance à penser que l'alcool fait un meilleur remède aux maux du cœur. Alors Professeur, quels sont les tourments qui vous agitent ?
—Comment…
—Vous ne me faites pas l'effet de quelqu'un qui perd facilement le contrôle.
—Certes, pardonnez-moi pour cette scène peu flatteuse que je vous ai offerte.
—Ce n'est rien, un peu d'animation pour égayer mes soirées ennuyeuses parmi ces snobs tout aussi affligeants.
—Je pensais que vous aimiez chanter pourtant.
—Ce n'est pas le chant qui me dérange, plutôt le public auquel je l'offre et qui, j'en doute fort, sache véritablement l'apprécier. Pour tout vous avouer ce n'est pas tout à fait ce à quoi je rêvais étant enfant.
—Je veux bien vous croire. Quant à ce qui me préoccupe je ne suis pas certaine que vous souhaitiez vraiment que je vous ennuie avec cela.
—Professeur, une oreille attentive et une amie, je suis tout à fait capable de jouer ces rôles là aussi.
—J'ai seulement un millier de questions et personne qui daigne me répondre. J'ai parfois l'impression d'être la seule à ignorer tout de ce qui se déroule pourtant juste sous mes yeux.
—Ne sommes-nous pas tous simples spectateurs de nos vies par moment ?
—Certes, mais seulement par moment. En ce qui me concerne c'est toute ma vie qui est ainsi. Et ceux qui en ont les clés, les réponses à mes questions, refusent de me les donner.
—Edie en fait partie n'est-ce pas ?
Je relève alors vivement la tête vers elle pour la détailler avec surprise. Elle aussi semble en savoir bien plus qu'elle ne le laisse paraitre. Quel jeu joue-t-elle au milieu de tout ceci ? Une question supplémentaire s'ajoutant à toutes celles que j'ai déjà. Je lâche un soupir avant de lui répondre.
—Oui, elle fait partie de ces personnes détenant les informations que je recherche. Tout comme vous j'ai l'impression.
—Je suis une espionne, ne l'oubliez pas. Je me dois d'être informée, n'est-ce pas ?
—Je suppose oui.
—Edie se confiera à vous, j'en suis certaine. Si elle semble être votre clé de voûte pour comprendre cet imbroglio dans lequel nous sommes tous entrainés malgré nous, vous êtes indubitablement la sienne.
—Que voulez-vous dire par là ?
—Ah ! Je ne suis pas celle qui doit vous l'expliquer malheureusement.
—Je pourrais vous y forcer…
—Vraiment ? Moi une frêle jeune femme sans défense, vous oseriez m'agresser pour me faire parler ?
Elle me dit cela, moqueuse une nouvelle fois. Elle doute visiblement que je sois capable de la torturer pour lui soutirer les informations qu'elle détient. Et je dois admettre qu'elle a raison. Auparavant je n'aurais pas un seul instant hésité, mais désormais… Connaissant Dorothea, étant proche d'elle, j'en suis incapable. Qu'en sera-t-il lorsque viendra le moment de mettre fin à l'existence d'Edelgard ? Peu importe, il n'est pas temps de penser à ça.
—Sans défense ? Je suis certaine que vous possédez bien plus de ressources que cela.
—Qui sait… Un autre verre ?
—Volontiers.
Nous continuons à deviser tandis que la bouteille de rhum diminue petit à petit. Je suis impressionnée que la cantatrice tienne si bien l'alcool fort. Je finis par passer la nuit sur son canapé car j'ai bien trop bu pour songer à reprendre ma moto. Le lendemain je la quitte en la remerciant de cette soirée qui m'a permit de me détendre un peu au milieu de toute cette tourmente.
Je passe le reste du week-end à rechercher Rhea mais en vain car l'Archevêque demeure introuvable où que j'aille. Finalement, il semble que ce n'est pas elle qui me livrera la première les réponses qu'il me tarde d'obtenir. Le lundi venu, alors que j'observe attentivement ma cible et son ombre arriver pour le cours d'escrime, je me jure que je trouverais le moyen de la faire parler. Le temps des secrets est révolu…
