Salut à toi cher lecteur!

Bienvenue dans ce chapitre 16 qui est le plus long que j'ai fait dans cette fanfiction.

Avant de commencer, je voulais te remercier d'en être arrivé jusque là. Je suis touchée d'être lue.

Je suppose que si tu es arrivé là, c'est que cette histoire te plait un peu, alors ça me ferait plaisir que tu laisses un commentaire pour me dire ce que tu aimes ou n'aimes pas. C'est important pour que je m'améliore et que je continue à écrire!

Voilà voilà, quoiqu'il arrive, merci d'être là et j'espère que ce chapitre va te plaire!

Bonne lecture :

Le sifflement de la locomotive retentit tel un cri strident dans la gare de Pré-Au-Lard et, déjà, le village n'était plus qu'un point à l'horizon.

Le front contre la vitre, Neville observait le paysage blanc défiler. Les élèves s'apprêtaient à rentrer chez eux pour les vacances de Noël. Le premier trimestre était passé si vite qu'il avait l'impression d'avoir quitté ses parents il y a seulement quelques jours. Pourtant, en faisait le point, il se sentait différent, sûrement à cause de la révélation du secret de sa mère.

Neville avait un peu discuté avec Elsa et ils s'étaient accordés pour dire que cette appétence pour tout ce qui touchait à l'eau avait toujours été présente chez eux qu'ils l'avaient enfin comprise.

Parfois, Neville se surprenait à influer le flux d'un cours d'eau par la simple pensée. Il n'était encore jamais allé plus loin mais ne doutait pas qu'il avait en lui les capacités d'en faire plus. Il ne serait sûrement jamais aussi puissant et majestueux que les Black avec leurs ailes mais il pouvait néanmoins espérer un peu plus.

Cependant, Neville savait qu'il lui faudrait dépasser ses complexes pour assumer de tels pouvoirs et, dans l'immédiat, il s'en sentait incapable. Il allait sûrement se faire dépasser par sa petite sœur si déterminée, mais il ne savait pas comment s'affirmer et assumer ses pouvoirs, il avait trop peur pour essayer.

« Tu rêves Neville ! L'interpella Elsa alors qu'elle monopolisait la conversation. »

Neville décolla sa tête de la fenêtre et regarda sa sœur. Il avait eu la surprise de la trouver en entrant dans ce compartiment où Hugo l'avait convié en lui indiquant qu'ils ne devaient y trouver que le jeune Louis Lupin et son ami Dylan Barrow. Mais, quand ils avaient ouvert la porte, Elsa était déjà assise sur son siège, en bavardant gaiement avec les deux premières années et Colin Crivey qui vouait à Elsa une admiration assez incompréhensible.

Neville n'avait pas pu faire demi-tour et avait accepté le monologue habituel de sa sœur en silence.

« Je te comprends, reprit-elle, on a eu un trimestre compliqué, surtout avec les Serpentards qui sont de plus en plus insupportables.

-Je les trouve plus agréables, justement, contredit Hugo.

-Je suis plutôt d'accord, approuva Neville. »

Elsa regarda les deux garçons, leva un sourcil et s'apprêtait à protester quand Colin attira l'attention sur ses photos du dernier cours qu'il avait eu avec Elsa. Elle renonça à s'énerver contre son frère et son ami et les laissa, momentanément, à leur discussion.

« Tu as l'air un peu fatigué, en effet, s'inquiéta Hugo.

-Oh, c'est juste qu'une petite pause dans ce rythme effréné me fera le plus grand bien.

-Je te comprends. Moi, au moins, j'ai mon dortoir où je suis plutôt au calme tous les soirs, il n'y a que Colin qui parle dans son sommeil, donc c'est plutôt tranquille.

-C'est différent dans le dortoir des cinquièmes années, crois-moi. Soupira Neville. Même si je n'en changerais pour rien au monde, je suis bien trop heureux d'être avec mes amis.

-Vous devez bien rire tous ensemble, supposa Hugo. »

Neville acquiesça, le sourire aux lèvres et les yeux rêveurs. Il décida de baisser le ton de sa voix pour raconter à Hugo.

« Pas plus tard qu'avant-hier soir, Seamus a voulu tester un sort qui lui permettait de faire son lit automatiquement, il a essayé de répéter ce que sa mère disait quand elle faisait sa chambre, mais, comme d'habitude, il s'est trompé et son lit a fondu, alors on lui a prêté des coussins pour lui faire un matelas, mais ça n'a pas suffi, on l'a retrouvé le matin dans le lit de Dean. Le pauvre, il a fait une de ces têtes quand il a découvert ça. Ethan a immédiatement pris une photo et Harry riait tellement qu'il n'arrivait plus à respirer. Même Lucas a explosé de rire, alors que ce n'est pas vraiment son genre.

-J'imagine bien la scène, s'amusa Hugo.

-Avec les garçons, ça n'arrête jamais.

-Je te comprends, je suis d'accord avec toi, le rassura Hugo, parfois il faut être un peu au calme. »

Neville acquiesça silencieusement sous le regard bienveillant d'Hugo.

« On est un peu les deux calmes de la famille, rappela Hugo.

-C'est clair que ça ne va pas être ma sœur, sourit Neville en se tournant vers Elsa.

-C'est sûr ! »

Neville continuait de sourire. Ces quelques mots avec Hugo l'avaient apaisé, il avait besoin de relativiser fréquemment pour se rappeler la chance qu'il avait d'avoir ses amis et sa famille si proches de lui. Même le fort caractère d'Elsa était un cadeau de Merlin.

Les deux amis reprirent donc la conversation d'Elsa, qui, visiblement, n'avait pas changé de sujet.

« Ils sont quand même insolents les Serpentards, on voit qu'ils sont prêts à tout pour nous écraser, alors qu'ils sont insignifiants, c'est comme cet abruti de Zabini, qu'il peut être exaspérant lui ! Je vous jure, chaque fois que je le vois, j'ai envie de l'exploser. Alors qu'il ne mérite même pas l'ombre de mon intérêt. »

Elsa critiquait vivement les Serpentards. Comme à son habitude, les pires qualificatifs étaient attribués à Blaise Zabini, mais Elsa ne s'en rendait pas compte. Tout ce qu'elle voyait, c'était le souvenir de leurs altercations, de son caractère bien trempé qui lui faisait parfois de l'ombre et qui la sortait de ses gonds fréquemment.

« C'est quand même incroyable de voir à quel point tu les détestes, souffla Hugo, surtout qu'ils ne sont pas tous méchants, certains ne t'ont rien fait.

-Oh, s'énerva Elsa, vous n'êtes pas possibles tous les deux, vous allez arrêter de faire vos pacifistes avec nos ennemis. Je vais aller voir les garçons, avec eux, je suis sûre que je ne vais pas finir au fan club des serpis. »

Sur ces mots, Elsa se leva et claqua la porte du comportement. Hugo et Neville la suivirent du regard. Ils étaient accoutumés aux impulsions d'Elsa. Et elle avait raison, au fond, si elle voulait continuer à critiquer les Serpentards, elle aurait plus de soutien avec Harry, Ron et Ethan.

Elsa n'accorda plus un regard au compartiment de son frère. Elle traversa les wagons sans se préoccuper des pauvres élèves qu'elle bousculait et arriva à son but. Seulement, dans le compartiment qu'elle ouvrit, elle ne trouva ni Ethan, ni Harry, ni Ron, mais Clarisse, Hermione, Jane et leurs deux greluches de camarades de chambre.

« Elsa, viens avec nous, l'invita Clarisse. »

Elsa hésita deux secondes. Après tout elle avait décidé de rejoindre les garçons, mais le sourire de Clarisse et l'ambiance détendue de ce compartiment la convainquit. Elsa s'assit sur le siège qu'on lui indiquait. Elle lança un regard légèrement méprisant à Lavande et Parvati. Elles n'étaient pas vraiment amies et, ne les ayant pas dans son dortoir, Elsa ne les connaissait que comme colporteuse de ragots. Lavande et Parvati ne s'inquiétèrent pas de cette réaction et laissèrent Elsa intégrer la conversation :

« Et tu as hâte de retourner en France ? S'enquit Hermione.

-Oui, ça va être super, ce sera la première fois que je fêterai Noël à Paris !

-Oh, j'aimerais tellement visiter Paris ! soupira Hermione.

-Je te rapporterai des souvenirs, promit Clarisse. »

Hermione sourit. Elle était vraiment heureuse d'avoir retrouvé Clarisse cette année. Quand la jeune brune leur avait annoncé son départ pour la France, Hermione et Jane avaient réellement cru que cela signait la fin de leur amitié. Mais Clarisse était revenue. Son père avait reconnu que ça ne changeait rien pour lui qu'elle passe sa scolarité en France ou en Ecosse, puisqu'elle était en internat tout au long de l'année.

Clarisse était très différente de la studieuse Hermione et de la silencieuse Jane. Elle était l'énergie du groupe et c'était surtout la première qui avait appris à discuter avec les deux filles, alors qu'elles semblaient inatteignables aux yeux des autres élèves.

« Tu vas rencontrer des garçons aussi, pouffa Lavande.

-Enfin, pour deux semaines, l'intérêt n'est pas énorme, relativisa Hermione.

-C'est parce que tu ne t'intéresses pas aux garçons que tu dis ça ! Reprit Parvati. »

Hermione se tourna vers Parvati, étonnée de cette réflexion, mais ne se donna pas la peine de répondre.

« Enfin, pour toi les garçons sont tes amis, tu ne les vois pas encore autrement, se justifia Parvati. »

Hermione échangea un regard avec Jane. Clairement, Parvati était en train de s'enfoncer.

« Oui, renchérit Lavande. Tu es toujours avec Harry et Ron. »

Apparemment, elles étaient deux à s'enfoncer.

« D'ailleurs, ça fait quoi d'être toujours avec Ron ? Il doit être trop chou avec toi ?

-Trop chou ?! s'étouffa presque Hermione de surprise. »

Face à elle, Clarisse et Jane retenaient un éclat de rire.

« Au moins, si on en doutait encore, chuchota Clarisse à Jane, elle est clairement intéressée par Ron. »

Si Jane et Clarisse avaient réussi à cacher leurs pensées à Parvati et Lavande, Hermione ne quittait pas sa mine déconfite et Elsa ne savait pas garder sa langue.

« Mais, tu connais Ron ? S'enquit-elle, je veux dire tu as déjà parlé avec lui plus d'une dizaine de minutes. »

Lavande regarda Parvati et le rouge lui monta aux joues. Elle fit timidement non de la tête.

« Je me disais bien aussi ! Souffla Hermione. »

Hermione connaissait très bien Harry et Ron. Elle connaissait le Harry qui n'avait pas besoin de se montrer et qui ne s'imposait pas non plus en chef de la grande famille des enfants des Maraudereuses. Mais elle avait aussi découvert Ron. Il n'était clairement pas « trop chou » comme pouvait rêver Lavande, mais il était un ami. Elle le connaissait mieux que quiconque et avait appris à aimer sa personnalité peu assurée mais fière de sa famille, de ses amis. Elle savait absorber la pression inconsciente qu'il se mettait pour être au niveau de ses frères, des Gryffondors ou de ses amis.

Hermione sourit en pensant aux nombreux repas où elle avait soufflé face à l'appétit incontrôlable de Ron. Avec le recul, elle le trouvait plutôt touchant au milieu de toutes les assiettes qu'il se servait. Avec Ron, elle n'avait pas besoin de penser à son image ou de se mettre des barrières. Elle était elle-même. Bien qu'il ne partage pas sa passion pour les livres et le savoir, il la respectait. Hermione aimait particulièrement le regard impressionné que lui adressait Ron quand elle exposait une théorie ou autre découverte qu'elle avait lu dans un livre.

Hermione fut tirée de ses pensées par Clarisse qui ramenait la conversation sur des terrains plus classiques :

« Et toi, Jane, as-tu hâte de rentrer chez toi ? »

Jane acquiesça en souriant légèrement.

« Oui, évidemment, ça fait toujours du bien de retrouver la famille.

-Je suis sûre que tes parents t'attendent pour faire du babysitting, supposa Clarisse.

-Sûrement, mais Isaac est tellement adorable que je suis plus que volontaire pour m'occuper de lui, expliqua Jane.

-Isaac, c'est qui ? S'enquit Lavande qui avait, momentanément, arrêté de rêver de Ron.

-C'est mon petit frère, il a tout juste trois ans, répondit Jane, mais je ne le vois pas grandir puisqu'il est né quand nous étions déjà à Poudlard.

-Tu dois profiter des vacances pour passer du temps avec lui, ajouta Hermione. »

Jane acquiesça en souriant. Si elle avait été un peu étonnée quand ses parents lui avaient annoncé qu'ils attendaient leur cinquième enfant, presque dix ans après le quatrième, elle avait été conquise par le petit Isaac qui la faisait craquer d'un simple regard.

« Oui, j'aime beaucoup m'occuper de lui, reconnut Jane, il est adorable.

-Tu sais déjà s'il a le caractère rebelle de ton père et July ou plus observateur de Hugo et toi ? S'enquit Parvati.

-On a un peu le temps pour ça, non ? Répliqua Hermione. »

A la mention de sa sœur, Jane soupira. Si July lui avait donné un grand espoir lors de leur rencontre dans la salle des Quatre Eléments, elle avait bien vite repris son comportement dominant et ses regards hautains lorsqu'elles se croisaient. Cela avait à nouveau attristé Jane mais la belle blonde gardait en elle l'espoir de reconstruire une relation plus acceptable avec sa sœur, au moins quand elles ne seraient que toutes les deux.

« On verra bien, en effet, soupira Jane. »

Elle ne s'inquiétait pas trop pour Isaac. Il avait trop d'écart avec elle. Quand il rentrerait à Poudlard, il n'y aurait presque plus d'enfants des Maraudeurs et ça lui promettait une scolarité bien plus paisible.

« J'espère qu'il ne deviendra pas comme ta sœur, elle est vraiment insupportable ! s'exclama Parvati. »

Hermione écarquilla les yeux face à cette remarque. Jamais elle ne se serait permise de faire une remarque sur Padma devant Parvati, tout comme elle s'interdisait de mentionner July quand elle n'était pas seule avec Jane. Mais Jane semblait habituée à l'absence de filtre de ses camarades de dortoirs.

« Tout ce qui m'importe, c'est de passer du temps avec ma famille maintenant, sans se préoccuper de qui va devenir quoi… Juste être ensemble.

-Finalement, c'est le plus important à Noël, renchérit Lavande avec un air sérieux qui ne lui allait pas forcément. »

Jane acquiesça cependant, pour la remercier de son soutien. Hermione soupira devant la vacuité de ces propos, mais Jane ne s'en formalisa pas. Elle savait que Lavande voulait être gentille en disant cela et, comme toujours avec Jane, elle était touchée par l'attention.

« Tu as raison Lavande, l'encouragea-t-elle sous l'œil circonspect d'Hermione. Et toi, Hermione, tu vas faire quoi pendant tes vacances ? »

Le changement de sujet était évident, mais ce n'était pas important pour Jane. Il fallait donner à Hermione un sujet sur lequel elle pourrait parler au lieu de noter les incohérences de Lavande. Hermione n'avait jamais été amie avec Parvati et Lavande, mais, depuis quelque temps, elle vouait une haine incompréhensible à Lavande.

« Euh… Je vais retrouver mes parents, je vais sûrement les aider dans le cabinet de dentiste…

-De quoi ? S'enquit Parvati.

-Dentiste, expliqua Clarisse pour épargner Hermione qui était lasse de raconter sa vie de moldue à tous les curieux qui l'entouraient, ce sont les médicomages des dents pour les moldus. »

Lavande et Parvati acquiescèrent, mais s'abstinrent de commentaires. Cela permit à Hermione de continuer :

« Je vais surtout profiter de ces deux semaines pour travailler. C'est important de ne pas prendre de retard.

-Hermione, soupira Clarisse entre deux sourires, tu as déjà anticipé tous les devoirs des vacances, tu es loin d'être en retard.

-Tous les devoirs des vacances ?! S'exclama Elsa qui avait volontairement laissé la conversation quand elle évoquait la complexe famille Black.

-Oui, mais ce n'est pas si impressionnant, surtout que nous avons les BUSEs à la fin de l'année, nous !

-Mais, protesta Clarisse, aucun de nous a prévu de terminer le programme de sixième année pendant les vacances de Noël ! »

Sous les rires des filles, Hermione rougit ostensiblement.

« Non, souffla Elsa, ne me dis pas que tu as prévu de faire le programme de sixième année.

-Bah, en fait, bredouilla Hermione, j'ai déjà commencé.

-Mais tu ne sais même pas quelle BUSEs tu vas avoir ! S'étonna Lavande.

-Oh, si elle le sait, répliqua Clarisse, elle les aura toutes.

-Mais non, rétorqua Hermione, tu n'en sais rien.

-Je te connais tu es dans les trois premiers de chaque matière, se justifia Clarisse.

-A ce point ? s'étonna Elsa. Mais tu n'aurais pas dû être à Gryffondor, mais à Serdaigle, en fait.

-Tant que je ne suis pas à Serpentard, j'accepte ! Rit Hermione. »

Les filles rirent à cette petite blague. Même si elle vexait Jane qui voyait toujours en Serpentard une partie de sa famille, elle avait le mérite de détendre l'atmosphère.

Enfin, elle ne semblait pas drôle pour tout le monde. Parvati et Lavande avaient l'air de s'impatienter en regardant leur montre magique à plusieurs reprises.

« Tout va bien les filles ? Demanda Jane qui avait été observatrice et s'était étonnée de leur comportement.

-Oh, oui, on se demandait juste si on allait rejoindre les garçons ou s'ils allaient venir jusqu'à nous ?

-Les garçons ? reprit Clarisse.

-Bah, nos amis, précisa Parvati.

-Euh… enfin vos amis, expliqua Lavande, Ethan, Harry et… et Ron. »

Elle avait soufflé le prénom de Ron avec une intonation plus expressive. Si ce ton semblait exaspérer Hermione, il fit rire Clarisse et Jane qui échangeaient déjà un regard complice.

« On ne va pas les rejoindre, s'exaspéra Hermione, et ils ne vont pas venir. Vous avez vu la place qu'on a dans ces compartiments ? On ne va pas se frotter les uns contre les autres pour tous rentrer. »

Elsa, Clarisse et Jane explosèrent de rire en pensant à cette image. Mais Lavande et Parvati ne s'attendaient pas à cette réponse.

« Ah bon ? Firent-elles, visiblement déçues. »

Et Lavande, tout comme Parvati, allait être déçue jusqu'à la fin du trajet, parce que les garçons n'avaient pas prévu de bouger de leur compartiment bien confortable dans lequel ils refaisaient joyeusement le monde.

Lucas, Harry, Ron, Dean, Seamus et Ethan avaient laissé le compartiment habituel aux filles pour s'installer un peu plus loin. Ils allaient tous rentrer chez eux et voulaient profiter encore quelques instants de l'ambiance joviale qu'ils partageaient dans leur dortoir.

« C'était quand même incroyable, tu étais si mignon à côté de Dean, se rappela Harry.

-J'avais juste besoin d'un lit et c'était le plus proche, bougonna Seamus qui s'en voulait encore d'avoir fait exploser son lit.

-J'espère bien que tu n'as pas fait exprès de venir avec moi ! s'exclama Dean en riant.

-Tu aurais pu aller chez Neville s'il ne bougeait pas tant en dormant aussi ! Nota Ethan, lui aussi hilare.

-D'ailleurs, il est où Neville ? Demanda Ron.

-Je l'ai vu avec Hugo tout à l'heure. Il doit se reposer, annonça Lucas.

-Il a besoin de se reposer, lui, dit Seamus, pourtant, il a dormi sur un bon lit ces deux dernières nuits. »

Les cinq Gryffondors repartirent dans leurs éclats de rire. La mine fatiguée et boudeuse de Seamus continuait de les rendre hilares.

« J'espère que Dumbledore ou MacGo m'auront trouvé un nouveau lit pour la rentrée, sinon je change de dortoir, je vous le dis.

-Tu ne pourrais pas te passer de nous ! déclara Ethan entre deux rires.

-Tu vas voir, je suis sûre que je pourrais trouver des camarades de chambre plus tolérants.

-Tant que tu ne vas pas à Serpentard, tout va bien, le menaça presque. »

Lucas arqua un sourcil, il trouvait toujours ce genre de remarque surprenante et à la limite du respect.

« Oh, non, ne t'inquiète pas, je préfère encore le sol des toilettes de Mimi Geignarde aux Serpys.

-Je te comprends, renchérit Ethan, Serpentard, c'est vraiment impossible d'y mettre un pied.

-Mais pourquoi vous les détestez tant ? Osa enfin demander Lucas. »

Les rires stoppèrent immédiatement. Les cinq anciens se tournèrent vers leur nouvel ami avec un air grave.

« Je veux dire, se justifia calmement Lucas, je suis là depuis plus de trois mois et, pourtant, je n'ai pas l'impression qu'ils soient si invivables. En général, on ne les voit pas, et même, ils sont parfois sympas, alors pourquoi on se dispute avec certains d'entre eux dès qu'on les croise ? »

Lucas ne semblait pas gêné de poser une question si dérangeante. D'une part, il était réellement curieux de comprendre le ressenti de ses nouveaux amis, d'autre part, il voyait bien tout le mal que ces altercations faisaient à ses amis et leurs frères et sœurs. Alors il devait y avoir quelque chose qui les touchait particulièrement.

« Ce sont leurs fautes, ils ne peuvent pas nous laisser tranquille, déclara Ethan. Dès qu'ils nous voient, ils nous agressent.

-Enfin, j'en ai rencontré avec lesquels on s'est bien entendu, on a même bien rigolé lors de la bataille de boules de neige.

-C'est vrai, renchérit Dean. Daphné, Théo et Blaise ont été drôles pendant cette bataille, et Roxane est vraiment gentille.

-Ce ne sont que les gentils de Serpentards, expliqua Harry, mais dès qu'ils sont en présence de leurs petits chefs que sont Malefoy, Parkinson ou Black, ils redeviennent aussi insupportables. Et dès qu'on passe devant eux, ils nous insultent.

-D'après ce que j'ai vu, on les insulte autant qu'ils nous insultent, avait constaté Lucas, c'est un peu gros de dire joué à « c'est eux qui ont commencé ». On n'a plus cinq ans quand même. »

Il n'y avait aucun reproche dans la voix de Lucas. Il était le seul qui pouvait ainsi exposer ces faits au fier Harry Potter et au borné Ethan Brooks sans passer pour un donneur de leçon et se voir envoyer paître avec un ou deux sorts au passage.

« C'est parce qu'ils sont vicieux qu'il nous arrive de les attaquer, se justifia Harry, pour ma part, ils se sont attaqués à mes parents et ça, je ne leur pardonnerai jamais.

-Après, reconnut Dean, ce ne sont pas tous les Serpentards qui ont fait ça. Et puis, c'était il y a vingt ans, non ? »

Lucas se tourna vers Dean, à la fois étonné et ravi d'avoir son soutien. Dans ce groupe qu'il avait intégré en arrivant à Gryffondor, Lucas avait tout de suite noté que Dean en était le plus pacifiste. Il n'était pas têtu comme Harry et Ethan, ou suiveur comme Neville et Ron. Il n'était pas non plus inscrit dans ses convictions comme Seamus. Il ne connaissait pas les rouages de Poudlard et avait découvert les maisons en même temps que tout le reste, en tant que Né-moldu.

« Oui, mais ce sont les descendants directs des Serpentards les plus dangereux que nous avons face à nous, argumenta Ethan.

-Il faut se méfier d'eux, Malefoy père pourrait enrôler son fils et d'autres de ses amis pour parvenir à ses fins, cracha Harry.

-C'est quand même un peu paradoxal Harry, nota Lucas, tu es le premier à aimer tes parents mais à avoir soif de reconnaissance personnelle. Tu rêverais de ne plus être uniquement le fils Potter mais véritablement Harry, alors tu peux concevoir que certains élèves veulent aussi se défaire de l'héritage de leurs parents. »

Les propos de Lucas semblaient faire du chemin dans certains cerveaux. Si Harry semblait hermétique à ces réflexions, elles eurent le mérite de renforcer le soutien de Dean pour Lucas.

« C'est vrai, approuva-t-il, en plus, ils ne peuvent pas être fiers de leurs parents, eux, alors ils veulent encore plus en être détachés. »

Même Ethan commençait à accepter le point de vue de ses amis. Il ne restait plus qu'Harry et Ron qui semblaient définitivement bloqués à l'idée d'accepter des Serpentards.

« Je pense également, renchérit Lucas, que vos parents vous ont appris la tolérance, à accepter les autres donc les Serpentards en font partie, non ? »

Harry secoua la tête et, à côté de lui, Ron semblait dépité :

« Je pourrais les accepter, comme tu dis, s'ils étaient ouverts.

-Tu ne peux pas comprendre Lucas, d'ailleurs aucun de vous ne peut comprendre en dehors de Ron, rajouta Harry, Serpentard a failli détruire nos parents, mais, maintenant, il explose notre famille.

-Serpentard a pris ma sœur. Souffla Ron, les dents serrées.

-Il m'a enlevé mes deux sœurs. Les jumelles étaient mes meilleures amies et, d'un coup, elles n'étaient plus rien. D'abord, ils ont pris July, et, en une journée, elle n'était plus elle-même, mais j'aurais pu m'en remettre si mes sœurs n'avaient pas disparu sous le joug des Serpentards et, ça, je ne sais pas si je pourrais passer au-dessus. »

Harry était tout rouge. Les préjugés d'enfants de onze ans avaient entraîné une séparation qui aurait dû être courte et superficielle, mais l'animosité historique entre les deux maisons et les caractères complexes des enfants des Maraudeurs avaient fait de cette séparation anodine un clivage profondément ancré dans les inconscients.

Lucas n'alla pas plus loin dans son investigation. Il avait compris que cette rivalité était d'abord un problème d'ordre émotionnel ou affectif et que les raisonnements rationnels échoueraient inexorablement à apaiser les tensions.

« Ma sœur me manque, conclut simplement Ron. »

Il n'avait pas besoin d'en dire plus. C'était trop difficile pour lui. Il se souvenait de la relation fusionnelle qu'il avait avec Ginny avant Poudlard. Les rires de sa sœur lui manquaient terriblement. Désormais, elle partageait ses délires avec ses nouveaux amis de Serpentards, et ne prenait même plus la peine d'en faire part à Ron.

Ginny avait appris à vivre sans ses frères. Évidemment, le plus dur avait été de s'éloigner de Ron, mais elle l'avait fait malgré elle. Entre sa famille qui cachait très mal sa déception de voir la petite dernière répartie à Serpentard et Juliette et Chloé Potter qui l'accueillaient et semblaient partager cette envie de découvrir une nouvelle maison, elle avait préféré agir en Serpentard digne et, les années avançant, elles s'étaient toutes les trois éloignées de leurs familles.

Ginny ne s'était pas rendu compte de tout cela. Seulement, un jour, elle avait regardé ses parents et ses frères évoquer des souvenirs dans la salle commune de Gryffondor ou dans l'équipe de quidditch de Gryffondor ou dans les cours des Gryffondor, et, à ce moment-là, elle avait réalisé que mes maisons ne représentaient pas qu'un simple trait de caractère, mais aussi un mode de vie pendant sept ans. Ainsi, malgré les années de différences, ses frères et ses parents partageaient des souvenirs communs de leurs adolescences alors qu'elle ne faisait que vivre des évènements différents.

Si elle ne s'était jamais sentie directement rejetée par sa famille, elle avait néanmoins le sentiment perpétuel d'être différente. Ce sentiment était certes difficile à vivre mais elle avait appris à y faire face. En rencontrant Juliette et Chloé, elle avait trouvé le parfait équilibre entre sa famille et sa maison. Avec elles et elles seules, elle pouvait être Weasley et Serpentard. Elle était unique et seules ses deux meilleurs amis lui permettaient de montrer sa vraie personnalité. Et pour cela, elle leur en serait reconnaissante éternellement.

Depuis leur rencontre, les trois filles avaient formé un trio inséparable, si bien qu'elle se confondait aisément avec les jumelles. Pendant ses trois premières années à Poudlard, elle avait apprécié être confondue avec les sœurs Potter et leur complicité leur avait valut les meilleurs complots et les farces les plus inventives. Elles avaient toujours été considérées comme un trio infernal et Ginny avait sa place, c'était ce qui lui importait.

Cependant, depuis quelque temps, elle avait senti que les enfants des Maraudeurs partageaient un secret. Elle n'était pas fille de Maraudeurs. Elle était une Weasley, c'était au moins tout aussi honorable, mais, apparemment, ce n'était pas suffisant.

Ainsi, elle avait vu Juliette et Chloé partager un secret sans elle et ça, elle ne le supportait pas. Une fois de plus, elle s'était sentie exclue.

C'était pour cela qu'elle s'était emportée contre ses deux meilleures amies. Depuis ce jour, si elle avait réussi à passer de nouveau du temps en leur compagnie, elle était incapable de leur pardonner réellement, du moins pas tant qu'elles gardaient un secret.

Le problème n'était pas tant qu'elles gardent chacune un secret familial, non, c'était seulement qu'elle partage un secret sans elle. Ce secret avait frappé Ginny en pleine tête, elle serait toujours la troisième. Ses deux meilleures amies étaient jumelles et ne semblaient pas, finalement, prêtes à la considérer également.

Face à ce constat qui lui brisait le cœur, Ginny avait accepté de passer du temps avec les jumelles Potter, mais n'avait pas renoué leurs liens si forts. C'était pour cela qu'elle s'était isolée dans un compartiment pendant le trajet de Poudlard Express. Elle n'arrivait plus à être auprès d'elle avec ce sentiment, et les jumelles le voyaient bien.

Ginny avait laissé les deux sœurs Potter qui la cherchaient activement. Chloé et Juliette passaient dans les couloirs du Poudlard Express avec empressement. C'était la première fois qu'elles ne faisaient pas ce trajet toutes les trois.

« Vous n'auriez pas vu Ginny ? demandèrent-elles à Hugo et Neville quand elles ouvrirent leur compartiment. »

Les deux garçons haussèrent les épaules en répondant par la négative. Les deux rousses refermèrent la porte.

« En tout cas, en voilà deux qui profitent du calme avant de rentrer chez eux, constata Juliette.

-C'est vrai, mais moi je ne veux pas laisser partir Ginny chez elle sans lui avoir dit au revoir, annonça Chloé. »

Juliette acquiesça. Après quelques regards jetés par-dessus les portes, elles ouvrirent violemment la porte d'un compartiment qu'elles pensaient vide et tombèrent sur Ginny, seule, assise près de la fenêtre.

« Oh, tu es là ! s'exclama Chloé. »

Les jumelles s'installèrent face à leur amie.

« Oui, je suis là, soupira Ginny. »

Chloé et Juliette n'avaient pas besoin de se regarder pour comprendre ce que leur amie leur reprochait.

« Ginny, on est désolés, mais on ne peut rien dire… Souffla Juliette.

-Vous ne pouvez rien dire ? Répéta Ginny, outrée. Quand tu n'auras plus de langue, tu pourras te permettre de sortir ça, mais là, en l'occurrence, ce n'est pas vrai. Vous pouvez me le dire. Je sais que j'ai dit que ce n'était pas grave mais c'est faux. Je ne peux pas supporter vos regards quand il y a des allusions, ou quelque chose qui vous y fait penser. On communique plus par le regard qu'oralement les filles, alors je remarque immédiatement quand je ne comprends pas et c'est toujours à cause de ça. »

Les jumelles ne réagirent pas immédiatement. Si Ginny avait un regard désolé, elle semblait soulagée d'avoir enfin avoué ce qu'elle s'était efforcée de cacher. Mais elle savait ce que ça signifiait, elle partageait les valeurs de la famille et savait que, chez les enfants des Maraudeurs, c'était encore plus fort. Alors elle devait s'éloigner d'elle-même de Chloé et Juliette.

« On est désolées, balbutia Juliette.

-On n'avait pas bien compris… se justifia Chloé.

-Vous ne pouvez pas comprendre et, surtout, vous ne pouvez rien faire. »

Ginny ne regardait pas directement ses amies. Elle préférait nettement se concentrer sur le sol, mais son air blasé ne trompait plus personne.

« Je ne peux pas passer mes journées à faire semblant d'accepter d'être un balai de secours…

-Mais tu n'es pas un balai de secours.

-C'est gentil Chloé, sourit légèrement Ginny, mais c'est la vérité, vous êtes sœurs jumelles, vous avez tout partagé et je suis juste une amie.

-Tu n'es pas qu'une amie, insista Juliette. Tu vois bien qu'on a une relation particulière. Tu vois, Flora Carrow, c'est une amie, on rigole avec elle de temps en temps, et on discute souvent, mais ça s'arrête là ! Alors que toi tu nous comprends, on est trois depuis qu'on s'est rencontrées, et il est hors de question que tu nous laisses.

-Je n'en peux plus, avoua Ginny, sans relever la déclaration que venait de lui faire Juliette.

-Mais tu ne peux pas nous lâcher comme ça, s'énerva Cholé, on a besoin de toi, j'ai besoin de toi. On ne va pas s'éloigner à cause de nos familles. Déjà qu'elles nous imposent leurs idées reçues sur les Serpentards, ce serait donner raison à nos frères si on n'arrivait pas à passer au-dessus des secrets familiaux. »

Le ton de Chloé se faisait de plus en plus fort. Juliette décida même d'insonoriser leur compartiment. Il ne fallait pas avoir d'autre témoin du visage rouge de Chloé, de ses yeux qui s'assombrissaient. La colère arrivait sans prévenir, s'amplifiant à mesure que Chloé rageait contre tous ceux qui les avaient mises dans cette situation.

Soudain, ses mains se mirent à trembler, devenant également aussi rouge que ses cheveux. Juliette et Ginny contemplaient ça avec un air apeuré.

« Oh, calme toi Chloé, interrompit Ginny, respire, on dirait que tu vas t'enflammer. »

Ginny avait espéré détendre l'atmosphère avec cette remarque. Cependant, l'effet fut complètement différent. Chloé lança un regard inquiet à sa sœur et Juliette semblait réaliser la menace. Elle poussa Ginny au bout du compartiment et sortit une bouteille d'eau de son sac.

« Respire, Chloé, tenta-t-elle, reste calme, ça ira. »

Chloé se concentra sur sa respiration et engloutit le litre d'eau d'une traite. Progressivement, le rouge quitta son visage. Ginny n'avait rien dit pendant ce manège mais elle ne put se retenir plus longtemps :

« Mais attendez, tu aurais VRAIMENT pu t'enflammer ? »

Les deux sœurs se regardèrent. Elles ne savaient pas comment aborder le sujet. Ginny attendit que Chloé retrouve son état normal pour montrer des signes d'agacement. Encore une fois, on en revenait au sujet principal. Tout autour d'elle revenait à ce secret maudit.

Face à l'état fébrile de sa sœur et aux tensions de sa meilleure ami, Juliette eut enfin l'idée qui les délivrerait :

« Tu as deviné ! S'exclama-t-elle.

-Quoi ? Mais non, s'énerva Ginny, j'ai deviné que Chloé allait cramer, je n'ai rien deviné.

-Mais si, tu as deviné ! Répéta Juliette. »

Chloé avait repris ses esprits, elle regardait sa sœur avec étonnement. C'était à Ginny de voir le rouge monter aux joues. Juliette fut soulagée de savoir qu'elle ne risquait pas de s'enflammer.

« Tu as deviné, ici, maintenant, et tu en as trop vu, donc il va falloir tout t'expliquer ! Expliqua Juliette. »

Les yeux de Chloé s'illuminèrent, Juliette avait trouvé la solution. Il était évident qu'elles trouveraient un moyen d'inclure Ginny dans leur histoire. Juliette et Chloé partageaient la détermination des Potter et avaient décidé de faire de Ginny l'une d'elles, alors elles avaient tout mis en place pour l'avoir à leur côté. Mais, à la différence de leurs parents ou leur frère, les jumelles avaient le caractère fourbe des Serpentards alors quand on associait les deux, on trouvait forcément une solution qui permettait d'atteindre ses objectifs en contournant les règles sans les enfreindre.

« Il faut que tu saches la vérité ! Tu ne peux pas connaître qu'une partie de notre secret, participa Chloé.

-Tu pourrais imaginer des choses fausses. »

A son tour, Ginny comprit le manège de ses amies.

« Mais vous avez le droit ?

-On n'a pas évoqué ce qu'il se passerait si quelqu'un devinait une partie, déclara Juliette.

-On est bêtes, on aurait dû préparer cette éventualité ! Fit mine de s'énerver Chloé en se frappant le front. »

Ginny avait retrouvé son sourire en coin, un peu vicieux mais, surtout, complice avec les deux jumelles.

« Quoi qu'il arrive, je ne me permettrais jamais d'ébruiter un secret qui ne me concerne pas, promit Ginny. »

Elle avait repris, le temps d'une phrase, son air grave. Il était nécessaire que Juliette et Chloé comprennent qu'elle était touchée de la confiance que lui faisaient ses amies.

« A personne ? S'enquit Chloé.

-Vraiment personne, aucun ami, membre de ta famille ou de la nôtre ! renchérit Juliette. »

Ginny acquiesça malicieusement. Elle sentait l'excitation monter en elle. Cela faisait des mois qu'elle attendait cette révélation.

« Alors, ça vient de nos parents, commença Chloé.

-De nos mères précisément, continua Juliette. »

Les deux filles se regardèrent et prirent une grande inspiration, ça ne servait à rien de faire durer le suspense.

« Elles incarnent les Quatre Eléments ! lâchèrent-elles dans un souffle. »

Le soulagement fut immédiat pour les jumelles. Ginny, en revanche, avait levé un sourcil et observait ses amies avec étonnement.

« Il va falloir m'en dire plus, là, reprit-elle perplexe.

-Tu dois être perdue, ne t'inquiète pas, on était pareilles quand on a découvert tout ça, la rassura Chloé.

-En fait, i Poudlard une salle secrète des Quatre Eléments et on l'a découverte, raconta Juliette, on était tous ensemble, avec July et Harry, tu imagines l'ambiance…

-… Bref, continua Chloé, nos mères ont débarqué et nous ont dit qu'elles incarnaient chacune un élément et que nous, du coup, en étions les descendants. Apparemment, on a des pouvoirs particuliers mais on ne les connait pas encore…

-… Et ils se manifestent n'importe quand ! Conclut Juliette. »

Ça, Ginny voulait bien le croire. Il était clair que Chloé ne s'était pas préparée à réagir ainsi.

« Mais du coup, votre mère c'est le feu ? S'enquit Chloé pour vérifier. »

Les jumelles acquiescèrent, soulagées de voir le sourire revenir sur les lèvres de Ginny.

« Et les autres… Supposa-t-elle. Bon les Black, c'est l'air, ça doit être pour ça qu'il y avait plein de vent quand ils se sont engueulés pendant le match, et les autres… Ah si, Roxane a la main verte apparemment, mais Neville aussi, d'après ce qu'on m'a dit… Elsa est nulle en botanique, vous vous souvenez quand elle a noyé sa plante en troisième année… Donc les Lupins c'est la Terre et l'eau pour les autres. »

Encore une fois elles acquiescèrent, fière de la déduction de leur amie.

« Et quels sont vos pouvoirs ? »

Les jumelles haussèrent les épaules.

« On ne sait pas encore très bien, apparemment, on peut s'enflammer… »

Les trois filles explosèrent de rire. Ça leur faisait tant de bien de retrouver cette ambiance et cette complicité si unique.

« Et pour les autres, avoua Chloé, ils découvrent comme nous, mais je ne suis pas sûre qu'on soit au courant pour chacun, d'une part et, d'autre part, je pense que ça les concerne, donc ce ne serait pas correct d'en parler à leur place.

-Soit, admit Ginny, ça ira pour moi. »

Elle pouvait comprendre qu'elle n'avait pas besoin de connaître autant de détails. Elle comprenait la nécessité de garder cela secret, et les jumelles n'y pouvaient rien.

« On ne pourrait pas tester vos pouvoirs, genre toutes les trois, proposa Ginny, comme ça on sait ce que vous pouvez faire mais on le ferait entre nous pour ne pas nous attirer d'ennui et éviter que ça ne se révèle en public. »

Juliette et Chloé acquiescèrent une fois de plus. Non seulement elles étaient soulagées de ne plus avoir à mentir à Ginny, mais en plus elles avaient désormais une alliée qui leur permettrait d'assumer un peu plus ce fardeau.

« On fera ça à la rentrée, en attendant, on pourrait sortir un peu de ce compartiment, c'est la dernière fois qu'on voit nos amis avant les vacances, profitons-en, proposa Juliette. »

Elles s'empressèrent de sortir de leur compartiment et n'eurent aucune difficulté à trouver Roxane qui passait calmement son trajet dans un compartiment calme aux côtés de Daphné, Teddy et Théodore.

« Coucou ! S'exclamèrent les trois rousses en entrant.

-Salut les filles, les accueillit Daphné.

-C'est quoi ce sourire, remarqua immédiatement Teddy. »

Les trois filles se regardèrent et leurs sourires s'élargirent encore.

« Qu'est-ce que vous manigancez ? S'enquit Roxane, amusée par le comportement de ses amies.

-Pourquoi faut-il toujours qu'on manigance quelque chose ! Fit mine d'être frustrée Chloé. »

Tout le monde sourit à cette remarque. Les filles s'installèrent sur les sièges vides pour passer le reste du trajet avec leurs amis.

Le compartiment était calme. Comme à son habitude, Teddy lisait un ouvrage sûrement trop complexe pour que quelqu'un d'autre s'y intéresse. Daphné discutait doucement avec Roxane. Elle semblait nerveuse à l'idée de retrouver sa famille. Quant à Théodore, il observait silencieusement ses camarades.

Son comportement ne semblait pas étonner ses amis. Ils avaient l'habitude de voir un Théodore discret et silencieux. Il ne participait jamais activement aux conversations et préférait en comprendre l'atmosphère.

C'était un réflexe qu'il avait hérité de son éducation. Les Nott étaient une famille digne, noble et reconnue dans la société sorcière. A la différence de ses amis, ils n'étaient pas plongés dans la magie noire, mais n'avaient jamais caché le haut standing qu'ils s'imposaient et qu'ils imposaient à leurs connaissances. Les Nott étaient en haut de l'échelle sociale et tenaient à le rester. C'était pour cela qu'ils étaient si observateurs, il fallait apprendre, dès le plus jeune âge à trouver les atouts et faiblesses de leurs interlocuteurs, à déterminer s'ils pouvaient être un levier pour grimper dans la société ou, au contraire, un risque pour leur réputation.

C'était pour cela que Théo avait, malgré tout, grandi auprès des enfants des anciens mages noirs. Même si ses parents ne la pratiquaient pas, ils savaient qu'elle était utilisée par de nombreux sorciers pour parvenir à leurs fins et obtenir la reconnaissance. Les Nott utilisaient ses sorciers pour les accompagner dans leur ascension.

Dans le monde sorcier moderne, il y avait deux moyens de briller et d'être reconnu. Il fallait accomplir un exploit, comme les Potter et leurs amis, ou être associé à ses héros. La deuxième méthode était plus classique et adaptée aux Nott : inspirer le respect par la crainte et la richesse.

Théodore avait appris à être méprisant et hautain. Il savait exactement les places sociales de ses amis. Il savait que personne n'égalait la fortune des Malefoy et pouvait placer chaque famille sorcière sur une échelle allant de la précarité aux Malefoy.

Pourtant, Théo était passé au-dessus de ces considérations. Évidemment, il continuait à dire à sa famille qu'il agissait par intérêt, mais, à Poudlard, il n'avait pas besoin d'analyser, il le faisait uniquement par plaisir. Il aimait comprendre les non-dits entre les adolescents. Ils étaient souvent complexes et révélateurs et, entre ses amis de Serpentards et leurs familles à Gryffondor, les non-dits étaient extrêmement nombreux.

Pour l'instant, Théodore les gardait pour lui, mais il pourrait sûrement les révéler à Teddy ou Roxane, quand il serait temps pour eux d'intervenir réellement dans ce conflit inutile.

Théodore reposa son attention sur les trois rousses. Elles venaient d'arriver et leurs sourires n'étaient pas partis. Leur conversation silencieuse semblait beaucoup les amuser et rendait Théodore perplexe. Il en avait l'habitude avec elles. Elles étaient si complices qu'elles arrivaient à dépasser les observations de Théodore, sans même s'en rendre compte.

Théodore fut quand même rassuré de voir que Ginny partageait à nouveau ces sourires. Cela faisait quelques temps qu'elles n'avaient pas autant été complices.

« Bon, c'est l'ambiance dans ce compartiment ! S'exclama enfin Juliette en brisant le silence.

-Le calme a du bon, rétorqua Théo, tu devrais essayer Juliette. »

Juliette ne s'en formalisa pas. Elle préférait compter sur ses amies pour mettre un peu d'ambiance. Elles sortirent un jeu de cartes et lancèrent une bataille explosive. Daphné et Roxane les suivirent avec joie.

« Vous voyez, c'est plus amusant quand on dynamise un peu l'ambiance ! Sourit Juliette en fixant Théo. »

Comme à son habitude, ce dernier ne répondit pas, il n'adressa qu'un sourire léger.

« C'est super drôle, renchérit Daphné, vous devriez venir jouer avec nous !

-Et me prendre une explosion de bombabouses en pleine figure ? Non, merci, refusa Teddy.

-Oh, il y a la magie pour nettoyer ça ! soupira Chloé.

-La magie nous est interdite hors du château, rappela Teddy.

-Tu es toujours aussi sérieux ? Souffla Juliette. Non, ne réponds pas, je sais déjà ce que tu vas dire ! »

D'un coup de baguette, elle nettoya les explosions diverses qui avaient eu lieu pendant leur partie.

« Tout le monde sait que le ministère ne relève jamais les sorts des mineurs dans le Poudlard Express, il y en a tellement que ça leur prendrait une éternité pour interpeler les bons élèves. »

Teddy haussait les épaules. Il savait que Chloé avait raison, mais il n'avait jamais été amusé par ce gens de jeu.

« On n'a qu'à s'amuser avec quelque chose qui ne salit pas, proposa Roxane. »

Roxane voyait que cette bataille avait fait du bien à son amie. Daphné appréhendait, comme toujours, le retour dans sa famille, mais ça ne servait à rien de se morfondre dès le Poudlard Express.

« Et que proposes-tu ? S'enquit Teddy. On ne va quand même pas lancer la musique à fond dans le compartiment pour faire la fête ! »

A peine avait-il prononcé ces paroles qu'il se regretta. Les yeux de Chloé, Juliette et Ginny s'illuminèrent et en un instant, elles avaient installé un haut-parleur qui faisait résonner les premières notes d'une musique entraînante des Bizarr'Sisters.

« Super idée ! s'exclama Daphné en montant sur un siège pour danser. »

Roxane l'accompagna en souriant avant de se saisir du livre de Teddy et de le jeter dans sa malle.

« Allez frérot, c'est le moment de se détendre. »

Teddy ne pouvait plus rien faire. Sa sœur l'entrainait à sa suite au rythme de la musique. Il finit par croiser le regard amusé de Théo qui se joignait discrètement à eux.

« C'est tellement agréable de se lâcher une dernière fois avant de retrouver nos parents ! Confia Daphné à Théodore. »

Ce dernier acquiesça en souriant. Il savait bien que Daphné était celle qui avait le plus de difficulté à rentrer dans le moule de leurs familles. Ça lui faisait plaisir de la voir s'amuser ainsi une dernière fois.

En laissant Théo la faire danser, Daphné lança un regard dans le compartiment voisin, elle vit le regard étonné de Pansy et lui fit signe de venir.

Pansy avait déjà regardé plusieurs fois le compartiment voisin. Comme plusieurs fois depuis le début de l'année, elle avait été tiraillée entre rejoindre Drago et July déjà installés dans un compartiment et Roxane et Daphné qui s'étaient assises dans le compartiment habituellement attribué à leur groupe d'amis.

C'était en soupirant que Pansy avait rejoint Drago et July. Après tout, ils n'avaient pas semblé requérir une entrevue privée.

Quelques instants après son arrivée, ce fut Blaise qui passa la porte. Les conversations avaient été plutôt banales jusqu'à ce que les éclats de rire des jumelles et de Ginny se fassent entendre dans le compartiment voisin.

« Que leur arrive-t-il ? S'était inquiété Blaise. Ils font plus de bruit que des Gryffondors.

-On n'avait dit qu'on ne parlait pas des Gryffondors, avait soupiré Pansy.

-Surtout depuis que tu te fais des amis parmi eux ! lui avait reproché Drago. »

Blaise était devenu tout rouge, mais avait souhaité défendre certains Griffons.

« Honnêtement, certains sont moins pires que d'autres, et même, je pourrais les trouver drôles.

-Ah bon ?

-Bah, Dean n'est pas si méchant, et Daphné est rigolote.

-C'est une pile électrique, avait protesté Pansy.

-Oui, comme Daphné. »

Si cette remarque avait fait réfléchir Pansy et peut-être Drago qui, quoiqu'il pensât, avait le même masque au visage, July semblait s'énerver un peu plus à chaque phrase de Blaise.

« Mais, je dois reconnaître, s'était-il rattrapé, que certains sont vraiment nigauds.

-Harry est exécrable ! critiqua Pansy.

-C'est sûr que ce n'est jamais plaisant de le croiser, renchérit Drago, ravi qu'on ne s'attaque pas à Jane Black qui avait tendance à être le souffre-douleur involontaire de sa sœur.

-C'est vrai qu'il se prend pour le centre du monde, avait ajouté Blaise, mais celle qui est vraiment insupportable, c'est la petite Londubat.

-Clara ? Mais elle est chez nous ? S'était étonnée July.

-Non, la pas si petite, quoiqu'elle est vraiment minuscule… Mais elle aboie comme un chien pour répéter les phrases de Potter, déjà qu'il dit des trucs insensés alors une gamine d'un mètre qui répète bêtement, ça m'énerve énormément. »

Blaise n'avait pas pu ne pas la mentionner. D'abord parce qu'il la voyait comme la pire des Gryffondors, et ensuite parce qu'elle n'avait cessé d'hanter ses pensées ces derniers jours. Il la repérait dès qu'elle rentrait dans la Grande Salle avec son air déterminé et ses yeux profonds. Il la voyait partout tout le temps et il sentait les battements de son cœur s'accélérer. Il avait compris qu'elle faisait naître en elle un désir fou et, pour l'instant, le seul moyen qu'il avait trouvé pour le contrer était la critique.

« Oh, tu ne l'aimes vraiment pas, toi ! avait compris Pansy.

-Sans blague ! »

Il avait enchaîné, continuant de descendre celles que July avait presque considéré comme sa sœur à une époque. Drago, comme toujours, avait senti la tension que ces propos avaient engendrés chez sa meilleure amie, mais il n'avait rien dit. July non plus n'avait pas montré de signe d'agacement face à ces paroles. Après tout, si elle avait été tant déçue d'Elsa, c'était parce que cette dernière lui avait tourné le dos plus que quiconque et ça, ce n'était pas pardonnable.

« Non, mais pourquoi ils mettent de la musique à côté ? S'était interrompu Blaise quand il avait entendu les notes des Bizarr'Sisters.

-Ils ont l'air de s'éclater ! Constata Pansy alors que Daphné lui faisait des signes à travers la vitre.

-C'est leur moyen de se lâcher avant d'arriver, nota July. »

Avant que Blaise ne reparte dans ses critiques, Pansy le traîna par le bras en sortant du compartiment.

« Viens, on a besoin de s'amuser un peu avant d'arriver nous aussi. »

Le pauvre Blaise n'avait rien pu dire mais il sembla plutôt amusé par la soirée improvisée qui avait lieu dans le compartiment. Les élèves passaient à côté, curieux de comprendre ce qu'il se passait dans ce compartiment. Ils étaient tous serrés les uns contre les autres mais semblaient bien rigoler.

De l'autre côté de la vitre, Drago et July observaient la scène avec amusement.

« Je suis sûr que c'est une idée des trois rousses ! paria July.

-Si ce n'est pas leur idée, ce sont elles qui l'ont rendue possible, approuva Drago. »

Ils s'assirent, ne se demandant même pas s'ils souhaitaient rejoindre leurs amis.

« Bon, reprit Drago calmement, on se retrouve dans trois jours, devant Sainte Manghouste, c'est toujours bon pour toi ?

-Oui, j'ai déjà envoyé une lettre à ma mère pour lui évoquer mon souhait de visiter les archives.

-Elle t'a répondu ? S'enquit-il.

-Evidemment ! répondit July, je ne lui envoie jamais de lettres alors elle était tellement heureuse de partager quelque chose avec moi.

-Désolée de te forcer à mentir à tes parents… S'excusa Drago.

-Tu le fais bien tout le temps toi, nota July en haussant les épaules. »

Drago sourit à son amie, il était tellement heureux de l'avoir avec lui. Ils restèrent ainsi à discuter de leurs familles jusqu'à l'arrivée de Crabbe et Goyle.

« On a cherché la dame des confiseries mais, apparemment, elle avait déjà fini son tour. Expliqua Crabbe.

-Pourtant, nous étions dans le wagon des préfets, il n'y avait ni préfets, ni confiseries, soupira Goyle.

-On a fait comme tu nous as dit, Drago, se félicita Crabbe, on a attendu dans le wagon des préfets puisque tu as dit que c'est par là qu'elle commençait sa tournée. »

Drago soupira et ne prit même pas la peine d'être déçu. Il avait inventé ce bobard pour se débarrasser des molosses et comme ils semblaient avoir une noise à la place du cerveau, ils y avaient cru.

July jeta un regard amusé à son ami puis constata que le Poudlard Express ralentissait.

« Prêt ? S'enquit-elle en se tournant vers Drago. »

Ce dernier n'avait pas besoin de répondre. Entre ses deux « protecteurs » il avait durci son expression et renforcé ce masque facial par un air hautain et froid.

Les portes du Poudlard Express s'ouvrirent et les élèves purent descendre pour ces deux semaines de vacances.

Alors, que pensez vous de ce loooooooong chapitre?

Il y a tant de chose, mais j'aimerais bien avoir vos avis sur:

-Le fort caractère d'Elsa face à l'entêtement de Blaise

-Les clichés et la haine qui subsistent entre les deux maisons

-La bienveillance Jane envers son frère et même envers les deux greluches

-Les Serpentards qui se mettent à danser

voilà voilà, à bientôt avec un nouveau chapitre!