Avant de commencer, je souhaite mentionner un petit détail. On a appris, dans l'Union des Eléments, que la magie des Quatre Eléments permettait, quand les éléments s'unissaient, aux incarnations de communiquer par la pensée entre elles et elles ont étendu ce pouvoir à leurs maris. Donc tous les Maraudeurs et leurs femmes peuvent communiquer par la pensée, ces pensées sont notées avec **
N'hésitez pas, encore une fois, à me faire un petit retour sur ce chapitre.
Le village de Godric's Hollow semblait bien triste pour tous les moldus et sorciers ignorants qu'il s'agissait d'un leurre. Un voile recouvrait le quartier central pour le cacher aux yeux des curieux qui viendraient déranger la quiétude dans laquelle vivaient les Maraudeurs, leurs femmes et leurs enfants.
Les quatre maisons se faisaient face et permettaient aux enfants de jouer sans craintes dans les différents jardins et espaces aménagés par leurs parents pour qu'ils puissent vivre leurs vies paisiblement.
Ainsi, James Potter avait même installé un petit terrain de quidditch à côté de leurs maisons pour pouvoir s'entraîner et, plus tard, permettre à ses enfants de se dégourdir les jambes en jouant.
Mais, cette fois, c'était à son père qu'Harry avait demandé de l'accompagner et James avait été ravi de cette proposition.
Cela faisait déjà quelques jours que ses enfants étaient rentrés pour les vacances de Noël et il était curieux d'entendre leurs histoires. Après la découverte de ce trimestre sur leurs origines et leurs pouvoirs, ils avaient plus que jamais besoin de leurs parents.
« Alors ! s'exclama James après avoir sorti un vif d'or de son étui, le premier qui l'attrape a gagné. »
Harry renvoya à son père le regard de défi et ne se fit pas prier pour enfourcher son balai et prendre de la hauteur. De loin, James observait la technique de son fils et appréciait le voir ainsi scruter l'horizon. Pour la première fois, il n'eut pas à feindre qu'il n'avait pas vu le vif pour laisser ce plaisir à Harry puisque ce dernier n'eut besoin que de cinq minutes pour foncer derrière la petite balle dorée.
James comprit qu'il n'avait plus le dessus sur son fils. Il avait arrêté sa carrière de joueur professionnel il y a trop longtemps et était forcé de constater les progrès fulgurants de son fils.
Le vif d'or semblait joueur, il virevoltait entre les poteaux et les arbres entourant le terrain, pour le plus grand plaisir des deux Potter.
« Attention, tu te ramollis Papa, se moqua Harry quand il vit son père n'éviter que de justesse un oiseau.
-C'est ce que tu vas voir ! menaça James en accélérant encore. »
Il devança Harry pendant quelques instants avant de se faire rattraper. Ils zigzaguaient avec précisions entre les différents obstacles et profitaient des erreurs de l'autre pour se moquer gentiment.
Finalement, dans un éclat de rire fier et heureux, Harry se saisit du vif.
« Je t'ai laissé gagner ! se justifia James.
-Oui, c'est exactement ce que ta chemise trempée par la transpiration laisse paraître, rétorqua Harry, hilare. »
James observa avec émotion son fils qui descendait à terre pour ranger le vif d'or. Il était tellement fier d'Harry, de ce qu'il devenait. Evidemment, il ne pouvait le féliciter pour ses altercations aussi fréquentes que ridicules avec les Serpentards, mais James se sentait un peu hypocrite quand il le reprenait à ce sujet alors qu'il n'avait eu de cesse de se moquer de Severus Rogue et des autres Serpentards.
La différence était qu'à cette époque, la menace était réelle et les Serpentards dangereux. Aujourd'hui, il fallait veiller à ce que cette rivalité ne dégénère pas. Après tout, c'était parce qu'ils avaient été exclus que les premiers Serpentards avaient commencé à se rebeller. Pour mettre définitivement un terme à ces menaces, il fallait vivre en paix, mais ça James ne parvenait pas à le faire entendre à son fils.
« Tu descends Papa ou tu m'admires ? s'écria Harry en contemplant son père, toujours perché sur un balai à quelques mètres du sol. »
James sourit à nouveau et inclina son balai pour rejoindre son fils.
« Je dois reconnaître que tu as progressé ! L'équipe de Gryffondor doit tout déchirer. »
Harry eut immédiatement une mine énervée en songeant à la défaite injuste dont il avait été victime.
« Oh, je vois, on n'en parle pas ! comprit James. »
Il s'assit sur un banc et ouvrit le sac qui gisait à ses pieds.
« On prend une bièraubeurre pour penser à autre chose. »
Harry se tourna vers son père et accepta le breuvage qui lui tendait avec de gros yeux.
« Ne dis pas à ta mère que je t'ai donné ça !
-Oh, elle le saura de toute façon, tu ne sais pas lui mentir, rappela Harry.
-Tu as raison, mais ta mère me connaît par cœur, c'est ça après dix-sept ans de vie commune.
-Selon Sirius, tu as toujours été son « petit toutou », cita Harry, ce qui est plutôt amusant parce que c'est quand même Patmol, le chien dans l'histoire. »
James regarda son fils et sembla se concentrer sur autre chose. Harry ne s'en formalisa pas, au vu du regard faussement énervé de son père, il se doutait bien qu'il entrait en communication avec son meilleur ami. Harry avait remarqué que ses parents et leurs amis étaient capables de communiquer de manière peu commune, par la pensée ou le regard.
« Je ne devais pas te le répéter, s'amusa Harry.
-Oh, ce n'est pas grave, il faut admettre quand on est face à la femme de sa vie et la laisser vivre, même si elle est aussi clairvoyante que ta mère. »
Harry rit un peu. Il admirait les liens qui unissaient ses parents. Il ne comprenait pas comment ils avaient fait pour se trouver si tôt.
« Et toi Harry, demanda James en levant un sourcil, tu en es où de ce côté-là.
-Oh, je ne sais pas, répondit Harry en haussant les épaules.
-Tu ne sais pas ? s'enquit James.
-Bah, en fait, je sens qu'il m'arrive de plaire.
-Ce n'est pas étonnant, tu as hérité de mon physique et des yeux magnifiques de ta mère… Et puis le quidditch, ça doit aider. »
Harry ne releva pas le sourire amusé de son père qui se complimentait au passage, il savait que c'était pour rire.
« Oui, il y a tout ça, et la célébrité de mes parents aussi, ajouta-t-il.
-Oh… »
James baissa la tête, il ne savait pas comment réagir, après tout il avait toujours protégé ses enfants de leurs admirateurs ou détracteurs mais, à Poudlard, ils ne pouvaient rien pour eux.
« Ce n'est pas votre faute, d'ailleurs, je suis fier d'être votre fils honnêtement, mais, parfois, j'ai du mal à distinguer pourquoi on s'intéresse à moi.
-Je vois, souffla James, et toi, tu t'intéresse aux filles… ou aux garçons, s'empressa-t-il de rajouter pour montrer sa tolérance.
-Je m'intéresse aux filles, oui, sourit Harry, mais je ne sais pas exactement pourquoi. Je veux dire, j'aime bien leur compagnie et quand elles me font des compliments, c'est agréable, et puis, je grandis donc je commence à me poser des questions, à envisager des choses…
-Tu en as parlé avec tes amis ?
-Avec Ethan, oui, les autres sont trop timides. Mais Ethan, il aime bien faire le grand expérimenté… »
James sourit, il aimait bien l'ami d'Harry, mais devait reconnaître que sa fierté lui faisait concurrence.
« Tu peux te laisser le temps, il n'y a pas une fille en particulier que tu mets au-dessus du lot ?
-Non, juste mes amies, mais c'est parce que je les connais, Jane, Clarisse et Hermione, mais ça n'a rien à voir avec des sentiments.
-Si c'est tout, alors…
-Bah, il y a aussi Chloé, Juliette et Ginny, mais ce sont mes petites sœurs… ou presque. »
James parut amusé devant la remarque de son fils, mais n'approfondit pas.
« Tu as le temps, Harry, regarde Dora et Lupin n'étaient même pas amis avant que nous les forcions à rester ensemble toute la journée et aujourd'hui ils sont heureux ensemble. »
Harry acquiesça, il aurait bien demandé à son père comment il avait compris qu'il était amoureux de sa mère mais il n'eut pas le temps. En effet, une voix retentit à travers le terrain :
« Alors filleul, comme ça tu répètes à ton père les secrets que je te dis ? »
Harry et James se tournèrent vers Sirius Black qui arrivait, balai à la main, avec Jane et Hugo.
« Vous êtes déjà à la bièraubeurre ! constata Sirius.
-Même avec de la bièraubeurre dans l'organisme nous sommes meilleurs que toi ! menaça James.
-C'est ce que nous allons voir.
-Black contre Potter ? proposa Harry. »
Harry pensait s'envoler quand James le retint.
« C'est une super idée, j'appelle ta mère pour qu'elle prévienne les jumelles. »
De son côté, Sirius semblait déjà contacter Ambre.
« Ils sont inquiétants quand ils communiquent comme ça par la pensée, chuchota Harry à Jane et Hugo.
-Cela doit venir de la magie des Quatre Eléments, supposa Jane.
-July va venir ? s'enquit Harry sans s'attarder sur leurs parents. »
Comme à chaque fois qu'on lui posait une question relative à sa sœur, Jane haussa les épaules en baissant le regard.
« Je ne crois pas, elle devait retrouver un ami sur le chemin de Traverse avant d'aller à Sainte-Manghouste, annonça Hugo.
-Mais que va-t-elle faire à Sainte-Manghouste ? s'étonna Harry.
-Aucune idée, mais je suppose que l'ami est Malefoy, ça va faire un choc quand Maman va les rejoindre, prévint Hugo. »
Harry et Jane acquiescèrent silencieusement. Si Ambre et Sirius étaient au courant que leur fille était amie avec Drago Malefoy, ils n'étaient certainement pas à passer du temps avec le fils de Lucius Malefoy.
« Ambre a un peu de temps avant de rejoindre July pour Sainte-Manghouste.
-Maman ? s'étonna Hugo, mais ça fait combien de temps qu'elle n'a pas volé ?
-Euh… hésita Sirius quant à la définition exacte du mot « volé ».
-On a fait un match avec Frank et Remus il y a deux semaines, se rappela James. »
Hugo acquiesça, visiblement convaincu. Il jeta un regard désabusé à Sirius. L'esprit de compétition d'Ambre, Hugo et Jane était bien moindre que celui de Juliette, Chloé et Harry. Son père serait le seul à tenir autant à la victoire.
« On a ramené un public pour acter notre victoire ! s'exclamèrent les jumelles. »
Elles venaient d'arriver, toutes souriantes. Harry grimaça en les voyant arborer fièrement la tenue de quidditch des Gryffondor. Derrière elles, Lily lança un regard menaçant à son fils, il n'avait pas intérêt à critiquer ses sœurs. Penaud, Harry détourna les yeux de sa mère pour accueillir qui arrivait derrière elle. Il était à côté de Roxane mais les deux adolescents ne s'étaient pas adressé la parole.
« J'ai vu tes sœurs courir dans la rue avec leur balai, je me suis dit que tu serais dans le coin, expliqua Neville.
-C'est gentil de venir, remercia Harry, toi aussi ! »
Il avait dit ses derniers mots en faisant un signe distant de la tête à Roxane. Il n'avait rien contre elle, mais ils n'avaient plus eu l'occasion de parler depuis tellement longtemps qu'il ne se sentait pas de lui dire plus.
« Bon, on le commence ce match ? »
Tout le monde se tourna vers Ambre qui tenait fièrement un vieux balai. Aussitôt, les joueurs s'envolèrent.
« J'espère que James ne va pas se blesser, souffla Lily en faisant rire Roxane et Neville. »
Ils se concentrèrent sur le match. Au-dessus d'eux, les pères établissaient les règles :
« Bon, on est quatre.
-On fait deux poursuiveurs, un gardien et un attrapeur par équipe, proposa James.
-Cela me paraît honnête, accepta Sirius. Chérie, tu veux être attrapeuse pour une fois ? »
L'intéressée accepta et alla se poster face à Harry, au-dessus des autres joueurs.
« Tu peux lâcher le souaffle, maman, on est prêt, s'écria Chloé. »
Lily s'exécuta, heureuse de voir James et ses trois enfants s'accorder au moins sur un point.
« On lance les paris, s'adressa-t-elle à Roxane et Neville.
-Harry va attraper le vif d'or ! annonça fièrement Neville.
-Je pense qu'Ambre pourrait l'attraper mais qu'elle ne veut pas d'une soupe à la grimace d'Harry jusqu'à Noël, admit Lily. »
Encore une fois, les deux adolescents rirent face à Lily qui s'amusaient de son mari et de son fils.
« Et toi Roxane, qu'en penses-tu ?
-Ce peut être serré, mais les jumelles jouent vraiment bien et elles se comprennent rapidement, réfléchit Roxane, je penche pour une victoire Potter.
-Oh, soupira Lily, pour un peu de challenge, je mise sur les Black alors… Mais ne le dites pas à James et Harry, sinon elle sera pour moi la soupe à la grimace. »
Après quelques rires, ils reportèrent leur attention sur le match. C'était assez serré. Harry et Ambre surplombaient leurs familles avec un regard vigilant. Harry scrutait les moindres détails du terrain pour apercevoir un petit éclat doré tandis qu'Ambre était attendrie par la vision de Jane et Hugo se passant le souaffle avec complicité.
Elle jeta un regard à Lily, assise sur un banc, pour partager ses pensées.
*Ils sont forts nos enfants quand même ? *
*Je suis tellement fière* s'émut Lily en voyant ses filles rire et échanger le souaffle et leurs postes avec tant de facilité.
Face à la technique et la complicité de ses filles, James comprit comment Harry avait pu perdre un match avec Serpentard. Il était très difficile pour Hugo et Jane de les bloquer. Le pauvre Sirius n'arrivait pas à contrer les feintes et tirs des jumelles.
« Sirius n'en peut plus, constata Lily, au bord des larmes de rire. »
L'intéressé lui jeta un regard noir et un nouvel échange eut lieu dans les pensées des quatre parents.
*Mes filles sont les plus fortes ! * se moqua gentiment Lily.
*Je suis d'accord* renchérit James.
Le regard que se lancèrent les deux gardiens du jour amusa beaucoup leurs femmes. Mais l'attention fut reportée sur le match. En effet, Hugo avait murmuré quelque chose à sa sœur et ils partagèrent un regard complice.
Jane récupéra le souaffle et, alors que les jumelles fusaient vers elle, Jane lâcha son balai et sembla sauter dans le vide. Hugo réceptionna le balai, posa le sien avec et suivi sa sœur qui s'élançait déjà dans les airs, dévoilant à ses parents ses magnifiques ailes blanches.
Elle riait avec Hugo tandis qu'ils posaient simplement le souaffle dans les anneaux. James semblait trop abasourdi pour réagir. Les seuls qui semblaient à même de réagir furent les trois enfants Potter. Une fois n'est pas coutume, ils hurlèrent de concert :
« Mais c'est de la triche ! »
Hugo et Jane continuaient de rigoler, ils étaient tellement heureux de voler ainsi. Harry abandonna ses protestations et les regarda avec attendrissement. Il se dirigea vers son père qui semblait en grande conversation mentale avec ses amis.
*Et là, qui sont les plus forts ?* Targua Sirius
*Tu n'y es pour rien, ce n'est que grâce à ta femme que tes enfants sont ainsi. Pas vrai Ambre.*
Mais Ambre ne répondit pas, elle fixait ses deux enfants avec émotion. Ils étaient si beaux, si majestueux et la fierté l'envahissait jusqu'au plus profond de son être.
*Qu'est-ce que tu attends* songea Lily envers son amis * rejoins-les*
Ambre ne se fit pas prier et tendit son balai à un Sirius ravi du spectacle qui l'attendait. Il était toujours un peu béat quand il voyait sa femme voler.
Ambre rejoignit ses enfants sous les regards admiratifs des autres adolescents.
Le vent se fit plus fort mais plus agréable, il faisait voler les cheveux de Jane et Ambre et frissonner les ailes des trois acteurs de ce spectacle fascinant.
« Je ne pensais pas qu'on pouvait être si fier, souffla Sirius à son meilleur ami. »
James posa une main sur l'épaule du père heureux. Tout le monde admirait la scène. Hugo et Jane ressentaient la puissance de leur mère, incomparable avec ce qu'ils avaient ressenti auparavant. Encore une fois, ils se sentaient pleinement vivre ainsi, comme s'ils étaient enfin eux.
Mais, tout comme les spectateurs constataient qu'ils manquaient une personne pour parfaire ce tableau, Ambre, Hugo et Jane sentaient en eux l'absence de la dernière personne qui avait développé son pouvoir de l'air.
July n'était pas là et manquait clairement. Si tout le monde avait décidé de ne pas se focaliser sur son absence, elle était l'élément qui empêchait Ambre de sentir ce partage inconditionnel.
Le spectacle aurait pu durer éternellement, mais, Harry fut tiré de sa contemplation par le vif d'or qui apparut sous son nez avant de s'éloigner.
« Attrape le, Harry, s'écrièrent ses sœurs qui n'avaient pas oublié le match. »
Harry s'élança à la suite du vif d'or. Le pouvoir des Black lui avait déjà enlevé une chasse au vif d'or, il ne voulait pas renoncer à celle-là. Surtout que, cette fois, il sentait le soutien de ses sœurs et ça le galvanisait.
Malheureusement pour lui, Sirius rappela également sa femme à l'ordre et Ambre ne se fit pas prier pour s'élancer à la poursuite d'Harry. Evidemment, elle le rattrapa aisément, mais Harry avait la meilleure trajectoire, il ne comptait pas lui laisser la place. Il tendit sa main, son esprit était concentré sur ce vif d'or, il le voulait, le voulait plus que tout. Il n'était plus qu'à quelques centimètres du sol quand sa main entra en contact avec l'or, aussitôt, la petite balle et sa main prirent feu.
« Wow ! s'étonna-t-il, en posant son balai. »
Il ne semblait pas si paniqué. Lily non plus ne s'inquiétait pas particulièrement. Elle s'approcha de son fils, toute souriante.
« C'est la première fois ? s'enquit-elle. »
Harry acquiesça en souriant.
« Chloé a failli enflammer sa tête et ses mains dans le Poudlard Express ! déclara Juliette, fièrement.
-Il va falloir que vous appreniez à vous maîtriser ! rit Lily. Harry, écoute-moi mon chéri, visualise le foyer de ton feu, la flamme initiale, c'est bon ?
-Je crois, répondit Harry.
-Et bien maintenant, imagine qu'elle s'allume, puis qu'elle s'éteint. »
Harry ferma les yeux pour se concentrer puis sa main apparut, tenant simplement le vif d'or.
« Attention, tu peux enflammer à peu près n'importe quoi de cette manière, mais si tu ne touches pas les objets, tu les détruiras parce qu'ils seront brûlés.
-Et ça va marcher pour nous aussi ? demanda Chloé.
-Sûrement, supposa Lily. »
Les jumelles se tinrent les mains et après une inspiration, Lily vit à leur sourire qu'elles avaient compris.
Harry, Chloé et Juliette s'amusaient à enflammer puis éteindre leurs mains quand les Black reposèrent pied à terre.
« C'est incroyable tout ça ! réalisa Roxane.
-Vous allez bientôt découvrir vos pouvoirs aussi, et il y en a d'autres, les rassura Ambre. »
Roxane fixait les jumelles en souriant. Elle imaginait les farces qu'elles pouvaient faire chez les Serpentards avec ces pouvoirs. Elle fut tirée de ses réflexions par le hibou des Greengrass qui se posa devant elle.
« C'est Daphné ? demanda Chloé.
-Je peux voir ? s'approcha Juliette »
Roxane écarta le volatile et sa missive des jumelles qui agitaient encore leurs mains en feu.
« Euh, range tes flammes et après on discute, protesta Roxane. »
Elle aurait du mal à justifier à Daphné qu'elle lui rendait du hibou grillé. Tandis que les autres riaient en testant leurs pouvoirs, elle lu la lettre de son amie :
Chère Roxane,
Voilà quelques jours que les vacances ont commencé et, malheureusement, je n'ai eu aucune surprise. Mes parents idolâtrent toujours Astoria qui ne cesse de parler de Drago, comme s'ils étaient ensembles depuis toujours. Je n'ose avouer à mes parents que Drago ne lui a pas adressé plus de quelques mots en trois mois.
Mes journées sont fades, au milieu de ma sœur et mes parents qui ne s'intéressent pas à moi.
Je m'en vais passer Noël avec mes grands-parents, je ne les ai pas vus depuis un an, mais à chaque fois, c'est un enfer.
Mais le pire de tout ça reste que j'ai appris que j'allais passer le nouvel an seule avec ma sœur. Mes parents ont une représentation officielle qui n'inclue pas les mineurs. Je ne sais pas si je vais survivre à une soirée seule avec elle. Sans les parents, elle ne va pas m'épargner.
Je t'envoie cette lettre, un peu désespérée, à la recherche de tes conseils pour m'en sortir lors des prochains jours.
J'espère que tu vas bien,
Je te souhaite de belles fêtes,
Daphné.
Cette lettre difficile déchira le cœur de Roxane. Elle n'aimait pas savoir que sa meilleure amie souffrait ainsi pendant les vacances. Astoria était définitivement insolente et savait cacher sa haine devant ses parents.
« Comment va-t-elle ? s'inquiéta Juliette devant le regard peiné de Roxane.
-Pas bien, répondit Roxane, elle ne s'entend pas avec sa sœur qui lui fait vivre un enfer et les parents les laissent toutes les deux après Noël.
-A ce point ! s'étonna Lily, mais comment va-t-elle fêter le nouvel an ?
-Seule, avec sa sœur si celle-ci ne se fait pas inviter par un de ses amis.
-C'est affreux ! s'exclama Ambre. »
Encore une fois, les adultes se concertèrent du regard. Ils étaient pris dans une conversation silencieuse qui dépassait certainement les frontières du terrain de quidditch.
Pendant ce temps, Chloé et Juliette s'approchèrent de Roxane. Elles connaissaient bien Daphné, la petite brune appréciait sincèrement les jumelles et Ginny et faisait toujours partie des premières à rigoler à leurs remarques.
« Elle ne mérite pas ça ! protesta Chloé, le nouvel an, c'est sacré, ça doit être un beau repas avec une grande fête.
-C'est parce que nous avons vécu ça tous les ans que nous considérons qu'un repas et une fête est nécessaire pour fêter la nouvelle année, précisa Roxane en haussant les épaules. »
Les jumelles se regardèrent étonnées de cette remarque. Pour elles, la tradition de fêter le nouvel an avec leurs parents, leurs frères et sœurs et tous les enfants des Maraudeurs avec un grand repas et de la musique était ancrée dans leur éducation. Plus encore, dans un monde où elles n'avaient de cesse de constater les différences entre leurs parents, leur frère et elles, cette tradition était le moyen de partager les valeurs familiales. Il y avait quelque chose de rassurant dans l'idée de se retrouver tous ensemble, malgré leurs différends grandissants.
« Peu importe ! rétorqua Juliette, c'est une tradition pour nous ! Et tout le monde devrait fêter le nouvel an avec autant d'entrain ! »
Chloé allait renchérir pour apporter plus de poids à la déclaration de sa sœur, mais ses parents l'en empêchèrent. Leur discussion silencieuse avait pris fin.
« Tu as raison, ma fille ! approuva James, d'ailleurs, si cette Daphné est ton amie, tu devrais lui permettre de découvrir cette tradition. »
Roxane écarquilla les yeux, elle n'était pas sûre d'avoir bien entendu. Si ses parents lui avaient toujours assuré qu'elle pouvait se faire les amis qu'elle souhaitait, il n'avait jamais été question d'inviter un enfant de la haute société sorcière connue pour son arrogance et sa pratique plus ou moins avérée de la magie noire. La seule Serpentard qui passait ses vacances à Godric's Hollow était Ginny Weasley parce que les Potter connaissaient les parents Weasley.
« Je pense que tu devrais aller voir tes parents pour discuter avec eux de l'invitation d'une amie la semaine prochaine, expliqua plus calmement Lily. »
Cette fois, Roxane ne se fit pas prier et courut immédiatement jusqu'à chez elle.
« Greengrass va vraiment venir ? s'enquit Harry. »
Il semblait blasé, pas particulièrement énervé. Après tout, il n'avait jamais eu d'affront direct avec Daphné. Elle représentait, malgré elle, les Serpentards et Harry ne pouvait s'empêcher de tiquer en imaginant ceux qu'il détestait arpenter les rues de son village.
« Oui, et tu vas être cordial avec elle ! menaça Lily, sinon tu auras affaire à ta mère.
-Et à nous ! ajoutèrent les jumelles. »
Harry n'accorda pas un regard à ses sœurs. Quand il s'agissait des maisons, il ne les prenait même plus en considération, c'était bien trop difficile de les imaginer dans la salle commune des Serpentards.
Harry acquiesça cependant à sa mère. Après tout, il se satisferait bien assez de Neville, Jane, Hugo et Elsa pour fêter son nouvel an. Il n'adressait presque jamais la parole à Roxane quand ils étaient tous ensemble, alors il n'allait pas changer son comportement pour Greengrass.
« Je la laisserai tranquille, ne t'inquiète pas, promit-il. »
Lily et James semblèrent accepter cet engagement et détournèrent la conversation sur une note plus joyeuse.
« Finalement, on a attrapé le vif d'Or, se vanta James.
-Mais, protesta Sirius, on ne peut pas considérer ce match comme un match réel. Il y avait des circonstances particulières.
-Vous avez essayé de tricher, reprit Juliette en riant.
-Et nous avons quand même réussi à vous battre ! conclut Chloé. »
Les deux jumelles s'étaient placées de part et d'autre de leur père et croisaient fièrement les bras. James avait ce petit regard satisfait et malicieux qui arracha à Lily le plus beau des sourires tandis que Sirius préparait déjà sa répartie.
« Sirius, laisse-les pavaner s'ils en ont besoin, souffla Ambre, de toutes façons, il faut que j'y aille, sinon, July va m'attendre. »
Sirius marmonna quelques mots dans sa barbe, mais n'émit aucune réclamation claire. Ambre déposa un rapide baiser sur la joue de son mari et se rendit chez elle pour se changer rapidement et transplanna. Elle avait encore l'esprit dans le vol incroyable qu'elle avait partagé avec ses deux enfants. Ambre aimait ses enfants plus que tout au monde et les voir profiter de ce qui l'avait rendue si heureuse était forcément bouleversant. Cependant, elle avait, comme tout le monde, ressenti l'absence de July dans cette scène familiale. Ambre se doutait que July avait elle aussi découvert ses ailes et sa puissance, mais cette dernière s'efforçait encore de rester le plus loin possible de sa famille.
Pourtant, c'était bien July qu'Ambre allait rejoindre. Sa fille lui avait expressément demandé de lui permettre l'accès aux archives de Sainte Manghouste. Ambre n'était pas dupe, elle comprenait certes que la révélation sur la magie des Quatre Eléments remette en question les perspectives de carrière de sa fille, mais pas au point de s'orienter si rapidement vers la médicomagie. Elle-même avait eu besoin de temps pour choisir cette voie.
Elle n'avait néanmoins pas voulu contrarier sa fille. Elle savait que July ne ferait rien de répréhensible, mais qu'elle agirait dans la discrétion. Il y avait plus de risque en refusant à July ce petit coup de main qu'en lui cédant sans vraiment en comprendre les raisons.
July était discrète avec ses parents, mais elle était pleine de ressources. Il était évident qu'elle aurait trouvé un moyen de parvenir à ses fins.
Ambre soupira alors qu'elle attendait sa fille dans la rue attenante à l'hôpital. July allait arriver d'un moment à l'autre, avec son ami. Sa fille était ponctuelle, surtout quand elle avait un intérêt dans l'événement.
« Maman ! s'annonça July dans le dos d'Ambre. »
Ambre fit volte face et aperçut sa fille. Elle l'accueillit dans un sourire alors qu'elle reconnaissait progressivement son ami. Elle l'avait sans doute déjà aperçu et savait que July le comptait parmi ses amis les plus chers, mais elle ne put retenir un frisson devant ses cheveux blonds et ses yeux gris. Drago Malefoy ressemblait terriblement à son père.
Néanmoins, Ambre fut soulagée de trouver un peu de douceur sur son visage grave.
« Ah, je t'attendais, dit Ambre en maîtrisant le souvenir de Lucius Malefoy adolescent qui s'imposait à elle, tu dois être Drago, enchanté, je suis la mère de July.
-En effet, la salua Drago, enchanté madame. »
Il inclina poliment la tête mais ne se permit pas d'esquisser un sourire pour mettre à l'aise Ambre. Il connaissait tous les codes de bonne conduite en société et ne semblait pas prêt à se laisser aller à une proximité informelle envers la mère de sa meilleure amie.
« Bon, on peut y aller ! proposa July pour éviter que ce silence ne devienne trop imposant. »
Ambre acquiesça et mena les deux adolescents vers une porte discrète.
« Voici l'entrée de service, expliqua-t-elle, je suppose que vous ne tenez pas à être annoncés à l'accueil et que votre visite soit déclarée dans les registres de Sainte-Manghouste ? »
July regarda sa mère avec un air étonné. Elle pensait réellement qu'Ambre avait gobé son histoire de médicomagie. Pour Drago, c'était moins perturbant. Il semblait avoir l'habitude des sous-entendus entre parents et enfants et ne se formalisait pas d'un petit mensonge. Il comprenait également qu'Ambre ne cherchait pas à connaître les vraies raisons de leur visite et c'était le plus important. Il acquiesça lentement pour témoigner son accord.
Ambre Dollaty Black pénétra donc dans l'hôpital dans lequel elle avait exercé pendant de nombreuses années. Comme à chaque fois qu'elle rentrait dans un lieu sorcier, elle fut reconnue par de nombreux sorciers qui la suivaient du regard ou tentaient d'être discrets quand ils signalaient à leurs voisins sa présence.
Ces comportements furent particulièrement observés par Drago. Il savait ce que c'était d'avoir ses parents reconnus dans la rue. L'intimidation et la richesse de son père faisaient de Lucius Malefoy un homme craint et reconnu. Ce qui détonnait par rapport à son habitude, c'était l'expression des observateurs. Loin de la peur ou de la méprise qu'il avait toujours lu sur les visages, il était face à de l'émerveillement et du respect.
Les admirateurs s'émouvaient de voir July aux côtés de sa mère. La ressemblance était flagrante et la beauté de la mère et la fille en éblouissait plus d'un.
« Je comprends ce que tu veux dire quand tu dis que tu es reconnu, chuchota Drago à son amie.
-Ne m'en parle pas, se plaignit-elle. »
Drago n'ajouta rien. Il ne voulait pas mentir à son amie, mais il ne pouvait pas non plus lui dire que cette reconnaissance était gratifiante. Drago avait conscience de la réputation de son père. Il savait également que cette réputation était méritée et, jamais, Lucius Malefoy n'avait réellement regretté son geste.
Il n'avait que dix-sept ans quand il avait rassemblé certains élèves sous son joug et avait aspiré leur puissance grâce à un sort de magie noir. Lucius avait discrètement pris en puissance et en influence lors de sa septième année tant et si bien qu'il avait fallu qu'une magie supérieure intervienne. C'était à ce moment que la magie des Quatre Eléments, déjà incarnée par quatre adolescentes à Poudlard. Ce fut à ce moment que la prophétie qui avait amené Dumbledore à provoquer la découverte de leurs pouvoirs particuliers de Lily, Ambre, Alice et Dora s'accomplit. Les filles, accompagnées des hommes qui partageraient leurs vies, s'unirent pour empêcher Lucius Malefoy de soumettre plus de sorciers, mettant ainsi fin à la plus grande menace que le monde sorcier ait connu depuis Grindelwald.
Evidemment, cette victoire avait été relatée à travers toute l'Angleterre et même au-delà et, si personne n'avait eu connaissance de l'intervention des Eléments, toute la société savaient que les acteurs de cette prouesse n'étaient autres que les Maraudeurs et leurs femmes.
De son côté, Lucius Malefoy s'était effacé de la société pendant quelques temps. Cependant, il était resté la plus grosse fortune du Royaume-Uni et avait géré son empire financier d'une main de maître. Aussi, quand il avait été temps pour lui d'apparaître publiquement, il avait été fidèle à lui-même, menaçant et digne. Il évitait avec véhémence tous les sujets qui pouvaient le mettre face à son passé et utilisait même la mémoire de cet évènement comme un moyen supplémentaire d'intimidation.
Par ailleurs, il s'était assuré, par compensation financière, du soutien des grandes fortunes historiques telles que les Carrington, les Carrow, les Lestrange, les Nott, les Parkinson ou d'autres encore. Ils étaient parvenus à garder l'image de la société sorcière d'élite avec des familles de sang pur sur de nombreuses générations et où l'argent coulait à flot.
Ainsi, Drago Malefoy avait grandi avec l'impression de venir d'une famille noble et respectée et ce n'était qu'en arrivant à Poudlard qu'il avait réalisé la crainte qu'inspirait son père.
Lucius Malefoy n'était pas admiré mais redouté et, lorsque Drago avait essayé de comprendre le ressenti de son père vis-à-vis de tout cela, Lucius lui avait simplement dit que la crainte était le meilleur moyen de se faire respecter en restant digne.
C'était à la suite de cette conversation que Drago avait compris qu'il ne serait jamais comme son père. Alors, il avait agi comme ce dernier le faisait : il avait menti et laissé parler les apparences à la place de son avis réel.
Depuis quelques années, chaque nouvelle décision de son père lui semblait extrême et malveillante, mais Drago ne disait rien. Il se contentait de statuer à ses côtés, lui, l'héritier de la prestigieuse famille Malefoy.
Voilà pourquoi il trouvait les plaintes de July excessives. Elle avait des parents qui l'aimaient et dont le plus grand défaut était d'être Gryffondor. Ce n'était, à ses yeux, pas une raison suffisante pour les critiquer autant.
« Oh, bonjour Mage Black ! salua une infirmière qui marchait dans un couloir, ça fait longtemps qu'on ne vous a pas vue. Comment allez-vous ?
-Très bien, Ella, et vous ? La formation se passe bien ?
-Oui, très bien, s'enthousiasma la jeune femme, il ne me reste plus qu'un an avant le concours.
-Bonne chance alors ! l'encouragea Ambre.
-Merci, et bon retour parmi nous, répondit-t-elle.
-Oh, je ne suis que de passage, précisa Ambre, je fais une petite visite avec ma fille et son ami.
-Oh, mais je manque à tous mes devoirs, rougit Ella, c'est votre fille. Oh, elle vous ressemble vraiment.
-C'est vrai, renchérit un mage qui passait par le même couloir, aussi magnifique que toi Ambre. Je me souviens de ta naissance. »
July était habituée à ce genre de rencontre, surtout à Sainte-Manghouste, elle était même persuadée d'avoir déjà croisé ce regard perçant et rieur. Elle se contenta d'hausser les épaules et de remercier poliment ses interlocuteurs.
« Toujours aussi flatteur Dave, s'amusa Ambre, tes patientes doivent t'adorer ! »
L'intéressé adressa son sourire le plus charmeur. Drago observait la scène avec distance. Il ne cessait d'être surpris de la légèreté avec laquelle Ambre répondait aux sollicitations de ses collègues. Elle ne quittait pas son sourire et acceptait simplement de donner de ses nouvelles ou de celles de son mari et ses amis sans montrer le moindre signe d'agacement.
Après une dizaine de couloirs et autant de mains serrées, Ambre, July et Drago arrivèrent devant une porte ancienne en bois.
Ambre se plaça devant.
« Identité ? prononça lentement une voix dans la porte.
-Ambre Dollaty-Black, née le vingt-trois février 1960 à Londres, Médicomage de profession. »
La porte sembla réfléchir quelques instants puis s'ouvrit :
« Autorisation vérifiée. »
Ils pénétrèrent dans la salle des archives de Sainte-Manghouste. July et Drago s'émerveillèrent immédiatement face à cette immense salle ronde. Au centre, une table comptait une dizaine de sièges et quelques parchemins proprement repliés. Il était impossible d'apercevoir le plafond. Les murs montaient trop haut pour cela. Ils étaient recouverts d'étagères sur lesquelles reposaient des rouleaux de parchemins. Souvent, on pouvait constater que l'accès aux parchemins était scellé. Sans doute s'agissait-il de données confidentielles.
Ambre agita sa baguette et deux balais apparurent.
« Je vous laisse à votre exploration ! annonça-t-elle, j'ai un ancien patient à voir.
-D'accord Maman, tu reviens à quelle heure ?
-Je devrais être là d'ici deux heures, ne faîtes pas de bêtise… »
Drago acquiesça toujours aussi dignement. Ambre ne savait pas si cette componction la rendait mal-à-l'aise ou, au contraire, admirative.
« De toutes façons, vous ne pourrez pas faire grand-chose, les archives de plus d'un an sont scellées et ne peuvent être lues que par des chercheurs ou des membres de la famille des patients. »
Ambre ne remarqua pas le regard déçu que sa fille lançait à un Drago toujours aussi impassible.
« Bon, on fait comment ? s'enquit July, un peu inquiète quand elle se retrouva seule avec Drago. »
Drago lui adressa son premier sourire de la journée et se saisit du balai.
« Je suppose qu'on vole jusqu'aux dossiers qui nous intéressent. C'est par ordre alphabétique.
-Mais, comment les récupère-t-on ? Comment dire qu'on est de la famille des patients alors qu'on est mineur ?
-Tu n'as pas beaucoup de connaissances dans les instances magiques, constata Drago, les liens familiaux sont toujours prouvés de la même manière. »
Il n'expliqua pas son propos, préférant montrer directement à son ami le procédé. Il s'envola donc à la recherche des fichiers sur les Malefoy. July haussa les épaules et le suivit.
« Malefoy ! déclara-t-il après avoir repéré sa famille.
-Et là, tu comptes faire comment, soupira July. »
Drago lui adressa son sourire le plus fier, teinté d'arrogance. Il avait la solution et il était bien content de faire taire son amie, même quelques instants.
Il s'approcha d'une étagère ébréchée et, grâce à une écharde, piqua son doigt.
« Mais oui ! comprit July, les liens du sang. »
Sans décrocher son sourire, Drago lui lança un clin d'œil puis versa une goutte de son sang sur les chaînes retenant les dossiers Malefoy.
Aussitôt, elles se brisèrent et permirent l'accès à de nombreux dossiers. Drago se saisit des plus récents sur lesquels son prénom scintillait vivement.
Les deux amis descendirent et s'attaquèrent à la lecture.
« Oh, ils sont numérotés, nota July en ouvrant aléatoirement un parchemin, ce n'est pas vrai !
-Quoi ? s'enquit Drago, apeuré par le ton surpris de July.
-Tu es venu à Sainte-Manghouste pendant deux jours à cinq ans alors que tu n'avais qu'une gripabouille. Tu sais que ça se soigne tout seul. J'en avais trois par an à cette époque.
-Ah, souffla Drago, rassuré mais énervé du jugement de July, mes parents ont toujours voulu que je reçoive les meilleurs soins.
-Si tu le dis, soupira July. »
Elle ne termina pas sa phrase. Elle venait d'ouvrir un nouveau parchemin qui semblait piquer sa curiosité.
« Ils sont un peu contradictoires tes parents, tout de même, expliqua-t-elle, ils te font venir à Sainte-Manghouste pour une gribabouille mais n'ont pas pris la peine de te faire naître ici.
-Quoi ? »
Cette fois, Drago savait que July n'en rajoutait pas. Elle releva la tête du dossier avec un air sérieux et le tendit à Drago en disant.
« Voici le premier parchemin que Sainte-Manghouste a écrit sur toi. »
Dans une respiration grave, Drago déroula à son tour le parchemin.
Nom : Malefoy
Prénom : Drago
Date de naissance : 05/06/1980
Lieu de naissance : inconnu, sûrement le manoir Malefoy
Date de la visite : 12/03/1981
Raison de l'intervention : vaccination dragoncelle
Médicomage : Eli Peters
Commentaires : Première visite de Drago Malefoy qui n'est pas né à Sainte-Manghouste. Check up complet comme pour tous les bébés nés à domicile. Etat normal.
Drago reposa le dossier sans rien dire. July le regardait dans les yeux, à la recherche d'une expression quelconque mais Drago avait repris son masque. Il se tenait droit, impassible. Il avait les traits durs, ces traits qu'il ne réservait qu'à ses parents et leurs amis, mais qu'il perdait habituellement devant July.
Cependant, même face à sa meilleure amie, il ne pouvait se laisser aller à ses émotions. Il était perdu. Sans informations sur sa naissance, il ne pouvait comprendre pourquoi on lui avait menti. Or, il y avait forcément une raison et cette raison l'obsédait depuis quelques mois.
Il inspira profondément et se leva.
« Drago, murmura July en posant une main sur son épaule. »
July n'était pas connue pour sa compassion. C'était d'ailleurs pour cela qu'elle s'était rapprochée de Drago, il ne lui demandait pas d'être gentille. Avec le temps, leur relation avait évolué et ils avaient appris à se comprendre et à se soutenir, mais July, cette fois, ne savait pas comment le réconforter.
Drago appréciait cette marque de soutien mais n'y prêta pas plus d'attention. Il se dégagea délicatement de July et prit fermement son balai pour retourner sur les étagères Malefoy. Il scruta les parchemins, à la recherche d'un prénom particulier.
« Qu'est-ce que tu cherches ? demanda July, ne sachant pas comment soutenir son ami.
-Narcissa Malefoy, Mère m'a toujours dit qu'elle avait été suivie par les meilleurs Médicomage, elle a dû forcément venir ici avant ma naissance.
-Drago, comprit July, ta mère n'est pas une Malefoy, enfin le mariage ne suffit pas pour rentrer dans les liens du sang. »
Le regard de Drago s'illumina et les deux adolescents reprirent leur ascension vers la lettre B.
S'ils avaient pu admirer la quantité de dossiers chez les Malefoy qui remontaient jusqu'aux premières heures de Sainte-Manghouste, ils ne purent retenir leur fascination devant l'étagère des Black. Les parchemins s'étendaient le long du mur et sur des hauteurs incroyables.
« Heureusement que ma mère est dans les dernières générations, se soulagea Drago en faisant à nouveau couler une goutte de sang sur les chaînes. »
Cependant, cette fois si, les chaînes restèrent inertes. Il n'y eut pas le petit cliquetis signifiant l'ouverture de l'accès aux dossiers de l'illustre famille Black. Drago leva un sourcil et versa à nouveau quelques gouttes. Encore une fois, cela n'eut aucun effet.
« Ce n'est pas normal ! s'énerva le blond, je suis le fils de Narcissa, je devrais pouvoir ouvrir ces liens.
-Je ne comprends pas, s'étonna July, je peux essayer ?
-Mais pourquoi tu essayerais ? »
Drago était énervé. Il ne réfléchissait plus et la tension d'être proche de la vérité l'empêchait de voir clair. July haussa les épaules et s'écorcha à son tour.
« Dois-je te rappeler comment je m'appelle, dit-elle en versant une goutte de sang sur une chaîne, je suis Jane Black. »
Drago souffla. Il se sentait abruti d'avoir omis ce détail, mais il n'eut pas le temps de faire une remarque car le cliquetis retentit et laissa accès à ces centaines de parchemins.
« Pourquoi ça t'a ouvert et pas moi ? s'enquit Drago.
-Je n'en ai aucune idée, admit July.
-Bref, il faut trouver Narcissa. »
Il fallut cinq minutes aux deux amis pour remonter les parchemins, July eut la surprise de voir les quelques notes que Sainte-Manghouste avait à son sujet ou à celui de ses frères.
« Je l'ai ! s'exclama-t-elle enfin. »
Drago ne laissa pas le temps à July de descendre les parchemins, il se jeta sur le tas que tenait son amie et commença son inspection. Ce fut après avoir ouvert le troisième parchemin qu'il s'immobilisa. Ce n'était pas possible. Tout à coup, July vit son ami devenir livide. L'air impassible était trop difficile à garder.
« Drago, chuchota-t-elle, inquiète. »
Elle dut encore attendre quelques minutes pour voir les yeux de Drago s'assombrir. Le gris perçant devenait presque noir à mesure que Drago réalisait le mensonge dont il avait été victime depuis sa naissance. Il tendit
Nom : Black
Nom d'usage : Malefoy
Date de naissance : 12/11/1955
Lieu de naissance : 12. Square Grimaud, Londres
Date de la visite : 05/06/1980
Raison de l'intervention : xxx
Médicomage : Boris Smith
Commentaires : xxx
« Pourquoi ta mère était à Sainte-Manghouste le…
-… jour de ma naissance, alors que je ne suis pas né ici, la coupa Drago, que s'est-il passé à la fin ?
-Et le dossier qui a été effacé, c'est vraiment bizarre, conclut July.
-Je trouverai la vérité ! décida Drago. »
Et voilà un chapitre bien compliqué. J'essaie de rallonger mes chapitres, vous en pensez quoi? Trop court? Trop long?
Sinon, je suis curieuse de savoir ce que vous pensez de la petite discussion père-fils avec Harry, du match Potter-Black, de Ambre qui vole avec ses enfants et retrouve July et Drago, de la révélation... Affaire à suivre, je vous le dis!
A bientôt,
July
