Disclaimer : Les personnages de Harry Potter ne m'appartiennent pas, mais l'histoire, si !
Couple : Harry/Draco.
Rating : T.
Cet OS écrit pour Yuya Selena, sélectionnée parmi les reviews que j'ai reçues, sur le challenge "Computer". J'espère que cet OS te fera plaisir !
Personal Computer
Franchement, aller à la boutique Apple©, à Opéra, un samedi après-midi en temps de pluie et de grève, il fallait quand même le faire. Et encore, il lui aurait dit qu'il voulait acheter une coque de iPhone© pour son père, un téléphone pour sa mère, ou même un iPad© pour son meilleur ami, pourquoi pas : un petit tour devant les rayons, on choppe un vendeur, on paye, et basta.
Mais non.
Lui, il ne faisait rien comme les autres. Plutôt que venir en semaine, comme il avait le temps de le faire, il avait préféré y faire un tour en toute fin d'après-midi, le forçant à venir avec lui plutôt que de se faire escorter par un de ses nombreux amis.
Il aurait pu lui dire non. Lui dire qu'il était fatigué, parce que c'était vrai, qu'il avait du boulot, parce que c'était vrai aussi. Lui dire qu'il n'avait pas envie de bouger dans Paris, encore moins pour s'enfermer dans un magasin dont ils connaissaient à peine l'adresse, et le connaissant, il n'aurait pas fait de repérage avant et compterait sur lui pour les diriger. Lui dire, enfin, qu'il était un grand garçon, qu'il n'avait pas besoin de lui pour choisir son nouvel ordinateur, d'autant plus qu'il n'en avait pas besoin. C'était vrai, après tout, son ordinateur ramait un peu et allait avoir trois ans dans peu de temps, mais il n'avait pas besoin d'avoir un de ces ordinateurs si réputés, notamment pour leur prix excessif.
Mais il avait cédé, comme toujours. Parce qu'il ne pouvait pas résister à ses yeux, quand ils le regardaient comme ça, sa voix qui s'était faite si douce et son léger sourire.
« Chéri, tu veux bien m'accompagner à AppleStore© samedi s'il te plait ? J'ai besoin d'un nouveau Mac, oui, je sais ce que tu vas me dire, j'ai déjà un MacBook©, mais l'écran est trop petit, j'ai besoin de quelque chose de plus grand. Blaise m'a dit d'aller à Opéra, mais je sais que je vais me perdre. Allez Bébé, accompagne-moi s'il te plait ! »
Comment un type qui avait bien quatre ans de plus que lui pouvait être aussi gamin, incapable de se repérer dans les rues, même les plus grandes, à moins d'y être allé plusieurs fois et accompagné ? Parfois, il se demandait s'il ne lui mentait pas un peu sur son âge. Draco était grand, et très mince, et son enfance de fils unique pourri gâté l'avait rendu exigeant, capricieux et assez enfantin sur les bords. Pourtant, il avait vingt-trois ans, un bon travail qui lui permettait de nombreuses folies et une certaine indépendance depuis un an.
Enfin, son indépendance, en dépit de son âge, il ne l'aurait sans doute pas eue si Harry n'avait pas réussi à convaincre ses parents que, oui, il serait capable de tenir correctement leur maison et que Draco ne serait pas réduit à vivre dans la poussière, ne sachant même pas avant de connaître le brun comment faire cuire des œufs durs. En soit, savoir cuisiner des œufs n'était pas essentiel pour sa survie, mais le blond avait une façon forte étrange de concevoir leur cuisson… En somme, du haut de ses dix-huit ans, il avait dû convaincre ses beaux-parents que, oui, il prendrait grand soin de leur fils unique, qu'il vivrait dans un appartement propre et des vêtements repassés tous les jours.
Cela faisait un an qu'ils vivaient ensemble, partageant le même appartement dans Paris même. Il appartenait à ses beaux-parents qui leur avaient mis à disposition, ce qui leur évitait un loyer. Enfin, ce n'était pas comme si leur rejeton n'était pas capable d'en payer un, mais bon, c'était leur bébé à eux, leur fils unique, donc autant le chouchouter jusqu'au bout. Et Harry n'avait plus de frais de transport à payer, ce qui l'arrangeait bien.
En contrepartie, il devait subir le chantage affectif de son homme à chaque fois que ce dernier avait une lubie et qu'un de ses amis avait le malheur de ne pas être disponible. Comme ce fut le cas pour cette visite à l'AppleStore d'Opéra, et pas un autre, pour aller acheter un nouvel ordinateur, plus performant et plus grand. Comme si son ordinateur de bureau et son MacBook, offert par ses parents l'an passé, ne lui suffisaient pas… Enfin, songeait Harry, il faisait ce qu'il voulait de son argent.
Mais, franchement, s'il avait su que son chéri le mettrait dans une telle galère… Les nuages gris et le temps peu clément, bon, d'accord, mais la manifestation juste à côté, la route barrée et les gens qui gueulaient, pour il ne savait quelle raison… Sans compter Draco qui avait oublié son téléphone, qui lui servait régulièrement de GPS, et qu'il n'avait pas imprimé de plan pour se rendre à sa boutique. Tout juste connaissait-il l'adresse… comme si Harry avait une carte dans la tête et connaissait tout Paris. À force, c'était quasiment le cas, mais tout de même.
Ainsi, après avoir failli se perdre dans les couloirs, car décidément Draco n'avait absolument aucun sens de l'orientation et marchant derrière lui, avec tout le peuple, il s'était trompé de côté, croyant le suivre, et Harry avait dû le chercher dans toute la station, le jeune homme tourna sur lui-même pour essayer de se repérer, avant de prendre la bonne direction, marchant droit vers l'Opéra et les manifestants, tirant son petit-ami derrière lui, craignant de le perdre à nouveau. Depuis le temps qu'ils étaient ensemble, il savait que Draco ne faisait pas exprès, il était comme son père, incapable de se repérer dans un espace qu'il ne connaissait pas, bien qu'il soit sans doute pire encore que lui, au grand désarroi de sa mère. Mais parfois, ç'avait tendance à être très agaçant. Surtout quand Monsieur osait oublier son portable.
Enfin, ça faisait quand même trois ans qu'ils étaient ensemble, Harry s'y était fait, à ses oublis, son sens de l'orientation défaillant et ses lubies…
Forcément, la boutique était bondée. Bondée de chez bondée. Une horreur. Mais pouvait-il s'attendre à quelque chose de différent, un samedi à une heure pareille ? Il était près de dix-sept heures, ils devaient repasser chez eux déposer leur achat avant d'aller rejoindre des amis à lui il ne savait où dans Paris… La soirée allait être longue. Il aurait voulu dire non à ça aussi. Autant il aimait bien Blaise et Théodore, mais les autres… Bon, il y avait bien Pansy, mais il la voyait déjà bien assez souvent à l'école et son côté peste avant tendance à lui hérisser les poils.
Mais son copain était du genre à le traîner partout où il allait, pour passer un peu plus de temps avec lui, mais aussi pour qu'il joue son rôle de garde-fou. Draco s'enivrait beaucoup moins quand Harry était là, bien que ce dernier s'abstienne la plupart du temps à lui faire la moindre remarque sur sa consommation d'alcool. Même quand il n'avait que seize ans, il faisait déjà ça, le traînant dans les bars, les discothèques, partout où il se rendait. Il se fichait bien des regards et de ce que les autres pensaient de lui. C'était sans doute ce qui l'avait le plus déconcerté, au début, et ce qui les avait rendus si fusionnels.
Cependant, par moments, il aurait bien aimé que Draco s'abstienne de le trainer partout…
« Allez Harry, tu viens ?
- Y'a trop de monde Dray… On peut pas revenir samedi prochain ?
- Ah non !
- En plus il va falloir rentrer à la maison avant, et…
- Je le veux aujourd'hui ! On est devant, on va quand même pas rentrer sans rien ?!
- T'agis comme un gamin là, t'es gonflant !
- Rentre si t'es pas content !
- Tu saurais pas rentrer… »
Trop tard, Draco venait d'entrer dans la boutique bondée. À contrecœur, Harry le suivit et tenta de rester près de lui, en dépit du monde qui les entourait. Très à l'aise, son copain attrapa rapidement un vendeur pour lui demander où se trouvait le rayon téléphonie, ce qui étonna le brun. Ils discutèrent quelques minutes, le blond lui demandant comment ça se passait pour les ordinateurs, puis il se dirigea vers le fond de la classe pour aller à l'étage en dessous.
« Mais pourquoi tu veux aller voir les téléphones ?
- Ma coque est abîmée.
- T'es pas sérieux ? Tu vas…
- Je fais ce que je veux avec mon argent ! Tu peux faire un peu de repérage pour le Mac, s'il te plait ?
- Mais j'y connais rien, moi ! »
Le ton dépité qu'il employa ne retint pas son petit ami qui continua sa route. Étouffé par le bruit et la chaleur de la pièce, Harry poussa un soupir à fendre l'âme avant de se diriger comme il put vers les ordinateurs. Il savait que c'était inutile, il n'y connaissait absolument rien et ne savait même pas ce que voulait vraiment Draco. Et puis il était fatigué. Et puis il en avait marre.
Et puis, il n'avait pas le choix.
Pourtant, cela faisait quelques mois qu'il était entré dans une école d'infographie, après être passé par une prépa censée le préparer à divers concours pour diverses écoles d'art. Il ne savait pas tellement ce qu'il voulait faire, à part travailler dans ce milieu-là, et ses parents, croyant en lui, lui avaient offert cette école dans Paris avant qu'il réussisse un de ses concours et entre dans une autre. À l'époque, Harry vivait en banlieue avec ses parents, ce qui induisait de longs trajets, incompatibles avec les études qu'il comptait faire, et ils n'avaient pas les moyens de lui payer un loyer dans Paris ou en proche banlieue.
Alors Draco avait fait des pieds et des mains pour convaincre son copain et ses beaux-parents de les laisser vivre ensemble. Ce surdoué de Draco travaillait depuis un an déjà en tant qu'ingénieur dans une boite prestigieuse, il pouvait payer un loyer et subvenir largement à leurs besoins. Entre temps, ses parents à lui leur laissaient l'appartement dans Paris, parce que Draco était leur fils adoré et parce que, en toute honnêteté, ils adoraient Harry, même si son père ne le montrait pas souvent. Mais il suffisait de voir son attitude envers lui quand son fils faisait une bourde, du style oublier de sa facture de téléphone ou autre, Harry s'occupant tous les mois de renvoyer un papier… À vrai dire, c'était presque à se demander lequel des deux était le plus âgé et qui s'occupait de l'autre…
Mais la vérité, c'était que Draco était très maladroit. Fier de lui, orgueilleux et pourri gâté, il avait du mal à communiquer avec les autres, exprimer ce qu'il ressentait et avouer ses faiblesses. Ses parents l'avaient trop couvé, alors c'était Harry qui pensait aux factures, qui s'occupait des impôts et qui veillait à ce que tous les papiers importants soient rangés. Dans un sens, Harry ne savait pas plus le faire que lui, mais Draco était tellement plus perdu que lui qu'au final, il cherchait à comprendre, demandait conseil à ses parents, et puis s'occupait de tout ça, en dépit de son jeune âge et de la différence de quatre ans qu'il y avait entre eux.
À côté de ça, Draco avait tout ce qu'il désirait chez un homme : il était présent, à l'écoute et protecteur. Il n'avait que seize ans quand ils s'étaient rencontrés, parce que son meilleur ami Blaise fréquentait un des frères de son propre meilleur ami, Ron. Il avait fallu du temps, parce que le blond était de nature réservée et avait du mal à s'ouvrir aux autres, mais c'était quelqu'un de tendre, d'aimant, avec lequel il se sentait toujours en sécurité. Il n'avait jamais craint de lui prendre la main ou de l'embrasser en public, même s'il était arrivé qu'ils se fassent embêter, et en dépit de son petit gabarit et son éducation, Draco ne s'était jamais démonté et s'était déjà battu plus d'une fois quand on osait s'en prendre à Harry, de quel que façon que ce soit. Parce que Draco, il ne supportait pas qu'on parle mal à son chéri, question d'honneur. Et Harry adorait que son chéri défende son honneur.
Et puis, depuis un an, ils vivaient ensemble, et Draco était le seul à subvenir à leurs besoins, et autant le dire, bien qu'il soit quelque peu rapiat avec tout ce qui n'était pas lui, Harry n'avait jamais manqué de rien. Ses parents lui donnaient de l'argent, mais c'était Draco qui payait quasiment tout et il le gâtait chaque jour, lui montrant à quel point il tenait à lui et à quel point il était heureux qu'ils vivent ensemble, par mille et une attentions. Il l'embarquait toujours avec lui, mais le suivait aussi partout où il voulait aller, comme les musées ou les expositions, l'emmenait en vacances là où il le souhaitait, comme il le faisait déjà depuis trois ans…
Draco était généreux, trop même. C'était sa manière de lui montrer qu'il l'aimait, comme ses parents l'avaient fait avant lui : avec l'argent. C'était compliqué à gérer, au début, car Harry n'avait pas grandi dans une famille aisée et s'il avait apprécié au début que le blond l'invite systématiquement quand ils sortaient, c'était rapidement devenu gênant : il avait beau être aussi fauché que n'importe quel garçon de son âge, il fallait que ça aille dans les deux sens. Draco avait du mal à comprendre que leur relation ne pourrait pas se construire sur des cadeaux et Harry dut accepter l'idée que ce gros manque affectif dont il avait souffert toutes ces années se traduisait par des dépenses excessives à son encontre, dans un besoin viscéral de le garder, parce qu'il était son alter ego, le seul qui le rendait véritablement heureux. En trois ans, il avait réussi à le contrôler, lui et son portefeuille. Mais c'était difficile de le freiner, car il savait que quand il lui offrait un cadeau, ça lui faisait plaisir, et lui dire non avait tendance à le vexer, ou le blesser, parfois…
En fait, il était faible tout simplement, mais dans un sens, il aimait ça. Avec lui. Cependant, il avait beau l'aimer comme un fou et être d'une patience folle avec lui, il aurait quand même dû résister et lui dire non. Il avait beau regarder ces ordinateurs, il ne parvenait pas vraiment à faire la différence. Dans un sens, il n'avait pas besoin d'en changer, lui, le sien fonctionnait plutôt bien et suffisait pour le moment, même s'il savait qu'il lui aurait fallu quelque chose de plus puissant. Cela dit, il n'en avait pas les moyens, pas plus que ses parents qui lui avaient promis qu'il aurait un bon ordinateur à la fin de l'année s'il avait de bons résultats, ce qui lui convenait parfaitement. Voir tous ces appareils hors de prix le laissait insensible.
Ses yeux tombèrent sur un Mac qui ressemblait beaucoup à celui de Pansy, une amie de Draco qui était entrée en même temps que lui dans son école d'infographie, après cursus tâtonnant. Bon Dieu ce qu'il avait pu en entendre parler, de cet ordinateur… C'était bien avant la rentrée, avant qu'ils passent leurs concours. Avant qu'elle ne devienne insupportable et qu'elle essaye d'être son amie, parce qu'il était le petit-copain de Draco depuis deux ans et parce que ce dernier faisait un tri naturel parmi ses amis. Harry l'aimait bien, des fois, mais le plus souvent elle était prise de tête, envieuse de ses talents et de ses difficultés si modestes par rapport aux siennes.
Cela dit, c'était vrai que son Mac était plutôt bon. Il avait essayé de travailler dessus et c'était bien plus aisé que sur le sien, il fallait bien le reconnaître, mais ce n'était pas pour autant qu'il était jaloux ou autre. Ses parents avaient les moyens, autant qu'elle en profite pour avoir du bon matériel. Harry n'avait jamais été envieux comme elle ou Draco pouvaient l'être, il était juste content pour Pansy. C'était une de ses choses que son petit ami aimait chez lui, d'ailleurs, et qui leur permettait de ne pas se pourrir la vie.
« Il te plait ? »
Harry fit un bond avant de se retourner. Draco était là, posté près de lui, un sachet d'AppleStore© au poignet.
« T'as déjà fini ?
- Je savais ce que je voulais.
- T'as payé combien ?
- Il est joli, ce Mac.
- Il ressemble à celui de Pansy.
- Il est mieux que celui de Pansy. »
Draco venait de se pencher pour regarder l'étiquette. Harry haussa les épaules d'un air indifférent, puis lui demanda de se dépêcher de regarder celui qu'il voulait, l'heure tournait et ils allaient finir par être en retard. Mais son chéri avait les yeux fixés sur l'ordinateur, le visage neutre. Il leva ses grands yeux bleus vers le brun, l'air sérieux.
« Il te plait ? »
Alors Harry comprit. Une fois encore, il l'avait eu. Il n'était pas venu pour lui, du moins s'acheter un ordinateur n'était pas son objectif premier : son but était de savoir lequel, lui, préférait. Le jeune homme leva les yeux au ciel en soupirant.
« Draco, franchement…
- J'y peux rien si tu te fais encore avoir.
- J'ai pas besoin de ça, Draco, t'as vu combien il coûte, franchement ?
- Et alors ?
- Et alors je mérite pas un cadeau pareil. Je me débrouille très bien avec mon PC, et tu le sais. Donc s'il te plait, oublie.
- Samedi prochain, ça fera trois ans. »
Sur le coup, Harry ne sut quoi dire. Quelque chose se bloqua en lui. C'était vrai, ce serait leur anniversaire la semaine suivante. Ça faisait bien un mois qu'il y pensait, mais là, tout de suite, il avait complètement oublié cette date. Il sentit malgré lui les larmes lui monter aux yeux et il fit tout ce qu'il put pour les ravaler.
« Draco, mon cœur, est-ce que tu te rends compte de ce que je ressens à chaque fois quand je vois les cadeaux que tu me fais et ce que, moi, je t'offre ?
- Tes cadeaux n'ont pas beaucoup de valeur monétaire mais ils me touchent à chaque fois. Tu ne m'as jamais déçu. »
Ça, il le savait. Lui pourtant si exigeant avec les autres se satisfaisait d'un rien avec Harry, portant tous les bijoux et vêtements qu'il avait pu lui offrir, accueillant chaque présent avec la même joie… Mais quand même. Quand même…
« Je te connais assez Harry pour savoir que t'en as rien à faire de mon fric, s'il n'y avait que ça, tu aurais craqué depuis longtemps. Ce n'est pas essentiel à ta vie mais je sais que tu en as besoin. Ça fait un bout de temps que j'y pense et que j'économise pour…
- Et tu vas m'offrir quoi pour Noël ? Tu crois pas que tu dépenses assez pour moi ?
- Rien n'est trop beau pour toi. Je n'ai rien acheté encore pour Noël. Si tu veux, considère-le comme ton cadeau. »
Le brun se mordilla la lèvre. Il pouvait dire non. Même si dans le fond ça lui dirait bien d'avoir un bon ordinateur, le prix lui faisait froid dans le dos. Mais comment lui dire non, alors qu'il savait parfaitement qu'il essaierait de le convaincre, ils finiraient par se disputer, se faire la tête, et puis le samedi suivant, Draco lui tendrait un grand sac en papier AppleStore© avec l'ordinateur à l'intérieur. Il le connaissait trop bien.
« Chéri, s'il te plait, accepte.
- Je mérite pas un cadeau pareil…
- Oublie le prix, ça fait des mois que je mets de côté. J'ai envie que tu réussisses.
- De toute façon, même si je dis non, tu le prendras, n'est-ce pas ?
- Non. »
Surpris, Harry l'interrogea du regard, alors que le visage du blond se fermait. Il eut mal au cœur de voir une telle expression sur sa figure.
« Ça gâcherait tout, tu le prendrais à contrecœur. Tu me feras des reproches en me disant que je jette l'argent à la poubelle. Donc soit tu me fais plaisir, soit on s'en va. »
À présent, Draco fuyait son regard. Bon Dieu, que tout était difficile avec lui. Ce cadeau le touchait, Draco devait en mourir d'envie depuis des mois… Mais c'était trop, beaucoup trop pour lui. Ils avaient beau s'aimer et vouloir faire leur vie ensemble, c'était trop…
« T'es chiant, Dray.
- C'est toi le plus chiant.
- Tu m'aimes comme ça, non ?
- Toi aussi, tu m'aimes comme ça.
- Mais c'est trop.
- Mais je t'aime.
- Si jamais t'as acheté quoi que ce soit à Noël, je le jette à la poubelle. »
Et il sentit sa bouche sur la sienne, tendre et appuyée. Son cœur s'emballa dans sa poitrine alors que ses joues s'empourpraient, sentant soudain le monde se serrer autour d'eux et les regards se poser sur eux. Là, tout de suite, il s'en fichait. Parce qu'il y avait sa bouche contre la sienne, son bonheur dans ses yeux et de la joie dans son cœur.
Un peu plus tard, ils sortirent de la boutique avec un grand sac en papier contenant l'ordinateur, main dans la main. L'air frais leur fit un bien fou, il ne pleuvait pas, pas encore. Harry sentit son léger sourire s'élargir quand son chéri lui glissa à l'oreille qu'il allait annuler pour ce soir : ils allaient rentrer, se commander un dîner et paresser dans le canapé, et plus si affinités.
Et beaucoup plus…
Si affinités.
FIN
