Disclaimer : Les personnages de Harry Potter ne m'appartiennent pas, mais l'histoire, si !

Couple : Harry/Draco.

Rating : T.

Petit OS ce soir pour le thème Warm pour Cleodream. Parce que, pour une fois, j'ai été inspirée sans avoir eu besoin d'en écrire des tartines...

Une review sera choisie parmi celles de cet OS et des deux précédents.


Je serai tes jambes…

Cinquante degrés à l'ombre. Blaise, cet enfoiré aux dreadlocks interminables, osait lui dire qu'il exagérait. Mais ce type faisait partie de ces gens hors catégorie qui n'ont jamais chaud et jamais froid. Or, Draco était un être humain tout ce qu'il y avait de plus normal, et quand il se retrouvait sous un soleil de plomb en plein milieu de nulle part, forcément, il geignait comme un enfant de cinq ans.

Cela faisait déjà quelques minutes qu'il attendait là comme un con que la file avance et qu'il puisse enfin accéder à un taxi. Il avait été tenté de gruger tout le monde et d'aller se chercher un véhicule lui-même mais Luna lui avait expliqué que ça ne se faisait pas. Alors Draco attendait avec tous les autres cons en pestant après la chaleur de chien qui menaçait de le faire littéralement fondre et en priant pour que le tacot qui allait les emmener ait la décence de posséder une clim' correcte. Et en priant pour ne pas étrangler Blaise, Théodore et Marcus, véritablement enchantés par ce voyage.

Draco, lui, ne partageait pas leur enthousiasme. Quand Pansy leur avait annoncé qu'elle comptait s'unir à son fiancé de longue date dans le pays natal de ce dernier, le seul qui avait tiré la tronche, c'était bien lui. Il fallait dire que le blond détestait ce genre de soleil, celui qui vous fait suer comme un bœuf et qui vous donne un teint de jambonneau grillé. Il aurait largement préféré célébrer le mariage de sa meilleure amie à Londres, mais comme cette conne ne faisait jamais rien comme tout le monde et qu'elle était suffisamment sadique pour vouloir ruiner sa belle peau de blond, Draco se retrouvait là à maudire ces putains de touristes qui savaient à peine se faire comprendre par des chauffeurs de taxi bien plus malins qu'ils n'en donnaient l'air.

Enfin, ce fut à leur tour. Marcus baragouina quelques mots puis ils jouèrent à Tetris dans le coffre pour faire rentrer leurs bagages respectifs. Forcément, Théodore lui grogna dessus parce que sa valise était énorme et que, putain, ils ne restaient qu'une semaine sur place, merde ! Mais Draco fit la sourde oreille, se fichant éperdument de ce que ses amis pouvaient penser de l'énormité de son bagage et du sac à dos qu'il se trimballait depuis leur départ. De toute manière, il n'avait guère le choix et Blaise avait beau dire qu'il aurait pu prendre plus petit, l'homme n'avait pu faire autrement.

Enfin, ils purent s'asseoir tous les quatre dans le taxi. Si ç'avait été lui, ils auraient déjà depuis longtemps posé leur fessier dans un véhicule avec chauffeur proposé par leur hôtel. Mais Théodore et Marcus trouvaient que ça faisait trop bling-bling. Or, Draco était bling-bling, et surtout, il détestait attendre. S'il avait été avec Harry, il n'aurait même pas cherché à négocier et il l'aurait foutu sur la banquette arrière, qu'il le veuille ou non. Mais avec Théodore, Marcus et Blaise, Draco n'avait pas vraiment l'autorité absolue en matière de transport… et de confort.

« Allez, Draco, souris !

- On est à Milan, bordel !

- Et dans deux jours, on fait la fête !

- C'est pas possible, avec un temps pareil, il arrive à être triste comme la mort…

- C'est parce que son chéri lui manque.

- Arrête, il arrive demain !

- Ouais mais il va dormir tout seul, ce soir…

- Il a toujours sa main droite pour s'occuper !

- Allez tous vous faire foutre. »

Ses amis éclatèrent de rire, lui arrachant alors un sourire tout juste amusé. Bien évidemment, sa mauvaise humeur exacerbée par la chaleur étouffante de Milan était en grande partie due à son départ le matin même. Harry étant enseignant, il avait des congés certes intéressants mais aux dates imposées, et parce que Pansy leur avait demandé d'être présent l'avant-veille du mariage pour sa dernière soirée de jeune fille, Draco s'était envolé pour l'Italie un jour avant son compagnon. Ce dernier n'avait pas été plus embarrassé que ça, il prendrait donc l'avion avec Luna, Hermione, Ron, et leurs deux enfants.

Cependant, Draco était agacé, et cela n'avait rien d'anormal, étant donné qu'ils étaient ensemble depuis bientôt cinq ans. Ils avaient pris l'habitude de toujours voyager ensemble et même si Harry refusait de le reconnaître, le fait était qu'il n'aimait vraiment pas l'avion. Cependant, Draco savait qu'il était entre de bonnes mains et qu'Hermione saurait gérer si jamais son chéri faisait une crise d'angoisse. Et puis de toute manière, Draco comptait aller le chercher à l'aéroport le lendemain.

Trois bons quarts d'heure plus tard, le chauffeur les largua dans une rue non loin de leurs logements respectifs. Sa conduite fut si abominable que Marcus manqua de vomir dans le véhicule, ce qui ne manqua pas de bien faire marrer Draco. Après avoir récupéré sa valise et son sac, Draco regarda la façade du bâtiment qui, il devait l'avouer, était vraiment appréciable.

L'établissement était situé non loin du lieu de réception où ils dîneraient puis feraient la fête. Au début, ses amis avaient pensé à prendre un appartement pour limiter les frais, mais le blond avait refusé : il voulait passer la semaine tranquillement avec son homme, sans personne dans leurs pattes. Au final, sans se vexer, ses amis avaient loué un petit logement au bout non loin de son hôtel pour eux et Luna qui arrivait le lendemain.

Ainsi, armé de sa valise et de son sac à dos digne d'un adolescent boutonneux, Draco entra seul dans son hôtel tandis que ses amis partaient dans le sens inverse. Après un enregistrement sans encombre, le blond monta dans sa chambre. Lui qui l'avait pourtant choisie avec un grand soin, il y accorda peu d'attention, faisant un rapide tour du propriétaire avant de déballer ses affaires et les ranger correctement dans la vaste armoire de la pièce. Pour l'occasion, il avait loué une vaste chambre avec suite. La première pièce faisait office de salon et elle était reliée à la chambre par une vaste entrée. La salle de bain, pourvue d'une grande baignoire, était de taille appréciable.

Dans les faits, Draco avait payé horriblement cher pour cette suite davantage destinée à des mariés. Les parents de Harry avait manqué de tomber de leur chaise quand il avait fini par avouer le montant qu'il avait versé à l'hôtel et leur fils n'en finissait plus de rougir de gêne, lui qui avait tant lutté pour que Draco revienne à de meilleurs sentiments. Pourtant, il savait que son compagnon ne lésinait pas sur les moyens quand ils voyageaient, en accord avec ses revenus très confortables.

Une fois ses affaires déposées, Draco s'empressa de quitter la chambre pour rejoindre ses amis dans leur appartement. Il n'avait pas envie de rester seul. Il lui faudrait attendre encore vingt-quatre heures avant de pouvoir récupérer Harry à l'aéroport et glander dans cette chambre ne ferait que le déprimer. Son compagnon lui avait interdit de l'appeler mais de profiter de cette journée avec ses amis, ce qui représentait pour lui une véritable torture.

Oui, Harry et lui formaient un couple fusionnel. Le moindre éloignement dépassant le cadre d'une ou deux journées les mettait en vrac aussi bien l'un que l'autre, même si le brun le montrait beaucoup moins que Draco. Ils étaient pourtant si indépendants avant de se rencontrer… Mais la vie en avait fait un couple solide qui avait besoin de l'air de l'autre pour respirer. Draco n'avait aucune honte à dire que Harry était ce qu'il avait de plus précieux dans son existence, ce qui ne ressemblait guère à l'homme qu'il avait été autrefois. Si ses amis les plus proches avaient cessé de le charrier et de le critiquer à tout va, il savait que son entourage s'agaçait de l'omniprésence de son compagnon, qui cependant n'avait rien demandé à personne.

Mais Draco se fichait bien de ce que les autres pouvaient penser de lui et de son couple. Malgré les apparences, ses parents vouaient une véritable adoration pour Harry qui l'avait sorti de tous ses travers et qui, surtout, était parvenu à le rabibocher avec son père, et quant à ses beaux-parents, ils semblaient l'avoir plus ou moins adopté et en parlaient comme de leurs second fils. Avec leurs amis les plus proches qui gravitaient toujours autour d'eux, Draco n'avait pas besoin de plus pour être heureux.

Oui, il avait changé, et oui, il était totalement fou d'un homme timide qui soupirait de désespoir quand Draco lui avouait combien il avait payé leur chambre pour la semaine. Oui, il était ridicule à compter les minutes les séparant de leurs retrouvailles et à penser déjà à sa tenue du lendemain même s'il savait que Harry n'en aurait rien à faire. Et qu'importe.

OoO

Chaleur de merde, pensa-t-il en pressant le pas vers le hangar qui servait de hall à l'aéroport de Milan Malpensa. Pourquoi diable Pansy était-elle tombée amoureuse d'un Italien ? Non seulement ce type était un emmerdeur de première, mais en plus il n'était pas foutu de naître dans un pays correct, c'est-à-dire quelque part où on ne suait pas à grosses gouttes d'eau à chaque pas ! Bon, si Harry était là, il lui dirait qu'il était de mauvaise fois parce qu'il adorait le futur marié et qu'en plus il aurait fait n'importe quoi pour sa meilleure amie. Mais ce type restait malgré tout un casse-pieds de première !

En même temps, il aurait pu rester à l'hôtel et essayer de se remettre de sa soirée, mais c'était mal le connaître. Il n'avait pas assez bu la veille pour passer le reste de sa journée au lit, contrairement à ses amis qui s'étaient bien amusés. De plus, il l'avait promis à Harry et même si ce dernier ne lui en aurait pas voulu, Draco se devait d'aller le récupérer. Ainsi, à bord d'un taxi commandé par l'hôtel, il se trouvait à nouveau dans le hall de l'aéroport, sauf que cette fois-ci, c'était un avion qu'il attendait et non pas un maudit taxi…

Taxi qu'il serait forcé d'attendre à nouveau, il le savait bien. Cependant, il décida de ne pas faire sa mauvaise tête dès son arrivée, même si attendre pendant près d'une demi-heure que son compagnon atterrisse le gavait vraiment. Tout ça pour une soirée, soupira-t-il en s'asseyant non loin d'un panneau annonçant les arrivées. Bon, ç'avait été pas mal et Pansy était heureuse d'avoir ses proches avec elle, mais il devait avouer qu'il aurait préféré décaler d'au moins une journée. D'autant plus qu'il savait pertinemment que la jeune femme avait choisi exprès cette date pour être certaine que les pensées de son ami ne seraient pas tournées vers Harry resté à l'hôtel. Or, elle s'était vite rendu compte que Draco pensait encore plus à lui, étant donné qu'il s'angoissait pour l'avion.

Dans les faits, Pansy aimait beaucoup Harry mais elle avait du mal avec cette fusion qui existait entre eux, le besoin qu'avait Draco de l'embarquer partout avec lui. Bien évidemment, il ne l'aurait jamais emmené avec lui à une telle soirée, mais elle avait bêtement pensé que Draco serait plus à elle s'il n'était pas à Milan ce soir-là. Mais c'était pire, et dès le début de la soirée, elle l'avait pris à part pour s'excuser, parce qu'elle voyait bien que ses inquiétudes grimpaient au fil des heures. Et même si le blond lui consacra tout son temps, le fait de ne pas savoir Harry à l'hôtel continuait de parasiter son esprit.

Quand l'avion atterrit et que le panneau le signala, Draco sauta sur ses pieds. Il essaya de se repérer dans le hall puis il se dirigea à grands pas vers l'espace où les passagers étaient censés arriver pour ensuite récupérer leurs bagages. Sans doute le blond avait-il regardé un peu tard le panneau car il y avait déjà beaucoup de monde et il se demanda comment il parviendrait à repérer Harry dans la foule. Agacé, il faillit sortir son téléphone quand soudain il aperçut la tête blonde de Luna au loin avec son fameux sac fuchsia sur le dos. Très vite, il se rapprocha d'elle et du groupe, et quand la jeune femme le vit, elle fit s'arrêter tout le groupe avant de pointer son doigt vers elle.

Et alors, Draco vit Harry, qui tourna la tête vers lui avant d'esquisser un léger sourire, presque timide. Le blond se jeta sur lui, l'attrapant dans ses bras pour le serrer fort contre lui. Aussitôt, s'attendant à sa réaction, son homme lui enserra la taille, répondant à sa chaleureuse étreinte. Et en respirant son odeur, Draco eut comme la sensation de retrouver une seconde partie de lui-même.

« Putain, tu m'as manqué…

- Tu n'es parti qu'hier, Draco, tu exagères.

- Pas du tout ! »

À peine s'éloignèrent-ils que Draco déposait un baiser appuyé sur sa bouche. Aussitôt, Harry saisit son visage et caressa ses joues, ses cheveux, avec cette tendresse qui n'appartenait qu'à lui. Le blond s'écarta et, posant ses mains sur les siennes, il enfonça son visage dans ses paumes chaudes, les yeux clos.

À côté d'eux, Luna et Hermione les regardaient d'un air amusé, chacune tenant la main d'un des enfants du couple.

« Eh bien, si c'est pas de l'amour, ça !

- Heureusement qu'ils n'ont été séparés qu'une seule journée…

- Ron !

- Quoi ?!

- Ron, cher ami, tu n'es qu'un homme envieux et moqueur.

- Je croyais que c'était toi, ça ?

- Tu me juges bien mal, je ne suis que pureté.

- C'est pas ce que Harry me raconte.

- Ron ! »

Le groupe éclata de rire. Puis, Draco accepta enfin de lever ses mains et d'ouvrir les yeux. Il serra franchement la main de Ron, plutôt pâle sans doute à cause de l'avion, avant d'embrasser Hermione, Luna et les deux enfants. Il garda la main droite de Harry dans la sienne et à peine salua-t-il tout le monde que toute son attention fut reportée sur lui. Le voyant faire, Hermione lui laissa toutes les affaires de son ami et partit avec les autres récupérer leurs valises.

« Alors, ce voyage ?

- Fatiguant, mais ça a été. Je déteste toujours autant l'avion, cela dit…

- Pansy s'est excusée hier.

- De quoi ?

- D'avoir organisé sa fête hier soir.

- Oh Draco, je t'en prie ! Ce n'était qu'un vol et ce n'est pas comme si tu ne m'avais pas habitué à faire des choses que je ne veux pas faire…

- Tout de suite les grands mots. Pas de crise d'angoisse, pas de…

- Non Chéri, je vais bien. Tu te prends beaucoup trop la tête. »

À nouveau, sa main caressait sa joue, comme à chaque fois qu'il tentait de le rassurer. Draco sentait des regards posés sur lui, mais il n'y fit guère attention. Il était au-delà de ça, et si de telles manifestations d'affection avaient pu embarrasser Harry à une époque, ce n'était plus du tout le cas. La force tranquille du blond le rassurait à chaque instant.

« Bon, on va chercher les affaires ? Et il faut récupérer Paddy.

- Harry, par pitié, rappelle-moi pourquoi tu n'as pas laissé ton chien à tes parents…

- Je ne me déplace jamais sans Paddy !

- La dernière fois qu'on est partis en vacances, tu ne l'as pas emmenée !

- On est partis au Japon…

- Oui, et ?

- Et elle ne peut pas rester si longtemps en soute… Elle a dû avoir très peur ! Allez viens, on va la chercher !

- Je ne sais même pas où il faut aller…

- Moi non plus !

- Tu m'embêtes, tu le sais, ça ? Le mal que j'ai eu à trouver un hôtel convenable qui accepte les chiens…

- Il est bien, au fait ?

- L'hôtel ? Très bien, tu vas aimer.

- Vu le prix, je ne peux qu'aimer…

- Arrête avec ça ! Bon, allons chercher ton chien. »

Après un baiser tendre déposé sur son front, qui lui tira un sourire doux, Draco lui tendit sa canne blanche puis ils se mirent en route.

OoO

Après une interminable recherche, Draco parvint à trouver une chaîne d'informations en anglais. Installé dans le vaste canapé en cuir crème, Paddy à ses pieds, le blond regardait le présentateur avec un certain sérieux. À la maison, la télévision était quasiment toujours allumée et il était dans ses habitudes de beaucoup regarder les informations, ce qui était à la fois une nécessité personnelle et professionnelle.

Harry, lui, se trouvait dans la chambre à coucher, d'après ce qu'il pouvait en juger. Il l'entendait marcher sur le parquet et faire de petits bruits à chaque fois qu'il tapait un meuble. Le labrador beige était aux aguets, l'écoutant progresser dans l'appartement, mais elle resta à ses pieds malgré tout. Au bout d'un moment, Draco ne l'entendit plus du tout, puis un léger bruit d'eau lui parvint de la salle de bain et le blond eut un léger sourire. C'était Harry qui faisait couler l'eau du robinet.

Ce manège dura encore une bonne dizaine de minutes. Draco suivit du coin de l'œil son compagnon revenir dans le salon et refaire son petit tour avant de disparaître dans la chambre et redécouvrir la salle de bain. Enfin, en silence, Harry revint vers lui, trébucha contre l'accoudoir, puis se planta devant lui. Alors Draco leva les yeux vers lui et le regarda quelques secondes.

« C'est bon, tu as fini ?

- Oui. Je suis tombé sur le lit…

- Sérieusement ?!

- Oui… »

Son sourire penaud l'amusa. Les yeux posés sur lui, Harry se tenait très droit, avec les bras le long du corps et les pieds bien alignés. Il était de bonne composition, mais les changements étaient toujours perturbants. C'était toute batterie de repaires à refaire pour des durées très courtes. Cependant, même si ce n'était pas évident pour lui, Harry préférait cela à rester seul à Londres.

« J'ai l'impression que la chambre est peu décorée. Tu as retiré des choses ?

- J'ai rangé tout ce qui était bibelots délicats. T'aurais vu le pot de fleurs qu'ils ont mis sur le meuble à côté de la porte de la chambre…

- Si gros que ça ?

- Oh oui ! Tu l'aurais fait tomber en moins de deux.

- Tu les as rangés où ?

- En haut du placard de la chambre et sur le balcon. Je remettrai tout en place plus tard. »

Harry lui sourit. Le seul avantage, quand Draco arrivait avant lui, c'était qu'il pouvait faire le ménage dans tous les bibelots fragiles qui traînaient sur les meubles. Harry avait beau bénéficier d'une excellente mémoire, il ne pouvait s'habituer à un logement aussi rapidement, et il n'y avait rien de plus humiliant que de casser un vase parce qu'on a mal estimé la distance du meuble près de soi.

Et c'était également pour cela que Draco avait préféré louer une chambre plutôt qu'un appartement avec ses amis. Pour l'avoir déjà fait avec eux à l'occasion de vacances ou d'évènements divers, le blond savait que c'était une vraie galère. À la maison, tout était parfaitement rangé et rien n'était laissé au hasard, mais les autres n'avaient pas les mêmes réflexes que lui. Un jour, lassé par la maniaquerie de son ami, Marcus avait laissé un sac à dos traîner en plein milieu du salon. Et parce qu'il se pressait vers l'entrée, Harry avait trébuché dessus et sa tête avait violemment tapé contre la table basse. Depuis, par culpabilité, Marcus faisait toujours très attention à ses affaires quand il était chez eux.

Cependant, vivre au quotidien avec quelqu'un qui ne voyait pas restait compliqué. Du coup, Draco limitait autant que possible cette vie en communauté. Harry s'adaptait à tout et s'était fait suffisamment mal dans sa vie pour ne pas en vouloir à vie à Marcus pour un malheureux sac oublié. Cependant, vivre avec d'autres personnes l'épuisait et il avait la fâcheuse tendance à se renfermer complètement sur lui-même. Cette sensation d'être un poids pour les autres, qu'on se trimballait parce qu'on n'avait pas le choix, le malmenait à chaque instant. Et Draco était prêt à payer pour que ces mauvaises ondes cessent de parasiter son esprit.

« Tu te sens bien ?

- Ça va. Tu me fais visiter avec tes yeux ? »

Draco se leva et tendit le bras vers Harry. Celui-ci, habitué, l'attrapa aussitôt et ensemble, ils revisitèrent la chambre, Paddy sur leurs talons. Le blond fit le tour de la pièce servant de salon, lui décrivant sa disposition, ses couleurs et les différents meubles. Puis, ils passèrent à la chambre et terminèrent par la salle de bain où ils se feraient couler un bon bain le soir venu.

Lui tenant le bras, Harry regardait devant lui, l'écoutant attentivement. Même s'il n'avait besoin de personne pour se repérer dans un appartement, il aimait qu'on le lui décrive, qu'on lui parle des couleurs, des décorations, de la couleur des draps, des rideaux… Jusqu'à un accident de voiture survenu à ses quinze ans, Harry voyait le monde comme lui. Et puis, il avait plongé dans un noir où tous ses repaires avaient disparu. De coup, après avoir visité lui-même, il demandait toujours à Draco de le lui décrire dans les moindres détails afin de se le représenter. Le blond se pliait volontiers à cet exercice fastidieux, lui arrachant quelques sourires par moments.

En réalité, même si Harry s'y opposait à chaque fois parce qu'il n'était qu'un modeste professeur dans une école pour aveugles, évoluer dans de belles chambres comme celle-ci, même s'il ne pouvait la voir, lui faisait plaisir. Pour certains, c'était un pur gâchis car Harry ne pourrait jamais profiter complètement de ces pièces. Mais ces gens-là n'étaient que des ignorants. Draco avait fait partie de ceux-là avant de tomber éperdument amoureux de lui.

Comme souvent dans ce genre de moments, où ils débarquaient dans un lieu nouveau à l'occasion d'un grand événement, Harry devenait de plus en plus silencieux, sa main se resserrant sur son bras. Cette tension en lui n'avait rien d'étonnant, et malgré son humour, Draco ne put lui tirer le moindre sourire, même après une petite blague graveleuse sur la taille de la baignoire. Visiblement, son homme commençait à angoisser en vue du mariage, voire à culpabiliser pour cette location si éloignée de l'appartement que partageaient leurs amis.

Alors, tandis qu'ils revenaient dans la chambre, Draco le tira soudainement vers le lit et l'y jeta. Harry poussa un cri de surprise puis sourit en le sentant s'allonger sur lui. Ses paupières se baissèrent quand son compagnon s'empara sensuellement de sa bouche, baisant doucement ses lèvres avant de glisser sa langue entre elles et taquiner la sienne. Harry poussa un soupir puis, enlaçant ses épaules, il se laissa faire gentiment. Puis, alors que Draco s'éloignait pour reprendre sa respiration, il fit basculer la situation, les faisant rouler sur le lit jusqu'à le dominer. Agréablement surpris, Draco se laissa faire sans mot dire puis ferma les yeux quand Harry l'embrassa avec une fougue toute particulière qui le fit frissonner comme jamais.

Bon Dieu, qu'est-ce qu'il adorait quand Harry prenait les devants… Ses baisers étaient juste magiques. Cinq ans d'amour et Draco ne s'en était pas lassé, pas plus que de leurs étreintes passionnées. Harry était d'une insoupçonnable sensualité et le blond savait déjà comment il allait occuper sa soirée après un dîner avec ses amis dans leur appartement. Un sourire fleurit sur ses lèvres tandis que la bouche de Harry déviait sur sa joue puis dans son cou, sa main caressant ses cheveux noirs comme l'ébène.

Enfin, après quelques derniers baisers papillon, ils restèrent là, allongés sur le lit, blottis l'un contre l'autre et savourant le silence. D'autres qu'eux se seraient sans doute ennuyés mais leurs handicaps respectifs les avaient amenés à créer une relation un peu spéciale, avec des silences, beaucoup de gestes et de la parole à n'en plus finir.

Ils eurent un sourire quand Paddy finit par montrer le bout de sa truffe, se demandant sans doute ce que trafiquaient ses maîtres. Ils rouvrirent les yeux, Harry plus par mécanisme qu'autre chose, et Draco regarda le labrador qui les interrogeait du regard. La chienne commençait à prendre de l'âge, se dit-il. Harry l'avait avec lui depuis qu'il avait vingt-quatre ans, soit environ quatre ans. Ce n'était pas si vieux que ça pour un chien mais il l'emmenait partout, que ce soit dans ses déplacements habituels que lors de leurs voyages. Harry savait très bien se débrouiller sans elle, mais c'était une habitude qu'il avait pris, en grande partie parce que Draco n'y voyait aucun problème.

D'autres n'en voyaient pas l'intérêt, comme à beaucoup de choses que Draco lui concédait. Un peu comme il l'aurait fait à un enfant capricieux qui emmène tout son bordel partout. Mais Paddy n'était ni un caprice, ni un bazar sur pattes. C'était une partie de leur vie, avec ses inconvénients et ses avantages. C'était une partie d'eux-mêmes à laquelle ils n'étaient pas prêts à renoncer.

OoO

Il était certain que pour un regard extérieur, ils avaient tout d'un phénomène de foire. Ce n'était pas commun de voir deux hommes se tenir la main à la terrasse d'un bon restaurant, un labrador à leurs pieds. Il n'était pas non plus franchement habituel d'apercevoir un aveugle manger, et Harry avait beau être la perfection même, leur attitude lors des repas attirait inévitablement les regards.

Ç'aurait pu être gênant si Draco n'y était pas habitué. Fréquenter un homme qui ne voyait pas avait des répercussions dans bien des choses et les repas demeuraient une étape délicate, parmi tant d'autres. Cependant, rien de ce que son compagnon aurait pu faire ne l'aurait gêné, car Harry n'était pas une anormalité ni un poids à porter à chaque instant. L'événement le plus anodin pouvait se transformer en épreuve, mais rien n'était insupportable ou honteux.

Ils s'étaient connus au collège avant de se perdre de vue durant le lycée, Draco ayant déménagé de l'autre côté de la banlieue londonienne. Leurs relations étaient à l'époque plutôt conflictuelles, rivales. Draco était beau et riche, Harry fou-fou et sportif. Ils s'étaient retrouvés des années plus tard à l'occasion d'une soirée réunissant des amis communs et autant le dire, Draco avait été véritablement choqué en découvrant la cécité du brun. Il était alors passé d'être vaguement intéressant à handicapé à éviter à tout prix.

C'était comme ça. Harry y était déjà habitué et l'attitude de Draco ne le surprit absolument pas. Le handicap, quel qu'il soit, faisait peur et les autres avaient toujours ce sentiment de honte et de gêne qui les empêchait de converser, regarder… communiquer avec ceux qui avaient pourtant besoin de leur attention. Harry, lui, n'avait besoin de personne, mais par moments, il avait envie de hurler au monde que son handicap ne se transmettait pas et qu'il était un homme comme les autres. Mais le revendiquer ne changerait pas grand-chose. Et, surtout, il ne voulait pas imaginer les sourires hypocrites des autres qui l'entouraient.

Du coup, Harry était comme enfermé dans cette espèce de douceur et cette tolérance qui lui donnait l'apparence d'un simple d'esprit. Mais derrière cette carapace de gentil garçon qui n'y voyait pas clair se cachait un homme réservé mais sûr de lui et bien décidé à avancer dans la vie. Il avait cette assurance qui manquait à l'époque à Draco, si réduit, si mal dans sa peau, si différent de tout ce qu'il avait été auparavant…

Une assurance qui balayait toutes les difficultés qu'ils pouvaient rencontrer dans leur vie de tous les jours.

« C'est bon ?

- Très. C'est marrant cette manie de séparer la viande du légume… Et toi ?

- Excellent. J'ai rarement mangé un bœuf aussi bon ! »

Harry eut un sourire amusé. En réalité, Draco gagnait si bien sa vie que des bœufs d'excellence, il en avait bouffé des tas. Mais le fait est qu'il passait un bon moment et que le repas était très bon. Le visage de Harry s'était considérablement détendu durant leur balade qui avait permis à Paddy de se dégourdir les pattes et faire ses besoins et à son compagnon de profiter du beau temps. Harry adorait marcher et depuis qu'ils étaient ensemble, Draco avait appris ce qu'était le plaisir des balades.

En grande partie parce qu'on lui avait trop longtemps retiré la possibilité de se balader.

« Tu voudras un dessert ?

- Tu prends un café ?

- Oui.

- Alors je veux bien. »

Quelques minutes plus tard, tout en lui tenant la main, Draco lui lisait la carte des desserts, même s'il savait très bien que son chéri se laisserait tenter par un tiramisu. Il adorait ça, mais Harry n'aimait pas qu'on choisisse pour lui, même si Draco le connaissait par cœur. Et c'était une liberté que le blond ne remettait jamais en cause, même par flemme. Même si par moments, c'était ridicule.

Mais il n'y avait que les autres pour trouver ça ridicule. Ces autres, Draco en avait fait partie un peu trop longtemps à son goût. Malgré cette irrésistible attirance qu'il avait éprouvé pour ce garçon différent mais si doux, qui avait si longuement touché son visage quand ils avaient dépassé la frontière de la banale connaissance, le blond n'avait su se remettre en question. Il s'était laissé approcher, séduire, malgré leurs différences et ce handicap dont le brun souffrait depuis des années, avant de s'éloigner brusquement parce que, pour les autres, Harry était bizarre. Anormal. Malade.

Sale.

Parce que ce qui est différent n'est jamais propre.

Forcément, il avait blessé Harry, et bien évidemment, ce dernier ne l'avait pas cru quand Draco l'avait à nouveau approché avec la ferme intention de le séduire. Il était aveugle, mal habillé, mal coiffé et la vie à ses côtés était un enfer permanent. Mais en le fréquentant, Draco avait découvert quelque chose qu'aucune personne dans son entourage ne possédait : le regard.

Harry regardait.

Il regardait le monde autour de lui sans le voir, à travers ses mains, ses oreilles, son corps maladroit mais affirmé. Il regardait Draco avec cette espèce d'honnêteté qui l'avait fait fondre en larmes de nombreuses fois, parce que Harry lisait en lui comme dans un livre ouvert. Et il regardait leur couple avec une telle objectivité que si Draco ne s'était jamais accroché à lui, le brun aurait tout fait péricliter.

Parce que Draco était beau. Riche. Charismatique. Influent.

Parce que Draco méritait mieux que… ça.

Sauf que le ça, Draco en était tombé éperdument amoureux cinq ans plus tôt, parce que ce monde sans issue où il peinait tant à se déplacer semblait avoir retrouvé son soleil.

« Eh bien, j'ai bien mangé !

- Ravi de te l'entendre dire. Je vais aller payer ?

- Ça va te coûter combien ?

- Heureusement que tu ne peux pas voir le ticket…

- Tu ne perds rien pour attendre…

- Je sais, mon cœur. Je te laisse ?

- Mais oui, va payer ton restau' affreusement cher… »

Avec un sourire, Draco se leva et rentra dans le restaurant pour régler la note. Harry avait beau se plaindre, il était habitué à leur train de vie. Le blond avait repris les affaires de son père et avait toujours eu un mode de vie des plus confortables. Le tout était de savoir garder les pieds sur terre pour éviter que son compagnon ne se sente ridicule, et pour réellement profiter de la vie, même si elle était un peu cabossée. Un peu abîmée.

Quand Draco revint sur la terrasse, son regard détailla la silhouette parfaite de Harry, son visage pâle, ses yeux verts perdus dans le vide et ses cheveux noirs hérissés dans tous les sens. Il le trouva beau. Parce que lui possédait encore ses yeux, Draco avait été charmé par son physique avant de voir tous les trésors qu'il cachait en lui, des trésors insoupçonnés qui l'avaient rendu meilleur.

À ce moment-là de sa vie, Harry avait été le seul à le voir tel qu'il était. À l'aimer pour ce qu'il était. Les autres le regardaient avec pitié, parce que dans un stupide accident de voiture, après une soirée des plus arrosées, il avait perdu l'usage de ses jambes. En l'espace de quelques heures, il était passé de pure beauté grecque à handicapé tassé dans un fauteuil trop grand pour lui.

Un déchet.

Un reste d'être humain.

Un jouet cassé…

A vrai dire, c'étaient leurs accidents respectifs qui les avaient amenés à se revoir, à discuter… à se comprendre. A l'époque, il n'y avait que Harry pour l'approcher, lui parler, et lui dire avec un sourire timide qu'il était toujours aussi beau. Pour ne pas voir l'immobilité de ses jambes, son fauteuil roulant et ces cernes qui soulignaient ses yeux parce que, putain, comment dormir quand on sentait cette vie qui vous avait toujours appartenu filer entre vos doigts…

Et tandis qu'il s'avançait vers lui, Draco se rappelait les difficultés, les obstacles qu'ils avaient dû franchir à deux. Le couple improbable, ridicule, qu'ils avaient formé durant plus de trois ans, avant qu'une opération ne lui permette à nouveau de se déplacer sur ses jambes.

Jambes dont il n'avait pas besoin.

Parce qu'Harry était ses jambes.

Et Draco était ses yeux.

Ils n'étaient plus qu'un seul être, et si Draco avait accepté de tenter le tout pour le tout, c'était parce qu'il n'avait plus rien à perdre. Harry l'aimait tel qu'il était, avec ses jambes bloquées, leurs trajets un peu compliqués, leurs parties de jambes en l'air pas toujours aisées… leurs baisers, leurs disputes, leurs câlins, leurs différences, leurs caresses…

Il l'aimait parce qu'ils se complétaient. Parce que Draco voyait en lui un homme avant de voir un handicapé mental, ce qu'il n'avait jamais été.

« Chéri ? On y va ? »

Harry, qui l'avait entendu venir, leva la tête vers pour lui sourire. Puis, il saisit la poignée du harnais de Paddy et se leva de sa chaise. Enfin, il attrapa son bras et ils quittèrent la terrasse pour une dernière balade.

OoO

Accoudé à la rambarde du balcon, simplement vêtu d'un pyjama et d'un peignoir, Harry semblait regarder dehors. En réalité, il écoutait les bruits de la rue et savourait les derniers rayons du soleil baignant son visage. Draco vint le rejoindre, s'installant à côté de lui. Il regarda la rue en-dessous d'eux, et quand son compagnon lui demanda ce qui s'offrait à son regard, le blond lui décrivit le bâtiment en face, la petite rue, les voitures, les gens…

Souvent, on lui disait que c'était vraiment dommage que Harry ne voie plus et qu'il ait sans cesse besoin qu'on lui décrive les choses. Mais Draco savait d'expérience que, plus que de savoir ce qui se trouvait en face de lui, Harry aimait l'entendre parler. Parfois, son chéri lui disait qu'il aurait dû être écrivain parce qu'il avait une manière de décrire les choses qui le faisait toujours sourire. C'était encore mieux que d'avoir des yeux.

Je serai tes jambes, tu seras mes yeux.

C'était sans aucun doute la plus belle déclaration d'amour qu'on lui ait jamais faite.

« Ton téléphone a sonné, tout à l'heure. Tu l'as regardé ?

- Oui, c'était Pansy. Je la rappellerai plus tard. Elle doit être stressée à cause du mariage.

- Ça se comprend tout à fait. Et si tu veux savoir, ne t'inquiète pas, je vais bien. Et je ne t'en voudrai pas si je ne te vois pas de la soirée.

- Tu es un ange.

- Mais ne te surmène pas trop, sinon tu auras du mal à te lever.

- Ne t'inquiète pas pour moi. »

Après son opération, Draco avait eu une très longue rééducation qui n'avait pu effacer toutes les traces de son accident. Par peur du surmenage, Harry était toujours des plus prévenants, ayant supporté comme il avait pu son hospitalisation et les complications qui avaient suivi. Des complications aussi bien physiques qu'émotionnelles, car quand Draco put se déplacer sans aide, cette confiance qu'ils avaient construire à deux s'était trouvée ébranlée. Et sans que le blond ne se rende compte de quoi que ce soit, Harry s'était mis dans la tête que son compagnon le quitterait un jour et que ce n'était qu'une question de temps.

« Tu veux qu'on sorte ce soir ? Ou bien je fais monter un repas ?

- Pourquoi on ne mangerait pas à l'hôtel ?

- Donc on sort.

- Tu veux passer ta soirée en peignoir, c'est ça ?

- Tu as vu la taille de la baignoire ?! Un peu que je veux passer ma soirée en peignoir !

- Je te signale que je viens de me laver…

- Et ?

- Et tu es vraiment insatiable. »

Aussitôt, le blond se redressa puis se colla contre son dos avant de l'enlacer. Harry décala sa tête avec un sourire et le laissa déposer un baiser dans son cou, poussant un léger soupir quand ses lèvres se posèrent sur sa peau.

Qu'est-ce qu'il pouvait l'aimer… Et dire que certains avaient maintenu que leur couple ne tiendrait jamais… Tous ceux-là s'étaient lourdement trompés. La cécité et le handicap ne les avaient empêchés ni de s'aimer, ni de se marier. Et ce n'était pas une opération qui allait bouleverser leur équilibre et détruire ce couple si fusionnel qu'ils formaient depuis des années.

Harry serait toujours ses jambes. Il serait toujours celui qui lui ouvrirait la voie, qui le guiderait sur les bons chemins.

Et lui, il resterait toujours ses yeux. Il resterait toujours celui qui lui décrirait chaque lieu, chaque paysage, qui lui ferait visiter tout ce qu'il pensait ne jamais pouvoir découvrir.

Ils seraient toujours deux parties d'un même être.

« On va prendre un bain ?

- Déjà ?

- Il a fait tellement chaud aujourd'hui…

- Tu pourrais trouver des excuses plus crédibles.

- À quoi bon ? Tu me connais trop.

- C'est vrai. »

Le brun tourna la tête puis l'embrassa sur la joue et ses mains posées sur les siennes caressèrent ses doigts. Tendrement, Draco cueillit sa bouche puis le guida l'air de rien vers la salle de bain. Et même si Harry ne voyait pas clair… Il était loin de ne pas percevoir les intensions inavouables de son compagnon.

FIN