Titre : The Little Mermaid
Bien le bonsoir tous le monde, et un Joyeux Noël un tout petit peu en avance ! J'ai essayé de poster le plus rapidement possible ce chapitre, mais encore une fois avec tous mes contrôles et du aussi au fait que c'est trèèèès long à écrire (vingt pages openoffice, soit près de 7 000 mots – oui je suis fière de moi, même si je sais que certains auteurs font beaucoup plus).
C'est également le dernier chapitre de cette histoire, que j'ai pris beaucoup de plaisir à écrire, et que j'espère vous avez apprécié.
Un grand merci à tous ceux qui laissent des reviews et des commentaires, comme le disais je-ne-sais-plus-qui, c'est un peu la monnaie de l'auteur de fanfictions.
Au plaisir de vous revoir sur une autre histoire !
Disclaimer : Masami Kurumada, et tout l'univers Disney (la chanson de fin vient du film Le Secret de la Petite Sirène)
Si, comme moi, vous écrivez des fanfictions, vous savez à quel point il fait plaisir de recevoir des reviews et commentaires. Cela motive pour continuer à écrire, et aussi nous permettre de voir quels sont les points forts et les points faibles de notre récit. Alors si vous pouviez laisser un petit mot pour donner vos impressions, ce serra avec grand plaisir !
Athéna : merci à toi d'avoir lu ! J'ai voulu rendre ça le plus touchant possible, et j'espère de tout cœur que la suite te plaira !
chapitre 3
Shaka lisait calmement, assis sur le rebord de sa fenêtre qui surplombait la mer. Enfin calmement. Si on oubliait les pleures de Milo sur la terrasse voisine, qui n'avaient pas arrêtés depuis l'arrestation de Camus.
Le prince blond soupira. Son aîné s'était, sans même s'en rendre compte, lui-même arraché le cœur. Tout cela à cause des sirènes, ou plus précisément de la haine qu'entretenait sa famille envers elles.
Lui n'avait rien contre elles, ou plus précisément plus depuis qu'il l'avait rencontrée. Cela lui avait permis d'apprendre de nombreuses choses au sujet des créatures qui peuplaient les fonds marins, comme par exemple le fait qu'elles ne chassait qu'une fois tous les dix ans, alors que eux, les humains, partaient quotidiennement à la pêche à la sirène. Le monde n'était pas blanc et noir, et ça peu de gens, et malheureusement ses frères n'en faisaient pas partis, le comprenait. Oui les sirènes dévoraient les humains. Mais les humains tuaient aussi les sirènes, autant pour leurs écailles que pour le plaisir de la chasse.
Un sifflement aigu le fit sortir de ses pensées, et lever les yeux de son livre pour les baisser vers l'étendue bleue.
Dès qu'il aperçut celle qui se tenait en contrebas, Shaka se dépêcha de quitter sa chambre et de descendre vers une grotte marine que peu connaissaient mais qui avait l'avantage de donner sur la mer sans être éloignée du palais. Et dix minutes plus tard, il était assis sur un rocher couverts d'algues vertes, les pieds dans l'eau aux côtés d'une jeune femme aux longs cheveux bleus et peau diaphane.
Les deux jeunes gens restèrent un instant l'un à côté de l'autre, sans rien dire.
- Comment va-t-il ? demanda finalement Shaka.
Serena ramena ses jambes contre son torse et posa son menton sur ses genoux, un air plein de tristesse et de culpabilité sur son jolie visage.
- Mal. Comment pourrait-il aller bien de toute façon ?
Elle ferma un instant les yeux et le prince put voir qu'elle empêchait une larme de rouler sur sa joue.
- Tout est de ma faute, lâcha-t-elle. Si je n'avais pas été là tout ça ne serait pas arrivé...
Le cœur de Shaka se serra et il passa sa main sous le menton de la jeune femme pour l'obliger à lever la tête vers lui.
- Serena regarde-moi. Tu connaissais parfaitement les conséquences d'une telle rencontre, et pourtant tu as tout risqué pour que ton frère puisse connaître un bonheur semblable au nôtre. C'était très courageux de ta part.
La sirène détourna la tête et se mordit la lèvre.
- Je m'en veux tellement...
Shaka soupira. Peut-être était-il temps d'avouer où l'avait mené ses recherches sur la guerre opposant les sirènes aux humains.
Il passa ses mains autour de son coup et en retira un pendentif en forme de cristal qu'il déposa doucement dans une des mains fines et blanches de sa bien-aimée.
- Qu'est-ce que...
Serena n'eut pas le temps d'en dire plus, une douce lumière l'ayant déjà enveloppée pour passer devant ses yeux plusieurs images de ses parents, jeunes, accompagnés de... Dohko ?
- C'était un cadeau d'anniversaire, expliqua Shaka. Mon père avait fait faire ce cristal pour ta mère. Athéna était bien plus que la reine de cœur de Shion. C'était leur meilleure amie.
Serena laissa encore quelques instants les images défiler, montrant trois sirènes riants et s'amusant au fil de l'eau, avant de demander, d'une voix étrange :
- Alors ton père était...
- Oui. Par amour pour ma mère, il a prit forme humaine et est devenu humain, puis Roi de notre royaume. Mais quand nos mères moururent, nos pères se séparèrent et se revirent plus jamais. Et je crois que même le temps n'a pas réussit à atténuer complètement cette blessure.
Serena baissa le regard et serra le pendentif contre elle.
- C'est tellement triste, murmura-t-elle. Nos pères... Ont oublié qu'ils étaient vraiment heureux, autrefois.
Shaka posa ses yeux d'un bleu magnifique dans ceux aigues-marines de la jeune femme. Ça lui avait fait tellement bizarre de contempler ces mêmes yeux mais avec un autre regard. Camus était froid, réservé, timide. Serena était courageuse, belle et téméraire. C'était sans doute pour ça qu'il était tombée amoureux d'elle au premier regard. À dix ans, envoûté par le charme étrange de cette fascinante petite fille qui faisait apparaître le soleil en chantant.
Le jeune homme se pencha un peu et déposa ses lèvres douces sur celles de la sirène. Il n'approfondit pas le baiser, désireux de simplement sentir la caresse chaude de cette bouche vermeil et goûter légèrement le sel de sa peau. En rouvrant les yeux, il tomba dans un océan d'amour et de tendresse que seule la jeune femme avait pu lui donner. Et il savait qu'il arborait exactement la même expression en cet instant.
- Plutôt mourir demain que vivre un siècle sans t'avoir connue.
Shaka attendit un instant, puis ajouta :
- Ça vaut aussi pour Camus et Milo, non ?
La jeune femme ferma les yeux et prit une grande inspiration.
- Allons-y.
Serena se leva et fit signe à Shaka de la suivre. Ensemble, ils gravirent les marches du palais qui menaient à la chambre du jeune prince.
Ce dernier laissa la sirène dans la pièce à coucher et alla rassembler ses frères dans le petit bureau rond, au sommet d'une tour, qui appartenait autrefois à leur mère.
- Ce n'est pas l'anniversaire de la mort de Mère, murmura Mû quand tout le monde fut installé. Pourquoi nous as-tu amené ici, Shaka ?
Le blond regard son petit frère et déplaça son regard bleu sur toute l'assistance.
- Je me dois de vous parler de quelque chose de très important, fit-il. Et il me semblait que le bureau de notre défunte mère était l'endroit idéal.
Il se tourna ensuite vers Milo, qui avait les yeux rouges et le visage complètement défait, signe qu'il avait encore beaucoup pleuré cet après-midi.
Le jeune homme s'approcha de son grand-frère et posa une main réconfortante sur son bras.
- Tu l'aimes beaucoup, n'est-ce pas ? Le chasser a dû être une véritable torture.
Le prince de vingt et un an recula précipitamment.
- Ne parle pas de lui, cracha-t-il. Ne parle pas d'elles en général.
Shaka soupira et regarda ses frères.
- Pensez-vous vraiment que les sirènes sont des êtres maléfiques ? Que nous valons mieux qu'elles ?
La mâchoire d'Angelo se contracta.
- Tu remets en cause la mort de Mère ?
Le prince de dix-neuf ans resta silencieux.
- Dois-je te rappeler que c'est à cause des sirènes que Kiki n'a pas pu connaître notre mère ? fit Shura d'une voix sombre.
- Vous n'en avez pas besoin. Mais n'avez-vous jamais pensé qu'elles ont aussi souffert de toutes les vies que nous leur avons prises ?
Sa question resta un instant dans le vide, appuyée seulement par un léger hochement de tête de la part de Mû et le froncement du mono-sourcil d'Aldébaran.
- C'est ridicule, cracha finalement le deuxième né. Comme tu le dis si bien, elles ne sont pas humaines. Elles ne ressentent rien.
- En es-tu sûr ? demanda Shaka.
- Mais bordel, regarde un peu ce que ces monstres ont fait à Milo ! Elles lui ont arraché le cœur !
- Parce que Milo n'a pas détruit le cœur de quelqu'un peut-être ?
Le regard de tous les hommes présents dans la pièce se tourna vers la nouvelle arrivante, qui s'appuyait d'une main au chambranle de la porte et les dévisageait de son regard aigue-marine insondable, son visage fin leur semblant tout à coup étrangement familier.
- Camus ? demanda fébrilement Milo, qui voyait trouble à travers ses larmes.
La jeune femme secoua la tête.
- Serena.
Ce nom lui fit l'effet d'un coup au cœur. Serena... Le prénom sans cesse murmuré par Camus dans son sommeil. C'était elle ? Elle était très belle. Camus serait sûrement heureux avec.
- Toi ! siffla Angelo. Tu es une sirène ?
- Et si c'était le cas ?
Le jeune homme aux cheveux blancs serra fermement ses poings.
- Comment oses-tu ! Tu penses que ton peuple ne nous a pas fait assez souffrir ? Vous nous avez pris notre mère, détruit un de nos frères et maintenant vous venez nous narguer jusque chez nous ?
En face de lui, Serena resta très calme. Et une fois qu'Angelo eut finit, elle dit simplement, la voix emplit de chagrin :
- Ma mère s'est faite harponnée par des humains. Et beaucoup des nôtres sont morts par votre faute. Alors je pense que les torts sont partagés. Maintenant Milo si tu veux bien me suivre...
Serena s'avança pour prendre la main du prince aux boucles blondes, mais elle fut interrompue par le bras de Shura, qui se positionna entre son frère et elle.
- Où est-ce que tu comptes l'emmener ?
Elle soupira.
- C'est évident, non ? Chez moi.
- Hors de question, clama-t-il tout de suite. Milo reste avec nous.
- Ce n'est pas à toi d'en décider, rappela Shaka.
Tous les visages se tournèrent vers Milo.
- Que décides-tu ? demanda la jumelle de Camus. Veux-tu que je t'emmène voir celui que tu aim...
- Il a déjà quelqu'un.
Un silence se fit, et Serena leva un sourcil.
- Pardon ?
- Oui, il n'arrêtait pas de t'appeler dans son sommeil. Vous êtes ensemble, non ?
La sirène écarquilla les yeux.
- Mais... Comment peux-tu dire une chose pareille ! Camus est fou de toi depuis des jours, tellement qu'il souhaite changer de nature pour tes beaux yeux, et toi tout ce que tu trouves à demander c'est si je suis sa... Alors que c'est mon frère ?!
La jeune femme afficha une moue dégoûté. Le visage de Milo, lui, s'était éclairé. Alors comme ça Camus l'aimait ? Pour de vrai ?
- Cesse de dire des bêtise et suis moi maintenant.
Serena lui attrapa autoritairement le poignet, mais encore une fois, elle fut interrompue par l'un des frères du prince.
- C'est hors de question, fit Angelo. Une sirène et un humain, on a jamais vu ça.
Shaka glissa un coup d'œil vers son amante, qui se contenta de dévisager le prince aux cheveux blancs.
- Très bien, fit-elle au bout de quelques secondes. Je ne voulais pas en arriver là, mais vous ne me laissez pas le choix.
La sirène aux yeux aigue-marine ouvrit la bouche et laissa les notes d'une étrange mélodie se répandre dans la pièce. Aussitôt, les yeux des hommes devinrent vitreux, se recouvrant peu à peu d'une lueur dorée. Serena sourit. Les princes étaient sous son contrôle.
Elle leur fit signe de la suivre et parcourut le chemin inverse de celui de son arrivée et se dirigea vers la plage, la puissance de son chant suffisant à repousser les gardes ou tout intrus indésirable. Une fois arrivées sur le sable, la jeune femme fit avaler à chacune des personnes présentes le contenu d'une petite fiole, et leur ordonna ensuite de se jeter à la mer. Ils reprendraient connaissance qu'à mis-chemin, trop loin de la côte pour qu'ils puissent retourner chez eux seuls.
Qu'est-ce qu'elle ne faisait pas pour ses frères, elle se le demandait.
Saga nageait le plus rapidement possible à travers les eaux libres, une angoisse sourde l'ayant pris au ventre. Derrière lui suivaient Aioros, Kanon, Aiolia et Aphrodite, eux aussi ayant senti que quelque chose de grave allait se passer.
Camus avait sombré dans la déprime la plus totale et Serena avait disparue. Encore. Quand-est que ces deux là allaient arrêter de leur causer des problèmes, le troisième né se le demandait. Et après ça se disait responsable et parfaitement capable de régner sur l'océan.
Le sirène secoua sa tête recouverte de cheveux bleus et accéléra.
Soudain, un autre groupe fut en vue. Des individus menés par une sirène aux cheveux bleus/verts, la nageoire dorée et la peau opaline.
- Serena, lâcha Saga en s'arrêtant devant son aînée.
Cette dernière le toisa de son regard aigue-marine.
- Laisse-moi passer, Saga.
- Peut-on savoir qui sont ces hommes ? demanda Aioros, qui dévisageait Shura du regard.
C'était la première fois qu'il le voyait ici, et s'il l'avait déjà croisé, il s'en serait souvenu.
- Ça ne vous regarde pas, cracha leur sœur. Maintenant écartez-vous, je suis pressée.
Aphrodite poussa soudain un cri et donna un coup à Aiolia en voulant se rapprocher.
- Mais Serena, celui avec les cheveux blonds bouclés et la nageoire rouge... C'est le prince dont Camus est tombé amoureux !
La sirène serra les dents.
- Laissez-moi passer, répéta-t-elle.
En face d'elle, Saga serra les poings. Des humains... Serena avait osé ramener des humains ici ? Dont celui qui avait brisé le cœur de leur frère ?
- Ramène-les à la surface, ordonna-t-il. Ils n'ont rien à faire là.
- Et si je refuse ?
Le regard lagon du premier jumeau se fit plus sombre.
- Je te dénoncerais à Père et tu auras à subir les conséquences de tes actes.
Les sirènes de vingt et vingt-et-un an se défiaient maintenant du regard.
Kanon, de son côté, s'était rapproché des sept individus qui accompagnaient sa grande sœur. En plus de celui à la queue rouge, il y avait un homme aux cheveux noirs en brosse et la queue d'un noble vert émeraude, un autre aux cheveux blancs, l'air revêche et à la nageoire bleue foncée, un petit garçon au poil carotte et écailles brunes, suivit d'un grand aux cheveux blonds avec d'élégants reflets violets et nageoire de la même couleur lilas, un mastodonte à la crinière brune, tout comme sa queue, et enfin un jeune homme aux longues mèches blondes et nageoire d'or. Mais ce qui intrigua le plus Kanon, c'était la couleur de leurs yeux. Impossibles à deviner car recouvertes d'une lumière jaune.
Il ne fallut pas beaucoup de temps au sirène pour comprendre.
- Ils sont ensorcelés.
- Tu les as emmenés ici de force ? questionna Saga, méfiant.
- Ils ne tarderons pas à se réveiller. Pour l'instant ils sont inoffensifs, mais il serrait plus prudent que vous les escortiez jusqu'au palais.
- Pourquoi ferions-nous ça ? s'écria Aiolia. Ils font partis de l'espèce qui ont tué Maman et en plus l'un d'entre eux à complètement détruit Camus !
- C'est justement pour Camus que je fais tout ça, cracha Serena. Je ne vous demande pas de comprendre, ni même d'apprécier, juste de me faire confiance.
- Si tu tenais vraiment à Camus, tu ne lui aurais pas donné cette potion pour le rendre humain ! cria le plus jeune. Tu ne serais pas aller chercher ces humains ! Tu ne te serrais pas servi de tes pouvoirs à des fins maléfiques !
Serena plissa les yeux.
- Tais-toi si tu ne veux pas que je me serve de mes pouvoirs sur toi.
- Tu n'oserais pas, fit Aiolia d'une voix blanche.
- J'vais me gêner.
Ses frères se placèrent en bloc en face d'elle, prêt à se défendre.
- Retire-toi maintenant, réordonna Saga.
- C'est mon dernier avertissement, murmura la sirène.
Aucun d'entre eux ne bougea.
- Comme vous voulez.
Serena leva les bras au dessus de sa tête et créa une immense bulle, qu'elle projeta de plein fouet sur ses frères. Elle fit ensuite signe aux jeunes hommes qui la suivait d'y entrer, à l'exception de Milo, qu'elle garda près d'elle.
La sirène aux cheveux bleus/verts se rapprocha de la protection magique qu'elle venait de créer et posa une main dessus.
- Je suis désolée, articula-t-elle silencieusement, alors que Saga tapait violemment du poing sur la paroi.
- Serena ! criait son frère, le visage contracté de colère en voyant son aînée s'éloigner. SERENAAAA !
Assis sur le rebord de la fenêtre, Camus contemplait le paysage sous-marin d'un regard morne et terne, qui semblait déserté de toute vie.
De toute façon, tout lui paraissait gris maintenant. On lui avait donné une chance, et il l'avait laissée passer.
Il s'en voulait tellement ! Tellement que sa poitrine lui faisait mal. Non seulement il avait blessé Milo, mais aussi sa famille, et il ne s'en rendait compte que maintenant. Il avait tant dû les décevoir.
Une main se posant sur son épaule lui fit tourner la tête, pour se perdre dans le regard plein de sollicitude de sa sœur.
- Hé, lui demanda-t-elle gentiment. Est-ce que ça va ?
- Pourquoi ça fait aussi mal, Serena ?
Sa jumelle le dévisagea un instant, sans comprendre.
- Pourquoi, alors que je le connais depuis si peu de temps, j'ai mal au point de vouloir m'arracher le cœur ?
La sirène vint prendre place à ses côtés et passa un bras protecteur autour de ses épaules, l'attirant à elle pour le prendre dans ses bras.
- Tu l'aimes, murmura-t-elle. Il n'y a pas d'autres explications.
Un sanglot vint secouer le corps de son cadet, alors qu'il se blottissait contre elle.
Serena pinça les lèvres. Malgré ce que lui avait dit Shaka, et ce qu'elle tentait d'accomplir, elle s'en voulait énormément.
- Est-ce que je peux faire quelque chose pour toi, demanda-t-elle finalement.
Les pleurs s'arrêtèrent alors que Camus relevait la tête.
- Est-ce que tu peux effacer ma mémoire ?
En face de lui, Serena le regarda d'un air choqué.
- Non Camus, non, je... Je ne peux pas faire ça.
- Tu en as le pouvoir, répliqua son frère. Même si tu dois m'embrasser pour ça, je m'en fiche. Je veux juste l'oublier, oublier que je vous ai fait souffrir.
Il s'accrocha aux bras de sa jumelle et laissa retomber sa tête. Celle-ci se dégagea de son étreinte et poussa un soupire. Ses mains encadrèrent son visage et ses lèvres se posèrent sur les siennes.
Camus rouvrit soudain les yeux en sentant une langue tenter de se frayer un chemin à travers sa bouche, et l'ouvrit de stupeur en voyant que ce n'était pas sa sœur qui se trouvait en face de lui, mais un visage qu'il adorait bien plus.
Milo. Milo était là, avec lui, dans sa chambre, entrain de l'embrasser passionnément, comme si sa vie en dépendait. Le fils aîné de Shion jeta un regard à sa jumelle, qui se contentait d'observer la scène, une lueur de soulagement dans ses yeux.
Camus lui, ne savait pas comment réagir, et n'arrivait pas à comprendre ce qui se passait. Mais c'était si bon... Il pouvait sentir tout l'amour que Milo lui portait à travers cette bouche, à travers ces mains qui enserraient son visage. Alors le prince décida de laisser son cœur le guider, et il ferma à nouveau les yeux, pour savourer à sa juste valeur ce contact tant cherché. Milo, sentant que Camus répondait enfin à son baiser, laissa ses mains glisser le long de son dos et l'attira encore plus contre lui.
Un toussotement les fit s'interrompre.
- Je suis toujours là, vous savez.
Les deux jeunes hommes se séparèrent, l'un aux anges et l'autre complètement rouge de s'être ainsi laissé aller devant son aînée.
- Mais... Comment ? bredouilla le sirène en dévisageant tout à tour Milo et Serena.
- Ta sœur m'a transformé en sirène pour que je puisse te rejoindre, expliqua Milo. Elle était très heu...déterminée.
- Tu as fait tout ça pour moi ? demanda Camus, incrédule.
Sa jumelle hocha la tête.
- Je me sentais coupable, et puis j'ai appris certaines choses qui peuvent justifier mon acte, alors...
Son frère sembla réfléchir un instant, et son regard se perdit sur la longue queue rouge de son ami.
- Mais, et la contre-partie du sort ?
Serena sourit.
- Milo n'en a pas eu besoin.
Camus plissa les yeux, mais n'insista pas. Les explications viendraient plus tard. En attendant, il se tourna vers le jeune homme aux longues boucles blondes.
- Milo, commença-t-il. Je suis tellement désolé. Je t'ai blessé, je t'ai menti, je t'ai...
Il ne pu pas finir sa phrase, coupé par les lèvres douces de celui pour qui son cœur battait.
- Tu n'as pas à te justifier. Serena nous a déjà tout raconté, et je dois avouer que moi aussi je t'ai jugé trop vite, aveuglé par ma haine envers les sirènes, sans savoir que toi aussi tu avais souffert à cause de nous, mais que par amour, tu avais laissé cette haine de côté. Et je sais très bien que tu voulais me parler de ton secret, et que c'est Angelo qui est arrivé au mauvais moment. Alors je voudrais que toi, tu me pardonnes. Pour tout ce que je t'ai dit, et tout ce que je t'ai fait subir.
Camus secoua la tête, désabusé.
- Tu n'as rien à te faire pardonner, Milo, murmura-t-il en l'embrassant tendrement au coin des lèvres.
- Je t'aime, répondit le prince au creux de son oreille.
Ils restèrent quelques instants dans les bras l'un de l'autre, à écouter leurs cœurs battre à l'unisson. Milo était bien, là, tout contre son Camus.
Son Camus...
Son cœur frémit de joie en comprenant qu'il pouvait l'appeler ainsi. Lui, l'homme qui lui avait sauvé la vie et qui avait été jusqu'à renier ses origines pour ses beaux yeux. Il ne l'en aimait que davantage.
Tout à coup, un détail revint à l'esprit du troisième fils de Dohko.
- Serena, fit-il. Qu'est-ce que tu as fais des mes frères ?
- Ah oui, à ce sujet...
Saga tambourina sur la paroi d'eau encore quelques minutes, jusqu'à ce que la main fraîche d'Aphrodite ne se pose sur son épaule.
- Ça ne sert à rien Saga, lui rappela-t-il doucement. Aucun d'entre nous ne peut briser ce sort, tu le sais.
Le plus âgé serra les poings de colère.
- Comment a-t-elle osé, elle, notre propre sœur ! Nous enfermer avec des humains et en emmener un dans l'enceinte même du palais... Elle ne mérite pas d'être notre reine.
- Peut-être la jugerez-vous moins sévèrement lorsque vous saurez toute l'histoire, fit une voix derrière eux.
Concentrés sur leur colère comme ils étaient, les princes des océans en avaient presque oubliés leurs colocataires de fortune.
- Parce que vous êtes au courant de quelque chose, vous ? s'énerva Aiolia. Vous n'êtes pas d'ici, et vous ne connaissez rien à la souffrance de notre peuple.
Shaka ouvrit la bouche pour répondre mais il fut coupé par un grognement venant de derrière lui.
- Bordel, qu'est-ce que c'est encore que ça ?!
- Angelo, fit calmement le prince aux doux cheveux blonds âgé de dix-neuf ans. Je vais tout t'expliquer, mais il faut que tu restes calme.
Mais à peine avait-il finit de prononcer ces mots que le jeune homme aux cheveux blancs s'était mis à hurler et s'était débattu devant sa nageoire d'un beau bleu foncé et avait commencé à s'étouffer en essayant de respirer de l'eau de mer par le nez.
Aphrodite se porta charitablement à son secours, et passa une main derrière son dos pour le stabiliser.
- Dégage, sale poisson ! lui hurla Angelo dès qu'il sentit la fine main recouverte d'écailles passer sur sa peau brune.
Mais dès qu'Aphrodite le lâcha, il se mit à couler en inspirant de grandes goulées d'eau.
Et bien, ce n'était pas gagné, se dit Shaka en voyant que ses autres frères n'étaient pas à l'aise.
Il décida donc de prendre les choses en main et vint se placer aux côtés du deuxième né pour l'aider à remonter.
- Ne respire pas par le nez, lui ordonna-t-il. Tu as des ouïes au niveau de la queue, c'est là que tu peux filtrer l'oxygène.
Il fallut quelques instants à son frère pour se calmer, mais une fois cela fait, Shaka put constater qu'il arrivait à respirer plus tranquillement et surtout plus normalement pour une sirène. Le blond put également constater que les autres membres de sa fratrie avaient suivit son conseil, et qu'à défaut de nager, ils pouvaient respirer.
- Comment est-ce que tu fais, Shaka ? lui demanda Aldébaran qui peinait à s'en sortir avec sa grosse nageoire.
- Ce n'est pas la première fois que je me transforme, lui expliqua son frère en lui montrant les battements qu'il devait réaliser pour s'en sortir.
- Comment ça ? demanda Shura avec beaucoup de suspicion.
- Laissez moi vous raconter mon histoire, fit Shaka sur un ton solennel. L'histoire de la Petite Sirène.
Milo, Camus et Serena sortirent de la chambre des princes avec pour but d'aller récupérer leurs fratries respectives.
- Quand même Serena, tu aurais pu trouver autre chose que de les enfermer, maugréa Camus.
Alors que sa sœur s'apprêtait à répondre, un garde à la peau mate et à la crête blanche se positionna devant eux, sa lance leur barrant le passage.
- Princesse Serena, vous êtes convoquée par le Roi.
- Maintenant ? soupira ladite princesse.
- Ce n'est pas discutable. Quant à vous prince Camus, retournez dans votre chambre. Nous allons arrêter et neutraliser cet homme.
- Quoi ? Non !
- Krishna, qu'est-ce que c'est que ces ordres ? s'outra la plus âgée. Il n'est pas question que Milo aille en prison !
- Mes excuses princesse, fit le dénommé Krishna. Ce sont des ordres de votre père.
Sur ces mots, le chef de la garde fit un signe à ses subordonnés qui attrapèrent Milo et Camus par les coudes pour les emmener vers la prison et vers la chambre.
- Suivez-moi maintenant.
Serrant les poings, la sirène de vingt et un an n'eut d'autres choix que d'obéir. Elle suivit donc Krishna à travers les couloirs du palais et lorsqu'elle arriva dans la salle du trône, elle fut accueillie par la regard glacial de son père.
- Tu m'as désobéi délibérément.
Le ton de Shion était dur, sa voix sans appel.
Le regard de sa fille était brûlant de détermination.
- Et alors ? Camus est heureux, c'est le principal.
- SERENA ! Te rends-tu seulement compte de ce que tu as fait ? Tu as mis ta famille, pire, ton peuple, en danger ! Tu as fais passer les sentiments de ton frère avant la sécurité du royaume !
La sirène releva la tête.
- Ce n'est pas sept misérables humains qui vont venir détruire notre espèce. D'ailleurs nous aussi nous avons des torts envers eux.
La main du Roi se serra sur son trident.
- Si ce sont là tes arguments pour avoir trahis les sirènes, tu n'es pas digne d'être reine. Ni toi, ni Camus qui a préféré nous abandonner pour aller vivre parmi eux.
- Tu es en train de dire que tu vas nommer Saga ton héritier ?
- C'est déjà fait.
La rage qui coulait dans les veines de la princesse cessa aussi tôt. Ce qu'elle entendait dans la voix de son père c'était...de la souffrance ?
Serena hésita un instant puis se rapprocha de Shion pour déposer dans sa main le cristal monté en pendentif.
Les yeux églantines du Roi s'agrandirent.
- Où as-tu trouvé ça ?
- C'est Shaka, un des princes humains, qui me l'a donné.
Les doigts de son père se mirent à trembler.
- Mais...comment... ?
- N'est-ce pas évident Père ? Ce sont les fils de Dohko.
Shion lâcha le collier et tourna son visage torturé vers son aînée.
- Tu...es au courant ?
Serena hocha la tête.
- Je pense sincèrement qu'il est temps de faire cesser cette guerre qui nous a tant coûté, à eux comme à nous. Ne serait-ce que pour ma mère et la leur.
Le Roi regarda pendant plusieurs instants le pendentif sombrer jusqu'à toucher le sol du palais, lui faisant monter les larmes aux yeux. Ce jour-là, quand il avait vu Athéna se balancer au bout d'un harpon... Il avait tout perdu. Était-il vraiment temps de pardonner et de reconstruire ? Après tout, que lui avaient apporté ces dix années de souffrance et de haine ?
Le sirène aux cheveux verts prit sa fille dans ses bras.
- Tu feras une admirable reine.
Sa fille resserra ses bras dans son dos.
- Merci. Papa.
- Alors... Nous avons du sang de sirène en nous ? demanda Aldébaran, une fois que son frère eut fini son histoire.
- Nous le sommes à moitié, effectivement, répondit Shaka. C'est pour ça que la potion que nous a donné Serena ne nécessitait pas de contrepartie pour nous. Quant à Père, il a simplement pris une forme humaine totale après avoir reçut l'amour de notre mère.
- Quand je pense que je me suis tué à la tâche pour empêcher Milo d'aller avec Camus alors que toi tu batifolais avec un de ces monstres, cracha Angelo.
- Tu t'insultes toi-même, mon frère, fit Mû. Nous ne sommes pas plus humains que sirène, du moins si Shaka dit la vérité.
- Ça l'est.
Pendant que les princes humains, enfin mi-humains réfléchissaient, les princes aquatiques se regardaient en silence.
Ce fut Kanon qui le brisa en premier.
- Dites... Vous pensez qu'ils l'ont fait sous forme aquatique ou humaine ?
- Kanon ! s'écria Aiolia. Ce n'est pas du tout le moment !
Le sirène haussa les épaules.
- Bah je sais pas, ça peut jouer sur la forme des gosses non ?
- Mais censuré KANON ! hurla Saga. On essai d'avoir une discussion sérieuse, est-ce que tu ne pourrais pas t'intéresser au problème deux minutes ?
- Écoutez, fit Kanon. Moi je m'en fiche pas mal de savoir avec qui Camus et Serena font leurs vies. Humains, sirènes, licornes si ils veulent, ça ne me concerne pas. Et puis personne ne vient m'embêter dans ma relation, pourquoi j'irais embêter les autres ?
- Tu es en couple, toi ? s'étonna Aiolia.
- Oui, avec Rhadamanthe, répondit Aphrodite à la place de Kanon.
- Avec Rhadamanthe ? s'écria Saga. Ce petit censuré ?
Son jumeau hocha la tête.
- S'il vous plaît, demanda Aioros. Est-ce qu'on pourrait en revenir au sujet principal ?
Saga acquiesça.
- Shaka, fit-il en s'approchant du groupe formé par les humains. Depuis quand ?
Le blond haussa un sourcil, surpris.
- Pardon ?
- Depuis quand es-tu en relation avec ma sœur ?
- Cinq ans, mais je ne crois pas que cela te concerne, Saga.
Le concerné tourna vivement la tête.
- Serena !
- Milo ! s'écria Shura.
- Camus ! fit Aphrodite à la vue de son frère main dans la main avec son amant. Tu vas mieux ?
- Oui, répondit-il. Grâce à Milo et à Serena, tout va bien.
- Nous avons beaucoup de choses à régler, fit Shion qui venait lui aussi de faire son apparition. Lève la protection.
Sa fille s'exécuta et laissa ses frères et ceux de Milo sortir.
- Pardonnez-moi de vous avoir enfermé, s'excusa la jeune sirène. Mais il fallait absolument qu'ils se voient.
Shaka hocha la tête et prit lui aussi la main de sa compagne, ce qui fit laisser échapper un cri à Camus.
- Serena, tu es avec Shaka ?
Sa jumelle sourit.
- On se connaît depuis qu'on est enfants.
- Incroyable, je ne pensais pas que tu te trouverais quelqu'un un jour, ajouta Milo à son frère.
- Je suis touché de ta confiance en moi.
- Sire ! fit soudainement la voix de Krishna. La flotte de guerre du Roi Dohko se trouve juste au dessus de notre palais et il s'apprête à nous attaquer !
Shion serra les poings.
- Dohko, comment ose-t-il.
Le sirène à la nageoire violette fit signe à ses gardes et aux princes de le suivre.
- Nous devons l'arrêter. Suivez-moi !
Tous se mirent en route, même si les fils de Dohko n'étaient pas rassurés.
À bord de son bateau, Dohko regardait la mer noire s'agiter et fronçant les sourcils. C'était ici, ils étaient juste au dessus, il le savait. Après tant d'années passées sous la mer, il ne pouvait pas avoir oublié.
Le Roi se tourna vers son capitaine, un jeune homme aux longs cheveux noirs et portant un tatouage de dragon dans le dos.
- Shiryu, à mon commandement, tire dans la zone indiquée.
- À vos ordres, Majesté.
- Nous allons enfin régler nos comptes, Shion.
L'homme brun leva le bras pour faire signe aux tireurs de se tenir prêt, mais alors qu'il allait l'abaisser, des formes colorées jaillirent des eaux pour se poster devant la frégate.
- Majesté ! cria Shiryu. Une trentaine d'individus ont fait surface devant les bateaux ! Que faisons-nous ?
Dohko s'approcha et plissa les yeux. Ce pourrait-il que ce soit...
En contrebas, le Roi des océans fit lever les vagues pour qu'elles le porte au niveau de son ancien ami.
- Cela faisait longtemps, Dohko.
- Vingt-cinq ans que nous ne nous sommes pas retrouvés faces à faces ainsi.
Les visages des deux hommes étaient fermés.
- Pourquoi nous battre ainsi, mon ami ? demanda le sirène aux cheveux verts.
- Il y a bien longtemps que nous ne sommes plus « amis ».
- Que veux-tu dire ?
Dohko recula un peu et planta son regard brun et dur dans celui églantine de Shion
- J'imagine que si tu es venu jusqu'ici, c'est pour négocier une paix qui protégeras ton précieux peuple et continueras de nous faire souffrir nous, les humains.
Le souffle du Roi des mers s'accéléra. Il n'aimait pas du tout ce regard.
- Voici ma réponse.
Dohko se retourna et fit signe à Shiryu d'approcher.
- Visez celui aux cheveux bleus/verts, c'est la sirène qui a brisé le cœur de mon fils.
- À vos ordres, Votre Majesté.
Les yeux de Shion s'agrandirent lorsqu'il comprit.
- Camus !
- Non !
Alors qu'il allait abaisser sa main pour faire signe de tirer, Dohko arrêta son geste, reconnaissant celui qui s'était placé devant Camus.
- Milo, songea-t-il.
- Si tu veux tuer cet homme, tu devras me tuer d'abord, cria son enfant.
Le Roi fronça ses sourcils bruns.
- Mon fils, écarte-toi !
- Je refuse ! C'est celui que j'ai choisi.
Son père écarquilla les yeux. Que venait-il de dire ?
- Regarde-les tous. Voilà où conduit le chemin de la haine et de la violence.
Milo caressa la joue de Camus et déposa un furtif baiser sur ses lèvres.
- Voici le chemin que je veux suivre, Père. À toi de choisir le tiens.
Les yeux de Dohko papillonnèrent entre Shion et Milo.
- Mais... Ils...
- Pas « ils ». « Nous ». Nous sommes pareils. Tu les trouves différents, toi ?
Dohko ferma les yeux, comprenant ce que Milo voulait dire. Sirène ou humain, au fond, quelle différence ? Tous avaient tués et avaient pris des vies d'être chers. Aucun ne faisait exception à la règle.
Le Roi laissa les embruns lui caresser le visage et l'odeur de la mer emplir ses poumons. Cela faisait tellement longtemps qu'il n'avait pas ressenti ça. Il comprenait parfaitement pourquoi Milo aimait tant l'océan.
- Mon fils fait preuve d'une sagesse surprenante pour son âge, déclara-t-il. À dater de ce jour, s'il faut encore voler des vies, cela ne commencera pas avec moi.
Il coula un regard en direction de ses garçons, et s'arrêta sur les deux couples formés par Camus et Milo et Shaka et Serena. Il avait été à leur place. Il savait à quel point c'était dur de franchir ce mur entre leurs différentes espèces. Qui était-il pour leur imposer des obstacles supplémentaires ?
- Je ne pardonnerai pas le meurtre d'Elda, déclara-t-il cependant à l'adresse de Shion. Tout comme je sais que tu ne pardonneras pas celui d'Athéna. Mais je n'empêcherai pas nos enfants de trouver le bonheur, et ce où qu'il soit.
Shion regarda le dos voûté de Dohko et ses yeux vagues. Il se reconnaissait en lui. Aussi décida-t-il d'attraper sa main et de la serrer fort dans la sienne.
- Shion ?
- Il n'est pas trop tard Dohko, lui sourit le sirène. Nous pouvons encore être amis. Même si ça nous demandera beaucoup d'efforts, je suis sûrs que nous en sommes capables. Après tout, nous lui avions promis : amis pour toujours.
Les yeux du Roi s'emplirent de larmes à l'évocation de sa défunte amie.
- Oui, murmura-t-il en resserrant sa prise sur les doigts de Shion. Amis pour toujours.
Angelo regardait les vagues s'échouer sur le rocher où il était assis. Cela faisait près d'une heure qu'il était là, et maintenant le soleil déclinait dangereusement bas vers l'horizon, telle une boule de feu éclairant la mer. En soit, c'était une vision assez belle, mais pour un homme ayant passé sa vie à haïr tout ce qui se rattachait à la mer, ce n'était rien d'autre qu'un simple couché de soleil.
- Je peux me joindre à toi ?
Le jeune homme aux cheveux blancs leva les yeux et se retrouva en face de deux lacs turquoises et d'une mine intriguée.
- Fait comme tu veux, fit-il en lui laissant néanmoins de la place, que le sirène prit volontiers. Aphrodite, c'est ça ?
- C'est ça. Et toi c'est Angelo ?
L'intéressé hocha de la tête.
- Tu n'es pas à la fête ?
Aphrodite entortilla un doigt autour de ses cheveux turquoises.
- Il reste encore du temps avant que ça commence. Et toi ? Tu ne viens pas ?
- Je ne sais pas, grogna Angelo. J'ai pas très envie.
Il jeta un cailloux dans la mer pour appuyer ses propos.
Aphrodite le regarda sombrer dans les flots, puis fit d'une voix plus douce qu'à l'accoutumée.
- Tu sais, moi aussi j'ai du mal.
- Hein ?
- Je veux dire : ma mère est morte quand j'avais neuf ans, chaque jour qui passait me rappelait un peu plus son manque. Alors que du jour au lendemain, on me dise que je dois faire ami-ami avec ceux qui l'ont tué, je dois avouer que j'ai un peu de mal.
Angelo le regarda un instant sans prononcer un mot. Il se contenta de détailler ce profil fin, ce nez légèrement retroussé, ces longs cils qui faisaient de l'ombre sur la peau blanche... Aphrodite était vraiment quelqu'un de très beau.
- Il nous faudra du temps, déclara l'homme aux cheveux blancs. Mais on y arrivera, ne serait-ce que pour notre famille.
- Je ne te pensais pas si proche de tes frères et si protecteur, gloussa le sirène.
- Je te rassure, fit Angelo sur un ton carnassier. Il y a beaucoup de choses sur moi que tu ignores.
Un peu plus tard dans la soirée, sous une arche de coquillages, Sage, le chef de la communauté des magiciens, unissait pour la première fois depuis des centaines d'années sous l'océan un couple formé d'une sirène et d'un humain.
- C'est beau les mariages sous la mer, fit Milo en posant sa tête sur l'épaule de son Camus.
Celui-ci hocha. Avec sa queue recouverte d'huîtres et les perles dans ses cheveux, sa sœur était très belle.
- On se mariera un jour, nous aussi ? demanda son désormais amant.
- J'espère, répondit le jumeau de Serena. Mais avant ça, je veux découvrir le monde. Avec toi.
Le petit cœur amoureux de Milo fondit, et il se permis d'embrasser langoureusement sa moitié.
- Hé ! les rabroua Kanon. Laissez ça aux mariés !
- Comme si tu ne t'étais pas gêné avec Rhadamanthe, souffla Aiolia. Mais taisez-vous, je vois rien.
Camus esquissa un sourire. Milo à ses côtés, Aioros et Saga en larmes, vaillamment soutenus par Shura et Mû, Marine et Aiolia souriants tendrement, Aphrodite veillant sur Angelo depuis leurs confidences d'il y a quelques heures, et le reste de leurs fratries ému.
Et il y avait de quoi. Lui aussi sentait les larmes venir en se rendant compte de ce qui était en train de se passer.
- Vous êtes à présent unis par les liens du mariage, déclara Sage. καλή τύχη !
- Qu'est-ce qu'il a dit ? demanda Milo.
- Il leur souhaite bonne chance.
Et devant les yeux émus de l'assemblée, Serena et Shaka échangèrent un doux baiser, qui finit sous une salve d'applaudissements.
Ils passèrent le reste de la soirée à danser et chanter, et comme le voulait la tradition, Serena se plaça au centre de la salle et entonna :
- « L'amour est plus haut que le ciel
Grand comme l'océan
Chaud comme le soleil
Qui brille sur moi
Comme un soir d'été
Mon amour
Et je chante
Le bonheur et l'espoir
Oui je chante
La pluie et le vent
Et je chante
Pour qu'on se rappelle notre histoire
A jamais
Jusqu'à la fin des temps
A jamais
Jusqu'à la fin des temps »
Camus entraîna sa sœur sur la piste de danse et tournoya avec elle pendant plusieurs minutes.
- Tu sais que j'ai modifié la potion, et que tu pourras revenir quand tu veux ?
- Je sais.
Il s'arrêta et serra fort sa jumelle dans ses bras.
- Merci. Pour tout.
- Non. C'est moi qui te remercies, Camus. Sans toi, jamais je n'aurais eu le courage de faire tout ça.
- Tu es la meilleure sœur que l'on est pu rêvé d'avoir.
- J'espère bien, parce que tu n'en as qu'une seule.
Ils éclatèrent tous les deux de rires, et rejoignirent leurs moitiés respectives.
- Je t'aime Camus, murmura Milo en embrassant délicatement son sirène. Je ne te laisserai plus jamais. Je te le promets.
Je chanterai,
à jamais
Je chanterai
Jusqu'à la fin des temps
Un grand merci pour m'avoir lue ! Je vous fais pleins de bisous et j'espère vous revoir bientôt !
