Bonjour à tous !
Nous ne serons définitivement pas à l'heure avec les thèmes, mais nous prolongerons évidemment au-delà du 31 Octobre. Voici le troisième sujet, que nous avons écrit à deux.
Nous rappelons à toutes fins utiles que nous n'apprécions pas les ajouts en favoris sans reviews. Nous ne forçons personne, mais respectez cette demande, s'il vous plaît !
Disclaimer : Tous les personnages appartiennent à Masami Kurumada.
Nous vous souhaitons une agréable lecture !
3- Bulky (corpulent)
Par Ta-chan et Saharu-chan
Massif. C'était toujours le mot qui venait à l'esprit la première fois qu'on le voyait.
Aldébaran observait toujours les sessions d'entraînement en voutant les épaules, sa tête rentrée autant que possible dans un effort inutile pour se mettre au niveau de ses camarades. C'était désespérant : à seulement six ans, il dépassait déjà de plusieurs têtes les plus âgés des apprentis. Ses épaules étaient presque aussi larges que celles de Saga, pourtant de huit ans son aîné. Quant à son visage, il arborait déjà la dureté des traits d'un jeune adulte, déroutant le moindre interlocuteur se hasardant à deviner son âge.
Trop imposant pour se mêler aux enfants, trop juvénile pour intégrer le monde des adultes. Il avait toujours grandi à part. Son entrée dans la Chevalerie n'y avait malheureusement rien changé. Et les comportements à son égard non plus. Les quolibets et les regards déplacés avaient fait partie intégrante de sa vie depuis qu'il était né. Et l'avaient toujours désavantagé : un enfant de sa corpulence, ce n'était pas ce qu'un jeune couple recherchait en venant dans un orphelinat pour adopter.
Oh, il avait eu de l'espoir, bien évidemment, lorsque cet homme à l'aura si différente était venu le chercher. Lorsqu'il lui avait fait traverser le continent, pour l'emmener dans un pays au climat si différent, à la chaleur écrasante, là où celle du Brésil était étouffante. Lorsqu'il l'avait amené devant cet être empli de bonté, au regard masqué, qui lui avait souhaité la bienvenue au Sanctuaire, en lui expliquant qu'il était élu.
Mais à en juger par le comportement des autres apprentis, par leurs insultes à la langue inconnue mais à la gestuelle universelle, force était de constater que les comportements demeuraient les mêmes, peu importait le pays où il vivait. C'en était désespérant. Il n'avait pas demandé à avoir ce corps trop imposant à en effrayer des enfants pourtant plus âgés que lui.
Mais il y avait cependant une exception. Ce jour béni où l'homme masqué, qu'il avait appris à nommer Pope, s'était avancé jusqu'à lui pour lui présenter, à demi caché derrière son immense robe de cérémonie, le plus petit enfant qu'Aldébaran ait jamais vu.
Les yeux de jade, curieux, s'étaient aussitôt posés sur lui et il était certain qu'il n'avait su contenir un rougissement à ce moment précis, le rire grave du Grand Pope confirmant ses craintes. Prenant la minuscule main entre ses doigts fripés, il lui avait présenté ce jeune enfant qui lui arrivait péniblement à la taille. Aldébaran l'avait regardé, stupéfait de découvrir l'existence d'un garçon encore plus petit que Shaka. Si toutefois il s'agissait bien d'un garçon, avait-il songé en admirant un moment ses longs cils et ses cheveux lisses.
Le Pope avait parlé lentement, et ses quelques notions de Grec lui permirent de comprendre les informations essentielles : à savoir « disciple », « bienvenu », et à sa grande surprise « ami ». L'être presque féérique s'était avancé vers lui, et avait tiré la langue, étrangement. Aldébaran avait manqué de s'en offusquer, mais l'adulte avait tenté de lui expliquer. C'était ainsi que l'on saluait dans le pays natal de l'autre enfant. Alors Aldébaran avait imité le geste qu'il venait d'apprendre, gagnant ainsi l'un des sons les plus beaux qu'il eut jamais entendu :
Le rire ravi et cristallin d'un autre enfant, grâce à lui.
Ce dernier avait tendu la main, et souriant immensément, son regard unique brillant de joie, il avait prononcé :
« Mû. »
Un prénom, à l'accentuation étrange, à la prononciation inattendue. Appelant au voyage, et à l'inconnu. Le Brésilien avait souri, et serrant la petite main qui lui était offerte, pour la première fois depuis si longtemps, il avait répondu :
« Aldébaran. »
Et il demeurait persuadé jusqu'à ce jour que jamais personne n'avait eu une telle expression de joie sincère en le rencontrant.
