Bonsoir à toutes et à tous.
Voici le sixième texte, et je n'ai que deux choses à dire: Je suis désolée, ne me tuez pas. (Ceci dit, ça reviendra dans Encylie... alors, euh, pardon?)
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Disclaimer : Tous les personnages appartiennent à Masami Kurumada.
Nous vous souhaitons une agréable lecture !
6- Rodent (Rongeur)
Par Saharu-chan
« J'ai rien pour toi. »
Allongé sur son lit de paille, à même le sol de la hutte, Milo observait la souris qui se baladait comme en terrain conquis, et paraissait même avoir l'audace de le regarder avec espoir pour quémander sa pitance. Il aurait bien aimé en avoir lui-même, s'il était honnête. Passant une langue gonflée sur ses lèvres craquelées, l'adolescent soupira en fermant les yeux. Depuis combien de jours n'avait-il rien mangé ? Lentement, ses doigts tâtèrent sur le mur, cherchant les traces inscrites dans le ciment, les redessinant lentement.
Dix jours, donc.
Déjà.
A peine.
Les couinements du rongeur en quête désespérée de nourriture ne suffirent pas à le sortir de sa torpeur. Il passa la main sur ses côtes saillantes, mordillant une nouvelle fois la chair de ses lèvres abîmées. Ses doigts glissèrent sur les cicatrices, de part et d'autre de son torse, et il grimaça un peu. Moins par réelle douleur que par souvenir lancinant. Et comme chaque fois qu'il traversait une période de misère sur cette île déserte dont il portait le nom, il préféra chercher le sommeil.
Pensant irrémédiablement à un autre lieu éloigné de tout, où son ami l'attendrait. Lui sourirait, à sa façon, en s'empressant de l'amener dans la chaleur de l'isba, pour lui servir une soupe simple, mais plus réconfortante que n'importe quelle autre nourriture. Dans ce lieu austère qu'il aimait autant que son propriétaire, encore plus lorsque Camus disait « chez nous. » Lorsqu'il y pensait, il pouvait enfin oublier la douleur de son estomac qui hurlait. Son esprit se nourrissait de souvenirs bien plus beaux que sa réalité. Et cela suffisait pour tenir encore un peu.
« Milo ? »
Le concerné sursauta, clignant des yeux plusieurs fois. Au-dessus de lui, il y avait le visage inquiet de Camus. La fraîcheur contre sa joue lui indiqua que le Chevalier du Verseau caressait sa peau, cherchant à capter son attention. Le Huitième Gardien laissa son regard balayer la pièce, notant les fourrures sur le lit, et le corps de son amant contre le sien. Il posa sa main sur celle du Français, l'amenant contre ses lèvres pour pouvoir l'embrasser.
« Tu as fait un cauchemar ? »
Les paupières closes du besoin de retenir ses larmes, le Grec hocha lentement. L'instant d'après, il sentit Camus le ramener contre lui, frôlant son front de ses lèvres. En un instant, il se sentit apaisé, et il s'installa plus confortablement pour serrer le propriétaire des lieux entre ses bras. Les ongles longs du Français glissaient doucement sur sa nuque, et Milo ne chercha pas à retenir le soupir de contentement qui lui échappa.
« Tu veux m'en parler ?
— J'ai rêvé de l'époque où tu avais déjà trouvé le moyen de me sauver, même en étant à des milliers de kilomètres.
— J'ai fait ça ?
— Pendant dix ans. »
L'expression touchée et incertaine à la fois de Camus était incroyablement belle. Appréciant la boule de bien-être dans son ventre qui avait remplacé les cris de famine, Milo se logea plus confortablement contre son amant, murmurant à même sa peau des mots précieux, auxquels le Français répondit sans hésiter.
