Moby Dick

Sohalia se réveilla tranquillement dans l'infirmerie du navire à tête de baleine. Le parfum désagréable des divers médicaments lui fit immédiatement froncer le nez. Elle capta une discussion discrète. Elle se retourna doucement, préservant ses côtes, et observa en silence Yori, le médecin de bord en chef, examiner Ace sous le regard amusé de Sabo. La Shizen se frotta les yeux pour chasser les dernières traces du sommeil et se redressa en baillant discrètement.

« Bonjour, souffla-t-elle en étirant prudemment ses bras.

- Bonjour Sohalia, la salua Yori avec un sourire amical, je finis de m'occuper de Portgas et je suis à toi, la prévint-il en se retournant vers l'intéressé.

- Rien que pour moi ?! J'en ai de la chance », taquina-t-elle, s'attirant les regards étonnés des deux frères.

Le médecin esquissa un sourire avant de se concentrer à nouveau sur son patient. La jeune femme rejeta le drap et s'assit dans son lit en observant l'homme travailler. Elle étudiait avec minutie le moindre de ses gestes. Lorsqu'il eut terminé, il enleva ses gants et retourna à son bureau. Il feuilleta un carnet pendant de longues secondes avant de noter l'amélioration du commandant de la seconde. Yori prit à nouveau des gants et s'avança vers Sohalia, en fronçant des sourcils.

« Souhaites-tu que je leur demande de sortir le temps que je t'examine ? demanda-t-il en regardant tour à tour les deux frères et la Shizen.

- Si ça ne vous dérange pas, oui, répondit-elle, retenant difficilement un soupir.

- Oui, bien sûr, dit Sabo en se relevant.

- Ace, tu reviens dès que j'ai fini. Je dois encore te donner tes médicaments », déclara Yori en observant l'intéressé sortir de la salle.

Sohalia les regarda sortir et se retourna vers le médecin, qui fronçait des sourcils. Il ne semblait pas savoir comment procéder. Est-ce qu'elle était sa première patiente féminine ?! La jeune femme jeta un coup d'œil à son vêtement, et retint un grognement en se souvenant qu'il ne lui restait plus que des robes. Elle devait absolument faire une lessive.

« Vraiment pas pratique, marmonna-t-elle en tentant de se défaire de son vêtement sans pour autant tirer sur ses côtes fragiles.

- Effectivement, approuva Yori en se saisissant d'un scalpel.

- Qu'est-ce que tu vas faire avec ça ? s'inquiéta la Shizen en le voyant approcher l'arme d'elle.

- Juste te donner un coup de main », répondit-il simplement.

D'un geste vif, il attrapa le pan de la robe et lui intima de ne pas bouger. Il n'y avait pas de risque, elle était statufiée. Il trancha la robe sous le regard effaré de sa patiente. Il n'avait tout de même pas osé faire ça ?!

« Beaucoup plus simple maintenant, déclara-t-il fière de lui.

- Beaucoup plus simple ? répéta-t-elle, éberluée. Pourquoi tu as fait ça ? s'écria-t-elle en sentant la colère monter.

- Pour t'aider, répondit-il en haussant les épaules tout en reposant l'arme du crime.

- M'aider ? s'exclama-t-elle. Je ne vois pas en quoi déchirer mes vêtements va m'aider ! Il y avait d'autres solutions que de découper cette pauvre robe sans défense avec un instrument de torture ! hurla-t-elle en désignant la victime massacrée.

- Ce n'est pas un instrument de torture, mais de chirurgie ! rétorqua-t-il en ignorant ses jérémiades.

- Ma robe n'avait pas besoin qu'on l'opère ! Comment je vais faire maintenant ?! Je ne vais tout de même pas me promener en soutien-gorge et petite culotte sur le navire ?! cria-t-elle en tenant les deux bouts distincts de la robe éventrée.

- Je ne vois pas où est le problème. Un peu de couture et elle sera comme neuve », répliqua-t-il en la forçant à s'allonger.

Sohalia se tut. Comme neuve ?! Il se foutait d'elle ! Sa robe était bonne à jeter ! Elle qui n'avait rien demandé. La Shizen décida de laisser tomber. C'était des hommes, pirates qui plus est. Ils ne faisaient pas attention à leur vêtement. Un morceau de tissu sur les fesses leur suffisait largement.

« Et en attendant, je fais comment ? s'interrogea-t-elle tandis qu'il palpait avec attention ses côtes.

- Je peux toujours demander à Tachi, l'infirmière en chef, pour qu'elle te prête un uniforme, proposa Yori.

- Tachi ?! Je préfère encore me promener nue que porter l'un de ses uniformes roses, répliqua Sohalia.

- Oui, elle est blonde aux yeux marron. Tu l'as sûrement déjà aperçue aux côtés de Père, précisa-t-il en ignorant la dernière partie de sa phrase.

- Ah, oui, dit-elle en voyant maintenant de qui il parlait, celle qui regarde plus le torse de Portgas que la feuille de soins du Paternel ? » ne put-elle s'empêcher de rajouter.

Le médecin se mit à rire discrètement. La jeune femme ne semblait pas porter les infirmières dans son cœur. Un léger coup à la porte leur fit froncer des sourcils. La tête d'Izo apparu dans l'entrebâillement de la porte. Le commandant de la seizième division pénétra dans l'infirmerie en souriant, nullement gêné de voir la jeune femme ainsi vêtue. Yori était sur le point de lui demander de partir lorsque Sohalia posa une main sur son bras.

« Bonjour Izo, qu'est-ce qui t'amène ? salua-telle en souriant.

- Je t'ai entendu crier, je venais voir comment te torturait notre charmant médecin, répondit-il en s'installant sur une chaise.

- Je ne torture pas les gens, marmonna l'intéressé en enlevant l'épais bandage du torse de sa patiente.

- Il ne m'a pas torturé, il a assassiné ma robe, rectifia la jeune femme.

- C'était plus simple de la déchirer ! rétorqua Yori en refaisant le bandage.

- Pervers, dit simplement Izo, les yeux pétillants de malice.

- J'abandonne, souffla-t-il en s'occupant du front de sa patiente.

- Ça ne change rien au fait que je n'ai plus rien à me mettre, s'impatienta la Shizen.

- Tu veux que je cherche dans mon armoire un yukata qui t'irait ? demandant le commandant.

- Tu n'aurais pas plutôt un short et un t-shirt ? Gémit-elle.

- Un short, sûrement. Mais un t-shirt... chuchota-t-il, je vais demander à Marco de regarder dans tes vieilles affaires, indiqua-t-il en se relevant. Au fait, docteur, Ace demande quand est-ce qu'il pourra rentrer ? ajouta-t-il en désignant la porte.

- Il peut revenir, j'en ai fini avec Sohalia, répondit-il en retournant à son bureau.

- Bien, à plus tard Yori. Sohalia, je t'amène tes vêtements le plus rapidement possibles, déclara-t-il en sortant, Ace, c'est bon, dit-il en sortant.

- Sohalia ? l'interpella le médecin, alors que les deux frères revenaient.

- Oui ? fit-elle en s'enroulant dans la couette.

- Tu as interdiction de sortir de cette pièce, ordonna-t-il en revenant à son chevet pour lui donner des calmants. Quant à toi, Ace, tu peux sortir dès que tu m'auras avalé ces médicaments. Mais ne force pas trop », le prévint-il.

Sohalia l'écouta prodiguer ses recommandations à son successeur, choquée. Il n'était pas question qu'elle passe cette journée au lit. Surtout qu'elle avait cruellement envie d'une douche. Il fallait qu'elle fasse une lessive, et sans compter qu'elle n'avait pas encore mangé.

« Objection docteur ! s'écria-t-elle en attrapant le pan de sa manche.

- Pourquoi donc ? s'impatienta-t-il, qu'est-ce qu'ils avaient tous à le contredire, c'était lui le médecin, non ?!

- Il faut que je me lave, que je me mange, que je fasse une lessive et si je dois rester dans cette pièce toute la sainte journée, il va me falloir de quoi passer le temps, débita-t-elle à une vitesse impressionnante.

- On peut t'apporter un plateau repas, rétorqua Yori.

- Et la douche, on va également me l'amener ?! » répliqua-t-elle en haussant un sourcil et fronçant l'autre, légèrement amusée par le piètre argument du médecin.

L'homme vêtu de blanc grogna, cherchant une solution. En ce qui concernait son crâne, il n'y avait plus rien à craindre, juste un léger mal de tête. Mais ses côtes devaient absolument se reposer. Elle avait eu de la chance, il ne fallait pas pousser le vice non plus.

« Je te promets de faire très attention. Je ne ferais rien qui pourrait empirer mon état, déclara-t-elle.

- Bien. Mais je veux te voir matin et soir pour vérifier ces côtes, céda-t-il en notant sur son petit cahier l'état de la patiente. Et si je te prends en train de courir, soulever je ne sais quoi, ou tirer sur une corde, je te boucle ici, compris ?! la menaça-t-il.

- Oui, mon commandant ! » s'exclama-t-elle en lui offrant son plus beau sourire.

Yori sourit et retourna à son bureau. Ace et Sabo commencèrent à s'en aller, mais le Révolutionnaire se stoppa, s'étonnant de l'immobilité de la Shizen.

« Tu ne viens pas ? Questionna-t-il.

- J'aimerais bien, mais notre charmant médecin a eu la brillante idée de déchirer ma robe, répondit-elle en grimaçant.

- Déchirer ta robe ? répéta Marco qui venait d'arriver armé d'un short et d'un t-shirt détaillant le pauvre Yori.

- Mon sauveur ! s'exclama-t-elle en tendant les bras vers les morceaux de tissu.

- Cette infirmerie n'est pas un moulin, désespéra le médecin qui tentait de travailler tranquillement sous le regard inquisiteur du phénix.

- J'avais dû mal à enlever ma robe et Yori a décidé de m'aider en l'éventrant avec un scalpel, narra Sohalia en s'enroulant dans les draps et se dirigeant rapidement vers les toilettes, j'arrive dans deux minutes », rajouta-t-elle en fermant la porte à l'attention du commandant de la première division.

Sohalia enleva les derniers vestiges de sa robe, la roula en boule et la mit à la poubelle. Elle fit un petit brin de toilette rapide, histoire de ne pas ressembler à un épouvantail. La Shizen inspecta en vitesse les ecchymoses : ils disparaissaient plutôt bien. Elle aurait bien enlevé le bandage autour de sa tête, mais Yori allait sûrement hurler en la voyant ressortir sans. Et elle ne tenait pas vraiment à être bouclée dans cette pièce qui empestait les médicaments.

La jeune femme attrapa le short que Marco lui avait amené et le détailla longuement. Est-ce que ça irait ?! Izo n'était pas un monstre de muscle comme Joz ou bien Atmos, mais il ne faisait pas sa taille non plus. Soupirant, elle le mit et grogna lorsqu'il glissa légèrement. Elle se baissa pour saisir le t-shirt et remarqua alors la petite ceinture. Le commandant de la seizième division pensait à tout ! Le remerciant mentalement, elle la plaça autour de sa taille. Elle enfila son haut et réalisa, sans grand étonnement, qu'il était trop petit. Elle n'avait plus quinze ans.

Soupirant à nouveau, Sohalia ressortit de la salle d'eau. Marco attendait silencieusement à côté de la porte. Il sourit et lui tendit une de ses vieilles chemises blanches. Souriante, la Shizen fila dans la pièce, se débarrassa du vêtement qui n'était plus à sa taille et mit la chemise blanche. Elle attacha les premiers boutons pour couvrir sa poitrine et ses bandages puis se figea. Là, en bas de son dos, il y avait la marque de son Père. Hochant la tête, comme pour se convaincre elle-même, elle prit les deux pans de la chemise et les noua. Elle se regarda dans la glace, se retournant légèrement, elle aperçut le tatouage.

Lorsque Marco la vit sortir de la salle d'eau, il sourit en remarquant la façon dont elle avait attaché la chemise. Sohalia sortit après avoir remercié et salué Yori. Ils se dirigèrent ensemble vers la salle à manger. La Shizen ignorait de son mieux les regards étonnés des hommes qu'ils croisaient. L'exposition de sa marque était une preuve qu'elle était bel et bien membre de l'équipage. Et puis porter l'emblème de Barbe Blanche était une fierté. Ils arrivèrent devant la porte menant à la salle à manger. La jeune femme pouvait facilement entendre les rires graves des hommes. Elle inspira et expira profondément, tentant de calmer la course effrénée de son cœur. Combien étaient-ils là-dedans ?!

« Prête à te jeter dans la tanière du loup ? » demanda Marco en posant une main rassurante sur le sommet de son crâne.

Sohalia ferma les yeux. Elle était donc le faible et fragile mouton. Cette image lui fit froncer les sourcils. Elle était également membre de cet équipage. Elle portait le même emblème qu'eux. Elle avait combattu pour son père et ses frères plus d'une fois. La jeune femme rouvrit les yeux. Elle était un pirate. Elle était peut-être l'un des seules femmes à bord, mais elle n'avait pas à avoir peur d'eux. Après tout, elle avait été élevée par Barbe Blanche et ses commandants.

« Tu veux dire la bergerie, non ? rétorqua-t-elle en lui offrant un sourire carnassier.

- Alors, allons manger du mouton », rit-il en ouvrant la porte.

Marco s'avança en premier et se dirigea vers la table des commandants, se doutant que la jeune femme le suivrait. Sohalia lui emboîta le pas sans jeter un coup d'œil autour d'elle. Son assurance venait de partir en fumée. Elle se construisit un visage impassible et s'avança vers la table des officiers. Izo lui fit un immense sourire, que la Shizen lui rendit automatiquement.

« Sohalia, aboya Dom en se précipitant vers elle les bras grands ouverts.

- Quoi ?! répondit l'interpellée, ne pouvant empêcher son corps de faire un mouvement de recul.

- Tu vas bien ? demanda-t-il en la serrant contre lui.

- Pardon ?! » s'écria-t-elle, surprise.

La Shizen s'attendait à ce qu'on lui demande des explications, qu'on l'ignore. Pas à ce qu'on s'inquiète pour elle. Elle dévisagea bêtement les commandants. Certains se retenaient de rire tandis que d'autres laissaient libre cours à leur hilarité.

« J'ai tout appris ce matin, ça a été ? répéta-t-il en la détaillant.

- Mais de quoi tu parles ? répliqua-t-elle en essayant d'échapper à ses grandes mains puissantes.

- C'est vrai qu'il s'est passé beaucoup de choses, avoua-t-il en hochant vivement la tête.

- Il a pris un coup sur la tête ? demanda-t-elle à Titi.

- Il a eu une sacrée gueule de bois, mais ça va, répondit-il en continuant de boire.

- A ce qu'il parait Yori s'est fait un plaisir de déchirer ta jolie robe d'hier », déclara alors Dom avec un sourire pervers collé sur ses lèvres.

Sohalia ne put s'empêcher de rougir. Ça avait déjà fait le tour du navire ?! Ces hommes étaient pires que des commères. Ils se transformaient en petites vieilles en manque de ragots.

« Avoue que tu as adoré », la taquina-t-il en lui donnant des coups de coude joueurs.

La Shizen haussa un sourcil et fronça l'autre en soupirant. Elle jeta un coup d'œil à Vista qui lui fit un léger signe de tête auquel elle répondit par un sourire sadique. Elle se retourna vers son ami qui continuait de lui donner des coups de coude, manquant à chaque fois de lui déplacer les dernières côtes qui étaient restées à leur place. Le cuisinier pénétra dans la pièce et servit un bol de chocolat chaud à la jeune femme. Alors qu'il allait retourner dans son sanctuaire, Sohalia attrapa agilement la casserole vide qu'il tenait. L'ustensile s'abattit avec force sur le crâne du pauvre Dom. Il recula rapidement et alla se cacher derrière Stephen qui riait.

« Abruti ! » s'exclama la Shizen en redonnant la casserole au cuisinier.

Sohalia s'assit entre Marco et Vista, tout en baragouinant contre les hommes qui devenaient de vieilles mégères. Le commandant de la cinquième division lui tendit la corbeille de fruits tandis que Marco lui servait son jus d'orange. Elle les regarda faire, les bras croisés en souriant, amusée. Les deux hommes s'étonnèrent de l'expression de la jeune femme.

« J'ai plus cinq ans, répondit-elle, mais merci », souffla-t-elle en attrapant une pomme.

Sohalia mangea tranquillement, discutant avec les commandants. Le repas se déroula sans aucun incident. Quelques membres de la seconde division la saluèrent chaleureusement. Ceux de la quatrième division la regardèrent un long moment avant de venir lui souhaiter un bon retour parmi eux. Durant le petit-déjeuner, elle remarqua Ace assis avec Sabo et Luffy, qui lui jetait quelques coups d'œil en coin. Luffy ne semblait pas prêter attention à l'humeur de son aîné et continuait de se goinfrer. Le blond se leva et sortit après avoir salué ses deux frères. Sohalia les détailla longuement, curieuse.

Elle prit son verre de jus de fruit et traversa la salle en ignorant les regards surpris des autres. La jeune femme s'assit en face de son successeur. Le jeune homme au chapeau de paille la salua brièvement entre deux bouchés.

« Désolée de vous déranger, commença-t-elle, trouvant plus sage de débuter la conversation ainsi, mais si, toi, tu as eu des réponses à tes questions, ce n'est pas mon cas, ajouta-t-elle en attrapant le pichet de jus de fruit et en remplissant son verre.

- Des questions ? répéta Luffy en avalant un autre croissant.

- Que veux-tu ? grogna Portgas en ignorant le regard interrogateur de son cadet.

- Pour commencer, comment es-tu rentré dans l'équipage ? demanda-t-elle en attrapant un pain au chocolat.

- Le commandant a fait une entrée épique parmi nous, répondit Shoda en s'installant à côté de son supérieur tandis que ce dernier grognait. Bonjour Sohalia, continua-t-il en affichant un sourire espiègle.

- Eh bien, quelle surprise ! siffla-t-elle d'admiration. La dernière fois que je t'ai vu, tu étais un petit nouveau maigrichon », précisa-t-elle, son regard glissant sur les muscles de l'homme.

Ace regardait son subordonné et la jeune femme discuter du bon vieux temps en riant. Il ne savait pas trop comment agir face à la Shizen. D'un côté, il était curieux d'en savoir plus sur elle et son lien avec l'équipage. Et d'un autre côté, il craignait que la blonde tente de lui voler sa place.

« Ace ! s'écria Luffy en souriant. Toute à l'heure, on va faire un concours de pêche sur le Sunny, tu viendras ? quémanda-t-il en sautillant sur sa chaise.

- Un concours de pêche ? » répéta l'aîné en sourcillant.

Voilà donc à quoi son frère passait son temps lorsqu'il ne volait pas de la nourriture ou n'attirait pas toutes sortes d'ennuis à son équipage. Il se passa une main dans ses cheveux en se demandant combien de problèmes avait-il créé à ses compagnons.

« Avant d'aller faire un concours de pêche, j'aimerais avoir des réponses, Portgas, intervint Sohalia.

- Je vous rejoindrais plus tard », dit Ace au jeune pirate en sortant de table.

Il fit signe à son prédécesseur de le suivre. La Shizen salua les deux hommes et sortit à son tour de la salle à manger. Ils se dirigèrent vers le pont arrière du navire en silence. Ace s'accouda au bastingage et embrassa du regard l'océan bleu, s'étirant à perte de vue. Sohalia le laissa se perdre dans ses pensées et attendit patiemment qu'il soit prêt à discuter.

« Tu veux savoir comment je me suis retrouvé sur ce navire ? commença-t-il en se retournant vers elle, elle acquiesça et il soupira. J'étais venu rencontrer le Paternel avec une idée en tête : le tuer.

- Pardon ?! Ton but était de tuer Père ?! Tu pouvais bien te méfier de moi ! répliqua-t-elle en fronçant ses sourcils de mécontentement.

- Je voulais montrer au monde entier ma force, expliqua-t-il.

- Qu'est-ce qu'il s'est passé lorsque tu t'es retrouvé devant lui ? interrogea-t-elle curieuse de savoir combien de temps il avait pu tenir tête à leur capitaine.

- Comme n'importe quel petit orgueilleux, je me suis pris une sacrée raclée, narra-t-il avec un léger sourire. A la fin du combat, il m'a proposé de rejoindre son équipage.

- Laisse-moi deviner. Du peu que je te connais, je suis sûre que tu n'as pas accepté de suite l'offre, supposa-t-elle, trouvant que ça collait parfaitement avec sa personnalité.

- Oui, j'ai tenté et retenté de le tuer, mais rien à faire. Lorsque je ne terminais pas dans un mur, je finissais à l'eau, raconta-t-il, grimaçant en se rappelant des coups qu'il avait reçus.

- Qu'est-ce qui t'a fait changer d'avis ? questionna-t-elle en souriant, amusée.

- Marco. Il m'a convaincu en moins de cinq minutes », rit-il en se remémorant les mots que le phénix avait prononcés.

Sohalia ne posa plus de questions et le détailla. Il y avait quelques instants, elle avait entraperçu cet homme jouer au grand frère, et maintenant, il ressemblait au petit dernier. Elle sourit et contempla à son tour l'océan. Un cri la fit se détourner de ce paysage qui l'avait toujours apaisé. La Shizen se retourna en même temps que Portgas pour apercevoir Luffy se précipiter vers son aîné. Un peu plus loin, elle vit Marco les observer, adossé contre le mur, un sourire collé sur ses lèvres.

« A plus tard, le bleu, amuse-toi bien, le salua-t-elle en lui faisant un petit signe de la main.

- Le bleu ?! répéta-t-il en grognant. Elle se prend pour qui celle-là ?

- Ace ? Tu viens ? intervint Luffy.

- Ouais. Sabo nous rejoint ? demanda-t-il en vérifiant que les cordages étaient solidement attachés.

- Oui, je lui en ai parlé ce matin avant qu'il n'aille te voir à l'infirmerie, l'informa-t-il en commençant à s'agripper à la corde pour rejoindre son navire.

- Celui qui remporte le concours, il gagne quoi ? interrogea-t-il en se déplaçant sur le cordage tel un petit singe.

- Un super morceau de viande ! » s'écria-t-il en imitant son aîné, tentant d'aller plus vite que lui.

Sohalia se retint difficilement de rire en entendant la conversation entre les deux frères. Elle se posa à côté du phénix et ils regardèrent en silence le rookie et le commandant de la seconde division traverser l'étendue d'eau. Dès qu'ils posèrent pieds sur le navire à tête de lion, Marco se redressa et se tourna vers la jeune femme.

« Alors qu'as-tu prévu aujourd'hui ? demanda-t-il en baillant.

- Un programme d'enfer ! Lessive et repos ! récita-t-elle en riant devant son air endormi.

- Super journée en vue dis-moi, railla-t-il en la suivant vers les dortoirs.

- Et toi ? Tu n'as rien à faire ? l'interrogea-t-elle en s'arrêtant devant la porte de chambre de la cinquième division.

- Non, repos, aujourd'hui, répondit-il en pénétrant dans la chambre.

- Ça ne change pas énormément de d'habitude », rétorqua-t-elle en lui offrant un sourire taquin.

La Shizen attrapa son sac de linge sale et remonta la volée de marche pour aller dans la buanderie. Marco lui emboîta le pas d'un air somnolant. Elle mit toutes ses affaires dans la machine à laver et se retourna vers le commandant de la première division. Il était déjà assis sur l'une des chaises, la tête appuyée contre le mur. Sohalia sourit et s'installa à ses côtés.

« On dirait que tu n'as pas dormi de la nuit, déclara la jeune femme en détaillant ses cernes.

- Je crois que je n'ai dormi que deux heures. J'ai passé la nuit à réfléchir, répondit-il en plongeant son regard dans ses yeux marron.

- À quoi ? Si ce n'est pas indiscret, demanda-t-elle en souriant doucement.

- À pas mal de choses ennuyeuses, dit-il en se grattant le menton.-

- Tu sais, Yori a menacé de me ficeler au lit de l'infirmerie si je faisais le moindre exercice. Et je n'ai rien de mieux à faire pour le moment, expliqua-t-elle en désignant la machine qui commençait tout juste à tourner.

- J'ai repensé à tout ce qu'avait dit ce Jef, à Thatch, à toi, à ce qui avait pu t'arriver. Je me suis demandé si Thatch serait encore en vie si tu n'étais jamais partie pour cette mission, narra-t-il en fixant les machines en face de lui.

- Je vois, souffla-t-elle en souriant tristement.

- Ah, je mets toujours les pieds dans le plat avec toi, grogna-t-il en se pinçant l'arête du nez.

- Mais non ! Je comprends que tu te poses ce genre de question. J'ai fait la même chose hier soir », avoua-t-elle en soupirant.

Marco hocha la tête et contempla à nouveau le plafond. Il ferma les yeux, sentant la fatigue affluer. Il était épuisé et se doutait que les événements à venir seraient encore plus fatiguant. Il profita de la compagnie de la jeune femme pour se reposer un peu. Sohalia était une personne calme, qui n'éprouvait pas le besoin de combler chaque silence en parlant. La Shizen fixait ses poings, en proie à un trouble intérieur. Elle se demandait si elle devait poser les questions qui la hantaient depuis qu'elle était revenue, depuis qu'elle avait appris la mort de Thatch. Inspirant et expirant profondément, elle releva les yeux et regarda le phénix.

« Marco ? l'appela-t-elle.

- Oui ? répondit-il, surpris.

- Est-ce que je peux te poser quelques questions ? demanda-t-elle en tortillant ses doigts.

- Bien sûr, accepta-t-il en se redressant, alerte.

- Est-ce que vous m'avez cherché ?

- Oui, on a arrêté que lorsque la marine a publié un article pour annoncer ta mort. Et comme aucun habitant ne t'avait vu, on a supposé que le gouvernement disait la vérité, narra-t-il.

- Comment avez-vous réagi ? ne put-elle s'empêcher de demander, bien qu'elle se doutait de la réponse.

- On a pleuré ta mort, bien entendu. Thatch s'est beaucoup auto-flagellé. Il ne cessait de répéter qu'il aurait dû t'accompagner. On t'a fait faire une tombe et on s'est tous recueilli. Thatch ne s'est jamais vraiment remis. Il avait gardé une de tes peluches préférées. Elle est dans sa cabine, sur son lit encore aujourd'hui, raconta-t-il en souriant.

- Mais il a été heureux comme même, ces sept dernières années, hein ? » questionna-t-elle avec un nœud à l'estomac et un pincement au cœur tandis que ses yeux se remplissaient de larmes.

Marco l'observa un moment. Soupirant, il l'attira contre lui et traça sur son dos des cercles avec son pouce, tentant de l'apaiser. Il attendit un long moment avant de répondre à sa question, cherchant les bons mots. Il l'écarta un peu et sourit doucement en remettant des mèches rebelles de la jeune femme en place.

« Oui. Au départ, ce n'était pas facile, mais il a remonté la pente peu à peu. Et lorsqu'Ace est arrivé, je crois qu'il t'a un peu retrouvé en lui. Ace était jeune et téméraire, tout comme toi. Il a été placé dans la seconde division où il a réussi à s'adapter parfaitement. Il s'est vite fait une place au sein de l'équipage, expliqua-t-il en fixant les machines à lavée.

- Tant mieux », souffla-t-elle contre la chemise mauve du phénix.

Sohalia ne résista pas longtemps à l'aura rassurante qui émanait du commandant de la première. Elle ferma les yeux et se laissa bercer par la respiration lente de l'homme. Elle ne tarda pas à s'endormir. Marco la détailla longuement, remarquant qu'elle avait perdu ses pommettes d'enfant, mais qu'elle dormait toujours avec la bouche en forme de « o ». Ce petit détail le fit sourire. Profitant du sommeil de la Shizen, le phénix utilisa la tête de la jeune femme comme oreiller et pu enfin finir sa nuit mouvementée.

M&S

Une sonnerie stridente retentit faisant sursauter Sohalia. Elle se cogna la tête et grogna. Levant le visage pour connaître la cause de sa prochaine bosse, elle écarquilla les yeux lorsqu'elle vit Marco se masser vivement le front. La sonnerie se fit à nouveau entendre et Sohalia s'y précipita pour récupérer son linge propre. Elle l'étendit rapidement et se tourna vers le phénix qui baillait en se grattant le front.

« On remonte ou tu préfères dormir ici ? » le taquina-t-elle en ouvrant la porte.

Pour toute réponse, elle n'eut qu'un faible grognement. Il se leva et la suivit jusqu'au pont. Le commandant de la première division partit s'allonger à l'ombre tandis que la Shizen alla chercher un livre à la bibliothèque. Elle s'installa à côté de lui et débuta sa lecture. Du coin de l'œil, elle le vit gigoter pour trouver une position confortable. Lorsqu'elle remarqua que c'était la cinquième fois qu'elle lisait la même phrase, elle referma le bouquin et toisa Marco.

« Je peux savoir ce que tu fabriques ? questionna-t-elle en le regardant changer de position à nouveau.

- Je crois que je vais aller chercher un oreiller, répliqua-t-il en se relevant.

- Viens », dit-elle en tapotant sa cuisse.

Le commandant de la première division sourcilla et observa tour à tour la jeune femme, ses cuisses et les hommes qui traînaient dans les parages. La Shizen insista en frappant à nouveau sa cuisse en souriant. Après tout, elle s'était bien servie de son épaule comme coussin un peu plus tôt, elle pouvait bien lui rendre ce service. Soupirant, le phénix obéit et posa sa tête sur la blonde. Sohalia rouvrit son livre et plongea à nouveau dans sa lecture. Peu à peu, elle sentit la respiration de l'homme ralentir et sourit. Sans s'en rendre compte, sa main gauche s'amusait à tortiller quelques mèches de cheveux de l'homme. Sohalia stoppa sa lecture en apercevant Yori qui s'approchait.

« Alors ? Comment vont tes côtes ? demanda-t-il discrètement après avoir remarqué le commandant.

- Juste quelques élancements, répondit-elle en posant son livre sur le sol pour prendre le verre d'eau et les cachets que le médecin lui tendait.

- Tant mieux, dit-il en hochant la tête.

- Yori ? » l'appela-t-elle alors qu'il repartait.

Il se retourna, intrigué. La jeune femme se mordait la lèvre et son regard était posé sur le phénix qui continuait de dormir.

« Ça te dérange si je te pose quelques questions ? questionna-t-elle en le fixant.

- Non, vas-y, accepta-t-il en s'asseyant à côté d'elle.

- Est-ce que tu as connu Itsuki et Lady ? interrogea-t-elle en observant deux hommes s'affairer à enrouler des cordages.

- Oui, répondit-il alors que son visage se fermait.

- Où sont-ils ? »

Ces trois mots avaient été si durs à prononcer. Elle ferma les yeux, appréhendant la réponse. Lorsque Yori commença à parler, elle serra un peu plus fortement ses paupières comme pour tenter de se couper du monde.

« Le navire a été attaqué, nos ennemies ont réussi à monter à bord. C'était de la folie, il y avait des combats partout. On a reçu l'ordre d'aller aider les infirmières. Lady les protégeait du mieux qu'elle pouvait. Elle se battait seule contre deux hommes armés jusqu'aux dents. Voyant qu'Itsuki était occupé, j'y suis allé. On a réussi à repousser les deux escrimeurs. La bataille était sur le point de se terminer et comme il n'y avait plus d'ennemies en vue, on a baissé notre garde. Lady rassurait les autres infirmières qui s'étaient planquées lorsque le coup de feu a retenti. Elle s'est effondrée. On a rien pu faire », commença-t-il en grimaçant lorsqu'il revit la scène.

Sohalia écoutait calmement le récit du médecin. Elle revoyait encore Lady aux côtés de Père, tentant de lui arracher la bouteille de saké des mains pour qu'il arrête de boire. Lady ouvrir la porte de l'infirmerie avec un sourire resplendissant collé sur son visage après avoir passé sa nuit avec Itsuki. La femme avait été la figure maternelle de la Shizen sur le navire. C'était elle qui l'avait aidée alors qu'elle devenait peu à peu une femme. Lorsqu'elle avait besoin de conseil, elle allait la voir, sachant pertinemment que l'infirmière lui ouvrirait la porte avec un sourire rassurant. Yori reprit son récit après quelques instants de silence.

« Itsuki n'a plus jamais été pareil. Il était un peu comme une coquille vide. Il travaillait toujours aussi bien, mais il n'avait plus la passion du métier. Il a demandé à Père de prendre sa retraite. Il a quitté l'équipage six mois après la mort de Lady. Il me semble qu'il vit sur l'île natale de Lady. Ce vieux fou nous appelle une fois par mois voire plus. Il aime prendre de nos nouvelles », termina-t-il en lui souriant.

Sur le navire, les infirmières étaient intouchables, elles appartenaient au Paternel. Il n'y avait donc aucune place pour la romance. Mais Lady et Itsuki n'avaient rien pu faire. Ils avaient passé tellement de temps ensemble, les sentiments s'étaient installés petit à petit, inévitablement. Ils se voyaient en cachette, profitant des instants de répit pour les passer ensemble. Tout le monde avait découvert leur petit manège, mais personne n'avait dit mot. Barbe Blanche faisait comme si de rien était, voulant que son fils soit heureux. Itsuki était toujours si sérieux, si réservé.

Sohalia avait très peu de souvenirs du médecin en train de sourire, mais à chaque fois, il y avait Lady dans les alentours. Ces jours paisibles, dont ses souvenirs d'enfants étaient remplis, où étaient-ils passés ? Quand est-ce que tout avait commencé ? Pourquoi ? Pourquoi ces hommes qu'elle aimait tant devaient subir la douleur de perdre un être chers ?

La Shizen se mordit la lèvre et pleura silencieusement, ne voulant pas réveiller Marco. Yori, assit à côté d'elle, observait les pirates qui vaquaient à leur occupation. Il se leva en soupirant et posa une main sur son épaule. Ce signe de réconfort n'aida pas la Shizen à cacher son mal-être. Le sanglot, qu'elle tentait désespérément de contenir, s'échappa de sa gorge. Elle plaqua sa main sur sa bouche pour retenir les suivants. Le médecin tapota son épaule et s'en alla silencieusement. Marco remua dans son sommeil, sûrement dérangé par les tremblements de la jeune femme. Elle passa sa main dans les cheveux du commandant afin de l'apaiser.

Le phénix sentit une goutte de pluie tomber sur son visage et fronça des sourcils. L'homme ouvrit les yeux pour voir l'état du ciel afin de définir si c'était une pluie passagère ou un début de tempête. La première chose qu'il vit fut un halo de cheveux blonds. Il leva les yeux vers la propriétaire de ses cheveux et comprit que c'était elle qui subissait une tempête intérieure. Ses sourcils se froncèrent un peu plus, tentant de comprendre pourquoi la Shizen pleurait.

« Sohalia ? » l'appela-t-il en essuyant les perles salées qui s'étaient écrasées sur son visage.

L'interpellée releva vivement la tête, surprise par la voix de l'homme. Elle écarquilla les yeux lorsque son regard se posa sur le commandant de la première division.

« Marco, je suis désolée, je t'ai réveillée, répondit-elle rapidement en s'essuyant les yeux.

- Que se passe-t-il ? demanda-t-il en ignorant ses excuses.

- Oh, rien ! Je vais aller ramasser mon linge, restes ici et repose-toi », mentit-elle en se relevant prestement.

La Shizen lui offrit un faux sourire pour le rassurer et s'enfuit vers la buanderie. Marco se redressa et observa un long moment le chemin que la jeune femme venait d'emprunter. Il cligna plusieurs fois des yeux et se gratta le front, contrarié. Il aperçut Izo le détailler et faire un pas pour suivre Sohalia. Le phénix lui fit un signe et emboîta le pas de la Shizen. Il la retrouva en train de plier ses vêtements, il s'assit sur une chaise et attendit un moment. Elle continuait de lui tourner le dos.

« Que se passe-t-il ? répéta-t-il, impassible.

- J'ai appris pour Lady et Itsuki », répondit-elle simplement.

Marco fronça des sourcils, comprenant mieux l'état de la jeune femme. Il resta un long moment à la fixer du regard. Finalement, il se leva et se plaça derrière elle. Il plaça ses bras autour de ses épaules. Il plaqua son dos contre son torse et posa son menton sur le sommet de son crâne. Elle lâcha le short qu'elle venait de décrocher et agrippa ses fermement bras. Elle ferma les yeux et se laissa bercer par l'étreinte rassurante du phénix. Après un moment, la jeune femme s'écarta de l'homme et lui offrit un sourire un peu plus vrai.

« Bon, je termine ça et je vais sûrement traîner à la bibliothèque, décida-t-elle en ramassant le short.

- Très bien, je vais dormir encore un peu pour ma part. Si tu as besoin de quoique ce soit..., proposa-t-il en désignant la porte de sortie.

- Je viens te voir, je sais, chantonna-t-elle, amusée.

- Ah ! Ça me fait penser, si tu as besoin d'autre chemise ou short, n'hésite pas. Ça ne me pose pas de problème, ni à Izo, l'informa-t-il.

- Je pense en effet que je vais en avoir besoin », dit-elle en levant un short, du moins la moitié du vêtement, l'autre partie était restée accrochée au fil.

Marco sourit et se retira. La jeune femme regarda, dépitée, ce qu'il restait de son short en toile beige et soupira. Il faudrait qu'elle en achète quelques-uns de rechange sur la prochaine île. Une fois sa tâche terminée, elle alla ranger ses vêtements dans le dortoir. Elle salua ses partenaires rapidement et se dirigea vivement vers la bibliothèque. Lorsqu'elle ouvrit la porte, elle tomba sur Haruta qui était en train d'écrire dans le journal de bord la journée de la veille. Elle le salua d'un mouvement de tête et se concentra à nouveau dans sa tâche. Sohalia attrapa un livre et s'installa dans l'un des fauteuils rembourrés.

« Comment vont tes côtes ? demanda-t-elle tout en continuant d'écrire.

- Mieux, mais Yori ne veut rien entendre, s'esclaffa-t-elle, surprise que la petite femme engage la conversation.

- Il est trop consciencieux, avoua-t-elle en hochant la tête.

- Oui, mais il est gentil, rétorqua-t-elle en souriant.

- Tu arrives à te remettre dans le rythme ? questionna-t-elle en refermant le journal.

- Oui, mais j'ai interdiction de faire le moindre effort, soupira-t-elle.

- Tu voudrais t'entraîner ? devina-t-elle en souriant.

- Oui, j'ai l'impression d'être un boulet ! s'alarma la Shizen en grognant.

- Vista t'aidera sûrement, mais fait attention à Yori. Ses menaces ne sont pas à prendre à la légère », la prévint-elle en rangeant le livre.

Sohalia la remercia pour le conseil et replongea dans sa lecture. Mais bien vite ses pensées se dirigèrent vers un autre livre. Lorsqu'elle se rendit compte que ça faisait trois fois qu'elle lisait la même phrase sans pour autant s'en souvenir, elle referma le roman et le rangea. Elle prit le journal de bord et chercha le jour où Lady avait été tuée. Elle s'installa à nouveau sur le fauteuil et lut avec attention ce qu'avait rédigé, d'après l'écriture, Marco.

S&A

Joz pénétra dans la bibliothèque et s'arrêta en découvrant Sohalia plongée dans sa lecture. Il toqua légèrement à la porte pour signifier sa présence. La jeune femme sursauta, faisant sourire le géant. La Shizen se releva et tendit le livre à l'homme.

« C'est à toi d'écrire ? demanda-t-elle.

- Oui, la journée ne va pas tarder à se terminer autant noircir les pages avant de m'endormir, répondit-il en prenant le journal. D'ailleurs que fais-tu ici à une heure aussi avancée ? » l'interrogea-t-il étonné que la jeune femme ne soit pas en train de dormir.

Sohalia leva un sourcil et regarda par le hublot. Il faisait nuit noir. Elle se passa une main sur le visage et soupira. Yori devait faire des bonds dans son infirmerie. Si elle ne se dépêchait pas, elle allait finir ficelée au lit.

« Je n'ai pas vu le temps passer, dit-elle en grimaçant.

- Je comprends mieux pourquoi Yori retourne tout le navire, déclara-t-il, un rire secoua ses larges épaules.

- À ce point-là ? s'inquiéta-t-elle en se raidissant.

- Oui, tu ferais mieux d'aller manger un morceau et prendre une douche avant d'aller affronter le tyran, s'esclaffa-t-il.

- Sûrement, bon, je te laisse, bon courage, le salua-t-elle en se dirigeant vers la sortie.

- Toi aussi, répondit-il, Sohalia ? l'appela-t-il alors qu'elle ouvrait la porte, bon retour parmi nous », lança-t-il en s'installant à la table.

La Shizen lui sourit, mais ne lui répondit pas. Elle le salua à nouveau et partit en direction de la salle à manger. Lorsqu'elle pénétra dans la pièce, elle ne fut pas surprise de voir qu'elle était presque vide. Elle alla toquer à la porte de la cuisine et y rentra après avoir eu l'autorisation du maître des lieux. Il lui servit une assiette pleine à ras bord et elle retourna dans la salle principale. Les derniers servis avaient toujours un peu plus de nourriture que les autres. Le chef tenait à ce qu'il ne reste plus rien de ce qu'il avait cuisiné durant la journée. La jeune femme repéra Ace et Sabo qui discutaient un peu plus loin, elle les salua d'un signe de tête et s'installa à une table, seule. Elle préférait manger seule et rapidement afin de ne pas trop faire attendre le médecin de bord.

Lorsque Sohalia pénétra dans la salle de bains, elle entendit sans difficulté les pirates discuter. En entendant la porte d'entrée s'ouvrir, elle se dépêcha de rentrer dans l'une des cabines vides et referma la porte. Elle se déshabilla, enleva les bandes sur ses côtes et autour de son crâne avant d'allumer le jet d'eau. Elle laissa l'eau chaude détendre chacun de ses muscles et soupira de bien-être. Distraitement, elle tendit l'oreille pour entendre les conversations des hommes. Elle avait cette habitude depuis toute petite.

« Alors Ace, ce concours de pêche ? demanda Okura en étouffant un rire.

- Plutôt pas mal, si on oublie le fait que je sois tombé à l'eau à cause de cet abruti de Luffy, grogna l'intéressé tandis que la Shizen pouffait discrètement en imaginant le commandant se débattre pour rester à la surface de l'eau.

- Et qui t'a repêché ? questionna Marco.

- Je parie que c'est la rousse, Nami, s'exclama Dom, la jeune femme imaginait parfaitement ce crétin baver rien qu'en repensant à la navigatrice.

- Zoro, souffla Portgas tandis que les hommes s'esclaffaient, Sohalia faisait de son mieux pour rester discrète.

- J'en connais un qui a dû être triste ! s'écria Izo en riant.

- Idiot, marmonna l'homme de feu.

- En parlant de la rousse, commença Curiel, vous ne trouvez pas qu'on est gâté niveau fille ? interrogea le commandant alors que le rire de Sohalia venait de mourir.

- Quand je pense que le commandant a passé sa journée avec deux de ces charmantes demoiselles, se plaignit Okura, cet homme était toujours aussi pervers, la Shizen soupira.

- Tu sais bien qu'elles sont intouchables pour nous, prévint Vista qui jusque-là était resté silencieux.

- Quel dommage, renchérit Dom.

- Qu'est-ce que vous pensez de la petite rose ? demanda Ace.

- Trop farouche ! répondit immédiatement Okura.

- Elle a l'air d'avoir mauvais caractère, ajouta Dom en soupirant alors que la blonde ne riait plus du tout.

- Et Sohalia ? questionna Izo en se retenant de rire.

- Fesses plates, avoua Curiel faisant rougir la jeune femme.

- Sa poitrine serait encore mieux un peu plus grosse, rajouta Ace, Sohalia attrapa sa serviette, se sécha rapidement et s'habilla à la vitesse du son.

- Sa chute de reins est..., commença Okura, ah, comment dire, tenta-t-il de définir alors que la Shizen sortait de sa cabine.

- Personne pour trouver un mot approprié ? lança-t-elle, créant un silence pesant chez les hommes. Eh bien vas-y Okura », l'encouragea-t-elle un sourire sadique collé sur ses lèvres.

Deux des jets se stoppèrent et quelques secondes plus tard, Izo et Marco avançaient vers elle, leur serviette était fermement accrochée autour de leur bassin. Le premier la dépassa avec un petit rire et alla s'habiller dans un coin de la pièce. Le fourbe !

Sohalia détourna les yeux pour les poser sur Marco. De ses cheveux collés gouttaient des petites perles d'eau, qui caressaient sans aucune pudeur son torse, admirablement musclé, et finissaient par se glisser habilement sous la serviette. Sohalia fixa l'une des gouttes qui tomba gracieusement de ses cheveux, caressa lentement sa joue. La perle se retint un moment sur sa mâchoire, mais elle se lança finalement pour mieux se rattraper à la clavicule du phénix. Elle cajola doucement les pectoraux du commandant. Elle frôla ensuite doucement les abdominaux du blond avant de disparaître, laissant une Sohalia frustrée.

Un autre jet se coupa et Portgas D. Ace s'approcha d'eux. Il passa l'une de ses mains dans sa chevelure noire tandis que l'autre retenait la serviette autour de son bassin. Bien vite, Vista, Okura, Curiel et Dom arrivèrent. Les deux commandants se rhabillèrent et après avoir salué leurs amis, ils disparurent par la porte. Joz pénétra dans la pièce et fixa le rassemblement avec intérêt.

« Ah, Sohalia ! Tu tombes bien ! Le Paternel veut te voir, la prévint-il en se dirigeant vers l'une des cabines.

- D'accord, j'y vais », répondit la Shizen en se passant une main sur sa nuque.

Ace la dépassa en l'ignorant et se retourna pour détailler la chute de reins qui fascinait son subordonné. Il fallait avouer qu'elle n'était pas mal, mais ça aurait été mieux avec des fesses moins plates. Il se retourna vers Sohalia.

« Elle est à tomber », lança-t-il sous les regards surpris de l'intéressée et amusés de ses camarades.

La jeune femme n'eut pas l'occasion de répondre. Le commandant de la seconde division était parti chercher ses vêtements et fit tomber sa serviette. La Shizen ne se gêna pas pour observer les fesses musclées d'Ace. Pourquoi n'aurait-elle pas profité d'un tel spectacle ? Il ne s'était pas gêné pour la mater ! Et puis, les yeux c'est fait pour ça. Elle se mit à rire, salua les hommes présents et se dirigea d'un pas rapide vers la cabine du capitaine. Priant pour ne pas croiser Yori sur le chemin. Elle était sûre que le médecin de bord allé lui passer un sacré savon. C'est en grimaçant qu'elle pénétra dans la chambre du vieux après avoir frappé.


MAJ : 17/12/2017