Lecteurs/Suivis/Favoris : Merci d'être de plus en plus nombreux ! :)


Disclamer : Certains personnages sortent de mon imagination. Les autres et l'univers reviennent à Monsieur Oda !


Trois semaines plus tard, à proximité du Royaume de Saint Urea.

Sohalia était assise sur le pont du Moby Dick devant la porte de la cabine du commandant de la quatrième division. Appuyée contre le bastingage, elle ne cessait de repenser aux trois semaines qui venaient de s'écouler. Il y avait eu beaucoup de changement dans la vie de la Shizen. La plus grande métamorphose avait été l'évolution du comportement d'Ace à son égard. Au début, il était distant, la jaugeant de loin. Puis, il avait installé une sorte de compétition entre eux, voulant tester la puissance de son prédécesseur. La jeune femme avait d'abord été surprise, mais avait accepté cette étrange relation avec joie. Leur combat quotidien aidait la blonde dans sa remise à niveau, et puis c'était toujours mieux que ses regards noirs.

Dès que Sohalia avait obtenu l'approbation de Yori, elle s'était empressée de supplier Vista de l'entraîner. Le commandant de la cinquième division avait de suite accepté. La Shizen avait mûrement réfléchi son choix d'entraîneur. Les combats à distance n'étaient pas un problème pour elle, ce dont elle avait besoin, c'était d'une aide pour les luttes au corps-à-corps. Elle aurait pu demander à d'autre commandant comme Joz, Haruta ou bien Rakuyou, mais elle avait l'impression qu'il y avait un mur entre eux et le commandant de la première division était bien trop occupé. Vista la faisait s'exercer quatre heures par jours, deux heures le matin, juste avant le petit-déjeuner, et deux heures l'après-midi. Ace assistait toujours aux heures de torture que lui infligeaient le commandant de la cinquième. Hiken ne se gênait pas pour se moquer des erreurs et des chutes de la jeune femme. Mais ses efforts payaient un peu plus chaque jour. La Shizen gagnait de l'endurance, de la force, et quelques courbatures.

Sohalia avait retrouvé la complicité qu'elle avait avec Izo. L'homme travesti était toujours là pour lui apprendre le nom et la personnalité des nouvelles recrues. Lorsque la jeune femme n'était pas en train de s'entraîner avec Vista ou de se battre avec Ace, elle était soit avec le phénix, soit en train de faire ses corvées avec Dom ou bien en train de parler avec le commandant de la seizième division. Un doux quotidien qui avait pourtant des arrières goûts amers pour la Shizen.


En début de matinée, Sohalia avait été dans la cale en compagnie d'Izo et de Dom. Elle était venue farfouiller dans des cartons remplis de ses vieilles affaires. Revoir les vêtements de l'époque l'avaient fait sourire tristement. Elle se souvenait de Satch qui la suppliait de porter des vêtements plus féminins, mais, têtue, elle refusait toujours. Et lorsque le défunt commandant de la quatrième division insistait un peu trop à son goût, elle se réfugiait chez Lady. Cette dernière l'accueillait joyeusement en lui offrant quelques biscuits et son sourire bienveillant. Quand elle avait découvert à nouveau, ses vieux jouets, ses vieilles peluches, des dessins plus au moins réussis et diverses photos, une boule avait envahi son estomac. La gorge nouée, la Shizen avait fait de son mieux pour ne pas craquer devant ses amis.

La Shizen était en train déchirer le scotch qui refermait le dernier carton, Dom était en train de s'amuser des vieux sous-vêtements de la jeune femme tandis qu'Izo s'affairait à trier les vêtements qu'elle pourrait remonter ou non. La jeune femme avait doucement ouvert les bords de la boîte et froncé des sourcils. Sohalia avait frôlé du bout des doigts le coffre métallique. Elle l'avait pris et posé sur ses genoux. Elle avait bien vite aperçu le cadenas qui empêchait quiconque d'ouvrir le coffre. Elle s'était penchée vers le carton et l'avait longuement détaillé. Dans un petit sachet plastifié se trouvait l'objet de ses désirs. Elle s'en était emparée rapidement et avait inséré la clé dans la serrure du cadenas. Un léger bruit lui avait appris qu'elle pouvait ouvrir le coffre. La Shizen avait eu un temps de réflexion avant de laisser sa curiosité l'emporter.

Sohalia avait écarquillé les yeux et avancé l'une de ses mains vers le contenu, tremblant légèrement. Des lilas blanc et mauve séchés étaient éparpillés autour d'un objet décoré de papier cadeau. Doucement, elle avait pris l'une des fleurs et porté à son nez. Elle avait inspiré profondément le parfum de la plante. Ce qu'elle aimait cette senteur, les lilas restaient ses fleurs préférées. Reposant avec précaution le végétal, elle avait tourné sa curiosité vers ce qui semblait être un cadeau. Elle l'avait pris et déballé en silence, ignorant le regard étonné de Dom et celui inquiet d'Izo. En ouvrant la boîte, elle était restée figée sur son contenu. Elle avait pris délicatement le tissu et s'était levée pour mieux admirer le vêtement. Une robe de marque, blanche, légère et simple comme la Shizen les aimait. Elle s'était tournée vers le commandant de la seizième division, en quête de réponse.

« Il l'a acheté peu de temps après ton départ pour la mission. Il avait prévu de t'emmener visiter l'archipel des Shabondy, une fois que tu serais revenue de ta mission. Il avait organisé un programme incroyable. Vous deviez passer une bonne partie de la journée à jouer au parc d'attractions, puis il voulait t'emmener dîner au restaurant et ensuite vous auriez dû aller, vous promenez au bord d'une des plus belles plages de l'archipel, avait raconté Izo en guettant la réaction de la jeune femme. Normalement, il y a également une lettre dans le coffre », avait-il précisé en s'approchant légèrement lorsqu'il avait remarqué que les épaules de la blonde tremblaient.

Sohalia avait posé doucement la robe et détaillé le coffre. Une lettre était attachée au fond. Elle l'avait détaché et observé un long moment l'enveloppe. Son prénom y était inscrit dessus. L'écriture de Satch. Elle avait déchiré l'emballage avec précaution et appréhension. La jeune femme avait jeté un regard inquiet à Izo, qui l'avait rassuré d'un hochement de tête.

« Sohalia,

Je sais parfaitement que ça ne sert à rien de t'écrire cette lettre, mais j'en éprouvais le besoin. Peut-être que mes mots te parviendront d'une manière ou d'une autre. En tout cas, je l'espère.

Je mets dans ce coffre une robe que je t'avais achetée le jour de ton départ pour la mission. Je voulais t'emmener sur l'Archipel des Shabondy, ton île préférée, pour fêter ton retour de mission. Ta première et ta dernière mission, seule. On aurait passé la journée au parc d'attractions, ensuite, on aurait dîné dans l'un des meilleurs restaurants de l'archipel, et on aurait terminé cette journée avec une balade sur la plus belle plage. Malheureusement, tout ceci n'aura jamais lieu...

Aujourd'hui, nous avons dressé une pierre tombale à ton nom. Une simple pierre avec ton prénom, ta date de naissance et celle de ta mort... Rien de plus. Un endroit symbolique où on pourra venir se recueillir. On n'a pas eu à creuser de tombe puisqu'on n'a pas retrouvé ton corps. Rien qu'à l'idée que la marine se trouve en possession de ton corps ou qu'il l'ait laissé dans un endroit perdu, comme si tu n'étais rien de plus qu'un déchet me fout en rogne !

Tu ne peux pas savoir comme je m'en veux... J'aurais dû t'accompagner pour cette mission et te protéger. Mais je suis resté sur ce navire à attendre gentiment, croyant que tu étais en sécurité. Mais tu étais seule contre des marines, toute seule contre des hommes qui ne pensaient qu'à te tuer. Il n'aurait pas dû avoir des marines sur cette île. Je ne comprends pas comment ils t'ont trouvé.

J'ai parfois l'impression que tu vas ouvrir la porte de ma cabine en m'appelant. Que lorsque je vais ouvrir une porte, tu seras derrière, les bras derrière le dos et un sourire resplendissant collé sur tes lèvres. Au fond de moi, j'ai cet infime espoir que tu sois toujours en vie, que tu sois en sécurité quelque part, mais c'est impossible. Nous avons fouillé l'île tout entière et nous n'avons rien trouvé. Personne ne se souvient de t'avoir vu. Alors, je suppose que cet espoir n'est rien d'autre qu'une illusion.

Chaque fois que je vois des cheveux blonds voletant dans le dos d'une femme, j'imagine que c'est toi qui se précipites vers nous. Lorsque je croise des yeux marron pétillants de vie, je ne peux m'empêcher de revoir les tiens.

J'espère que là où tu es, tu es heureuse, entourée de gens qui t'aiment. Peut-être as-tu retrouvé tes parents... Je me rassure en me disant que maintenant, tu reposes en paix aux côtés de ta mère et de ton père. Que tu ne connaîtras pas la douleur de voir les autres mourir.

Tu nous manques, Sohalia. Tu me manques, Lia-chan. Ma petite pirate.

À jamais,

Satch. »

La Shizen s'était rendu compte qu'elle pleurait lorsqu'elle avait aperçu une perle salée s'écraser près du nom de l'ancien pirate. Elle avait remarqué, surprise, que la lettre tremblait puis elle avait compris que c'était elle qui était la cause de ces tremblements. Un goût métallique lui avait fait prendre conscience qu'elle se mordait la lèvre inférieure pour ne pas éclater en sanglot. Elle avait senti Izo se rapprochait. Sohalia s'était levée précipitamment et était sorti de la cale. Elle avait ouvert la porte menant sur le pont et s'était figée. Pourquoi ce paysage était-il si magnifique alors qu'elle se sentait si mal ?! Pourquoi les personnes autour d'elle souriaient alors qu'elle retenait ses pleurs ?! Pourquoi ? Elle s'était lentement dirigée vers la cabine du commandant de la quatrième division, oubliant ce qui l'entourait. Elle était restée un long moment devant la porte, hésitant à rentrer dans la chambre. Finalement, elle s'était assise contre le bastingage, la lettre serrée contre sa poitrine, les genoux repliés contre son torse et sa tête enfouie dans ses bras.


C'est ainsi que Vista la trouva, toujours prostrée dans la même position. La journée touchait à sa fin et ils approchaient à présent du Royaume de Saint Urea. En soupirant, le commandant de la cinquième s'assit à ses côtés et resta un long moment silencieux.

« Sohalia ? Izo m'a expliqué. Mais nous n'allons pas tarder à jeter l'ancre, il faut que tu te reprennes », l'informa-t-il en fixant la porte de la cabine.

La Shizen releva lentement la tête de ses bras et détailla Vista. Il grimaça. Il n'était pas doué pour réconforter les gens, surtout les femmes. Il doutait d'ailleurs que les autres pirates puissent la réconforter un tant soit peu. Ses yeux étaient rougis par les larmes, ses joues en gardaient encore les traces et ses cheveux étaient ébouriffés.

« Je suis désolée. Je vais me préparer », répondit-elle en se relevant difficilement.

Vista remarqua le morceau de papier et la fixa jusqu'à ce que la Shizen disparaisse dans l'escalier menant au dortoir. Il se releva à son tour et retourna à l'avant du Moby Dick pour presser ses subordonnés à se préparer.

Sohalia pénétra dans le dortoir de la cinquième division et se dirigea vers son lit, ignorant de son mieux les regards de ses coéquipiers. En approchant de sa couchette, elle remarqua les cartons posés sur sa couverture. Le petit coffre où était enfermée la robe y était également. Dom prit quelques vêtements dans son tiroir et posa rapidement une main sur son épaule. Elle hocha la tête, le remerciant pour son soutien et d'avoir ramené les cartons ici. Elle déverrouilla le coffre et sortit la robe. Elle l'observa à nouveau et la rangea délicatement. Elle prit les vieilles chemises de Marco avec quelques t-shirts, des shorts et des sous-vêtements qu'elle fourra rapidement dans son sac à dos. La Shizen écoutait distraitement Dom qui racontait quelques blagues.

Elle releva vivement la tête et fronça les sourcils en dévisageant les hommes qui étaient dans le dortoir. Tous semblaient respirer correctement, alors d'où provenait ce sifflement ? Elle comprit rapidement que ça n'avait rien avoir avec la respiration et hurla aux pirates de se coucher. Quelques secondes plus tard, le Moby Dick tanguait dangereusement et des morceaux de bois volaient dans les airs, attendant de trouver un objet ou un pirate pour stopper sa course. Le boulet de canon avait dû traverser les dortoirs de la première et troisième division. Elle cria à Dom qu'elle allait voir les deux autres divisions touchées. Elle rampa à travers les décombres afin d'éviter une autre attaque potentielle.

Arrivant dans le second dortoir, elle aperçut des pirates soulever des planches de bois, lits détruits et autres objets que le boulet avait renversés dans sa course. Elle tourna la tête de chaque côté et se pétrifia. À sa gauche, un homme gisait sous des décombres. Elle s'en rapprocha et vit du sang coulé de sa tête. Elle l'appela et regarda les doigts de l'homme bouger avec soulagement. Elle continua de lui parler tout en se démenant pour le sortir du piège mortel, qui pouvait se refermait à tous moment sur lui. Un autre tir de canon retentit et elle se jeta sur l'homme pour le protéger d'un autre choc. Elle entendit les cris des hommes sur le pont qui faisait de leur mieux pour empêcher les boulets de s'abattre à nouveau sur le navire.

Dès que le Moby Dick s'arrêta de tanguer, elle continua de dégager l'homme. Elle souleva la dernière planche, mais celle-ci était plus lourde que ce qu'elle pensait. La poutre entraîna la jeune femme dans sa chute. Le pirate cria de douleur tandis que la Shizen sentait le bois attaquer ses paumes. La respiration saccadée, elle se releva et enleva la poutre avec l'aide de son pouvoir. Son regard balaya le corps de l'homme et vit, avec horreur, qu'un morceau de la poutre avait traversé la jambe de l'homme.

« Sohalia ! s'époumona Joz en regardant ses hommes sortir.

- Joz ! Vite ! Il est blessé ! lui répondit-elle en cherchant un moyen de le sortir de la pièce.

- Egard ?! Tu penses pouvoir monter les escaliers ? demanda le commandant en détaillant le visage livide de l'homme.

- Avec un peu d'aide, oui, dit-il en grimaçant.

- Il faut d'abord enlever ce truc de ta jambe. Et ça a traversé de part en part. Si on l'enlève maintenant, tu risques une hémorragie, contredit la jeune femme.

- Sohalia, va chercher un médecin », ordonna Joz en se posant à côté d'Egard.

La jeune femme ne chercha pas à répliquer. Elle se releva rapidement et fila entre les hommes qui tentaient de remonter. Elle entendit brièvement certains d'entre eux l'insulter, mais elle les ignora. Une vie était en jeu. Elle ne fit pas attention à Vista qui l'appelait et tomba sur Yori. Ses vêtements d'un blanc impeccable étaient maintenant tâchés de rouge. Il avait les cheveux en bataille et le regard vif. Sohalia se dispensa de discours et l'entraîna dans les dortoirs. Le médecin en chef jeta un seul coup d'œil à la blessure et se mit aussitôt au travail. Joz envoya Sohalia sur le pont pour aider à combattre les attaquants. Après que Yori ait promis à la jeune femme de la tenir au courant de l'état de l'homme, elle remonta au pas de course les marches.

Tournant la tête de tous les côtés, elle chercha son commandant pour savoir ce qu'elle pouvait faire. Elle eut dû mal à le trouver dans ce chaos, mais elle finit par l'apercevoir près d'un homme qui saignait abondamment. Elle partit à l'avant du navire et trouva la quatrième division sans commandant cherchant à se rendre utile. Marco passa à côté d'elle, vérifia son état et lui indiqua d'un signe de tête la division perdue. Elle était censée faire quoi ? Les mettre dans un coin pour qu'ils ne gênent personne ? Elle soupira et chercha dans la division lequel était celui qui donnait des ordres. Mais sans succès. Ils criaient tous en même temps. Elle siffla pour attirer leur attention. Quand le calme fut revenu, elle les questionna :

« Que se passa-t-il ?

- Les habitants nous attaquent. Apparemment, ils sont en pleine guerre civile et refusent que les pirates mettent un pied sur l'île et les coulent avant qu'ils n'atteignent le port, expliqua rapidement Hogo en observant la jeune femme qu'il avait connu petite.

- Personne ne parlemente avec eux ? s'étonna-t-elle en cherchant les deux empereurs.

- Shanks et Père essayent, mais ça ne donne pas grand-chose, répondit Aki en désignant la cabine du capitaine du menton, Sohalia le détailla, c'était la première fois qu'elle le voyait.

- Bien, on va s'occuper du côté droit du navire. Il faut absolument détruire tous les boulets arrivant. Plusieurs hommes sont touchés dans les dortoirs et les médecins sont débordés », ordonna-t-elle en courant vers la direction des dortoirs.

Les pirates échangèrent un regard surpris, mais obéirent. Qu'importe leur chef tant qu'ils pouvaient se rendre utile. Ils slalomèrent entre les civières, médecins, blessés et combattants. Lorsqu'ils furent sur le flanc droit du navire, les hommes se placèrent en ligne droite sans que la Shizen n'ait besoin de leur dire. Elle sourit devant leur efficacité et se concentra. Quatre autres nouvelles détonations firent trembler l'air. On parvenait déjà à entendre le sifflement des boulets qui approchaient à une vitesse affolante. Bientôt les points noirs grossirent. Dès qu'ils furent à proximité du Moby Dick, les hommes de la quatrième division et Sohalia les tranchèrent et explosèrent à l'aide de leurs épées, armes à feu et le pouvoir de la jeune femme.


Essoufflée, Sohalia retomba sur ses pieds à côté de Hogo qui lui sourit rapidement. Elle lui répondit par un léger signe de tête. La Shizen écouta attentivement, attendant les prochaines détonations. Mais rien ne lui parvient. Est-ce que les empereurs avaient enfin pu faire entendre raison aux natifs ? Vista, qui passait en courant, pila en apercevant sa subordonnée.

« Te voilà ! Tu sais depuis combien de temps je te cherche ?! Je peux savoir ce que tu fais ? lança-t-il en détailla avec curiosité le groupe.

- Marco m'a demandé de m'occuper d'eux. Il y a un problème ? s'inquiéta la jeune femme.

- Mise à part le fait qu'on se fait canarder comme des lapins et qu'on est coincé en pleine mer ? railla-t-il en souriant.

- Si les empereurs n'arrivent pas à leur faire comprendre qu'on ne vient pas pour les voler, il va falloir y aller par la force, intervint Aki.

- Voilà qui va les rassurer ! s'esclaffa Hogo.

- Je vois que tu te débrouilles bien ici, indiqua le commandant en jetant un coup d'œil aux hommes.

- Plus ou moins, marmonna-t-elle, il y a encore beaucoup d'hommes bloqués dans les dortoirs ? ajouta-t-elle en tentant de regarder par-dessus l'épaule de son supérieur.

- Seulement ceux qui sont gravement atteints. Les médecins leur apportent les premiers soins sur place, mais c'est compliqué, narra l'homme en tripotant sa moustache. Reste sur tes gardes, ils ont cessé le feu pour le moment, mais ils préparent peut-être quelque chose », précisa-t-il en fixant les côtes.

Il s'éloigna vers les dortoirs tandis que Sohalia retournait auprès des pirates. Ces derniers se lançaient quelques plaisanteries pour faire passer le temps. La jeune femme resta en retrait, les observant avec amusement. La quatrième division était à l'image de son ancien commandant. Ils étaient tous en train de rire d'une blague alors que la menace planait toujours sur eux. La Shizen capta bien vite les regards de certains hommes vers les côtes. Ils étaient conscients que les habitants pouvaient les attaquer par surprise. La voix de Joz résonna à travers le navire. La négociation avec les natifs était terminée et ils allaient pouvoir jeter l'ancre dans le port. Sohalia perçut la méfiance des hommes de la quatrième disparaître tandis qu'ils se dirigeaient vers la proue du navire pour avoir plus d'informations.

La Shizen soupira et étira ses bras au-dessus de sa tête. Elle les entendit craquer avec satisfaction. La jeune femme partit vers l'infirmerie pour vérifier si ses coéquipiers n'étaient pas blessés. En ouvrant la porte, Sohalia ne fut pas surprise de voir le chaos qui régnait dans la pièce. Elle aperçut Yori courir vers un lit avec des bandages dans une main et une aiguille dans l'autre. Il cria à un autre homme vêtu de blanc qu'il lui fallait plus de compresses. Il la vit et lui fit un signe de tête. Elle se faufila comme elle put et se stoppa devant le patient du médecin. Egard était allongé, pâle comme un linge et couvert de sueur.

« Bonjour, commença la blonde en attrapant une serviette propre et la trempant dans un bassine d'eau, je n'ai pas eu le temps de me présenter, je suis Sohalia Shizen, membre de la cinquième division, se présenta-t-elle en épongeant le front de l'homme.

- Egard, merci de m'avoir sauvé, dit-il en grognant contre la douleur.

- De rien, souffla-t-elle en évitant de regarder le sang qui s'écoulait lentement, mais sûrement de la plaie, tu ne peux rien lui donner contre la douleur, demanda-t-elle à Yori qui appliquait une compresse sur la blessure.

- Bien sûr que si. Ça fait un moment que j'ai demandé une dose de morphine, mais apparemment, il est parti la chercher à North Blue, clama-t-il en toisant le jeune médecin qui semblait perdu. Parle-le-lui, ça lui changera les idées, lança le médecin en chef en préparant le fil et l'aiguille pour recoudre la plaie.

- Yori... gémit-elle en le voyant approcher l'aiguille, tu ne peux pas attendre qu'il ait la morphine ?

- Non, il y a d'autres patients et ils sont peut-être plus gravement blessés », répliqua-t-il en pinçant les bords de la plaie.

Sohalia grimaça en voyant Egard devenir un peu plus blanc au fur et à mesure des secondes. Qu'est-ce qu'elle pouvait bien lui raconter pour faire oublier à cet homme qu'une aiguille se plantait et replantait dans sa peau ?!

« Bien, tu es dans la troisième division, c'est ça ? commença-t-elle en serrant la main du pirate.

- Oui, je suis sous les ordres du commandant Joz, souffla-t-il pour ne pas crier de douleur, il serra fortement la main de la jeune femme.

- Je n'ai jamais été sous les ordres de Joz. Petite, il me faisait peur. Je croyais que c'était un géant qui allait me manger, rit-elle pour détendre Egard.

- C'est vrai que c'est un homme impressionnant, répondit-il en souriant difficilement.

- Docteur Yori, voici la morphine, intervint un homme qui tenait triomphalement une seringue dans sa main.

- Regarde bien ce que je fais, rétorqua le médecin, tu n'as pas l'impression d'être en retard ?

- Si, monsieur, mais il n'y avait plus de seringues, j'ai dû aller en chercher dans la réserve, tenta de se justifier le jeune homme.

- Tes excuses, j'en ai rien à foutre, s'exclama le médecin en chef en coupant le fil d'Egard, lorsque je demande une dose de morphine pour calmer la douleur d'un patient, je la veux dans la seconde qui suit. Si t'es pas foutu de faire ça, change de métier. Être médecin sur un bateau pirate n'est pas un métier de tout repos. Ce genre de situation comme aujourd'hui, ce n'est pas exceptionnel, c'est quotidien. Si tu t'es engagé ici pensant que tu allais pouvoir lézarder au soleil, tu t'es trompé ! Maintenant au lieu de rester planter en plein milieu du passage comme un abruti, tu pourrais soulager la douleur d'Egard ?! » termina Yori en jetant ses gants usagers dans la poubelle sous les regards étonnés des pirates et médecins de la pièce.

Yori cria aux autres médecins de se remettre au travail et partit s'occuper d'un nouvel arrivant qui avait le bras couvert de sang. Sohalia resta un moment figée sur place. Elle avait toujours cru que Yori était un homme calme, qui ne perdait jamais son sang-froid. Elle s'était trompée. La Shizen détailla le jeune homme. Le pauvre semblait être pétrifié. Egard poussa un douloureux gémissement. L'apprenti sembla reprendre vie et se précipita vers le pirate, sous le regard encourageant de certains médecins.

« Je suis désolé, souffla-t-il tandis que Sohalia retrouvait sa main.

- T'as fait de ton mieux petit, répondit le pirate en soupirant de soulagement lorsqu'il sentit le produit faire effet.

- Ça lui arrive souvent de péter un câble comme ça ? demanda la Shizen en pliant et dépliant ses doigts afin de refaire circuler le sang.

- Lorsque les situations sont chaotiques et qu'il a l'impression que les autres s'amusent alors que des vies sont en jeu. Sinon, c'est un homme charmant », répondit une voix féminine.

Sohalia grimaça. Ça ne pouvait être qu'une infirmière. Elle se retourna pour connaître son vis-à-vis. Elle se retrouva face à une femme aux cheveux blonds attachés en une queue-de-cheval lâche et aux yeux marron. Elle était habillée de l'uniforme rose des infirmières.

« Je suis Tachi, l'infirmière en chef. Yori m'a demandé un coup de main, continua-t-elle en lançant un sourire doux à la Shizen, bien trop doux au goût de Sohalia.

- Sohalia Shizen, ancien commandant de la seconde division. Je suis actuellement membre de la cinquième division, répondit-t-elle avec aplomb en tendant sa main à l'infirmière.

- Enchantée, chantonna-t-elle en serrant la main tendue alors qu'Ace rentrait dans la pièce. Je vous accompagnerais sur l'île pour surveiller l'état de votre Père, informa-t-elle en souriant au commandant.

- Alors, j'espère qu'on va bien s'entendre, siffla-t-elle en renforçant sa poigne sur la main manucurée de l'infirmière.

Sohalia lâcha la main de Tachi en la toisant. Elle salua Egard qui commençait à s'endormir, encouragea rapidement le nouveau médecin et dépassa l'infirmière. Elle se stoppa et se retourna vers elle.

« Tachi ? Je peux vous donner un conseil ? l'interpella-t-elle, impassible.

- Bien sûr ! s'exclama-t-elle, surprise.

- Regardez la fiche de santé de Père serait peut-être mieux que de baver sur les torses de certains commandants », lança-t-elle en montrant les feuilles qui se trouvaient entre les mains de la femme.

Sohalia se dirigea vers Ace sans laisser le temps à l'infirmière de répondre. Le commandant l'attendait dans un coin de la pièce afin de ne pas gêner les médecins. Il avait observé la scène avec curiosité. Ils sortirent de l'infirmerie en silence. Ils se dirigèrent vers le pont avant du navire.

« Qu'est-ce que tu veux, le Bleu ? commença-t-elle en plongeant ses mains dans les poches de son short.

- Père veut te voir, Marco te cherchait aussi toute à l'heure, blondinette, répondit-il en désignant le phénix.

- Bien, merci, dit-elle en s'éloignant vers la cabine du capitaine.

- Attendant ! Y a un problème avec Tachi ? demanda-t-il en la retenant par le bras.

- Je ne supporte pas cette femme. Elle est un peu trop mielleuse à mon goût, expliqua-t-elle en soupirant, bon, j'y vais, à plus tard ».

La Shizen n'attendit pas qu'il lui pose d'autres questions et fila dans la cabine du Paternel. Elle s'assit et attendit patiemment que le Paternel daigne lui expliquer pourquoi il l'avait fait venir. Barbe Blanche se leva de son lit et arracha les fils qu'il avait dans le nez. Il prit son long manteau et le mit. Il attrapa son bisento et fit signe à la jeune femme de le suivre. Ils sortirent de la cabine en silence et le capitaine s'assit sur son siège. Sohalia resta debout face à lui.

« Tu es transféré dans la quatrième division en tant que membre à part entière, déclara le Paternel en éloignant Tachi d'un geste de la main. Cette division sera sous les ordres de Marco pendant notre séjour au Royaume de Saint Urea, poursuivit-il en prenant une bouteille de saké.

- Bien, Père. Puis-je connaître les raisons de mon transfert ? demanda-t-elle en ignorant le regard de Dom.

- J'ai vu le travail que tu as fourni avec les hommes de la quatrième, je pense que tu peux leur être utile, éluda-t-il, nous en reparlerons plus tard, va te préparer mon enfant », termina-t-il.

Sohalia hocha la tête et se dirigea vers le dortoir de la cinquième division. Dom la suivit automatiquement, mais resta silencieux. Quand ils pénétrèrent dans la chambre, ils trouvèrent Vista en train de discuter avec ses subordonnés. Ils se turent en les voyants. La Shizen se fraya un chemin entre les décombres et ignora le trou béant dans le mur. Une chance pour elle, le boulet avait eu la gentillesse d'épargner ses affaires. D'autres n'avaient pas eu cette chance.

« Tu es au courant ? lança-t-elle au commandant.

- Oui, je viens de les informer, répondit-il simplement.

- Ah, dit-elle en finissant de faire son sac pour le séjour sur l'île.

- Tu déménages quand ? demanda Stephen avec nonchalance.

- Dès que nous aurons trouvé la première clé. Mais si ça te dérange, je peux mettre mes affaires dans le dortoir de la quatrième maintenant ! rétorqua-t-elle en mettant avec un peu trop de force une des vieilles chemises de Marco dans son sac, j'y vais, on se voit plus tard ? ajouta-t-elle à l'adresse de Dom.

- Bien sûr, bon courage ! » dit-il en lui donnant un coup de coude joueur.

Sohalia sourit et salua les pirates puis sortit du dortoir. Une fois la porte refermée, elle s'adossa quelques instants dessus et soupira. Elle se redressa et remonta sur le pont. La Shizen se dirigea vers l'avant du navire. Le Moby Dick avait retrouvé son calme habituel et des charpentiers s'affairaient déjà à réparer les dégâts. Les membres de la première et la seconde division s'occupaient d'amener le bateau au port. Ace était sur l'un des mâts et remontaient la voilure, tandis que Marco se préparait à donner l'ordre de jeter l'ancre. Plus le navire se rapprochait du ponton, plus elle apercevait un groupe d'hommes.

« Charmant, marmonna-t-elle.

- Un comité d'accueil, trop aimable, railla Aki en se plaçant à côté de la Shizen.

- Ils sont toujours aussi méfiants, soupira Genjiro en souriant, amusé par la réaction des natifs.

- Bienvenue dans la quatrième division, lança Hogo en lui tapant l'épaule, si fortement qu'elle crut que son bras allait se détacher.

- Merci, répondit-elle surprise par le manque de réaction des autres membres.

- Aki est le dernier à nous avoir rejoint. Il est un peu froid et pratique l'humour noir, il se bat avec une épée et un pistolet, commença Hogo. Genjiro est, comme son nom l'indique, un homme plutôt de nature joyeuse, c'est un excellent viseur, il manque rarement sa cible, continua-t-il en désignant un homme plutôt mince et borgne de l'œil gauche. Hayate nous vient des îles célestes, il pratique l'escrime double. Il a récemment ajouté à ses lames un dispositif assez intéressant, tu verras de tes propres yeux ! lança-t-il en riant, l'homme en question était plutôt banal et arborait avec fierté un bandeau de sport beige avec l'emblème de l'équipage. Tu as déjà rencontré Yori, c'est le médecin de notre division, il viendra avec nous sur l'île. Quoi ?! Tu ne savais pas ? s'étonna l'homme lorsqu'il la vit sursauter de surprise. Le petit cachotier ! ria Hogo. Bon, les autres, tu les connais. Si tu as besoin de quoi que ce soit, n'hésites pas ! »

Effectivement, les autres, elle les connaissait. Hiroshi, un homme plutôt petit et qui se battait avec deux sabres, il était quelqu'un de généreux et de franc. Il faisait partie de l'équipage depuis ses vingt ans et il en avait à présent quarante-deux. Il avait une cicatrice sur le cou. Les médecins l'avaient sauvé in extrémiste, lorsqu'il avait une trentaine d'années. Hade était un homme d'une trentaine d'années, et son nom lui correspondait à merveille. Il n'avait aucune discrétion. Il combattait avec un pistolet automatique et était très bon au corps-à-corps. Ikaku était un homme aussi impressionnant que Joz ou Atmos. Il avait un visage fermé et froid, mais c'était quelqu'un de sympathique et qui plaisantait avec joie. Il utilisait un bazooka et toutes sortes d'armes à feu. Kan avait une excellente intuition, chaque membre de la division avait appris à s'y fier. Il possédait une épée et un poignard à la ceinture. Et le dernier membre se prénommait Kenta, il avait une force incroyable et une santé de fer. Un seul de ses coups de poing pouvait assommer un bœuf.


Marco s'approcha du groupe et les salua. Il leur demanda de se préparer à mettre pied à terre et de rester discret. Les habitants étaient vraiment tendus. Les hommes obéirent et lancèrent quelques blagues à Hade sur sa discrétion légendaire. Sohalia entendit les ancres des navires percuter la surface de l'eau. Barbe Blanche et Shanks furent les premiers à descendre sur le ponton. Ils se dirigèrent vers le groupe d'hommes. Ils parlèrent pendant un instant et se retournèrent vers les pirates pour leur faire signe de descendre. Dès qu'ils posèrent les pieds sur les planches de bois, Sabo et le groupe de Révolutionnaire allèrent à la rencontre des natifs. La Shizen les détailla avec curiosité.

« Des révolutionnaires sont implantés sur cette île pour soutenir la révolution, expliqua Ace en regardant son jeune frère qui descendait de son navire avec son équipage, il ne semblait être atteint par la tension qui régnait sur l'île.

- Heureusement que Sabo est là, ça va faciliter le dialogue, répondit-elle.

- Ça aide, c'est sûr. Pourquoi elle met des talons ? lança-t-il.

- De quoi tu parles, le Bleu ?! s'étonna-t-elle en suivant son regard. Bonbon rose, le retour, marmonna-t-elle.

- Qu'est-ce que t'as contre elle ? rétorqua-t-il.

- C'est une incapable, dit-elle en suivant les membres de la quatrième.

- Ça vous fait un point commun, répliqua-t-il.

- Va donc t'occuper de ta division, le Bleu ! » hurla-t-elle sans se retourner.

Les pirates commencèrent à avancer vers l'île et la première ville. La quatrième division se mélangea avec la première. La progression se passa dans le plus grand des silences, sauf pour les révolutionnaires qui parlaient avec les habitants pour connaître la situation. Lorsqu'ils arrivèrent à l'entrée du village, ils se stoppèrent. Les empereurs remercièrent le groupe d'hommes et se retournèrent vers les pirates.

« Bien, d'après le dirigeant, un groupe de marines assez étranges est arrivé sur l'île il y a un mois, commença Barbe Blanche.

- Les marines sont toujours étranges, marmonna Aki.

- D'après les informations qu'ils nous ont gentiment partagées, continua Shanks.

- Partagé entre deux tirs de boulet, railla à nouveau Aki.

- Les soldats se sont séparés et sont rentrés dans la végétation alentours, poursuivit le Paternel en haussant le ton.

- Génial, il va falloir qu'on ratisse la forêt, répliqua Aki.

- Ça suffit, siffla discrètement Sohalia, n'en pouvant plus des remarques incessantes du jeune homme, on n'aura pas besoin de ratisser quoi que ce soit puisqu'on a une carte qui doit nous indiquer l'emplacement exact de la clé. On devra juste être vigilant, car Jef aura sûrement placé quelques pièges et hommes pour nous barrer la route.

- Eh bien, elle t'a bien cloué le bec ! » ria Hogo en ébouriffant le jeune homme qui ronchonnait.

La procession se remit en marche et ils avancèrent en fonction des informations que leur donnait Marco. Ce dernier faisait de son mieux pour les orienter correctement dans cette végétation dense et variée. Pour les médecins, c'était un marché gratuit, une occasion unique de faire le plein de plantes. Pour les autres, c'était un enfer. Les soldats avaient placé plusieurs pièges à ours au sol. Par chance, aucun pirate ne se fit avoir. Sohalia profita de ce temps de marche pour discuter avec ses nouveaux coéquipiers. Elle apprit par Kan qu'après la mort de Satch, certains membres avaient changé de division ou pris leur retraite. Voilà pourquoi la quatrième avait peu de membres. Kan lui expliqua que son intuition était un peu comme un don et qu'il s'en servait souvent pour protéger la division.


Deux heures de marche, deux heures que les moustiques les harcelaient pour pouvoir goûter à leur sang, deux heures qu'elle supportait l'humour noir d'Aki, deux heures que Kan l'impressionnait lorsqu'il débusquait les pièges dissimulés dans les branches, feuilles mortes. Deux heures qu'Hogo riait à chaque fois qu'Hade se faisait remarquer. Deux heures que Genjiro taquinait gentiment ce dernier faisant rire toute la division. Deux heures qu'elle percevait les coups d'œil insistant de Tachi sur les torses dénudés des pirates. Sohalia aurait bien aimé demander à Kan de la laisser se prendre dans un piège à ours, mais se retient de justesse. Malgré quelques points noirs, la Shizen se sentait étrangement bien. Elle avait l'impression d'être chez elle, enfin ! Elle se détendit et commença à blaguer avec ses partenaires de combat.

Marco coupa court aux plaisanteries en leur apprenant qu'ils venaient d'arriver à destination. Les hommes firent tomber leurs sacs sur le sol et se figèrent.

« C'est une blague ? demanda Aki en pointant l'étendue d'eau.

- Bien sûr, et tu vas voir apparaître un immense pot de crème contre les piqûres de ces putains de, commença Hiroshi en tentant de chasser l'insecte qui lui taper sur le système.

- On a compris, le coupa Yori en détaillant l'étang.

- Moi, ça ne m'étonne pas, lança Sohalia en s'écroulant sur le sol.

- Très classe, répliqua Hogo.

- Je sais, on a le style ou on ne l'a pas ! rétorqua-t-elle en se relevant un peu pour apercevoir la cause de la mauvaise humeur de certains pirates.

- Qui se dévoue ? questionna Aki.

- Celui qui propose ? répondit aussitôt Hade.

- Hors de question ! Connaissant le sadisme de ce mec, il a sûrement mis des poissons du genre piranha ! » s'exclama le jeune homme.

Les pirates rirent. Un étang d'eau compliquait la tâche et éliminait pas mal de pirates pour chercher la clé. Alors que les hors-la-loi débattaient sur le moyen de la récupérer rapidement, l'eau de l'étang se mit à trembler. Les oiseaux s'envolèrent dans des cris apeurés. La terre se mit à vibrer avec violence. Le silence entoura les pirates, qui se préparaient déjà au pire.


Edit : 04/05/2020