Lecteurs/Suivis/Favoris : Merci d'être de plus en plus nombreux ! :)
Disclamer : Certains personnages sortent de mon imagination. Les autres et l'univers reviennent à Monsieur Oda !
Moby Dick, infirmerie.
Sohalia ouvrit les yeux en percevant les pirates s'activer sur le pont. Elle tourna la tête vers le hublot et vit que le Soleil venait seulement de se lever. Ses yeux glissèrent sur le commandant de la seizième division. Izo dormait paisiblement, nullement troublé par les pas précipités de ses compagnons. La Shizen se redressa un peu et grogna en sentant une douleur lui taquiner la poitrine. Elle récupéra sa main et se mit à jouer avec les cheveux noirs de son frère. Ses cheveux, ordinairement bien coiffés, étaient éparpillés partout autour de son visage. Son maquillage avait coulé, le faisant vaguement ressembler un clown. Sohalia grimaça, elle détestait les clowns. Satch avait fait l'erreur de l'emmener voir un spectacle de clown. Elle en était ressortie en pleurant. Une douleur différente se manifesta malicieusement dans son cœur. Elle soupira et fixa le plafond, décidée à se changer les idées. Combien pouvait-il bien avoir de petits carreaux au plafond ?!
La porte s'ouvrit lorsqu'elle atteint le cinquante sixième carreau. Elle tourna mécaniquement la tête en fronçant les sourcils. Elle n'aurait plus qu'à tout recompter ! Marco se figea sur le seuil de la porte et la fixa. Sohalia lui sourit et lui fit signe d'entrer. Elle mit son index sur ses lèvres et désigna Yori et Izo qui continuaient de dormir. Il prit une chaise, l'installa du côté du lit inoccupé et s'assit. Il la détailla longuement, posa sa main sur son front et hocha la tête.
« Ça fait longtemps que tu es réveillée ? demanda-t-il en attrapant sa main.
- Je suis réveillée depuis que vous vous activez, répondit-elle en gardant son sourire collé sur ses lèvres.
- Tu sais que tu nous as faits peur, Sohalia Shizen ?! lança-t-il en la regardant durement.
- Oh, c'est la première fois que je t'entends m'appeler comme ça, pouffa-t-elle, surprise.
- Il n'y a rien de drôle, répliqua-t-il.
- Je sais, Marco. Mais tout va bien, non ? »
Le phénix ne répondit pas et soupira. Il passa une main lasse dans ses cheveux et regarda Izo. Il avait passé toute la journée de la veille à surveiller la Shizen. Ils s'étaient relayés à son chevet, gardant un œil sur elle, contrôlant sans cesse que son cœur ne s'arrête pas. Lorsqu'il l'avait vu la première fois, allongée sur ce lit blanc, inconsciente et avec ce tube dans la bouche, il avait eu l'impression d'être en plein cauchemar.
« Marco ? » répéta-t-elle inquiète de ne pas avoir de réponse.
Il l'embrassa du regard et remarqua ses sourcils froncés. C'était à lui d'être inquiet, non à elle.
« Tout va bien ? insista-t-elle.
- Oui, souffla-t-il en sentant toute la pression sur ses épaules disparaître.
- Pourquoi vous vous activez sur le pont ? demanda-t-elle en entendant un homme courir devant l'infirmerie.
- On ne va pas tarder à jeter l'ancre, murmura-t-il en voyant Izo remuer dans son sommeil.
- Où ça ? » continua-t-elle de le questionner en posant sa main sur les cheveux de l'endormi.
Le commandant de la seizième division se calma.
« San Faldo, répondit-il.
- La ville du carnaval ?! Jef a planqué la prochaine clé là-bas ? s'étonna la jeune femme.
- Non, Père nous donne cinq jours de permission, rectifia-t-il.
- Ah », dit-elle simplement.
Un lourd silence s'installa, rendant l'atmosphère pesante. Ni l'un, ni l'autre ne comprit pourquoi l'ambiance était si lourde. Sohalia s'esclaffa faisant sursauter les hommes présents dans la pièce. Izo la regarda, encore endormi, et Yori jura.
« Qu'est-ce que tu fais ici ? rit-elle en frappant l'épaule du phénix. Tu devrais te presser pour en profiter !
- Sohalia ! Tu es réveillée ?! s'exclama Izo.
- Bonjour, lança-t-elle en souriant.
- Depuis quand ? demanda-t-il en se redressant.
- Pas longtemps, répondit-elle.
- Tu vas bien ? continua-t-il.
- Parfaitement bien. »
Marco se leva pour laisser Yori examiner la jeune femme. Il fixa la Shizen discuter tranquillement avec Izo.
« Tu as raison, je vais aller aider, déclara-t-il en se dirigeant vers la porte.
- Amuse-toi bien, répondit-elle.
- Ouais, merci », lança-t-il en fermant la porte.
Marco partit vers l'avant du navire, les mains dans les poches. Il répondit à peine aux pirates qui le saluaient. Il s'arrêta et tourna la tête vers les cabines qui se succédaient sur sa gauche. Il soupira et appuya ses coudes sur le bastingage. Il devrait être heureux : Sohalia était réveillée et semblait aller bien. Elle était hors de danger, elle souriait à nouveau et riait déjà. Alors pourquoi était-il en colère ? Et contre qui, d'ailleurs ?! Lorsque le rire de la jeune femme avait résonné dans la pièce, brisant le silence pesant, il avait eu l'impression qu'il arrivait enfin à respirer.
« Non, mais quel con ! » marmonna-t-il en se passant la main sur le visage.
Au moment où Izo s'était réveillé et que Yori s'était occupé d'elle, il avait compris une chose essentielle. Elle n'avait plus autant besoin de lui qu'avant. Elle avait grandi sans qu'il ne s'en rende compte. C'était contre lui qu'il était en colère. Il était jaloux de ses hommes qui prenaient soin d'elle à sa place. Marco se tourna vers l'océan, choqué par ce qu'il commençait doucement à comprendre. Il venait de se faire piéger à nouveau, il n'avait rien vu venir.
« Mais quel con ! » s'exclama-t-il.
Sohalia fixa un moment la porte qui venait de se refermer. Izo fit glisser son regard de la porte que Marco venait de franchir à la jeune femme. Yori continuait son examen dans le plus grand des silences. Il se dirigea vers son bureau et grava quelques annotations sur un carnet. La Shizen soupira et reporta son attention sur le commandant de la seizième division. Elle arqua un sourcil et le détailla. Elle se mordit la lèvre inférieure, retenant tant bien que mal son hilarité. Le maquillage de l'homme n'avait pas disparu, mais avait déteint sur le drap blanc de son lit, laissant quelques traces sur le visage de l'homme.
« Quoi ?! » demanda Izo en sourcillant.
Sohalia laissa libre cours à son hilarité, tandis qu'Izo s'interrogeait sur la cause du fou rire de la jeune femme. Il se leva et se plaça devant le miroir. Il écarquilla les yeux et se retourna vers la Shizen. Le commandant de la seizième ressemblait à une chouette qui aurait été maquillée par des enfants. Le rire de Sohalia redoubla. Yori quitta la pièce pendant qu'Izo tentait de calmer ses cheveux rebelles avec un peu d'eau.
Marco était assis dans la salle à manger devant une tasse de café fumante, ressassant les mêmes pensées depuis dix minutes. La plupart des hommes avaient mis pied à terre dès que le Paternel leur avait autorisé. Certains devaient déjà rechercher les meilleures tavernes de l'île afin d'étancher leur soif et de faire taire leur appétit. D'autres devaient être en quête de la chaleur d'une femme, de sa tendresse afin d'évacuer les peurs et le stress de ses derniers jours. Les membres de la quatrième division étaient installés à une table lorsque Yori pénétra dans la pièce.
« Elle s'est réveillée ? demanda Hogo.
- Oui, elle va bien. Lorsque je suis parti, elle riait aux éclats.
- On peut la voir ? questionna Kenta.
- Bien sûr », accepta le médecin en prenant un morceau de baguette.
Les hommes sortirent rapidement de la salle sous le regard étonné du docteur. Il attrapa un couteau et le pot de confitures puis s'assit en face du commandant de la première division. Le phénix releva la tête, surpris par la présence de l'homme. Le médecin garda le silence tout au long du repas, laissant Marco ruminer dans son coin.
« Je croyais que tu allais descendre à terre et profiter de l'île, lança Yori.
- Plus tard, j'avais des choses à faire, éluda le phénix.
- Comme rester planté devant son café ? s'étonna le médecin.
- Y a un souci ? demanda le commandant en ignorant la réplique du docteur.
- Elle n'a pas encore pris de petit déjeuner...», dit-il simplement en prenant la tasse de Marco.
Yori sortit de la salle à manger sans rien ajouter de plus. Lorsqu'il fut sur le pont, il se dirigea vers le dortoir de la quatrième division. Il avait passé des mois à observer le comportement d'Itsuki, il savait reconnaître assez rapidement lorsqu'un homme commençait à succomber aux charmes d'une femme. Il soupira et se gratta sa joue mal rasée. Pourquoi certains hommes avaient besoin de se compliquer la vie ainsi ?!
Le phénix resta un moment silencieux après le départ de l'homme, à contempler la place vide en face de lui. Il tourna la tête et se rendit compte qu'il était seul dans la salle à manger. Il se leva et frappa à la porte de la cuisine. N'ayant pas de réponse, il rentra dans la pièce. Il prit un plateau et commença à le garnir. Il ouvrit la porte du frigo et sourit. Un saladier recouvert d'un film étirable n'attendait plus que la jeune femme. Il enleva ce qu'il avait déjà mis et plaça le saladier au centre du plateau. Il emmena le support jusqu'à l'infirmerie tout en priant pour ne pas tomber sur l'un des cuisiniers, sinon, il était cuit !
Sohalia riait aux éclats face aux pitreries de ses coéquipiers. Elle les écoutait raconter les exploits d'Ikaku pendant son séjour à l'infirmerie. Apparemment, il n'avait pas été le seul, Dom en avait fait voir de toutes les couleurs aux médecins. D'après ce qu'elle entendait, les deux hommes étaient liés par une certaine complicité, qui ravit la jeune femme. Son regard glissa sur Aki, qui restait légèrement en retrait. Lorsqu'il croisa le regard de la Shizen, il baissa vivement la tête. Sohalia fut surprise par ce geste, mais ne dit rien. Elle discuterait plus tard avec lui.
La porte s'ouvrit à nouveau et la jeune femme pencha la tête sur le côté en voyant Marco pénétrer la pièce à reculons. Il déposa le plateau sur une commode et ferma la porte. Il détailla les visiteurs de la Shizen avec curiosité. Sohalia repéra rapidement le saladier de mousse au chocolat et sourit avec envie. Les membres de la quatrième division prirent congé, pressés de profiter de l'île. Sohalia les chassa de l'infirmerie en rigolant. Elle se redressa et tendit les bras vers son petit-déjeuner, Marco sourit et lui apporta. Elle commença à manger en silence, tandis que le phénix s'asseyait à côté d'elle, la contemplant. Tentant de comprendre comment il avait été piégé par cette jeune femme.
« Elle est délicieuse, s'exclama-t-elle en terminant son bol, le cuisinier s'est surpassé. Va falloir que je le remercie !
- Surtout pas, s'écria-t-il.
- Pourquoi ? s'étonna la Shizen, surprise par la réaction de l'homme.
- Je l'ai volé dans le frigo, avoua-t-il avec un sourire espiègle sur le visage.
- Oh », lança-t-elle en fronçant ses sourcils.
Silencieuse, elle se resservit à nouveau. Marco respecta son silence et la détailla longuement. Ses longs cheveux blonds étaient attachés en une queue-de-cheval lâche, quelques mèches s'en étaient échappées et revenaient devant ses yeux dès qu'elle se penchait. Elle souffla, exaspérée et enleva le morceau de tissu qui retenait ses cheveux. Aussitôt libérés, elle les rassembla et les emprisonna dans un chignon. Le phénix sourit en remarquant que cette coiffure faisait ressortir ses pommettes rondes. Il aurait adoré déposer des baisers sur ses rondeurs d'enfant, mais il doutait qu'elle ne le prenne bien. Le bout de son nez en trompette était rouge. Le commandant se souvint que l'odeur des produits médicaux lui provoquait toujours une crise d'éternuements. Ses yeux fixèrent ses petites lèvres roses emprisonner la cuillère de mousse. Il déglutit le plus discrètement possible. Il aurait souhaité être à la place de cette petite cuillère. Il s'arracha à sa contemplation et fixa ses petits yeux marron. Ses mêmes pupilles qui l'observaient, rieurs.
« Je devrais peut-être te dénoncer, lâcha-t-elle en prenant un peu de mousse.
- Tu en serais capable ? répondit-il, étonné.
- Hum, éluda-t-elle en souriant.
- Même si tu le faisais, je te pardonnerai et je n'hésiterai pas à recommencer, déclara-t-il en souriant.
- Tu es de meilleure humeur que toute à l'heure, dit-elle en prenant son verre d'eau. Qui dois-je remercier pour ce changement d'humeur ?
- Je n'étais pas de mauvaise humeur », nia-t-il en détournant son regard de ses yeux marron.
Il n'arrivait même pas à mentir correctement quand elle le fixait ainsi.
« Si tu le dis », renonça-t-elle en haussant les épaules.
Il soupira, soulagé qu'elle cède aussi facilement.
« Mais si tu souhaites en discuter, je suis là, précisa-t-elle en repoussant son bol.
- Je sais », marmonna-t-il.
Comment pouvait-il ignorer son existence ?! Chacun de ses mouvements, chacun de ses regards, chacun de ses sourires, il les ressentait avec une force indescriptible. Comment avait-il fait pour ignorer l'effet qu'elle lui faisait ?! Il ferma les yeux et l'écouta respirer pendant un moment. La jeune femme le détailla longuement. Ses cheveux blonds, qu'elle surnommait affectueusement « ananas », étaient encore plus emmêlés que d'ordinaire. Sous ses yeux clos, elle pouvait distinguer deux petites traces violacées. Il se pinça l'arête du nez en soupirant longuement. Sohalia fronça des sourcils. Son frère manquait-il de sommeil ?! Était-ce parce qu'il l'avait veillé jours et nuits ? De son index, elle frôla l'une de ses cernes, inquiète. En sentant son contact, il ouvrit les yeux et les écarquilla. Elle semblait contrariée.
« Tu es fatigué, affirma-t-elle.
- Non, mentit-il en attrapant la main de la Shizen.
- Tu n'aurais pas dû rester autant de temps à mon chevet, continua-t-elle en ignorant le mensonge.
- Je ne le regrette pas, répondit-il en jouant avec ses doigts.
- Mais tu es fatigué ! s'exclama-t-elle. Je ne vois pas l'intérêt de rester au chevet d'une personne inconsciente, elle ne s'en rend pas compte, argumenta-t-elle avant qu'il ne puisse répliquer.
- Mais pour moi, c'était important », lâcha-t-il en caressant sa joue.
Sohalia soupira et ne put s'empêcher de sourire. Elle se détendit sous la douceur de la caresse du phénix et appuya sa tête contre la main de l'homme. Yori pénétra dans la pièce, il jeta un coup d'œil à son patient pour vérifier qu'il n'avait pas bougé. Il hocha la tête en direction du commandant et se dirigea vers son bureau. Il donna un verre en plastique à la Shizen et sourcilla en découvrant le récipient de mousse.
« Je comprends mieux pourquoi le cuisinier est en colère, déclara-t-il en écoutant la respiration de la jeune femme.
- Comment ça ? demanda Marco en se tendant.
- Le chef cuisinier hurle dans tout le navire que s'il trouve celui qui lui a volé la mousse au chocolat, il va finir haché menu, répondit-il en palpant les côtes de son patient.
- Ça va, tu ne risques pas grand-chose, s'esclaffa la jeune femme.
- La ferme », marmonna-t-il en lui ébouriffant les cheveux.
Surprise, elle cria puis rigola à nouveau sous le regard attendri du phénix. Yori attendit que la Shizen ait avalé ses médicaments avant de se retirer pour aller découvrir l'île. Sohalia bailla et s'allongea plus confortablement dans son lit.
« Aller dors, souffla gentiment le commandant en remontant sa couette.
- C'est à moi de te dire ça ! Je suis celle qui a le plus d'heures de sommeil au compteur ! marmonna-t-elle.
- Et ce n'est pas suffisant apparemment, répliqua-t-il en lui tapotant le bout de son nez.
- Tu devrais te reposer, rétorqua-t-elle.
- Tu me laisserais une place ? demanda-t-il en riant.
- Bien sûr », répondit-elle sans hésitation en soulevant son drap.
Marco, étonné, la regarda un moment sans rien faire. Il secoua la tête, tentant d'effacer par ce geste quelques situations peu convenables qu'il venait de s'imaginer et rabattit son drap sur elle.
« Je plaisantais, l'informa-t-il.
- Moi, pas ! Ça ne me dérangerait pas, tu es mon frère après tout ! »
Onze mots avaient suffi pour faire comprendre une chose à Marco. Comment pouvait-il espérer quoique ce soit avec elle ?! Il l'avait pratiquement élevé avec Satch. Le phénix se figea. Qu'est-ce que son frère aurait dit de ses sentiments pour Sohalia ? L'aurait-il tué pour envisager la jeune femme de cette façon ? Aurait-il approuvé et encouragé le phénix ? Sohalia coupa court à ses réflexions en se levant. Il était sur le point de lui ordonner de se recoucher lorsqu'elle lui agrippa le bras et le tira vers elle. Avec ses maigres forces, elle n'aurait pu le lever toute seule, le commandant se laissa faire. Elle le poussa sur le lit et s'allongea à ses côtés. Elle posa sa tête sur son torse et soupira.
« Maintenant dors, murmura-t-elle, ça t'évitera de ressasser de mauvaises pensées. »
C'est vrai que dormir ainsi aurait fait un bien fou au phénix, pourtant, il doutait que ça l'empêche de ressasser de mauvaises pensées, surtout avec une des jambes de la jeune femme qui s'était enroulée autour de la sienne. À croire qu'il était réellement masochiste !
San Faldo, la ville du Carnaval.
Sohalia sortit de la douche, enroula une serviette autour de son corps et en prit une seconde pour ses cheveux. Elle se plaça devant le miroir, se regarda droit dans les yeux et commença à s'essuyer les cheveux. La Shizen était ravie de pouvoir sortir à nouveau de l'infirmerie. Elle s'était profondément ennuyée durant les deux derniers jours. La plupart des hommes du navire étaient sur l'île et profitaient de la semaine de repos que Père leur avait accordé. Elle avait donc passé la plupart de ses journées à lire, manger, dormir, compter les petits carreaux du plafond. Marco venait la voir assez souvent se doutant que la jeune femme devait s'ennuyer. Aki était également venu lui rendre visite. Ils avaient discuté pendant un moment et Sohalia se sentait plus proche du jeune homme depuis cette conversation. La plupart de ses amis étaient passés pour prendre de ses nouvelles, mais la jeune femme savait qu'ils avaient hâte de mettre pied à terre pour retourner à la fête. Et maintenant, c'était son tour d'aller s'amuser.
Sohalia lâcha sa serviette et attrapa le vieux sèche-cheveux qu'Izo lui avait gentiment prêté. Elle batailla avec la prise et réussit enfin à brancher le câble à force de jurons. Essoufflée, elle se coiffa le plus rapidement possible pour ne pas trop faire patienter le commandant de la seizième qui l'attendait pour descendre sur l'île. Une fois qu'elle eut réussi à dompter sa crinière, elle fit tomber sa serviette et prit les vêtements qu'Izo lui avait choisis. La jeune femme soupira en les détaillants. Connaissant le commandant, elle avait eu peur de ce qu'il avait pu lui choisir. Elle enfila le slim noir et un léger coup d'œil dans la glace lui apprit que ce pantalon ne pouvait pas être plus moulant, du moins c'est ce qu'elle pensait. Elle passa rapidement son large débardeur blanc, le tissu caressait doucement sa poitrine. Elle mit la veste en cuir noir que lui avait préalablement balancé Izo dans la figure. Lorsqu'elle se retourna pour prendre ses chaussures, elle gémit. Des talons ! Aiguilles qui plus est ! Ses pieds n'étaient pas sûrs de survivre à cette soirée.
La Shizen sortit de la salle de bains et elle fut accueillie par un soupir de soulagement de la part du commandant de la seizième division. La jeune femme le toisa afin de lui faire comprendre son mécontentement. Izo siffla et s'approcha d'elle.
« Eh bien, pour un peu, je te sauterais dessus, ma belle ! lâcha-t-il admiratif en la détaillant sans retenue.
- Garde tes mains dans tes poches, si tu veux pouvoir t'en servir sur les femmes et hommes de cette île. »
Le commandant se mit à rire et entraîna la Shizen vers la sortie. Sohalia n'était pas vraiment très assurée en sortant de la salle de bain ainsi vêtue. Izo le remarqua bien assez vite et pressa sa main afin de la rassurer. Il aida la jeune femme à descendre du navire et l'emmena à l'entrée de la ville. Soudain, la Shizen se figea et toisa son frère qui continuait de l'entraîner contre son gré.
« Je croyais qu'on devait passer la soirée avec Haruta ! lança-t-elle en secouant son poignet pour que l'homme la relâche.
- Kingdew et Fossa ont besoin de se changer les idées, alors sois gentille », lui souffla-t-il en la suppliant du regard.
Elle grogna et se dirigea vers les deux commandants en deuil. Elle leur sourit et s'installa sur un petit muret afin d'attendre confortablement Haruta. Izo prit place à ses côtés et engagea la conversation avec ses frères. Sohalia écoutait distraitement la conversation des trois hommes, riant parfois à certaines de leurs répliques. Haruta les rejoignit et ils purent finalement se diriger vers un bar. Ils déambulèrent dans la rue principale en ignorant plusieurs enseignes qui semblaient pourtant sympathiques aux yeux de la jeune femme. La Shizen tenta à plusieurs reprises de stopper ses frères sur un établissement, mais ils continuaient leur chemin sans tenir compte de ses remarques. Sohalia se laissa donc guider à travers les rues, sans se douter du guet-apens dans lequel elle était traînée.
Après plusieurs minutes de marches, les pirates se stoppèrent devant un bar miteux, d'où de nombreux cris graves et rires bruyants résonnaient. Les volets pendaient étrangement à côté des fenêtres. Un morceau de l'enseigne était tombé au sol devant la porte. Une fenêtre explosa et une bouteille s'écrasa au pied de Fossa. Sohalia jeta un coup d'œil sceptique à Izo puis haussa des épaules. S'ils avaient choisi cet établissement, c'était qu'il devait avoir des qualités, du moins elle l'espérait. Kingdew passa devant et ouvrit la porte. Avec un peu trop de force sans doute puisque la poignée lui resta dans la main. L'homme soupira et balança au loin l'objet. Perdant patience, Fossa donna un léger coup à la porte et cette dernière s'effondra au sol. Le bruit fit taire les hommes présents qui fixèrent les nouveaux venus.
« Désolé pour cette entrée, débuta Izo avec bonne humeur, Fossa ne contrôle pas sa force », rit-il en se dirigeant vers une table au fond de la salle.
Sohalia piétina avec précaution la porte, de peur de tomber à cause de ses talons. Un silence accueillit son entrée. Elle releva la tête pour comprendre l'origine de ce calme et rougit face à ces pairs d'yeux posés sur elle. La plupart des membres de l'équipage la détaillaient sans aucune discrétion . La jeune femme fronça des sourcils et chercha Izo. Elle le trouva en compagnie des commandants de Barbe Blanche. Furieuse de s'être fait avoir, elle se dirigea vers le commandant de la seizième division et lui frappa le haut du crâne avec son poing. Sous les rires des hommes attablés, elle s'assit en grommelant contre son frère.
EDIT : 05/05/2020
