Lecteurs/Suivis/Favoris : Merci d'être de plus en plus nombreux ! :)
Disclamer : Certains personnages sortent de mon imagination. Les autres et l'univers reviennent à Monsieur Oda !
San Faldo, la ville du Carnaval.
L'alcool coulait à flot, la nourriture, sitôt servie, disparaissait, engloutie par les pirates affamés. Bien que la soirée fût déjà très avancée, les rires bruyants ne cessaient de résonner dans cette taverne miteuse. Le bar semblait pourtant s'illuminer à chaque éclat de rire. Du moins, c'est ce que pensait Sohalia Shizen. L'alcool devait l'aider à trouver cet endroit sympathique, ou bien était-ce tout simplement le bonheur d'être avec sa famille, de les voir heureux, en bonne santé et joyeux.
Fossa reprit un peu de vin et resservit le verre vide de la jeune femme. Elle lui sourit en se demandant comment elle allait faire pour supporter la gueule de bois du lendemain. La jeune femme regarda le liquide rougeâtre comme s'il allait la mordre. Le vin n'était pas sa boisson favorite, elle le détestait à vrai dire. Elle préférait largement le saké, mais Ace venait de finir la dernière bouteille et la serveuse semblait avoir disparu avec le commandant et l'alcool. Elle soupira et ferma les yeux en appréhendant le goût du liquide. Un rire rauque, et très sensuel, parvint à son oreille. Elle sursauta, manquant de renverser son verre et se retourna pour croiser le regard du phénix. Deux braises semblaient la fixer avec une intensité inhabituelle. Elle déglutit et l'observa s'asseoir.
« Toi, t'es cuit, lança-t-elle en le voyant s'écrouler sur la table.
- Même pas ! répliqua-t-il avec un petit rire.
- Je te crois, mentit-elle en riant.
- Tu ne finis pas ? demanda-t-il.
- Non », soupira-t-elle en lui tendant son verre.
Il le prit sans se faire prier et le vida d'une traite. Il rejeta sa tête en arrière et se mit à rire.
« Tu n'aimes pas le vin, affirma-t-il en lui rendant son verre.
- Si tu vois la serveuse avec une bouteille de saké, merci de me l'envoyer, grogna-t-elle.
- Ace s'envoie en l'air avec elle dans les toilettes », l'informa-t-il.
Pendant un moment, la jeune femme se demanda si le commandant de la seconde division était occupé avec la bouteille ou la serveuse. Elle secoua la tête pour chasser les étranges images qui venaient de s'y glisser et s'intéressa de plus près à l'homme qui se tenait à ses côtés.
« Et toi ? Aucune femme ne t'a attiré ? » l'interrogea-t-elle.
Elle ne se sentait pas gênée de discuter ainsi avec le commandant de la première division. Plus jeune, il ne lui cachait jamais rien de ses aventures, elle était habituée à cet aspect de leur personnalité. Ces hommes aimaient les femmes autant que la mer, mais cette dernière les avait convaincus avec des arguments irréfutables. Elle les comprenait : elle appréciait plus que quiconque cette vie nomade. Voyager d'île en île, rencontrer des personnes qui ont des mœurs différentes. Ils étaient les hommes les plus libres du monde.
« Si..., soupira-t-il en la regardant avec un sourire qui n'atteignit pas ses yeux.
- Que fais-tu encore ici, alors ? lança-t-elle.
- Je pense que je ne suis pas son genre », souffla-t-il en cherchant dans le regard de son interlocutrice quelque chose qui lui ferait dire le contraire.
Sohalia cligna plusieurs fois des yeux, les écarquilla puis le détailla de haut en bas. Elle n'arrivait pas à croire que Marco le phénix, commandant de la première division de Barbe Blanche, ait du mal à séduire une femme. Ses cheveux blonds en bataille, qu'elle savait doux pour y avoir déjà glissé ses doigts dedans, brillés sous la lumière artificielle du bar. Sa chemise mauve ouverte sur son torse donnait un spectacle plaisant aux yeux baladeurs qui venaient s'y égarer. Il avait remonté ses manches découvrant ses avant-bras. La Shizen eue soudainement envie de frôler sa peau mise à nue. Elle se reprit et attrapa la main de l'homme. Non, elle ne voyait pas quelle femme pourrait refuser les avances d'un tel homme. Elle devait sûrement être aveugle, prise ou tout simplement idiote pour laisser passer un morceau pareil sous son nez sans y toucher.
« Et tu vas abandonner ? s'exclama-t-elle en vrillant ses pupilles chocolat sur le visage du phénix.
- Hum, lâcha-t-il en fixant leurs mains entrelacées, appréciant le contact de sa peau sur la sienne et fuyant le regard incandescent de la jeune femme.
- Le Marco que je connais ne laisse rien tomber », déclara-t-elle avec un aplomb qui étonna le commandant.
Il la vit se lever et venir s'asseoir sur ses genoux. Elle entoura son cou de ses bras et calla sa tête sur son épaule. Son souffle chaud venait chatouiller son cou. Ses mains la pressèrent contre lui. Son débardeur laissait apparaître un morceau de peau du bas de son dos et les doigts du commandant ne purent s'empêcher de la caresser. La jeune femme se tendit pendant quelques secondes, mais la douceur de la caresse l'apaisa rapidement. Ils restèrent un long moment entrelacés ainsi, appréciant silencieusement le contact de l'autre. Un frisson agita le corps de la Shizen, ce qui fit sourire le phénix. Sohalia se recula légèrement et détailla Marco, cherchant à comprendre pourquoi il avait stoppé sa caresse.
Alors que la jeune femme allait questionner le commandant, Dom apparut derrière le phénix leur souriant largement. Il attrapa la Shizen, la remit sur ses pieds et commença à l'entraîner vers la sortie du bar.
« Mais qu'est-ce qu'il te prend, encore ? s'écria-t-elle en regardant Marco qui souriait.
- Le défilé ! » s'exclama-t-il.
Les hommes se turent et écoutèrent attentivement les sons qui leur parvenaient de la rue. Dès qu'ils eurent la confirmation, ils se précipitèrent à l'extérieur du bar miteux, oubliant jolies serveuses, boissons et nourritures. Sohalia soupira en levant les yeux au ciel. Aidé d'Izo, Dom emmena la jeune femme dans la rue et ils assistèrent au défilé des jeunes femmes de la ville. La plupart d'entre elles étaient vêtues de tenue de danseuses de cabaret ou autres vêtements affriolants. Les membres de l'équipage étaient aux anges et sifflaient les femmes qu'ils trouvaient à leurs goûts. Elle sourit devant le comportement des hommes. Combien de fois avait-elle soupiré, levé les yeux au ciel devant les réactions des pirates devant des femmes ?
Sohalia se recula et s'assit en retrait, observant sa famille, plutôt unique en son genre. Aucun d'entre eux ne se ressemblait et pourtant, ils étaient, d'une certaine façon, semblables. Physiquement, il y en avait pour tous les goûts : des grands, des petits, des trapus, des élancés, des armoires à glace, des terrifiants, des séduisants ou bien, tout simplement, des ordinaires. À leurs contacts, elle avait appris à ne pas juger les gens sur leurs apparences. Elle avait compris qu'il fallait toujours analyser la personne qui se trouvait en face de nous. Psychologiquement, ils étaient également très différents, mais ils avaient des points communs. Ces centres d'intérêt étaient ce qui les liait entre eux depuis toujours. L'amour pour leur capitaine, leur Père, leur confiance, leur foi inébranlable en lui, également, leur envie d'aventure, de liberté. Voilà pourquoi cet équipage était unique en son genre.
Elle s'était toujours demandée ce qu'elle ferait si un génie apparaissait devant elle et lui proposait de revenir en arrière, sauver ses parents biologiques et vivre avec eux. Maintenant, elle savait : elle refuserait la proposition. Elle frissonna. Elle se sentait horrible de penser que c'était une bonne chose que ses parents soient morts. Le rire chaleureux et communicatif d'Izo retentit, coupant court aux réflexions de la Shizen. Elle suivit le regard du commandant et s'esclaffa à son tour. Dom se trémoussait devant une danseuse, tentant d'imiter son déhanchement. La jeune femme stoppa tout mouvement et détailla le pirate. Elle se mit à rire et recommença sa danse tandis que d'autres pirates se mêlèrent aux danseuses. Non, nulle part ailleurs elle n'aurait pu apprendre les valeurs que ces hommes lui avaient enseignées et qui faisaient celle qu'elle était aujourd'hui.
Sohalia s'esclaffa en observant les commandants se mêler à leurs hommes. La procession se remit en route en direction du port et la jeune femme la suivit distraitement. Elle s'arrêta devant le ponton et les observa continuer leur chemin. Elle leva les yeux au ciel et le détailla un long moment, avant qu'un vent frais ne la pousse à monter sur le Moby Dick. Sohalia se dirigea tranquillement vers la salle de bains lorsqu'une lumière attira son attention. Tous les hommes étaient à terre en train de profiter des joies et plaisirs de l'île. Elle fronça des sourcils et s'approcha à pas de loup. La lumière brillait dans la cabine du commandant de la seconde division. Elle colla son oreille contre la porte. Elle ne percevait que des pas dans la pièce. Est-ce qu'il y aurait un homme assez fou pour venir voler un membre de l'équipage de Barbe Blanche ? Surtout un commandant.
La jeune femme se redressa et actionna la poignée. Elle pénétra dans la pièce, fin prête à se battre. Ses sourcils, froncés par la concentration, se haussèrent de surprise. Ses yeux froids s'écarquillèrent d'étonnement et sa bouche s'ouvrit en grand.
« Qu'est-ce que tu fous là ? » grogna le commandant.
Elle cligna plusieurs fois de suite des yeux et continua de fixer bêtement l'homme de feu qui se tenait devant elle. Ses yeux se plissèrent d'incompréhension lorsqu'elle découvrit Sabo allongé nonchalamment sur le lit du commandant.
« Ça, c'est ma réplique ! Je peux savoir ce que vous foutez là ?! J'ai cru que c'était un voleur ! déclara-t-elle en croisant ses bras sous sa poitrine.
- Bonsoir Sohalia, tu sembles aller beaucoup mieux, lança Sabo en se relevant.
- Oh, bonsoir Sabo. Oui, je suis en pleine forme, merci, répondit-elle rapidement.
- On discutait, lâcha le commandant en se détournant d'eux pour aller fouiller dans son placard.
- Tu n'es plus avec cette charmante serveuse ? demanda-t-elle déclenchant le rire du révolutionnaire.
- Non, grogna-t-il en la toisant.
- Elle n'était pas si charmante que ça, hein, Ace ? s'esclaffa son frère.
- La ferme ! » répliqua-t-il aussitôt.
Sohalia pencha la tête sur le côté et les détailla, curieuse de comprendre ce qu'il s'était passé.
« Comment ça ? questionna-t-elle en fixant le commandant.
- C'était un chasseur de primes », répondit le révolutionnaire.
Sohalia cligna à nouveau des paupières en observant Sabo pleurer de rire sous les menaces d'Ace. Elle rejoint Sabo dans son hilarité.
« Je comprends mieux maintenant, lança-t-elle entre deux éclats de rire.
- Tu aurais dû voir sa tête lorsqu'il est ressorti des toilettes, continua le blond.
- Vous avez fini ?! Foutez-moi le camp ! » s'énerva Ace.
Il les attrapa et les balança sur le pont du navire sans ménagement. La gêne du commandant ne fit qu'accentuer leur hilarité. Une fois calmés, ils restèrent un moment dans le silence, écoutant la houle s'écraser sur le Moby Dick. Sabo se releva et salua la jeune femme, le sourire aux lèvres. Sohalia s'assit en tailleur devant la porte du commandant, observant comment la Lune illuminait le navire. Elle se redressa et frappa à la porte de Portgas.
« Si c'est encore pour te foutre de moi, Sabo, tu peux aller te faire foutre ! » lança-t-il depuis sa chambre.
La jeune femme leva les yeux au ciel en soupirant, exaspérée par le comportement de l'homme. Ce qu'il pouvait être susceptible !
« Ce n'est pas Sabo, répliqua-t-elle. Est-ce que je peux entrer ? » demanda-t-elle.
Un long silence accueillit sa question. Il était surpris qu'elle soit encore là. Que pouvait-elle bien lui vouloir à cette heure-ci ? L'homme de feu était partagé entre l'idée de l'envoyer balader et savoir ce qu'elle voulait. En soupirant, il se leva et se planta devant la porte. Il l'entendit soupirer et s'éloigner. Finalement, la curiosité fut plus puissante et il ouvrit la porte. Elle se retourna et sourit. Il était appuyé contre l'embrasure de la porte et la fixait, curieux. Elle se dirigea vers lui et se planta devant lui, attendant patiemment qu'il la laisse rentrer. Il soupira à son tour et s'écarta légèrement. Un immense sourire vint épouser les lèvres de la jeune femme qui pénétra dans la cabine du commandant.
La Shizen s'installa sur la chaise du bureau du commandant pendant que ce dernier s'étala de tout son long sur son lit. La jeune femme profita de son inattention pour détailler la pièce qu'elle avait autrefois occupée. Les meubles étaient les mêmes qu'à l'époque, seul le lit était différent. Son lit, une place, avait été échangé contre un lit deux places. Les livres, objets souvenirs et photos qu'elle entreposait sur l'étagère avaient disparu, il n'y avait plus que des photos et des objets. Son vieux bureau était beaucoup moins chargé qu'avant, ce qui la fit sourire. Sa coiffeuse avait également disparu afin de laisser de la place pour le lit. La décoration correspondait à l'homme, simple, peu révélatrice de sa personnalité. Ses yeux revinrent sur le commandant qui ne la lâchait pas du regard. Elle lui lança un petit sourire gêné.
« Bon, alors, qu'est-ce que tu veux ? demanda-t-il en se redressant légèrement.
- Quand tu as emménagé ici, est-ce qu'il y avait des objets qui m'appartenaient ? répondit-elle en frôlant les meubles du regard.
- Non, les gars avaient déjà vidé la pièce, dit-il en haussant des épaules.
- Ah..., » lâcha-t-elle.
Ses épaules, à elle, s'affaissèrent. Elle était déçue. Elle pensait qu'elle pourrait les retrouver ici. Elle passa une main dans ses cheveux, soudainement très fatiguée.
« Tu cherches quelque chose ? demanda Ace.
- Oui, juste avant qu'on ne débarque au Royaume de St Urea, j'ai fouillé dans mes vieilles affaires, mais j'ai remarqué qu'il manquait pas mal de choses... souffla-t-elle.
- Comme quoi ?
- Surtout des photos, pourquoi ?
- Pour rien, répondit-il en se grattant la tête. Quand j'ai emménagé, il y avait juste des cadres vides sur les étagères, l'informa-t-il en désignant le meuble d'un signe de tête.
- Bien, merci. Désolée de t'avoir dérangé, bonne nuit, lança-t-elle en se relevant.
- Hum, bonne nuit. »
Sohalia lui sourit et se dirigea vers la porte. Elle se figea et s'agenouilla à côté du lit de l'homme de feu. Ce dernier l'observa faire, surpris par son comportement. La Shizen releva vivement la tête vers lui.
« Depuis quand il y a cette entaille sur le parquet ? demanda-t-elle.
- Je ne sais pas, elle y était déjà lorsque je suis devenu commandant, répondit-il en se plaçant à côté d'elle. Pourquoi ?
- Elle n'y était pas lorsque je suis partie, expliqua-t-elle.
- Et ? Tu penses qu'ils ont mis les photos dans le parquet ? lança-t-il en riant.
- T'aurais un couteau ou quelque chose pour soulever la latte ? questionna-t-elle en ignorant ce qu'il venait de dire.
- Ouais, attends. Complètement barge », marmonna-t-il en se dirigeant vers le bureau.
La Shizen ne quitta pas des yeux le morceau de bois. Elle se souvenait d'une histoire que Satch ne cessait de lui lire, car c'était devenu une de ses favorites. Une vieille histoire d'amour fraternel. Elle ferma les yeux et fouilla dans sa mémoire. Elle se revit dans la même pièce, enfant, allongée dans son lit et Satch assit à côté d'elle, un vieux livre à la main. La voix du commandant s'éleva à nouveau dans les airs tandis qu'il entamait le récit que pourtant, la jeune fille connaissait par cœur.
« Il était une fois, un homme qui rêvait de partir découvrir de nouvelles terres. Cet homme ne pouvait se résoudre à abandonner sa jeune sœur pour poursuivre son rêve. Pourtant, cette dernière connaissait le sacrifice que faisait son frère pour elle. Lorsque la jeune fille eue atteint sa majorité, elle emmena son frère au port et le fit embarquer sur un navire marchand. Elle lui fit promettre de lui écrire tous les jours pour qu'il lui raconte ses aventures. Chaque jour, la jeune fille lisait avec joie les îles et les personnes que découvraient son frère pendant son périple, et qu'il s'empressait de lui narrer. Tout bascula lorsqu'elle reçut une lettre du capitaine du navire lui annonçant que son frère qu'elle aimait tant, qui avait tout sacrifié pour elle, avait été tué par des pirates. La jeune fille, brisée par cette annonce, continua de vivre tant bien que mal. Elle prit l'habitude de rédiger une lettre de son quotidien afin de reprendre la promesse de son frère. Elle plaçait chacune de ses lettres dans un petit coffret en métal qu'elle cachait sous une latte du plancher de sa chambre. Un jour, où la douleur fut trop forte, elle prit une photo de son frère et se dirigea vers la falaise. Cette nuit-là, une terrible tempête s'abattit sur l'île. Quelques jours plus tard, le corps de la jeune femme fut découvert sur la plage, à l'endroit même où son frère l'avait quitté pour monter à bord du navire. Bien que la mort l'eût emporté depuis longtemps, ses bras ne lâchaient pas le petit cadre où le visage du frère disparu ne cessait de sourire. Trois ans plus tard, le frère revint sur son île natale et apprit la déchirante nouvelle. Il écouta sans broncher le récit des habitants. Il retourna chez lui et monta dans la chambre de sa petite sœur. La pièce avait été laissée telle que la jeune femme l'avait abandonnée. Une latte du plancher avait été enlevée et balancée au loin. Un coffret était ouvert et des lettres étaient éparpillées partout sur le sol. La nuit suivante, une nouvelle tempête secoua l'île. Rongé par la culpabilité d'avoir abandonné sa sœur pour son rêve, il se jeta de la falaise, avec une photo de la jeune femme », racontait le commandant.
Lorsqu'il s'apercevait des larmes de l'enfant, il lâchait le livre pour la prendre dans ses bras.
« Pourquoi veux-tu que je te lise cette histoire si elle te fait pleurer ? demandait-il toujours en essuyant les gouttes salées de la jeune fille qui ne se stoppait pas.
- Parce qu'elle est si belle », répondait-elle à chaque fois.
« Oh ! La blonde ! T'écoutes ce que je te dis ?! lança Ace en passant une main devant le visage de la jeune femme, la faisant sursauter.
- Excuse-moi, dit-elle en prenant le couteau que lui tendait l'homme de feu.
- Y a pas à dire, t'es vraiment cinglée ! grogna le commandant en s'asseyant à côté d'elle.
- Je t'emmerde, Portgas », répliqua-t-elle en insérant la lame entre les deux lattes du plancher.
Sohalia exerça une légère pression et la latte se souleva. Elle redonna le couteau à Ace qui continuait de marmonner diverses insultes à son égard. Du bout des doigts, elle enleva le morceau de bois et se mit à rire. L'homme de feu sursauta et regarda d'un peu plus près le contenu du plancher.
« J'y crois pas, souffla-t-il en observa la jeune femme retirer la petite boîte en métal.
- Je te l'avais dit », lança-t-elle fièrement, en se relevant d'un bond et brandissant l'objet.
La Shizen s'assit sur le lit et ouvrit la boîte. Ace s'installa à ses côtés après avoir remis la latte en place. Ils regardèrent ensemble les photos. Ace écoutait Sohalia lui expliquer pourquoi chaque photo avait été prise. Lorsqu'elle se stoppa sur une photo d'elle déguisée en clown, l'homme de feu l'interrogea. Il s'esclaffa tandis qu'elle lui narrait la vengeance des hommes de l'équipage lorsqu'elle s'était amusé à leur dessiner dessus. Sans qu'ils ne s'en rendent compte, la nuit défila et le sommeil les gagna.
Marco se leva avec une gueule de bois monstrueuse. Il grogna et se dirigea vivement vers l'infirmerie afin de prendre, comme beaucoup d'autres, une pastille miracle qui calmerait son mal de crâne. Il se changea rapidement et alla frapper à la porte du commandant de la seconde division, espérant qu'il était déjà rentré. La veille, ils avaient prévu de prendre leur petit-déjeuner ensemble en ville. N'ayant aucune réponse, il cogna un peu plus fort sur la porte. Il entendit clairement le grognement de l'homme de feu. Il soupira et pénétra dans la pièce. Le phénix se figea, tentant de comprendre pourquoi Ace et Sohalia dormaient dans le lit du premier. Portgas avait passé son bras autour de la Shizen, tandis que la tête de la jeune femme reposait sur le torse dénudé de l'homme. Le commandant de la première vit rouge et se dirigea vers Ace. Il devait y avoir une raison logique, mais la fureur du phénix l'empêchait de réfléchir clairement. Il attrapa son ami et le balança contre le mur.
Sohalia capta qu'on tentait de lui enlever son oreiller. Peu ravie, elle renforça sa prise dessus, il n'était pas question qu'elle se lève si tôt. Elle se sentit glisser sur le matelas et lâcha son oreiller de mauvaise grâce pour ouvrir les yeux. Le choc contre le sol la réveilla instantanément et elle se releva, furieuse. Sa colère disparut aussi rapidement qu'elle était apparue. Marco se tenait devant elle, ses muscles tendus près à frapper son ennemie. Ses yeux brillaient de haine. Elle fronça des sourcils et suivit son regard. Elle aperçut Ace se relever difficilement. Elle haussa des sourcils, surprise.
« Qu'est-ce que t'as foutu, bordel ! » hurla le phénix en plongeant sur l'homme de feu.
Sohalia cria en voyant le poing de Marco s'abattre sur Ace. Elle se précipita vers le phénix et entoura son torse de ses bras.
« Marco ! Arrête ! Qu'est-ce qu'il te prend ?! s'exclama-t-elle en essayant de le retenir.
- Ce qu'il me prend ?! » s'époumona-t-il en se tournant vers elle, furieux.
Sohalia le lâcha et recula jusqu'à sentir le lit contre ses jambes. Elle ne l'avait encore jamais vu aussi en colère et c'était impressionnant. Il était rare que Marco s'énerve. La plupart du temps, le phénix arrivait à garder son sang-froid.
Le temps sembla s'arrêter dans la cabine du commandant de la seconde division de Barbe Blanche. Sohalia écarquilla des yeux tandis que son souffle se coupait. Les deux pirates, ayant perçu le changement, se statufièrent. Un homme assez imposant apparu entre Marco et la jeune femme. Cette dernière voulue reculer sous la surprise, mais le lit l'en empêcha et elle s'étala sur le matelas dans un cri.
« Ah ! Shizen-sama ! Je vous trouve, enfin ! C'est horrible, Shizen-sama ! Le Roi est mort ! » s'exclama l'intrus en ne prêtant aucune attention aux deux hommes.
Sohalia s'appuya sur ses coudes et dévisagea l'homme qui lui faisait face. Le Roi ?! Mort ?! Impossible ! Mais l'expression du messager ne laissait aucun doute sur la véracité des faits énoncés. Le Roi, dernier descendant de la Lignée des Taiyō, s'était éteint. Elle plaqua sa main devant sa bouche en comprenant pourquoi cet homme était apparu si soudainement, ce que la mort du vieil homme signifiait. Elle avait oublié ses origines et elles lui revenaient en plein visage. La Lignée des Shizen devait prendre la succession.
« Et quelle est donc cette position ?! Ce n'est pas ainsi qu'une princesse doit se tenir, Shizen-sama ! sermonna l'homme.
- Princesse ?! » s'écrièrent les deux commandants en détaillant tour à tour l'intrus et la jeune femme.
Messager de mauvais augure ! Il n'aurait pas pu la fermer celui-là ! Déjà qu'il venait lui annoncer deux mauvaises nouvelles en une, mais en plus, il fallait qu'il crache le morceau devant sa famille adoptive ! Une sonnerie stridente retentit dans son crâne. Elle se prit la tête entre les mains en gémissant. Et voilà que se manifestait la gueule de bois, maintenant...
EDIT : 06/05/2020
