Pour missLul : Encore une fois, je te remercie énormément pour ta review. Ca m'a vraiment fait plaisir ! :) Et j'avoue que ça m'a poussé à publier ce chapitre plus rapidement ^^ Les scènes M&S ont été écrite avec une pensée pour toi ! J'espère que ça te plaira ! ^^


Lecteurs/Suiveurs/Favoris : Merci d'être de plus en plus en nombreux :)


Disclamer : Certains personnages sortent de mon imagination. Les autres et l'univers reviennent à Monsieur Oda !


Moby Dick

Sohalia eut juste le temps d'apercevoir Marco filer vers les cales du navire. Elle le suivit au pas de course. Une fois en bas des escaliers, elle se figea afin de laisser sa vision s'adapter à l'obscurité. Elle n'y voyait rien. Elle soupira et se retourna afin de remonter sur le pont du navire. Alors qu'elle allait poser un pied sur la première marche, un bras la saisit par la taille et l'entraîna dans l'obscurité. La Shizen cria de surprise avant de se mettre à rire de son idiotie. Marco la tenait contre lui, la serrant fortement. Il n'était pas essoufflé par la course-poursuite, et pourtant, la jeune femme le sentit inspirer une grande goulée d'air. Elle sourit et enfouit son visage dans son torse dénudé. Ils restèrent ainsi un long moment, simplement à profiter de la présence rassurante de l'autre, bercés par le Moby Dick qui continuait d'avancer. Sohalia se recula légèrement de façon à pouvoir le regarder, mais elle fit bien attention à ne pas quitter ses bras.

« Tu devrais penser à mettre un pull... lança narquoisement le phénix.

- Tu aurais pu me le dire ! Je n'ai pris que des trucs légers, moi ! Je rêvais d'un peu de chaleur, soupira-t-elle.

- Retournons dans la salle à manger, alors, souffla-t-il déçu que le temps qu'elle lui accordait soit déjà écoulé.

- Y a beaucoup de monde ?

- Eh bien, sûrement. Tous les navires doivent être au courant de ton incroyable arrivée et ils vont vouloir faire la fête, répondit-il en frottant les mains de la jeune femme afin de la réchauffer un peu.

- Oublie ! Je n'ai pas du tout envie de ça ce soir. Je rêve de tranquillité et de chaleur. »

Il la détailla longuement et sourit. Aurait-il le droit à un bonus de temps ?

« Dans ce cas, je te propose une soirée dans ma cabine.

- Y aura à manger ? demanda-t-elle en lui offrant un immense sourire.

- J'irai en chercher, s'esclaffa-t-il en remontant sur le pont.

- Et du saké ? ajouta-t-elle.

- Et du saké ! » affirma-t-il en la guidant vers sa cabine.

Il lui ouvrit la porte et la laissa s'installer sur son lit. Il fila rapidement dans la cuisine. Lorsqu'il croisa ses frères, il leur mentit et leur dit qu'il avait semé la Shizen dans les cales. La plupart riaient en pariant sur le temps qu'il lui faudrait pour retrouver son chemin dans le noir. D'autres souriaient, nostalgiques, se souvenant du temps où Satch se cachait dans les bas-fonds du navire pour échapper à la jeune blonde qu'il avait malmené. Il retrouva Sohalia sous la couette. Elle lui sourit et tendit les bras vers lui. Il déposa les victuailles sur le lit. Pendant que la jeune femme inspectait leur repas, il s'installa sur la couette. Elle poussa un cri de joie et prit un saladier.

« Tu ne peux pas savoir comme tu m'as manqué, s'exclama-t-elle en caressant le verre de sa joue.

- Je vois, marmonna le phénix en croisant les bras. La mousse au chocolat, hein... Moi, qui croyais que je t'avais manqué, ajouta-t-il en attrapant un paquet de chips aux crevettes.

- Mais toi aussi, voyons ! rit-elle en posant sa tête sur son épaule. Tu n'as pas pris de cuillère ! s'écria-t-elle en écarquillant les yeux.

- Vas-y avec les doigts, s'esclaffa-t-il en enlevant le film protecteur du plat.

- Mais on va en mettre partout !

- Je ferai le ménage, dit-il en haussant les épaules et en plongeant un doigt dans le dessert.

- Pas touche ! C'est ma mousse ! grogna-t-elle en lui volant le saladier. Tu as tes chips !

- Mais je voulais faire un mélange !

- Enlève ces choses de ma mousse ! Il est hors de question que tu mélanges ça avec cette merveille ! » ordonna-t-elle en mettant le plat dans les airs.

Marco se mit à rire et s'avoua vaincu. De temps à autre, Sohalia le laissait prendre un peu de mousse tandis qu'elle prenait une ou deux chips. Ils parlèrent de tout et de rien. Des festivités à San Falco, de la route vers cette nouvelle île, de l'équipage, des alliés, de la famille Shizen, des entraînements de la jeune femme, de la malédiction que Sohalia avait eue envie de jeter à Kyola. Après avoir fini tout ce que le phénix avait ramené, la jeune pirate se mit à décrire avec émerveillement la cérémonie de couronnement et les tableaux de Maiya. Elle en parla pendant des heures sous le regard doux du pirate qui buvait ses paroles. Elle s'endormit en plein milieu de sa phrase sous les yeux amusés du commandant.

M&S

La porte claqua avec force contre le mur et Sohalia sursauta. Elle voulut se relever pour voir qui pouvait bien être de si mauvaise humeur si tôt le matin, mais elle se prit les draps dans les pieds et finit par atterrir sur le plancher de la cabine. Elle sortit péniblement de cette prison et, avec les yeux encore collés par le sommeil, qu'elle découvrit Izo. Il tapait impatiemment du pied et la fixait avec sadisme. Ce regard la réveilla instantanément. Elle chercha fébrilement Marco des yeux, mais elle ne put que constater son absence.

« Père voulait le voir pour organiser notre exploration. Il m'a donc confié la tâche de te trouver des vêtements chauds, expliqua-t-il en voyant les yeux de la jeune femme posés sur les sacs.

- C'est un amour, souffla-t-elle de soulagement en se relevant.

- Oui, oui. Moi pas ! Soit, tu passes à table, soit, tu peux dire adieu aux pulls, chaussettes, manteaux, bonnets et autres ! grogna-t-il en pointant l'un de ses pistolets sur les sacs.

- Comment ça ?! couina-t-elle en se demandant ce que voulait le commandant.

- Il s'est passé quoi cette nuit ? balança sans plus de subtilité l'homme travesti.

- Bah, rien, répondit-elle en fronçant des sourcils.

- Tu as passé la nuit avec l'un des hommes les plus chauds du navire et rien ?! insista-t-il, n'y croyant pas.

- Mais oui ! Marco est mon frère ! Je ne pourrais jamais coucher avec l'un d'entre vous ! s'énerva-t-elle en attrapant les sacs.

- Pourquoi ça ? demanda-t-il en s'asseyant sur le lit.

- Tout simplement, car je vous connais depuis toujours ! J'ai grandi avec vous. Je ne peux pas vous imaginer de cette façon.

- Tu dis ça maintenant... On verra dans quelques jours, marmonna-t-il en la voyant déballer les vêtements. Bon, comme je suis celui qui a le plus de goût au niveau esthétique, Marco m'a chargé de tes vêtements. Je t'ai pris des pulls simples mais chauds. Y en a des noirs, marron, gris, blancs. Bref, les couleurs passent partout. Les jeans ont pratiquement toute la même couleur. J'ai fait attention à ce qu'il y ait de vraies poches, ça peut être pratique. Tes rangers iront très bien. Je t'ai juste pris des chaussettes épaisses. Des gants noirs en cuir avec à l'intérieur de la fourrure. Un blouson en cuir, qui est, comme les gants, doublé avec de la fourrure. Une bonne écharpe. Et un adorable bonnet avec deux pompons ! J'ai craqué ! Il est adorable ! »

Sohalia s'esclaffa. Izo ne changeait pas. Il lui enfourna le bonnet sur la tête et se félicita pour son bon goût ce qui fit rire, de nouveau, la jeune femme. Elle prit ses affaires et le suivit jusqu'aux douches. Elle salua les pirates qu'ils croisaient sur le chemin. La plupart ronflaient encore. Le Soleil venait à peine de se lever. Pourtant, la Shizen se sentait plus reposée que jamais. Elle était paisible et heureuse.

M&S

Malgré le peu de vie qui animait le Moby Dick, il se rapprochait lentement du port. Bientôt, il jetterait l'ancre. Sohalia observait son avancée, accoudée au bastingage. Elle attendait que Barbe Blanche ait fini de s'entretenir avec son second pour parler au Paternel. Le vent froid agressait son visage, mais elle s'y était habitué pendant les cinq derniers jours. Peut-être qu'elle devrait remercier Sensei. Elle sourit en entendant la porte de la cabine s'ouvrir. Elle embrassa la joue de son frère et salua son Père. Il lui fit signe de s'asseoir et elle attendit patiemment qu'il finisse ce qu'il faisait.

« Je m'attendais à ta visite hier soir, gamine, lâcha-t-il avec un sourire complice.

- Désolée, marmonna-t-elle, honteuse.

- Comme tu as pu le voir, nous sommes sur une île hivernale. Le terrain est difficilement praticable et nous avons un léger problème. Cette île appartient à l'un des quatre empereurs : Kaido. Il nous est impossible de le joindre.

- On va être obligé de mettre pied à terre tout de même. J'ai vu les cales : nous avons besoin de provisions.

- Oui, et nous ne pouvons pas attendre que Kaido nous donne son approbation. Ce Jef n'a pas pris de vacances pendant que tu étais partie. Il s'est même surpassé. Il a attaqué quatre îles différentes. Les bases militaires ont été détruites et les quelques survivants ont été obligés de se réfugier dans les forêts et montagnes environnantes.

- Si seulement la carte ne nous indiquait pas qu'une seule clé, on aurait pu se séparer, soupira la jeune femme en détaillant le papier en question.

- Sais-tu combien il y en a ?

- Non. D'après le sage, c'est un objet ancien et complexe. Ça dépend de l'homme, de sa puissance, et du sacrifice qu'il est prêt à faire.

- Sacrifice ? répéta le capitaine.

- Si cet objet a été interdit, ce n'est pas que parce que c'est simplement contre les règles morales. Si on veut cette puissance supplémentaire, il faut donner quelque chose à la sphère. Il y en avait plusieurs à une époque. Elles ont été détruites dans les combats nous opposant au monde du Dehors, perdues pendant notre exil, volées par le peuple du Dehors. Chaque sphère avait son propre sacrifice. Ça peut être l'offrande d'une vierge, d'un enfant, d'un bébé, d'un homme, un organe spécifique ou bien du temps. »

L'homme le plus puissant du monde fixa longuement la jeune femme et s'assit.

« Sais-tu quel sacrifice ? Connais-tu la sphère qu'il a ?

- Non. Toutes peuvent être envisageables. Il attaque des îles peuplées où il peut très bien enlever quelqu'un et l'utiliser pour la sphère.

- Si c'est celle du temps ?

- Ça lui prend des années qu'il aurait dû vivre.

- Espérons que ce soit ça, alors, grogna le capitaine.

- Il y a autre chose, Père. Plus nous voulons de puissance, plus l'offrande augmente. Par exemple, s'il veut une certaine puissance, il devra tuer dix personnes ou donner dix années de vie. Son sacrifice équivaut à la puissance souhaitée.

- Seul lui peut manipuler la sphère, n'est-ce pas ? demanda l'homme.

- Oui, il doit lui-même pratiquer les meurtres et la sphère doit toujours se trouver à proximité pendant le sacrifice. »

Barbe Blanche resta un long moment silencieux. Il finit par se redresser et attrapa un den-den mushi.

« Shanks, décrocha l'interlocuteur du capitaine.

- Est-ce qu'on sait si des personnes ont disparu pendant les attaques des quatre îles ?

- Je ne sais pas. Ils n'ont même pas encore retrouvé tous les survivants, répondit l'empereur.

- Envoie quelqu'un. L'information pourrait bien nous aider.

- Ok, j'envoie Mihawk, il commence à s'ennuyer », s'esclaffa le Roux.

L'homme le plus fort du monde grogna son approbation et raccrocha. Son regard s'ancra sur celui de la Shizen.

« Depuis quand connais-tu cette information ?

- Depuis hier. J'ai demandé à Maiya de fouiller dans les archives.

- Ta cousine ?

- Oui, elle s'entend bien avec les prêtresses.

- Si on trouve quelque chose, penses-tu qu'elle accepterait de chercher quel type de sphère il utilise ?

- Sans soucis, elle adore passer ses journées dans les archives. »

On frappa à la porte et le Paternel autorisa l'intrus à rentrer. Lorsqu'il aperçut ses infirmières, il les renvoya. Il soupira et nota les nouvelles informations que venaient de lui donner la Shizen.

« Je voulais te voir pour te parler de quelque chose, commença-t-il.

- Je vous écoute, Père, répondit-elle en se redressant sur sa chaise.

- La quatrième division a définitivement besoin d'un commandant à sa tête. J'ai réuni les membres pendant ton séjour sur ton île, et nous avons longuement discuté. Tu es appréciée de tous. Chacun mettrait sa vie entre tes mains. Ils te pensent capable d'être ce commandant. Tu les connais pratiquement tous. Tu sais comment fonctionne la division. Tu as un immense respect pour l'ancien commandant, ce qu'ils apprécient. Alors, qu'en penses-tu ? »

Sohalia se figea. Elle ne voulait pas avoir cette conversation. Elle ne voulait pas ce poste. Ce n'était pas sa place. Elle ne pouvait pas faire ça.

« Hors de question ! cria-t-elle en se relevant d'un bond. Ce n'est pas ma division !

- Tu en fais partie, rétorqua calmement le capitaine.

- En tant que membre, pas en tant que commandant ! Je ne peux pas ! contre-attaqua-t-elle.

- Pourquoi ça ?

- Je suis princesse héritière !

- Ça ne t'empêche pas d'être pirate, pourtant. Tu n'as pas d'autres arguments plus convaincants ?

- C'est la division de Satch ! s'écria-t-elle.

- Satch est mort ! » lança Barbe Blanche d'une voix implacable.

Sohalia écarquilla des yeux et se rassit lentement sur la chaise. Elle ferma les yeux pour contenir ses larmes.

« Il est mort. Je sais que pour toi, c'est inconcevable que quelqu'un le remplace. Personne ne le pourra. Je pense que sur ce point, nous sommes d'accord. Je ne te demande pas de le remplacer, mais de lui succéder. La quatrième division a besoin de quelqu'un pour les diriger. Je pense que tu pourrais très bien faire ce travail. Penses-y au moins. Tu peux disposer. »

La jeune femme acquiesça et sortit la tête basse. Elle avança péniblement vers la cabine du commandant de la première division et la trouva vide. Elle frissonna et se dirigea vers l'infirmerie. Elle aurait pu aller voir Izo, Dom, Haruta, Vista, n'importe qui, mais elle ressentait le besoin de se trouver en compagnie de l'un de ses compagnons. Elle s'assit sur l'un des lits vides de la pièce. Elle patienta un long moment, seule. Yori sursauta en la voyant. Il soupira et s'assit à côté d'elle.

« Pas heureuse d'être revenue ? débuta-t-il.

- Tu aurais fait l'affaire, alors pourquoi moi ?! Vous savez très bien que je ne peux pas.

- Tu aimes ce navire, cet équipage, cette division et son ancien commandant. Il est temps d'avancer Sohalia, répondit-il en haussant des épaules.

- On me l'a annoncé il y a quelques semaines ! Comment je peux avancer alors que pour moi sa mort est si récente ?!

- On m'a rabattu les oreilles d'une Sohalia têtue, bornée, farceuse, inventive dans ses bêtises, rieuse et forte. Tu la connais ? Moi, je n'ai pas encore eu le plaisir de la rencontrer.

- Pardon ?! s'exclama-t-elle en relevant la tête.

- Je ne vois rien de ce qu'on m'a raconté. Je ne vois pas de femme forte, je vois une pleurnicheuse. Je ne vois pas de femme têtue, je ne vois qu'une personne remplie de doutes, je ne vois pas une femme rieuse, mais une femme apeurée. Peut-être que finalement, tu as raison, tu n'as pas les épaules assez fortes pour avoir ce poste. Tu n'as pas la puissance, ni le caractère pour être commandant de la quatrième division. Ni membre de cette division, voire même de l'équipage. »

Elle le toisa et se dressa face à lui, cherchant dans son regard s'il était sincère dans ses propos. Elle ne vit aucun doute ni mensonge dans ses yeux. Elle l'attrapa par le col de sa chemise blanche et le balança sur le pont du navire.

« Je suis digne d'être membre de cet équipage, de cette division ! J'en ai la puissance et le caractère ! Je t'interdis de dire le contraire ! hurla-t-elle prête à attaquer.

- Vraiment ?! s'esclaffa-t-il. Je ne vois qu'une larve ignorante et prétentieuse qui tente de vivre dans un monde qui ne lui va plus ! » s'écria-t-il à son tour en reculant vers la proue du navire.

Attiré par les éclats de voix, les pirates se rassemblèrent autour d'eux, étonnés que deux membres de la quatrième se disputent. Bientôt, tous furent réunirent pour observer cette joute verbale. Le capitaine sortit et resta en retrait.

« Je suis Sohalia Shizen, ancien commandant de la seconde division, ancien membre de la cinquième division, membre de la quatrième division ! Ce monde est le mien ! s'exclama-t-elle en se tendant un peu plus.

- Non, je ne vois qu'une princesse fragile qui ne fait qu'agiter ses bras dans les airs pour tenter de prouver aux autres qu'elle sait qui elle. Tu es remplie de doutes, de peurs ! Tu ne fais que chialer ! balança-t-il en dégainant son sabre.

- Je sais qui je suis ! » s'époumona-t-elle en se jetant sur lui.

La branche qui se tenait dans le creux de sa main grandi à une vitesse affolante et se solidifia. Avec une force accentuée par la rage, elle frappa Yori. Elle entendait les alliés crier des encouragements. Elle pouvait apercevoir Shanks et son équipage qui observaient le combat depuis le pont de leur navire. Elle sentait le silence qui pesait sur les membres de son équipage. Elle accéléra l'allure, abattant son arme toujours plus fortement contre l'épée du médecin. Sans plus de cérémonie, elle crocheta son pied avec sa jambe, lui faisant perdre l'équilibre, puis l'assomma. Elle était essoufflée mais toujours si furieuse. Elle se tourna vers les spectateurs et dévisagea froidement les membres de sa division.

« Vous voulez que je le remplace, hein ?! Si vous me foutez à terre, je me plierai à votre décision. Si j'arrive à vous battre, vous me foutrez la paix avec ça ! » s'écria-t-elle en pointant son sabre vers eux.

Les hommes se tournèrent vers Barbe Blanche, attendant son choix. Le capitaine détailla longuement la jeune femme, jaugeant sa force et sa détermination, puis hocha la tête. Kenta fit signe à ses frères de patienter. Il était connu pour sa force légendaire et sa résistance à encaisser les coups. Il s'avança vers Sohalia et alors qu'il allait parler, elle se jeta sur lui. Un pirate ne fait pas la causette, il attaque et tue s'il le faut, lui avait dit Vista une fois. Malgré sa rage, sa force physique ne valait rien contre celle de Kenta. Il fallait donc être plus malin que lui. Elle recula en continuant d'attaquer et d'esquiver. Lorsque son dos frôla le bastingage, elle fit apparaître des lianes, qui la soulevèrent dans les airs. De toutes ses forces, elle lança ses jambes dans le dos de Kenta qui passa par-dessus bord. Elle retomba sur ses pieds et se tourna vers ses partenaires.

« Au suivant ! » cria-t-elle.

M&S

Essoufflée, épuisée, blessée, elle abaissa son arme alors qu'Aki tombait au sol, vaincu. Plus aucun membre de la quatrième division ne tenait debout. Elle les avait battus. Yori avait repris connaissance et se massait le crâne en grognant. Kenta était remonté à bord et frissonnait violemment à cause de l'eau gelée. Hogo tentait de desserrer les liens qui le retenaient prisonnier à l'un des mats du navire. Kan gigotait dans tous les sens afin de faire sortir sa tête de la gueule du canon. Les autres se remettaient lentement debout en grommelant quelques insultes. Sohalia fit disparaître son arme et se dirigea vers les dortoirs des membres de la quatrième division. Si avec ça, on venait encore une fois lui demander d'être le commandant, elle ne répondait plus de ses actes.

« Joli spectacle... railla une voix qu'elle n'avait pas envie d'entendre à cet instant.

- Ta gueule, le bleu ! le remballa-t-elle sans lui adresser un seul regard.

- Tu sais à quoi ça a servi ton numéro ?

- À ce que l'on me foute la paix ! grogna-t-elle en lui jetant un regard noir.

- À montrer à tout le monde que tu as les capacités pour protéger tes subordonnés, répondit-il en l'ignorant.

- Pardon ?! Je n'ai pas été assez clair ?! Je ne veux pas être commandant !

- Tu as la force, la puissance et la pratique d'un commandant ! Tu veux bien être pirate, tu acceptes ton rôle de princesse, mais tu refuses le poste de commandant pour une raison absurde.

- Tu vas boire la tasse rapidement, Portgas ! s'écria-t-elle en s'avançant vers lui.

- Satch aurait aimé que ce soit toi, continua-t-il en occultant sa menace.

- Je t'emmerde ! » beugla-t-elle en lui claquant la porte au nez.

Elle s'accouda à la porte. C'était la journée ou quoi ? Ils s'étaient passé le mot pour lui faire péter un plomb. Elle soupira et s'apprêta à descendre les escaliers lorsqu'elle entendit Dom.

« Les femmes et leurs sautes d'humeur... C'est pour ça que je suis devenu pirate, moins de chance d'en croiser une ! » s'esclaffa-t-il.

Son rire mourut lorsqu'une branche lui saisit la cheville et le fit tournoyer dans les airs. Marco soupira et fixa la porte menant aux dortoirs. Izo lui donna un coup de coude pour attirer son attention.

« Faudrait que quelqu'un la détende, si tu veux mon avis, lança-t-il narquoisement en bougeant rapidement des sourcils pour lui faire comprendre le sous-entendu.

- N'en rajoutes pas, tu veux, marmonna-t-il.

- Je propose juste ! Je suis sûr qu'un petit massage, un baiser passionné ou... continua-t-il avec une expression perverse.

- Tu vas me foutre la paix avec ça ! grogna-t-il discrètement.

- Non, c'est trop tordant de me foutre de ta gueule ! s'esclaffa-t-il. Va-la voir », ajouta-t-il après s'être calmé.

Entre une Sohalia en colère et un Izo qui avait décidé de le faire chier, le choix était rapide. L'eau ? Il soupira et se dirigea vers la porte. Lorsqu'il l'ouvrit, un cri retentit. Il rattrapa in-extrémis la jeune femme avant qu'elle ne tombe dans les escaliers et la plaqua contre son torse.

« C'est mignon ! » s'écria Izo sous les rires de leurs camarades.

Sohalia et Marco le fusillèrent du regard. Le phénix soupira à nouveau, chose qu'il faisait de plus en plus depuis que le commandant de la seizième division avait découvert son faible pour la blonde. Il entraîna cette dernière avec lui dans les dortoirs tandis que les pirates criaient des commentaires salaces. Il ferma derrière lui et s'assit en face de la Shizen.

« Si tu viens me faire la morale, je te rappelle que tu ne m'as toujours pas expliqué la scène avec Ace le matin de mon départ, prévint-elle.

- Et je ne risque pas de le faire, chuchota-t-il pour lui-même. Qu'est-ce qui te gêne tant que ça de reprendre le poste de Satch ? demanda-t-il.

- C'est évident, non ?!

- Pas du tout. Chacun a ses raisons de te voir lui succéder.

- Je ne peux pas ! La quatrième appartient à Satch et pour toujours. Personne ne peut prendre sa place ou lui succéder ! Il était le meilleur pour eux ! Je ne me vois pas donner des ordres à ses hommes ou vivre dans sa cabine ou... Merde ! Je ne peux pas !

- Lia... soupira-t-il en s'asseyant près d'elle.

- Ah non ! N'utilise pas ce diminutif et ce ton avec moi ! Je n'ai plus dix ans ! le coupa-t-elle en lui frappant l'épaule.

- Très bien... accepta-t-il en souriant, amusé. Écoutes, tu ne lui voleras pas sa place. Si le Paternel te propose ce poste, c'est parce que tu l'as mérité. Nous sommes tous d'accord. Il n'y a que toi pour te mettre des bâtons dans les roues. Quoiqu'il arrive, Satch restera commandant de la quatrième et ton frère. Mais s'il avait dû choisir quelqu'un pour ce poste, ça aurait été toi.

- Il me croyait morte, contredit-elle en fronçant des sourcils.

- Toujours aussi têtue... » souffla-t-il en lui ébouriffant les cheveux.

Sohalia s'exclama et tenta d'échapper à la main du phénix.

« Si ça peut te décider plus rapidement, le vieux a décidé que la quatrième ne poserait plus pied à terre si elle n'avait pas de commandant, l'informa-t-il en se relevant.

- Il ne peut pas faire ça ! C'est... C'est mesquin ! C'est...

- Pirate ? proposa le commandant. Alors ? Tu as choisi ? demanda-t-il amusé.

- Foutu ananas ! Ça te fait rire en plus ! s'insurgea-t-elle.

- Énormément ! rit-il. Bon, on va manger ?

- Ouais, ouais », souffla-t-elle.

En remontant sur le pont, elle ignora les suppliques de Dom, qui était toujours dans les airs. Elle s'assit entre Marco et Vista et commença à manger en ignorant les regards suppliants des hommes de sa division.

« Sohalia ? l'appela le commandant de la cinquième.

- Quoi ? répondit-elle méfiante.

- Pourrais-tu relâcher Dom ? Je vais en avoir besoin.

- Oh... Pas de problème. »

Ils purent facilement entendre le bruit que Dom produisit en atterrissant dans l'eau gelée. Sous le regard faussement mécontent de Vista, elle lui offrit un grand sourire rempli d'innocence feinte. Izo s'assit devant elle et la fixa un moment avant de lancer :

« Alors ? Tu n'as pas répondu l'autre jour. Tu as déjà vu le loup ? »

Les pirates alentours se turent tandis que Marco s'étouffait avec sa viande. La jeune femme soupira, se resservit, avala une bouchée et regarda le commandant de la seizième.

« Oui, Izo, j'ai déjà vu le loup », dit-elle impassible.

Les pirates réclamèrent l'argent qu'ils avaient parié ou commentèrent la nouvelle – pire que des petites vieilles..., pensa la Shizen avec lassitude. Pendant que Marco manqua de s'étouffer en avalant sa fourchette.

M&S

Toutes les divisions étaient réunies sur le pont du navire, prêtes à poser pied à terre. Mihawk était parti un peu plus tôt afin de récupérer quelques informations sur les dernières îles attaquées par Jef. Sohalia était appuyée contre le mur, écoutant les ordres du capitaine. Ses partenaires se tenaient tranquillement à ses côtés. Certains semblaient avoir envie de lui adresser la parole, mais ils ne voulaient pas finir à l'eau. Ils attendirent en silence la fin des directives de leur Père. Il fit alors débarquer les divisions dans l'ordre. Marco sourit sadiquement à la jeune femme en passant par-dessus le bastingage. Elle se vengerait plus tard... Ace ricana en les observants alors qu'il sautait à terre. Joz, lui, eut la gentillesse de rester concentré. Alors que Barbe Blanche faisait signe à Vista d'approcher, Sohalia saisit son sac et se tourna vers sa division. Les hommes se tendirent, attendant la tempête.

« Quatrième ! En avant ! » s'exclama-t-elle en s'élançant par-dessus le bastingage.

Elle ne jeta pas un regard derrière elle pour voir le sourire victorieux de ses hommes ou satisfait de son Père. Son orgueil venait d'en prendre un coup. Elle s'était fait piéger.


EDIT : 08/05/2020