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Disclamer : Certains OC proviennent de mon imagination ! Le reste de l'univers revient à Monsieur Oda !
L'île Yosei no Toketsu
Les pieds de Sohalia s'enfoncèrent profondément dans la poudreuse blanche. Le froid la saisit immédiatement et elle se dégagea rapidement. Elle vérifia que ses hommes étaient bien derrière elle puis fit face au paysage. Son souffle se coupa et ses yeux s'écarquillèrent d'émerveillement. L'île était époustouflante. Le ciel était aussi blanc que le sol, mais on percevait comme même le Soleil rond au-dessus de leur tête. Il était plus pâle que les nuages. Malgré le froid violent, la végétation semblait s'en être accommodée et réussissait à fleurir. Les arbres étaient d'un vert vif. Elle aperçut même quelques cerisiers fleuris. Au loin, l'unique ville était visible grâce au palais qui se dressait sur les montagnes. Le palais tranchait les nuages et illuminait les alentours. L'arche délimitant l'entrée du port était entourée de statues de jeunes femmes ailées. Le gel et la neige s'étaient refermés sur elles, les protégeant pour l'éternité. Un peu plus loin, un bâtiment était vide de toute vie et recouvert de neige. La Shizen plissa des yeux et vit les rails qui brillaient doucement sous le Soleil matinal.
Barbe Blanche appela son équipage et leur fit signe de le suivre. Ils se dirigèrent vers la gare déserte tandis que l'équipage de Shanks restait sur leur navire. Les supernovas découvraient en silence ou bien bruyamment le paysage. Sohalia fronça des sourcils. Elle n'aimait le fait qu'ils soient séparés, mais ils n'avaient pas trop le choix. Ils étaient sur un territoire ennemi. Arrivés à la gare, Newgate quémanda l'attention des pirates.
« Les supernovas vont aller dans la ville et chercher des informations sur d'éventuelles troupes de Kaido présentes sur l'île. S'il y a le moindre problème ou attaque ennemie, vous devrez nous prévenir et revenir aux navires. Les Révolutionnaires vont aller se cacher dans les environs et protéger les navires. Shanks et son équipage vont lever l'ancre et tourner autour de l'île au cas où l'ennemi déciderait de nous attaquer de la mer, expliqua-t-il en fixant tour à tour les jeunes pirates. La discrétion avant tout, ajouta-t-il en regardant longuement les Mugiwaras. Chaque équipage prendra un wagon. Nous ne partirons pas tant que vous ne serez pas tous en route pour la ville », précisa-t-il.
Au même instant, un train se fit entendre. Lorsqu'il fut à quai, les supernovas commencèrent à se battre pour savoir qui monterait dans quel wagon. Sohalia assista en souriant au spectacle, tout en jetant un regard autour d'elle. Il fallait absolument qu'elle enregistre chaque détail pour les raconter à Maiya. Elle créerait à coup sûr un tableau magnifique. Elle sursauta en entendant la voix de son capitaine claquer dans l'air, tel un coup de fouet. L'homme finit par assigner les emplacements de chaque équipage afin de gagner du temps. L'équipage de Kidd grimpa dans le premier wagon, un sourire sadique était plaqué sur le visage du capitaine. Les Mugiwaras montèrent dans le second, toujours aussi énergiques malgré le froid. Basil Hawkins et ses hommes les suivirent dans le troisième, tandis que l'équipage de Drake s'installait déjà dans le quatrième. L'équipage du Heart prit place dans le cinquième sans faire attention aux grabuges que faisaient les Mugiwaras. L'équipage du On-Air embarqua dans le sixième en rivalisant avec les chapeaux de paille au niveau sonore. L'équipage de Bonney grimpa dans le septième tandis que celui de Firetank progressait vers le dernier wagon. Le train partit aussitôt que le dernier pirate disparut dans son compartiment. Les Barbe Blanche observèrent un long moment le train s'éloigner, doutant de la capacité des jeunes à rester discret.
« En avant ! » s'écria le capitaine.
Le cri fut aussitôt suivi par des centaines d'autres. Tous étaient fins prêts à en découdre avec Jef et à trouver la seconde clé.
M&S
Du côté de Shanks.
« Dépêchez-vous ! On lève l'ancre ! Sortez les canons ! Soyez prêts à vous battre à la moindre attaque ! » ordonna le Roux.
Ses hommes s'activèrent immédiatement et il rejoignit son second qui tenait la barre.
« Tu en penses quoi ? demanda Ben, les yeux rivés vers l'avant du navire.
- Qu'il faut mieux s'attendre à tout et rester sur nos gardes. »
M&S
Du côté des Révolutionnaires.
Un éternuement retentit dans les buissons et une série de « chut » le suivit. Sabo se retint de rire et continua de fixer les alentours. Il n'avait pas hérité de la tâche la plus facile et la plus agréable. Ceux qui étaient directement confrontés au danger, c'était les Barbe Blanche. Ils devraient faire face aux pièges de Jef. Shanks, lui, devrait tourner pendant plusieurs heures autour de l'île dans l'air marin gelé. Et eux devraient rester figés ici, à l'affût du moindre ennemi. Le cul dans la neige et les buissons dans le visage... Quelle partie de plaisir ! Pourtant, le jeune homme gardait sa bonne humeur, chuchotant de temps à autre avec ses camarades.
M&S
Du côté des Supernovas.
Le train s'arrêta à son terminus et les pirates descendirent dans un brouhaha devenu habituel maintenant. Ils se toisèrent longuement avant de décider de se séparer. Chaque équipage irait où bon lui semblerait. Si l'un d'entre eux découvrait quoique ce soit, il devrait immédiatement contacter les autres. Nami observa les autres équipages s'éloigner et se retourna vers ses amis.
« Alors ? Que faisons-nous ? demanda-t-elle en souriant.
- On pourrait trouver une taverne afin de nous réchauffer et trouver quelques informations... proposa Robin.
- Ah, je savais que je pouvais compter sur toi ! s'exclama la navigatrice en offrant un sourire ravi à l'archéologue.
- Robin-chan ! Tu es fantastique ! s'écria Sanji en tournant autour de la femme.
- Ta gueule, le cuistot, marmonna Zoro avec mépris.
- Ne commencez pas vous deux ! siffla la rousse. Bon, on y va !
- On devrait peut-être retrouver Luffy avant, intervint la brune.
- Pardon ?! répliqua Nami en tournant sur elle-même en cherchant son capitaine du regard.
- Luffy ! » crièrent-ils en cœur tandis que Robin riait discrètement.
Ça commençait bien...
M&S
Du côté des Barbe Blanche
Sohalia avançait tranquillement, dorénavant habituée à avoir les pieds enfoncés dans la neige. Elle échangeait quelques paroles avec les membres de sa division, mais elle était bien trop occupée à détailler les environs. La neige recouvrait tout. Le gel avait créé des stalactites sur les branches des arbres et des buissons les entourant. Elle avait cette impression qu'ils étaient seuls au monde, qu'ils étaient les seules âmes vivantes sur cette île magnifique mais plutôt inhospitalière pour l'homme. Fascinée par les couleurs de la végétation, elle ne remarqua pas tout de suite qu'elle ralentissait l'allure, se faisant doubler par ses hommes. Ce ne fut que lorsque Yori tapota son épaule qu'elle ne se rendit compte qu'elle était, avec lui, la dernière de leur division. Elle fronça des sourcils et regarda le médecin, attendant qu'il ne parle.
« Je voulais m'excuser pour ce matin. Je ne pensais ce que je disais. Mais si je n'avais pas...
- Stop ! le coupa-t-elle avec un léger sourire. Pas la peine, j'ai compris. Tu ne cherches qu'à protéger la division, dit-elle en souriant un peu plus.
- Ouais », souffla-t-il.
La Shizen éclata de rire, surprenant les pirates les entourant. Elle reprit sa place en tête de la procession et sourit à Marco, qui la fixait, interrogateur. Quelque part, elle était ravie qu'ils aient assez confiance en elle pour la laisser être commandant. Elle rit un peu plus lorsqu'Ace se prit de la neige sur la tête.
« Ça refroidit, le Bleu ! s'esclaffa-t-elle, se foutant ouvertement de lui.
- Je t'emmerde ! » grogna-t-il en lui tirant la langue, faisant redoubler l'hilarité de la jeune femme.
M&S
Du côté de l'équipage de Kidd
Le capitaine ouvrit violemment la porte d'un bar miteux où deux vieillards décuvaient dans un coin. La luminosité était pratiquement inexistante. Un homme au visage balafré discutait avec le barman. Ce dernier détailla les nouveaux venus et leur indiqua des tables au fond de la salle d'un mouvement de tête. Les pirates s'assirent et attendirent que le patron des lieux finisse de les servir en saké avant de parler discrètement.
« Kidd, appela Killer. Ça ne te ressemble pas de jouer au bon samaritain. À quoi joues-tu ?
- Réfléchis. N'est-ce pas une excellente opportunité de connaître nos ennemis ? Nous pouvons les observer à notre guise, trouver leur point faible... ricana l'intéressé.
- On ne peut rien faire sous le regard de Barbe Blanche, contredit son second.
- Pourtant, Urouge n'est déjà plus présent... souligna sadiquement Kidd.
- C'est toi qui... ?
- Oui. L'un de nos rivaux est déjà hors circuit. Apoo sera le suivant », annonça le capitaine en vidant sa chope.
Au même instant, le capitaine des On-air pénétra dans le bar avec son équipage et s'avança vers le tenancier. Kidd eut un rapide rictus et attira l'attention de ses hommes sur lui afin de leur expliquer la marche à suivre.
M&S
Du côté des Mugiwaras
Nami et Robin s'élancèrent vers la sortie, cherchant du regard leur capitaine. Ils avaient décidé de se séparer afin de retrouver plus rapidement Luffy. Si Nami mettait la main dessus, elle jurait qu'il ne verrait pas le jour avant un bon moment ! Pourquoi était-il impossible qu'il fasse ce qu'on lui dise ?! Et avec la chance qui les caractérisait, il allait revenir en riant avec des ennemis lui courant après. La prochaine fois, elle l'attacherait solidement à elle, comme ça elle serait tranquille ! Un murmure émerveillé la sortit de ses sombres pensées. Elle leva la tête et écarquilla les yeux.
Devant elles, le palais glacé se dressait, jonché sur les montagnes. Il était illuminé par de longues guirlandes blanches. Tout au sommet de la plus haute tour, une immense statue avait été construite. La figure représentait une femme ailée, un sourire heureux illuminait son visage. Ses bras étaient écartés comme pour mieux accueillir de vieux amis avec joie. Une bonté transpirait de ses traits finement sculptés. Les massifs les entouraient, protégeant ainsi la ville du vent polaire qui sévissait. Les habitations avaient été construites dans une immense crevasse qui bouillait actuellement de vie. Malgré le temps hivernal, des fleurs, buissons et arbustes accompagnaient le seul et unique ruisseau. Il transperçait de part en part la ville, s'écoulant tranquillement sans prêter attention à l'air glacial qui tentait de le geler. Des ponts permettaient de passer au-dessus du court d'eau où des sculptures de glace illuminaient chaque entrée et sortie de ces passerelles. Toutes représentaient des jeunes femmes ailées, aux sourires bienveillants et chaleureux.
Un homme s'avança vers eux et s'inclina respectueusement devant elles. Elles se regardèrent un instant et saluèrent à leur tour l'inconnu.
« Bienvenue sur l'île Yosei no Toketsu ! Aussi nommée, l'île des fées gelées, s'exclama l'homme en souriant chaleureusement. Je suis Barnie, l'unique guide de cette modeste ville, se présenta-t-il en désignant d'un geste de la main les habitations. Voulez-vous que je vous fasse visiter et que je vous conte quelques histoires ?
- C'est que... commença Nami.
- Ça sera un excellent moyen d'en apprendre plus tout en cherchant Luffy, chuchota discrètement Robin.
- C'est combien ? demanda suspicieusement la navigatrice faisant sourire son amie brune.
- Oh, c'est gratuit, mademoiselle. Le palais me paie tous les mois pour faire visiter l'île aux quelques touristes, répondit humblement l'homme.
- Alors, c'est d'accord ! s'écria ravie la rousse.
- Voulez-vous marcher ou naviguer sur le ruisseau ? » interrogea-t-il en désignant les drôles d'embarcations.
Nami les détailla un instant perplexe. Les barques avaient la forme de nénuphars qui prenaient une forme différente en fonction du nombre de passagers qui prenaient place à bord. Un homme se tenait debout sur chacune d'elles et, à l'aide d'un long bâton, il faisait glisser le végétal sur l'eau.
« Quel est le mieux pour voir la ville ? questionna Robin, qui observait avec curiosité les plantes.
- Les nénuphars ! répondit immédiatement Barnie. C'est paisible et on est loin de l'agitation des habitants vacants à leurs occupations.
- Eh bien, va pour les nénuphars », dit la brune en souriant.
Nami prit place à la suite de sa camarade, peu assurée. L'homme tenant le bâton les pria de s'asseoir et plongea le morceau de bois dans l'eau. Lentement, le nénuphar avança. Barnie laissa un temps d'acclimatation aux jeunes femmes et toussa doucement pour attirer leurs attentions sur lui.
« Les légendes disent qu'autrefois, cette île était peuplée par des hommes et des femmes ailés. Dans les vieux textes, ils sont appelés les fées. Auparavant, le froid était bien plus violent que ce que nous connaissons. Pourtant, les fées persistaient à vivre ici. Peu d'aventuriers jetaient l'ancre dans les environs. Le froid rendait la progression sur la mer presque impossible. C'est pourquoi, pendant longtemps, personne ne connaissait les paysages de cette île. Un homme, sûrement un peu fou, réussit cependant à atteindre les rives et déambula pendant de longs jours seul et glacé dans les montagnes en quête de vie, et d'aide. Il finit par se réfugier dans une des nombreuses grottes des montagnes nous entourant. Il était affamé, frigorifié, assoiffé, épuisé, et terriblement mal en point. Pour rester éveillé, l'homme décida de sculpter dans des morceaux de glace et dans les rochers. »
Il se tut tandis que le nénuphar passait sous un des nombreux ponts. Les jeunes femmes levèrent les yeux en même temps pour détailler la construction. Des fleurs rouges s'entrelaçaient gracieusement entre les différents poteaux de bois. À chaque entrée, des fées étaient dessinées dans du marbre. Le temps avait malheureusement effacé leur visage.
« Finalement, il s'évanouit entouré de ces sculptures. C'est ainsi que les fées le découvrirent, s'accrochant à peine à la vie. Ils le ramenèrent dans leur ville d'avant. Celle où nous sommes date d'après le vide de cent ans. L'ancienne ville se trouve à l'opposé de celle-ci. Il est difficile de l'atteindre à cause de froid horrible qu'il y fait. L'homme revint à lui après plusieurs jours de soins intensifs. Les fées le logèrent, le nourrirent, l'habillèrent, lui apprirent ce qu'il fallait savoir sur l'île et la ville et l'aidèrent à repartir. En échange, il offrit aux fées les statues qu'il avait sculptées et d'autres à leur image. Vous voyez celle qui domine la ville ? dit-il en désignant l'immense figure. On la nomme la Reine. C'est cet homme qui l'a fabriqué en s'inspirant de la femme qui régnait sur cette île. Tout ce que nous savons sur elle, sur sa famille, sur notre histoire et nos techniques, provient des textes qu'elle s'appliquait à écrire régulièrement.
- Quand vous dîtes vos techniques, vous parlez de quoi ? demanda Nami en fixant la femme ailée.
- Vous avez dû remarquer que la végétation s'épanouissait comme si nous vivions les quatre saisons, répondit-il. Eh bien, à l'époque de cette Reine, c'était pareil. La nature n'était pas prisonnière du temps hivernal. Des roses fleurissaient de toute part autour du château de l'ancienne ville alors que la neige ne cessait de tomber. Les arbres ne perdaient jamais leurs feuilles.
- Comment est-ce possible ? questionna Robin en détaillant les fleurs qui passaient devant eux, cherchant un quelconque mécanisme.
- Nul ne sait véritablement comment l'ancien peuple faisait pour créer ce miracle. Les textes sont trop vieux et trop abîmés pour qu'on puisse les analyser. Ils sont précieusement conservés au palais royal.
- Et aujourd'hui ? Comment faites-vous ? continua Robin, avide de nouvelles connaissances.
- J'aime votre curiosité, jeune femme, s'esclaffa Barnie. Vous savez, ce sont des secrets que les dirigeants de l'île gardent minutieusement cachés. Les artisans fabriquent les différentes pièces et les envoient au palais. Là-bas, ils font l'assemblage. Ils posent ces objets durant la nuit. Observez bien en dessous des fleurs sous le prochain pont. Des jardiniers entretiennent ensuite les plantes.
- Qu'est-il arrivé à cet ancien peuple ? interrogea Nami.
- Les textes sont flous. Et puis, il y a ce vide de cent ans. Nous pensons que des vagues de tempêtes de plus en plus froides se sont abattues sur l'île. D'autres pensent que ce peuple a été anéanti par des envieux qui voulaient leur technologie pour survivre à ce froid polaire. Des guerres auraient eu lieu au même moment.
- Je vois », souffla Robin.
Le guide continua à détailler chaque endroit de la ville, mais les deux membres des Mugiwaras étaient devenus silencieuses. Robin ne pouvait s'empêcher de penser à son île d'origine tandis que Nami cherchait du regard le fameux dispositif qui permettait à la vie de fleurir. Soudain, elle le vit. C'était une sphère jaune, ressemblant étrangement à un mini soleil. Elle leva la main lorsque le nénuphar passa dessous et ressentit la même chaleur qu'elle éprouvait quand elle s'allongeait au Soleil. Elle fixa son amie qui étudiait avec sérieux les sphères dorées.
M&S
Du côté de l'équipage de Barbe Blanche
Le froid devenait de plus en plus puissant et le vent commençait à se lever. Les hommes s'épuisaient rapidement à marcher dans cette neige. La poudreuse leur arrivait maintenant aux genoux, rendant plus difficile leur avancée. Un frisson agita violemment le corps de la Shizen, qui plongea vivement son nez dans son écharpe. Personne ne parlait. Ils avaient trop peur de se couper la langue en essayant. Mais ça n'empêchait pas certains membres de la quatrième division d'avoir le sourire aux lèvres. Ils étaient tous d'un naturel joyeux, même Aki et son humour noir. Sohalia s'esclaffa en apercevant Shoda, membre de la seconde division, glisser et entraîner Ace dans sa chute. Puis son rire mourut en voyant que la neige fondait autour de commandant de la seconde division. Elle grogna et enfonça plus encore son bonnet à deux pompons sur sa tête.
« Jalouse ? s'amusa Kan en se mettant à sa hauteur.
- D'une flammèche ?! Préfère encore bouffer de la neige qu'être jalouse de ce crétin ! répliqua-t-elle hautainement faisant rire son camarade.
- Ça serait bien pratique qu'il nous libère le passage, marmonna-t-il en évitant de peu un tas de neige tombant d'un sapin alentour.
- Oh, ne te plains pas non plus, ricana-t-elle. Tu peux toujours te fier à ton instinct infaillible, ajouta-t-elle en lui donnant un coup de coude taquin.
- Il n'est pas sans faille, souffla-t-il en baissant la tête, légèrement honteux.
- Comment ça ? s'enquit-elle en s'accrochant à lui pour ne pas finir le nez dans la poudreuse.
- Si mon instinct était si utile que ça, pourquoi n'ai-je rien senti à propos de Teach ?! Je le connaissais depuis toujours. On s'entendait bien. J'étais présent lorsque Satch a ramené ce foutu fruit et je n'ai rien ressentit expliqua-t-il, une pointe de culpabilité assombrissait sa voix.
- Je ne pense pas que ce soit un instinct à vrai dire, avoua-t-elle sérieusement. Tu n'as jamais pensé que tu avais développé le Haki de l'observation ?
- Non, je veux dire, je suis comme ça depuis toujours.
- Chez certaines personnes, c'est inné, rétorqua-t-elle avec un léger sourire.
- Eh bien, il est défectueux chez moi ! maugréa-t-il en shootant dans un talus de neige.
- Pas du tout. Maintenant, ton Haki est actif, n'est-ce pas ? demanda-t-elle, et continua en le voyant hocher la tête en un signe affirmatif. Tu sais que le danger peut venir de partout. Je pense que chez toi, il s'éveille quand tu es en alerte. Faut juste que tu le perfectionnes, assura-t-elle en souriant.
- Peut-être... » dit-il peu convaincu.
Alors qu'elle allait répliquer contre son manque de confiance, un cri la fit sursauter. Elle se retourna vivement, prête au combat. Elle écarquilla les yeux, paniquée, cherchant une issue de secours face à la catastrophe qui allait s'abattre sur eux. Hade s'était pris les pieds dans une racine et avait entraîné dans sa chute Aki et Hayate. Ces deux derniers avaient tenté, en vain, de s'accrocher à Hogo et Ikaku, débutant ainsi une chaîne de domino humain. Hiroshi et Kenta avaient ensuite été pris par la boule de neige et de pirate, beuglant contre Hade qui riait à plein poumon face à sa connerie. Yori et Genjiro furent surpris par cet amas arrivant à grande vitesse sur eux et furent également pris dans le piège. Kan soupira d'exaspération et se décala légèrement afin d'éviter d'être pris également.
« Pitié ! » couina Sohalia en tentant de s'en aller de la ligne de mire de la boule géante.
La Shizen poussa un soupir de soulagement quand elle se retrouva à l'abri sous un sapin, évitant de peu l'amas de neige et d'homme. Elle vit Joz se dresser face à la boule et frapper de toutes ses forces dedans. La jeune femme rit en entendant les cris de ses hommes. L'équipage tout entier observait le spectacle, en profitant pour faire une légère pause. Le rire de Sohalia mourut bien vite quand elle remarqua que l'amas revenait dans sa direction. Elle ne put rien faire contre la collision et rencontra avec force ses hommes et la neige.
Le tronc d'un sapin finit par arrêter leur course folle. L'arbre tangua dangereusement tandis que la commandante se relevait en frissonnant. Ce qui devait arriver arriva, et la neige, qui était accrochée aux branches, s'écrasa sur les pirates sans aucune pitié. La poudre blanche s'infiltra sournoisement sous les vêtements de la Shizen. Elle sursauta et cria en sentant le liquide froid couler sur elle. Kan vint à son aide et la couvrit d'un plaid en laine.
« Je ne sais pas lequel je dois tuer, avoua-t-elle en éternuant. Joz pour avoir envoyé la boule sur moi, ou Hade pour ne pas être capable d'aligner deux pas sans créer une catastrophe. »
Kan s'esclaffa et les autres pirates le rejoignirent et vinrent à la rescousse des autres membres de la quatrième division. Aki s'approcha d'elle et éternua, faisant rire la commandante. Prise de compassion, elle écarta un peu la laine pour lui laisser une place. Jaloux ou gelés, les autres frigorifiés vinrent quémander une place et ils finirent par se serrer les uns aux autres, riant de la situation et priant pour ne pas tomber malade.
« C'était drôle, non ? lança joyeusement Hade, le coupable de ce roulé-boulé dans la neige.
- Ta gueule, grogna Aki en se serrant un peu plus contre la jeune femme.
- En rajoute pas, gamin ! s'écria Hogo.
- Yori ! Frappe-le ! Tu es le plus près ! » s'exclama Sohalia.
Le médecin prit la phrase de la jeune femme comme un ordre et fut ravi de l'exécuter sous le cri de douleur du pauvre Hade et les rires de ses camarades. Barbe Blanche soupira et un sourire fleurit sur son visage ridé par le temps.
« Capitaine ? interrogea Marco, attendant les ordres du Paternel et pour oublier sa jalousie envers le jeune membre de la quatrième collé à Sohalia.
- On va faire une pause. Tu m'as bien dit qu'il y avait un point d'eau sur notre gauche ?
- Oui, Père.
- Alors, allons-y. »
Les pirates de Barbe Blanche reprirent la route. Les membres de la quatrième restaient collés les uns aux autres, ayant bien trop froid pour sortir du plaid et de la chaleur corporelle des autres. La progression n'était pas simple, mais ils finirent par arriver devant un lac gelé. Ils s'assirent ensemble sur un tronc d'arbre et restèrent silencieux, observant l'endroit. Sohalia fut surprise de constater que les arbres n'avaient plus aucune feuille sur leurs branches. Ce lieu était-il le seul de l'île où la végétation ne réussissait pas à percer ? Soudain, un vent se leva et la neige se mit à tomber. La jeune femme fronça des sourcils puis haussa des épaules. Cette île était un véritable mystère. Elle laissa son regard vagabonder sur les autres divisions qui se regroupaient autour de divers feux et qui se restauraient de soupes chaudes. Son ventre grogna et elle sortit de la couverture avec un soupir de résignation. Elle fit apparaître du bois et héla Ace pour qu'il y mette le feu. Portgas le fit sans commentaire, étonnant la jeune femme. Boudait-il ? Elle haussa de nouveau les épaules et posa sa main sur l'épaule d'Hade.
« Tu viens avec moi, toi ! On va chercher le repas de tout le monde ! »
Hade soupira et suivit la jeune femme, sous les ricanements et remarques de ses camarades. En passant près du phœnix, elle se mit sur la pointe des pieds et l'ébouriffa joyeusement. Elle fila vers l'un des cuistots en riant. Marco la regarda partir, un sourire ravi sciant son visage en deux. Il grimaça en entendant Izo rire à côté de lui et se prépara mentalement aux piques du commandant de la seizième division. La pause serait encore plus épuisante que la marche...
EDIT : 08/05/2020
