Lecteurs/Suivis/Favoris : Merci d'être de plus en plus nombreux ! :)
Les Reviews !
Merci à MissLul, CupcakesCult et Altyia d'avoir pris le temps de commenter :) !
CupcakesCult : J'ai tenté de faire un UA Japon traditionnel, mais ça partait dans tous les sens donc... voilà ce que ça donne en limité x) Si j'avais pas coupé, le HS aurait fait au moins 10 000 mots x)
Disclamer : Certains OC proviennent de mon imagination ! Le reste de l'univers revient à Monsieur Oda !
Moby Dick. Année 1510.
La jeune fille se réveilla en sursaut, seule, dans la cabine de l'ancien commandant de la seconde division, mort depuis quelques années déjà. Elle frissonna et se pelotonna dans ses couvertures, n'ayant aucune envie de se lever. Elle jeta un bref coup d'œil vers le hublot de sa chambre et aperçut un Soleil pâle, qui ne donnait nul envie de jouer dans l'air marin. Elle reposa sa tête sur son oreiller et tenta de se souvenir du rêve qui l'avait effrayée. Tout ce dont elle se souvenait, c'était un rouge vif, une chaleur qui n'avait rien de réconfortante et des cris. Était-ce un souvenir de son passé ? Elle soupira et enfonça son visage dans le coussin moelleux, essayant de se rendormir, en vain. Elle soupira et sortit en grimaçant du confort de son lit. Son corps était encore courbaturé par l'entraînement que Vista lui avait fait subir. Elle commençait à grandir, il fallait donc qu'elle apprenne à se défendre, selon lui. Elle n'avait pas pu refuser, car savoir se défendre signifiait aussi savoir protéger. Elle s'habilla à la hâte, voulant rapidement rejoindre Satch.
Le commandant de la quatrième division était le pirate dont elle était le plus proche sur le navire. L'homme qui la faisait tellement rire qu'elle en pleurait à chaque fois. L'homme qu'elle aimait le plus. Elle adorait prendre son petit-déjeuner et l'écoutait lui raconter des aventures qu'il avait vécu, ou qu'il inventait seulement pour la divertir. Elle sourit et fila vers la salle à manger. Mais alors qu'elle allait y rentrer un bruit sourd attira son attention. Elle se dirigea donc vers la proue du Moby Dick, curieuse de savoir ce qu'il se passait. Les pirates déjà réveillés la saluèrent en lui ébouriffant les cheveux, comme d'habitude. Tous souriaient, mais la fillette trouvait qu'ils étaient faux. Elle fronça des sourcils et se fraya tant bien que mal un passage entre ses frères pour voir ce qu'il se passait, encore.
La jeune Shizen se figea et écarquilla les yeux, alors les larmes affluaient. Satch était à terre, crachant du sang. Père se tenait debout devant lui, visiblement plus que contrarié. Une infirmière était quelque peu en retrait, terrifiée et tremblante. Le Paternel leva de nouveau son bras afin d'asséner un autre coup au commandant. Sohalia s'élança alors pour s'interposer, mais quelqu'un lui attrapa le bras férocement. Marco la fixa un instant, soupira et secoua la tête afin de lui faire comprendre qu'il ne fallait pas qu'elle intervienne. Il la prit dans ses bras et l'emmena dans sa cabine, ne voulant pas qu'elle soit témoin de ce qu'il allait se passer.
« Marco ! pleurnicha-t-elle dans ses bras.
- Calme-toi, Lia-chan, souffla-t-il en la berçant.
- Pourquoi ? » couina-t-elle en s'accrochant un peu plus à la chemise du phénix.
Le commandant de la première division la détailla un moment, pesant le pour et le contre de la révélation. Il soupira et l'assit sur son lit et s'installa à ses côtés, cherchant ses mots.
« Tu sais qu'il y a des règles sur ce navire. Récite-les-moi, dit-il après avoir vu son hochement d'approbation.
- On ne nuit pas à sa famille, commença-t-elle sous le regard attentif de l'homme. Ce que l'on trouve est à soi, les autres n'ont aucun droit dessus, continua-t-elle. Pas d'animaux à bord, grimaça-t-elle en se souvenant de sa petite souris. Pas de femme à bord, sauf les infirmières qui sont à Père. Personne ne doit les toucher, termina-t-elle.
- Satch a enfreint l'une d'entre elles. Père le punit, avoua-t-il, pensant qu'il était mieux qu'il ne donne pas la véritable cause de la punition.
- Mais, moi aussi, je n'ai pas obéi ! répliqua-t-elle, ne comprenant pas pourquoi elle n'avait pas été punie comme son frère.
- Tu es une enfant, Lia-chan. Satch est un adulte. Ce n'est pas la même chose, tenta-t-il d'expliquer.
- Mais...
- Lia-chan, commença en soupirant. C'est comme ça. Satch savait les risques qu'il prenait. »
L'enfant le fixa un long moment et gonfla ses joues pour montrer qu'elle boudait. Le phénix sourit doucement et la détailla aussi, remarquant les quelques changements de son corps. Elle n'était pas bien grande, ni très épaisse. Elle n'avait pas une force physique incroyable. Seul son pouvoir lui permettait de rester à bord, ainsi que son attachement aux membres de l'équipage. Ses yeux marron étaient bien plus vifs et pétillants de vie qu'à son arrivée. Elle n'avait rien d'un futur hors-la-loi redoutable. Elle ressemblait plus à une petite princesse égarée au milieu des méchants. Le ventre de la blondinette gronda de protestation, réclamant son repas matinal. Marco sourit et l'attrapa dans ses bras. Elle protesta pour la forme, mais il savait qu'elle adorait que les pirates prennent soin d'elle.
Le commandant de la première division prit un chemin plus long pour rejoindre la salle à manger afin que Sohalia ne voie rien de l'humiliation de son frère. Il la déposa sur un banc et s'éclipsa dans la cuisine pour lui préparer son petit-déjeuner. L'enfant resta silencieuse, le regard tourné vers la porte, essayant d'entendre quelque chose, mais rien. Elle soupira et grimaça en revoyant le poing du Paternel s'élever dans les airs. Ce n'était pas la première fois qu'un membre de l'équipage se faisait houspiller, mais jamais un commandant avait dû faire face à la colère du capitaine depuis qu'elle était arrivée. La porte grinça et elle vit Hogo rentrer en grognant avec Teach. Elle les salua chaleureusement et ils s'assirent à côté de la fillette.
« Teach ? chantonna-t-elle.
- Oui ? Tu as faim ? répondit-il en lui tapotant le crâne.
- Non, non. Marco est déjà parti me faire à manger, fit-elle en désignant la porte de la cuisine du doigt.
- On ne montre pas du doigt jeune fille, sermonna gentiment Hogo.
- Pardon, murmura-t-elle en baissant la tête.
- Que veux-tu, Lia-chan ? demanda Teach.
- Il a fait quoi Satch pour être puni par Père ? dit-elle en le fixant de ses yeux marron.
- Bah, on savait que ça allait arriver... souffla Hogo.
- Je me demande comme même comment il a fait pour se faire prendre », ajouta Teach.
Sohalia fronça des sourcils, peu ravie qu'ils ne répondent pas à sa question. Elle se tut et les écouta discuter. Sa tête suivait le mouvement de la conversation, allant d'un protagoniste à un autre, comme si elle regardait un match de tennis. Comprenant qu'ils ne lui diraient rien, elle croisa des bras et regarda la table. Pourquoi personne ne lui disait rien ?! Elle s'inquiétait, elle ! Est-ce que c'était grave ? Marco revint avec un plateau garni de nourriture et se fit charrier par les deux hommes.
« Il ne va pas être viré, hein ? » murmura-t-elle en sentant ses yeux s'embuer.
Face au silence des trois hommes, elle éclata en sanglots. Les trois pirates se regardèrent, pris au dépourvu et ne sachant quoi faire. Marco soupira et se dévoua. Il contourna la table et la prit dans ses bras, la berçant calmement, en silence. Soudain, Izo fit irruption dans la salle et souleva un sourcil en voyant la fillette en pleurs dans les bras du commandant. Qu'avait-il encore fait pour la faire pleurer ?!
« Père veut que tout le monde se regroupe sur la proue maintenant », annonça-t-il en soupirant.
En voyant Hogo se raidir, Sohalia l'imita inconsciemment. Toujours dans les bras du phénix, la fillette garda le silence pendant le court trajet menant à la proue. En arrivant, elle découvrit certains de ses frères se dépêcher pour jeter l'ancre. Elle fronça des sourcils et paniqua encore plus. Marco recommença à la bercer, espérant que ça suffirait. Il savait que Satch ne serait pas viré de l'équipage, mais le Paternel pouvait l'exclure temporairement. Joz fendit la foule et lâcha un sac de voyage sur le sol. Le bruit sourd qu'il fit en atterrissant détruit le peu de conversation qu'il y avait. Seul le son de l'ancre déchirant la surface de la mer brisa le silence pesant qui régnait sur le navire. Lady prit place à côté du second et le salua d'un signe de tête, semblant énervée. Barbe Blanche apparut suivi d'une infirmière et de Satch. Et soudain, Sohalia comprit.
« Crétins ! » siffla-t-elle à l'intention du commandant de la quatrième, mais aussi de la femme.
Marco sursauta et la détailla longuement avant de soupirer en comprenant qu'elle avait deviné de quoi il s'agissait.
« Je ne vous impose que peu de règles, alors j'estime que les seules qui régissent notre vie ne doivent pas être brisées. Chaque entorse au règlement sera sévèrement punie ! » déclara le capitaine.
À cet instant, Sohalia sentit une rage sans nom naître en elle. Elle savait que Satch était coupable, qu'il était sûrement le principal fautif, mais sa colère se dirigea vers ses femmes en rose. À cause d'elles, son frère avait été frappé, humilié, et il risquait d'être viré ! Elle ne pouvait en vouloir à l'homme qui lui avait sauvé la vie et la mise à maintes reprises. Il avait été toujours comme ça. Dès qu'une jolie fille passait près de lui, il ne pouvait s'empêcher de la détailler longuement. Cette infirmière aurait dû lui dire non. Marco l'observait et vit lentement son expression se transformer. Il suivit son regard et comprit. Il eut un léger sourire, pensant que Satch avait quelqu'un de loyal à ses côtés.
« L'infirmière Irina sera donc débarquée et a l'interdiction absolue de revenir un jour sur ce navire. Mettez la chaloupe à la mer. Sois reconnaissante envers Lady, je pensais te jeter simplement dans l'eau », balança sans pitié l'homme le plus fort du monde.
Satch grimaça en voyant la femme se mettre à pleurer. Lady renifla et lança un regard noir à son ancienne subordonnée. Sohalia sourit, ravie du comportement de la femme qu'elle appréciait beaucoup. Lorsque l'infirmière eut disparu sur la mer, le Paternel fixa longuement son fils fautif.
« Tu es stupide, lança-t-il. Tu savais ce qu'il t'attendait si tu couchais avec elle.
- Je ne demanderai pas pardon, répondit l'homme.
- L'abruti, souffla Marco, lassé.
- Et pourquoi ça ? questionna le capitaine.
- Car elle est douée, dit le coupable avec un grand sourire aux lèvres.
- Idiot ! grogna Barbe Blanche. Tu es de corvée de nettoyage pendant trois mois. Et si je te revois poser ne serait-ce qu'un œil sur les autres, je te cloître dans les cales du navire ! »
Le paternel retourna dans sa cabine sous le silence de ses hommes. Lady siffla ses infirmières et elles se dirigèrent dans leur antre. Sohalia gigota vivement pour faire comprendre au phénix qu'elle voulait descendre. Il accéda rapidement à sa requête, curieux de voir ce qu'elle allait faire. Elle fila vers Satch qui l'accueilli avec un immense sourire. Elle ne lui rendit pas, loin de là. Elle frappa de toutes ses forces dans le mollet de l'homme.
« Abruti ! » s'écria-t-elle tandis que son frère sautillait en se tenant la jambe.
Sohalia se précipita vers le commandant de la première division et lui sauta dans les bras, tirant au passage la langue à Satch. Ça lui apprendrait à faire des bêtises !
S&S
Le vent balayait son visage avec force, tandis que son cheval galopait à vive allure ! Le fier et célèbre samouraï Luffy avait le regard fixé sur le palais impérial du Japon. Il fit claquer ses talons sur les flans de son destrier afin qu'il aille plus vite. Dès qu'il avait eu vent de la nouvelle, il avait enfourché son cheval, laissant les brigands qu'il devait capturer attachés par les pieds dans un cerisier. Jamais il n'aurait pu croire que cela allait arriver. Mais maintenant que c'était devenu une réalité, la peur pour sa princesse ne faisait que s'accroître. Il n'attendit même pas que son fidèle destrier s'arrête et sauta à terre. Il se précipita dans le palais et s'inclina respectueusement devant l'empereur du Japon, Barbe Blanche.
« Ah, Luffy ! Je savais que tu viendrais ! Notre douce princesse a été enlevée par cet abominable Teach.
- Encore lui ! Ne craignez rien, Majesté ! Je vais de ce pas l'arracher de ses sales pattes grasses ! »
Sans plus attendre, le samouraï s'en alla. Il interrogea quelques gardes sur la cachette de l'affreux et reparti au triple galop. Il ne devait pas perdre un seul instant. Sa belle princesse ne devait pas passer une seule minute de plus avec Teach, le traitre. Il stoppa son cheval devant un immense portail. Il attacha son destrier et escalada l'entrée. Il se faufila discrètement entre les arbres et se dirigea vers une haute tour, seule construction du domaine. Une fenêtre perçait les pierres. Il se plaça en dessous et appela la princesse.
« Je savais que tu viendrais, samouraï ! » s'esclaffa Teach en sortant de l'ombre de la tour.
L'interpellé fit un pas en arrière et dégaina son sabre.
« Teach ! Où est la princesse ?! s'écria-t-il.
- Luffy ? demanda une voix fluette.
- Princesse ! » répondit-il en retour.
Il la vit enfin apparaître à l'unique fenêtre de la haute tour. Sa couronne brillait de mille feux sous la Lune. Sa robe rose moulait parfaitement ses formes. Elle ne semblait pas blessée ce qui soulagea grandement le samouraï. Il embrassa du regard la femme qu'il considérait comme la plus belle de monde et sursauta vivement.
Le choc fut violent et la sortit immédiatement de son songe cauchemardesque. Ace ?! Sincèrement, pourquoi son pauvre cerveau avait-il cru bon d'imaginer le commandant de la seconde division en frêle princesse en danger ?! Dans une robe rose en dentelle qui plus est ! Avec pour prince charmant, Monkey D. Luffy. Elle secoua la tête afin d'enlever les dernières images de son esprit tourmenté. La douleur fusa au niveau de ses fesses et elle se releva péniblement tout en massant son fessier douloureux. Un rire tonitruant résonna dans le dortoir des membres de la cinquième. Apparemment, Dom n'avait pas loupé un seul instant de sa chute.
« Il est bon le sol, blondinette ? » railla Dom en riant fortement, réveillant tous les membres de la division.
Elle soupira et se remit sous sa couette. Il ne la lâcherait plus avec ça ! L'image d'Ace revint la hanter et elle ne put fermer l'œil de toute la nuit.
S&S
Marco soupira et se laissa tomber sur son lit. Ça ne faisait qu'une heure que Sohalia les avait appelés et déjà l'envie de l'entendre de nouveau ressurgissait. Un soupir d'ennui s'échappa de ses lèvres. Izo avait compris ce que le phénix ressentait pour la jolie blonde. Est-ce qu'il allait en parler à leurs frères ? Approuvait-il ? Le commandant de la seizième division n'avait, certes, pas la même relation avec Sohalia que Satch avait, mais ça ne l'empêchait pas d'aimer la jeune femme. Marco trouvait même que depuis le retour de la Shizen, ils étaient plus proches qu'auparavant. Se faisait-il des idées ?
Il haussa des épaules, ne sachant que penser de tout ça. Il était le premier perdu dans cette histoire. Il ne savait quoi faire avec Sohalia. Devait-il ignorer ses sentiments et tenter de les faire disparaître à l'aide d'une autre femme ? Il grogna. Il avait pourtant bien essayé à San Faldo, mais impossible. À chaque fois qu'une femme passait dans son champ de vision, il ne pouvait se retenir de la comparer à la Shizen, et son regard venait irrémédiablement se poser sur la blonde. Alors devait-il refouler ses sentiments et essayer de faire comme si de rien était ? Il pourrait, mais l'attraction que Sohalia avait sur lui était puissante. Qu'elle soit présente ou non, il ne pouvait bâillonner ses pensées envers elle. Devait-il s'aventurer à montrer ses sentiments ? Il ne voulait pas la faire fuir et prendre le risque de tout perdre. Si seulement, elle lui montrait une quelconque attention. Si elle pouvait lui donner un signe pour qu'il puisse choisir. Il grogna, épuisé, et posa son bras sur ses yeux.
« L'amour donne envie de se pendre par moment, hein ? s'amusa tristement Satch, assis sur son bureau. Mon pauvre vieux ! Tu n'as pas choisi la proie la plus facile ! Tu aimes tant que ça les complications ? railla le commandant de la quatrième, sous les yeux ébahis de son frère. Tu sais, tu as de la chance. Du moins, tu seras l'homme le plus chanceux si tu arrives à être à ses côtés. Elle est devenue une femme magnifique. On a fait du beau travail, frangin, félicita l'homme à la coupe de banane. Avoue que ce n'était pas gagné ! Tu te souviens de comment on doutait quand elle s'est définitivement installée ? On en a eu des nuits d'insomnie, des frayeurs pendant des combats... » soupira Satch, le regard lointain, posé sur des souvenirs passés qu'il ne cessait de se remémorer.
Marco se leva et s'approcha lentement de son ami. Il plaça sa main sur son épaule et écarquilla les yeux en rencontrant le tissu blanc. Il déglutit péniblement, refoulant les larmes qui menaçaient de couler. Pas maintenant. Il voulait profiter de cet instant. Il était tenté de rameuter tout le navire, mais il avait peur que son frère disparaisse s'il élevait la voix.
« Tu sais, malgré tout ce que j'ai vécu, tout ce que j'ai vu, je crois que les moments où elle était avec nous sont les plus beaux de toute ma vie. J'avais l'impression que la famille, qu'on avait, était complète. On a eu une chance unique. On a pu élever un enfant. Ce n'était pas de la tarte, mais c'est l'une des meilleures expériences que j'ai eue, avoua-t-il sous le regard attentif du phénix. Ne t'inquiète pas, frangin. Je veillerais sur vous tous, mais je ne peux pas faire de miracle. C'est à ton tour de la protéger. Tu es le mieux placé pour ça », s'esclaffa-t-il.
Il se leva et détailler les photos qui décoraient la cabine du commandant de la première division. Il en prit une et la fixa un long moment. Marco regarda par-dessus son épaule. C'était une photo de Satch, Sohalia et lui sur l'île des Hommes-Poissons. Le phénix se souvint du jour où elle avait été prise. Cela faisait seulement six mois que la Shizen était devenue un membre de l'équipage. Elle allait avoir six ans et c'était la première fois que la fillette posait un pied sur l'île. Il sourit en apercevant la mine émerveillée de l'enfant sur la photo.
« Tu as raison, souffla-t-il attirant l'attention de son ami sur lui. On s'en est bien tiré, précisa-t-il devant le regard interrogateur de son interlocuteur.
- Tu feras de ton mieux, hein, frangin ? s'enquit-il en souriant.
- Je mourrai pour ma famille, tu le sais, dit-il simplement.
- Va falloir ruser pour la séduire. Tu en as pas fini avec les insomnies, rit-il en se foutant de la gueule du phénix.
- Je l'apprivoiserai, répliqua-t-il avec un léger sourire, en s'imaginant l'appâter avec des biscuits et des mousses au chocolat.
- Comme je l'ai fait avant, s'amusa-t-il en pressant l'épaule du commandant. Bonne chance », souffla-t-il en le dépassant.
Marco se retourna vivement et ne vit que le vide devant lui.
« Satch ! s'exclama-t-il en s'élançant sur le pont pour le retrouver.
- Non, moi, c'est Izo.
- Hein ? répondit-il intelligemment en clignant des yeux.
- Pas tout d'activé là-haut, s'amusa le commandant de la seizième.
- Izo ?
- Oui, bravo !
- Bordel », souffla-t-il en s'asseyant sur son lit.
Ses yeux embrassèrent son bureau du regard et il se leva. Rien ne semblait avoir bougé. Son regard tomba sur la photo de son rêve et il frissonna en la prenant. Izo s'approcha et détailla en silence l'image.
« Elle te manque tant que ça ? lança-t-il finalement.
- J'ai rêvé de Satch, chuchota-t-il.
- Ouais, ça m'arrive aussi de temps à autre, marmonna-t-il s'appuyant sur la chaise, son regard perdu parmi les photos. J'ai l'impression qu'il n'est pas vraiment parti. Qu'il est toujours là, déambulant sur le navire, nous voyant, nous entendant, mais ne pouvant communiquer avec nous.
- Une sorte de fantôme ? dit-il pour lui-même.
- C'était quoi ton rêve ? demanda-t-il.
- Il était là, me parlant de Sohalia, avoua-t-il sans y penser.
- Il te donnait des conseils de séduction ? s'esclaffa Izo.
- Non. Je crois qu'il me donnait une sorte d'accord..., expliqua-t-il perdu.
- Sa bénédiction ? s'étonna son ami.
- Ouais, un truc comme ça... »
Le silence s'installa, laissant les deux commandants plongés dans leurs pensées. Izo finit par s'en aller sans un mot. Lorsqu'il fut sur le pont, ses jambes le guidèrent sans qu'il ne s'en rende compte jusqu'à la cabine de Satch. Marco et Sohalia, hein ? Enfin, surtout Marco, pour le moment. La jeune femme ne semblait pas être attirée par lui. Pourtant, Izo n'avait pu s'empêcher de remarquer que les prunelles marron de la Shizen cherchaient souvent le phénix. Peut-être qu'elle ne réalisait pas encore… Le vent balaya son visage et il ferma les yeux, inspirant une grande goulée d'air marin.
« Izo ! » entendit-il.
Il tourna vivement la tête dans la direction du cri et écarquilla les yeux. Pendant un court instant, il crut le voir au loin, vêtu de ses éternels vêtements blancs. Mais ce n'était qu'Haruta qui courrait vers lui, un immense sourire aux lèvres.
« Tu viens dîner ? demanda-t-il après avoir observé la porte de la cabine en silence.
- Allons-y ! »
S&S
Sohalia allait revenir ce soir. Sohalia allait revenir ce soir. Sohalia allait revenir ce soir. Marco grogna et balança son stylo sur la table, incapable de poser le moindre mot dans le journal de bord. Cette phrase tournait en boucle dans son esprit depuis qu'il s'était réveillé. Il avait l'impression de devenir fou. Oui, c'était ça. Elle allait le rendre fou ! Pour commencer, elle dormait avec Ace. Ensuite, elle lui cachait des informations importantes à son sujet, comme le fait qu'elle soit une princesse. Après, elle retournait sur son île natale et ne lui donnait que peu de nouvelles. Et voilà maintenant cinq jours, qu'elle avait coupé toute communication ! Il se massa les tempes, sentant une migraine naître sournoisement.
« Oh, il est en manque notre phénix ! Il n'a pas eu sa dose de Sohalia depuis cinq jours. Il est tout grognon ! » ricana Izo en s'asseyant en face de lui.
Pitié ! Qu'on lui foute la paix ! Izo avait trouvé un nouveau jeu pour oublier son ennui des derniers jours : le taquiner sur ses sentiments envers la Shizen. Et il s'en donnait à cœur joie ! Le commandant de la seizième division ne soupçonnait pas le nombre de fois où il avait failli finir dans l'eau gelée. Heureusement pour lui, le phénix avait un sang-froid assez impressionnant. Marco inspira longuement et sortit de la bibliothèque.
« Laisse-moi deviner... Tu as pensé toute la nuit à comment allait se passer ces retrouvailles... » s'amusa l'homme travesti.
Il ne dit rien. Ce n'était pas la peine, ses cernes parlaient pour lui. Il avait passé une bonne partie de la nuit à s'imaginer leur retrouvaille, puis à s'inquiéter de son silence, et même à s'imaginer les pires scénarios possibles. Vivement qu'elle soit là, qu'il puisse dormir en paix ! Et peut-être que par la même occasion, sa présence ferait taire Izo... Ô doux espoirs...
« Hum... Tu crois qu'elle va te sauter dans les bras ? Ou mieux ! Te déclarer sa flamme ! »
Effectivement, ces deux scénarios s'étaient joués dans sa tête des heures entières. Il n'avait cessé d'imaginer la texture des lèvres de la jeune femme sur les siennes, le goût qu'elles auraient, le plaisir qu'il ressentirait de la faire sienne. Malheureusement, il doutait que cela se passe ainsi.
« Tu as comme même plus de chance d'avoir un petit bisou sur la joue, et un petit câlin... Ah... » lança sans pitié le travesti.
Va-t-il se taire un jour ou devait-il s'en assurer lui-même ? Il souffla un bon coup et pénétra dans la salle à manger. Il s'installa un peu à l'écart des autres, espérant ainsi profiter d'un peu de tranquillité. Mais Izo, tenace, s'assit en face de lui et débuta son repas dans le silence, étonnant le phénix. Était-il lassé que le commandant de la première ne lui réponde pas ? Il soupira discrètement de soulagement et attaqua son steak qui lui donnait l'eau à la bouche.
« Physiquement, Sohalia est plutôt sexy..., » lança finalement l'homme travesti, l'air de rien.
Marco se mit à tousser vivement, s'étranglant avec un morceau de viande. Lorsqu'il fut sauvé, il toisa méchamment son ami. Il n'arrivait pas à croire qu'il ait dit une chose pareille. Est-ce qu'il avait des vues sur la jeune femme ?!
« Quoi ?! Je ne fais qu'énoncer un fait ! Tu sais bien que je préfère les brunes ! se défendit-il.
- Pourrais-tu te taire au moins pour le repas ?!
- Je fais la conversation ! contredit-il.
- Très bien ! dit-il en rendant les armes. De quoi veux-tu parler ?
- Pourquoi elle ? »
Marco cligna des yeux et fronça des sourcils en le fixant.
« Bonne question, répondit-il finalement en passant ses mains sur son visage. J'en sais rien, Izo ! Parce qu'elle est elle. Parce que j'adore voir ses yeux pétiller d'émerveillement quand elle découvre quelque chose, ou qu'elle est heureuse. Parce que son sourire est magnifique. Qu'elle est intelligente et drôle. Qu'elle a de la répartie. Qu'elle est loyale. Qu'elle ne juge pas sans connaître.
- Ça va ! coupa-t-il en ricanant. Je voulais une réponse, pas une dissertation ! s'esclaffa-t-il.
- T'es chiant, grommela-t-il en piquant un morceau de viande.
- Et physiquement ? »
Marco poussa un long soupir et posa ses couverts, comprenant que tant que la curiosité d'Izo ne serait pas rassasiée, il lui serait impossible de manger en paix.
« Allez, tu peux me le dire ! C'est quoi ? Ses petites lèvres roses ? Sa chute de reins ? Sa poitrine ? Ses fesses ? Ses jambes ? Son cou ?
- Bordel Izo ! J'essaie de manger !
- Je ne vois pas ce qui t'empêche de le faire... » répliqua-t-il innocemment en avalant un peu de saké.
C'était lui ou il y avait un sous-entendu dans sa phrase ?! Marco le regarda, se demandant s'il se foutait de sa gueule. Comment pouvait-il manger si son ami se mettait à détailler le corps de la jeune femme. Il fronça des sourcils et ouvrit la bouche pour lui répondre, mais un hurlement le coupa net. Il se releva précipitamment et fonça à la proue du navire d'où provenait le cri. Il avait cru reconnaître sa voix... Il se figea en la découvrant à genoux. Était-elle blessée ? Que lui arrivait-elle ?
« Ta chère et tendre est de retour », murmura Izo à ses côtés.
Il voulut lui dire de se la fermer une bonne fois pour toute, mais il aperçut la blonde se relevait précipitamment et foncer sur lui. Elle semblait furieuse. Qu'avait-il encore fait ?! Il ne chercha pas à comprendre plus longtemps et fila sans demander son reste.
« Reviens ici, foutu ananas ! Je vais te couper en rondelles ! » s'époumona-t-elle derrière lui.
Izo les observa disparaître et s'esclaffa comme la plupart des membres de l'équipage. Ce n'était décidément pas le scénario que le pauvre phénix s'était imaginé...
EDIT : 08/05/2020
