Lecteurs/Suivis/Favoris : Merci d'être de plus en plus nombreux ! :)


Les Reviews !

Merci à MissLul, mlodie, Tendo-Fu et CupcakesCult d'avoir pris le temps de commenter :) ! J'espère que ce chapitre vous plaira ! ^^ Bonne lecture ! ;)

mlodie : Bonsoir ! :) Merci d'avoir posté une review ! :) Alors le résumé va se trouver juste après le disclamer :) Je vais essayer d'en placer dans les chapitres précédents. :) Merci ! Je suis heureuse que le précédent chapitre t'a plu :) Quant aux prénoms en entier, non. :) Je suis désolée :) Si je mets les initiales de certains prénoms des personnages, c'est pour aérer mon texte, sauter des lignes :) Je pense que ce que tu veux que je mette c'est "POV Sohalia", par exemple. :) Alors, je ne sais pas si tu lis énormément, mais tu ne trouveras jamais ça dans une oeuvre. :) Nos fictions n'égalent peut-être pas les grands auteurs de ce monde, mais je pense que c'est une bonne chose d'essayer de faire un écrit de qualité. Et mettre les "POV" gâche l'oeuvre. Du moins, c'est mon point de vue ! :) Je te remercie encore une fois pour ton commentaire. J'espère que la suite te plaira. :) Bonne lecture ! ^^

Tendo-Fu : Bonsoir ! :) Merci pour ta review ! :) Alors... Que dire... Déjà, je refuse absolument d'écrire à quatre mains. Pourquoi ? Parce que de un, c'est un exercice difficile, car les avis divergent souvent, voire tout le temps. De deux, il faut avoir confiance et connaître bien cette personne. De trois, c'est ma fiction, mon bébé. :) Je la fais grandis, je l'élève, j'aime les personnages que j'ai créé comme ceux que j'ai emprunté. :) Je l'ai fait naître, je la fais grandir, et, un jour, je la ferai mourir. :) Je n'ai pas de panne d'inspiration. En vérité, j'en ai rarement eu. :) Je connais la fin exacte de la fiction, l'évolution de mes personnages. Je connais les grandes lignes de la suite de la fiction. Avoir un co-auteur maintenant signifie des changements car cette fin que j'ai déjà risque de ne pas lui plaire. :) Après, il faut savoir que j'ai une vie, je suis un peu fainéante sur les bords, donc la fiction ne passe pas tout le temps en premier. Si on me propose un week-end d'enfer à la plage, eh bien, je vais sacrifier ma fiction pour profiter un maximum. :) L'écriture est ma plus grande passion, mais j'aime découvrir des choses, vivre. :) Quant aux résumés, l'idée a été adoptée ;) Il se trouvera juste après le disclamer. ^^ Merci pour ton commentaire. :) J'espère que la suite va te plaire, bonne lecture ! :D


Disclamer : Certains OC proviennent de mon imagination ! Le reste de l'univers revient à Monsieur Oda !


L'île Yosei no Toketsu, palais royal.

Sohalia s'assit sur une chaise, imitant ses frères, et observa la Reine, qui s'installait sur son trône. Elle cligna des yeux, cherchant à comprendre comment cette vieille femme pouvait appartenir à la Lignée des Shizen, tout en vivant dans le monde du dehors. Disait-elle la vérité ? Était-ce une ruse de Jef ? Elle embrassa rapidement du regard les alentours, s'efforçant de découvrir un quelconque indice. Elle soupira, exaspérée. Elle devenait complètement paranoïaque. Pourquoi le Mentaru ferait-il une chose pareille ?! Quel profit en tirerait-il ?! Ses pensées furent interrompues par l'entrée des supernovas, des révolutionnaires et de l'équipage de Shanks. Sohalia sourit, amusée par la joyeuse cacophonie que créaient les jeunes pirates. Cependant, toute son attention se tourna vers le Reine lorsque celle-ci se leva et s'inclina devant eux.

« Je me nomme Leïko Shizen. Je suis la Reine de l'île, se présenta-t-elle. J'aimerais savoir ce qui vous a amené sur Yosei no Toketsu, ajouta-t-elle en posant un regard chaleureux sur les deux empereurs.

- Shizen ?! » s'étonnèrent certains pirates en détaillant tour à tour Sohalia et Leïko.

La jeune femme grogna. Elle n'en savait pas plus qu'eux. D'après ce qu'elle savait de sa tante, les seuls Shizen encore vivant étaient Emi, Hachiro, Maiya, et elle-même. Si cette femme était bien celle qu'elle prétendait être, elle devrait être en train de manger des pissenlits par la racine depuis plus de dix ans. Elle écouta distraitement Barbe Blanche raconter pourquoi ils s'étaient invités sur l'île sans permission. A la fin du récit, la vieille femme fronça des sourcils et fixa intensément le commandant de la quatrième division. Sohalia se raidit et soutint le regard de la Reine.

« Je vois…, souffla-t-elle en regardant de nouveau l'homme le plus fort du monde. Bien, changeons de sujet. J'ai eu vent de certains problèmes que ces jeunes pirates, ici présent, ont crée. »

Certains supernovas reniflèrent dédaigneusement, refusant qu'on les accuse des imbécilités du chapeau de paille. D'autres toisèrent le coupable, jurant mentalement que s'ils avaient des problèmes par sa faute, il le paierait d'une manière ou d'une autre. Les autres restèrent impassibles, ne voyant pas de quoi la vieille parlait, tandis que le fautif de tout ce grabuge riait nerveusement en se grattant la nuque. Sohalia secoua la tête de droite à gauche. Elle savait que ce n'était pas une bonne idée de les laisser seuls.

« Plusieurs établissements du centre-ville ont été partiellement détruits, annonça la Reine Leïko. Dont un café qui devait être le lieu principal de la fête qui doit se dérouler ce soir, précisa-t-elle en posant ses yeux bleus sur les jeunes pirates.

- Nous pouvons mettre nos charpentiers à votre service, si cela peut vous être utile, proposa Barbe Blanche.

- Les artisans de l'île s'attèlent déjà aux réparations, déclina poliment la reine. J'ai une meilleure idée à vrai dire, déclara-t-elle avec un léger sourire sadique, qui fit frissonner Sohalia. Mais, d'abord, j'aimerais que les principaux coupables se dénoncent… »

Des murmures se firent rapidement entendre. À quoi pensait donc la vieille Shizen ? Nami, exaspérée et n'ayant toujours pas pardonné à son capitaine le bordel qu'il avait encore semé, poussa Luffy au centre de la pièce. Elle se retourna vivement vers le sabreur et le cuistot de son équipage et pointa du doigt la direction de Luffy. Les deux hommes tentèrent de riposter, mais des coups puissants sur leur tête eurent raison d'eux.

« Qui est le capitaine de ces trois hommes ? » questionna Leïko en balayant les pirates de ses yeux bleus.

Luffy leva la main, un immense sourire sur le visage.

« Je vois… souffla la vieille femme, de plus en plus amusée. Bien, messieurs, vous allez suivre cette charmante demoiselle, qui vous attend près de la porte. Elle va vous conduire jusqu'au café où se tiendra la célébration de ce soir. »

Si le ton était toujours aimable et poli, l'ordre était clairement audible dans la voix de la vieille femme. Les trois membres des Mugiwaras soupirèrent et suivirent la domestique. Sanji se reprit bien vite, et avant même que la porte ne se referme sur eux, il avait commencé à complimenter la jeune femme. La Reine se leva et commença, à son tour, à avancer vers la sortie.

« Vous êtes, bien sûr, invités à la fête. En attendant, vous pouvez faire ce qu'il vous plaît, informa-t-elle en leur souriant. Cependant, pourrais-je avoir un moment avec la jeune Shizen ? »

Sohalia la fixa. Elle était méfiante. Elle allait vraiment finir par devenir folle à cause du Mentaru. Qu'est-ce qu'une vieille pourrait lui faire ?! Puis, l'image des marines s'effondrant au sol lui revint. Ce n'était pas qu'une vieille… Elle finit par soupirer, lasse de toutes ces questions qu'elle se posait, et suivit la Reine après avoir reçu l'approbation de son père. Elle rassura ses frères d'un signe de tête et d'un sourire.

La Reine lui sourit et marcha à ses côtés. Sohalia ne pouvait s'empêcher de la détailler. La vieille femme portait ses années de vie sur son visage et son corps, pourtant, elle avait quelque chose en elle qui éclipsait les rides. La douceur brillait dans ses yeux bleus. Une chaleur entourait la reine de cette île gelée. Perdue dans ses pensées, elle faillit se cogner contre le dos de la Reine lorsque celle-ci se stoppa devant un mur. La jeune femme suivit son regard et écarquilla les yeux en apercevant un portrait.

« La jeunesse est un bien précieux. C'est difficile à comprendre pour ceux qui la vivent. Les enfants veulent grandir vite, ne se rendant pas compte qu'ils vont perdre les plus belles années de leur vie. Les vieux râlent en disant que le bon vieux temps était plus respectueux. Les adultes courent en tout sens, perdant des heures de leur vie dans des futilités. »

Leïko se tut, gardant son attention sur l'immense tableau. Le commandant ne dit rien, laissant la vieille femme se perdre dans les méandres de ses pensées. Finalement, lorsque sa curiosité vint à bout du peu de patience qu'elle possédait, Sohalia se redressa et fit face à la Reine.

« Qui êtes-vous ?

- Leïko Shizen, Reine de l'île, mère d'Emi et Eri Shizen, avoua-t-elle sans quitter le portrait des yeux.

- Pour une femme qui est censée être dans un cercueil depuis un moment, vous êtes bien conservées, railla la pirate.

- C'est une longue histoire, mon enfant, souffla la vieille femme. Mais, toi, qui es-tu ? questionna-t-elle en vrillant son regard aux prunelles marron.

- Sohalia Shizen, commandante de la quatrième division de Barbe Blanche, princesse de l'île, fille d'Eri Shizen et de Kazuo Migi, et de Barbe Blanche », lança-t-elle avec aplomb.

La vieille femme se raidit et se mit à l'observer, cherchant des détails anatomiques qui lui feraient penser à sa défunte fille. Elle ne pouvait croire en sa chance de revoir l'une de ses petites filles. Elle pensait que cette jeune Shizen qui lui faisait face était l'une des filles d'Emi. Elle posa ses mains sur les joues la jeune femme et ferma les yeux.

« Je ne peux y croire… » souffla-t-elle en rouvrant les yeux.

Leïko rencontra alors les yeux déterminés de Sohalia. Ce même regard farouche que possédait Eri. La vieille femme sourit et caressa doucement la peau de la pirate.

« Comment as-tu fait pour échapper à la mort ? Pour t'enfuir de l'île ? »

Sohalia soupira et détourna son regard de la Reine. La jeune femme savait pertinemment ce que cherchait à savoir Leïko. Elle voulait comprendre comment sa fille était morte. Elle voulait connaître des moments de la vie d'Eri Shizen qu'elle ne connaissait pas.

« Barbe Blanche a eu vent de la destruction de l'île où Eri et Kazuo s'étaient cachés. Il a envoyé l'ancien commandant de la quatrième division voir ce qu'il s'était passé et si l'île voisine, qu'il avait placée sous sa protection, risquait d'être prise pour cible également. Satch m'a découvert dans les décombres, inconsciente. Il n'y avait nulle trace de survivant. Je ne me souviens de rien. D'après un médecin, j'ai dû subir un choc physique et psychologique important. Je ne me rappelle ni de ma mère, ni de mon père, ni de cette île. J'ai parfois quelques sensations de chaleur intense, de douleur, mélangées avec l'odeur des chairs brûlées et de sang. »

Sohalia déglutit et rencontra finalement les yeux de la Reine, qu'elle avait pris soin d'éviter pendant son récit. La tristesse avait terni son regard.

« Est-ce que tu as rencontré Emi ? » s'enquit doucement la vieille femme.

La jeune femme se demanda un instant si elle cherchait à oublier la perte de sa fille en recueillant des nouvelles de l'autre.

« Oui, j'ai vécu avec elle pendant sept ans. Elle s'est mariée avec Hachiro Mentaru. Ils ont une fille : Maiya Shizen. Nous sommes devenus la famille royale depuis peu, raconta-t-elle avec une grimace.

- Le vieux a finalement passé l'arme à gauche ?! Et dire que j'attendais ça avec impatience ! s'exclama-t-elle, faisant sursauter sa petite fille.

- Il a été assassiné par Jef Mentaru, déclara-t-elle.

- Ah, je vois… C'est donc lui qui s'est permis de foutre le bordel sur mon île ! s'écria-t-elle en comprenant qui avait semé des cadavres dans les ruines. Je n'ai jamais aimé cette Lignée, avoua-t-elle avec mépris. Et dire que ma fille en a épousé un… » déplora-t-elle.

Sohalia cligna des yeux et fixa la vieille femme, qui continuait de critiquer les Mentaru, ébahie. Foutre ?! Depuis quand une reine insultait aussi directement une autre Lignée ?! Puis, elle sourit en se souvenant de la description de Leïko Shizen que lui avait faite Emi.

« Vous êtes aussi directe que le dit votre fille, s'amusa-t-elle.

- Elle n'est pas mieux, répliqua-t-elle en lui faisant un clin d'œil. Et pour l'amour de je ne sais quel Dieu, arrête avec tes politesses ! Je ne pensais pas rencontrer une Shizen chez les pirates ! Je pensais que tu serais moins polie. Maintenant, tu vas m'expliquer pourquoi un Mentaru sème le chaos dans le monde du Dehors.

- Une minute ! coupa Sohalia. C'est à vous de m'expliquer le pourquoi du comment vous n'êtes pas morte, non ?

- Vas-tu arrêter de me vouvoyer ?! Je ne suis pas si vieille que ça ! » s'écria-t-elle en pinçant la joue de la jeune femme.

Sohalia cria de surprise et gigota dans tous les sens pour se libérer de la prise de la vieille femme. Pour une personne âgée de plus de soixante-dix ans, elle avait une sacrée poigne la grand-mère Shizen. La jeune femme finit par céder à l'hilarité. Bien qu'elle ne connaisse pas la fin de l'histoire, elle était heureuse de rencontrer un autre membre de sa famille. Certes, elle n'était pas la grand-mère douce, aimable, qui vous apprenait à tricoter qu'elle avait imaginé, mais ce n'était pas plus mal.

L&S

Marco déambulait dans les rues de la ville des fées, en compagnie d'Izo et Haruta. Ses mains étaient enfoncées dans ses poches et il prêtait plus attention à ses chaussures qu'aux magasins qui l'entouraient. Il n'écoutait même pas ses deux frères qui conversaient sur les pouvoirs de la famille Shizen. Il soupira en shootant dans un tas de neige et releva la tête pour voir le palais au loin, là où se trouvait la Shizen. Il retourna à la contemplation de ses chaussures, ignorant le regard gourmand qu'une jeune femme avait posé sur lui. Izo s'arrêta, l'attrapa par les épaules et le secoua violemment. Le commandant de la seizième division avait épuisé son stock de patience en l'espace de quelques minutes. Les soupirs du phénix lui tapaient sur le système.

« Mais reprends-toi, bordel ! cria-t-il en continuant de remuant le commandant de la première division. Y en a marre de tes soupirs, de ta mauvaise humeur ! Soit tu l'oublies, soit tu tentes ta chance ! Mais fais quelque chose ou je vais finir par t'assommer ! »

À bout de souffle, Izo relâcha son frère. Haruta les regarda tour à tour, essayant de deviner le sujet de cette engueulade. Le jeune homme finit par hausser des épaules et offrir un pauvre sourire contrit au phénix, qui reprenait peu à peu ses esprits.

« Qu'est-ce qui te prend ?! » s'écria-t-il finalement.

Izo fronça des sourcils, hésitant dans sa façon de procéder. Devait-il frapper son frère ? Lui faire un sermon ? Lui faire un cours sur les techniques d'approches ? Il soupira et se pinça l'arête du nez. Marco n'avait jamais eu besoin d'aide pour mettre une fille dans son lit ou la faire tomber sous son charme. Pourquoi était-il si désemparé ? Ce n'était que Sohalia ! Elle n'allait pas le tuer s'il essayait quoique ce soit. Quoique…

La jeune femme était pleine de surprises. Le commandant de la seizième finit par comprendre le nœud du problème : Sohalia était incompréhensible ! Elle était plus compliquée que les filles d'un soir que le phénix avait connu auparavant. Même si certaines d'entre elles avaient retenu son attention, il avait su que rien ne se passerait avec elles, car il n'y avait que peu de chance qu'il les revoit. Alors que la Shizen faisait partie de l'équipage. Il était condamné à la voir tous les jours. Si elle ne s'éloignait pas de lui, il n'y avait que peu de chance qu'il oublie ses sentiments envers elle. Izo soupira à son tour, désespéré. Pire qu'un casse-tête chinois. Il posa une main sur l'épaule du phénix et secoua la tête, défaitiste.

« C'est censé vouloir dire quoi ça ?! s'écria-t-il.

- Tu n'as vraiment pas de chance, mon pauvre vieux, déclara Izo en continuant sa route.

- Tu m'aides pas, là !

- Sohalia n'est pas si compliquée que ça, intervint Haruta. Bon, d'accord, ce n'est pas la femme la plus simple du monde, mais y a pire, ajouta-t-il sous les regards sceptiques de ses frères.

- Si tu le dis », soupira Izo, songeant que les femmes étaient vraiment des êtres étranges.

Haruta sourit à Marco, espérant que ça lui donnerait un peu de baume au cœur. Ce dernier soupira et reprit sa marche. Le commandant de la douzième division tenta de contrôler son exaspération. S'il entendait quelqu'un soupirer encore une fois, il lui enfoncerait la tête dans la neige. Pourquoi avait-il choisi de se promener avec deux dépressifs ?

« Comment tu as su ?! s'exclama soudain Marco en vrillant son regard sur la petite silhouette de son frère.

- Pour commencer, si vous n'avez pas remarqué, je suis à côté de vous depuis une heure déjà, débuta-t-il.

- Sans blague, ricana Izo, qui se prit une taloche sur le bras, l'une des rares parties du corps qu'Haruta pouvait toucher sans sauter.

- Ça se voit comme le nez au milieu de la figure que tu es fou d'elle. Tu ne peux pas t'empêcher de la chercher du regard, de sourire comme un abruti, ce que tu es au passage, quand tu la vois. Tu es sur les nerfs quand elle n'est pas là, ou quand elle est proche d'un autre homme que toi, débita le commandant de la douzième division.

- C'est si visible que ça ? grogna le phénix.

- Pratiquement tout le monde s'en est rendu compte, Marco, soupira Haruta.

- Génial ! railla-t-il en reprenant leur balade.

- Si ça peut te rassurer… Elle te cherche souvent du regard. Elle aime ta compagnie depuis toujours et elle la recherche encore aujourd'hui, confia-t-il.

- Sois direct, Haruta. Je n'ai pas la tête à faire des devinettes.

- Tiens, ça rime ! s'amusa Izo. Ça va, ça va ! Je me la ferme, ronchonna-t-il en apercevant le regard noir de Marco.

- Je dis simplement que tu as ta chance avec elle, répondit Haruta en ignorant l'intervention d'Izo.

- Pour ça, il faudrait qu'il fasse autre chose que soupirer ! » ricana le commandant de la seizième.

L&S

Sohalia soupira de bien-être après un fou rire avec sa grand-mère. Leïko venait de lui raconter ses diverses mésaventures avec l'ancien roi Taiyō, la lignée des Kasai et celle des Mentaru. La vieille femme avait un certain talent pour s'attirer des ennuis ; talent dont la jeune Shizen semblait avoir hérité. Elle essuya une larme causée par son hilarité et accepta avec un sourire la tasse de thé que sa grand-mère lui proposait. Elle soupira lorsque le liquide chaud lui brûla légèrement la gorge. Elles s'étaient installées sur une terrasse et le vent froid de l'île venait de temps en temps les faire frissonner. Elles s'étaient enroulées dans d'épaisses couvertures et profitaient de la vue sur la ville.

« Je suppose que c'est le moment pour t'expliquer pourquoi je me suis fait passer pour morte... soupira la vieille femme en faisant glisser ses yeux de sa petite-fille à l'horizon. La nouvelle de la mort d'Eri et de son mari nous est parvenue très vite. Comme tu dois le savoir, lorsque ta mère a rencontré ton père, il était un marine. Elle avait toujours eu soif de liberté, d'aventures, contrairement à Emi qui a très vite compris les responsabilités qui pesaient sur leurs épaules. Les jumelles se sont souvent dressées contre Taiyō et ses mesures d'un autre temps. Pour Eri, notre confinement forcé était de plus en plus dur à supporter. Un jour, elle a craqué, et elle a fui l'île. Elle s'est retrouvée sur une île, perdue et ne connaissant rien à ce monde, elle a caché ses pouvoirs et s'est fait embaucher comme serveuse. Ça a dû être un sacré changement », s'esclaffa Leïko.

Sohalia ne dit rien et laissa un sourire fleurir sur les lèvres. Elle pouvait imaginer quel changement ça avait dû être. Une jeune femme qui avait vécu toute sa vie dans un palais, entourée de domestique, devenue serveuse. Elle savait déjà tout ça, mais elle ne pouvait s'empêcher de se plonger dans le récit, comme si c'était la première fois qu'elle l'entendait. Elle gravait chaque mot dans sa mémoire, afin de ne pas en perdre une miette. Elle voulait combler le vide de sa mémoire.

« Ton père a débarqué sur l'île avec son équipage. Il a toujours été un simple soldat. Il n'avait aucune envie de monter en grade. À l'époque, je pensais qu'il manquait d'ambition, je voulais le meilleur pour ma fille. Elle me ramenait un homme du Dehors, un marine en bas de l'échelle de surcroît, marmonna-t-elle en secouant la tête. Le chef de cet équipage était le jeune Akainu Sakazuki. Un homme avec un grand potentiel, mais un sacré problème mental si tu veux mon avis, ajouta-t-elle avec un mépris évident. Comme le hasard fait bien les choses, ils ont mangé là où travaillait Eri. Apparemment, ce fut le coup de foudre. À cette époque, Akainu était déjà Vice-amiral, et il était promis à un grand avenir. Il connaissait certains secrets les mieux gardés du gouvernement mondial, si tu vois ce que je veux dire. Il a tout de suite repéré Eri. Lorsque les marines sont retournés sur leur navire de guerre, il a prévenu les instances supérieures, qui ont programmé un raid éclair, rapide et discret, pour éliminer Eri. »

Sohalia déglutit. Elle ne connaissait pas cette partie de l'histoire. Elle savait que le premier responsable de la fuite de ses parents était Akainu. Elle se pencha légèrement en avant, concentrée sur les mots de la plus vieille des Shizen.

« Kazuo… Comment dire… Je ne l'appréciais que peu. Son plus grand défaut était qu'il venait du Dehors. Son second défaut était son sens de la justice. C'était quelqu'un de responsable, ton père. Un homme bien, malgré son origine. L'assassinat d'Eri, il ne pouvait le comprendre, puisqu'il ne connaissait pas le fin mot de l'histoire. Il s'est dressé contre ce meurtre, qu'il jugeait inhumain, mais il s'est tu. Il a attendu de connaître tous les détails du plan d'action et a déserté le navire. Il a volé un bateau de pêche, kidnappé ta mère et a disparu, s'esclaffa-t-elle. Imagine la tête de ta mère au petit matin quand elle se réveille, se rend compte qu'elle est sur un navire misérable dans le Nouveau Monde avec un marine. »

Le rire de Sohalia rejoignit rapidement celui de sa grand-mère. À la place d'Eri, elle aurait sûrement hurlé et frappé l'inconnu jusqu'à ce qu'il soit inconscient.

« Alors qu'elle le poursuivait, armé d'une poêle à frire, il a tout expliqué. Sous le choc, elle a lâché la poêle et elle s'est brisé un orteil. Dans son genre, elle n'était pas mal non plus pour s'attirer des ennuis. Elle a passé un moment à réfléchir sur ce qu'elle devait faire, si elle pouvait faire confiance à cet homme. Au fil du temps, elle s'est rendue compte de ses sentiments et de ceux de Kazuo. Ce n'est qu'à ce moment-là, qu'elle a décidé de rentrer avec lui. Je ne t'explique pas le scandale quand elle est revenue accompagnée d'un marine du Dehors. Taiyō hurlait comme pas possible. Emi souriait comme si c'était normal, comme si elle ne s'était pas attendue à autre chose de la part de sa jumelle. Quant à ton grand-père, il est tombé dans les choux ! Moi, j'étais en colère, inquiète et triste, car je savais qu'il ne serait jamais accepté sur l'île et qu'elle le suivrait où qu'il aille. Je savais que je venais de perdre l'une de mes filles », soupira-t-elle avec un sourire nostalgique.

Sohalia sourit, elle aussi, se rendant compte qu'elle ressemblait plus à sa mère qu'elle ne le pensait. Elle était douée pour se fourrer dans les pires situations possibles, elle avait fait éclater plus d'un scandale au palais, elle préférait le monde du Dehors. Elle avait soif de liberté et d'aventures. Elle était une insoumise.

« Comme tu le sais, j'ai dû user de ma position pour que la Lignée toute entière ne se fasse pas bannir. Je n'ai rien pu faire pour Eri et Kazuo et je le regrette encore aujourd'hui. Ils sont partis et je n'ai plus jamais revu Eri. Elle correspondait souvent avec sa sœur. C'est d'ailleurs grâce à cette correspondance que nous avons compris. Du jour au lendemain, le silence a remplacé les lettres et les photos qu'elle nous envoyait. J'ai vécu les dernières années de la vie d'Eri à travers des images. Elle s'amusait à se prendre en photo durant sa grossesse, puis il y eut le mariage de tes parents au milieu d'une centaine d'images de toi. Ton grand-père est mort peu de temps après leur mariage. »

Sohalia se rendit compte que Leïko retardait le moment de la mort de ses parents. Elle sourit, dégagea sa main de la couverture en laine et serra celle ridée par le temps de sa grand-mère. Elle reçut en retour un magnifique sourire.

« Quand on a appris la mort d'Eri et Kazuo, on s'est renfermé sur nous, ta tante et moi. On tenait le conseil et le roi pour responsable, et je continue à le faire encore. J'avais besoin de réponses, alors je suis partie. Je suis arrivée sur l'île et j'ai vu ce qu'était devenue cette magnifique île printanière. Elle n'était plus que débris et magma… »

Magma ?! Sohalia se raidit et serra inconsciemment plus fortement la main de Leïko. Cette dernière, comprenant la détresse de la jeune femme, caressa de son pouce le dos de la main de sa petite-fille.

« Akainu a fini par les retrouver et les a tués, souffla-t-elle en frissonnant. Ta mère et ton père ont dû lutter un bon moment contre lui pour que l'île soit ainsi détruite. Encore aujourd'hui, elle est couverte de lave. Connaissant ton père, il a dû vouloir sauver les habitants de l'île, Eri et toi. Ta mère était plus égoïste : elle devait se concentrer sur Kazuo et toi. Je ne vois que cette explication pour que tu es survécue, bien que tu ne sois pas la seule à être sortie de là vivante.

- Pardon ?! s'écria-t-elle en sursautant de surprise.

- Ton père et un enfant ont survécu. Enfin, pas véritablement. Eri a dû utiliser toute son énergie pour créer une protection autour de vous et l'enfant devait se trouver à proximité du champ d'action. Une attaque a dû vous éparpiller. Ton père s'est fait arrêter par son ancien chef. Il a été emprisonné à Impel Down pendant un moment, puis il s'est fait exécuter. »

L'espoir de connaître son père biologique vola en éclats. Elle ferma les yeux et déglutit afin de ravaler ses larmes.

« Et l'enfant ? s'enquit-elle dans un souffle.

- Quand je me suis rendue sur l'île, je l'ai découvert. Je savais que je ne pourrais rentrer sur l'île avec lui, alors je me suis fait passer pour morte et je suis venue ici. J'ai élevé ce garçon comme si c'était mon petit-fils. Quand le temps sera venu, il prendra ma place, répondit-elle avec un sourire doux.

- Pourquoi ici ?

- Tu ne sais pas que c'était l'île de notre Lignée, il y a bien des années ? s'amusa la vieille femme.

- Les fées… ? C'était nous ?

- Oui, notre végétation était si belle, si abondante qu'ils ont cru qu'on était des fées, s'esclaffa la reine.

- Mais que s'est-il passé ? demanda-t-elle en jetant un regard éloquent à la neige.

- Une guerre avec la Lignée Yuki, expliqua-t-elle en balayant ce fait d'un geste de la main, comme si ce n'était pas important. Ils sont pratiquement tous morts durant cette bataille, mais ont congelé cette île. Avec le temps, la lignée a disparu.

- Si la végétation peut naître malgré le climat, c'est grâce à toi, n'est-ce pas ?

- Oui. J'ai fait créer des machines et autres technologies qui ont les mêmes propriétés que nos pouvoirs.

- Et Kaido ? interrogea-t-elle en grimaçant.

- Je préfère être sous la protection d'un pirate que du gouvernement, répondit-elle avec un large sourire. Bien, nous continuerons demain, si ça ne te dérange pas. Je dois m'occuper des corps oubliés par ce Mentaru à la noix de pécan et me préparer pour la fête. »

Sohalia sourit, amusé par cette vieille femme qui ne faisait décidément pas son âge. Elle quitta sa grand-mère pour rejoindre ses frères. Dans son esprit, elle rejouait la conversation qu'elles avaient eue, ainsi que les informations qu'elle détenait à présent. Elle savait maintenant qui blâmait pour l'assassinat de ses parents. Elle serra les poings et se dirigea vers la gare, ignorant les regards étonnés des passants. Sakazuki Akainu. Si un jour, elle en avait l'occasion, elle lui rendrait au centuple la mort qu'il avait infligée à sa mère et à son père.


EDIT : 24/05/2020