Lecteurs/Suivis/Favoris : Merci d'être de plus en plus nombreux ! :)


Les Reviews !

Merci à Tenshi D. Clara d'avoir pris le temps de commenter :) ! J'espère que ce chapitre te plaira ! ^^ Bonne lecture ! ;)


Disclamer : Certains OC proviennent de mon imagination ! Le reste de l'univers revient à Monsieur Oda !


L'Île Yosei no Toketsu.

Marco fronça des sourcils et retroussa son nez, n'appréciant que peu le chatouillement qui sévissait dans son cou. Puis, doucement, il ressentit un souffle aller et venir sur son torse. Il ouvrit les yeux, étonné par ce fait, ne se rappelant plus d'être rentré avec une femme la veille. Le phénix se raidit en apercevant la chevelure blonde de Sohalia. La jeune femme souriait légèrement dans son sommeil et le commandant de la première division ne put s'empêcher de sourire à son tour, amusé et attendri. Il écarta quelques mèches du visage de la Shizen, afin de mieux contempler son visage.

Perdu dans ses pensées, il ne remarqua pas que la jeune femme s'était réveillée. Il sursauta quelque peu lorsqu'elle posa une main sur sa joue, en souriant tranquillement. Le phénix appuya sa tête sur la paume ouverte de Sohalia, afin de faire perdurer ce contact. La Shizen se redressa et se rallongea à sa hauteur. Sans attendre un seul instant, il la serra contre lui et plongea son visage dans ses cheveux.

« Tu es bien câlin… dit-elle en dessinant des formes hasardeuses sur le torse du blond.

- Toi aussi », répliqua-t-il d'une voix rauque.

Il n'eut que pour réponse un doux rire, qui résonna un court moment dans la cabine. Bercée par ce moment de douceur et de paix, Sohalia se mit à chantonner. Marco, étonné par la langue inconnue, se concentra sur la mélodie et caressa distraitement les cheveux blonds de la jeune femme. Les paroles étaient toujours les mêmes, se répétant en boucle, créant une ronde mélodieuse et apaisante. Le phénix garda ses questions pour lui, profitant de ce moment qui n'appartenait qu'à eux.

Le silence perdura bien longtemps après que la commandante de la quatrième division se soit tue. Ce calme était agréable et Marco se rendit compte de la complicité qui était née entre eux au fil des mois. Parler n'était pas nécessaire. D'une caresse, d'un sourire, d'un geste, d'un coup d'œil, ils communiquaient et se comprenaient.

Sohalia finit par se redresser et sortir du lit. Le phénix l'observa filer dans sa salle de bain et, lorsque la porte fut refermée sur elle, il lança son poing en l'air. Il pouvait le faire ! Il pouvait l'approcher, l'apprivoiser et la faire doucement tomber sous son charme. Il n'était pas pressé ; il ne voulait pas se presser. Il avait peur de faire un geste brusque et de la voir s'en aller à jamais. Et puis, il n'était pas encore prêt à lui avouer ses sentiments. Tout ceci était encore trop frais pour lui. Il rejeta le drap et se rhabilla : il se laverait plus tard. La Shizen sortit et il ne perdit pas une seconde pour lui attraper la main et l'entraîner vers la salle à manger. Un instant, il craint qu'elle ne s'éloigne, mais elle se serra contre lui lorsque le vent froid de l'île hivernale s'abattit sur eux. Ils croisèrent certains de leurs frères, qui se stoppèrent en les apercevant si proche l'un de l'autre. Marco les ignora, profitant de ce moment aux côtés de la blonde.

Ils s'assirent en face de l'autre à la table des commandants. Izo donna une tape de félicitation et de salutation au phénix. Sohalia sourit à l'homme travesti et lui servit du café, tandis que Marco tartinait des toasts pour la jeune femme. Ace s'installa à côté de la Shizen et déposa un baiser sur la joue qu'elle lui tendait. Le commandant de la première division se raidit et observa avec attention les deux jeunes commandants. Une certaine complicité était née depuis la vieille. Le sourire éclatant de Sohalia qu'il reçu lorsque leurs regards se croisèrent le fit soupirer. Elle était heureuse de ce rapprochement. Il lui tendit ses toasts et rit discrètement quand il vit ses yeux briller d'une lueur gourmande.

« Alors ? Qu'est-ce que vous allez faire de votre journée ? lança la Shizen en gobant son troisième toast.

- Il faut s'occuper du ravitaillement, répondit Marco.

- Qui est de corvée ? demanda-t-elle en terminant la dernière tartine.

- La seconde division, grommela Ace.

- Tu as déjà bien profité de l'île, Ace, susurra Izo avec un sourire moqueur.

- Comment est-ce que… Non, en fait, je veux pas savoir comment tu sais ça, soupira Portgas.

- Comment ça ? questionna Sohalia, avide de ragot.

- Pas tes affaires, la naine, répliqua le brun.

- L'un de mes hommes a vu notre cher Ace sortir d'un hôtel avec une jolie brune hier après-midi, et, hier soir, monsieur a disparu avec deux splendides jumelles », raconta le travesti, en esquivant les coups de l'intéressé.

Des sifflements admiratifs fusèrent de toute part. La Shizen ricana et lança un regard moqueur au jeune homme. Effectivement, il avait bien profité de l'île. Sentant qu'on l'observait, la jeune femme se redressa pour voir qui s'intéressait à elle. Elle déglutit bruyamment en apercevant l'expression d'Izo.

« Et toi, Sohalia-chan ? continua le commandant. Tu n'aurais pas des choses à nous raconter ?

- Non, rien de rien, mentit-elle avec aplomb, mais pas assez pour duper le travesti.

- Vraiment ? Même pas ta première expérience ? Ou ce que tu as fait cette nuit ? renchérit-il.

- Ta vie sexuelle doit être désertique pour que tu t'intéresses ainsi à la mienne… » supposa la jeune femme avec un sourire angélique.

Les hommes éclatèrent de rire, tandis que le commandant de la seizième division prenait une expression outrée. Pourtant, il était bien décidé à savoir qui était l'homme qui avait raflé les premières fois de sa petite sœur, et ce qu'elle avait fait de sa nuit.

« Figure-toi que je n'ai pas passé la nuit seul…

- Ah, oui ! Excuse-moi ! J'avais oublié ta main droite… À moins que ça soit ta main gauche… le coupa-t-elle en faisant semblant de vraiment réfléchir à la question.

- Elle t'enchaîne ! s'esclaffa Ace.

- C'est vrai… avoua le travesti. Si elle se défend ainsi, c'est qu'elle a quelque chose à cacher…

- L'enfoiré, il rebondit bien », grommela la Shizen.

Haruta, qui s'était assis discrètement à côté de la jeune femme, ricana en se servant une tasse de café. En face de lui, Vista soupira, marmonnant que cette histoire allait mal finir.

« Allez, je veux juste savoir ce que tu as fait cette nuit, et qui était l'homme qui a fait de toi une femme ? » s'acharna Izo en se penchant vers la blonde.

Sohalia croisa ses bras sous sa poitrine et se mordit la lèvre inférieure. Dire avec qui elle avait passé la nuit, ne la dérangeait pas plus que ça… C'était plutôt révéler l'homme qui avait su la berner qui la gênait. Remarquant le dilemme de la blonde, Marco s'apprêtait à intervenir lorsqu'elle répondit :

« J'ai passé la nuit avec Marco », commença-t-elle.

Un silence tomba sur la salle tandis que tous les pirates regardaient tour à tour le phénix et la Shizen. Le commandant de la première division ouvrit grand la bouche, ne s'attendant pas à ce qu'elle formule ça ainsi, et leva les mains en l'air en apercevant les regards assassins de certains de ses frères.

« On a rien fait ! se justifia-t-il aussitôt. On a juste dormi ensemble !

- Il dit la vérité. J'avais la flemme d'aller jusqu'à ma cabine, alors il m'a hébergé pour cette nuit, assura-t-elle, mentant sur sa peur de dormir dans la cabine de son défunt frère.

- Et tu n'as pas profité de ce moment pour te coller à elle, n'est-ce pas ? souffla Izo, afin que seul le phénix puisse l'entendre.

- Je ne suis qu'un homme, yoï !

- Tu es plus sage que ce que je croyais, répliqua le commandant de la seizième. Et donc, continua-t-il à haute voix, tu ne réponds pas à l'autre question, ma belle… » insista-t-il.

Le soupir de Sohalia fut audible pour tous les pirates présents. Elle inspira une grande goulée d'air et lâcha la bombe :

« Jef Mentaru. »

Haruta recracha sa gorgée de café sur Vista. Ce dernier, bien trop ébahi, ne sourcilla même pas face à cette agression. Yori, qui n'était pas là depuis longtemps, haussa un sourcil de surprise en comprenant de quoi il s'agissait. Izo s'était figé dans une expression d'horreur pure. Joz resta impassible, mais ses yeux, qui semblaient sonder la jeune femme, trahissaient ses doutes. Marco, lui, faisait de son mieux pour cacher sa rage. Il tentait de contrôler la force de sa main, afin de ne pas briser son verre. Ace jeta un regard désolé à la Shizen. Cette dernière essaya de lui répondre d'un sourire, mais échoua lamentablement. Elle haussa des épaules et sortit de la pièce sans un regard pour ses frères.

Une fois la porte fermée, Marco laissa échapper sa colère et broya son verre. Ses frères sursautèrent et le détaillèrent sans rien dire. Ils n'arrivaient pas à comprendre. Est-ce qu'il avait abusé d'elle ? L'avait-il dupé ? Ils avaient besoin d'en savoir plus, mais ils étaient également effrayés de comprendre. Le phénix se releva rapidement et balança son poing sur la table qui se fissura sous le choc.

« Je vais le tuer ! » lâcha-t-il dans un sifflement plein de haine.

S&S

Sohalia descendit du train et resserra les pans de son manteau, en sentant le vent froid sur sa peau. Dès qu'elle était sortie de la salle à manger, la Shizen avait filé prendre une douche et se changer. Elle voulait à tout prix quitter le Moby Dick sans croiser un seul de ses frères. Dans sa précipitation, elle n'avait pas prêté attention à ses habits, ni à ses cheveux mouillés. Elle zigzagua entre les passants et se dirigea vers le palais sans perdre une seconde. Elle avait déjà prévu de passer un peu de temps avec sa grand-mère, ainsi qu'Akihide, mais elle aurait voulu se balader et découvrir la ville avec ses frères. Elle soupira. Elle n'était pas sûre de supporter les regards des pirates. Ils devaient la trouver stupide.

Perdue dans ses pensées, elle ne fit pas attention à sa direction et heurta de plein fouet un homme en armure. Le soldat, qui n'avait pas bougé d'un millimètre, s'empressa de la remettre sur ses pieds. Sohalia s'agrippa à lui et le remercia en grommelant.

« Puis-je vous aider ? » l'interrogea-t-il tandis qu'elle reculait d'un pas.

La Shizen le détailla et haussa des épaules, puis elle se rendit compte qu'elle était devant le palais.

« Maintenant que vous le dîtes, j'aimerai discuter avec la Reine Leïko Shizen et son petit-fils, le prince Akihide Shizen, demanda-t-elle en remettant de l'ordre dans ses cheveux.

- Et vous êtes ? questionna-t-il, suspicieux.

- Sohalia Shizen, commandant de la quatrième division de Barbe Blanche », répondit-elle.

Le soldat fronça des sourcils et la détailla sans aucune gêne. La jeune femme soupira. Bien que ça fasse longtemps, elle avait l'habitude de ce genre de réaction lorsqu'elle disait appartenir à l'équipage du plus puissant pirate du monde.

« Sohalia ? Que fais-tu ici ? s'étonna Akihide en apparaissant derrière le soldat.

- Je suis venue vous rendre visite. Je me suis dit que ça serait bien si on apprenait à se connaître un peu plus, répondit-elle en ignorant le garde qui les dévisageait maintenant.

- C'est une bonne idée, dit-il en lui tendant la main pour l'entraîner à l'intérieur du château.

- Leïko est là ? interrogea-t-elle en observant la décoration des couloirs qu'ils empruntaient.

- Malheureusement, non. Elle est en train d'identifier les corps et de mettre en place leur retour auprès de leurs proches, avoua-t-il en lui offrant une pauvre grimace, qui la fit sourire.

- Je vois.

- Mais ma seule présence devrait te suffire… lança-t-il avec un sourire éblouissant.

- Je n'en doute pas un seul instant ! » s'esclaffa-t-elle.

Le rire du prince rejoignit bien vite celui de la jeune femme. Il ouvrit une porte et laissa passer Sohalia en première. Cette dernière lui fit une mimique amusée et pénétra dans la chambre du prince. Elle fut tout d'abord étonnée par la simplicité qui se dégageait du lieu, puis sourit en se disant que ça lui correspondait bien, finalement. Elle prit place à ses côtés sur le canapé et enleva son manteau pour mieux profiter de la chaleur du lieu.

« Alors de quoi veux-tu parler ? demanda-t-il en la détaillant discrètement.

- Eh bien, j'ai entendu des choses sur toi, en ville… commença-t-elle avec un immense sourire.

- Vraiment ? dit-il en feignant l'étonnement, faisant rire la jeune femme. Et quoi donc ?

- Tu es vraiment populaire. Je ne parle pas que de ton visage et de ton physique, mais aussi en tant que prince.

- A vrai dire, je ne fais pas vraiment attention. J'agis normalement, sans me cacher derrière une fausse personnalité.

- C'est sûrement ça qu'ils apprécient, tu es juste toi, confirma la jeune femme.

- Et toi ? Tu es populaire en tant que princesse ? questionna-t-il, vraiment intéressé.

- Hum… Bonne question… »

La Shizen se tut un moment, réfléchissant.

« Je ne sais pas. Certaines lignées siégeant au conseil m'apprécient sans vraiment me connaître. Les Kasai, la lignée du feu, me détestent.

- Pourquoi ça ? s'étonna-t-il.

- Eh bien, c'est compliqué… Je crois qu'à la base, ils n'ont pas apprécié que je revienne sur l'île. La lignée Kasai est censée prendre le trône après la mort de tous les Shizen.

- Et le retour d'une héritière n'est pas ce qu'ils attendaient… supposa-t-il.

- C'est ça.

- Pourquoi ils ne te connaissent pas ? demanda-t-il.

- Oh, ça, c'est moi qui l'ai voulu. Quand je suis revenue sur l'île, je pensais m'enfuir rapidement et retourner auprès de mon père et de mes frères… Malheureusement pour moi, le roi Taiyo a tout fait pour m'empêcher de partir. Je ne voulais pas m'attacher à des gens que je ne reverrai plus jamais.

- Pourtant, tu y es resté un moment, non ?

- Oui. Au fur et à mesure, j'ai compris que je ne pourrais pas partir tant que ma tante ne serait pas reine, alors j'ai commencé à m'ouvrir aux membres de ma famille… Et à Jef. »

Akihide sursauta en entendant le nom de l'homme qui avait tué autant d'innocent.

« Tu… Tu… Tu…

- Oui, j'ai eu une relation avec Jef, soupira-t-elle en levant les yeux au ciel.

- Tu es folle ? » demanda-t-il sans prendre de pincette.

Sohalia s'esclaffa, appréciant la franchise du prince.

« Tu sais, à l'époque, Jef faisait partie de ceux qui m'apprenaient à vivre sur l'île, à respecter les traditions, les coutumes. Il était un soutien pour moi, enfin, je le croyais. Il a su jouer la comédie pendant longtemps, puis il a dévoilé son véritable visage… Tu ne peux pas savoir à quel point je me sens conne lorsque je me souviens des moments que j'ai passés avec lui. Tout ce qu'il voulait, c'était des informations sur le monde du Dehors, et je lui ai gentiment donné, croyant qu'il s'intéressait à moi. C'est idiot, n'est-ce pas ? » souffla-t-elle en regardant ses mains sur ses genoux.

La Shizen se mordit violemment la lèvre inférieure, s'interdisant de pleurer pour un homme aussi pourri que Jef. Pourtant, elle ne pouvait empêcher son cœur de se serrer en se souvenant des mots qu'il avait prononcés, de ses rires, de ses sourires, de ce calme dont il faisait preuve dans certaines situations qu'elle jugeait dramatiques, de ses mains sur son corps, de ses baisers. Elle n'était qu'une idiote.

« La première fille dont je suis tombé amoureux était une tueuse à gages, qui avait pour mission de tuer Leïko et moi-même… Elle m'a séduit dans un bar de la ville et comme un bon pigeon, je suis tombé dans son piège. Je l'ai gentiment invité au palais et dans ma chambre… Quoi ? Pas la peine de me regarder comme ça ! Elle était plus vieille et magnifique ! Et elle m'avait fait clairement comprendre ce qu'elle voulait ! s'écria-t-il devant le regard blasé de la jeune femme. Bref ! Au moment où je me suis déshabillé, j'ai senti le canon de son pistolet sur mon cœur. J'ai compris que j'avais été naïf de croire que je pouvais plaire à une femme pareille, soupira-t-il en observant le plafond.

- Comment tu t'en es sorti ? interrogea-t-elle, intriguée de connaître la fin.

- Grand-mère Leïko est venue à ma rescousse ! s'esclaffa-t-il, en mimant un preux chevalier.

- Comment a-t-elle su ? questionna-t-elle après avoir calmé son rire.

- Les soldats. Ils ne disent rien quand je ramène quelqu'un au château, mais ils sont très rapides pour enquêter sur ces personnes. Ils ont prévenu Leïko et elle a déboulé dans ma chambre comme une folle. La femme était si surprise qu'elle n'a pas eu le temps de faire quoique ce soit, rit-il.

- Nous sommes deux idiots ! » s'exclama Sohalia, désespérée.

Akihide ne répondit pas, mais haussa les épaules en souriant.

« Qu'est-il advenu de la femme ?

- Elle s'est suicidée avant qu'on ne puisse l'interroger, répondit-il en grimaçant.

- Toujours amoureux ? demanda-t-elle sans pitié.

- Malheureusement… Je ne sais même pas pourquoi… En plus, notre relation n'a pas duré longtemps… Mais elle était si… Je ne sais pas…

- Très explicite tout ça ! s'esclaffa-t-elle.

- Te moque pas ! Et toi ? Toujours amoureuse du pourri ?

- Non, j'ai fait une croix dessus. Je n'ai que des regrets et une haine sans égale », avoua-t-elle avec un immense sourire carnassier.

Akihide sourit et hocha la tête, comprenant parfaitement ces sentiments. Sohalia laissa retomber sa tête sur le haut du canapé dans un soupir découragé. Le Shizen adoptif étouffa un léger rire et attrapa la main de la jeune femme, puis la releva. Il l'entraîna au centre de la pièce et lui demanda de patienter. La pirate sourit et obéit sagement. Bientôt, une douce mélodie emplit la chambre. Akihide revint vers elle et les fit danser en rythme.

Peu à peu, elle se détendit, trouvant enfin ce qu'elle cherchait désespérément depuis quelques jours déjà. Tout ce qu'elle voulait, c'était un peu de répit. Pendant un instant, seulement, elle ne voulait plus être une princesse, ni une pirate, encore moins un commandant de Barbe Blanche. Elle désirait juste être une femme, qui profite des bonheurs simples de la vie. Ses frères ne la voyaient que comme une sœur, ils n'apercevaient même pas la femme qu'elle devenait, qu'elle était déjà. Depuis peu, seul Ace ne la ménageait pas et la traitait comme son égal. Voilà pourquoi, elle appréciait tant la compagnie du brun, qui ne mâchait pas ses mots. Tout comme Akihide.

Sohalia soupira de bien-être en sentant la prise du jeune homme se raffermir autour d'elle. La Shizen rouvrit les yeux et frissonna face au regard empli de désir du prince. Oui, pendant un instant, rien qu'un instant, elle laisserait tomber ses responsabilités.

S&S

L'eau chaude coulait sur leurs corps nus, Sohalia soupira lorsque le creux de son épaule fut assailli par des baisers enflammés. La jeune femme était arrivée le matin au palais et le début de l'après-midi venait tout juste de débuter. Et pourtant, ils n'étaient pas encore rassasiés l'un de l'autre. Ils voulaient plus, se découvrir plus, se perdre dans l'autre toujours plus profondément. Des coups à la porte coupèrent ce nouvel échange passionné entre les deux amants. Akihide grogna et toisa la porte, comme si elle était la principale responsable. La Shizen éclata d'un rire discret et se colla un peu plus au jeune homme, afin de garder son attention sur elle. Mission réussie. Le prince l'embrassa du regard et recommença à la caresser. De nouveaux coups retentirent. Akihide soupira et laissa tomber sa tête sur l'épaule de la commandante de la quatrième division.

« Majesté ! Vous avez des visiteurs ! s'écria un homme.

- Ouais, bah, je suis occupé, là ! répliqua-t-il, sans lâcher du regard la jeune femme qui tentait de prendre un air innocent, tandis qu'elle caressait lascivement le torse du jeune homme.

- Monsieur, il s'agit de deux des commandants de Barbe Blanche », précisa l'homme.

Sohalia écarquilla les yeux et se figea sous l'eau. Que diable venaient-ils foutre ici ?! Elle entendit le prince soupirer de lassitude et le vit couper l'eau. Elle n'eut pas le temps de faire le moindre geste, avant qu'il ne sorte, seulement vêtu d'une serviette autour de la taille. La jeune femme se mordit la lèvre inférieure, refoulant une nouvelle vague de désir. Il était sexy, le diable ! Elle sortit de la douche spacieuse et entreprit de chasser ses vêtements, avant de se rendre compte, avec horreur, qu'ils étaient dans la chambre en compagnie de son amant du jour et de deux de ses frères. Pris d'un accès de désespoir, elle frappa le mur avec sa tête et laissa échapper un juron en sentant la douleur fuser.

Elle n'avait pas le choix, il fallait bien qu'elle sorte, elle n'allait pas rester éternellement dans la salle de bains. Sohalia attrapa une serviette, qu'elle attacha autour de sa poitrine et inspira une grande goulée d'air, avant d'actionner la poignée. La Shizen ne fut pas vraiment surprise en découvrant Marco et Izo face à un Akihide très sexy. Elle s'avança comme si de rien était, ignorant les expressions horrifiées de ses frères. Elle s'arrêta à côté du prince et leur sourit.

« Marco, Izo ! Qu'est-ce que vous faites là ? » demanda-t-elle, prenant une voix enjouée.

Il faudrait qu'elle pense à remercier sa tante pour les cours de comédie… Voyant que ses frères n'étaient pas prêts de répondre à sa question, Sohalia se tourna vers son amant, afin d'avoir une réponse.

« Ils te cherchaient. Apparemment, vous n'allez pas tarder à partir… soupira-t-il en affichant une moue triste.

- Ne me fais pas croire que je vais te manquer ! Tu as tout un tas de jolie fille qui ne demandent qu'à prendre ma place ! répliqua-t-elle en lui lançant un clin d'œil. Très bien, je m'habille et j'arrive, vous pouvez partir sans moi », dit-elle à ses frères en prenant bien soin de ne pas les regarder.

Akihide rit de la répartie de la jeune femme, mais se tut bien vite en apercevant le mouvement rageur du commandant de la première division. Sans mot, le phénix quitta la pièce en faisant claquer la porte. Izo salua le prince maladroitement et se précipita à la suite de son frère. Juste avant que la porte ne se ferme sur lui, il eut le temps d'entendre Sohalia :

« Bordel ! C'était l'un des moments les plus gênants de toute ma vie ! »

Il ne put s'empêcher de rire, mais il mourut bien vite en apercevant Marco s'élancer dans les airs et se transformer en phénix. Très vite, il disparut de son champ de vision.

S&S

Sohalia agita sa main en direction du ponton, tandis que le Moby Dick s'élançait vers l'horizon. Bientôt, elle ne percevait plus les silhouettes de Leïko et d'Akihide. Elle laissa échapper un soupir de tristesse et se reconnecta à la vie grouillante du navire. À ses côtés le Red Force, les répliques du Moby Dick ainsi que le bateau des Mugiwaras se laissaient glisser sur l'océan. Elle sourit et rejoignit ses hommes, qui étaient chargés de ranger le ravitaillement. Elle attrapa un baril de boisson et tenta de le soulever, en vain. Elle toisa ses hommes qui essayaient de masquer leurs rires par des toux plus ou moins convaincantes. La jeune femme soupira.

Alors qu'elle allait retenter un essai, un brusque coup de vent la fit sursauter. Marco venait d'atterrir à ses côtés, le visage fermé. Sohalia fronça des sourcils et s'apprêta à lui demander s'il allait bien, mais il lui coupa l'herbe sous le pied.

« Tu devrais peut-être laisser ça à tes hommes… Après tout, tu as déjà fait assez d'exercice pour aujourd'hui, non ? » lança-t-il, l'air de rien.

Tous savaient à quoi la jeune femme avait occupé sa matinée et son début d'après-midi, mais personne n'avait rien dit. Ce n'était pas leurs affaires. Même si certains étaient choqués, ils ne disaient rien, sachant pertinemment que cela mettrait Sohalia en colère.

Très vite, une ambiance glaciale s'installa sur le navire. Même l'île hivernale qu'ils venaient de quitter semblaient plus chaleureuse que l'atmosphère polaire qui venaient de prendre place. Certains détournèrent les yeux, devinant ce qui allait arriver. D'autres les regardèrent tour à tour, attendant que le combat commence. Le bruit de la claque que la Shizen asséna au phénix signa le début de la bataille. Le commandant de la première division n'eut le temps de rien dire.

« On peut savoir ce qu'il te prend, ananas pas frais ! C'est quoi ton problème ?! T'es pas content, car t'as sauté personne ?! Passe ta frustration sexuelle sur quelqu'un d'autre ! Alors sois gentil, va te faire plumer ailleurs et fous-moi la paix, foutu piaf ! »

Furieuse, Sohalia tourna les talons, et s'enferma dans sa nouvelle cabine, claquant violemment la porte. Bordel ! C'était si dur que ça d'accepter qu'elle soit devenue une femme avec un besoin sexuel ?!


EDIT : 25/05/2020