Lecteurs/Suivis/Favoris : Merci d'être de plus en plus nombreux ! :)


Disclamer : Certains OC proviennent de mon imagination ! Le reste de l'univers revient à Monsieur Oda !


Nanmin no Shima

Jef garda le silence, observant Sohalia pleurer la mort de son frère, se délectant de sa douleur pour apaiser la sienne. Il fit un pas vers elle, puis se figea en sentant la rage d'une femme. Il crut un instant que c'était la Shizen, mais elle ne semblait plus être consciente de ce qui l'entourait.

Le Mentaru dirigea son regard vers cet accès de haine et tomba sur Ritsu. Ses yeux brillaient d'une lueur qu'il estima immédiatement comme dangereuse. Il plongea dans son esprit et fut surpris de la résistance qu'elle exerçait pour stopper sa domination sur elle. Tout ce qu'elle désirait, c'était de retrouver sa liberté pour venger Hiroshi. Elle avait soif de sang, et pas n'importe lequel : le sien.

L'homme aux cheveux blancs sourit, intérieurement ravi de transformer les autres en ce qu'il était devenu. Son rictus ne plut pas à l'ancienne marine qui se débattit plus violemment encore, lâchant un rugissement de fureur, ce qui le fit sursauter.

Son ahurissement passagé attira l'attention de la Shizen sur lui. Il vit le désespoir dans ses yeux se muer en un éclair de colère. Il la connaissait assez pour savoir que cette aversion était telle qu'un ouragan : dévastateur, détruisant tout ce qui osait se trouver sur son chemin. Il déglutit, cherchant une issue de secours.

« Je ne suis pas le coupable ! C'est toi qui lui as fait ça ! Si tu ne t'étais pas jeté devant la scie, il serait encore en vie ! » attaqua-t-il en espérant la déstabiliser.

Apparemment, il venait de faire une erreur. Une erreur qui allait lui coûter très cher. La colère se changea en dégoût. Il grimaça quelque peu en voyant sa répugnance à son égard. Jamais encore elle n'avait posé un tel regard sur lui.

Sohalia détailla une dernière fois son défunt frère, embrassa son front, le reposa au sol et se redressa, faisant face à son ancien amant. Aujourd'hui, elle avait l'impression que tout ce qu'elle avait autrefois ressenti pour lui n'avait été qu'une illusion créée de toute pièce… Peut-être était-ce le cas… Après tout, c'était du Mentaru dont on parlait. Il était capable de tout, mais surtout du pire.

Elle ne se souvenait plus du bonheur qu'elle avait vécu avec lui. Seules ses dernières actions comptaient aux yeux de la jeune femme, et le rendaient détestable – bien que le mot soit encore trop faible. Avait-il toujours été un monstre sans âme et sans cœur ? Peu importait ! Il était le mal, la mort qui venait d'emporter un autre être qui lui était cher. Il fallait éradiquer de ce monde cette erreur, avant que d'autres ne suivent son exemple.

Une fois sa décision prise, d'épaisses racines sortirent de terre, prêtes à transpercer de part en part l'homme. Ce dernier, étonné, les esquiva au dernier moment, ne semblant pas avoir supposé qu'elle s'en prendrait à lui après le décès de son frère. Ils se fixèrent un long moment, l'un impassible, bien décidé à masquer les émotions qui le tenaillaient, l'autre tremblait, secouée par les sentiments qui la tourmentaient.

Sans crier gare, les racines réapparurent, mais bien plus nombreuses. Jef, trop occupé à parer chaque attaque, ne fit pas attention à la Shizen, qui fila vers lui. Arrivée à la hauteur du phénix, elle dégaina l'épée du commandant de la première division, toujours paralysé, et se précipita vers son adversaire, prête à abattre la lame sans la moindre hésitation.

Le Mentaru pénétra dans son esprit et raviva dans sa mémoire un son strident qui lui fit perdre l'équilibre. Dès qu'il aperçut une ouverture, il fonça vers elle et lui balança un puissant coup de pied dans le ventre. Sous le choc, elle lâcha l'arme et décolla du sol pour aller s'écraser contre le mur derrière elle. Elle encaissa le coup sans pousser un seul cri et se releva, alors que Jef se préparait à une nouvelle attaque.

Des dizaines de fleurs s'épanouirent tout autour de lui, dont l'une qui enveloppa Sohalia pour la faire disparaître. Elle réapparut brusquement derrière lui et lui renvoya son coup dans le bas du dos.

L'homme grimaça et se retourna vers elle pour contre-attaquer, mais, elle avait déjà disparu. Il ordonna à Kenta, Aki, Kan, Genjiro, Hogo et Hade de détruire les plantes qui l'encerclaient. Ils obéirent sans opposer trop de résistance. Alors que Kenta allait abattre le dernier plant, un arbre gigantesque émergea de terre, laissant le Mentaru abasourdi. Jamais il n'avait vu la commandante de la quatrième division produire aussi vite.

Jef l'aperçut perchée tout en haut de l'arbre, entourée de papillons dorés. Elle se laissa tomber dans le vide, tout en créant dans sa main une épée dont le pommeau et la fusée étaient ornés d'une rose blanche. La tige s'enroula autour du poignet de la jeune femme et les épines transpercèrent les chairs. La rose rougit, tandis que la lame se mit à rougeoyer alors que l'arme se nourrissait de son sang. Il ne s'écarta qu'au dernier moment et dévisagea avec une terreur cachée le trou que l'attaque avait provoqué dans le mur du labyrinthe. Il fit de nouveau face à son adversaire et grimaça en remarquant que seulement deux mètres les séparaient.

Jef s'immisça dans les pensées des pirates et leur ordonna de se placer entre la Shizen et lui, espérant que cela ébranlerait la blonde, mais en vain, elle resta de marbre. Il lança alors les pirates qui avaient détruit les fleurs sur elle. Observant la jeune femme esquiver les coups ou les encaisser sans les rendre, il sourit et fit apparaître à son tour une épée. Une épée faite d'illusion de souffrance.

Il se mêla au combat, utilisant les camarades de Sohalia comme bouclier humain lorsqu'elle voulait contre-attaquer ou parer une attaque du Mentaru, l'obligeant à stopper net ses attaques. Il l'envoya au sol et poussa Genjiro à lui balancer un coup de pied dans la mâchoire. Il vit avec satisfaction la lèvre inférieure de la Shizen exploser. Elle mit un moment à se remettre de ce coup. Quand elle eut repris ses esprits, elle tangua un instant sur ses pieds, avant de retrouver son équilibre. Jef profita de ce moment de faiblesse pour lui décocher un coup-de-poing dans l'estomac, la recouchant immédiatement. Il soupira, déçu que la récréation soit déjà finie, fit disparaître son épée, et se détourna d'elle, prêt à rentrer.

Soudain, il sentit quelque chose le retenir au niveau de son mollet. Il détailla longuement la jeune femme haletante, qui tentait de se relever encore une fois. Il lança son talon dans sa joue, puis lui maintient la tête contre le sol avec le même pied, appuyant suffisamment fort pour la faire lâcher sa jambe, ce qu'elle fit, terrassée par la douleur et la fatigue. Il fut ravi en constatant que les papillons dorés s'amenuisaient.

Il eut un rire bref, avant d'avoir un hoquet de stupeur en sentant l'un des esprits qui étaient sous sa domination disparaître brusquement. Avant qu'il n'eût le temps de réagir, une masse de poids s'abattit sur lui et le plaqua au sol, libérant Sohalia, qui se retourna sur le dos, inspirant une grande goulée d'air. Mais il ne la vit pas. Il n'avait d'yeux que pour le monstre qui le surplombait.

Un tigre blanc aux yeux bleus grondait, les babines retroussées, laissant supposer ses intentions meurtrières qu'elle avait à son encontre. Obnubilé par son combat avec la Shizen, il n'avait rien senti et il se retrouvait dorénavant dans une situation très dangereuse, car Ritsu, elle, était en meilleure condition physique que la commandante de la quatrième division. Son pouvoir n'était pas lié à son énergie vitale lui permettant de se battre aussi longtemps qu'elle le désirait, aussi longtemps qu'elle tiendrait debout.

Du coin de l'œil, il aperçut la blonde se relever et chanceler, mais un éclat de détermination illuminait son regard, la rendant… Fatale. Il profita de la distraction de l'ancienne marine et ordonna à Hogo de la dégager de là. Le tigre retomba à côté de Sohalia, avec une agilité et une grâce étonnant comparées sa taille.

Jef mit à profit cet instant de répit pour se relever et épousseter ses vêtements, ne prêtant aucune attention aux deux femmes, qui échangèrent un coup d'œil, préparant silencieusement leur prochaine attaque.

Le Mentaru sourit brièvement avant de retrouver son masque de froideur. Ritsu s'élança vers lui et atterrit à quelques centimètres de son dos. Il se retourna vivement, faisant face au soldat. Il tressaillit en entendant claque des lianes qui s'abattirent violemment sur son dos, déchirant le manteau et la chemise qu'il portait, pour ensuite mordre sa chair. Il recula d'un pas sous la douleur, serra les dents et baissa un court instant sa garde. Ces quelques secondes furent amplement suffisantes à l'ancienne amante de Satch pour attaquer à son tour, labourant son torse avec ses griffes, espérant vivement que cela pénètre si profondément sa peau que ça touche un organe vital.

Ritsu poussa un grognement de frustration en le voyant se relever, le torse nu dégoulinant de sang. Jef s'écarta, haletant, afin d'avoir ses deux adversaires dans son champ de vision. L'homme aux cheveux blancs grimaça en les voyants plus décidés que jamais à le tuer.

Autour d'eux, le cimetière commençait à reprendre sa forme originelle. Le Mentaru perdait de sa puissance, épuisé par ses blessures qu'il venait de recevoir.

Sohalia fonça vers lui en poussant un cri rageur, levant une épée qu'elle venait d'emprunter à l'un des pirates, n'ayant plus la force d'en créer une. L'homme aux cheveux blancs s'infiltra dans son esprit et lui implanta une image de lui en train de l'étrangler. La blonde se figea, laissa tomber son arme et porta ses mains à son cou, griffant des mains invisibles.

Lisant dans les pensées de la rousse ce qu'elle avait l'intention de faire, il plaça une représentation de lui en train de lui balancer un coup de pied dans les flancs, faisant décoller son corps du sol et s'écraser contre un mur. Elle se remit sur ses quatre pattes et secoua la tête, essayant de chasser les ondes de choc qui parcouraient son corps et recommença. Jef changea l'image dans l'esprit de la blonde et elle s'écroula devant le phénix, luttant pour retrouver sa respiration. Le Mentaru s'enfonça dans les pensées de Ritsu, au moment même où cette dernière allait lui mordre la cuisse droite et déclencha des signaux de douleurs. Ses pattes se dérobèrent et elle s'affaissa lourdement au sol.

Essoufflé, il les statufia dans ces positions et reprit son souffle tranquillement, impassible, avant de disparaître en même temps que les derniers restes du labyrinthe, laissant voir aux yeux de tous, l'échec cuisant de la commandante de la quatrième division et de ses membres.

S&V

La domination de Jef sur leur esprit s'évapora en même temps que lui, mais les pirates de Barbe Blanche mirent un moment avant de faire le moindre geste.

Ne voyant aucune réaction, Ace se précipita vers Marco qui restait agenouillé devant Sohalia qui semblait avoir perdu connaissance. Il secoua son frère et le vit papillonner des yeux, avant de plonger dans le regard de Portgas, perdu.

Soulagé de voir le phénix revenir peu à peu à lui, le commandant de la seconde division se tourna vers la Shizen, la retourna précautionneusement sur le dos. Elle cacha immédiatement son visage avec ses bras, mais Ace eut le temps de voir ses larmes silencieuses.

Il s'écarta d'elle, n'étant pas vraiment à l'aise avec les sentiments et les larmes, et embrassa du regard le tigre blanc qui venait tout juste de rouvrir les yeux. Il s'avança vers elle, tandis qu'elle reprenait forme humaine. Il l'aida à se relever et la serra brièvement dans ses bras, soulagé qu'elle n'ait rien que des égratignures.

Les différentes divisions entourèrent la première et la quatrième division. Certains pirates avaient les yeux fixés sur le corps sans vie d'Hiroshi, dont le sourire serein détonnait à côté de l'importante flaque de sang qui entourait son corps. D'autres dévisageaient leurs frères à tour de rôle dans l'espoir que l'un d'eux leur explique ce qui s'était passé.

Vista s'agenouilla à côté de Sohalia et pressa son épaule en guise de soutien. Elle l'observa et constata la douleur, la honte, le désespoir et la tristesse sur le visage de son frère. Elle se souvint que lui aussi avait échoué. Elle plongea son visage dans sa nuque et le serra contre elle, pleurant tous les deux en silence.

S&R

Les divisions qui comptaient le plus de blessés furent rapatriées au Moby Dick, tandis que les autres continuaient d'arpenter le cimetière à la recherche de la clé, à l'exception de la seconde qui retourna en ville pour faire un rapport à leur père sur la situation.

Sohalia et Ritsu étaient toutes les deux assises contre le bastingage en face de l'infirmerie. Elles avaient toutes deux insisté pour que les hommes soient soignés en premier, trouvant leur état moins préoccupant que certains pirates.

L'une comme l'autre ne décrochait pas un mot. Elles fixaient la porte avec intensité, ne sachant pas quoi dire.

Finalement, la Shizen détailla la rousse, cherchant à croiser ses prunelles dorées. Cette dernière, sentant qu'on l'observait, finit par accéder à la requête silencieuse de la blonde.

Aucun mot ne fut échangé. La commandante de la quatrième division avait l'impression d'avoir son exact reflet en face d'elle.

Elles avaient toutes les deux les larmes aux yeux, se posant mille et une questions. Que pourraient-elles donner, ou bien faire pour que tout cela cesse ? Cette interrogation-là restait sans réponse, les anéantissant. Les couleurs et les formes se mélangèrent, perdirent leurs couleurs autour d'elles, leur donnant l'impression de sombrer dans des profondeurs de plus en plus sombres. Elles avaient beau crier à l'intérieur d'elles-mêmes, elles n'entendaient que l'écho de leur voix. Qu'avaient-elles voulu prouver ?! Elles étaient fatiguées de tous ces combats. Qu'est-ce qui n'allait pas chez elles ?! Elles étaient en train de se briser. Mais malgré tout ce qu'elles avaient pu vivre, elles voulaient continuer de respirer, de vivre de cette existence. Leurs rêves étaient peut-être stupides, futiles, inaccessibles, mais elles ne voulaient pas abandonner.

Dans le regard de l'autre, elles virent la même lumière naître et inonder leur passé, comme pour faire disparaître les ombres, leurs doutes. Ce qu'elles avaient pu dire ou faire… Elles ne le regrettaient pas, tout faisait partie d'elles. C'était ce qui les rendait uniques.

Bien entendu, une partie d'elles voulait oublier ce qu'elles avaient vu. Tout ce qui était triste. Elles avaient l'impression que leur monde tombait lentement et éclatait en morceaux.

Donner, perdre, oublier… Un éclat de folie brilla un instant dans leurs yeux. Elles voulaient détruire cette erreur de la nature qui leur avait apporté tant de douleur. Un sourire effleura leurs lèvres brièvement. Oui, Jef Mentaru était une erreur, qu'il fallait effacer de la surface de la Terre.

Était-il conscient qu'il était en train de briser peu à peu ces deux femmes ?! Même si c'était le cas, il échouerait encore et encore, car les larmes qui affluaient dans leurs yeux à cet instant leur faisaient mal. Une douleur que le Mentaru ne comprendrait jamais, tout comme ces larmes qui étaient teintées des couleurs de la vie.

Les mots restèrent bloqués dans leurs gorges, mais elles n'en eurent pas besoin, comprenant parfaitement ce que l'autre pensait et ressentait.

S&M

La Shizen adressa un sourire à Ritsu lorsque cette dernière se retourna vers elle, avant de pénétrer dans l'infirmerie. Une fois que le battant fut refermé, elle laissa échapper un soupir. Ce n'était pas ainsi qu'elle avait imaginé sa rencontre avec l'ancienne amante de Satch.

Toutefois, elle n'eut pas le temps d'y penser plus que ça. Des sandales apparurent dans son champ de vision. Elle cligna des yeux quelque peu surprise et se retrouva sans trop comprendre sur ses pieds, entraînée par un Marco tendu. Il la poussa à l'intérieur de sa cabine et la dévisagea longuement.

« Pourquoi n'es-tu pas en train de te faire soigner ? grogna-t-il finalement.

- D'autres en avaient plus besoin que moi. Je peux attendre, » répondit-elle en haussant des épaules.

Sohalia l'observa se pincer l'arête du nez et s'approcher d'elle. Il posa ses mains sur ses épaules nues et déclencha des frissons chez la jeune femme, qu'il ne remarqua pas.

« Pourquoi as-tu fait ça ? Pourquoi t'es-tu envolé vers cette scie ? As-tu pensé à ce qui allait arriver, ou tu n'as tout simplement pas réfléchi ? lança-t-il durement, sentant encore l'angoisse et l'impuissance qu'il avait ressentie en la voyant si proche de la mort.

- Je m'en fous, si je peux aider ceux que j'aime, je le ferai, peu importe ce que ça me coûtera, déclara-t-elle avec détermination.

- Tu vois, c'est ça le problème. Tu en as rien à foutre d'être blessée ou pire, mais tu sais comment je me sentirais ?! Je serai anéanti. Et si tu mourais, je perdrai les pédales. Je péterai les plombs. Ce qui t'arrive affecte également tes proches. Tous ceux qui seront présents à ton enterrement devront trouver un moyen de vivre sans toi. Et je préfère largement y passer que de devoir vivre dans un monde où tu n'existerais pas ! » hurla-t-il.

Sohalia sursauta, ne s'attendant pas à son cri. Les yeux de nouveaux noyés de larmes, elle le vit reculer et s'excuser. Elle secoua la tête, faisant voler ses cheveux.

« C'est rien », souffla-t-elle.

Doucement, Marco s'avança vers elle, plaçant, cette fois-ci, ses mains sur ses joues, essuyant de ses pouces les larmes qui dévalaient ses pommettes. De son index, il frôla la marque rouge sur sa joue, se souvenant de comment Jef lui avait balancé son talon dans la figure. Il soupira et ferma les yeux en déposant son front sur le sien.

« Je ne supporte pas de te voir blessée… » laissa-t-il échapper.

La blonde ne répondit rien et continua de pleurer en silence. En sentant les gouttes salées tomber sur ses mains, le phénix se redressa, se souvenant qu'elle s'était cachée tout à l'heure.

« Pourquoi as-tu caché ton visage quand Ace t'a retourné ?

- Je pleurais, répondit-elle comme si c'était une évidence.

- Et ? insista-t-il, ne comprenant pas.

- C'est de ma faute Marco ! J'ai si honte…

- Tu ne devrais pas te cacher quand tu pleures…

- Pourquoi ?

- Parce que je trouve que tu es magnifique, même dans ces moments-là, » avoua-t-il tendrement.

Sohalia rougit et eut immédiatement envie de disparaître. Il sourit, embrassa son front et attrapa sa main pour la guider vers l'extérieur, mais elle résista.

« Sohalia… soupira-t-il, tu as besoin de soins.

- Je sais, admit-elle surprenant le phénix.

- Alors, allons-y.

- Tu pourrais le faire, toi, proposa-t-elle.

- Je ne suis pas médecin. Je pourrais me tromper ou oublier quelque chose, contredit-il.

- J'ai confiance en toi, dit-elle en serrant plus fortement sa main.

- Peut-être, mais, moi, je suis beaucoup moins confiant à propos de mes capacités médicales que toi.

- Je t'en prie… Je me sens juste épuisée. Tu peux faire le strict nécessaire, me laisser dormir rien qu'un peu et ensuite, j'irais voir Yori, » argumenta-t-elle.

Le phénix la dévisagea, cherchant une quelconque trace de mensonge dans ses prunelles, puis abandonna dans un soupir. Il était bien faible face à Sohalia Shizen.

« Va t'asseoir sur mon lit, je reviens. »

Il fila dans sa salle de bains et ramena une trousse de premiers soins. Il s'installa à genoux en face d'elle et entama les soins par la contusion sur sa joue. Ils gardèrent le silence jusqu'à ce que Marco se penche vers elle pour s'occuper de sa lèvre. L'homme déglutit en chassant des images de son esprit qui ne convenaient pas à l'instant. Voyant son hésitation, la blonde fronça des sourcils.

« Qu'y a-t-il ? questionna-t-elle.

- Tu vas me vexer, Sohalia. Ne me dis pas que tu as déjà oublié ce que je ressens pour toi ?

- Non… Bien sûr que non, » souffla-t-elle.

Marco plongea dans ses yeux marron et sourit tendrement. Sourire qui disparut bien vite lorsqu'il aperçut un éclat d'incertitude dans le regard de la Shizen qui l'électrifia. Devenait-il fou, ou bien prenait-il simplement ses rêves pour des réalités ? S'était-elle légèrement penchée vers lui ?! Il la questionna du regard, confus. Il n'y trouva aucune réponse puisqu'elle était aussi perdue que lui.

Elle n'arrivait pas ignorer cette chaleur qui inondait son corps, ni ce bien-être qui détendait ses muscles. À chaque fois qu'il la touchait, elle réprimait des frissons qu'elle trouvait bien trop agréable et qui la terrorisait.

Elle ferma les yeux et n'eut aucun geste de recul quand il posa ses mains sur ses joues. Elle appréciait la chaleur qu'elles répandaient en elle.

Elle rouvrit les yeux en sentant son souffle balayer son visage. Il attendait qu'elle lui donne l'autorisation. Ses mains eurent un spasme comme si elles mouraient d'envie d'attirer le visage de l'homme vers le sien. Elle pouvait sentir à quel point ses mains étaient gelées. Elle voulait aussi ressentir cette tiédeur en elle. Cette brûlure de l'âme qui vous fait vous sentir vivant.

Elle garda ses yeux fixés sur les siens et posa ses mains sur ses pommettes, caressant doucement ses traits. Lentement, elle se laissa glisser à genoux sur le sol, afin d'être à la même hauteur que le phénix. Puis, elle sourit. De ce sourire doux, confiant, aimant qu'il avait souvent vu sur ses lèvres, mais, qui, là, lui était entièrement destiné.

Il l'observa fermer les yeux, lui laissant le choix, rendant les armes, s'abandonnant à lui. Il resta un moment interloqué de la voir lui céder, mais, reprenant ses esprits, il n'hésita pas une seconde de plus. Elle était tout ce dont il désirait.

Il déposa ses lèvres sur les siennes et l'embrassa doucement, ayant peur que s'il ne se laissa aller à ses envies, elle prenne la fuite. Il voulait la rassurer, lui faire comprendre ce qu'il ressentait, la faire se sentir en sécurité.


EDIT : 01/06/2020