Lecteurs/Suivis/Favoris : Merci d'être de plus en plus nombreux ! :)
Disclamer : Certains OC proviennent de mon imagination ! Le reste de l'univers revient à Monsieur Oda !
Port de Nanmin no Shima, Moby Dick.
Sohalia eut un léger frisson en sentant les lèvres de Marco câliner les siennes. Elle passa ses bras autour de sa nuque et l'attira vers elle, afin d'approfondir le baiser qu'ils échangeaient. Le phénix se laissa faire avec joie et la souleva en même temps qu'il se relevait. Elle enroula immédiatement ses jambes autour de son bassin, continuant de l'embrasser à en perdre haleine.
Le commandant de la première division rompit leur étreinte et la dévisagea, la portant encore dans ses bras. Ils devaient absolument ralentir le rythme, sinon il ne pourrait jamais se contenir. Il ne voulait pas brûler les étapes. Il voulait la chérir plus que le Mentaru, plus que n'importe qui ne le pourrait jamais.
« Qu'y a-t-il ? souffla doucement la blonde en caressant son visage du bout des doigts.
- Faudrait ralentir, avoua-t-il avec son sourire taquin, faisant rougir la jeune femme.
- Pourquoi ? questionna-t-elle en raffermissant sa prise et lui piquant un baiser sur les lèvres.
- Lia… commença-t-il, puis sourit en la voyant sourciller face à ce vieux surnom, je n'ai pas dit Lia-chan, juste Lia. C'est court, doux, mignon et ça fait penser à cette fleur… Tu sais…
- Le lilas ? proposa-t-elle tout sourire en le voyant chercher le nom de la plante, en vain.
- Oui, voilà ! Je peux ? demanda-t-il.
- Bien, accepta-t-elle, sachant pertinemment qu'elle ne gagnerait pas cette bataille.
- Après tout, je ne suis pas du genre à donner des surnoms comme « ma chérie »… Donc, Lia, ce n'est que pour moi. Les autres t'appellent Sohalia, Lia-chan ou commandante, expliqua-t-il ravi qu'elle lui donne « l'autorisation ».
- Hum… Sinon, que dirais-tu de répondre à la question initiale ? Tu sais le pourquoi devrait-on ralentir ? insista-t-elle, taquine.
- Tu perds pas le Nord, toi ! soupira-t-il.
- Bien sûr, je suis pirate ! Donc réponds ou je te torture ! répliqua-t-elle faussement menaçante.
- D'accord, d'accord ! Je me rends ! rit-il en embrassant son front. Je me doute que tu n'as pas vécu des premières fois idylliques, parfaites, magiques, uniques… J'aimerai t'offrir tout ça. Que chacune de nos premières fois soient exactement comme tu le voudrais, » déclara-t-il en souriant doucement.
Sohalia cligna des yeux, surprise, et descendit des bras du phénix, continuant de planter ses yeux dans les siens. Puis, elle sourit doucement, posa une main sur sa joue.
« Je comprends pourquoi tu as autant de succès pendant les permissions… Tu sais comment baratiner les femmes !
- J'suis sérieux, Lia, commença-t-il.
- Je sais, Marco. Je le vois dans tes yeux, coupa-t-elle en posant son index sur sa bouche.
- Mais ? supposa-t-il.
- Mais, je trouve ça adorable, hein, mais, Marco, pourquoi attendre ? bafouilla-t-elle ne sachant pas comment formuler sa phrase. Je veux dire, tu n'as pas attendu pour le premier baiser, ni le French kiss, ni pour le pelotage de fesses que tu as discrètement réalisé il n'y a pas cinq minutes, argumenta-t-elle.
- Lia… murmura-t-il en l'attrapant par la taille. Chercherais-tu à me mettre dans ton lit ?
- En vérité, j'aimerai que tu me mettes dans ton lit, » répondit-elle avec franchise.
Le commandant de la première division fut soufflé par son franc-parler, puis s'esclaffa, avant de poser son front contre le sien.
« Tu ne le regretteras pas ?
- Marco, si tu continues à tergiverser et à me faire attendre comme ça, je vais emmener ce joli derrière que tu as peloté – et que tu as semblé apprécier si tu vois ce que je veux dire, dit-elle en lançant un regard équivoque vers l'entrejambe du phénix, dans ma cabine et le mettre dans un pyjama pas du tout sexy, épais, en laine, moche.
- Pitié, pas ça, quémanda-t-il en se laissant entraîner vers le lit.
- Eh bien, on dirait que tu as retrouvé le chemin de la raison, susurra-t-elle en enlevant ses chaussures, tout en se couchant sur le lit.
- Si madame est heureux, alors, je le suis également, » soupira-t-il en s'allongeant au-dessus d'elle.
La Shizen sourit un peu plus, agrippa sa chemise et l'embrassa, se laissant aller dans cette étreinte, oubliant la mort d'Hiroshi, délaissant Jef, négligeant ses blessures. Dans sa bulle, il n'y avait que Marco et elle. Rien de plus.
J&S
L'île Yosei no Toketsu.
Akihide se leva du canapé et alla se poster devant l'immense porte-fenêtre, qui menait au balcon. Il était encore tôt pour que la ville, qui se trouvait en face de lui, bourdonne de vie. Il appréciait cette quiétude, après avoir passé la nuit à ressasser de mauvais souvenirs. Il avait fini par s'installer sur le sofa, où Sohalia et lui avaient partagé un tendre moment. Il était resté un long instant assis à rêvasser, à se remémorer, jusqu'à ce qu'il ne remarque que la noirceur de la nuit laissait sa place à une timide lueur, encore et toujours. Inexorablement, l'aube revenait.
Il soupira et ouvrit les deux battants pour s'accouder à la balustrade, couverte d'une neige immaculée. Le jeune prince observa un long moment les volutes de fumée qui s'échappaient de sa bouche à chaque respiration. Il embrassa du regard l'horizon, dévisageant l'aurore rougeoyante qui apparaissait entre deux sommets de montagnes, se questionnant sur ce que ce nouveau jour apportait avec lui. Serait-ce une bonne journée ? Ou bien, l'une de celles que l'on veut enfermer dans sa mémoire et oublier ?
Akihide eut un sourire moqueur face à ses pensées et frissonna. Il se redressa, carra les épaules, se préparant à affronter une nouvelle journée de responsabilité, d'une douce et amère solitude. De toute façon, Leïko devait déjà l'attendre devant sa porte pour aller petit-déjeuner avec lui. Comme lui, la vieille Shizen avait du mal à trouver dans le sommeil un peu de sérénité et de repos.
Le Shizen d'adoption se retourna pour retourner dans sa chambre et eut un sursaut de surprise en voyant un homme assis nonchalamment dans son canapé. Il avait une tasse de thé dans les mains et la dégustait tranquillement. Il était entièrement vêtu de noir, ce qui faisait ressortir ses cheveux blancs. Il ouvrit les yeux, déposa lentement la tasse sur la table, se mit debout, réajusta son long manteau et plongea ses yeux verts dans ceux du prince.
« Akihide Shizen, enchanté de te rencontrer. Je suis Jef Mentaru. Je crois que nous avons une connaissance en commun », se présenta-t-il, une leur dangereuse brillait dans son regard lui donnant un regard fou.
L'intéressé resta un moment à le détailler, se posant mille et une questions. Comment était-il arrivé là sans que rien ne le trahisse ? Que venait-il faire ici justement ? Pourquoi venir le voir, lui ? Il n'était rien l'un pour l'autre ! Puis, il comprit. Une connaissance en commun… Sohalia ! Cet homme était fou. Il avait sûrement appris pour Sohalia et lui.
Akihide posa immédiatement sa main sur le pommeau de son épée, s'attirant un regard moqueur de l'intrus.
« Oublies. Si tu n'as pas de pouvoir, tu ne peux rien contre moi, prévint-il et sourit en voyant son regard méprisant. Vois-tu, je m'interroge… Pourquoi ? Pourquoi Leïko a-t-elle sacrifié sa vie entière près des siens pour un être aussi insignifiant que toi ? Tu n'as pas de pouvoir, tu viens du Dehors, tu ne sembles pas être doté d'un talent particulier pour quoique ce soit… Bref, tu es inutile, » affirma-t-il.
Le Mentaru s'approcha de lui, ne laissant que quelques centimètres entre eux, ne prenant pas le prince au sérieux.
« Alors, dis-moi, pourquoi deux Shizen t'ont accordé de l'attention ? Pourquoi te trouvent-elles si intéressant ? Est-ce parce que tu es le troisième et dernier survivant du massacre de l'île où se trouvaient Eri et Sohalia Shizen ? D'ailleurs, pourquoi as-tu survécu ? » poursuivit-il.
Akihide sursauta en apprenant ce qu'il savait de lui. Comment était-il au courant ?
« Comment ? J'ai passé la nuit à fouiller ton esprit. C'est la raison de ton insomnie. J'en suis désolée, » s'excusa-t-il, avec un sourire qui laissait supposer qu'il ne l'était pas du tout.
Jef le dévisagea, attendant que le prince parle, mais ce dernier restait silencieux.
« Je suis déçu. N'as-tu donc aucun sens de la répartie ? Ou bien, serais-tu terrifié par ma présence ? provoqua-t-il.
- A vrai dire, Jef, j'attendais le bon moment. Savais-tu que Leïko vient toujours me chercher dans ma chambre pour qu'on aille déjeuner ensemble ? Elle est très ponctuelle. Je n'ai peut-être aucune chance contre toi, mais, elle, elle pourrait te vaincre, » déclara-t-il en souriant.
Dès qu'Akihide eut terminé sa phrase, Jef fut projeté contre un mur, à l'opposé du prince, une racine enroulée autour de sa cheville. Leïko se tenait entre les deux lourdes portes en bois, le visage déformé par la fureur.
« Akihide, va chercher des gardes, » ordonna-t-elle.
Le prince ouvrit la bouche pour riposter. Il était hors de question qu'il la laisse combattre seule un taré pareil ! Malheureusement, il n'eut pas le temps de formuler sa phrase. Il se prit la tête entre les deux mains et hurla de douleur, ses genoux cédèrent et il s'écroula au sol.
Leïko se précipita vers lui et se retrouva impuissante. Elle détourna son regard inquiet pour le poser sur le Mentaru ligoté au mur, la peur se transformant en rage.
« Arrête ça, sale morveux ! » s'écria-t-elle tandis que des épines poussaient lentement sur les racines, entamant doucement la chair, laissant planer la menace dans l'air.
Jef sourit. Un simple rictus qui laissait la Shizen impassible, bien qu'un frisson agita son âme. Akihide se redressa d'un bond, une expression intimidante sur le visage, et saisit violemment le coup de Leïko. L'intrus éclata de rire en sentant l'emprise des racines faiblir.
La reine grimaça, s'excusa mentalement et fit fleurir une fleur hurlante en dessous de son fils adoptif. Lorsqu'elle s'épanouit, un son strident uniquement dirigé vers le prince jaillit, le faisant lâcher prise et reculer. Elle immobilisa Akihide et retourna à son premier adversaire.
« Je dois avouer que je ne pensais pas que vous auriez le cran de vous en prendre à lui, ni que vous soyez aussi réactive, » susurra-t-il.
La vielle femme le transperça du regard, ses mains tremblaient de peur et de colère. Elle jeta un coup d'œil au jeune homme, qui se débattait au sol, le regard fou. Elle déglutit, ne supportant pas de voir la personne qu'elle considérait comme son fils ainsi.
« Que veux-tu ? souffla-t-elle en refoulant un frisson.
- Je suis sûre que tu le sais déjà… D'après ce que j'ai entendu, tu es une personne très perspicace, dit-il en déambulant dans la pièce comme s'il était chez lui.
- Tu ne lui feras pas de mal ! Je te l'interdis ! ordonna-t-elle en se plaçant instinctivement devant Akihide.
- J'avoue que c'était bien mon but premier, mais, vois-tu… commença-t-il, un sourire moqueur étirant ses lèvres.
- Ne me tutoie pas, sale vermine ! s'exclama-t-elle, outrée.
- Je disais donc… Voyez-vous, pendant que j'étais suspendu au mur, je me suis souvenu d'une promesse que j'ai faite à un vieillard : le roi Taiyo… Il a toujours eu une sainte horreur de votre Lignée. Lorsque je lui ai gentiment offert la mort qu'il désirait, je lui ai promis de faire disparaître les membres de la Lignée des Shizen.
- Akihide n'est pas un Shizen ! Il n'a aucun pouvoir ! Laisse-le en paix ! somma-t-elle.
- C'est vrai… Mais Emi, Maiya, Sohalia… Elles sont des Shizen, n'est-ce pas ? Bien que la dernière soit à moitié souillée par le monde du Dehors… précisa-t-il en lui lançant un regard mauvais. Et pourtant, malgré le fait que son sang soit profané par son père, elle est celle qui a hérité du don de Gaiya, la première Shizen à avoir invoqué et utilisé les esprits.
- Non, souffla-t-elle, effrayée.
- Avant d'aller saluer Emi et Maiya, je vais devoir t'éliminer, dit-il en souriant largement quand il prononça le mot « saluer ».
- Jef ! Tu as vu Maiya grandir ! Emi t'a ouvert la porte de sa maison, elle t'a laissé t'asseoir à sa table, te traitant comme son égal, comme un membre de la famille ! Et je suis sûre qu'au plus profond de ton cœur, tu aimes encore Sohalia. Tu ne peux pas leur faire du mal, tenta-t-elle désespérément en s'approchant lentement de lui.
- Alors, tu vas me supplier de prendre ta vie à la place des leurs ? questionna-t-il amusé, remarquant qu'elle ne disait plus rien sur son irrespect.
- Si ça peut sauver la vie de ma fille, de mes petites-filles et de mon fils adoptif, je le ferai sans hésiter ! » déclara-t-elle plus déterminée que jamais.
Jef sourit, de ce sourire effrayant et malsain, comme s'il essayait de dire à Leïko qu'il était trop tard. Puis, elle le vit poser les yeux sur un point précis derrière elle. Terrorisée à l'idée qu'il s'en soit déjà pris à Akihide, elle lui tourna le dos, un court instant. Seulement quelques secondes… Mais cela fut suffisant pour que Jef dégaine son épée et ne la plante dans sa nuque, traversant sa chair pour ressortir de sa gorge. Au départ, elle ne sentit strictement rien. Ce n'est qu'en posant les yeux sur le bout de lame ensanglanté qui ressortait juste en dessous de son menton que la douleur la transperça. Elle écarquilla les yeux, comprenant ce que ça signifiait. Elle ouvrit la bouche, essayant, en vain, de prononcer ses derniers mots, mais seuls d'affreux gargouillis en sortirent, accompagnés de crachats de sang.
Pétrifié, Akihide sentit le Mentaru se retirer de son esprit. Le jeune prince se redressa, s'agenouilla devant Leïko, ses mains s'agitant à quelques centimètres du visage de la femme qui l'avait sauvé et élevé. Elle sourit et le Shizen d'adoption crut qu'il allait vomir sur ses genoux en apercevant d'épais filets rouges dégouliner de ses lèvres. Elle posa ses mains ridées sur les siennes et fit apparaître des pétales de cerisiers japonais dans ses paumes. Lentement, comme si cet acte était affreusement dur à réaliser, les éléments composant la corolle de la fleur s'agitèrent en se pliant et dépliant pour former une phrase courte : « Retrouve Sohalia ». Akihide dévisagea la reine qui le suppliait du regard. Il finit par hocher la tête au moment même où Jef retira la lame, laissant s'échapper un jet d'hémoglobine. Leïko s'affaissa, lentement, et s'écroula dans les bras de son seul et unique fils.
S&E
Port de Nanmin no Shima, Moby Dick.
L'aurore était levée depuis quelques heures seulement, mais Barbe Blanche buvait, seul dans sa cabine. Il avait congédié ses infirmières, les trouvant plus utiles aux chevets de ses fils que du sien. Il reprit une gorgée de saké, ayant besoin de chasser le goût amer qu'il avait dans sa bouche.
Cette journée allait être horrible. Il n'y avait rien de pire pour un parent que d'enterrer ses enfants. Il ferma les yeux et inspira profondément, déclenchant une nouvelle quinte de toux.
Il venait tout juste de se calmer lorsque le den-den mushi sonna. Il se leva péniblement, fatigué par sa nuit blanche et l'alcool, et décrocha. Il écouta en silence, impassible, puis souffla quelques mots, avant de raccrocher.
Cette journée serait horrible pour tout le monde, mais surtout pour la commandante de la quatrième division.
M&S
Terrifiée ? Oui ! Pétrifiée ? Clouée ? Glacée ? Immobile ? Raide ? Statufiée ? On ne pouvait pas faire plus ! Même un cadavre aurait du mal à la battre en cet instant ! Ébahie ? Ébaubie ? Bée ? Effarée ? Interloquée ? Médusée ? Pantoise ? Sidérée ? Stupéfaite ? Stupéfiée ? Complètement ! Et en plus, elle était en train de suffoquer, car le charmant phénix, nu comme un vers, mais un joli vers très sexy, l'écrasait littéralement de tout son poids et qu'elle était totalement morte de trouille à l'idée de le réveiller en se dégageant.
Maintenant qu'elle était rassurée sur sa santé mentale, après avoir fait la liste de synonyme qui lui venait à l'esprit et qui était lié à sa situation, elle allait pouvoir essayer de trouver une solution pour se sortir de là, et vite !
Alors telle une feuille, elle se laissa glisser en dehors des bras du commandant de la première division et de ses draps jusqu'à ce qu'elle puisse récupérer ses vêtements, étant, à l'image du blond, dans sa tenue de naissance. Elle se surprit à se demander si elle était également un vers sexy, puis rougit en secouant la tête vivement pour se concentrer. Elle s'habilla rapidement et se faufila à l'extérieur de la cabine de Marco.
Sur le pont, Sohalia fut sur le qui-vive, prête à sauter à l'eau s'il le fallait pour ne pas avoir à s'expliquer sur cette sortie à l'aube, avec dans les mains ses chaussures. Elle fila à l'infirmerie sans croiser personne, à son plus grand soulagement.
« On peut savoir ce que tu fais ? s'enquit Yori qui l'observait épier les environs dans l'entrebâillement de la porte.
- Moi ? s'exclama-t-elle. Mais rien, voyons ! murmura-t-elle après un regard noir du médecin en chef, qui désigna ses patients qui dormaient encore à poings fermés.
- Alors que viens-tu faire ici si tôt ? insista-t-il.
- Euh… soigner mes blessures, répondit-elle en se souvenant de la promesse faite au phénix.
- Pourquoi t'es pas venue hier soir ? marmonna-t-il en lui indiquant un lit vide où s'installer.
- Euh… J'étais occupé ? dit-elle en grimaçant en se rendant compte qu'elle n'était pas du tout convaincante.
- Ouais… Veux pas savoir ce que tu fabriquais. La prochaine fois, viens plus tôt, » grommela-t-il en l'examinant.
S&H
La procession avança dans le plus grand silence. Tous vêtus de noir, ils traversèrent l'île pour rendre un dernier hommage à leurs morts. Les divisions qui avaient perdu l'un des leur portaient les cercueils. Les visages des pirates étaient graves. Les habitants de l'île se tenaient derrière les pirates, portant eux aussi leurs proches qui n'avaient pas survécu à cette attaque.
Sohalia était en tête de la quatrième division et, derrière elle, ses frères portaient Hiroshi. Un frisson l'agita lorsqu'elle aperçut l'entrée de la forêt. En effet, un épais brouillard semblait avoir pris possession du sentier, mais le cortège s'infiltra à l'intérieur sans l'ombre d'une hésitation.
Le bois était aussi silencieux que les Hommes, semblant respecter la tristesse, la douleur de chacun. La Shizen ferma les yeux, essayant de calmer son cœur qui battait la chamade. Elle avait l'impression que ses battements étaient audibles de tous.
Les murmures de ses frères lui firent rouvrir les yeux vivement et froncer des sourcils, avant de les écarquiller en détaillant les papillons dorés s'agiter autour d'eux, accompagnant la marche. Elle sentit les regards des membres de sa division sur elle, et elle crut même apercevoir Marco se retourner vers elle. La jeune femme carra les épaules, redressa la tête, restant digne, ne se souciant de rien d'autre que de rendre hommage à Hiroshi. Elle s'interrogerait plus tard à propos de ces papillons.
Bien vite, le silence revint lorsqu'un cercle de lumière fut visible, annonçant l'arrivée au cimetière. Les divisions se rassemblèrent autour d'un autel où des pelles étaient disposées. La blonde en saisit une et commença à creuser à l'endroit délimité par des filets rouges, tandis que ceux qui avaient eu la chance de ne perdre personne depuis leur dernière venue sur cette île se regroupaient autour d'eux pour les observer en silence. Sohalia déglutit en leur tournant le dos. Leurs regards pesaient lourd sur elle, renforçant sa culpabilité. Elle ferma les yeux, inspira profondément, puis planta la pelle dans la terre, commençant à creuser la tombe de son frère.
Du coin de l'œil, la Shizen repéra Hogo, Yori, Genjiro, Kenta, Ikaku et Hayate continuer à porter le cercueil d'Hiroshi. Hade, Kan et Aki vinrent à ses côtés et l'aidèrent dans le plus grand des silences. On entendait que les râles des pirates qui s'acharnaient au travail, et les coups de pelles.
Après un dernier coup, Sohalia se redressa et vit ses frères sortir du trou. Aki et Hade se retournèrent vers elle et lui tendirent une main pour l'aider à s'extraire. Elle détailla longuement ces deux mains ouvertes. Quand elle avait rejoint sa division ce matin pour aller en ville, là où avait débuté la procession, elle n'avait pas su quoi dire, ni quelle attitude adopter avec eux. Elle s'était contenté de baisser la tête et de les mener jusqu'au cimetière. Alors en les voyant tendre si facilement leurs mains, elle ne put que sourire, touchée et les saisit toutes les deux férocement. Les deux hommes la soulevèrent sans effort, comme si elle ne pesait pas plus lourd qu'une plume.
Les quatre pirates prirent des cordes et les attachèrent solidement aux six poignets du cercueil, puis donnèrent l'autre extrémité aux six autres qui portaient la dernière demeure d'Hiroshi.
Sohalia les observa faire, impassible, mais elle ne put s'empêcher de prendre la main d'Aki et de la serrer fort à chaque fois que son cœur loupait un battement en voyant disparaître un peu plus à chaque seconde le cercueil.
Une fois au fond, la quatrième division se rassembla autour du trou et le rebouchèrent, en prenant garde à ne pas croiser le regard d'un autre. La Shizen s'essuya plus d'une fois son visage en sueur avec ses mains sales.
Quand ils eurent terminé, ils s'écartèrent et s'alignèrent devant la terre fraîchement retournée, alors que Joz mettait en place la pierre tombale. Sohalia utilisa son pouvoir pour faire repousser l'herbe au-dessus du cercueil et décorer la tombe de multiples fleurs.
Yori attrapa sa main libre et la serra, la remerciant silencieusement. La jeune femme lui renvoya un sourire, bien qu'il n'atteigne pas ses yeux. Hogo, derrière elle, pressa l'une de ses épaules et elle se retourna pour le dévisagea. Le vieux pirate la détailla, un instant surpris, avant de sourire. Remarquant ce drôle de rictus, la blonde pencha la tête sur le côté, l'interrogeant du regard. Leurs camarades ne tardèrent pas à arborer la même expression, alors que Kan passa un doigt sur le nez de la Shizen. En découvrant l'index marron, Sohalia ouvrit grand la bouche et écarquilla les yeux. Les hommes rirent silencieusement, tandis que leur commandante s'essuyait vigoureusement le visage dans la chemise blanche de Yori, qui avait ôté sa veste noire pour reboucher le trou.
Ce dernier s'écarta d'elle en lui assénant une tapette sur le haut du crâne, sous les yeux surpris et aimant de leur Père. Le vieil homme observa la blonde sourire à ses frères, puis les rejoindre dans leurs rires silencieux. Quoi qu'il arrive, ils partageaient tout. La colère de l'un était celle des autres. Les larmes d'un frère étaient celles des autres. Les rires de l'un d'entre eux étaient ceux des autres.
Sohalia sourit doucement en attirant Aki, qui avait les larmes aux yeux, dans une étreinte qu'ils ne tardèrent pas à partager avec les autres membres de la quatrième division.
M&S
Marco était assis à la table de son père en compagnie de Joz, Namur, Curiel, Atmos, Rakuyou et Bleinheim. Ils discutaient ensemble de la marche à suivre, commençant à trouver Jef bien trop dangereux. La division de Speed Jiru avait récupéré la clé que le Mentaru avait dissimulée dans la tombe de la Shizen. Et cela ne plaisait à personne, car tous comprenaient ce que cela voulait dire. Une menace plus qu'évidente.
Le phénix embrassa du regard, encore une fois, la commandante de la quatrième division, qui parlait tranquillement avec Ritsu. Marco n'avait pas eu l'occasion de se retrouver seul avec la jeune femme afin d'avoir un petit entretien sur ce qu'il s'était passé entre eux la veille. Le fait qu'elle se soit volatilisée avant son réveil sans rien dire lui faisait craindre le pire. Il soupira en passant sa main dans ses cheveux, agacé.
Le commandant de la première division la suivit des yeux quand il la vit sortir du pub après avoir salué sa division et l'ancienne petite amie de Satch. Après que la porte se soit refermée derrière elle, Barbe Blanche congédia ses fils en débouchant une nouvelle bouteille d'alcool, sous le regard contrarié de Tachi, l'infirmière en chef.
Marco s'empressa de suivre Sohalia, gardant une certaine distance. Le phénix préférait ne pas l'aborder tout de suite, supposant qu'elle devait regretter la nuit qu'ils avaient passée ensemble et qu'elle le fuirait en le voyant.
L'homme la vit grimper sur le Moby Dick et s'accouder sur le bastingage. Il resta un long moment à la détailler. Il aimait ses longs cheveux blonds ondulés qui voletaient dans la nuit noire. La nuit dernière, il avait passé à maintes reprises ses doigts dans ses cheveux appréciant leur douceur. Il avait adoré quand ils avaient frôlé son torse pendant qu'ils s'embrassaient longuement.
Il frissonna sous la force des souvenirs qui l'envahissaient. Il fit un pas vers elle, mais se figea en la voyant coincer une mèche, qui devait la gêner, derrière son oreille. Un sourire rêveur étira ses lèvres en revoyant les mains de la jeune femme caresser sa peau. Elle avait su être douce et tendre, mais si avide et sauvage.
Marco s'avança vers elle, n'essayant même pas d'être discret, et pourtant, elle sursauta en se retournant vers lui. Il la vit l'observer, surprise, puis lui sourire doucement. Cela encouragea le phénix et le poussa à s'installer à ses côtés, gardant ses yeux plongés dans ceux marron de la jeune femme.
« Moi qui pensais avoir encore un peu de temps avant la confrontation… rit-elle nerveusement.
- Hum… Je t'avoue que ta fuite matinale m'a laissé perplexe… Je suis si peu doué au lit ? plaisanta-t-il pour la détendre.
- Tu sais pertinemment que tu es un fabuleux amant, dit-elle taquine.
- Fabuleux ? À ce point-là ? » répéta-t-il avec un immense sourire.
Sohalia s'esclaffa et lui donna un léger coup sur l'épaule en rougissant de son aveu. Marco lui attrapa la main et lui embrassa, tout en continuant de fixer ses prunelles, accentuant la rougeur sur ses joues.
« Je suppose que je te dois une explication… soupira-t-elle en s'asseyant contre le bastingage, la tête en arrière pour observer le ciel étoilé.
- Ça serait bien… Même si j'ai aussi une autre idée en tête, » souffla-t-il en dévisageant ses lèvres avec intensité.
La Shizen se mordit la lèvre inférieure en rougissant de nouveau, se demandant si l'idée du phénix n'était pas meilleure que la conversation à venir.
S&J
Nouveau monde, île inconnue.
Jef sourit, ravi du déroulement de sa journée qui n'allait pas tarder d'arriver à son apothéose. Il les entendait parler et rire joyeusement en s'approchant de leur appartement. Le Mentaru n'avait pas vraiment de plan en tête. Il ne savait même pas qui tuer ce soir. Tout ce dont il avait conscience, c'était sa soif de vengeance, de sang. Sohalia l'avait fait souffrir et il était déterminé à ce qu'elle ressente la même chose… Ou bien pire… Il voulait détruire son univers, et peu importait comment il y arriverait.
La porte s'ouvrit sur Maiya qui lui tournait le dos, discutant avec son père, Hachiro Shizen, né Mentaru. Ce fut lui qui le découvrit en premier, comme s'il l'avait senti avant de le voir. Le sourire de Jef s'agrandit en le voyant agripper l'épaule de sa fille et la placer derrière lui, tandis qu'Emi se plaçait devant son mari. Hachiro avait un pouvoir plus défensif que son neveu, alors qu'Emi était le danger numéro un.
« Maiya, l'appela-t-elle, son ton laissant clairement comprendre qu'il n'était pas question que la jeune fille discute. Barricade-toi chez les Mizu, et avertit les gardes une fois que tu seras en sécurité, ordonna-t-elle sans se détourner de son adversaire. Fonce, ma chérie ! » insista-t-elle.
L'intrus observa l'adolescente s'enfuir à toute jambe, lançant tout de même un dernier coup d'œil terrifié à ses parents. Il devrait se contenter d'Emi et d'Hachiro… Bien que ce combat s'annonçât rude pour lui.
Ne cherchant pas à comprendre ce qu'il venait faire ici, Emi lança une première attaque. Peu importait son but, il était une menace pour sa famille. Il avait fait souffrir sa famille, mais surtout sa nièce. Elle ne pouvait lui pardonner sa traîtrise. C'était de son devoir de l'éliminer, pour le bien du monde, de son peuple et de sa famille.
Jef lui renvoya, mais fut immédiatement contré par un mur invisible. Hachiro n'avait pas bougé d'un seul centimètre et était resté complètement impassible. Les fenêtres éclatèrent et le lierre, qui ornait habituellement les murs extérieurs du palais, apparut soudainement et se dirigea vers lui. Il masqua une grimace tout en parant les attaques.
Bien vite, il comprit qu'il n'aurait pas le dessus aussi facilement qu'il l'avait espéré. Après tout, il s'agissait d'Emi et Hachiro. Ils s'étaient toujours bien entendu, ils étaient sur la même longueur d'onde, se comprenant sans avoir besoin d'utiliser de mots. Il n'y arriverait pas seul. Il sourit. Il n'était pas seul.
« Kyola ! Si tu venais t'amuser aussi ? » s'écria Jef en esquivant les attaques d'Emi.
L'interpelé apparut tranquillement derrière le couple Shizen. Ces derniers écarquillèrent les yeux en comprenant que la personne qui aidait Jef à pénétrer et sortir de l'île si aisément était leur messager et l'un de leur garde du corps.
« Sohalia avait raison en le détestant, grogna le père de Maiya.
- C'est pas le moment pour ça, Hachiro, » soupira Emi en toisant Kyola.
Le traitre s'élança et attaqua le Shizen par alliance, tandis que Jef se concentrait sur la reine. Kyola n'avait pas l'impression de se battre contre une personne, mais plutôt contre un sac de frappe. Hachiro esquivait la plupart du temps, ou bien encaissait les coups du mieux qu'il pouvait, mais ne savait pas les rendre. Quant au Mentaru, le combat entre Emi et lui était équilibré. Aucun des deux n'arrivait à dominer l'autre. La Shizen l'envoya valser contre le buffet du salon.
Alors qu'il se redressait en grimaçant, il aperçut Hachiro être plaqué au sol par Kyola, un poignard sous la gorge. Cette vision le fit sourire. Il profita alors de la faiblesse du mari d'Emi et pénétra dans son esprit, le possédant, contrôlant son corps, le laissant seulement conscient de ses actes.
Soudainement, Hachiro se releva, prenant le dessus, il désarma le traitre et lui donna un violent coup de pied dans sa mâchoire, l'assommant. Tranquillement, il se dirigea vers sa femme qui l'accueillit avec un sourire. Alors qu'elle se concentrait de nouveau sur Jef, Hachiro lui encercla la gorge avec son bras libre et n'attendit pas pour planter la lame dans son dos.
La reine hurla de douleur et utilisa ses pouvoirs pour se dégager de l'emprise de son mari. Elle dévisagea les trois hommes, le souffle saccadé. Il fallait les faire partir du palais, de l'île. Il fallait qu'elle prévienne Sohalia pour la protéger et pour qu'elle protège Maiya.
Sa décision fut prise en quelques secondes. Elle passa par-dessus Kyola, qui était toujours inconscient, et se précipita le plus rapidement possible vers les appartements des Ryoko. Elle entendait Hachiro la suivre lentement, toujours sous le contrôle de Jef.
En ouvrant la porte menant au salon appartenant à ceux qui pouvaient se téléporter, elle faillit s'écrouler au sol. Puis, des cris retentirent rapidement. Alors qu'elle sentait des mains se poser sur elle dans le but de lui venir en aide, elle se recula.
« Moby Dick. Vite, » ordonna-t-elle sèchement en entendant Hachiro qui courrait à présent.
Elle redressa la tête vers les personnes qui l'entouraient. Ils étaient pétrifiés et ne savaient pas quoi faire.
« C'est un ordre ! » insista-t-elle, pressée par le temps.
La lignée des Ryoko s'empressa de l'encercler et les chants retentirent. Emi serra les dents pour retenir un hurlement de douleur, alors que le temps ralentissait.
M&S
Port Nanmin no Shima, Moby Dick.
Marco attendit patiemment que la jeune femme soit prête à discuter. Il vit à plusieurs reprises ses lèvres s'agiter pendant qu'elle marmonnait. Il sourit en l'observant. Il lui prit la main et la serra.
« Lia… Cette nuit était… Incroyable. Vraiment. J'avais l'impression d'être à ma place. Et, je ne serai pas contre pour recommencer là, maintenant, tout de suite, » confessa-t-il en la fixant dans les yeux.
Il sourit tendrement en la voyant devenir aussi rouge qu'un coquelicot. Elle sourit, se détendant alors qu'il caressait sa main avec son pouce. Elle inspira et se lança.
« La nuit dernière… Je ne la regrette pas, avoua-t-elle en détournant le regard pour observer le ciel. J'en avais vraiment envie, mais, ce matin, je me suis demandé si c'était juste pour oublier la journée et si n'importe qui aurait fait l'affaire, dit-elle difficilement. Mais ce n'était pas le cas ! s'empressa-t-elle de continuer en le sentant se tendre. J'avais besoin de sentir la chaleur humaine, après avoir senti Hiroshi devenir froid. J'avais besoin de me sentir aimé, et ça, il n'y avait que toi pour me le donner, » termina-t-elle en rougissant.
Le phénix sourit et passa un bras autour de sa taille et la rapprocha de lui, posant ses lèvres sur son front.
« Tu sais ce que je ressens pour toi, Lia. Je t'aime. Et je n'attends qu'un mot, un signe de ta part, » déclara-t-il.
Sohalia frissonna et posa sa tête sur son épaule, ne sachant pas trop quoi lui répondre. D'ailleurs, que voulait-elle répondre ?!
« Euh… » lâcha-t-elle intelligemment.
Marco s'esclaffa et lui embrassa la joue. La jeune femme releva la tête et le dévisagea. Ses yeux dévièrent vers ses lèvres et elle eut envie de les embrasser.
« Je… souffla-t-elle. Je crois que…
- Oui ? s'enquit-il.
- Je t'embrasserai bien… » confessa-t-elle.
Le phénix sourit et se plia à sa volonté. Alors qu'ils étaient sur le point d'approfondir le baiser qu'ils échangeaient. Sohalia sentit le temps ralentir et elle rouvrit brutalement les yeux en s'écartant du commandant de la première division. Un cri terrifié résonna dans tout le navire.
EDIT : 01/06/2020
