Lecteurs/Suivis/Favoris : Merci d'être de plus en plus nombreux ! :)


Disclamer : Certains OC proviennent de mon imagination ! Le reste de l'univers revient à Monsieur Oda !


Port de Nanmin no Shima, Moby Dick, quelques heures plus tard.

Barbe Blanche était allongée dans son lit, buvant de grandes gorgées de saké en observant sa fille, qui était adossée au bureau, les bras croisés sous sa poitrine, les yeux perdus dans le vide.

« Es-tu sûre de ce retour ? questionna-t-il, la forçant à reprendre pied dans la réalité.

- Je n'ai pas vraiment le choix, sinon, c'est eux qui vont venir nous chercher, soupira-t-elle.

- Et pour Akihide ? Je croyais que les habitants de ton île n'acceptaient pas notre présence parmi eux ? s'interrogea le vieil homme.

- C'est vrai, souffla-t-elle en poussant une mèche de cheveux qui se trouvait devant ses yeux.

- Tu as un plan ? insista-t-il.

- Oui, même deux. Espérons juste que je n'ai pas à utiliser le numéro deux, » murmura-t-elle en retournant à son observation du pont du navire.

Barbe Blanche garda le silence et avala une nouvelle gorgée d'alcool, se demandant s'il était bien prudent de la laisser y retourner. Il reposa son saké et se redressa. Ce mouvement lui déclencha une quinte de toux, attirant immédiatement l'attention de la Shizen sur lui.

Sohalia s'approcha de lui prestement et éloigna discrètement la bouteille d'alcool.

« Je n'arrive pas à croire que je vais dire ça, mais tu devrais écouter Tachi. Elle a raison. Tu bois beaucoup trop et tu ne te soignes pas assez, déclara-t-elle en grimaçant, n'appréciant pas reprendre les termes de l'infirmière en chef.

- Occupe-toi de tes fesses, gamine, grogna-t-il.

- Elles vont très bien, merci de t'en soucier, » répliqua la jeune femme.

Barbe Blanche s'esclaffa, faisant sursauter, puis sourire la commandante doucement de la quatrième division.

« Bien, je t'ai fait venir pour deux questions importantes, autres que ton départ, déclara le capitaine du Moby Dick.

- Je t'écoute, acquiesça-t-elle en s'asseyant en face de lui.

- Ritsu est venue me voir pour récupérer son ancienne place au sein de notre équipage.

- Tu as accepté, je présume, supposa la jeune femme se doutant que son Père ne viendrait pas lui parler de cette histoire si ce n'était pas le cas.

- Effectivement. Je voudrais donc ton avis, étant donné qu'elle était membre de la quatrième division auparavant.

- Pas de problème en ce qui me concerne, dit-elle en haussant des épaules.

- Je voudrais également te parler du transfert de Dom dans ta division.

- Vista est d'accord ? interrogea la Shizen.

- Oui, je ne crois pas qu'il aurait de problème pour s'intégrer. J'ai juste besoin de ton avis avant d'officialiser le transfert.

- Il s'entendra très bien avec les gars. »

Barbe Blanche hocha la tête et la congédia d'un signe de la main. Sohalia se faufila entre la masse d'infirmière qui pénétra dans la chambre du capitaine dès qu'elle l'ouvrit.

Elle ne perdit pas de temps et fila vers sa cabine où elle trouva Hachiro figé sur la chaise du bureau, les yeux perdus dans le vide. Elle grimaça et s'intéressa à ce que faisait Akihide. Elle resta un moment interloquée en le voyant avec l'un de ses boxeurs dans les mains, puis se précipita vers lui, lui arracha des mains et planqua le sous-vêtement dans le premier tiroir qu'elle trouva et finit par le toiser.

La Shizen inspira profondément et frappa dans ses mains pour attirer l'attention de son oncle.

« Bien, nous allons aller en ville, histoire de… Eh bien, histoire de faire en sorte que vous ne ressembliez plus à des zombies, affirma la jeune femme en attrapant un gilet blanc et des sandales de la même couleur.

- Sohalia… Je ne suis pas sûr que ce soit une bonne idée que je vienne sur votre île… Avec ce que je sais sur vous, je pourrais me faire décapiter… affirma Akihide.

- Ne t'inquiète pas, j'ai déjà pensé à un plan pour sauver tes fesses, répliqua-t-elle.

- Trop aimable, dit-il en lui offrant un sourire taquin.

- Moi, je pense que ce n'est pas une bonne idée qu'on aille déambuler dans le monde du Dehors, intervint l'oncle de la jeune femme.

- Hachiro, j'ai vécu des années dans ce monde et je vais bien. Ce n'est pas un après-midi shopping qui va te tuer. Tu as juste à suivre le mouvement, insista la commandante. Bien, maintenant, on y va ! » ordonna-t-elle en ouvrant la porte.

M&R

Dans la salle à manger, cinq pirates étaient attablés. Deux d'entre eux discutaient joyeusement tout en avalant leur repas. Deux autres se régalaient en silence, bien qu'on puisse apercevoir un tic nerveux sur le visage de l'un d'eux. Le dernier, lui, touillait son bol de ramen sans entrain, poussant des soupirs à des intervalles réguliers.

Ace et Ritsu éclatèrent à nouveau de rire, se souvenant d'un moment qu'ils avaient vécu particulièrement cocasse. Marco soupira une nouvelle fois et Izo, à bout de patience, claqua ses mains sur le bois de la table, faisant sursauter tout le monde, mais surtout Haruta qui fut si étonné qu'il renversa son bol de soupe sur lui.

« Bordel ! Tu as fini ?! Qu'est-ce que tu as encore ?! s'exclama le commandant de la seizième division.

- Sohalia s'en va… répondit-il en déposant ses baguettes.

- Elle va revenir, contra Haruta en essayant de le rassurer tout en essuyant la tâche de soupe sur ses vêtements.

- Avec Akihide, termina le phénix.

- Ah… lâcha intelligemment le commandant de la douzième division en jetant un coup d'œil à Izo.

- Quel est le problème avec ce type ? questionna Ritsu, intéressée par cette histoire, n'ayant jamais vu une telle expression sur le visage du second de Barbe Blanche

- Lia-chan et lui ont été amants, expliqua l'épéïste.

- Quoi ?! Tu es jaloux, Marco ?! s'esclaffa la tigresse. Toi, le bras droit du pirate le plus puissant au monde, jaloux d'un pauvre… Quoi ?! Plan cul ?! Si tu es tant effrayé qu'elle cède à nouveau à son charme – car il est vraiment charmant, il est jeune, sexy, élégant, galant, attentionné, je comprends complètement que tu te sentes menacé par lui !

- Merci, car, maintenant, je me sens menacé ! coupa-t-il en la toisant.

- Si tu as si peur que ça qu'elle lui cède de nouveau, eh bien, fais-lui comprendre que tu es à un tout autre niveau que ce type. Et de préférence, marque-la dans sa chaire », affirma Ritsu en sortant de table et lui ébouriffa les cheveux au passage.

Ils la regardèrent quitter la salle, hébétés par son petit discours.

« Tu en penses quoi, Haruta ? s'enquit Ace.

- C'est un bon plan. Laisse-lui des souvenirs que toi seul pourrais lui donner encore et encore.

- Ah, tu es bien plus coquin qu'on ne le croit en te voyant ! rit Portgas.

Le commandant de la seconde division étouffa un gémissement, tandis qu'Haruta souriait d'une façon bien trop innocente pour être vraie.

« Quoiqu'il en soit… soupira Izo. Va la voir, donne-lui de multiples façons de ne pas t'oublier. Mais, par pitié, si tu soupires encore une fois, je vais finir par faire un massacre ! » siffla-t-il en fusillant son frère du regard.

Marco déglutit et sortit de table en décidant d'aller se balader pour se changer les idées.

S&A

Village portuaire de l'île Nanmin no Shima

Hachiro jetait des regards inquiets autour de lui, tout en déambulant dans le magasin de vêtements. Au fur et à mesure, il dut se rendre à l'évidence que les gens autour de lui ne lui prêtaient aucune attention, vaquant tranquillement à leurs occupations.

Le Shizen par alliance finit par observer ce qui l'entourait et se rendit compte qu'il se trouvait dans les rayons réservés aux enfants. Il resta figé devant un petit oursin en peluche et le prit entre ses mains sans vraiment s'en rendre compte. Perdu dans sa contemplation, il sursauta en apercevant sa nièce du coin de l'œil.

« Pour Maiya ? questionna-t-elle en détaillant l'ourson.

- Oui… Enfin, je ne suis pas sûr qu'elle accepte encore quelque chose de moi, ni même qu'elle veuille encore me voir. Alors, un présent de ma part… souffla-t-il en reposant la peluche.

- Je doute que Maiya te déteste à ce point-là. Vos rapports vont peut-être être un peu tendu pendant un moment, mais Maiya sait que ce n'est pas de ta faute, mais celle de Jef, » déclara-t-elle en lui offrant un sourire rassurant.

Sohalia reprit l'ourson, alla vers la vendeuse, paya et le rendit à Hachiro, accompagné par l'un de ses plus beaux sourires, quelque peu ombragé par les récents événements.

La jeune femme partit rejoindre Akihide et le trouva en train d'hésiter entre deux chemises de couleurs sombres. La Shizen se rendit alors compte qu'elle n'avait jamais vu le prince déchu portait autre chose que du noir. Elle s'avança vers lui et lui lança un léger coup de coude dans son ventre.

« Quel dilemme cornélien… Quelle couleur t'irait le mieux ? Le noir ou… Le noir ? » se moqua-t-elle.

Le blond la fixa un instant, puis retourna à son occupation, laissant la commandante quelque peu perplexe face à ce manque de réaction.

« Tu n'es pas obligé de faire semblant devant moi, lança-t-il l'air de rien.

- Je ne vois pas de quoi tu parles, affirma-t-elle en mentant.

- Alors, tu vas parfaitement bien ? » interrogea-t-il en plongeant dans ses yeux marron.

Sohalia détourna le regard et attrapa une chemise blanche. Elle la souleva dans les airs pour mieux la juger.

« Je dois juste me changer les idées… M'occuper l'esprit… Je pense qu'il n'y a rien de mieux que le travail pour cela… avoua-t-elle en lui tendant le vêtement. Tu devrais prendre celle-ci, ajouta-t-elle. Je ne t'ai jamais vu avec cette couleur… Je pense que ça t'irait bien. »

Akihide prit la chemise et l'observa quitter le magasin, les laissant seuls.

S&M

En sortant de l'établissement, Sohalia plissa les yeux, éblouie par la lumière du Soleil. Les rayons de l'astre réchauffèrent sa peau. Avec un soupir, elle se mit à avancer au hasard. Répondant rêveusement aux saluts des riverains qui la reconnaissaient et ceux de ses frères.

L'estomac dans les talons, elle se mit à la recherche d'une bonne adresse pour se restaurer. Perdue dans ses pensées, elle fonça dans une personne. La jeune femme se releva prestement et s'inclina respectueusement pour présenter ses excuses. Le rire qui éclata la fit sursauter et se redresser. Elle sourit en se rendant compte qu'il s'agissait de Marco.

« Eh bien, on a la tête dans les nuages, la taquina-t-il en ramassant son sac.

- Oui… Désolée, s'excusa-t-elle à nouveau quelque peu gênée par le regard des passants sur eux.

- Pas de soucis. Tu cherchais quelque ? questionna-t-il.

- Un bon petit restaurant, mais je ne sais quoi choisir, répondit-elle en souriant.

- Je vois… souffla-t-il en hésitant à poser la question qui lui brûlait ses lèvres, puis se jeta à l'eau. Vous avez choisi une date pour votre départ ? demanda le phénix en saluant d'un geste de la main un vieil homme.

- Demain matin, » répondit-elle en détournant les yeux de ceux du commandant de la première division.

La Shizen s'intéressa aux échoppes qui ornaient la rue commerciale de la ville. Elle hésita à lui jeter un coup d'œil lorsqu'un silence s'installa entre eux.

La jeune femme ne savait pas trop comment se comporter avec le phénix. Le baiser qu'ils avaient échangé sur le pont du Moby Dick avait pour but de le rassurer. Elle avait fait ça sur une impulsion après avoir lu dans ses yeux la peur de la perdre. Et maintenant ? Eh bien… Elle en savait foutrement rien !

« Bien, alors, je te kidnappe pour le reste de la journée, » lança-t-il tout en lui attrapant la main et l'entraînant avec lui, un sourire éclatant sur ses lèvres.

La commandante de la quatrième division s'esclaffa, surprenant le second de Barbe Blanche qui ne tarda pas à la rejoindre dans son hilarité.

« Où allons-nous alors ? questionna la Shizen.

- En rendez-vous. »

Sohalia détailla son dos, surprise. Elle finit par avoir un sourire timide, mais ravie de cette attention. La jeune femme pressa un peu plus fort la main de l'homme.

M&S

Marco poussa la porte de l'auberge et laissa Sohalia passer devant et détailler le lieu sans la presser. Il fut heureux d'avoir choisi cet établissement lorsqu'elle se retourna vers lui, un sourire conquis sur les lèvres.

La Shizen aimait cette petite auberge lumineuse, simple, chaleureuse, calme, qui changeait des tavernes où l'équipage avait l'habitude de se rendre. Sur les tables se trouvaient des bouquets de fleurs dont les espèces changeaient sur chacun d'entre elles. Ravie du choix de l'homme, elle lui envoya ses sentiments dans un sourire et s'apprêtait à lui prendre la main pour l'entraîner vers une table libre, lorsqu'elle remarqua qu'une femme s'approchait d'eux.

« Eh bien, en voilà une surprise ! s'exclama-t-elle un rictus taquin illuminant son visage. Qui puis-je faire pour le commandant de la première division ? »

Intriguée, la blonde dévisagea tour à tour la femme et son ami, se questionnant sur leur relation. Du coin de l'œil, elle remarqua que la totalité des clients les observaient, certains simplement curieux, d'autres moqueurs.

« Une table pour deux, s'il te plaît, dit-il en saisissant la main de Sohalia.

- Très bien, suivez-moi. »

Le trajet fut court, mais lourd à cause des regards sur eux et des chuchotements qui naissaient sur leur passage. La femme les mena dans un coin à l'écart des autres clients, mais, malheureusement, juste en face d'eux.

La Shizen sursauta légèrement quand le phénix tira galamment sa chaise. Elle cligna des yeux, surprise, lui sourit et s'installa. Il prit rapidement place à côté d'elle, tandis que la femme déposait devant eux les menus, se retenant visiblement de rire. La commandante attendit qu'elle s'en aille pour poser la question qui la tracassait.

« Tu la connais ?

- Oui, c'était une infirmière de Père. Elle n'est restée que deux-trois ans avec nous. Elle a fait la connaissance d'un marchand ici quand on est venu visiter l'île. Elle est tombée amoureuse. Père l'a autorisé à vivre ici. Je crois qu'elle s'est mariée et a eu des enfants. Je ne sais pas trop. Je n'avais jamais mis les pieds ici jusqu'à maintenant, raconta-t-il en détaillant la jeune femme à ses côtés.

- Tu n'as pas encore déjeuné ? interrogea la Shizen, voulant oublier cet instant de jalousie, et pour que Marco ne le remarque pas.

- Non, je n'avais pas faim, mentit-il, n'ayant aucune envie de lui expliquer comment leurs frères lui avaient coupé l'appétit. Et toi ?

- Je suis affamée, » affirma-t-elle en dévorant le menu des yeux.

Le phénix sourit, soulagé d'entendre cela. L'ancienne infirmière réapparut avec un carnet, pris leurs commandes et fila vers les cuisines.

Le silence s'abattit sur eux sans vraiment les gêner. La blonde observait les lieux, tentant d'ignorer les regards des autres, tandis que Marco les toisait pour leur faire comprendre de s'occuper de leurs fesses.

Les plats arrivèrent rapidement et le silence continua puisque les deux pirates étaient bien trop occupés à se remplir l'estomac.

Le commandant de la première division sourit en la voyant engloutir son steak dans un gémissement de bonheur. Elle avait repris des couleurs comme en attestait le rose de ses pommettes. Il la resservit en eau plongé dans ses pensées sombres, ne cessant de la revoir allongée sur le plancher de sa chambre. D'ailleurs, elle portait toujours la robe blanche qu'il lui avait enfilé de force.

Un soupir agacé de Sohalia le ramena à la réalité et il vit, avec surprise, un mur de végétation apparaître entre eux et les autres clients. Marco la remercia d'un sourire et lui tendit un bol de mousse au chocolat, déclenchant le rire de la blonde.

Étonné, il se rendit compte que ce silence qui avait régné entre eux durant tout le repas n'était pas dérangeant. Il avait été même plus utile que des mots. Ils avaient profité de la présence de l'autre, tout simplement.

Il paya sans laisser le temps à la Shizen de le faire. Sohalia sourit, attrapa le bras du pirate et l'embrassa d'une façon à l'enflammer juste ce qu'il fallait, passant sensuellement sa langue sur les lèvres du phénix.

« Merci », souffla-t-elle en se pressant contre lui.

Il sourit, l'enserra de ses bras, déposa un baiser dans sa chevelure et lui dit :

« Je devrais peut-être penser à t'emmener manger plus souvent. »

La commandante de la quatrième division éclata de rire et le laissa l'entraîner dans la rue ensoleillée.

M&S

Sohalia s'en remit entièrement à Marco qui les emmenait dans une rue bien différente de celle où se trouvait l'auberge où ils avaient déjeuné.

La rue était large et grouillait de vie. Tout n'était que richesse et finesse, ce qui étonna vivement la jeune femme étant donné que la plupart des habitants étaient des anciens pirates de Barbe Blanche, qui pouvaient, certes, vivre confortablement, mais pas dans un tel luxe.

La Shizen s'approcha d'une vitrine où étaient exposées de sublimes robes. En apercevant le prix de l'une d'entre elles, elle se recula précipitamment en s'excusant, déclenchant le rire du phénix.

« Pourquoi est-ce aussi cher ? demanda-t-elle en fronçant les sourcils, n'aimant pas qu'il se moque d'elle.

- Ce n'est un secret pour personne que cette île est protégée par Père et que la plupart des anciens membres d'équipages y vivent. L'île est donc souvent visitée par des curieux, expliqua-t-elle en lui attrapant la main et reprenant leur route.

- Et des curieuses, grogna la jeune femme en toisant deux femmes richement vêtues qui dévisageaient le pirate en chuchotant avec empressement.

- Jalouse ? railla-t-il en lâchant sa main pour la prendre par les épaules afin de la rapprocher de lui.

- Je n'aime pas partager, soupira-t-elle, mais je suppose qu'être avec un pirate est synonyme de partage », murmura-t-elle en faisant référence aux nombreuses coucheries dont les pirates raffolaient lors de leur permission.

Le second de Barbe Blanche resta silencieux en la fixant longuement. S'étonnant de ce calme, elle finit par l'embrasser du regard. Il la fit se stopper au milieu de la rue et captura ses lèvres avec autorité. Il plaça une de ses mains derrière la nuque de la Shizen et l'autre trouva naturellement sa place dans le creux de ses reins. Il sentit les frissons qu'il déclenchait en elle qui faisaient écho aux siens.

Un bruit de flash d'appareil photo l'arracha aux douces lèvres de la jeune femme. Un homme se tenait non loin d'eux, un appareil photo dans les mains et une expression de pure surprise sur le visage. Il ne s'attendait visiblement pas à être pris la main dans le sac. L'intrus prit ses jambes à son cou.

Marco l'aurait bien poursuivi afin de reprendre les clichés volés, mais Sohalia resta fermement accrochée à lui, les jambes flageolantes.

« Laisse-le. Ce doit être un curieux, lâcha-t-elle essoufflée.

- Je te fais tant d'effet ? lança-t-il taquin.

- Bah, y a un moment où je dois respirer, hein ! répliqua-t-elle vivement en rougissant.

- Allez, viens, on va faire les boutiques, comme ça, tu auras le temps de reprendre ton souffle », dit-il en se moquant gentiment.

M&S

Le phénix était dans la cabine d'essayage, pestant contre son idée de faire du shopping. La Shizen semblait avoir décidé de se venger pour ses précédentes moqueries en l'affublant de vêtements plus ridicules les uns que les autres.

Tenue de nobles, de roturiers, de marins, de soldats, de docteurs… Sohalia passa deux bonnes heures à s'esclaffer aux dépens du blond.

« Bien, ça suffit ! souffla-t-il alors qu'elle tombait de son fauteuil face à ce tarzan ananas comme elle l'avait appelé.

- Dommage. Mais je te préviens, tu vas beaucoup moins rire que moi, car tout me va ! » lança-t-elle hautainement.

Le commandant de la première division rit et se faufila entre les rayons, choisissant soigneusement les tenues. Écolière, robe à fleurs, robe de soirée, robe de nobles… Il était tellement concentré sur sa tâche qu'il ne vit pas la jeune femme prendre une tenue qu'elle embarqua rapidement dans la cabine.

Elle se prêta au jeu avec amusement, prenant la pose pour le plus grand plaisir du phénix. Ce dernier n'avait pas choisi ces tenues pour rire, mais pour son ravissement.

Après avoir vu la dernière tenue, il se leva et se prépara à quitter l'établissement, lorsque Sohalia rouvrit les rideaux en l'appelant.

Marco se retourna et sa respiration se coupa. La jeune femme était vêtue d'un ensemble de lingerie fine écarlate qui détonait avec la blancheur de sa peau. Le soutien-gorge saillait à la perfection sa poitrine et possédait sur le bas du tissu une fine dentelle. Le boxer moulant était fait totalement de dentelle transparente et mettait en valeur son fessier.

« Soit, tu te rhabilles, soit, tu subis les conséquences de cette provocation, Lia… » grogna-t-il en faisant un pas vers elle, sous le regard ahuri de la vendeuse.

La Shizen referma vivement les rideaux, se changea en un éclair redonna l'ensemble à la vendeuse, toujours aussi choquée, et sortit en trombe du magasin.

Marco sourit, paya l'ensemble et le mit dans le sac que la jeune femme avait avant leur rencontre.

M&S

En sortant de l'établissement, le commandant de la première division fut surpris en voyant le ciel orangé annonçant le crépuscule. Il baissa la tête et vit Sohalia, entourée de cette lumière. Il attrapa sa main et posa doucement un baiser à la commissure de ses lèvres, y restant quelques instants. En se redressant, il caressa tendrement du pouce le dos de sa main. Il reçut un sourire comblé de la part de la jeune femme.

« Nous allons dîner ? interrogea le phénix en tirant un peu sa main pour l'inciter à le suivre.

- Avec joie. Je suis affamée », s'exclama la blonde en s'élançant dans la direction de l'auberge.

Ils se mirent en route, saluant leurs frères, mais ils ne s'attardaient jamais. Il semblait que, l'un comme l'autre, ne voulait pas qu'on brise leur petite bulle.

Ils s'installèrent à la même table que pour le déjeuner. Dès qu'ils furent assis, la Shizen fit apparaître un paravent de végétation pour que leur intimité ne soit pas violée par des spectateurs avides de potins.

L'ancienne infirmière vint rapidement vers eux, prit leur commande et fila à nouveau, débordée par le travail. Marco profita de l'absence de la gérante et fit glisser le sac, contenant l'ensemble rouge sur la table dans la direction de la commandante de la quatrième division.

Cette dernière le prit, perplexe, et écarquilla les yeux lorsque ses doigts frôlèrent la dentelle. Elle redressa vivement la tête et dévisagea, surprise, Marco. N'arrivant pas à capter le regard du pirate elle se leva, se dirigeant vers le bar. Elle discuta un peu avec la propriétaire.

Le second de Barbe Blanche l'observa faire, inquiet d'avoir été trop loin, qu'elle s'en aille. Peut-être le giflerait-elle avant de sortir de l'auberge ? Il déglutit en la voyant s'approcher de lui, le visage fermé. Quand elle reprit sa place à ses côtés, il ne put s'empêcher de soupirer, discrètement, de soulagement.

Cet apaisement se transforma en confusion lorsque Sohalia déposa une clé entre eux. Marco la prit, la détailla et interrogea la jeune femme du regard.

« Je dois réessayer, car je n'ai pas vu ce que ça donnait sur moi… » répondit-elle simplement en avalant une gorgée de vin.

Marco fixa de nouveau la clé qui était en argent : dessus était gravé le numéro de la chambre. Rapidement, la joie fit bouillir son sang et un sourire étira ses lèvres.

« Donc, nous dormons ici cette nuit ? questionna-t-il. Eh bien, j'ai hâte, » souffla-t-il à l'oreille de la Shizen après qu'elle ait confirmé d'un signe de tête.

Le phénix la vit frissonner et sourire ce qui accéléra les battements de son cœur.

M&S

Le commandant de la première division était allongé sur le lit de l'auberge. Les mains derrière la tête, le regard perdu dans le vide, il attendait Sohalia qui était partie se changer dans la petite salle de bains attenante à la chambre. Il était heureux de cet après-midi passé avec la jeune femme. C'était simple, mais cela suffisait à sa joie. Et, il devait avouer que le fait que la Shizen ne le repousse plus, qu'elle lui laisse une chance y contribuaient beaucoup.

La porte de la salle de bains s'ouvrit lentement en grinçant et le phénix tourna la tête vers Sohalia. Un sourire étira ses lèvres et il se redressa sur ses coudes pour mieux la contempler.

La jeune femme se tenait dans l'embrasure de la porte. Ses cheveux blonds ondulés tombaient en cascade sur son corps. Il ne put s'empêcher de remarquer qu'ils arrivaient dorénavant jusqu'à ses fesses et glissaient doucement dessus. Ses prunelles marron fixaient son visage, semblant guetter la moindre de ses réactions.

Marco se leva, s'approcha d'elle et lui tendit la main, qu'elle prit sans une once d'hésitation. Il l'attira à lui et n'eut le temps de rien faire. Elle se hissa sur la pointe des pieds pour l'embrasser.

« Maintenant que tu m'as bien fait baver, puis-je procéder à l'effeuillage ? » susurra-t-il à son oreille, tout en frôlant l'attache de son soutien-gorge.

Sohalia rit et dégrafa elle-même le haut en dentelle. Marco la regarda faire complètement ensorcelé. La jeune femme l'entraîna sur le lit.

H&A

Hachiro et Akihide soupirèrent en chœur déambulant dans les rues de la ville portuaire, perdus depuis des heures, depuis que Sohalia les avait abandonnés dans le magasin.

« Qu'est-ce qu'elle fait ?! Qu'est-ce qu'elle peut bien faire ?! grommela l'oncle de la Shizen. Elle ne peut pas nous avoir oubliés tout même ! » s'insurgea-t-il.

Le prince déchu écoutait d'une oreille distraite les paroles d'Hachiro, bien trop occupé à essayer de retrouver le chemin du navire. De loin, il aperçut un pirate de Barbe Blanche. Il n'eut pas le temps de l'interpeler que le père de Maiya le fit à sa place.

« Petit ! Petit ! Excusez-nous ! Nous sommes Akihide et Hachiro Shizen, nous aimerions retourner sur le Moby Dick. »

Arrivés près du pirate, ils se rendirent compte, avec ébahissement, qu'il était bien plus vieux que ce qu'ils leur avaient semblé.

« J'ai trente ans ! claqua Haruta en les toisant.

- Oh… » dirent en chœur les deux hommes, ne sachant pas quoi dire d'autres.

Haruta ne retint pas un soupir d'exaspération et ordonna aux deux Shizen de le suivre.


EDIT : 03/06/2020