Lecteurs/Suivis/Favoris : Merci d'être de plus en plus nombreux ! :)
Disclamer : Certains OC proviennent de mon imagination ! Le reste de l'univers revient à Monsieur Oda !
L'auberge du village portuaire de l'île Nanmin no Shima, tard dans la nuit.
Marco glissa sa main derrière sa tête, tandis que Sohalia remuait doucement dans son sommeil. Il ne savait même pas quelle heure il était. Il avait pour but de marquer la jeune femme qu'il tenait dans ses bras. Il voulait laisser son empreinte indélébile sur elle… En elle. Il voulait que ses sentiments pour elle soient ancrés à jamais dans son cœur, son esprit, mais aussi sa chair. Pourtant, il ne comptait plus les longues ou bien courtes étreintes qu'ils venaient de partager. Il s'était perdu dans ces tourbillons d'amour, de passion, de tendresse ou de bestialité.
Du coin de l'œil, il la vit redresser la tête en ouvrant lentement les yeux. Ce léger mouvement fit glisser le drap qui cachait sa nudité, la dévoilant entièrement. Elle se colla confortablement sur le torse du commandant. De sa main libre, il commença à caresser tendrement la peau dénudée qu'il pouvait atteindre. Le silence perdura un court instant.
« Quand vas-tu revenir ? » souffla le second de Barbe Blanche.
Elle ne l'avait pas encore quitté qu'il la sentait déjà loin de lui. Il voulait qu'elle revienne dans leur bulle. Qu'elle ne voit que lui. Depuis quand était-il si possessif, si assoiffé d'une personne ?
« Je donnerai le maximum de moi-même pour rentrer le plus rapidement possible. Si tout se passe comme je le désire, je devrai être de retour avant que vous n'atteigniez la prochaine île, réfléchit-elle avant de répondre.
- Je n'aime pas ça…, grommela-t-il en se redressant, obligeant la jeune femme à en faire de même.
- Quoi donc ? demanda-t-elle en se disant qu'il y avait plus d'une raison.
- Que tu repartes là-bas… Loin de nous… Avec Akihide…, avoua le phénix. Connaissant ton passé avec lui, je n'aime pas ça. Je n'aime pas partager », insista-t-il.
Il la surplomba soudainement, attrapa ses poignets pour les placer au-dessus de sa tête, l'immobilisant. Sohalia pensa un instant qu'il avait dans l'idée de l'attacher ici, d'en faire sa prisonnière… Et pendant quelques secondes, elle le souhaita vivement. Elle désirait plus que tout qu'il l'emmène loin de tout ce merdier qui venait d'éclater, qu'il la force à fuir avec lui.
« Marco, souffla-t-elle en plongeant ses yeux dans les siens, ne pouvant s'empêcher de frissonner face aux sentiments qui l'assaillaient, je suis un membre de cet équipage. Je ne veux pas partir. Je dois le faire. Je vais avoir de très grosses responsabilités maintenant. Je vais devoir y faire face comme vous m'avez appris à le faire. Je le ferai parce que des gens comptent sur moi. Des personnes qui sont importantes à mes yeux. J'ai fait une promesse à Emi, et je ferai tout pour la tenir. Je vais partir pour revenir à vos côtés… A tes côtés… C'est là qu'est ma place… Je suis chez moi avec vous, avec toi. Tu le sais ? »
Le phénix resta silencieux, la dévisageant, puis, lentement se pencha vers elle, embrassant son front, ses yeux, son nez, ses pommettes, ses lèvres… Encore et encore… Il la relâcha et commença à perdre ses mains dans ses cheveux, sur son visage, son cou, ses épaules, ses bras, son ventre. Il caressa du bout des doigts sa poitrine, puis continua de glisser… Plus bas… Le long des ses hanches, ses cuisses. Il les attrapa et les écarta pour pouvoir s'installer entre ses jambes. Il enserra leurs mains et plongea dans ses yeux marron, qui ne l'avaient pas lâché durant ce court moment. Son souffle s'était accéléré en comprenant les intentions de l'homme. Elle lui sourit, et attira l'une de ses mains jusqu'à ses lèvres pour déposer un tendre baiser dessus.
« Tu me reviendras ? »
Sohalia libéra l'une de ses mains, qui se plaça immédiatement sur sa joue. La main libre de la jeune femme se posa sur la nuque de Marco et l'attira près de son visage. Leurs lèvres se frôlèrent, mais aucun des deux ne fit de mouvement pour qu'elles ne se rejoignent, voulant terminer leur conversation pour mieux apprécier ce qui allait se passer.
« Toujours, » chuchota-t-elle en faisant le premier geste pour enfin l'embrasser.
Mais Marco se précipita dessus, ne lui laissant aucune seconde de répit, et la pénétra d'un seul coup de rein. La jeune femme ferma les yeux pour mieux apprécier sa présence elle, s'arcboutant sous cet assaut soudain, ne retenant nullement le gémissement appréciateur qui s'enfuit de ses lèvres scellées par celle du phénix. Sohalia se perdit à nouveau dans ce tourbillon de sensations, de sentiments, de plaisir que Marco lui faisait ressentir. Il lui restait encore quelques heures pour profiter d'elle et il ne comptait pas en gaspiller une seconde de plus. Ces heures où elle ne lui appartenait qu'à lui, et lui seul.
M&S
Le souffle erratique, Sohalia s'effondra à nouveau sur le torse du phénix, qui avait également la respiration hachée. Lorsqu'elle se redressa pour s'allonger à ses côtés, les premiers rayons du Soleil pénétrèrent la pièce, sonnant le départ de la jeune femme. Marco la rattrapa et l'enserra férocement. Il se sentait à nouveau effrayé de la laisser partir. Pourquoi ne pouvait-il pas remonter le temps pour profiter à nouveau de cette nuit ?
La Shizen resta quelques minutes dans ses bras, comprenant sa détresse. La boule au ventre, elle se dégagea, l'embrassa longuement et sortit du lit, ramassant ses affaires éparpillées avant de se glisser dans la salle de bains. Elle observa un instant son reflet dans le miroir, ne prêtant pas attention à Marco qui se plaçait derrière. Elle détailla son visage, se trouvant différente. Elle avait l'impression d'avoir mûri d'un coup. Elle croisa les yeux du phénix dans la glace et laissa sa tête retomber sur son torse, tandis qu'il l'enlaçait. Il lui embrassa le sommet du crâne et la laissa se préparer seule.
Il se rhabilla tranquillement en écoutant le bruit de la douche, qui ne dura que quelques minutes. Elle réapparut bien vite, les cheveux dans tous les sens, une brosse dans les mains, qu'elle tendit au commandant. Il sourit, la prit et ils s'installèrent sur le lit.
« Je croyais que tu n'étais plus une enfant, chuchota-t-il ayant l'impression que s'il parlait à haute voix, il briserait leur bulle.
- Chouchoute-moi, souffla-t-elle aussi bas que lui.
- Tu ne l'as pas été suffisamment ? dit-il amusé.
- Pas de cette manière là », répondit-elle avec un sourire complice.
Marco comprit alors qu'elle ne voulait pas briser leur bulle tout de suite. La Shizen voulait partager encore un moment de complicité, de tendresse avec lui. Il lui brossa les cheveux, déposant de temps à autres de délicats baisers sur ses épaules, sa nuque, sa mâchoire. Et, à chaque fois, il pouvait entendre les soupirs de bien-être de la jeune femme, lui réchauffant le cœur tout en lui déchirant.
M&S
Les deux amants ne mirent pas longtemps à rejoindre le Moby Dick, à leur plus grand regret. Sohalia entraîna le pirate jusqu'à sa cabine et s'arrêta, le dévisageant. Il sourit, comprenant qu'elle avait des choses à régler avant de partir, étant donné qu'il l'avait kidnappé la veille, ainsi que toute la nuit. Il se pencha vers elle, hésitant en voyant certains de leurs frères les observer, ne voulant pas la gêner. Elle sourit à son tour et se mit sur la pointe des pieds pour atteindre ses lèvres. Une nouvelle vague de chaleur balaya le second de Barbe Blanche de la tête au pied. Il n'avait qu'une envie : approfondir ce baiser dans sa cabine et s'enfermer avec elle quelques heures supplémentaires.
Des sifflements, qu'il qualifia d'idiots, firent éclater leur bulle. Il relâcha la jeune femme pour mieux fusiller du regard les quelques spectateurs. Il les ignora lorsque la Shizen gloussa légèrement. Il l'enlaça contre lui et lui murmura :
« Viens me voir avant de partir, je veux te dire au revoir comme il se doit…
- J'ai hâte de voir ça… susurra-t-elle en retour.
- Je t'attends dans ma cabine alors ?
- Je me dépêche. »
Sohalia s'écarta de lui, posa ses lèvres à la commissure des siennes et se dirigea vers le dortoir de sa division. Comme à son habitude, elle manqua la première marche et se rattrapa in extremis. Quand elle ouvrit la porte, elle tomba sur les trois personnes qu'elle devait absolument voir avant de partir : Ritsu, Dom et Hogo.
« Où sont les autres ? chuchota-t-elle ne voulant pas réveiller ses frères.
- Ils sont allés manger, répondit son second en souriant.
- Parfait. Je dois vous parler.
- On t'écoute, déclara Ritsu en s'asseyant sur un lit.
- Hogo, pendant mon absence, je te laisse le commandement de la quatrième, ok ?
- Pas de soucis !
- Ritsu, je veux que ça soit toi qui me fasses un rapport quotidien de ce qu'il se passe sur le navire. J'aimerai aussi que tu ailles voir Bonney… On travaillait sur quelque chose et j'aimerai que tu me remplaces. Elle t'expliquera tout ce dont tu as besoin de savoir.
- Je m'en occupe !
- Dom… Arrêtes de sourire comme ça, tu fais peur ! Je voudrais que tu gardes un œil sur Aki.
- Un problème avec le gamin ? s'inquiéta Hogo.
- Je ne pense pas. Il agit bizarrement depuis quelques temps. J'essayais de savoir ce qu'il avait, mais j'ai rien trouvé…
- Pas de problème, commandante !
- Bien, et dernière chose… Ritsu, Dom… Bienvenue dans la quatrième division ! » lança-t-elle en souriant.
L'ancienne marine lui répondit par un magnifique sourire, qui, malheureusement n'atteignit pas ses yeux, tandis que les deux hommes s'esclaffèrent.
S&S
Sohalia avait à peine franchit le pas de la porte de sa cabine qu'elle se retrouva nez à torse avec quelqu'un qui tapait frénétiquement du pied. Dans un soupir las, elle dévisagea Hachiro et le dépassa, se souvenant des paroles échangées avec Marco un peu plus tôt.
« Tu te rends comptes ?! » s'écria son oncle.
La commandante prit sa robe et la déposa délicatement sur son lit. Elle fourra sans ménagement quelques vêtements dans son sac à dos.
« Qu'est-ce qu'on aurait fait si on était tombait sur Jef ?! On serait mort ! Voilà ! »
Elle prit sa robe et fila dans sa petite salle de bains privée pour l'enfiler. Elle se détailla dans le miroir, se recoiffa quelques peu, se maquilla légèrement et ressortit.
« Tu m'écoutes au moins ?! »
La Shizen prit son sac et s'approcha de la porte.
« Pas le moins du monde. J'ai autre chose à faire. »
Elle sortit, sans prêter attention à l'hilarité d'Akihide et aux exclamations furibondes de son oncle. Elle se dirigea vers la cabine de son père, lui donna ses décisions pour la division, gardant sous silence la partie pour Aki, puis demanda l'accès à l'escargophone. Il accepta et la laissa seule. La sonnerie d'attente retentissait et elle sentit une boule d'angoisse naître dans son ventre.
« Nostradamus Senrigan, décrocha une voix âgée.
- Sohalia Shizen, commença la jeune femme.
- Princesse ! Comment vont votre oncle ? s'enquit-il immédiatement et elle n'y échappa pas à la jeune femme qu'il avait exclu sa tante dans la question.
- Hachiro va bien, physiquement… Emi est décédée.
- Je sais… Je l'ai vu, beaucoup trop tard...souffla-t-il.
- J'ai besoin que vous veniez nous chercher avec des gardes qui porteront le corps d'Emi.
- Nous arrivons immédiatement ! » lança-t-il rapidement en raccrochant dans la foulée.
Sohalia soupira. Cette journée serait longue et affreuse. Elle sortit de la cabine de son Père et se dirigea vers celle de Marco, bien décidée à glaner le plus de bien-être possible.
M&S
Un quart d'heure plus tard, Marco et Sohalia étaient allongés sur le lit du premier, s'embrassant, se caressant… Profitant l'un de l'autre calmement. Ils n'avaient échangé que quelques paroles. Ils n'avaient pas envie de parler. Profiter de la présence de l'autre était suffisant. Quand ils seraient séparés, ils pourraient discuter via l'escargophone, mais se toucher, se voir… Ils ne pouvaient le faire que maintenant.
Ils soupirèrent en cœur en entendant toquer à la porte. Il était l'heure… A regret, le phénix la relâcha et elle lui offrit un pauvre sourire triste qu'il s'empressa de gommer en l'embrassant. Il l'aida à se relever et attrapa son sac d'une main tout en gardant celle de la jeune femme dans l'autre. Ils sortirent et ignorèrent le regard plein de sous-entendus que leur lança Izo. La Shizen se sentit égoïste de ne pas avoir passé de temps avec ses autres frères depuis la mort d'Emi. Elle savait qu'ils s'étaient inquiétés pour elle, mais elle n'arrivait pas à regretter d'avoir consacré tout son temps au commandant de la première. Sur cette pensée, elle renforça sa prise sur sa main et elle le sentit l'imiter. Un léger sourire étira ses lèvres, heureuse de voir qu'ils se comprenaient.
Ils arrivèrent sur le pont et se détachèrent. Sohalia jeta un coup d'œil au vieux Senrigan qui semblait à son aise… Le bannissement lui avait permis de se rendre compte de la propagande que pratiquaient les anciens rois. Tous les habitants du Dehors n'étaient pas foncièrement mauvais. Ses yeux glissèrent sur les soldats qui l'accompagnaient. Eux, ils n'étaient pas du tout à l'aise. Ils étaient tendus comme des arcs, jetant des regards partout, prêts à réagir à n'importe quelle attaque. Elle soupira en se disant qu'elle était définitivement heureuse d'avoir échappé à cette vie en vase clos.
La Shizen se dirigea vers Yori et lui demanda d'accompagner leurs invités jusqu'à la morgue du navire. Le médecin en chef acquiesça et fit signe aux hommes de le suivre. Si Nostradamus n'hésita pas une seule seconde, les soldats échangèrent des regards méfiants. Sohalia soupira, excédée, et leur fit signe de lui emboîter le pas, légèrement agacée par toutes ces idioties.
Profitant de leur absence, elle commença par passer de bras en bras, saluant ses frères et sa nouvelle sœur. Elle écouta les blagues de sa division, s'assura que tout irait bien durant son absence. Elle embrassa ceux dont elle était le plus proche et enlaça les autres, écoutant leurs conseils, leurs mots doux. La pensée qu'elle avait tout de même de la chance dans son malheur traversa son esprit. La commandante remarqua que les gardes et le sage étaient revenus avec un lit en métal à roulette. Elle déglutit en voyant la forme du draps.
Devant Ace, elle resta un instant les bras ballants ne sachant que faire… Il l'attira finalement vers lui et l'enserra férocement en lui chuchotant qu'il prendrait soin de Marco pour elle. Elle lui sourit et embrassa doucement sa joue pour le remercier. Ça avait mis du temps, mais ils avaient fini par s'accepter l'un l'autre. Elle resta longuement dans les bras de son Père, qui faisait attention à ne pas l'écraser. Puis, elle se tourna vers Marco, qui attendait patiemment qu'elle vienne à lui, ce qu'elle fit sans attendre plus longtemps.
« Tu feras attention, s'inquiéta-t-il en lui tendant son sac.
- Je te le promets, souffla-t-elle en laissant tomber sa besace pour pouvoir l'enlacer.
- Tu appelles, continua-t-il.
- Tous les jours, affirma-t-elle.
- Tu feras attention », insista-t-il.
Surprise qu'il se répète, elle le dévisagea. Remarquant qu'il fixait un point précis derrière elle, elle suivit son regard et aperçut Akihide. Elle sourit, amusée par cette jalousie. Puis, se rendant compte des sentiments douloureux qu'il pouvait ressentir à la voir partir loin de lui avec une personne qu'il n'appréciait pas, elle redevint sérieuse, cherchant un moyen pour lui faire comprendre qu'il n'avait pas de raison de s'inquiéter.
Soudainement, elle se baissa vers son sac et farfouilla dedans, pour en ressortir un petit sac cartonné qu'elle lui tendit dans la seconde. Étonné, il s'en saisit et sourit en caressant du bout des doigts la dentelle rouge qu'il avait achetée la veille.
« Garde-les pour moi. Je ne les porterai que pour toi, déclara-t-elle en agrippant son éternelle chemise mauve.
- J'ai hâte de les revoir à nouveau, murmura-t-il en se penchant vers elle, oublieux des spectateurs qui les entouraient.
- Je t'appartiens », souffla-t-elle en capturant ses lèvres.
Marco sentit une vague de chaleur le balayer. Il se retint d'approfondir cette étreinte ou bien de l'entraîner sur le champ dans sa cabine. Elle soupira en se détachant de lui et se détourna de lui. Elle se plaça entre son oncle et Akihide, ignorant les regards stupéfaits des soldats et du Senrigan face à la venue d'un étranger. Sohalia embrassa du regard Marco, le fixant jusqu'à ce qu'il disparaisse.
S&S
Sohalia sentit ses pieds toucher le sol et entendit immédiatement des cris retentir autour d'elle. Elle ouvrit les yeux et tomba nez à nez avec Mizuki qui la serra dans ses bras avant de faire de même avec Hachiro, pour ensuite se tourner vers Akihide. Elle resta figée un instant avant de se tourner vers la jeune femme, interrogatrice. Sohalia soupira en percevant les lamentations de toutes les lignées qui entouraient la table en métal où reposait le corps d'Emi. La jeune femme, lasse d'avance, les ignora et demanda à Mizuki où se trouvait Maiya.
La Shizen ne prêta pas attention aux Kasai qui lui demandaient des explications sur la mort de la reine et sur cet intrus, et fila en direction des appartements royaux, très vite suivie par son oncle. Akihide les regarda partir se disant qu'il ne devait pas s'imposer dans cette réunion familiale douloureuse. Il se détourna et tomba sur les membres des lignées qui le dévisageaient. Certains étaient apeurés, d'autres méfiants, ou bien encore furieux. Il changea rapidement d'avis, pensant que s'il ne prenait pas la fuite tout de suite, il se ferait sûrement décapité. Il rejoignit sa famille adoptive sans perdre une seconde supplémentaire, sentant les regards lourds de sens sur lui.
M&S
Sohalia pénétra dans les appartements royaux, n'ayant qu'une idée en tête : sa cousine. Elle n'osait imaginer sa douleur, ni même la terreur qu'elle devait ressentir. Elle était restée seule sans nouvelle de personne. Et lorsqu'elle en avait enfin, on lui apprenait que sa mère était morte.
Ume apparut dans son champ de vision et elle se stoppa. Elle grimaça face à la révérence que venait de lui faire sa dame de compagnie, ainsi qu'Hachiro avant de rester bloquée face à Akihide.
« Votre Majesté… souffla-t-elle, confuse.
- Je t'expliquerai plus tard… Maiya ?
- Elle n'a pas bougé de sa chambre depuis qu'on lui a annoncé. J'ai essayé de la convaincre de manger, mais elle n'a rien voulu savoir… Elle n'a pas parlé depuis… Et, je doute qu'elle dorme… raconta-t-elle n'osant croiser le regard du Mentaru.
- Merci, Ume… Je vais aller la voir… Tu peux préparer du thé pour mon oncle, Akihide, Maiya et moi-même ?
- Bien sûr, Votre Majesté. Je vous présente mes plus sincères condoléances… » ajouta-t-elle après un temps d'hésitation.
La jeune femme la remercia d'un signe de tête et ouvrit la porte de la chambre de sa cousine. Elle fut tout d'abord surprise par la noirceur qui y régnait. Ses yeux mirent un certains temps à s'acclimater à cette soudaine obscurité. Elle entendit de légers reniflements et suivit les sons pour s'asseoir sur le lit. Elle sentit plus qu'elle ne vit Maiya bouger pour venir se jeter dans ses bras. Dès que la commandante de la quatrième division referma ses bras autour de son corps, elle éclata en sanglot.
E&S
Sohalia soupira en sortant de la chambre de Maiya. Elle ne savait pas combien de temps sa cousine avait pleuré contre elle, mais cela lui avait parut durer une éternité. Du coin de l'œil, elle aperçut Hachiro se levait dès qu'il la vit. Elle lui fit un signe de tête, lui permettant l'accès à la chambre de sa fille. Il attrapa l'ours en peluche, inspira profondément et referma la porte derrière lui.
La Shizen entendit clairement les pleurs reprendre, plus férocement encore. Elle se laissa tomber à côté du prince déchu, tandis qu'Ume s'empressait de lui servir une tasse de thé bien chaude. La blonde la remercia d'un sourire et resta silencieuse quelques instants, appréciant les bienfaits de la boisson. Elle se redressa et dévisagea le nouveau membre de la famille, quelque peu inquiète pour lui.
« Ume ? l'interpella-t-elle.
- Oui, Votre Majesté ? répondit-elle immédiatement.
- Quoiqu'il arrive, tu ne laisses pas Akihide seul, et tu ne permets à personne, à l'exception de la famille Shizen, de s'approcher de lui.
- Bien, mais puis-je vous demander la raison ? Est-ce à cause de Jef ? demanda-t-elle doucement, s'interrogeant sur le fait d'appeler des soldats pour protéger l'inconnu.
- Non. J'en doute. Je pense que les lignées du Conseil ont compris qu'il vient du Dehors et vont sûrement essayer d'attenter à sa vie, répondit la pirate en se levant du canapé. Bien, je vous laisse. Je dois régler les détails pour l'enterrement d'Emi. Ume, je compte sur toi, ajouta-t-elle en ouvrant la porte.
- Mais… » s'exclama la dame de compagnie, horrifiée par cette révélation.
Sohalia avait déjà refermé la porte, les abandonnant tous les deux dans un silence des plus gênants. Ume se retourna vers l'intrus, encore plus épouvantée de l'avoir pour seule compagnie. Akihide soupira, se disant que ça allait être compliqué pour la Shizen de le faire accepter sur cette île…
E&S
Il faisait nuit noir sur l'île, la Lune étant masquée par d'épais nuage. Les lumières des rues avaient été éteintes tout comme celles du palais. Pourtant on pouvait voir une procession descendre du château entre deux raies de lumière. Un chemin de bougie avait été placé à partir de l'ancienne demeure de la reine Emi jusqu'à la chapelle, puis jusqu'à sa dernière et éternelle demeure.
En tête de cortège se trouvait le cercueil ouvert où l'ancienne reine reposait, vêtue d'une longue robe blanche, le visage serein. Sohalia avait grimacé en la voyant ainsi, puis avait tiqué en remarquant la tenue. Emi n'aimait pas porter des tenues blanches, trouvant que ça faisait ressortir les formes qu'elle avait gardées de sa grossesse. La commandante se trouvait juste derrière, seule. Un peu derrière elle, Hachiro et Maiya marchaient l'un à côté de l'autre. Cette dernière tenait dans ses bras l'ourson en peluche que lui avait offert son père.
La végétation avait repris de nouveau ses droits sur l'île, envahissant tout. La cérémonie pénétra dans la chapelle. Sohalia perçut les pleurs et les lamentations qu'elle avait pu entendre sur le trajet s'intensifier quand les habitants de l'île, déjà présent dans le lieu sacré, virent le cercueil. La Shizen s'installa au premier rang, très vite imitée par son oncle et sa cousine. Elle avait préféré qu'Ume reste avec Akihide dans les appartements privés de la famille Shizen.
La sage des prêtresses apparut derrière le cercueil et se mit à chanter douloureusement. Sohalia ne comprenait pas les paroles, mais elle n'avait aucun mal à ressentir l'aura de tristesse qui se dégageait de chacun des mots prononcés. Alors que la vieille femme faisait taire lentement sa voix, la végétation se retira doucement à son tour tandis que les bougies perdaient peu à peu de leur éclat. Bien vite, le silence s'installa et personne n'osa le troubler. Les plantes avaient complètement disparues et il ne restait que quelques bougies qui brillaient encore. Un léger vent s'engouffra dans la chapelle et éteignit les dernières qui étaient restés allumées.
L'île était entièrement plongée dans le noir, alors, Sohalia s'autorisa à fermer à son tour ses yeux. Elle entendit les reniflements d'inconnus qui pleuraient sa tante. Elle sentit les épaules d'Hachiro s'agiter pendant qu'il pleurait en silence. Un peu plus loin, elle perçut clairement les sanglots discrets de Maiya. Elle déglutit, résistant à son envie de suivre sa cousine.
Une ère prenait fin. Une nouvelle ère commençait. Une ère où elle serait l'une des principales actrices. Si une ère se terminait sur cette île, le monde du Dehors n'allait pas tarder à vivre, lui aussi, de grands chamboulements. Une boule naquit dans sa gorge et, impuissante face à l'avenir qui lui était réservé, face à la perte de cette présence maternelle, elle laissa échapper une seule et unique larme, qui resta caché aux yeux de tous. A l'abri… Dans les ténèbres… Dans un souffle étranglé, elle murmura à l'adresse de sa tante, mais aussi à cette vie qui prenait fin :
« Adieu… »
Mis en ligne le 27/11/2017.
Edit : 03/06/2020
