Lecteurs/Suivis/Favoris : Merci d'être de plus en plus nombreux ! :)


Disclamer : Certains OC proviennent de mon imagination ! Le reste de l'univers revient à Monsieur Oda !


Réponse aux reviews

DL : Tout d'abord, merci de ta review qui a étiré un immense sourire sur mon visage. Je suis ravie de retrouver de vieux lecteurs. :)Deux jours ? Tu as dormi au moins ? x) Voici la suite. Histoire de bien commencer la semaine :) Si je les fais tant souffrir, c'est parce que je les aime *.* Et tu n'as encore rien vu :p Alors, pour tes suppositions, tu devrais avoir ta réponse dans le chapitre 39... A moins que ça soit le chapitre 40 x) Je sais plus à l'heure actuelle !

Bref, bonne lecture du chapitre 38.

Merci !


« Rien ne dure en ce bas monde… Pas même la souffrance » - Charles CHAPLIN

Sohalia se tenait devant son immense fenêtre qui donnait sur le balcon qui surplombait la ville. Le ciel était si sombre, qu'on n'apercevait pas une seule étoile, ni même la Lune cette nuit-là. Malgré les battants clos, elle entendait la musique qui retentissait partout dans la capitale. Les habitants fêtaient encore son mariage qui avait eu lieu quelques heures plus tôt.

Tout avait été très rapide et simple. Elle avait accepté les conditions du Conseil, mais imposée celle-ci à son tour : le mariage devait avoir lieu le soir même. Pas qu'elle était particulièrement pressée de s'unir à Akihide, mais elle ne voulait pas retarder son retour auprès de son père, de ses frères et de Marco, bien qu'elle doutait qu'il accepte encore de la voir.

A dire vrai, elle n'avait pas prêté attention à sa robe, à la tenue d'Akihide, à la cérémonie, aux décorations, au repas, ni aux festivités. Elle avait agit tel un automate afin que cela soit moins douloureux pour elle. Tout ce qu'elle avait remarqué, c'était la joie des habitants face à cette bonne nouvelle. Un nouveau souffle de vie régnait après tant de mauvaises nouvelles.

La porte de sa chambre s'ouvrit après un léger coup et laissa apparaître Akihide. C'était dorénavant sa chambre à lui aussi. Instinctivement, elle resserra les pans de son peignoir de soie blanc afin de dissimuler son corps que dévoilait légèrement sa longue nuisette tout aussi blanche et douce.

Le jeune marié resta un moment à la détailler, mais voyant qu'elle était décidée à ne pas se retourner vers lui, il se dirigea vers la salle-de-bains et troqua son costume pour un simple t-shirt noir et un bermuda de jogging de la même couleur. Normalement, il dormait en caleçon, mais il doutait que ça soit la bonne chose à faire.

En revenant dans la chambre, le prince déchu vit qu'elle n'avait pas bougé. Il se glissa sous les draps et attendit quelques minutes qu'elle se décide à le rejoindre. Dans un soupir, il se rassit et dévisagea son dos, essayant d'ignorer les souvenirs de l'intimité qu'ils avaient partagé ensemble où il avait eu l'occasion de la voir entièrement nue.

« Sohalia ? Viens te reposer, s'il te plaît. Tu en as besoin », dit-il doucement en tendant une main vers elle.

La jeune femme se retourna vers lui et détailla cette main tendue. Avoir épousé Akihide était déjà une grave trahison envers Marco, mais dormir avec lui… C'était encore pire. Elle se mordit la lèvre inférieure en tentant de refouler les larmes qui affluaient à nouveau dans ses yeux à la pensée du magnifique phénix.

« Sohalia, je te promets de ne rien faire d'étrange. Je serai sage. Je sais bien que ton cœur, tout comme ton corps, ne seront jamais miens. Tu m'as sauvé la vie au détriment de ton couple. Tu t'es sacrifié pour moi. Je ne t'en demanderai pas plus », déclara-t-il.

La commandante de la quatrième division le scruta longuement, essayant de savoir s'il était véritablement sincère. Malgré l'obscurité de la pièce, elle fut satisfaite de ce qu'elle lut dans ses prunelles et vint se glisser à ses côtés.

La Shizen ne put empêcher les souvenirs de la nuit qu'elle avait passé à l'auberge en compagnie du phénix de lui revenir en mémoire. Pour la première fois, elle maudit son sang. Elle maudit le fait d'être une Shizen, d'avoir été élevée dans les valeurs de la famille. Elle voulait tant être égoïste et tout abandonner pour se jeter dans les bras du commandant de la première division.

Akihide l'enlaça et cacha son visage ravagé par les larmes dans son cou. Il la berça, essayant de la calmer.

« Pleurs, Sohalia. Évacue tout ça. Sois sûre d'une chose : Rien ne dure en ce bas monde… Pas même nos souffrances. Tout comme il ne peut y avoir d'arc-en-ciel sans pluie, il ne peut y avoir de bonheur sans souffrance. »

Akihide l'enserra plus fortement contre lui, espérant l'aider un tant soit peu. Jamais il ne pourrait payer la dette qu'il avait envers elle.

S&N

Nouveau monde, île inconnue, quatre jours plus tard.

Assise à son bureau, la Shizen observa les piles de dossiers et rapports qui avaient envahis son bureau. La jeune femme avait, certes, été formée à gérer un groupe d'individus, mais jamais à une si grande échelle. Elle ne savait pas par où commencer… La sécurité ? La politique ? La situation étrangère ? L'économie ? L'éducation ? Elle laissa tomber sa tête sur le bois, épuisée.

« Votre Majesté ? l'appela doucement Ume.

- Hum ?

- Le sage des Senrigan veut vous entretenir d'une affaire urgente, expliqua-t-elle en la regardant soucieuse.

- Fais-le entrer. »

Le vieil homme apparut et Sohalia rapprocha un fauteuil en face de son bureau avec l'aide de son pouvoir. Nostradamus déposa d'épais dossiers qui vinrent s'ajouter à ceux qui prenaient déjà la poussière, faisant grimacer la jeune reine et sourire le Senrigan.

« Qu'est-ce donc ?

- Les dossiers confidentiels des personnes qui sont actuellement les plus puissantes dans le monde du Dehors.

- On a vraiment ce genre d'information ? questionna-t-elle surprise en se saisissant du premier.

- Bien entendu. J'étais, certes, banni de l'île, mais l'autre crétin m'avait donné pour mission de lui fournir toutes les données que je pouvais recueillir. En voyant la taille de ce genre d'archive, on se rend compte que ce n'est pas une chose rare et que pratiquement tous nos défunts souverains ont fait ces dossiers.

- Comment s'y prenaient-ils ? Je doute qu'ils bannissaient tout le temps des familles pour qu'ils leur fournissent tous ces documents.

- Nous avons une famille où les membres sont des espions, répondit-il avec un léger sourire.

- Sérieux ? s'exclama-t-elle, étonnée de ne découvrir ce renseignement que maintenant.

- Oui. Seuls les dirigeants sont au courant de ces investigations, ainsi que les sages des lignées du Conseil. Toutefois, seulement le dirigeant est autorisé à lire les rapports.

- Pourtant n'importe qui pourrait les lire, souligna-t-elle en ouvrant le dossier sur son père.

- Non. La famille d'espions code les données afin qu'uniquement le dirigeant, et ceux qu'il autorise, puisse les lire. »

Sohalia sourit en comprenant. Elle feuilleta les dossiers, lisant les noms des concernés. Elle caressa inconsciemment le nom du phénix lorsqu'elle tomba sur ses informations, ce qui n'échappa au vieil homme.

« Pourtant, tu connais une grande partie de ces documents, n'est-ce pas ? dit-elle avec un petit sourire complice, oubliant les formalités.

- Oui, mais comme j'ai été réintégré depuis peu, je ne connais pas les derniers éléments ajoutés », répondit-il avec un rictus reconnaissant.

La jeune reine prit le dossier de Monkey D. Luffy, qui avait été mis à jour récemment, et lui tendit.

« Je vous autorise à consulter ces documents », déclara-t-elle.

Le vieil homme sourit en le prenant et se plongea dedans, semblant ravi du geste de la Shizen. La jeune femme prit une pochette qui s'intitulait « Les Minks ». Ne connaissant cette civilisation que de nom, elle fut immédiatement curieuse. Elle écarquilla les yeux en apprenant que les dirigeants actuels du pays étaient d'anciens membres d'équipage de Gol D. Roger, et de proches amis du pays de Wano. Elle sourit en arrivant à la fin des papiers et se saisit de celui du pays des samouraïs.

Quelques heures plus tard, Ume les interrompit pour leur apporter du thé et ressortit immédiatement en les voyant si concentrés par leur travail. La connaissance était une force que tous dirigeants devraient posséder, pensa Sohalia en prenant une tasse. Cela pouvait s'avérer être très pratique de savoir que telles personnes se détestent, que certaines sont indignes de confiance… Elle porta le liquide chaud à ses lèvres et le recracha immédiatement en reposant brutalement sa collation.

« Vinsmoke Sanji ?! s'écria-t-elle en relevant la tête vers Nostradamus.

- Ah… Oui… J'ai aussi été très surpris de voir cela. Une telle pointure dans un équipage pareil… Cela a de quoi surprendre… Je suis celui qui a découvert ce fait… Apparemment, Sanji est l'un des fils de Judge Vinsmoke, roi de Germa 66.

- Qu'est-ce qu'il fout chez des pirates ?!

- Apparemment, les enfants royaux ont été scientifiquement modifiés pour être plus forts, plus endurants et moins sensibles. L'aînée, une jeune fille dont le nom m'échappe, a subi ces changements après sa naissance. Pour les quatre autres garçons, dont Sanji fait parti, cela s'est fait pendant la grossesse. Leur mère, ne voulant pas qu'ils deviennent insensibles, a pris une drogue pour annuler ces effets, mais cela l'a grandement fragilisé. Pauvre femme… Elle est morte alors que ce jeune blond était encore très jeune. Seul Sanji est né « normal ». A la plus grande déception de son père, qui a enfermé l'enfant durant de longs mois, le faisant passer pour mort. On ne sait comment il s'est échappé, mais il est apparu sur East Blue avec l'ancien pirate Zeff. Et vous connaissez la suite…

- Il n'a pas eu une vie facile… souffla-t-elle en détaillant sa photo. Mais, maintenant qu'il est connu, bien que la photo de son avis de recherche ne lui ressemble pas, il n'y a pas de risque que le Germa 66 vienne le chercher ?

- Si… C'est déjà en cours à vrai dire… Le Germa 66 siège à Rêverie et a fait pression pour que Sanji soit capturé vivant, puis remit à sa famille.

- Quand ça va exploser… Cela va faire bien des remous… » murmura-t-elle en fermant le dossier.

Le plus dur était de savoir toutes ces choses, mais de ne rien pouvoir faire. Cela était interdit. Ils ne devaient se mêler des affaires du Dehors que si, et seulement si, cela pouvait les aider ou s'ils étaient en danger.

« Trafalgar D. Water Law ? répéta-t-elle perplexe.

- Oui… L'histoire de ce petit n'est pas rose non plus… Le Gouvernement Mondial a détruit son île, puis il a embarqué dans l'équipage de Doflamingo. Les détails ne sont pas encore très bien connus à cause de la puissance de Doflamingo… On sait qu'il a été très proche du frère du shichibukai, Corazon…

- Doflamingo a un frère ?!

- Plus maintenant… Bref, on sait que c'est Corazon qui lui a donné son fruit du démon. Peu de temps après, Doflamingo aurait tué son frère, car il travaillait avec le Gouvernement Mondial pour le stopper.

- Bordel… Je savais que c'était une ordure, mais à ce point…

- On sait que Law travaille toujours pour le flamant rose. Il espère pouvoir un jour venger Corazon. »

Sohalia fixa l'avis de recherche du jeune pirate, essayant de se souvenir de lui sur la réplique du Moby Dick. Elle secoua la tête et se saisit du dossier sur Shanks. C'était un des ennemis de son père après tout, et un des Empereurs les plus mystérieux.

« Shanks… Il était un matelot sur le navire de Roger… murmura-t-elle, ébahie. Alors… ?

- Oui, il sait tout, confirma le vieil homme.

- Il cache bien son jeu celui-là ! » grommela-t-elle, comprenant mieux les regards appuyés de sa grand-mère et de sa tante sur lui et les coups d'œil qu'il lui jetait parfois.

Gold Roger… Gol D. Roger… Le roi des pirates… L'homme haït, craint, respecté, admiré par la plupart des personnes de cette ère.

« Portgas D. Rouge ? lut-elle à voix haute, associant ce nom à son frère, Ace.

- Oui, elle était très belle. Elle possédait un caractère incroyable. Elle a défié les lois de la nature pour que son fils voie le jour en toute sécurité. Cela l'a tué, mais elle a eu le temps de le prendre dans ses bras et de lui donner un nom.

- Ace… Le commandant de la seconde division de Barbe Blanche… La flammèche… C'est le fils de… Ô bordel ! bêla-t-elle, la voix tremblante.

- Oui. Je pensais que vous le saviez…

- Non ! Et… Père… Enfin, Barbe Blanche… Il est au courant ?

- Bien sûr ! Le second doit l'être aussi… Le Gouvernement Mondial, du moins les hauts dirigeants, doivent aussi connaître la vérité.

- Ô mon Dieu ! s'écria-t-elle en mettant sa main devant sa bouche. J'ai insulté le fils de Roger ! ajouta-t-elle faisant rire le vieil homme.

- Je suis sûr qu'il y avait une bonne raison de le faire. Barbe Blanche est aussi au courant de ce que signifie le fameux « D. » dans le nom de certaines personnes, de la position de Laugh Tale, de notre histoire, expliqua-t-il en lui faisant un clin d'œil pour lui faire comprendre qu'il savait qu'elle était celle qui avait renseigné l'homme le plus puissant du monde. Mais aussi de la décision de Roger de se rendre… Du moins, il a dû comprendre sa décision de se rendre. Le roi des pirates était malade. Il a dissout son équipage et s'est livré à la marine. Il a négocié la liberté de ses compagnons, la sécurité de son fils – bien qu'il n'en ait parlé qu'à Monkey D. Garp, et son exécution public lui a permis de faire naître cette grande ère de la piraterie et donc…

- La course à la vérité… » termina Sohalia en dévisageant le visage de cet homme si… incroyable.

Tout à coup, elle fronça les sourcils en saisissant une photo d'un jeune Roger avec un chapeau de paille, puis fouilla dans le tas de documents pour prendre une autre image de Shanks avec quelques années en moins arborant fièrement le même couvre-chef… Comme si de rien était, Nostradamus fit glisser vers elle un cliché de Luffy…

Qu'est-ce que… ? Qu'est-ce que c'était censé vouloir dire ? Pourquoi avoir transmis ce chapeau ?! A croire que Roger avait vu quelque chose de spécial en Shanks, ce qu'elle comprenait parfaitement. Le Roux aurait-il vu quelque chose en le jeune pirate ?!

« Personnellement, je parie sur lui, déclara innocemment le vieil homme.

- Mais… C'est un abruti ! » s'exclama-t-elle en se souvenant de toutes les conneries qu'il avait pu provoquer depuis qu'il avait rejoint l'alliance.

Nostradamus s'esclaffa, tandis que Sohalia faisait glisser ses yeux sur les trois photographies, n'en revenant toujours pas.

S&A

Deux jours plus tard.

Dans la salle à manger des appartements privés de la famille royale Shizen, le silence planait. On n'entendait que le bruit des couverts résonner. Hachiro ruminait toujours sur le mariage de sa nièce et du fils adoptif de sa belle-mère. Maiya mangeait tel un automate, le regard perdu dans le vide. Sohalia picorait dans son assiette et analysait les rapports que lui avait fournis le Conseil des lignées. Akihide, lui, essayait de faire comme s'il n'était pas mal-à-l'aise.

Le prince déchu observait discrètement sa « femme », perdu dans ses pensées, jouant du bout de sa fourchette avec son morceau de viande. Sohalia le préoccupait. Se sentant redevable pour ce qu'elle faisait pour lui, il avait pris pour habitude de veiller sur elle. Malheureusement, il ne savait quoi faire pour faire taire sa culpabilité, sa tristesse.

Akihide avait remarqué que Sohalia se couchait bien après lui, mais était toujours levée avant lui. Elle passait son temps avec Nostradamus, Maiya et les lignées du Conseil. Quand elle n'était pas dans son bureau, ni dans la salle du Conseil, qui lui était interdite pour des raisons évidentes, elle s'entraînait avec un certain Sensei.

Le jeune homme ne pouvait s'empêcher de s'inquiéter que son corps lâche, en voyant à quel point elle pouvait forcer en ce moment. Il avait également surpris les coups d'œil soucieux d'Ume. Étant donné qu'il passait la majeure partie de son temps avec la dame de compagnie de la reine, ils en avaient discuté et s'étaient mis d'accord pour veiller sur elle. Ume avait donc augmenté le nombre de collation et lui faisait prendre des vitamines, et s'assurait que la Shizen se soigne après une blessure.

Akihide se sentait impuissant. Il n'osait pas approcher la commandante. Dès qu'il lui parlait, il la voyait se tendre… Il soupira, s'attirant un coup d'œil rageur d'Hachiro et curieux d'Ume, à qui il sourit pour la rassurer. Il appréciait la loyauté de la jeune femme envers Sohalia.

La dame de compagnie lui avait demandé, plus tôt dans la journée, s'il ressentait quelque chose envers la reine. Il l'avait fixé, sans rien répondre. Face à son silence, Ume s'était excusée avec empressement en rougissant. Il n'avait rien dit… L'aimait-elle ?

Akihide reprit son observation de Sohalia. Il ne pouvait nier, surtout lorsqu'on connaissait leur passé, qu'elle était belle, attirante, mais plate. Elle avait du caractère, peut-être trop... Elle était intelligente, et parfois stupide. Elle savait s'adapter à pratiquement toutes les situations. Elle était douce, passionnée, gentille. Elle savait se montrer dure et froide. Bref, Sohalia Shizen était à l'image des personnes qui l'avait élevé : complexe et diversifiée.

Mais non. Il ne l'aimait pas. Il ne dirait pas non à être intime avec elle, mais il ne l'aimait pas. Pas comme le commandant de la première division de Barbe Blanche. Il l'aimait comme une amie, tout simplement.

S&E

Il faisait nuit noir. Le bureau de la reine n'était éclairée que par des bougies, donnant un aspect bien mystérieux à la pièce privée. Sohalia y était assise, la plume en l'air, les lèvres pincées et ses yeux sur l'escargophone. Elle avait envie de téléphoner au Moby Dick, d'entendre les voix de ses frères, de son Père, de Marco – bien que ce dernier refuserait sûrement d'entendre sa voix. Pourtant, elle hésitait… Elle avait peur de tomber sur le phénix. Rien qu'à cette pensée, son ventre se tortillait dans tous les sens, effrayée de ce qui pourrait se passer. Cependant, elle ne pourrait se cacher éternellement… Décidée, elle tendit la main vers l'escargot endormi.

Soudain, il ouvrit les yeux et se mit à brailler dans le silence de l'obscurité. La jeune femme sursauta et mit son poing dans sa bouche pour éviter de crier et inquiéter les gardes, qui étaient postés derrière la porte. Elle fixa l'engin suspicieusement et décrocha après quelques secondes d'hésitation.

« Moshi, Moshi ? Commandante ? s'inquiéta Ritsu de ne rien entendre de son côté.

- Ritsu… souffla-t-elle de soulagement en posant une main sur son cœur dans un geste futile pour calmer sa galopade.

- Ça va ? insista-t-elle et l'escargot prit un air un peu plus soucieux.

- Oui, oui. La sonnerie m'a surprise, c'est tout.

- Pardon. C'est vrai qu'il est tard. Contente que tu ne dormes pas !

- Ravie que mes insomnies servent à quelqu'un, railla-t-elle en reprenant un papier sur une taxe dont elle ne voyait pas l'intérêt.

- Tu travailles encore à trois heures du matin ? questionna la pirate de la quatrième.

- Oui, on a eu une réunion tardive. On est sur le point de savoir qui a donné à Jef cette maudite sphère… Et vous ? Vous en êtes où ? expliqua-t-elle en refusant la taxe avec de grands gestes.

- Justement… On devrait accoster avant l'aube sur la nouvelle île… On se demandait quand tu allais rentrer… »

La Shizen redressa la tête, étonnée de la rapidité du voyage.

« Déjà ?

- Oui. On t'attend à l'aube ? questionna joyeusement la tigresse.

- Je suis désolée, mais je pourrais être là qu'en fin de journée, grogna-t-elle en délaissant sa plume pour masser ses tempes.

- Oh… Tu ne peux pas déléguer ? insista gentiment l'ancienne petite-amie de Satch.

- Non… Demain matin, il y a l'enterrement de Leïko, ma grand-mère… Je tiens à lui rendre un dernier hommage, murmura-t-elle en perdant ses yeux marrons dans la contemplation de la nuit. Et, normalement, en milieu d'après-midi, on devrait connaître l'identité du vendeur de la sphère… J'aimerai connaître tous les détails moi-même à la place de les lire sur un rapport », grommela-t-elle en toisant les dits papiers qui s'éparpillaient partout sur son bureau.

Sohalia devait aussi entraîner son nouveau pouvoir dont elle était sur le point de contrôler pleinement. Cependant, elle n'en dit rien et garda cette information pour elle.

« Nous comprenons, ma fille, intervint Barbe Blanche, faisant sursauter la blonde. Ritsu, laisse-nous, demanda-t-il.

- Oui, père ! A demain soir, commandante ! s'écria-t-elle, déjà loin.

- Sohalia… soupira-t-il, et la Shizen déglutit.

- Père ?

- Nous avons reçu tes lettres… commença-t-il de sa voix grave et la jeune femme garda le silence, les larmes yeux. Les pirates sont des êtres égoïstes. Ils prennent ce qu'ils veulent, sans se soucier des conséquences. Nous sommes des êtres libres, sermonna-t-il, lui faisant comprendre qu'il n'était pas ravi de sa décision.

- Je ne fais que suivre les enseignements que m'a inculqué mon père », souffla-t-elle après s'être assurée que sa voix ne se briserait pas, même si elle trembla.

Un soupir lui répondit et elle sentit que, même s'il n'était pas d'accord avec son choix, il la soutiendrait, comme le père qu'il était pour elle.

« Marco refuse que je lui raconte ce que tu m'as autorisé à lui dire, annonça-t-il en sachant qu'il devait faire attention à ce qu'il disait sur ce sujet pour ne pas attirer d'ennui à sa fille. Il veut que ce soit toi qui lui explique tout, face à face. »

Sohalia acquiesça, comprenant la requête du phénix qui était légitime et normal. Elle pleura en silence, oubliant que le den-den mushi retransmettait son expression.

« Comment… Comment va-t-il ? demanda-t-elle après s'être calmée.

- Ne t'inquiète pas. Ses frères sont là pour lui et lui change les idées. Je m'inquiète plus pour toi qui te trouve seule et loin de nous, avoua-t-il en réussissant à lui tirer un sourire tendre.

- Mes journées sont si chargées que je n'ai guère le temps de penser… Les nuits sont… longues. Être bercé par la houle me manque », confessa-t-elle avec un sourire triste.

M&E

Barbe Blanche salua sa fille avant de raccrocher et d'avaler une grande gorgée de saké. Son regard glissa sur Marco qui se tenait dans un coin de la pièce, caché dans l'obscurité. Ritsu ne l'avait pas remarqué. Son fils aîné était adossé nonchalamment contre le mur de la cabine de son père. Sa chemise mauve était ouverte sur son torse, montrant ainsi fièrement son appartenance.

Marco s'approcha de son père en lui tendant une bouteille neuve d'alcool et quitta la pièce le visage fermé. Il était de garde cette nuit et devait s'assurer qu'ils accostent en toute sécurité. Barbe Blanche fixa la porte close, puis le den-den mushi. Il prit une nouvelle gorgée, en espérant que la situation change rapidement et dans la meilleure direction possible.

M&S

Marco se dirigea vers la barre et releva son second, qui fut bien ravi d'aller dîner. Le phénix s'assura que son subordonné n'avait pas dévié de cap, puis observa les alentours. Le commandant ne savait quoi penser, ni comment réagir. La seule chose qu'il savait c'est qu'il n'allait pas la laisser s'enfuir. Si elle voulait qu'il connaisse toute la vérité, elle devrait lui dire elle-même, et hors de question que cela se fasse par den-den-mushi.

Marco avait passé une semaine à chier. Il avait hâte d'aller taper sur des marines. La décision de Sohalia continuait de l'énerver, faisant bouillir son sang. Ses frères étaient tous au courant, mais personne n'était venu lui en parler, respectant son silence. Ace avait été le seul à lui demander de lire la lettre. Il avait bien vu la colère faire briller les yeux sombres du commandant de la seconde division, mais il n'avait rien dit et avait laissé le phénix seul.

Un soupir lui échappa en se rappelant la rage qui l'avait envahi quelques minutes auparavant en entendant la Shizen leur dire qu'elle ne rentrerait pas à temps. Elle lui avait pourtant promis ! Durant quelques secondes de folie, il avait pensé qu'elle préférait prendre son pied avec son mari que de venir combattre à leur côté.

Dès qu'il avait entendu parler de l'enterrement de Leïko, l'inquiétude avait remplacé toutes ses mauvaises pensées. Il avait été heureux que père lui demande si ça allait. Certes, il était toujours inquiet de savoir qu'elle dormait peu et que son moral n'était pas au beau fixe. Il n'attendait qu'une chose : la voir, lui parler. La toucher, s'immisça son mauvais côté. Il grogna contre ses envies. Malgré tout ce bordel… Elle lui manquait.


Mis en ligne le 11/12/2017.

EDIT : 07/06/2020