Lecteurs/Suivis/Favoris : Merci d'être de plus en plus nombreux ! :)


Disclamer : Certains OC proviennent de mon imagination ! Le reste de l'univers revient à Monsieur Oda !


Kyuka Island, le lendemain en fin d'après-midi.

Sohalia sentit ses pieds toucher le sol et la sensation d'étouffement disparut aussitôt. Un frisson l'agita et elle resserra sa prise sur la sangle de son sac à dos. Bien vite, elle perçut les bruits de bataille résonner autour d'elle. La jeune femme ouvrit rapidement les yeux et se mit à couvert derrière un tronc d'arbre afin d'analyser la situation.

Devant elle, l'alliance des pirates et révolutionnaires faisait face à une horde de marine qui, au vu de l'essoufflement général, n'avait pas de fin. Ses yeux furent attirés par un chapeau de paille. Elle observa le jeune capitaine vaincre ses opposants, un immense sourire accroché à ses lèvres. En le voyant combattre si joyeusement, elle ne put s'empêcher de sourire à son tour. La Shizen le vit se redresser et aviser un groupe assez important de soldats. Il étira alors sa jambe, cria et la lança vers les marine, emportant aussi Zoro et Sanji dans la manœuvre. La commandante pouffa doucement alors que l'escrimeur et le cuisinier menaçaient de tuer leur capitaine, qui s'excusait de son erreur en riant, mais ne semblait pas du tout désolé.

Soudainement, l'arbre à côté d'elle s'enflamma et un marine s'effondra, mort brûlé. Sohalia aperçut alors le commandant de la seconde division terrasser ses ennemis à l'aide de son logia, prenant garde à ne pas toucher ses frères et ses alliés dans sa tâche. Un coup de feu retentit et quelques secondes plus tard, le fils de Roger s'agenouilla au sol en se tenant l'épaule dont commençait à perler du sang.

La Shizen réagit rapidement et se précipita vers lui, tuant le coupable quand elle passa à ses côtés. Certains de ses frères la remarquèrent, mais ils avaient bien trop à faire que d'aller la saluer. Elle s'accroupit devant Poings Ardents et l'aida à se mettre à couvert. La jeune femme voulut voir la gravité de la blessure, mais elle dut esquiver une épée.

Une branche s'agita et s'abattit violemment sur le marine, le coupant en deux au niveau de la taille. La blonde détailla le groupe de possédés qui leur faisaient face, puis Ace. Elle soupira et attrapa le brun pour l'aider à se relever pour opérer une retraite stratégique dans la forêt. Elle ne pouvait se battre et protéger le jeune homme en même temps. C'était bien trop risqué. L'un ou l'autre pourrait être gravement blessé.

S&A

Essoufflée, Sohalia se laissa tomber au sol à côté de Portgas qui grognait de douleur. La jeune femme s'assura qu'ils n'étaient plus poursuivis, avant de dévisager le commandant de la seconde division.

« Qu'est-ce que tu fous là ? Siffla-t-il alors qu'elle essayait de voir la balle.

- Je viens aider ma famille à se débarrasser d'un taré, grommela-t-elle, douchée par sa mauvaise humeur.

- Aide-moi donc à retirer cette maudite chose, grogna-t-il.

- J'y connais rien, Ace. Je ne vois pas où elle est... Le mieux à faire et d'attendre que ça se calme et rejoindre Père. »

Le commandant de la seconde division appuya sa tête contre le tronc de l'arbre, contre lequel il était appuyé, et laissa échapper un râle de douleur. Ils restèrent silencieux durant de longues minutes avant qu'Ace ne la fixe.

« Tu as fait une connerie avec Marco, accusa-t-il froidement, décidé à profiter de ce tête-à-tête forcé pour lui dire ce qu'il pensait.

- Je le sais, merci.

- Mais tu as tout de même épousé ce type, n'est-ce pas ? A croire que tu étais bien contente de te faire sauter par Marco, mais que ce prince a su mieux s'y prendre... dit-il froidement sans prêter attention au regard blessé de la jeune femme. A moins que tu te foutais tout simplement de sa gueule... Ce qui explique pourquoi tu t'en fous de le faire souffrir, ajouta-t-il, sans pitié.

- Va te faire foutre ! cracha-t-elle en se dressant devant lui. Tu crois que je nage dans le bonheur ?! Je ne veux même pas me retrouver devant Marco, car je ne veux pas lire dans ses yeux la déception et la souffrance que j'ai pu lui causer. Ça me bouffe. Je n'arrive plus à dormir. La nourriture ne passe pas. Si je n'occupe pas mon esprit, je ne peux m'empêcher de pleurer. Crois-moi, je regretterai toute ma vie ce choix, mais, au moins, j'ai sauvé une vie. »

Le commandant de la seconde division l'observa. Elle se tenait droite devant lui. Les traits de son visage déformés par la souffrance et l'épuisement. Ses poings étaient férocement fermés. Elle tremblait à cause des sentiments qui la tiraillaient. Elle se mordait la lèvre inférieure pour ne pas éclater en sanglots. Ace soupira et s'apprêtait à s'excuser pour ses paroles très dures, mais il ne put que crier le prénom de la jeune femme.

Une violente douleur lui déchira le dos. Son cri de douleur fut rapidement étouffé par le corps du brun sur lequel elle s'effondra. Elle l'entendit jurer, mais cela lui sembla soudainement loin. Comprenant qu'elle était sur le point de s'évanouir, elle lutta et déclencha ses pouvoirs.

La nature autour d'eux s'éveilla brusquement, les protégeant des marines. Le souffle saccadé, elle se redressa en serrant la mâchoire, faisant grincer ses dents, et aida du mieux qu'elle le put son frère. Lentement, ils s'enfoncèrent entre la végétation qui continuait de s'agiter derrière eux.

S&E

Moby Dick.

Les pirates de Barbe Blanche étaient tous réunis sur la proue du géant des mers, des murmures vifs résonnaient entre les rangs de hors-la-loi. Le capitaine avait une expression contrariée et inquiète sur le visage. A ses côtés, les visages de ses commandants possédaient la même mine. Certains d'entre eux étaient échevelés à cause du récent combat qui avait duré plusieurs heures.

Quelqu'un de ses fils affirmaient avoir vu le jeune Portgas chuter au sol, mais la raison demeurait inconnue, tout comme sa subite disparition. Si Ace avait été blessé par du kairoseki, il avait du se réfugier dans la forêt.

« Marco, préviens Shanks qu'on le laisse s'occuper de la clé avec les Révolutionnaires et les Supernovas. Nous allons contourner l'île pour atteindre la forêt, » ordonna l'homme le plus fort du monde.

Marco se dirigea vers la cabine de son Père lorsque Ritsu s'avança vers leur capitaine. Le phénix la dévisagea, surpris. Elle ne semblait pas être sûre d'elle.

« Oui, ma fille ? Dit l'empereur pour la pousser à parler.

- Je ne suis pas sûre, mais, il me semble avoir vu la commandante Sohalia peu de temps avant qu'Ace ne disparaisse, » expliqua-t-elle prudemment.

Le commandant de la première division se pétrifia en fixant l'ex-petite-amie de Satch. Il perçut alors d'autres de ses frères confirmer les propos de l'ancienne marine. Bien vite, il sentit peser sur lui des regards lourds de sens. Tous étaient maintenant au courant du choix de la Shizen. Le phénix reprit le chemin de la cabine de son père, ignorant ceux qui le dévisageaient.

Le blond s'installa au bureau et inspira longuement, puis expira. Sohalia se trouvait, peut-être, quelque part dans la forêt en compagnie du commandant de la seconde division qui devait être blessé. Il ne pensait pas la revoir avant ce soir, tard dans la nuit, voire même le lendemain matin. Un soupir lui échappa. Il ne savait toujours pas comment réagir quand il se retrouverait face-à-face qui, il en était sûr, serait tendu.

A&S

Kyuka Island, dans la forêt, le lendemain après-midi.

Sohalia grogna une énième fois en essayant d'avancer tout droit. Elle entendit Ace souffler, lui aussi était épuisé et elle était sûre qu'il ne rêvait que de foutre le feu à la végétation qui les entouraient. Certes, la forêt leur avait été plus d'une fois utile pour fuir les marines possédés par Jef, mais à cause de toutes les retraites stratégiques, ils avaient fini par se perdre. Une Shizen qui se perdait dans une forêt... C'était un comble. Ace ne s'était d'ailleurs pas gêné pour lui faire remarquer.

Sohalia avait bien pensé abandonner le commandant de la seconde division, mais le coup qu'elle avait reçu la veille, faisait qu'elle était tout aussi dépendante que lui pour avancer à travers ce labyrinthe vert et marron.

Soudain, un éclat lumineux attira son attention sur sa droite. Elle se figea, obligeant Poings Ardents à en faire autant.

« Quoi ? Grogna-t-il en redressant la tête.

- De la lumière, souffla-t-elle, soulagée.

- Enfin ! » s'écria-t-il en retrouvant un peu d'entrain, tirant un petit sourire à la blonde.

Sans la moindre hésitation, ils se dirigèrent vers la fin de leur calvaire, impatients de retrouver leur famille. Ils s'arrêtèrent, un instant éblouis par la soudaine luminosité. Leur sourire, aussi éclatant que l'astre brûlant, se fissurèrent lentement quand ils prirent conscience qu'ils se trouvaient face à une falaise. Ils s'approchèrent, voulant confirmer leur doute et laissèrent, tous deux, échapper des jurons plus colorés les uns que les autres quand ils virent la mer qui leur faisait face. En contrebas, ils virent d'imposants rochers sortirent de l'eau, ressemblant à de gros pics à glace.

« C'est pas possible ! Pesta la Shizen.

- Nous voilà à découvert, grommela Ace en se laissant tomber sur le sol.

- Impossible de retourner dans la forêt, ajouta Sohalia. On risquerait un face-à-face avec des marines.

- On prie pour qu'ils pensent qu'on y est toujours, alors, soupira-t-il en tapotant son ventre, affamé.

- On peut pas attendre ici, rejeta la jeune femme en se posant lentement et difficilement à côté de lui.

- Nous frères doivent nous chercher, » dit-il en observant la mer, tandis que la commandante de la quatrième division fixait le ciel.

L'un attendait le Moby Dick, l'autre un phénix. Un soupir sortit en même temps de leurs lèvres.

« On lance un signal ? Proposa Lia-chan.

- Y a un risque que les marines soient les premiers à venir vers nous, répliqua Ace, les yeux toujours perdus sur l'horizon.

- C'est du cinquante-cinquante, confirma-t-elle.

- Tu as une fusée de détresse ? Questionna-t-il en se relevant en grimaçant.

- Non, mais je peux utiliser mes pouvoirs.

- Sohalia... Tu as aussi été blessée par du kairoseki. C'est risqué. Autant que tu gardes tes forces, grogna-t-il, peu ravi par son idée.

- C'est superficiel, balaya-t-elle.

- J'ai dit non ! » s'écria-t-il en lui saisissant l'épaule en la voyant fermer les yeux et se concentrer.

Sohalia rouvrit les yeux et s'apprêta à contre-attaquer quand, du coin de l'œil, elle vit des tenues blanches arriver vers eux. Elle pâlit, donnant l'alerte au fils de Roger. Ils se placèrent face à leurs ennemis en maudissant la malchance qui s'acharnait contre eux, puis rejetant la faute sur l'autre.

La Shizen grimaça en songeant qu'ils étaient acculés, blessés et épuisés. Vu la chance qu'ils avaient eu pour le moment, ils avaient de grandes chances de recevoir de graves blessures. Ils n'arriveraient pas à les vaincre tous.

La commandante de la quatrième division ne voyait qu'une seule solution pour se sortir de cet embuscade : sauter en espérant, priant, pour que ses pouvoirs fonctionnent assez rapidement malgré l'eau. Lèvres pincées, elle pesa le pour et le contre en jetant des coups d'œil à l'horizon. Si ses pouvoirs ne fonctionnaient pas, ils chuteraient tous les deux dans la mer et y mourraient noyés.

Soudain, elle aperçut une forme au loin qui fit accélérer les battements de son cœur et fit naître une lueur d'espoir en elle. Elle se tourna vivement vers Ace.

« On va sauter ! Affirma-t-elle.

- Quoi ?! Tu es folle ! S'écria-t-il, sa voix partant dans les aigus, ce qui aurait pu faire rire la jeune femme s'ils n'étaient pas dans une situation si inquiétante.

- Ace ! S'exclama-t-elle en lui attrapant la main. Fais-moi confiance ! » Supplia-t-elle en lui serrant la main.

Ace la dévisagea. Pouvait-il lui faire confiance à cent pour cent ? La jeune femme avait fait des erreurs, mais il savait qu'elle faisait tout ce qui était en son pouvoir pour protéger ceux qu'elle aimait. Elle vivait en accord avec les enseignements qu'elle avait reçu. Elle vivait en suivant les convictions qu'elle avait. Elle ne trahissait pas les valeurs qu'elle avait.

Il observa cette main tendue, puis ses yeux marrons. Doucement, l'image de sa tante agonisante lui revint. « Elle va devoir faire des sacrifices... Ayez confiance en Sohalia... » Il plongea à nouveau dans ses prunelles. Un frisson agita son échine lorsqu'il posa inconsciemment sa main dans la sienne.

La Shizen le remercia d'un sourire ému. Depuis qu'elle l'avait rencontré, elle avait toujours eu un peu de mal avec Ace. Maintenant qu'elle connaissait son passé, elle comprenait mieux sa méfiance naturelle envers les autres. C'est pourquoi elle était si troublée de le voir rendre les armes et remettre sa vie entre ses mains.

La jeune femme leva son bras en l'air et fit éclater dans le ciel une fleur éblouissante pour attirer l'attention des pirates vers eux, alors que les marines passaient à l'attaque. Elle entraîna alors le commandant de la seconde division en arrière, se laissant tomber tout en regardant les soldats se pencher pour voir leur mort. Dos à la mer et aux pics, elle ferma les yeux et se concentra.

Ace l'observa faire, se traitant mentalement de fou pour avoir suivi cette idée foireuse. S'ils mourraient, il la poursuivrait même dans l'au-delà. Il attira le corps de la blonde contre le sien et l'enserra férocement en fermant à son tour les paupières. Pour la première fois depuis qu'il avait dû faire face à Bluejam, enfant, il pria pour qu'on les sauve. Pour qu'on le sauve.

M&S

Moby Dick.

Un éclat éblouissant avait attiré l'attention de tous les pirates à bord du géant des mers. Marco imita ses frères et détailla la fleur lumineuse qui commençait doucement à perdre de son éclat. Un frisson l'agita quand il fit le lien entre cette plante et la jeune femme qui hantait ses pensées. Il la chercha des yeux et la découvrit en compagnie d'Ace, faisant face à un groupe de possédés assez important et armés jusqu'aux dents.

Alors qu'il allait s'envoler pour leur donner un coup de main, il aperçut les marines charger et Sohalia et Portgas chuter vers la mer. Il fut ensuite le spectateur de leur saut. Il vit le jeune brun prendre la jeune femme dans ses bras et les retourner pour leur éviter un plat potentiellement fatal. Quelques secondes plus tard, il les vit percuter la surface de l'eau.

Il y eut quelques secondes de flottement. Puis, il entendit Ritsu s'écrier :

« Oh mon Dieu ! »

La vie reprit son court rapidement. Namur et Vista se jetèrent à l'eau pour aller secourir les jeunes membres de leur fratrie. Il s'envola, sans vraiment en prendre conscience, les yeux fixés sur l'endroit où les deux commandants venaient de disparaître. Alors qu'il s'en approchait, une fleur émergea, fracassant la surface de la mer dans une immense gerbe d'eau. Elle s'épanouit doucement et laissa apercevoir son cœur où se trouvait, inconscients, Sohalia et Ace.

S&Y

Assise sur un lit de l'infirmerie, elle serra les dents quand le médecin en chef du navire tapota la plaie avec un coton imbibé d'alcool. Ce qu'elle pouvait maudire Jef, les marines et le kairoseki. A la périphérie de son champ de vision, elle vit le médecin de sa division prendre une aiguille et du fil. Elle déglutit et ne put refréner un frisson d'appréhension.

« Hum... Pas d'anti-douleur ? Questionna-t-elle doucement.

- Non, répondit-il durement.

- Je suis pas contre un coup de pelle, alors... dit-elle en tentant de le faire sourire, mais elle vit sa mâchoire se contracter.

- Tais-toi et laisse-moi me concentrer. »

La jeune femme soupira et serra les dents, subissant en silence les tiraillements de souffrances. Au bout de longues minutes, Yori s'écarta et appliqua un baume sur la plaie fraîchement recousue, puis banda la blessure, se doutant que la commandante irait se laver. Il se dirigea vers la grande pharmacie, fermée à clé, et prit quelques médicaments qu'il tendit en silence à la blonde.

« Ok... Qu'ai-je fait pour te mettre en colère ? Demanda-t-elle, lassée par cette tension.

- Tu as eu de la chance ! Tu aurais pu y passer ! Ainsi qu'Ace ! Qu'est-ce qui vous a pris ?! Explosa-t-il finalement.

- J'ai fait ce que je pensais être le mieux pour moi, mais aussi pour Ace. Nous étions tous deux blessés par du kairoseki, épuisés, affamés... Les combattre aurait été une pure folie... Je vous ai vu au loin, alors j'ai misé sur ma famille, tout en essayant d'assurer notre survie par moi-même. Il me semble que j'ai réussi, répliqua-t-elle, impassible.

- Tout comme tu pensais que ça serait le mieux d'épouser ce type ?! »

Sohalia sursauta. Entendre Ace lui balancer ce genre de choses à la figure n'avait de rien d'étonnant. Le jeune commandant était d'une franchise déconcertante. Mais Yori... Cela la heurta et tortilla ses entrailles en tout sens.

« Si je dois donner des explications, ça ne sera sûrement pas à l'un de mes subordonnés », siffla-t-elle en se levant du lit.

Yori pinça des lèvres semblant se rendre compte qu'il avait été trop loin quand elle lui rappela sa place hiérarchique, mettant ainsi une certaine distance entre eux. Ils n'étaient, certes, pas les meilleurs amis du monde, mais, plus d'une fois, ils s'étaient confiés l'un à l'autre, trouvant dans l'oreille de l'autre une écoute rassurante, réconfortante.

« Pardon... Je... Ces derniers temps, je suis... Tendu... souffla-t-il en s'asseyant sur le lit en face d'elle.

- Ce n'est pas une raison pour me parler de cette façon. Je ne t'ai rien fait, Yori, ajouta-t-elle durement.

- Je sais... Excuse-moi...

- Qu'est-ce qui se passe ?

- Ritsu...

- Oui... Elle ne va pas bien ? S'inquiéta immédiatement la Shizen en s'installant aux côtés du jeune homme.

- Elle vient souvent la nuit, en sueur... Revenir ici à raviver tous les souvenirs de Satch, sa perte, la solitude. Elle vient pour que je lui donne des moyens pour dormir en paix afin d'être en pleine forme. Malheureusement, je ne peux lui en donner tout le temps pour éviter des empoisonnement ou des addictions...

- Et ?

- Alors, elle passe la nuit avec moi... On parle de tout et de rien... J'ai appris à la connaître... Je me dégoûte, commandante ! Je la désire ! Je souille la mémoire de mon commandant en désirant sa femme ! Je... »

Sohalia le dévisagea, quelque peu perturbée par son aveux. Elle remarqua qu'il fixait ses mains avec écœurement, puis des tremblements naître. Instinctivement, elle le prit dans ses bras et le berça contre elle.

« Yori... C'est humain... Tu n'y peux rien. Ce désire n'a rien de logique. Ne te déteste pas pour quelque chose qui est incontrôlable », chuchota-t-elle.

Le médecin en chef resta silencieux et profita de la douce étreinte de sa commandante pour se calmer. Un léger sourire fleurit sur ses lèvres en pensant que l'étreinte de la jeune femme ressemblait à celle d'une mère aimante. Il tapota maladroitement le dos de la blonde, en évitant la plaie fraîchement recousue, et s'écarta d'elle.

« Règle d'abord tes problèmes avant de te concentrer sur ceux des autres, commandante, dit-il faisant grimacer la jeune femme.

- Je sais... souffla-t-elle en tortillant ses doigts. Comment va Ace ? Demanda-t-elle en préférant changer de sujet.

- Plutôt bien. Tu as bien fait de ne pas toucher à la balle, répondit-il en la rassurant sur la condition de leur frère.

- Pourquoi ? Questionna-t-elle en tentant, difficilement, de se rhabiller à cause de sa blessure.

- Dès qu'on a retiré la balle, un poison s'en est échappé. Si tu l'avais fait hier, il serait mort, expliqua-t-il en l'aidant à remettre son t-shirt.

- Il va bien ?! S'inquiéta-t-elle en le remerciant d'un sourire qui n'atteignit pas ses yeux.

- Il ira parfaitement bien après quelques jours de repos... Bien que je sois sûr que dès demain il sera sur le pont du navire », soupira-t-il, lassé par ces patients qui ignoraient ses recommandations.

La Shizen hocha la tête, soulagée de savoir Portgas hors de danger. Elle jeta un coup d'œil à la porte qui menait au pont, hésitant à y aller, effrayée de croiser le phénix. Elle avait peur de cette confrontation à venir... Peur de perdre cet homme qu'elle chérissait plus que ce qu'elle avait imaginé.

M&A

Marco aida Ace à se redresser dans son lit, où il avait été transféré dès que le médecin de la seconde division en avait donné l'autorisation, appuyé par Yori. Le jeune brun maudit Jef en sentant une pointe de douleur le titiller suite à ce geste.

« Que s'est-il passé ? Demanda-t-il en voulant penser à autre chose.

- Namur, Vista et moi ont été sur le point de vous atteindre quand une fleur a jaillit de l'eau. Vous étiez tous les deux à l'intérieur et Sohalia était entourée par ces espèces de papillons dorés. Je vous ai ramené sur le Moby Dick et vous avait été pris en charge par les médecins.

- Comment est-ce qu'elle a réussi à utiliser ses pouvoirs sous l'eau ? Questionna le commandant de la seconde division.

- Faudra lui demander... marmonna-t-il en se renfrognant.

- Toujours pas de confrontation ? Interrogea le fils de Roger en remarquant son soudain mécontentement.

- Non... Je crois que je ne suis pas encore prêt pour discuter tranquillement avec elle. Je risquerai de m'emporter et de dire des choses que je ne pense pas.

- Tu es en train de faire une erreur... Intervint-il en la faveur de sa sœur, se surprenant lui-même. Va parler avec elle. J'ai vu la culpabilité qui la ronge, son dégoût d'elle-même, mais aussi sa peur de ton regard sur elle... »

Marco resta silencieux en fixant son jeune frère, surpris. Depuis quand ce dernier prêchait-il la discussion ?! Un sourire désabusé naquit sur ses lèvres, étonnant Poings Ardents. Le charme de Sohalia avait encore opéré. Il soupira et se gratta la nuque, perdu. Il voulait la voir, mais il n'était pas sûr de pouvoir garder son calme quand ils aborderaient le fameux sujet.

« Demain matin, Père veut te voir dans sa cabine, annonça le phénix, préférant changer de sujet tout en se dirigeant vers la porte.

- Oï ! Me laisse pas tout seul ! Je vais me faire chier ! J'ai faim ! S'écria-t-il.

- Je crois que j'ai mieux à faire ! Désolé, frangin ! » S'esclaffa-t-il devant la mine ahuri du plus jeune.

En refermant la porte, il entendit Ace maudire Jef, les marines, le kairoseki et les poisons. Un sourire moqueur étira ses lèvres. Il se dirigea vers sa cabine, perdu dans ses pensés.

M&S

Marco ouvrit la porte de sa cabine et se figea en voyant la personne qui hantait ses pensées perdue dans la contemplation d'une photo qu'elle effleurait du bout des doigts, un sourire nostalgique, triste sur les lèvres. Il referma doucement la porte et profita du fait qu'elle ne l'avait pas encore remarqué pour la détailler. Ses cheveux étaient emmêlés et semblaient ternes. Il lui semblait qu'elle nageait un peu dans ses vêtements, mais ce qui le marqua fut ses traits tirés, ses cernes prononcées. Il soupira.

Sohalia sursauta, faisant voler le cadre en l'air. Elle tenta de le rattraper pour qu'il ne s'écrase pas au sol. Elle ne fit que jongler avec, n'arrivant pas à le saisir correctement. Quand, enfin, elle réussit à s'en emparer, elle le plaqua contre sa poitrine dans un soupir de soulagement.

Elle se souvint soudainement de la présence du phénix dans la pièce, rougit et recula précipitamment contre la bibliothèque, s'y cognant violemment. Elle ferma les yeux et laissa échapper un léger gémissement de douleur, puis elle subit l'assaut des livres qui n'avaient pas apprécié cette soudaine attaque.

Quand le calme revint, elle ne bougea pas, ne voulant pas créer une nouvelle catastrophe. Elle n'osa pas non plus croiser les yeux du commandant de la première division.

« Tu n'en rates pas une, soupira-t-il en se s'approchant d'elle.

- Pardon », lâcha-t-elle, la voix rauque.

Elle rougit, honteuse. Elle se redressa et commença à ranger le bazar qu'elle venait de mettre. Lorsque le dernier livre fut remit en place, elle se figea, ne sachant quoi faire.

Marco la dévisagea, hésitant dans la façon de procéder. Il ne voulait pas entamer une dispute maintenant. Il était fatigué par toute cette histoire et le combat qu'il avait essuyé.

« Que veux-tu ? Demanda-t-il finalement, ignorant le sursaut de la jeune femme face à son ton froid.

- Je t'ai promis des explications, répondit-elle, regardant partout sauf l'homme qui se trouvait face à elle.

- A propos de quoi ? La trahison ou les mensonges ? Attaqua-t-il se sentant un peu mieux en disant ce qu'il avait sur le cœur.

- Les deux, murmurra-t-elle du bout des lèvres, sentant son cœur saigner.

- Sohalia, je ne suis pas de très bonne humeur. Je suis fatigué. J'ai les nerfs à vifs. Si on se lance dans cette discussion, je pourrais m'emporter et te dire des choses que je ne pense pas, avoua-t-il, décidant qu'il était préférable qu'ils mettent carte sur table.

- Je comprends... »

Marco ne savait pas s'il était heureux qu'elle l'écoute et abandonne, ou bien s'il aurait voulu qu'elle insiste, qu'elle se batte pour le retrouver. Il pinça des lèvres, s'apprêtant à la faire quitter sa chambre. Soudain, elle redressa la tête et plongea son regard dans le sien. Ses yeux étaient larmoyants, mais il pouvait la voir combattre pour qu'aucune larme ne s'échappe.

« Je comprends, mais... Je ne le mérite pas. Je sais que je ne le mérite pas, mais laisse-moi rester avec toi une minute... Je te jure que je ferai en sorte que ça en vaille la peine », s'exclama-t-elle, déterminée à ne pas abandonner.

Le phénix sentit son cœur se serrer et une douce chaleur le balaya entendant ces mots. Il acquiesça et s'installa sur la chaise de son bureau, tandis qu'elle prenait place sur le bord de son lit. Un souvenir s'insinua dans son esprit quand il la vit s'accrocher au draps. Il le chassa bien vite de son esprit. Ce n'était pas le moment de penser à ces instants qu'ils avaient pu partager ici, ou bien ailleurs.

Il ne comprenait pas cette attraction qu'elle exerçait sur lui. Pourquoi ses gestes, ses regards, ses mots avaient une telle puissance sur lui ? Un frisson lui parcourut l'échine en la voyant se mordre la lèvre inférieure, cherchant par où commencer.

En y regardant de plus près, il avait connu des femmes bien plus sexy... Sohalia... Elle était comme son prénom... Douce... Certains pouvaient y voir une fleur qui s'épanouissait difficilement dans un monde bien trop cruel pour elle. Mais, si on laissait de côté son apparence physique, on pouvait y trouver une force incroyable, qui lui permettait de vivre, et non survivre, dans cet univers si dur et injuste.

Le phénix se dit, avec ironie, qu'elle avait tout pour être un véritable phénix. Elle renaissait de ses cendres, encore et encore. Elle s'était relevée un nombre incalculable de fois malgré tous les coups qu'elle avait reçu... Et les coups ne cessaient de pleuvoir ces derniers temps...

Sohalia était une femme d'apparence frêle... Elle ne dépassait pas les un mètre soixante. Elle possédait de grands yeux marrons qui avaient miraculeusement su garder l'innocence de l'enfance, bien que ces étincelles ne brillassent que peu ces derniers temps. Elle n'avait, certes, plus ses rondeurs, mais elle gardait des pommettes rebondies. Elle avait des lèvres fines, mais parfaitement dessinées.

Ce qui étonnait au premier regard, c'était ses longs cheveux blonds ondulés. Dans la piraterie, les femmes les coupaient, souvent, afin de ne pas être gênées pendant les combats et éliminer un point faible potentiel. Sa chevelure avait souvent été une cause de dispute durant son enfance. Ils voulaient qu'elle les coupe, afin qu'elle ne puisse pas se faire attraper à cause d'eux, mais elle n'avait jamais voulu. C'était un point où elle s'était montrée intransigeante, comme si une part d'elle, inconsciente, se souvenait de sa véritable identité.

Sohalia n'était pas une femme pulpeuse. Elle n'avait pas de fesses et de poitrines imposantes. Tout chez elle respirait la finesse, la délicatesse. Sa poitrine ne dépassait pas le bonnet B. Une fois, il l'avait surpris fixer, en fronçant les sourcils, les poitrines plus généreuses de Nami, Robin et Bonney.

Mais, pour y avoir jeter un œil, il savait que son ventre était ferme et qu'il pouvait dessiner ses discrets abdominaux. Ses bras fins l'avaient retenu contre elle avec une force insoupçonnée. Ses jambes fines pouvaient courir des marathons sans se fatiguer.

Sohalia Shizen était surprenante, ensorcelante. On voulait percer un peu plus de ses mystères. Connaître tout d'elle et plus encore. On voulait observait sa grâce jusqu'à en devenir aveugle. On voulait être le témoin de ses sourires si chaleureux, qui vous laissait penser qu'on était digne de se trouver à ses côtés. On voulait entendre son rire qui vous emportait avec lui dans son ivresse où le mot modération n'existait pas...

Oui... C'était pour toutes ces raisons qu'il était tombé sous son charme. Il ne voyait plus une enfant qu'il fallait guider, protéger. Il voyait une femme forte et fragile à la fois dont la beauté extérieure et intérieure l'avait touché au plus profond de son cœur. Elle était comme son prénom l'indiqué : un clair de Lune qui illuminait les nuits les plus noirs qui pouvaient obscurcir ce monde.

Ses pensées se reconnectèrent à la réalité lorsqu'elle l'embrassa du regard, décidée à éclaircir tout ce bordel qui leur avait explosé à la gueule. Il se concentra sur ce qui allait se passer, se doutant que ça ne serait pas de petites grenades qui exploseraient, mais des bombes nucléaires...

« On peut commencer par éclaircir les mensonges, proposa-t-elle en reprenant les termes de Marco en grimaçant.

- Je t'écoute, affirma-t-il en s'adossant au dossier, se doutant que cette partie serait plus longue que la suivante, mais aussi plus détendue.

- Ce serait plus simple si tu me posais des questions... avoua-t-elle. Ce que je vais te dire... C'est l'un des plus grands secrets du monde... Je ne peux pas tout dire simplement... La conversation avec Père a duré des heures à cause de ces devinettes... expliqua-t-elle en apercevant son étonnement.

- Je vois... On va avoir besoin de café, alors... » soupira-t-il en ébouriffant ses cheveux.

Sohalia sourit, même si ce rictus n'atteignit pas ses yeux, et se dirigea vers la table de nuit avant de lui tendre un thermos.

« Prévoyante, » murmura-t-il en souriant pour la remercier de cette attention.


Mis en ligne : 18/12/2017.

EDIT : 07/06/2020