Lecteurs/Suivis/Favoris : Merci d'être de plus en plus nombreux ! :)


Disclamer : Certains OC proviennent de mon imagination ! Le reste de l'univers revient à Monsieur Oda !


Petit rappel : Sohalia est née durant l'année 1500. Elle est arrivée sur le Moby Dick en 1505, elle avait donc cinq ans. Le HS commence par cette année et je vous ai classé les moments chronologiquement pour que vous puissiez savoir plus facilement l'âge de Sohalia.

Bonne lecture !


Année 1505, Moby Dick.

La nuit était noire et glaciale. Les nuages étaient épais et ne laissaient pas apparaître un seul rayon de la faible luminosité de la Lune. La mer était sombre et déchaînée, semblant être prise d'une rage d'une envergure sans précédent. Le vent hurlait, faisant trembler les planches des murs du navire qui tentait de ne pas être emporté par les vagues qui n'avaient qu'un but : le faire chavirer. Les lumières luttaient pour rester allumée, bien qu'elles étaient déjà nombreuses à avoir abandonné le combat, brisée, envolée ou simplement éteinte, à bout de souffle. Les voiles, qui n'avaient pas été hissée à temps, étaient déchirées et pendaient lamentablement. Des vagues arrivaient à passer par-dessus le bastingage dévastant le pont du Moby Dick et surprenant les pirates qui tombaient au sol, s'accrochant à tout ce qu'ils pouvaient pour ne pas être avalés par les eaux enragés.

Tous les pirates de Barbe Blanche affrontaient cette tempête qui les avait surpris dans leur sommeil. Le capitaine, les infirmières et la jeune Sohalia étaient les seuls à être en sécurité dans leur cabine. L'homme le plus fort du monde observait ses enfants faire face à cet orage avec bravoure, s'entraidant pour ne pas en perdre un seul. Bien que le tonnerre grondait, que la mer était assourdissante, il perçut très clairement le hurlement de terreur de la fillette. Il fronça des sourcils et déclencha son haki de l'observation, inquiet pour la petite fille. Il la trouva sous sa couette, tremblante. Son cœur battait la chamade. Soucieux, il sortit de sa cabine et se dirigea vers la chambre du commandant de la seconde division, qui n'était, malheureusement, plus de ce monde.

En entendant la porte s'ouvrir, la blondinette sortit rapidement sa tête de sa cachette. Elle fut surprise de voir le capitaine en personne. D'habitude, Thatch ou Marco venait la réconforter. Ils étaient les seuls qu'elle acceptait dans ces moments-là. Elle pinça des lèvres et retourna dans sa forteresse.

Barbe Blanche la détailla, puis vint s'asseoir sur le bord du lit, qui protesta et se plia légèrement sous le poids de l'homme.

« Tes frères se battent vaillamment contre une puissante tempête... Ils manœuvrent le navire pour qu'on sorte rapidement de cette zone dangereuse. »

Le silence répondit à son explication et il retint un soupir. Il avait accepté qu'elle reste parmi eux lorsque Marco et Thatch avaient découvert son pouvoir. Bien que cela faisait un bon mois qu'ils avaient accepté sa présence parmi eux, elle restait très sauvage. Personne n'arrivait à l'approcher lorsqu'elle faisait des cauchemars, à l'exception des commandant de la première et quatrième division.

« Tu as fait un cauchemar ? Tu veux en parler ? » Questionna-t-il.

En vain, puisqu'il se heurta de nouveau à son mutisme, bien qu'il perçut qu'elle secouait vivement la tête sous sa couette pour lui signifier qu'elle ne voulait rien lui dire. Conscient que ça ne servirait à rien de la forcer à parler, il se leva et s'apprêta à quitter sa chambre quand elle agrippa sa cape. Il s'arrêta et attendit patiemment qu'elle s'extirpe de sa cachette.

Barbe Blanche sourit en voyant ses cheveux électriques. Il la détailla rouler vers sa table de nuit et lui tendre un livre. Sans le regarder dans les yeux, la main tremblante, elle lui demanda doucement :

« S'il vous plaît. »

L'homme le plus fort du monde, surpris, la dévisagea, puis le prit. Il s'installa confortablement sur le lit, qui était bien minuscule comparé à lui. La fillette, après un instant d'hésitation, se rapprocha de lui. Le capitaine lut l'histoire tout en observant l'enfant le fixer, captivée par ce qu'il lui racontait. Elle se rendormit rapidement, rassurée par la présence du vieil homme.

S&E

Quelques jours plus tard, l'équipage tout entier profitait du beau temps sur la proue du Moby Dick. Le capitaine était assis sur son immense siège et admirait sa famille tout en buvant un peu de saké. Tout était calme autour d'eux, et ils savouraient cette tranquillité avec une joie non dissimulée.

Sohalia était assise entre Marco et Thatch et les écoutaient. Ils essayaient de lui apprendre à jouer à divers jeux de cartes. Soudain, la quiétude fut rompue par une toux violente du capitaine. La panique s'installa parmi les pirates lorsque des gouttes de sang perlèrent des lèvres de leur père. Les infirmières se précipitèrent vers Barbe Blanche, tandis que Thatch, sur ordre de Marco, emmenait la fillette dans sa cabine. Ils ne voulaient pas qu'elle soit témoin des problèmes de santé de leur père.

Marco toqua à la porte de Sohalia et leur fit signe que la voie était libre. Thatch attrapa dans ses bras l'enfant et lança un sujet de conversation avec le phénix que la blondinette n'écouta pas. Elle avait les yeux fixé vers la proue, guettant le vieil homme des yeux, inquiète pour lui.

Quand elle le vit assis à la même place qu'auparavant, buvant et riant avec Fossa et Blenheim, elle s'agita dans tous les sens pour que Thatch la relâche. Le commandant de la quatrième division se plia à sa volonté et l'observa se précipiter vers leur capitaine. Alors qu 'elle grimpait sur lui, elle cria :

« Papa ! »

Le capitaine la dévisagea surpris, puis laissa un sourire tendre étirer ses lèvres. Il accueillit l'enfant dans le creux de ses bras, qui s'y cala confortablement. Marco et Thatch échangèrent un sourire ravi, et bientôt les pirates eurent la même expression, heureux que la fillette se laisse apprivoiser.

S&B

Année 1505, Moby Dick.

Sohalia était tombée malade depuis le milieu de la nuit. Marco et Thatch avaient veillé sur elle toute la nuit, mais le phénix avait malheureusement dû partir avec sa division pour faire régner l'ordre sur l'un de leur territoire et le commandant de la quatrième division était occupé à gérer les cuisines qui étaient en plein rush du midi.

Voilà pourquoi Blenheim pénétra dans la chambre de la fillette, muni d'un plateau où reposait un bol de soupe et quelques morceaux de pains. Il semblerait que l'estomac de l'enfant ne supportait que cela.

Il déposa le plateau sur le table de chevet et redressa la blondinette qui grimaça, le souffle court et le visage rougi. Il la fit manger, ne la forçant pas lorsqu'elle refusa une nouvelle cuillère. Le commandant de la neuvième division n'avait aucune envie de nettoyer du vomi avant d'aller déjeuner.

Il reposa le bol et attrapa une serviette qu'il trempa dans une bassine d'eau. Les sourcils fronçaient, les lèvres pincées, il se concentra et tapota doucement son visage pour la débarrasser de la sueur et la rafraîchir un peu. Elle soupira de bien-être et sourit devant l'expression d'immense concentration du pirate. Il n'était pas habitué à être avec des enfants, alors en prendre soin...

Sohalia le dévisagea longuement, puis un rire faible s'échappa de ses lèvres. Blenheim sursauta, surpris, puis décida d'amuser l'enfant en faisant des grimaces. La fillette ne trouvait pas spécialement ça amusant, mais elle appréciait l'effort que fournissait le commandant de la neuvième pour la soigner et la distraire. Elle s'endormit en serrant sa main, épuisée, mais heureuse d'être si choyée.

S&J

Année 1506, Moby Dick.

Comme à son habitude, le commandant de la troisième division était en train de méditer. La matinée débutait et il profitait du calme qui régnait encore sur la proue. Il sentit Sohalia s'approcher de lui, le détailler, puis s'installer à ses côtés et l'imiter.

Il se sentait serein. Il laissait son haki de l'observation s'éloigner du Moby Dick, essayant de dépasser ses limites encore et toujours.

« Joz... » chantonna Sohalia, brisant sa concentration.

Le diamant grogna et fronça ses sourcils pour reprendre là où il en était avant l'intervention de l'enfant.

« Dis, Joz, pourquoi tu médites ? » Demanda-t-elle.

Le silence lui répondit, mais elle n'abandonna pas pour autant.

« Marco dit que c'est pour améliorer ton haki de l'observation, mais Thatch dit que c'est pour régler ton problème de précocité... » continua-t-elle.

Un tic nerveux commença à agiter le coin des lèvres du commandant de la troisième division. Il se vengerait plus tard...

« D'ailleurs, ça veut dire quoi précocité ? »

Joz ouvrit les yeux et les posa sur la fillette, qui souriait, ravie qu'il se concentre sur elle. Il se leva, fila dans sa cabine et revint avec sa couette. Il enroula la blondinette à l'intérieur, sous ses cris, avant de la saucissonner et de l'envoyer rouler jusqu'aux pieds du paternel, qui s'esclaffa en la voyant se débattre pour s'échapper de sa prison.

S&B

Année 1507, Moby Dick.

Une ambiance festive régnait sur la proue du Moby Dick. Barbe Blanche avait décidé de célébrer les deux ans de présence de sa fille sur son navire. Bien entendu, toutes raisons étaient bonnes pour faire la fête, mais cela rendait la fillette si heureuse.

L'homme le plus fort du monde regardait Thatch donner un bâton à Sohalia, tandis que Marco bandait ses yeux et que Joz accrochait la piñata. Le commandant de la quatrième division la fit tourner sur elle-même et la poussa légèrement vers la cible.

Les pirates passèrent les cinq minutes qui suivirent à rire des déboires de la fillette qui frappait avec force dans le vide en poussant des cris. Blamenco sourit et décida d'aider sa petit sœur. Il sortit de sa poche une grosse masse et la lui donna. Sohalia tenta de la bouger, mais elle resta immobile. Elle croisa ses bras sur son torse et gonfla ses joues, boudant qu'on se moque ainsi d'elle.

Blamenco rit, l'attrapa et la déposa sur son épaule, avant de prendre sa masse et de taper un grand coup dans la piñata. Une pluie de bonbons se répandit sur eux. Sohalia s'esclaffa et tendit ses petites mains pour les attraper au vol. Elle en donna une grosse poignée au commandant de la sixième division qui lui caressa les cheveux pour la remercier.

S&R

Année 1508, l'île Nanmin no Shima.

Rakuyou et Sohalia se baladaient dans les rues, profitant d'une rare journée sur terre pour faire quelques emplettes. Ils retournaient sur le Moby Dick quand la blondinette lâcha soudainement la main du commandant de la septième division et se précipita vers la vitrine d'un magasin d'instruments de musique.

Rakuyou sourit en la voyant si fascinée et décida d'y rentrer. Elle sautillait de joie, posant mille et une questions sur les instruments, comment on en jouait... Le pirate se plia à chacune des demandes et lui fit même quelques démonstrations de guitare, de violon, de saxophone, de piano sous les yeux émerveillés de Sohalia.

Après avoir passé plusieurs heures dans le magasin, ils retournèrent sur le navire en forme de baleine. Rakuyou laissa l'enfant aller se laver dans sa cabine et se dirigea vers sa propre chambre. Il sortit sa vieille guitare sèche de son étui, changea les cordes, la ré-accorda, puis rejoint sa famille dans le réfectoire. Il joua pour eux en compagnie de certains de ses frères qui décidèrent d'accompagner le commandant.

Sohalia s'assit devant lui toute la soirée, et ne se lassa pas un instant d'écouter les chansons de son frère. Barbe Blanche observait la scène. Son cœur se gonfla face à cette scène, attendri par le lien fraternel qui venait de se tisser entre Rakuyou et Sohalia.

S&V

Année 1509, Moby Dick.

Vista fit asseoir la jeune fille devant lui au réfectoire qui était vide de toute présence. Les bruits qu'ils pouvaient entendre provenaient des cuisines où les pirates s'activaient pour préparer le repas. Vista avait jugé que cette pièce serait la plus calme à cette heure-ci de la journée pour un cours sur les bonnes manières.

En effet, Sohalia commençait à prendre les mauvaises manières des pirates et Barbe Blanche avait jugé bon qu'elle soit élevée comme une jeune fille et non comme un pirate. Il avait donné cette dure tâche au commandant de la cinquième division, car il était celui qui gardait toujours ces bonnes manières en toute circonstance.

« Bien, commençons ! »

Cela faisait plusieurs minutes que Vista commençait à perdre patience... La fillette semblait n'en avoir rien à faire de ce qu'il pouvait bien raconter. Il avait l'impression qu'elle faisait tout pour l'énerver : grimaces, mots et gestes insultants, elle lui coupait la parole, montait sur les tables, tout ça avec un petit sourire arrogant.

« Maintenant, ça suffit ! Clama-t-il férocement en l'attrapant par le col de son t-shirt, la forçant à se rasseoir. Tu vas te la fermer, écouter et ne plus bouger ton cul de cette foutue chaise, merde ! »

Un silence de plomb s'installa. Plus aucun bruit ne provenait des cuisines, tandis que Sohalia le regardait avec de grands yeux surpris. Soudain, un immense sourire étira ses lèvres et elle s'écria :

« Thatch ! J'ai réussi à lui faire dire des gros mots ! Tu me dois milles Berrys ! »

Vista fut choqué de s'être fait avoir et maudit mentalement le commandant de la quatrième division qu'il entendait rire depuis la cuisine. Le commandant de la cinquième division attrapa la jeune fille et l'entraîna dans l'infirmerie, puis bloqua la porte. Sohalia détestait être en compagnie des infirmières, sauf Lady.

S&F

Année 1509, île du Nouveau Monde.

Fossa s'infiltra par l'arrière du bâtiment, qui était sans surveillance, le surprenant. Sa mission était simple : récupérer Sohalia. Durant une attaque du Moby Dick, des petites frappes qui se pensaient de grands pirates l'avaient enlevé et amené à terre.

Il inspira profondément, voulant chasser de son esprit les lourds regards de ses frères qui attendaient le retour de leur petite sœur avec impatience et inquiétude. Ils avaient remis la vie de leur petite fleur entre ses mains. Il carra les épaules et chargea la porte, la défonçant facilement, et dégaina son sabre.

Il ouvrit la bouche, hébété, faisant tomber son cigare. Le repère était sens dessus-dessous. Son regard fut attiré par une petite blonde qui sauta dans un cri rageur sur le dos d'un pirate et l'assomma avec une poêle à frire. Il cligna des yeux et resta les bras ballants, ne croyant pas à la scène qu'il avait devant les yeux.

Sohalia l'aperçut enfin et se précipita vers le commandant de la quinzième division. Elle lui offrit un de ses sourires éclatants et l'entraîna vers le Moby Dick, ravie de pouvoir retourner auprès de ses frères. Sur le chemin du retour, Fossa sortit de sa torpeur et s'esclaffa bruyamment. Leur petite sœur était une véritable petite pirate.

M&S

Année 1510, Moby Dick.

Sohalia et Marco se trouvait tous les deux dans la bibliothèque du Moby Dick. Marco se tenait devant un tableau blanc et donnait une leçon de navigation à la fillette.

« La route, c'est la direction que suit le bateau. En langage marin, on parle aussi de cap. C'est l'angle entre le Nord et la direction du bateau. Le point relevé, c'est un amer que l'on utilise pour se repérer dans sa navigation à l'aide d'un compas de relèvement. Ce qui nous intéresse, c'est l'angle entre la droite qui passe par le bateau et le point relevé, et le Nord, » expliqua-t-il.

Marco se retourna vers la fillette et l'observa prendre des notes. Une pointe de fierté naquit en lui en la voyant si travailleuse. Puis, son sourire disparut et ses sourcils se froncèrent en remarquant qu'il ne parlait plus, mais qu'elle continuait d'agiter son crayon de papier dans tous les sens. Elle était concentrée, ça oui... Mais pas sur la navigation.

Il s'approcha et prit sa feuille. Elle lâcha un petit cri de surprise et rentra sa tête dans ses épaules en sachant pertinemment qu'elle était bonne pour un sermon.

Le phénix regarda, avec mécontentement, des dessins d'oiseaux, avec sa tête ou inversement. Un éclat de colère fit étinceler ses yeux qu'il posa sur la blondinette.

Le lendemain, Marco décida de donner un cours pratique et la laissa gérer le Moby Dick, tout en restant à côté afin de rattraper une quelconque erreur. Ce qui arriva au bout de cinq minutes, lorsqu'il remarqua qu'ils fonçaient tout droit vers des rochers.

« Qu'as-tu fait au lieu de réviser tes cours ?! S'exclama-t-il après leur avoir sauvé la vie.

- J'ai une très bonne excuse ! Répondit-elle.

- Je demande à voir... soupira-t-il.

- Attends, je vais te montrer ! »

Elle se précipita vers sa cabine, puis revint quelques secondes plus tard, le rouge aux joues en lui tendant fièrement son cahier. Il le prit et vit des dessins de Marco sous sa forme humaine, puis phénix comparés à divers oiseaux. Le commandant de la première division releva son nez des pages et posa un regard courroucé sur la fillette qui continuait de sourire.

« Attends-moi. »

Il alla dans sa cabine, prit un Tone Dial et enregistra le cours qu'il lui avait donné la veille. Il retourna sur le pont, attrapa Sohalia, l'attacha au mât principal et lança le Tone Dial.

« Tu pourras partir uniquement lorsque tu connaîtras par cœur ta leçon ! »

Il l'abandonna là, sous les rires de Thatch, Fossa et le regard amusé et tendre de son père.

S&T

Année 1510, Moby Dick.

Thatch donnait des ordres à ses cuistots pour qu'ils préparent efficacement le repas du midi, puis se tourna vers Sohalia qui le regardait avec de grands yeux. Il lui sourit et l'entraîna un peu à l'écart. La fillette lui avait demandé de lui apprendre à cuisiner, et il n'avait pas pu lui refuser. Il se réjouissait de passer du temps avec sa petite blondinette préférée, et surtout, de partager sa passion.

Il la laissa faire après lui avoir expliqué la recette et sourit en commençant sa partie. Alors qu'il allait se pencher vers sa sœur pour lui raconter une blague, une explosion retentit, noircissant leur visage et les coiffant d'une drôle de manière. Surpris, Thatch cligna des yeux, tentant de comprendre ce qui avait bien pu se passer.

« Comment diable as-tu réussi à faire ça ?! » S'écria-t-il sous les rires de ses collègues.

Sohalia fronça des sourcils, ne sachant quoi répondre à son frère.

« Ma cuisine ! »

Son cri résonna dans tout le navire et fit à peine sourciller Marco qui était en pleine réunion avec le Paternel.

« Je lui avais dit que c'était une mauvaise idée... », soupira-t-il sous les yeux remplis d'incompréhension de son père.

S&N

Année 1511, Moby Dick.

Namur s'assit sur le bastingage, très vite imité par Sohalia. Quand l'homme-poisson attrapa un asticot et l'embrocha sur son hameçon, la jeune fille grimaça, mais l'imita. Il lança sa ligne et dit à la jeune fille d'en faire de même. Il lui indiqua que le son faisait fuir les poissons donc il fallait rester calme et patienter jusqu'à ce qu'un poisson morde.

Quelques minutes passèrent dans le plus grand des silences. Sohalia se retourna vivement vers le commandant de la huitième division et le dévisagea.

« Mais, Namur, ce n'est pas du cannibalisme si tu manges du poissons ? » Interrogea-t-elle.

Thatch, qui venait leur apporter des rafraîchissements, rit face à cette question, se demandant où elle allait chercher tout ça. Son rire se transforma en un cri apeuré quand il vit la jeune fille basculer vers la mer, emportée par le force du monstre marin qui venait de mordre à son hameçon. Namur, trop perturbé par sa question, resta pétrifié. Thatch lâcha son plateau en hurlant le prénom de la jeune fille et sauta à la mer.

C'est ainsi que Namur ne mangea plus jamais de poisson.

S&A

Année 1511, Moby Dick.

L'ambiance sur le navire en forme de baleine était à l'image de la météo : pluvieuse. Les pirates de Barbe Blanche venait d'essuyer une attaque de rookie. Personne ne savait comment Sohalia avait fossé compagnie à la division de Rakuyou, mais elle s'était retrouvée au milieu de la bataille. Elle avait alors combattu pour protéger deux de ses frères qui étaient sévèrement touchés. Elle avait tué pour la première fois.

Depuis ce terrible épisode, la jeune fille s'était enfermée dans sa cabine, profondément choquée. Thatch et Marco se bataillaient pour savoir qui d'eux deux était le mieux placé pour aller lui parler, mais leur Père intervint et demanda à Atmos, son homme de main d'y aller. Ce dernier fut surpris, mais obéit.

Il pénétra dans la pièce et la découvrit cachée sous son bureau, toujours couverte de sang. Elle avait les genoux repliés sur son torse et des sanglots agitaient ses épaules.

« Sohalia... Sors de là... J'ai mal au dos », grimaça-t-il en s'asseyant sur le lit de la jeune fille.

Inquiète pour son frère et ne voulant pas qu'il souffre, elle lui obéit, mais continua de fixer le sol.

« Tu n'as pas tué ce type par cruauté ou plaisir, jeune fille. Tu l'as fait pour protéger tes frères, qui te sont très reconnaissant de ton intervention. Tu l'as fait pour sauver la vie de tes frères, mais aussi la tienne. Tu n'avais pas le choix. C'était eux et toi contre lui. En tant que pirate, ce n'est pas la dernière fois que tu seras confronté à la mort... Tu sais, au début, j'ai aussi eu du mal. J'ai pensé que j'étais un monstre, puis père m'a assuré que jamais je ne serai un monstre, surtout pas à ses yeux. Je n'avais pas tué par plaisir, mais pour protéger ma famille et que cela faisait une immense différence. Je tue pour protéger mes frères, mon père et ma propre vie. Je sais que jamais père ne m'obligerait à tuer des innocents. »

Sohalia releva ses yeux larmoyants vers lui. Ses lèvres tremblèrent et elle se précipita vers lui en éclatant en sanglots. Ne sachant quoi faire, il tapota doucement le haut de sa tête en disant « Là, là, tout va bien... », maladroits.

S&C

Année 1512, Moby Dick.

Les pirates de Barbe Blanche approchaient d'une île estivale et la chaleur était étouffante. Curiel et Sohalia se lancèrent dans une bataille d'eau avec des pistolets et bazookas remplis d'eau. Pris dans le jeu, Curiel se laissa emporter et utilisa un bazooka sur la jeune fille, qui se prit le jet puissant en pleine face, l'envoyant par-dessus le bastingage.

Thatch attrapa l'arme de sa sœur, bien décidé à la venger, tandis que Namur sautait à la mer pour repêcher la blondinette. Ils sautèrent sur le pont du Moby Dick sous les rires de Sohalia. Une immense bataille d'eau éclata sous le rire de Barbe Blanche qui comptait les points.

S&K

Année 1513, Moby Dick.

Lassée des moqueries du nouveau commandant de la onzième division, la jeune fille se faufila dans sa cabine, armée de ciseau. Elle s'approcha à pas de loup du lit de Kingdew. Elle lui fit alors un carré avec une frange. Elle s'appliqua et passa du temps afin que ça soit parfait.

Une fois son œuvre terminée, elle ne put s'empêcher de glousser ce qui réveilla le commandant. Elle prit ses jambes à son cou et tenta de le semer dans les cales.

Las de ce petit jeu, Kingdew explosa un mur à l'aide de ses poings, pour attraper la jeune fille par le col de sa chemise. Elle couina, prise au piège. Heureusement pour elle, Marco approchait à vive allure, cherchant d'où provenait ce bruit. En voyant Kingdew, il se mit à l'engueuler, permettant à Sohalia de s'enfuir.

Le lendemain matin, Sohalia poussa un cri strident en apercevant des cheveux roses dans le reflet de son miroir.

S&I

Année 1514, Moby Dick.

Sohalia soupirait encore et encore alors qu'Izo essayait de lui inculquer les rudiments de la coiffure, maquillage et mode. Elle laissa le commandant de la seizième division jouer avec elle à la poupée. Certes, la partie maquillage, coiffure et vêtements était d'un ennui profond, mais elle adorait passer du temps avec l'homme travesti. Il n'avait aucun tabou et laissait son côté féminin s'exprimer. Il la conseillait et l'écoutait. Il comprenait ses soucis. Elle appréciait cet homme qui ne la jugeait pas sur son sexe, mais sur sa personnalité.

Lorsqu'il eut fini, il prit quelques photos, pour le plus grand malheur de la jeune fille. Izo attrapa d'autorité la main de Sohalia et l'entraîna vers la proue du navire, peu rassurée de se montrer ainsi devant ses frères. Si ce n'était pas l'anniversaire de son Père, jamais elle n'aurait fait cet effort.

Un silence l'accueillit, mais Izo ne lui lâcha pas la main et l'emmena jusqu'au Paternel qui sourit, quelque peu nostalgique. Elle n'était plus une petite fille. Elle devenait peu à peu une femme. Barbe Blanche remercia Izo et attrapa sa fille pour la déposer sur ses genoux, la faisant rire.

S&H

Année 1515, Moby Dick.

Haruta, tout nouveau commandant de la douzième division, et Sohalia, fraîchement nommée commandante de la seconde division, avaient décidé de se venger de leurs hommes pour les moqueries qu'ils pouvaient essuyer à propos de leur petite taille.

Voilà pourquoi, en plein milieu de la nuit, ils se faufilèrent dans les dortoirs de leur subordonnés respectifs. Ils attachèrent des fils transparents un peu partout. Puis se retrouvèrent dans le couloir pour hurler :

« Seconde/Douzième division ! Tout le monde sur le pont ! Bordez les voiles ! Allez ! Plus vite que ça! Sur le pont ! Je veux du mouvement ! Du mouvement ! Je veux voir du mouvement ! »

Les hommes se levèrent d'un bond. Certains chutèrent sous le choc de ce réveil. Ils s'habillèrent à la hâte tout en courant vers le pont supérieur. Puis, des cris retentirent de tous les côtés et des bruits sourds de chute résonnèrent. Les portes des autres divisions s'ouvrirent, étonnés de ce raffut.

« Bah, alors, les gars, on tient pas debout ?! » lancèrent les deux commandants un sourire sadique étirant leurs lèvres.

Les pirates les dévisagèrent en comprenant qu'ils venait de se faire avoir.

« Debout ! Claqua Haruta en désignant l'escalier qui donnait sur le pont. On a donné des ordres!

- Magnez-vous le cul ! Montez sur le pont ! Exercice d'urgence ! On va vous faire cracher vos poumons ! » Ajouta Sohalia, lançant des regards noirs à ceux qui commençaient à ouvrir la bouche pour se plaindre.

Les autres divisions refermèrent rapidement les portes, en espérant que leur commandant n'aurait pas la même idée.

S&A

Année 1522, Kyuka Island, forêt.

Sohalia essayait de dormir un peu après avoir marché toute la soirée et le début de la nuit. Ace gigota à ses côtés, grognant lorsqu'il réveilla la douleur dans son épaule.

« Sohalia ?

- Hum ?

- Faut que j'aille pisser, annonça-t-il.

- Et ? Tu veux que je te la tienne ? Grommela-t-elle en ne voulant que dormir.

- Fais pas chier et aide-moi à me lever ! Répliqua-t-il.

- T'es chiant ! Siffla-t-elle en se redressant difficilement avec la blessure dans son dos.

- C'est pas ma faute si je suis blessé ! Rétorqua-t-il en serrant les dents quand elle le leva.

- C'est pas la mienne non plus ! » S'insurgea-t-elle en l'aidant à aller un peu plus loin.

La Shizen le laissa se débrouiller et commença à retourner contre son tronc pour continuer sa nuit.

« Sohalia ? L'appela-t-il à nouveau.

- Quoi, encore ? S'écria-t-elle, oubliant complètement qu'ils devaient rester discret.

- J'arrive pas à déboutonner mon pantalon, répondit-il.

- Je vais pas te défroquer !

- Je peux pas me tenir à l'arbre, enlever mon futal et mon caleçon et me la tenir ! S'exclama-t-il.

- Oh bordel de putain de merde ! Pesta le jeune femme en retournant à ses côtés. Donc je t'aide à quoi ? Siffla-t-elle à bout de patience.

- Tiens-moi. Que je me casse pas la tronche, dit-il.

- C'est vrai que ça ne serait pas drôle de te retrouver le nez dans ta pisse, railla-t-elle, un grand sourire étira ses lèvres en imaginant la scène.

- Ta gueule. Tu me déconcentres ! Grogna-t-il.

- Jamais entendu qu'il fallait se concentrer pour pisser », marmonna-t-elle.

La jeune femme leva la tête vers le ciel pendant qu'il faisait son affaire et attendit qu'il soit prêt pour qu'ils puissent retourner contre leur tronc. Ils se calèrent l'un à côté de l'autre pour dormir, ne pouvant faire du feu.

« Sohalia ?

- Putain, je vais te tuer ! Menaça-t-elle.

- Cette histoire... Elle n'a jamais existé. Je suis allé pisser comme un grand, tout seul.

- Pas envie qu'on se foute de ta gueule, hein, susurra-t-elle avec un sourire sadique.

- Sohalia... siffla-t-il avec un regard noir.

- Bien, bien. Je vois même pas de quoi tu parles !

- Merci, souffla-t-il.

- De rien. J'ai pas envie que mon chauffage se mette en grève, répliqua-t-elle en le faisant sourire.

- T'es chiante.

- Toi aussi. »

We Are Family

Année 1522, Moby Dick.

Une bataille générale de nourriture régnait dans le réfectoire des pirates de Barbe Blanche. Personne ne sut comment cela avait commencé. C'était division contre division. Les commandants donnaient des ordres pour abattre leurs adversaires.

Soudain, le capitaine pénétra dans la pièce et tout le monde se figea dans des poses plus ou moins grotesques.

« Bien... Je veux pas savoir d'où ça vient. Sohalia, Blenheim, Atmos, Curiel, Kingdew ! Vous êtes de corvées de cuisine ! Vous préparerez le repas de ce soir ! »

L'homme le plus fort du monde quitta la pièce sans un regard aux mines désespérées de ses enfants. Marco soupira et se tourna vers les médecins.

« Les gars ! Préparez en urgence des médicaments ! Ordonna-t-il.

- Oï ! Je me suis améliorée ! s'insurgea la Shizen.

- Ah bon ?! Tu fais plus exploser les cuisines ?! Tu rends juste malade ?! » Railla Fossa.

Sohalia, outrée, lança une boule de purée et la bataille reprit, sous les yeux de Barbe Blanche qui les observait par le hublot. Ace s'endormit subitement alors qu'il tenait un saladier de purée rempli au-dessus de sa tête qui se renversa sur lui. Ritsu s'esclaffa en clamant que le commandant de la seconde division était éliminé. Les membres de la seconde hurlèrent leur mécontentement en rappelant la narcolepsie de Portgas.

Personne ne remarqua le petit papillon doré qui regardait la scène, nostalgique et triste de ne pouvoir être avec eux... Si seulement il n'avait pas trouvé ce fruit...

Même si notre famille s'agrandit, on oublie pas ceux qui nous ont quitté. Cette famille n'avait rien d'ordinaire. Ils venaient des quatre coins du monde. Ils n'agissaient pas comme les gens le voulaient. Ils vivaient librement. Peu importait ce que les gens disaient sur eux : cette famille était parfaite pour eux.


EDIT : 07/06/2020