Lecteurs/Suivis/Favoris : Merci d'être de plus en plus nombreux ! :)


Disclamer : Certains OC proviennent de mon imagination ! Le reste de l'univers revient à Monsieur Oda !


Mody Dick, cabine du commandant de la première division, Marco.

Le phénix avala une grande gorgée de caféine, pensant qu'il devrait prendre des forces avant d'être trop concentré sur le récit de la jeune femme qui lui faisait face, attendant patiemment que son vis-à-vis soit prêt.

« Bien, commençons... soupira-t-il en réfléchissant rapidement par ce qu'il pourrait l'aider à comprendre rapidement les secrets de la commandante de la quatrième division. Dans ta lettre, tu as parlé d'une île...

- Oui, affirma-t-elle en lui souriant pour lui faire comprendre qu'il prenait le bon chemin et admira, encore une fois, silencieusement son intelligence.

- Es-tu la reine d'une île tout entière ? Tu as parlé d'une île où les quatre saisons cohabitaient...

- Je vois ce que tu veux dire... Je suis la seule et unique dirigeante de l'île. J'ai pour m'aider ou me contrer un conseil composé de quatre lignées les plus puissantes et qui sont également les prochaines à pouvoir hériter du trône si ma lignée venait à disparaître. »

Marco la dévisagea, enregistrant les explications qu'elle lui fournissait, afin de les analyser plus tard, quand la fatigue se ferait moins ressentir.

« Cette île, est-elle affiliée au Gouvernement Mondial ? Est-ce qu'elle participe à la Rêverie ?

- Non. Nous ne sommes en aucun cas rattachés au Gouvernement Mondial. Nous n'avons que peu de contact avec le monde extérieur.

- Si vous êtes si renfermés sur vous que ça... Comment est-ce que Thatch a pu te retrouver agonisante sur cette île du Nouveau Monde, qui avait l'air d'avoir subi un Buster Call, quand tu avais cinq ans ?

- Parce que ma mère a fugué, s'est fait repérer par le Gouvernement Mondial, un marine l'a sauvé, elle est tombée amoureuse, lui a tout dit, puis elle est tombée enceinte. Elle a voulu retourner auprès de sa famille, mais l'ancien roi et le conseil n'ont pas accepté toutes ses trahisons et l'ont chassée. Le Gouvernement Mondial les a retrouvé et éliminé.

- Désolé, souffla-t-il en se rendant compte de l'indélicatesse de ses questions.

- Je ne me souviens toujours pas d'eux. Je pense que je ne le pourrai jamais, alors... Ça ne me blesse pas autant que d'autres disparitions.

- Ton île est donc considérée comme traîtresse par le Gouvernement Mondial ?

- Oui, » avoua-t-elle en ayant un sourire amusé en se disant que quoiqu'il serait arrivé, elle aurait eu un avis de recherche.

Marco se demanda quelques secondes ce qui pouvait bien la faire sourire, puis se concentra. Pourquoi cette île et ses habitants étaient si détestés par la marine et les hauts dirigeants ? Il n'y avait pas des milliards de raisons... Seulement quelques unes...

« Est-ce que vous êtes coupables d'avoir aidé des pirates considérés comme dangereux par la marine ?

- Oui.

- Roger ? Supposa-t-il, en s'étonnant de ce lien étonnant qui venait de fleurir entre la jeune femme et le commandant de la seconde division.

- Oui, mais pas que, précisa-t-elle se doutant qu'il ferait comme leur père et se contenterait de cette réponse alors qu'elle ne lui permettrait d'avoir qu'un tiers de la vérité.

- D'autres pirates ? Questionna-t-il, surpris.

- Non... dit-elle en se mordillant les lèvres, ne pouvant l'aider plus.

- Il y a d'autres raisons... » comprit-il en faisant fonctionner ses méninges à toute vitesse.

Il y avait eu de nombreuses rumeurs sur Roger... Laugh Tale... Le One Piece... Le siècle oublié... Les armes antiques... Son souffle se bloqua un court instant...

« Les armes antiques ?

- Oui, acquiesça-t-elle en lui offrant un nouveau sourire rempli d'admiration qui déclencha un vague de chaleur en lui dont il eut bien du mal à calmer l'ardeur : c'était si grisant d'être ainsi observé par ceux qu'on aimait.

- Vous savez ce que c'est ?

- Oui.

- Vous savez où elles se trouvent ?

- Oui. »

Bordel ! Rien que savoir cela pouvait entraîner de vives tensions dans le monde... Tout le monde voudrait s'emparer de la Shizen pour la forcer à leur révéler la position de ces armes... En remarquant qu'elle continuait à le fixer patiemment, il commença à craindre que ces deux crimes ne soient pas les seuls que son peuple ait pu commettre.

« Le siècle oublié ? Murmura-t-il en la dévisageant avec une certaine crainte et une envie de connaître cet immense secret.

- Oui.

- Vous avez fait des recherches, la marine s'en est aperçu et a tenté de vous éliminer ?

- Non et oui. La seule partie bonne est la partie sur le massacre de masse.

- Vous avez un lien direct avec le siècle oublié ? Dit-il du bout des lèvres, sonné par le doux sourire de fierté de la jeune femme.

- Oui.

- Bordel ! S'exclama-t-il en sautant d'un coup sur ses pieds. Est-ce que tu te rends compte de...

- Je sais que je vous mets en danger, mais je ne vois pas comment ils sauraient que je vous aie mis au courant... Le Gouvernement Mondial pense déjà que vous savez certains secrets... Ce qui n'est pas totalement faux... Vous ne savez rien, vous... Mais, père sait bien plus de choses qu'il ne veut bien l'admettre. »

Marco se rassit en la dévisageant tout en encaissant les révélations.

« Maintenant que tu sais les grandes lignes... Veux-tu les détails ? » Interrogea-t-elle.

La blonde lui laissait le choix. Elle ne voulait pas le mettre plus en danger qu'il ne l'était déjà. Elle le vit réfléchir longuement en pesant le pour et le contre. Il fronça des sourcils et acquiesça. La Shizen fut troublée par la joie et la tristesse qu'elle ressentit en le voyant accepter. Elle était heureuse qu'il veuille en savoir plus sur ses origines, mais affligée par la menace qu'elle faisait maintenant planer au-dessus de sa tête.

Le phénix avait mûrement réfléchi son choix... Certes, Sohalia était une des raisons pour qu'il veuille tout savoir dans les moindres détails. Mais, si son père l'était aussi... Si cet homme qu'il aimait tel un père, qu'il respectait plus que tout en ce monde était au courant, mettait sa vie en jeu, alors il en ferait de même afin de pouvoir lui apporter son aide. C'était son rôle en tant que second, de fils aîné...

« Tout a commencé il y a des siècles de cela... »

M&S

Le silence s'installa de nouveau dans la cabine du commandant de la première division quand Sohalia se tut, légèrement essoufflée et fatiguée. Marco ne l'avait pas interrompu une seule fois. Elle l'avait parfois vu sursauter, sourire, froncer des sourcils, grimacer, mais il n'avait pas dit un mot et n'avait pas détourné ses yeux d'elle, non plus.

Le phénix resta, quelques minutes, perdus dans ses pensées, assimilant les secrets que la Shizen venait de partager avec lui. En remarquant le calme qui régnait dans la pièce, il comprit que la partie des "mensonges", venait d'être éclaircie. Pouvait-il lui en vouloir de lui avoir mentit ou caché de telles choses ? Non. Il comprenait parfaitement qu'elle ait gardé le silence sur tout cela. Lui-même se retrouvait parfois à mentir ou omettre certaines choses à ses frères...

La commandante de la quatrième division attendit, la boule au ventre, pour entamer la partie "trahison". Quand elle le vit se redresser et devenir impassible, elle se lança, cachant ses mains tremblantes en agrippant les draps de son vis-à-vis.

« Comprends-tu la part d'ombre qui règne sur mon île ? Si un être du Dehors devine qui nous sommes, notre histoire, il sera éliminé sans procès, sans hésitation, ni remords. Mon peuple a bien trop peur de revivre les massacres qu'ont subi nos ancêtres. Je ne pouvais laisser Akihide subir le même sort. Leïko s'est sacrifiée pour lui sauver la vie. Elle l'a envoyée vers moi. Elle savait que sa mort le mettrait en danger, car s'il était devenu roi, mon peuple l'aurait repéré, enquêté sur lui et aurait comprit qu'il savait tout. L'épée de Damoclès a triplé au-dessus de sa tête. Son propre peuple veut sa mort, le mien aussi, ainsi que Jef. Il n'aurait eu aucune chance de survivre sans mon aide.

- Il aurait pu devenir pirate, répliqua-t-il froidement.

- Akihide ? Pirate ? Marco... L'as-tu bien regardé ? Il était un prince, protégé par une armée et une femme puissante. Il n'a jamais eu à se battre pour sa vie. Autant le balancer dans une chaloupe avec une seule rame et un simple bout de bois pour pêcher !

- Idée intéressante... souffla-t-il, ses yeux brillants d'une lueur sadique.

- La jalousie t'aveugle, soupira-t-elle, lasse. Il ne m'a pas touché. Nous avons dormi ensemble une fois, et encore, je n'ai pas dormi et un fossé nous séparait. Nous faisons lit à part. J'ai fait construire un passage dans ma chambre vers une autre cachée afin que personne ne puisse comprendre que nous sommes mariés que sur le papier. Il ne me tient pas la main. Il reste à une distance raisonnable de moi. Durant la cérémonie, il a fait semblant de m'embrasser... Il m'a lui-même dit qu'il savait parfaitement que jamais je ne serai sienne. Il n'a aucun espoir pour nous et ne veut pas de moi en tant que femme ! »

Marco ne répondit rien. Il avait du mal à croire que ce type qui avait déjà goûter au plaisir que Sohalia pouvait procurer puisse s'y refuser consciemment. Il serra la mâchoire en laissant certaines images de la jeune femme et de ce prince déchu s'insinuer dans son esprit. Il soupira bruyamment et se pinça l'arête du nez en sentant la colère couler lentement, mais sûrement dans ses veines.

« Écoute, Sohalia, je suis épuisé et je n'arrive plus à réfléchir. Je préfère qu'on en reste là pour ce soir. J'ai besoin de temps... avoua-t-il.

- Je comprends... murmura-t-elle, en cachant ses yeux blessés derrières ses cheveux. Bonne nuit, Marco », souffla-t-elle en quittant la cabine.

Le second de l'équipage détailla la porte dorénavant close tout en réfléchissant. Toutes ses révélations, Akihide, ses sentiments, la lettre... Tout cela se mélangeaient en lui, créant un tourbillon troublant. Il avait besoin de réfléchir calmement à tout ça.

Il se laissa tomber sur son lit et éteint la lumière, perdant ses yeux sur le plafond sombre. Il était un pirate. Il avait pour habitude de rendre les coups qu'il recevait, voire plus violemment. La Shizen l'avait blessé et il voulait qu'elle comprenne, mais une partie de lui était déchiré de l'avoir laissé partir sans l'avoir serrer dans ses bras.

S&A

Le matin quand Sohalia se réveilla, elle fut étonnée d'avoir plutôt bien dormi. Elle pensa avec amusement que la meilleure berceuse du monde était la houle qui faisait tanguer doucement le Moby Dick.

Elle se vêtit d'un short en jean, de sandales, d'un débardeur qui ne couvrait que sa poitrine. Alors qu'elle allait refermer sa penderie, elle remarqua une chemise mauve et sourit tristement en la frôlant des doigts. Elle l'enleva de son cintre et l'enfila. Elle releva les pans de la chemise et les noua sous sa poitrine. Elle sourit et s'en alla prendre son petit-déjeuner dans le réfectoire, avant de devoir assister à une réunion en compagnie de son père, du phénix et d'une flammèche.

Flammèche qu'elle retrouva en train de se goinfrer joyeusement en compagnie de Namur et Curiel. Elle les salua d'un sourire et s'installa en face de son jeune frère qui tenta de parler tout en avalant ce qu'il avait pu engouffrer dans sa bouche, puis s'étouffa. La Shizen l'observa, blasée, récupérer son souffle, tandis que Namur l'aidait en lui donnant de grandes tapes dans le dos.

« Merci Namur, souffla-t-il en buvant une gorgée d'eau. Sohalia... interpella-t-il la jeune femme. Je voulais te remercier pour ce que tu as fait durant tout ce temps dans la forêt. Je suis désolé pour ce que je t'ai dit et pour la blessure que tu as reçu à cause de moi. »

La commandante de la quatrième division sourit en le voyant abaisser sa tête vers elle. Elle lui offrit un sourire éclatant en lui servant un verre de jus d'orange. Elle écouta ses trois frères discuter tout en mangeant, n'intervenant que peu. Alors qu'elle allait demander à Ace de la suivre pour rejoindre leur père, le jeune homme fut pris d'un accès de narcolepsie. Sohalia soupira et l'abandonna dans le réfectoire.

Quand la commandante de la quatrième division pénétra dans la cabine du capitaine, elle fut soulagée d'être la première arrivée. Son père la salua d'un sourire et elle prit place sur une chaise à ses côtés, s'inquiétant de sa santé et, comme d'habitude, se fit rabrouer par l'homme le plus fort du monde.

Lorsque Marco arriva à son tour, il trouva son père et la jeune femme dans une conversation passionnée qui se tut dès qu'il ouvrit la porte. En le voyant, Sohalia perdit son sourire et cela ne passa pas inaperçu. En effet, les deux hommes échangèrent un regard. Barbe Blanche s'étonna que son fils aîné n'ait pas encore pardonné à la Shizen, alors que le phénix fuyait les yeux remplis de sagesse de son père. Il préféra les saluer d'un signe de tête en s'asseyant en face de la blonde.

Barbe Blanche se servit une coupelle de saké en offrant une à ses deux enfants tout en s'étonnant du retard du commandant de la seconde division. Marco se proposa pour aller le réveiller, mais Sohalia intervint en les prévenant qu'il avait été sujet à une crise de narcolepsie durant le petit-déjeuner. Le capitaine s'esclaffa bruyamment faisant sourire de manière éclatante la commandante alors que le phénix étirait un mince sourire.

Une bonne demi-heure passa tranquillement. Les trois pirates discutèrent de la clé qui avait été récupérée par Shanks et Sohalia ne put s'empêcher d'être soulagée de se rapprocher de la fin du Mentaru, et terrifiée de devoir bientôt quitter sa famille.

Ace apparût enfin sous les regards moqueurs de son frère et de sa sœur, alors que Barbe Blanche s'esclaffait. Portgas les ignora et s'étonna de la présence de la jeune femme, mais nota, mentalement, le fait que le phénix et la Shizen ne soient pas assis côte à côte. Il supposa alors, à juste titre, qu'ils n'avaient pas encore réglé leur problème.

« Bien, commençons... déclara sérieusement Barbe Blanche. Pourquoi as-tu voulu nous réunir tous les trois ?

- Père, Marco... Vous êtes maintenant au courant de tous mes secrets et je fais planer sur vos têtes une menace qui n'a rien de fictive. Je voulais que vous soyez au courant que mon peuple a un réseau d'espion qui parsème le monde. Je ne sais leur identité, ni même leur emplacement. Ils sont très doués et nous rapportent beaucoup d'informations sur les personnalités de ce monde.

- Tu veux qu'on se méfie ?

- Bien sûr... Ne parlez jamais plus de ce que je vous aie appris, même en mer ou sur une île déserte. Je ne connais pas leur capacité. Ils sont comme invisibles. Ils savent beaucoup de choses...

- Comme ? questionna Ace, complètement perdu par cette conversation et ne comprenant pas sa présence parmi eux.

- Ta naissance, Ace... lâcha-t-elle en le dévisageant. Ils savent que tu es le fils de Roger, que Garp t'a protégé toute sa vie, que tu as vécu en compagnie de Luffy... Bref, ils savent tout, avoua-t-elle en ignorant la tension émanant du jeune brun.

- Cela est compromettant, marmonna le capitaine, et Marco acquiesça.

- Ce n'est pas le pire... soupira-t-elle. D'après eux, Sengoku serait au courant de la vérité.

- Ça expliquerait pourquoi il aurait voulut lui offrir une place dans les shichibukais... dit Marco.

- Roger n'est pas mon père ! s'écria finalement Ace, à bout de patience. Mon seul et unique père est Barbe Blanche ! Je n'ai aucun lien avec ce démon ! »

Portgas quitta la pièce après cet éclat. Les deux hommes soupirèrent et Sohalia dévisagea la porte que le jeune homme venait de claquer, perdue. Elle se leva en ignorant les regards surpris de son père et de son amant, et partit à la recherche de la flammèche. La Shizen était en colère contre son petit-frère ne comprenant pas cette haine qu'il possédait pour son géniteur.

Ace se dirigeait vers le bastingage à la poupe du Moby Dick où était accroché un bout* qui menait au navire de son petit frère. Sohalia l'arrêta et le força à lui faire face, se moquant du regard noir qu'il posait sur elle pour la faire fuir.

« Je peux savoir ce qu'il te prend ?! s'exclama-t-elle. Nous étions au milieu d'une réunion très sérieuse et tu claques la porte tel un gamin parce que ce que tu entends ne te plaît pas ?! Vas-tu te décider à grandir ?! Tu juges cet homme sans connaître la vérité ! Tout ce que tu connais est ce que le Gouvernement Mondial a bien voulu que vous sachiez tous ! Tu serais bien étonné de savoir tout ce qui est gardé secret !

- Alors dis-moi en quoi cet homme est si bon ? Pourquoi je devrais être si fier de lui ?! cracha-t-il en rejetant la main de la jeune femme qui avait saisit son coude.

- Je ne te dis pas qu'il était un homme bon ou mauvais, mais de juger avec tous les éléments et non de te faire une idée sans connaître tous les faits ! répliqua-t-elle, décidée à ne pas abandonner.

- Les faits ?! Il a abandonné une femme enceinte ! Il la laissait se battre seule contre une organisation qui voulait éradiquer toute trace de son existence ! Elle est morte à cause de lui ! A cause du sang qui coulait dans mes veines ! »

Sohalia fut surprise par ces mots et frissonna en voyant la douleur et la culpabilité dans les yeux du jeune homme. Prise d'une impulsion soudaine, elle attrapa sa main et l'entraîna dans sa cabine, le força à s'asseoir sur son lit et ferma la porte.

« Ace... Ce que je vais te dire... C'est la vérité... Ce sont des informations que le Gouvernement Mondial garde jalousement, car ils savent que si cela venait à se savoir, tout changerait. »

Poings Ardents garda le silence, mais ne put cacher sa surprise et son trouble à la jeune femme. Elle s'agenouilla face à lui, comme le faisait souvent les parents pour discuter avec leurs enfants.

« Roger ne s'est pas fait attraper... commença-t-elle à lui expliquer en ignorant le fait qu'il s'était raidit à l'entente du nom du défunt roi des pirates. Il s'est rendu. Pour plusieurs raisons. Quand il s'est donné à la marine, il a négocié la liberté des membres de son équipage. Ensuite, il se savait mourant Ace... Quoiqu'il arrive, il serait mort avant ta naissance et sa mort aurait déclenché les mêmes recherches d'une éventuelle descendance. Sa dernière raison est que... Lorsqu'il a atteint Laugh Tale, il a découvert le One Piece et d'innombrables secrets... L'un de ses secrets étaient en rapport avec un peuple bien précis... Juste avant sa mort, ses mots ont déclenché la plus grande vague de piraterie. C'était exactement ce qu'il voulait, afin qu'une personne émerge et atteigne Laugh Tale pour prendre sa suite. Il savait qu'il n'était plus en assez bonne santé pour protéger ce peuple et les aider. Les mots qu'il a prononcé pourraient permettre à ce peuple de retrouver sa liberté bien plus tôt que prévu. »

Ace était persuadé que Sohalia en savait bien plus qu'elle ne voulait bien lui en dire, mais il respecta son silence. Il resta muet, ne sachant comment réagir face à ses révélations. Est-ce que cela changeait quelque chose pour lui ?

« Ace... Je me fous de qui sont tes parents, avoua-t-elle le faisant sursauter. Je suis comme toi... Enfin presque... J'ai eu un père qui m'a donné la vie, et qui, apparemment a donné sa vie pour moi, mais je ne me souviens de rien. La seule personne que je reconnais comme mon père est Barbe Blanche. Tu es mon frère, Ace. Je ne veux que te protéger. Le Gouvernement Mondial connaît ton géniteur, certaines pointures de la marine aussi. Je vous ai dit tout cela pour que rien de mal ne t'arrive. Je ne veux pas perdre un autre de mes frères, surtout pas ma flammèche de petit frère », déclara-t-elle en lui souriant tendrement en tenant ses mains dans les siennes.

Le commandant de la seconde division fut un instant troublé par l'amour fraternel que la Shizen lui portait, mais cela lui réchauffa le cœur de se sentir accepter par une autre personne qui savait tout de lui. Il serra ses mains à son tour, baissa la tête et la remercia du bout des lèvres, ému.

Sohalia le prit dans ses bras et le berça doucement. Elle prendrait soin de lui, car, tout comme les habitants de son île, elle avait une dette envers Roger, mais aussi parce qu'il était un membre de sa famille. Même si, souvent, elle avait envie de lui en coller une, elle l'appréciait. Il était hors de question qu'on pose à nouveau la main sur un membre de sa famille pirate ou royale. Elle ne le permettrait plus. Quiconque toucherait à un de leur cheveux, mourait de sa propre main.

M&S

L'après-midi avait été chargé pour les pirates de Barbe Blanche. En effet, l'homme le plus fort du monde avait décidé que son équipage se chargerait de remplir les cales des navires de tout ce qui pourrait leur manquer. Un remerciement pour le travail accompli par leurs alliés alors qu'ils les avaient laisser se débrouiller seuls. Chaque division avait eu pour mission d'acheter les médicaments, armes, nourritures, boissons, vêtements, matériaux pour les rookies, révolutionnaires, l'équipage du roux et pour eux-mêmes.

Alors que Sohalia et ses hommes remontaient les tonneaux d'alcool sur le Moby Dick, Titi, un membre de la cinquième division, les alerta qu'un navire pirate apparaissait à l'horizon. La Shizen s'en étonna et grimpa aux gréements pour rejoindre la vigie. Elle emprunta sa longue-vue et aperçut avec étonnement le navire de la sorcière de glace, Whitey Bay.

Peut-être que la capitaine avait eu des soucis en mer et venait se réapprovisionner. Elle avait peut-être des informations à partager avec père... La commandante de la quatrième redonna la longue-vue à son frère et redescendit avant de reprendre en main sa division qui s'était arrêté de travailler quand elle les avait les laissé pour assouvir sa curiosité.

S&I

Lorsque la quatrième division sortit des cales, ils filèrent vers les douches afin d'évacuer la sueur qui les collait. Sohalia les imita, mais se dirigea vers sa cabine. Au loin, sur la proue, elle aperçut un attroupement inhabituel, ainsi que des éclats de voix. Elle remarqua père sur son immense siège, certains des commandants dont Marco et Joz, puis Whitey Bay qui riait avec eux.

Izo l'interpella en se dirigeant vers elle alors qu'il était à la proue. Il lui sourit, puis grimaça en la voyant si échevelée.

« Tu pues, la complimenta-t-elle en lui lançant un immense sourire.

- Sans dec', railla-t-elle. Que se passe-t-il ? l'interrogea-t-elle.

- Whitey était dans le coin et est venue nous saluer, répondit-il en haussant les épaules comme si cela n'avait rien d'étonnant. Ah ! D'ailleurs, petite soirée ce soir pour fêter nos retrouvailles !

- Donc ça servait à rien qu'on se casse le cul à ranger tous ces tonneaux... grogna-t-elle.

- Exactement ! Va te laver et rejoins-nous ! » s'écria-t-il en se dirigeant vers sa cabine, sûrement dans le but de se changer pour se mettre quelque chose de plus élégant pour la soirée.

M&S

La nuit était tombée depuis peu et le port était animé par les pirates qui y séjournait. Les rookies vadrouillaient dans la ville, profitant de ce que l'île avait à leur offrir. Les révolutionnaires étaient partis en explorations. Shanks et son équipage faisaient la fête sur leur navire. Le Moby Dick, lui aussi, grouillait de vie. La musique résonnait dans l'obscurité accompagnée des rires qui semblaient ne jamais cesser. On avait l'impression que les enfants de Barbe Blanche avaient trouvé une corne d'abondance, car la nourriture et l'alcool ne s'arrêtaient jamais de couler.

Sohalia était assise avec les membres de sa division, profitant aussi de la soirée, même si elle n'était pas aussi joyeuse que ses frères. En effet, ses yeux se perdaient souvent dans un coin du navire et, à chaque fois, une lueur de tristesse et de douleur venaient ternir ses prunelles marrons. Elle soupira et détourna le regard pour tomber sur les yeux verts de Ritsu, qui lui offrit un sourire désolé.

La Shizen l'ignora et se leva pour s'écarter de la proue où régnait la fête. Elle avait besoin d'être seule. Elle ne voulait pas qu'on la voit ainsi. Après tout, elle était en partie en cause. La commandante de la quatrième division ne supportait plus de voir la pirate des glaces flirter avec le phénix. Ce dernier semblait ravi de cette attention et la laissait faire.

Alors qu'elle allait s'engouffrer dans sa cabine pour se morfondre sans témoin, un rire qui commençait doucement à lui être familier résonna dans la nuit. Elle se retourna et embrassa du regard l'Empereur Shanks, le Roux. Il la salua d'un signe de tête et d'un sourire éclatant. Elle s'inclina légèrement vers lui et le dévisagea, se demandant pourquoi il n'était pas en compagnie de ses hommes...

La réponse lui apparut bien vite quand il leva une bouteille vers elle, puis lui indiqua le bout reliant le Red Force au Moby Dick. Il voulait boire avec elle ? Il demandait sérieusement à un membre d'un équipage rival de mettre un pied sur son bâtiment et de boire avec lui ? Certes, elle ne faisait pas le poids face à cet homme, elle en était bien consciente, mais ne devrait-il pas se méfier plus d'elle ? Depuis Saint Poplar, elle ne lui avait pas adressé la parole. Ce n'était pas son rôle de discuter avec lui...

Elle hésita... A partir du moment où elle avait lu le dossier que ses espions avaient constitué sur lui, elle avait eu envie de le connaître plus. Elle mourrait d'envie d'écouter cet homme lui raconter les aventures incroyables qu'il avait dû vivre, que ce soit sur l'Oro Jackson, que sur le Red Force. Mais... Mais, elle ne voulait pas attirer les foudres de ses frères, de son père, de Marco sur elle en se rendant sur un navire ennemi... Pouvait-elle ? Elle ne faisait rien de mal... Ce n'était que boire et discuter... Elle se mordit la lèvre inférieure et détailla la proue du Moby Dick, puis Shanks. Finalement, elle abandonna et traversa l'eau qui séparait les deux navires.

« Eh bien, tu en as mis du temps à te décider, se moqua-t-il en lui tendant une coupelle.

- Vous êtes un pirate ennemi. Je reste méfiante et prudente, expliqua-t-elle.

- Nous sommes alliés, pour le moment... Et puis, j'ai beaucoup de respect pour Barbe Blanche et ses enfants », avoua-t-il en avalant le saké d'une traite le regard perdu sur la proue du bateau de l'homme le plus puissant du monde.

Sohalia apprécia sa franchise et but tranquillement, silencieusement. Elle était quelque peu intimidée par cet homme, dont l'aura ne vous laissait pas insensible. Même s'il retenait son Haki, elle pouvait le sentir autour de lui, vibrant au rythme de sa respiration.

Un boucan résonna à la poupe du Moby Dick, intriguant les deux pirates. Ils observèrent les Mugiwaras remonter sur le Thousand Sunny, inconscients du bordel qu'ils foutaient dans le silence de la nuit.

« La discrétion n'est vraiment pas une de leur qualité, s'esclaffa l'Empereur en resservant la blonde.

- Vous ne regrettez pas votre choix ? Questionna-t-elle, le regard toujours perdu sur les rookies, mais surtout sur le capitaine.

- Non, affirma-t-il avec une détermination qui fit sourire la Shizen.

- Tant mieux, alors. Vous n'êtes pas le seul à avoir parié sur lui », confia-t-elle en repensant aux mots de Nostradamus.

Le Roux lui offrit un sourire éclatant, avant de retrouver un sérieux détonnant avec les rires qui les entouraient.

« Toutes mes condoléances pour ta tante et ta grand-mère, dit-il en levant sa coupelle vers les cieux, comme pour saluer ceux qui nous avaient quitté.

- Merci.

- Tu as hérité d'un destin dont la route est bien dangereuse.

- Le vôtre l'est tout autant... Je me demande comment vous avez pu survivre et passer entre les filets de la marine... Votre passé n'est pas anodin, ajouta-t-elle dans un sourire mystérieux.

- J'ai de bons et loyaux camarades ! S'esclaffa-t-il en comprenant qu'elle était au courant de tout, ou presque.

- Aux bons et loyaux camarades, alors ! » Déclara-t-elle en levant sa coupelle pour l'entrechoquer avec la sienne.

Shanks rit à nouveau et savoura cet alcool qu'il aimait particulièrement en laissant ses yeux se perdre sur tout et n'importe quoi. Le navire à la tête de lion, celui de baleine, le sien, les étoiles, la ville, puis la jeune femme dont les cheveux blonds voletaient avec le vent. Pour lui, chaque instant était précieux, et il désirait s'en souvenir à jamais.

La Shizen plongea alors ses yeux marrons dans les orbes sombres de l'Empereur, un éclat de curiosité les illuminant.

« Comment était-il ? Souffla-t-elle. Comment était-ce de combattre sous son drapeau ?

- Physiquement, il ressemble beaucoup à son fils, mais il n'avait pas de taches de rousseur ! Raconta-t-il et lui avoua au passage qu'il était aussi au courant pour Ace, faisant sourire la commandante de la quatrième division. C'était... Un véritable pirate. Il aimait l'aventure, découvrir toujours plus de nouveautés. Il aimait être plus libre que quiconque. Il était sérieux et gamin, sans pitié, mais rempli d'amour pour ses proches. Il ne fuyait pas. Il possédait une incroyable détermination. Il n'aimait pas les injustices. Pour moi, il restera toujours mon capitaine. »

Sohalia garda le silence, puis fronça des sourcils. Même si Ace s'entêtait à rejeter son père, il lui ressemblait énormément. Bien entendu, jamais elle n'oserait lui dire cela. Quelque chose l'étonna également...

« Pourquoi ça me fait penser à Luffy... ? Murmura-t-elle.

- Si j'ai sacrifié ce bras, c'est parce qu'il était un gamin, innocent, qui ne méritait pas que sa vie s'arrête ainsi, mais, ensuite... Il a eu les mêmes mots que le capitaine. C'est ce qui m'a convaincu de lui donner mon plus beau trésor. »

La Shizen acquiesça. Monkey D. Luffy attisait de plus en plus sa curiosité. Il n'était pas le seul... Bonney, Capone, Kidd, Law... Elle ne comprenait pas l'admiration sans borne de la rose envers son père et ses frères, ni les pensées du mafieux. Elle avait l'impression que Kidd serait un adversaire redoutable pour Luffy. Law... Elle se demandait s'il arriverait un jour à venger celui qui l'avait sauvé et comment il allait s'y prendre... La nouvelle génération était... grandiose... Elle ne pouvait s'empêcher de penser que sans Roger, peut-être que jamais elle n'aurait pu les rencontrer, vivre tout cela. Combien de vie avait-il bouleversé que ce soit lorsqu'il était en vie, ou mort ?

« J'ai dû mal à vous imaginer en mousse, avoua-t-elle avec un sourire taquin. J'ai vu des photos, mais ça reste dur à figurer que vous n'étiez qu'un simple matelot... »

Le rire de Shanks résonna dans la nuit, la faisant sourire.

« Et pourtant, j'en ai fait des conneries de matelot... Je ne compte plus les fois où j'ai dû récurer l'Oro Jackson ! »

M&S

Izo, Haruta, Marco et Ace retournaient dans leur cabine après cette soirée en compagnie de l'équipage de Whitey Bay. Pourtant, alors que l'ambiance aurait dû être joviale entre les frères, il y avait une tension qui régnait entre eux.

Izo était en tête de la petite troupe, marchant d'un pas rapide, énervé par le comportement du phénix avec la pirate des glaces. Haruta, lui, était inquiet. Il avait vu Sohalia quitter la soirée très tôt et depuis, plus personne ne l'avait revu. Ritsu avait bien essayé de la retrouver, mais cela avait été vain. Ace, lui, était pensif. Il ne savait quoi penser des révélations de Sohalia, mais aussi de Marco et de son idée de vengeance. Il ne voulait pas que sa sœur souffre, mais il comprenait aussi le phénix.

Quant au principal intéressé, il avançait à l'aveugle. Il avait vu la blonde s'en aller et avait senti la culpabilité serrer son cœur. Il s'était bien amusé avec Whitey, mais il avait aussi été mal à l'aise de flirter ainsi avec elle sous les yeux de Sohalia.

Alors qu'ils passaient devant la porte du commandant de la première division, Izo se retourna vivement vers Marco et posa sur lui un regard froid. Le phénix sourcilla, tandis que les commandants de la seconde et douzième division grimacèrent. Au moment où il allait dire ce qu'il pensait du comportement de son aîné, un rire qu'ils reconnurent rapidement résonna jusqu'à eux.

Ils embrassèrent du regard la direction d'où provenait le son et écarquillèrent les yeux et entrouvrirent la bouche, hébétés. Le second de l'équipage, lui, serra les poings en apercevant celle qui hantait ses pensées rire en compagnie du Roux, connu pour être un sacré coureur de jupons.

Une chaleur fit bouillir son sang en se rendant compte que ça aurait pu être lui aux côtés de la Shizen. Il était jaloux de ne pas être celui qui la faisait rire ainsi. D'ailleurs, depuis quand ne l'avait-il pas vu si heureuse ? La mort d'Emi, puis celle de Leïko avaient terni ses prunelles. Il avait réussi à leur redonner un peu de leur éclat d'antan durant leur journée en tête-à-tête, mais c'était tout. Là, aux côtés de l'Empereur, elle souriait et riait, insouciante, profitant du moment sans s'inquiéter. Elle l'observait, émerveillée par les récits qu'il lui narrait.

Alors qu'il croisait le regard de Shanks, il comprit une chose : il était l'une des raisons qui assombrissait les yeux de la jeune femme ces derniers temps. L'Empereur esquissa un léger sourire que Sohalia ne vit pas, mais qui n'échappa pas au phénix, le faisant enrager un peu plus.

« Sohalia ? Ça te dirait de rejoindre mon équipage ? Questionna-t-il, parlant plus fortement pour que leurs spectateurs ne perdent pas une miette de leur conversation. On aurait bien besoin d'une présence féminine à bord... ajouta-t-il avec un sourire charmeur.

- Non, merci, s'esclaffa-t-elle.

- Quoi ? Tu me rejettes ainsi ? Sans le moindre regret ou remord ? S'insurgea-t-il faussement, continuant de la faire rire.

- Oui, sans aucune hésitation ! Le seul équipage pirate que je reconnais comme le mien est celui de Barbe Blanche, affirma-t-elle avec un immense sourire.

- Tu les aimes tant que ça ? Demanda-t-il.

- Oui, souffla-t-elle avec un sourire tendre étirant ses lèvres.

- Surtout l'un d'entre eux, n'est-ce pas ? La taquina-t-il en lui donnant un coup de coude dans les côtes qui la fit grimacer. J'ai entendu d'une source sûre que tu t'étais déclarée, ajouta-t-il face à son regard surpris.

- De quoi est-ce que vous parlez ? Questionna-t-elle, perdue, ne se souvenant pas d'avoir mis des mots sur ses sentiments.

- De ta lettre au phénix, répondit-il. Ace l'a lu, il en a parlé à ses frères et... Je crois que tout le monde est au courant maintenant ! Expliqua-t-il en essayant d'étouffer son rire en la voyant devenir aussi rouge que ses propres cheveux.

- Je vais tuer cette idiote de flammèche ! » Rugit-elle en plongeant son visage dans ses mains.

Shanks ne tint plus et laissa libre court à son hilarité, tandis que Sohalia maudissait son jeune frère. Elle n'en voulait pas à Luffy... Après tout, c'était un idiot qui ne connaissait pas la définition de discrétion. Elle ne voyait pas Sabo commérer ainsi, donc elle l'innocentait d'office... Mais Ace... Nom d'un chihuahua à vingt-six têtes ! Elle allait se venger ! Elle ne savait pas comment, mais elle attendrait d'être sûre que cette future humiliation soit à la hauteur de la honte qu'elle ressentait actuellement ! Foi de pirate !

« Alors ? Tu t'es vraiment déclaré ? » S'enquit l'Empereur, curieux.

Sohalia le dévisagea quelques secondes, puis laissa un triste sourire étirer ces lèvres alors qu'elle embrassait du regard la Lune. Le Roux la détailla à son tour tout en gardant un œil sur le phénix et ses frères qui profitaient toujours du spectacle qu'ils leur offraient. Il ne voulait pas louper ses réactions.

« Non. »

Sa voix n'était qu'un souffle, mais le vent porta ses mots jusqu'aux pirates qui observaient depuis le Moby Dick.

« J'ai écris ces mots, puis je les ai déchirés. Je n'étais pas satisfaite. Je n'arrivais pas à mettre des termes sur mes sentiments afin qu'il les comprenne. J'ai pensé que ce n'était pas possible que ce soit si dur à décrire, alors j'ai recommencé la lettre. J'aurais pu la mettre au feu. Lui envoyer en fumée. La jeter dans l'eau et la regarder couler doucement. Accrocher ces pages à un oiseau et le faire s'envoler vers la Lune. J'aurai pu les hurler au monde entier, mais cela n'aurait servi à rien... A moins que je ne les lui dise directement... »

Sa déclaration déclencha l'intérêt de Shanks qui détourna les yeux du commandant de la première division et ne la lâcha plus son regard d'elle, hypnotisé par les sentiments de la jeune femme envers le phénix. Elle avait parlé calmement, lentement, comme si elle choisissait soigneusement ses mots.

« Je ne sais pas comment expliquer cette frustration que j'ai ressenti à ce moment-là, avoua-t-elle en basculant la tête en arrière de sorte qu'elle ne voyait que le ciel étoilé et rien d'autre. J'aurai pu brûler les pages encore et encore que j'aurais toujours eu envie de les écrire. J'aurai pu les noyer que j'aurai encore entendu leur doux murmure à mon oreille. J'aurai pu les dire à quelqu'un d'autre, mais cela aurait sonné faux. Alors... J'ai compris... C'est impossible de décrire l'amour. »


*Bout : Alors depuis quelques chapitres, vous avez dû remarquer que je n'utilise plus le terme corde. En effet, ce terme est interdit dans le lexique de la navigation maritime. La seule exception est la corde qu'on utilise pour sonner la cloche de l'alarme du navire.


Mis en ligne le 25/12/2017.

EDIT : 08/06/2020