Lecteurs/Suivis/Favoris : Merci d'être de plus en plus nombreux ! :)
Disclamer : Certains OC proviennent de mon imagination ! Le reste de l'univers revient à Monsieur Oda !
Moby Dick, port de Kyuka Island.
Shanks dévisagea la commandante de la quatrième division, réfléchissant aux paroles de la jeune femme qui continuaient de flotter dans l'air. Les mots qu'elle venait de prononcer trouvaient une certaine résonance dans le cœur de l'Empereur qui ne pût s'empêcher de laisser errer ses pensées vers une jolie barmaid d'East Blue. Se reconnectant avec la réalité, le roux décida d'attirer l'attention de la Shizen sur le Moby Dick, ne quittant pas son visage des yeux raffolant des expressions qu'il pouvait y lire, la trouvant très franche.
Sohalia écarquilla les yeux et hésita à rire pensant, au départ, à une farce du roux. Puis, lentement, très lentement, elle tourna les yeux vers la direction qu'indiquait d'un signe de tête l'ancien matelot de Roger. Quand elle croisa le regard d'Ace, Haruta, Izo, mais, surtout, celui de Marco, un violent rougissement engloutit son visage et, d'un bond, elle se cacha derrière le bastingage du Red Force, créant un fou rire chez le capitaine du navire.
« Par Davy Jones ! » jura-t-elle les mains cachant son visage écarlate, faisant redoubler le rire de Shanks.
M&S
Le phénix resta quelques secondes à fixer l'endroit où la jeune femme venait de disparaître honteusement. Il pinça les lèvres, fronça les sourcils, se concentrant pour ne pas laisser un sourire niais étirer ses lèvres, surtout en présence de ses frères qui n'hésiteraient pas une seule seconde à se foutre de sa gueule. Son estomac se tordait en tout sens après qu'il ait entendu la confession de la blonde, ravi, mais aussi à cause de la culpabilité qui le tiraillait en se souvenant de ce qu'il avait fait subir à la Shizen durant la soirée.
Izo se tourna vers lui et ouvrit la bouche. Le commandant de la première division leva la main et, par ce geste, le fit taire. Il n'avait pas besoin que son frère lui fasse un sermon. Il croisa les yeux rieurs de Shanks et hésita entre l'ignorer ou lui faire un geste obscène. Il décida de rester courtois. Un remerciement silencieux pour ce qu'il venait de faire. Dans un soupir, il salua ses frères et s'engouffra dans sa cabine.
Une fois caché, il se laissa tomber sur son lit et posa son bras sur ses yeux, alors que l'image de Sohalia, le regard perdu dans le ciel, un sourire rêveur éclairant les traits de son visage, expliquait ses sentiments, bien qu'elle n'avait rien dit clairement.
Pourtant, sa lettre continuait de le hanter, de le troubler. Il en avait marre. Il était un pirate ! Il ne demandait pas pour obtenir ce qu'il désirait, il prenait ce qu'il voulait. Il avait toujours ce qu'il voulait. Là, maintenant, tout de suite, il voulait Sohalia Shizen, alors qu'attendait-il ? Si seulement tout cela n'était que physique, tout serait plus simple, mais voilà qu'il s'était fait avoir comme un débutant. Pourtant, bien qu'il lui ait dit ses sentiments, qu'il lui ait semblé qu'elle les acceptait avec joie, il avait cette étrange impression qu'il manquait quelque chose pour consolider ce lien.
Dans un soupir, il se leva et se faufila dans sa douche, décidant de se détendre, d'éclaircir ses pensées quelques peu brouillées par l'alcool et les récents événements. Que voulait-il ?
M&S
A moitié endormie, à moitié éveillée, Sohalia frissonna. Un sentiment étrange l'avait tiré de son sommeil, qu'elle avait eu bien du mal à trouver. Une sonnette d'alarme résonnait dans son esprit. Elle avait l'impression d'être épiée, de ne plus être seule dans sa cabine.
Doucement, elle quitta son état comateux et prit garde à avoir une respiration régulière et profonde. Lentement, elle tendit son bras vers sa table de chevet dans l'intention d'allumer sa petite lampe. Elle avait dans l'idée de garder les yeux fermés et de laisser le haki de l'observation localiser l'intrus, profiter de la soudaine luminosité et de l'attaquer. Pourtant, son plan s'écroula comme un château de carte sur lequel on aurait soufflé.
« N'allume pas... »
Oui. C'était ça. On venait de souffler sur le château et tout s'écroulait. Surprise, Sohalia se redressa sur ses coudes et commença à discerner la silhouette de Marco. Sa voix n'avait été qu'un murmure rauque. Elle se demanda depuis combien de temps il était là à l'observer dans le plus grand des silences. Son esprit n'avait même pas imaginé qu'il puisse être cet intrus. Elle pensait déjà qu'il s'agissait de Jef et de ses plans tordus... Pour une fois qu'il était innocent...
« Que fais-tu là ? Questionna-t-elle et sa voix laissait clairement transparaître sa surprise.
– Et toi ? Que faisais-tu sur le Red Force ? » répliqua-t-il.
La Shizen fut surprise par cette attaque. Elle fronça les sourcils et regretta de ne pouvoir allumer la lumière pour savoir quelle expression il avait. Puis, une pointe de douleur au souvenir de cette soirée lui serra le cœur.
« Et toi ? Que faisais-tu avec Whitey ? » Rétorqua-t-elle.
Un silence pesant s'installa qui ne fut brisé que par le soupir du phénix. La commandante de la quatrième division le vit plonger son visage dans ses mains. Elle le voyait de mieux en mieux... Ce qui n'était pas bon pour son pauvre cœur qui était mis à mal par cette vision. Elle le revoyait la surplombant dans le plus simple appareil. Puis, son visage froid la détaillant. Ensuite, Whitey qui collait son opulente poitrine contre le torse du phénix.
La douleur s'était muée en colère. Elle envoya sa couette à l'autre bout de sa cabine à l'aide de grands coups de pieds. Elle sauta de son lit et se dirigea vers la porte, qu'elle ouvrit avant de poser un regard glacial sur le second de l'équipage.
« Je suis crevée, alors si tu as quelque chose à me dire, dis-le ou sors. »
Sa voix n'avait pas tremblé. Elle en était fière, car elle ne voulait pas qu'il est conscience de la féroce bataille qui se livrait en elle. Un côté voulait le garder dans cette pièce et l'autre voulait le mettre à la porte avec le renfort de quelques coups de pieds aux fesses. Un autre s'outrageait d'abîmer un tel fessier. Bref. Elle devenait folle.
Occupée à réprimer la révolte en elle, elle ne fit pas attention à Marco qui s'était levé de son poste d'observation. Il la fixait avec une soudaine détermination. D'un mouvement agile et rapide, il referma le battant et plaqua doucement, mais fermement, la blonde contre le bois.
Sous la surprise, elle lâcha un petit cri de surprise. Les battements de son cœur qui, à cause de son ahurissement, étaient devenus irréguliers, s'arrêtèrent quand elle le vit poser ses mains de chaque côté de son visage et rapprocher son visage du sien. Son odeur s'abattit sur elle comme un ras de marée, l'entraînant à des milliers de kilomètres du Moby Dick. Ses orbes sombres capturèrent les siennes et les emprisonnèrent à l'aide des sentiments que la jeune femme lisait. Quelques mèches des cheveux du phénix frôlaient le front de la Shizen. C'était le seul contact entre leur deux corps.
« J'abandonne. »
Dès qu'elle vit remuer ses lèvres, Sohalia se concentra dessus. Elle enregistra les moindres mouvements qu'elles venaient d'entreprendre pour prononcer ces mots. La façon qu'elles avaient eu de s'étirer pour laisser échapper ce murmure. Pour finalement se rejoindre et se sceller. Elle eut l'impression de recevoir une décharge électrique qui fit trembler ses jambes quand elle comprit ce qu'il venait de dire. Elle replongea dans ses yeux et se noya dedans avec un frisson d'extase.
Marco fit glisser ses mains de la porte à cheveux, qu'il coiffa délicatement. Il adorait leur douceur et fut soulagé qu'elle ne les coupe que rarement, appréciant cet halo doré qui l'entourait constamment. Il avait l'impression qu'elle était toujours entourée de chaleur, qu'elle possédait son propre Soleil. Ses doigts se déposèrent doucement sur ses épaules, faisant glisser les bretelles de son débardeur quand elles se dirigèrent vers ses avant-bras. Il se délecta des frissons qu'il faisait naître sur sa peau alors qu'il venait d'atteindre ses mains. Il les prit entre ses paumes et les trouva minuscule dans les siennes. Il entrelaça leurs doigts.
« Je sais qu'il est tard... » commença-t-il.
Sa voix n'était qu'un souffle. S'ils n'avaient pas été aussi proches, elle n'aurait rien entendu. Obnubilée par ses lèvres, elle se força à donner toute son attention aux mots qu'il allait prononcer.
« J'ai quelque chose en tête et cela m'obsède. Ça ne peut plus attendre, même pas quelques heures, quelques minutes, quelques secondes. J'en ai marre d'ignorer tout l'espace qu'il y a entre toi et moi. Alors... Fermons la porte derrière nous. Ils ne trouveront pas. »
Sa voix était basse et profonde et cela la remua jusqu'au plus profond de son être. Il joignit le geste à la parole et Sohalia perçut le bruit du verrou. Il reprit immédiatement sa main, comme s'il avait peur qu'elle ne s'échappe, s'il ne la tenait pas. En vérité, s'il n'emprisonnait pas ses mains, elle était pratiquement sûre qu'elle se serait écroulée sur le sol, engloutie par le déferlement de sentiments.
« Faisons attendre le monde entier, pendant nous dansons dans cette chambre, comme si nous n'avions que cette nuit. Il n'est pas question que je te laisse t'en aller avant la lumière du jour. »
Marco rapprocha leur visage et se stoppa lorsque leurs lèvres se frôlèrent. Il vit ses yeux embrumés par tant de sentiments : la joie, le désir, l'amour. Ses mains empruntèrent le trajet inverse, mais dévièrent pour se poser sur ses joues qu'il caressa doucement de ses pouces.
« Tu peux être tout mon monde, si je peux être ton satellite... Dansons dans cette chambre, chaque nuit, comme si elle était notre seule et unique nuit. »
Sohalia ferma les yeux et s'abandonna à lui. La sentant fébrile, il déposa l'une de ses mains entre le creux de ses reins pour la maintenir debout contre lui. Il scella leurs lèvres, les dégustant comme si elles étaient un met des plus rares.
La Shizen libéra sa main de la sienne et laissa ses doigts frôler les bras du commandant de la première division. Elle les posa sur ses épaules et exerça une légère pression dessus quand ils approfondirent le baiser. Ses mains filèrent dans ses cheveux y semant une belle pagaille tout comme celle qu'il faisait naître dans son cœur.
M&S
Échevelée, perdue, satisfaite, Sohalia vit Marco remonter doucement vers elle, déposant l'emprunte de ses lèvres sur la peau de la jeune femme. Il la surplomba, détaillant avec fierté son regard brumeux, ses joues rougies et sa poitrine qui se soulevait rapidement. Lui aussi haletait, excité par la vue qu'elle lui offrait.
Pourtant, bien que tout son être hurlait pour la dévorer au plus vite, il prenait son temps, la dégustant des yeux alors qu'elle reprenait peu à peu pied dans la réalité. Il la sentit refermer ses bras autour de lui alors qu'elle l'attirait vers elle jusqu'à ce que leurs lèvres entament une nouvelle danse. Il referma ses bras autour d'elle pour la serrer contre sa poitrine. Leurs bouches s'ouvrirent, s'unissant comme si elles ne devaient faire qu'une et n'être jamais séparées.
Et quelque chose changea en Sohalia... Quand elle touchait Jef, ou Akihide, c'était comme un incendie, des flammes féroces qui traversaient une plaine, avalant tout sur leur passage, mais qui s'éteignait rapidement.
Avec Marco, c'était différent. C'était plus profond, plus lent qu'un feu de brousse. Cela ressemblait plutôt à un fleuve de lave coulant bien caché sous la surface. C'était trop profond pour percevoir la chaleur, mais il avançait, inexorablement, changeant les fondations de son monde.
Cela ressemblait tellement au feu du phénix qu'elle tenait aux creux de ses bras. Il n'avait pas pour but de détruire, de ravager. C'était rassurant, soignant et si... Immortel. La chaleur était là, la berçant doucement. Elle était marquée au fer rouge, il n'y avait plus de doute possible.
Marco se recula de quelques centimètres en remarquant le goût salé de leur baiser. Il la dévisagea, confus, puis fit disparaître les gouttes qui perlaient de ses orbes marrons.
« Qu'y a-t-il ?
– Je t'aime. »
Leurs voix n'étaient que des chuchotements. Marco sourit en fermant les yeux en laissant ses mots sceller le lien qui les unissait. Il l'embrassa chastement.
« Et ça te fait pleurer ?
– Je suis heureuse... »
Sohalia avait répondu dans un soupir de bien-être en sentant ses lèvres caresser sa joue. Le phénix, satisfait de sa réponse, retira ses vêtements et la fit basculer pour qu'elle se retrouve au-dessus de lui. Il voulait pouvoir l'observer à loisir.
La Shizen était assise sur lui et il la vit frissonner alors qu'elle unissait leur deux corps. Elle baignait dans le halo doré de ses cheveux. Elle ferma les yeux et s'abandonna dans ses bras, laissant ses sentiments s'ancrer en elle.
M&S
L'aurore illumina la cabine de la commandante de la quatrième division, tirant les deux amants de leur demi-sommeil. Marco resserra la jeune femme contre lui, alors qu'elle grognait contre l'astre brûlant. Un doux sourire étira ses lèvres. Il était sûr d'être aussi fatigué qu'elle, mais sa joie ne pouvait être gâchée par quelques heures de sommeil en moins. Doucement, il déposa des baisers légers dans le creux de l'épaule de la blonde, qui se retourna immédiatement pour lui faire face.
Ils s'embrassèrent, se caressèrent, rirent, parlèrent jusqu'à ce qu'ils entendent les premiers signes du réveil de leurs frères. Dans un soupir, ils se séparèrent et quittèrent le cocon chaleureux du lit. Sohalia se dirigea, nue, vers son armoire et prit quelques vêtements. Quand elle se retourna vers le commandant de la première division, elle fut surprise de le voir déjà habillé. Il était adossé à la porte de la cabine, la détaillant, une lueur de désir assombrissant un peu plus son regard.
« Tu ne te laves pas avec moi ? Questionna-t-elle en se postant devant lui.
– Je ne vais pas remettre des vêtements sales après la douche, répondit-il en grimaçant, tandis qu'il la prenait dans ses bras. La prochaine fois, je penserai à ramener quelques affaires ici », ajouta-t-il l'air de rien en coiffant quelques mèches rebelles de la jeune femme.
Marco s'amusa de son étonnement, puis sourit en mettant son nez dans la pagaille de ses cheveux.
« Ça marche ! Si tu acceptes de laisser une petite place dans ta chambre pour quelques uns de mes vêtements.
– Tu sais ce que tu veux... répondit-il amusé, après l'avoir embrassé pour lui confirmer son accord.
– Pas vraiment... avoua-t-elle, pensive, en caressant son torse découvert du bout des doigts.
– Tu veux ce que la grande majorité des gens souhaitent avoir, mais n'oseront jamais avoir, affirma-t-il en frôlant la peau de son dos.
– Oh... Et qu'est-ce qui te permet de dire ça ? Questionna-t-elle amuseé en collant sa poitrine contre le torse de son amant.
– On va dire que ça fait un moment que je traîne dans ce monde et que ça m'a permit de voir un truc ou deux... dit-il en essayant de ne pas penser à ses tétons qui s'agitaient sur sa peau alors qu'elle s'esclaffait.
– Donc, Marco, dis-moi ce que je veux.
– Tu veux un amour qui te consume, qui te marquera à jamais. Tu veux de la passion. Tu veux une famille. De l'aventure. Et même un peu de danger... »
Le phénix n'y tint plus et attira son visage vers le sien pour entamer un baiser sulfureux.
« Et ça... Je suis le seul à pouvoir te l'offrir, précisa-t-il après l'avoir relâché.
– Que puis-je t'offrir, moi ? »
Marco sourit, essayant de calmer l'excitation qui s'était installé en lui durant leur petit échange. Il aurait adoré s'enfermer avec elle dans sa cabine toute la journée, mais il avait des obligations aujourd'hui. Il claqua ses fesses, la faisant sursauter et crier légèrement. Il profita de son recul pour ouvrir sa porte, prenant garde à ce qu'elle ne soit visible que pour lui.
« Devine... » susurra-t-il mystérieusement.
Il referma la porte et plissa les yeux face au Soleil éblouissant qui l'accueillait pour cette nouvelle journée. Il sourit en revoyant la mine outrée de Sohalia alors qu'il fermait la porte. Il prit la direction de sa cabine, laissant ses pensées errer sur la question de la jeune femme.
Que pouvait-elle lui offrir ? C'était une bonne question... Après tout, il était un pirate. Il n'avait pas besoin qu'on lui offre quoique ce soit, il pouvait voler pour obtenir ce qu'il désirait. Et puis, après tant d'années d'existences, qui aurait pensé qu'il lui manquait quelque chose...
Il était un phénix. Il avait goutté aux premières années avec euphorie, dégustant tout ce que le monde avait à lui offrir. Aujourd'hui, après avoir vu tant de choses, qu'elles eurent été bonnes comme mauvaises, son allégresse du début avait décliné pour laisser place à l'amertume et la lassitude.
Sohalia l'aidait à combattre cette morosité et cet ennui qu'il ressentait depuis quelques années. Elle lui apportait la joie, l'innocence et l'émerveillement qu'il n'éprouvait plus. Elle illuminait ses nuits et rendait ses jours plus brillants. Voilà bien longtemps qu'il n'avait plus apprécié l'excitation de commencer une nouvelle journée et d'attendre impatiemment les aventures qu'il allait pouvoir vivre.
Marco sourit. Sohalia venait de le faire renaître de ses cendres, lui redonnant un nouvel intérêt pour la vie, un nouveau but.
Mis en ligne le 01/01/2018
EDIT : 10/06/2020
