Lecteurs/Suivis/Favoris : Merci d'être de plus en plus nombreux ! :)


Disclamer : Certains OC proviennent de mon imagination ! Le reste de l'univers revient à Monsieur Oda !


Moby Dick, port de Kyuka Island.

Sohalia pénétra dans le réfectoire, déjà bien remplie par une heure si matinale. Un léger sourire apaisé flottait sur son visage. Elle salua d'un signe de tête sa division et s'apprêtait à les rejoindre quand elle aperçut du coin de l'œil Vista et Joz bailler avec une synchronisation parfaite. Curieuse, elle s'installa face à eux et juste à côté de Rakuyou qui la salua en levant sa tasse de café. Elle se servit distraitement et ignora les regards étonnés d'Izo et d'Haruta qui venaient de s'asseoir à ses côtés.

Remarquant que la jeune femme ne parlerait pas si facilement de la cause de son bonheur soudain, le commandant de la seizième division se rabattit sur les mines épuisées de ses deux autres frères. Vista était souvent dans cet état le matin, mais Joz, lui, se faisait un point d'honneur pour masquer ses faiblesses.

« Bah, les gars, vous avez fait quoi cette nuit pour avoir une tête pareille ? se moqua-t-il doucement.

- J'avoue être curieuse, moi aussi, ajouta la Shizen.

- Ouais, Vista, tu fais toujours cette tronche, mais Joz… insista Haruta.

- Me dîtes pas que vous êtes allés profiter de l'île sans nous ?! s'insurgea le commandant de la septième division.

- Non… grommela l'homme diamant en les toisant. Faut juste refaire l'isolation du Moby Dick… Et très vite ! expliqua-t-il rendant perplexe ses interlocuteurs.

- Ou que Marco devienne un mauvais coup… Ou que Sohalia devienne muette ! » dit l'épéiste, un sourire mauvais aux lèvres.

La Shizen prit immédiatement la couleur rouge vif et détourna les yeux en maudissant son frère. Et dire qu'elle s'inquiétait pour lui… Elle aurait dû frapper sur les murs avec ses pieds durant la nuit.

« Hein ?! Lia-chan et Marco ont remis le couvert ?! » s'écria Ace en s'installant avec eux.

Tous les pirates se tournèrent vers eux, curieux de confirmer les dires du jeune commandant. Sohalia le toisa en essayant de calmer la couleur de son visage. Portgas lui renvoya un sourire éclatant et débuta son repas sans plus se soucier de sa sœur.

« Eh bien… Vous cachez bien votre jeu tous les deux… s'esclaffa Rakuyou en lui donnant une bourrade amicale.

- Joz ! Vista ! Racontez-nous ! Ces deux-là ne diront rien, alors vous êtes notre seule source d'information ! » insista Haruta, bien trop content de ne pas être au centre des moqueries dès le matin… Sale traître !

Sohalia se leva dignement, prit son repas et rejoint sa division. Elle se posa à côté de Dom et en face de Ritsu. Un silence la salua, puis :

« Il est si doué que ça, le commandant Marco ? » rit le colosse en lui donnant de grandes tapes dans le dos.

Elle allait vraiment devoir trouver une très bonne vengeance pour Ace. Elle n'allait connaître aucun répit aujourd'hui… Elle sursauta quand elle sentit une main se poser sur son épaule. La jeune femme dévisagea Izo qui lui sourit, ravi de la réconciliation du phénix et de la Shizen. Cette dernière le suivit des yeux alors qu'il quittait la salle, se demandant s'il s'était beaucoup inquiété pour eux deux. Dans un soupir las, elle croisa les orbes verts de l'ancienne petite-amie de son frère.

« Je suis contente pour vous deux ! » avoua-t-elle dans un large sourire.

Sohalia n'était pas dupe. Elle avait bien vu que ses prunelles étaient restées froides et vides, alors qu'elle essayait de convaincre le monde entier qu'elle allait mieux. Elle interrogea du regard Yori qui se trouvait à côté de la tigresse, étrangement tendu par la proximité de la jeune rousse. Il secoua la tête signifiant ainsi à sa commandante que Ritsu n'avait pas réussi à dormir.

M&S

Alors que Marco revenait des cales du navire, il entendit la porte menant au pont claquer et des pas précipités résonner sur les marches. Il avança tranquillement à la rencontre du pirate pressé, tenant dans ses mains l'inventaire qu'il venait de réaliser. Certes, ses frères l'avaient déjà fait après avoir refait les stocks de vivres, mais il valait mieux être prudent et revoir tout cela.

« Ah ! Marco ! »

L'interpellé releva immédiatement la tête vers la voix féminine qui venait de crier son prénom. Sohalia apparut en haut des marches. Ses cheveux étaient attachés en une haute queue de cheval qui volait derrière elle alors qu'elle courait pour le rejoindre. Ses joues étaient rougies et il se demanda depuis combien de temps elle arpentait le navire pour le retrouver. Il lui sourit alors qu'elle sautait la dernière marche pour atterrir devant lui. Il remarqua que la pointe de ses cheveux frôlait la naissance de ses fesses. Elle devrait peut-être les couper un peu, même s'il les aimait ainsi, cela pouvait être un vrai danger pour elle…

« Je te manquais ? taquina-t-il avec un sourire en coin.

- Bien sûr, avoua-t-elle avec un immense sourire. Je te dérange ? questionna-t-elle en fixant les feuilles de papier qu'il tenait dans sa main.

- Non, j'ai fini de tout noter. J'allais retourner dans ma cabine pour comparer les différents rapports pour voir s'il n'y avait pas d'erreur. Ça fait longtemps que tu me cherches ? demanda-t-il en caressant du bout des doigts sa joue rouge.

- Une bonne demi-heure, je dirais, pouffa-t-elle en se rapprochant de lui, inconsciemment attirée par lui.

- Un problème ? dit-il en jouant avec quelques mèches qui se trouvaient à la naissance de sa nuque et qui s'étaient échappées de leur prison.

- Non… Je voulais juste savoir ce que tu faisais cet après-midi, murmura-t-elle en profitant de cette douce caresse en posant ses mains sur son torse.

- Eh bien, je dois revoir les inventaires pour être sûr que nous manquons de rien, puis je vais calculer le temps qu'on mettra pour rallier la prochaine île, et, normalement, je suis libre.

- Tu devrais avoir fini vers quelle heure ? s'enquit-elle en frôlant son tatouage de ses doigts déclenchant des frissons chez son passage.

- Nous nous sommes levés tôt, et il n'est même pas encore dix heures, donc je pense vers treize heures, répondit-il après avoir jeté un coup d'œil à sa montre.

- Ça te tente une sortie en ville ? proposa-t-elle avec un sourire éclatant.

- Je croyais que ton peuple avait des espions éparpillés un peu partout et qu'il ne fallait pas qu'on se montre à cause d'eux ?

- C'est exact. C'est pourquoi nous irons avec les autres commandants et Ritsu, expliqua-t-elle.

- Ritsu ? s'étonna-t-il.

- Hum… Je m'inquiète pour elle. J'aimerai la connaître un peu plus… avoua-t-elle en fronçant les sourcils.

- Bien… Je te rejoins dans ta cabine à treize heures », acquiesça-t-il.

Le commandant de la première division devait avouer que lui aussi avait remarqué la fatigue de la rousse, et il se doutait que, pour elle, remettre les pieds sur un lieu où elle avait partagé tant de moments avec Thatch n'était pas facile, mais il ne savait pas quoi faire pour aider l'ancienne marine.

Il soupira et sourit face aux regards curieux que lui jeta la blonde. Il l'embrassa rapidement et l'observa remonter les marches quatre à quatre, trébuchant de tant à autres, comme à son habitude. Marco la vit se figer dans un cri, comme si elle venait de se souvenir de quelque chose, puis revenir vers lui, et sauter dans les airs. Surpris, le phénix lâcha ses feuilles et la rattrapa. Elle encercla son bassin de ses jambes, déclenchant une décharge électrique dans le corps du commandant de la première division.

« J'ai oublié ! » s'esclaffa-t-elle face à l'expression de pure surprise de son vis-à-vis.

Sohalia l'embrassa doucement, lentement. Marco ne se fit pas prier pour lui répondre, tout en appréciant cette position. Il dût faire preuve d'un grand sang-froid pour ne pas la plaquer contre le mur et la faire sienne dans la seconde. Il avait hâte que la nuit arrive. D'un coup, il rompit le baiser.

« Pendant que je te tiens, débuta-t-il en lui pinçant les fesses. Dis-moi, pourquoi les membres de ma division me lancent des regards comme s'ils savaient tous ce que j'ai fait de ma nuit ?

- Ah ! s'exclama-t-elle en voyant parfaitement de quoi il voulait parler puisqu'elle subissait la même chose. Apparemment, faut refaire l'isolation du Moby Dick… Ou que tu deviennes un amant pitoyable, ou que je devienne muette », répondit-elle en lui volant un baiser.

Le phénix la dévisagea, puis sourit.

« Je vais voir avec Père pour refaire les isolations phoniques, déclara-t-il faisant rire la jeune femme.

- Tu n'envisages pas les deux autres solutions ?

- Non. Je ne peux cacher mon talent à te faire crier, avoua-t-il la faisant rougir et glousser. Et puis, j'adore entendre tes murmures impatients, tes soupirs de bien-être et tes cris d'extases », susurra-t-il à son oreille tandis qu'une de ses mains se faufilait sous son t-shirt et caressait la peau de son dos.

Marco la reposa sur le sol et observa avec une pointe de fierté les yeux marron assombris par le désir. Il lui offrit un sourire en coin qu'elle s'empressa d'embrasser avant de filer pour ne pas lui sauter dessus dans les cales.

M&S

Sohalia soupira en signant rapidement une feuille. Après être remontée des cales, elle avait découvert une pile de paperasse assez impressionnante déposée sur son bureau. Elle s'y était attelée immédiatement, ne voulant pas repousser sa soirée avec Marco. Elle prit la feuille et la plaça sur celles qu'elle avait déjà lu, puis en prit une nouvelle sans jeter un coup d'œil aux deux piles, se doutant qu'elle avait encore le double de ce qu'elle avait fait à faire.

Un coup à sa porte brisa sa concentration. Elle se leva et l'ouvrit pour voir Namur qui lui sourit.

« Père demande à te voir, tout de suite », précisa-t-il.

La Shizen acquiesça, referma la porte de sa cabine et le suivit jusqu'au quartier du capitaine. Pas la peine de fermer à clé, elle savait que Nostradamus avait fait placer un sort de confidentialité sur les documents pour que personne ne puisse connaître leur origine. Namur la laissa devant la porte après y avoir toqué. Elle y pénétra dès qu'elle en eut l'autorisation et fut surprise de voir le sage de la lignée de Senrigan en pleine conversation avec l'homme le plus fort au monde.

« Nostradamus ?! Mais que faites-vous là ? s'écria-t-elle en refermant vivement la porte. Bonjour, Père, salua-t-elle une fois l'étonnement passé.

- Trois raisons. Je vous remets une boîte où vous placerez les documents que vous aurez traités pour nous les renvoyer. Ensuite, je tenais à vous donner ceci. »

Il s'avança vers elle et lui attrapa le poignet pour y placer un bracelet de couleur argenté tout simple. Il n'était pas décoré. Rien ne venait l'égayer.

« Si vous portez ceci, vous n'avez plus à vous inquiéter des espions de notre île. Je l'ai fait faire dès que j'ai vu que vous vous réconcilierez avec le commandant de la première division », expliqua-t-il.

La jeune femme jeta un coup d'œil gêné à son Père qui souriait semblant content de cette nouvelle. Elle rougit et tenta de reprendre contenance.

« La troisième raison ? s'enquit-elle.

- Le jeune Kino Kasai requiert un entretien avec vous. Il dit que c'est urgent. »

Sohalia détailla son conseiller, surprise par l'audace de l'héritier de la lignée du feu. Il lui avait parut si réservé et timide. Elle fronça des sourcils. Peut-être qu'il voulait lui demander son pardon pour ses grands-parents… Ou bien, cela avait un rapport avec Maiya… Elle plongea ses yeux dans ceux plissés et ridés par les années de Nostradamus.

« Très bien. Puis-je le recevoir ici, Père ? » demanda-t-elle.

Elle préférait rester prudente et ne pas se retrouver seule avec un Kasai. Après tout, la nature ne faisait pas le poids face au feu. Barbe Blanche acquiesça et Nostradamus disparut alors que quelqu'un toquait à la porte de la cabine. Le capitaine fit entrer son second qui s'étonna de la présence de la blonde, mais resta concentrer sur le but de sa visite.

Kino Kasai apparut moins d'une minute après l'arrivée du phénix qui sursauta et se mit en garde face à cette intrusion. Barbe Blanche rassura son fils et Sohalia lui sourit pour approuver les dires de son capitaine.

L'héritier resta muet face à la taille impressionnante de l'homme qui le fixait pour jauger ce qu'il valait. Puis, il sursauta lorsque la Shizen se racla la gorge pour attirer son attention.

« Pardon pour cette intrusion, Votre Majesté ! s'écria-t-il en s'inclinant le plus bas qu'il pouvait. Jamais je ne me serai permis de faire une telle chose si cela n'était pas d'une importance capitale.

- Père, Marco, je vous présente Kino Kasai. Un ami de ma cousine, le présenta-t-elle en souriant quand ils levèrent un sourcil en entendant le nom de famille de l'intéressé. Kino, je te présente Barbe Blanche, capitaine de ce navire. Voici son second et le commandant de la première division, Marco.

- Pardon de vous déranger sur votre navire et merci de me recevoir », dit-il en s'inclinant vers les deux hommes.

L'empereur s'esclaffa et fit un signe de main pour lui signifier de se détendre sous les regards amusés de ses deux enfants. Le Kasai dévisagea sa reine, lui demandant silencieusement s'il pouvait parler en présence des deux pirates.

« Je t'écoute, l'encouragea-t-elle alors que son père et son amant reprenaient leur conversation.

- Je m'inquiète pour la princesse Maiya… souffla-t-il les yeux perdus dans le vide en fronçant les sourcils. Depuis la mort de la défunte reine Emi, ses pouvoirs se sont subitement réveillés. Elle en perd le contrôle… Je requiers votre autorisation pour l'aider et l'entraîner », supplia-t-il en se laissant tomber sur le plancher de la cabine, son visage contre le sol.

Sohalia ouvrit la bouche, hébétée et échangea un regard avec les deux pirates qui étaient aussi surpris qu'elle. Elle reprit contenance et lui demanda de se relever, ce qu'il fit immédiatement après qu'elle ait émit sa requête.

« Pourquoi toi ? Je peux très bien demander à des professionnels de s'en occuper. Qu'est-ce qui te fait penser que tu seras plus apte à aider Maiya qu'un véritable professeur ? questionna-t-elle durement.

- Ils ne la connaissent pas ! Je suis le seul qui la connaisse ! affirma-t-il. A part vous et son père, bien entendu, se reprit-il en la voyant sourciller, faisant sourire le capitaine et le commandant. Je connais la moindre de ses expressions. Je sais quand elle fait semblant que tout va bien. Je sais quand elle est sur le point de fondre en larmes. Je sais comment apaiser ses peurs et ses pleurs. Je sais la faire sourire. Elle n'arrive pas encore à rire, mais je sais que j'y arriverai. Je ne resterai pas les bras croisés à la laisser dépérir alors que je peux l'aider. Et puis, ne serait-ce pas mieux que cette aide vienne d'une personne en qui elle a la confiance que d'un étranger ?! Votre Majesté ! Laissez-moi aider votre cousine ! Je sais que vous l'aimez comme si elle était votre sœur… Mais… Mais je l'aime aussi ! Je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour la rendre heureuse ! Je… »

Sohalia, Barbe Blanche et Marco observaient Kino alors qu'il était toujours concentré dans son discours enflammé. La commandante de la quatrième division le dévisagea, n'écoutant plus ce qu'il disait. Ce n'était que des mots. Jef lui avait dit des tas de mots dans ce genre là, et cela ne l'avait pas empêché de lui planter un couteau dans le dos… La jeune femme préférait de loin les gestes aux mots. Alors, plutôt que l'écouter, elle observa.

Elle ne put ignorer les sentiments qui se lisaient dans les yeux du jeune homme qui continuait de déblatérer. Il avait réellement peur pour sa cousine. Peur qu'elle se blesse ou qu'elle blesse quelqu'un d'autre. Il savait très bien que si elle blessait quelqu'un, elle s'en voudrait toujours. Il ne voulait pas qu'elle connaisse cela. Sohalia vit son envie de lui porter secours, de lui tendre la main et de la sortir des ténèbres dans lesquelles elle était plongée. Mais, ce qu'elle ne put que remarquer fut son amour pour elle. Un amour tendre et pur.

Sohalia s'agenouilla en face de lui; Il s'était de nouveau prosterné. Elle soupira, exaspérée par ce gamin bien trop passionné. Elle abattit sa main sur son crâne, le faisant taire et relever la tête.

« Aye, aye… J'ai compris ! Tu l'aimes tellement que tu serais prêt à donner ta vie pour Maiya, marmonna-t-elle ne voulant pas qu'il sache à quel point elle était touchée par ses sentiments pour sa cousine.

- Je me placerai entre elle et la mort sans aucune hésitation ! reprit-il.

- Tais-toi, bon sang ! grommela-t-elle en lui pinçant le nez. Je t'ai dit que j'ai compris, soupira-t-elle, ignorant son père et son amant qui camouflaient leur rire par une toux soudaine. J'accède à ta requête. Aide-la à devenir plus forte. Apprends-lui à contrôler son pouvoir. Fais-la rire à nouveau. Mais si tu la fais pleurer une seule fois, tu regretteras d'être venue au monde, Kasai. »

Kino la dévisagea, n'en croyant pas ses yeux. Sa reine lui donnait-elle l'autorisation d'aimer la princesse héritière ?! La blonde continuait de lui pincer le nez en le menaçant de milles et une mort. Le jeune homme sourit, la faisant taire.

« Merci, Votre Majesté. Merci infiniment ! »

Sohalia se redressa et le chassa en lui ordonnant de rejoindre Maiya au plus vite, ce qu'il s'empressa de faire. Dès qu'il eut disparut, Sohalia soupira, soudainement fatiguée, remercia son père pour sa patience et salua les deux hommes avant de quitter la pièce.

Marco fixait la porte, la déclaration du jeune noble tournait dans sa tête. Une toux discrète le ramena à la réalité.

« Tu avais autre chose à me demander, mon fils ?

- Est-ce qu'on pourrait envisager de refaire l'isolation phonique du Moby Dick ? » questionna-t-il sans réfléchir.

Barbe Blanche s'esclaffa. Il avait entendu parler de la discussion du petit-déjeuner entre ses fils, mais il était surpris que le phénix lui demande sérieusement cela. Jeune ou adulte, Sohalia était une bouffée d'air frais sur ce navire de vieux loups de mer.

S&R

Les commandants de l'équipage de Barbe Blanche et Ritsu étaient attablés à la terrasse d'un bar de la ville portuaire. De là, ils pouvaient voir le Moby Dick et sa réplique, le Red Force et le Thousand Sunny. La ville était calme et les habitants profitaient du retour de la paix. Ils parlaient dans la rue, flânaient de magasins en magasins. C'était animé et cela faisait du bien.

Sohalia capta quelques regards étonnés de ses frères sur Marco et elle. Ils restaient à une distance raisonnable l'un de l'autre. Ils n'étaient même pas assis à la même table, mais ils étaient dos à dos. Sohalia était installée avec Ritsu, Izo, Haruta et Vista. Marco, lui, était en compagnie de Joz, Ace, Rakuyou et Namur. Les autres étaient assis à une table derrière Vista. La terrasse était bruyante, car, même s'ils n'étaient pas à la même table, cela ne les empêchait nullement d'interpeller un frère à l'autre bout. Les rires fusaient en tout sens. Cette ambiance détendue faisait énormément de bien à la Shizen.

« Au fait, Ritsu, comment as-tu connu cet équipage ? questionna la blonde en sirotant son mojito.

- J'ai couché avec Ace », répondit franchement la rousse.

Sohalia recracha sa boisson, s'aspergeant de son cocktail sous les regards amusés des commandants. Tous ses frères la dévisageaient en souriant. Ritsu se pencha vers la blonde, elle aussi moqueuse face à la réaction de sa commandante.

« Dis, comme tu viens de poser une question gênante, je peux t'en poser une aussi ? s'enquit-elle.

- Ce n'était pas une question gênante. C'était la réponse qui l'était, répliqua la Shizen en s'épongeant à l'aide d'une serviette. Vas-y, soupira-t-elle en apercevant la détermination de la tigresse.

- J'ai remarqué que tu ne portais ni bague de fiançailles, ni d'alliance… Je me demandais juste si c'était un choix de ta part ou si c'était parce que c'était tellement précipité que tu n'en avais pas encore… »

La commandante sentit la tension qui naissait chez Marco. Discrètement, elle attrapa sa main et caressa le dos de sa main avec son pouce. Personne ne vit ce geste, mais tout le monde se tut pour entendre la réponse de la blonde.

« J'en ai… Je ne les porte que si je dois faire semblant… De toute façon, ce mariage n'est qu'une mascarade… soupira-t-elle en sentant le phénix se détendre derrière elle. Sinon, tu t'es bien entendu avec Bonney ? » demanda-t-elle rapidement pour changer de sujet.

Les conversations mirent quelques secondes à reprendre. Ritsu acquiesça pour lui faire comprendre qu'elle avait compris que ce sujet était tabou et raconta son avis sur la capitaine gloutonne.

A&B

Sohalia abandonna Izo à une échoppe de vêtements traditionnels : elle avait un petit creux. Elle laissa son odorat la guider, souriant en croisant Marco en compagnie de Ritsu qui semblait s'amuser à taquiner le phénix. Alors qu'elle s'approchait d'un stand de friandises, elle aperçut Ace baver devant l'une d'entre elles. Curieuse, elle se plaça à ses côtés et devait avouer que toute cette nourriture lui donnait l'eau à la bouche.

Du coin de l'œil, la Shizen vit une jeune femme aux cheveux roses s'approcher d'eux et attraper la gourmandise que fixait Ace, puis l'engloutir sans cérémonie avant de balancer quelques Berrys au marchand. Le commandant de la seconde division se retourna vers le voleur et s'apprêta à l'incendier.

« Si tu le voulais tant que ça, fallait le prendre plus tôt. Après tout, les pirates prennent ce qu'ils veulent. »

Après sa petite déclaration, Bonney continua son chemin, goûtant quelque chose à chaque échoppe. Son équipage la suivait quelques mètres derrière elle. Ils étaient nombreux à avoir le teint verdâtre. Sohalia rit, puis s'esclaffa véritablement en voyant Ace se gratter la nuque et sourire un peu, troublé par cette première rencontre. Les deux gloutons sont fait pour s'entendre, pensa la Shizen.

M&I

Marco ferma la porte de la boutique qu'il venait de quitter et s'engagea de nouveau dans la rue commerçante dans l'idée de rejoindre ses frères. Il serra l'achat qu'il venait d'acheter et qu'il gardait dans la poche de son bermuda. Il se demandait si cela était une bonne idée. Dans un soupir, il reprit sa route, mais fut de nouveau arrêté par une exclamation.

« Je viens de voir quelque chose de très intéressant », chantonna Izo.

Le phénix dévisagea son frère et attendit patiemment qu'il arrête de rire.

« La petite discussion de tout à l'heure t'a autant fait cogiter ? le taquina le commandant de la seizième division. Tu es sérieux ? questionna-t-il, son grand sourire disparut, inquiet. Ce n'est pas quelque chose d'anodin, Marco… Tu as bien réfléchi ? C'est comme si tu te mettais une cible dessus et que tu disais à la marine de viser bien au centre… Et tu n'es pas tout seul dans cette histoire. Tu es sûr de vouloir faire ça ? »

Le commandant de la première division détourna les yeux et détailla la rue bouillonnante de vie. Son regard fut accroché par un couple qui se tenait la main, souriant, insouciant. Un petit garçon se précipita dans leurs jambes et l'homme le souleva dans les airs faisant rire l'enfant. Il serra le paquet dans sa poche et fixa son frère. Il haussa des épaules et le dépassa.

M&S

Sohalia se rassit à son bureau après avoir dîné en compagnie de sa division. Ayant passé tout l'après-midi avec les commandants, elle avait décidé de passer le repas en leur compagnie, malgré l'insistance d'Izo qui voulait absolument qu'elle les rejoigne. Elle soupira, prit le gilet qui était accroché à son dossier de chaise en sentant l'air se rafraîchir et s'attela de nouveau à sa tâche.

Un coup à sa porte la fit se lever et elle ouvrit la porte pour découvrir le commandant de la première division sur le pas de sa cabine. Il lui sourit et elle le fit entrer en toisant deux de ses frères qui les fixaient avec des sourires entendus. Il déposa son sac sur son lit et vit son bureau couvert de feuilles.

« Et moi qui pensais que j'étais le seul à avoir autant de bordel sur le mien, » lança-t-il en la faisant rire.

Elle le laissa l'attirer contre lui et répondit à son baiser. Il soupira de bien-être en déposant son front sur le sien. Elle profita de cette étreinte réconfortante qui l'entourait. Il s'écarta et prit son sac. En le voyant, Sohalia lui envoya un sourire éblouissant, puis ouvrit son armoire et ses tiroirs, ainsi que la porte menant dans sa salle-de-bains.

« Je finis rapidement ce rapport et je suis tout à toi », annonça-t-elle en se remettant à tâche.

Le phénix l'observa quelques instants, puis rangea tranquillement ses affaires. Avant de refermer le tiroir, il aperçut le sac de lingerie rouge qu'il lui avait offert et sourit. Il secoua la tête et prit à son tour les documents que père venait de lui remettre. Il la sentit s'installer à ses côtés et lui masser doucement les épaules. Il poursuivit sa lecture en profitant de l'attention de la jeune femme.

« Qu'est-ce que c'est ? questionna-t-elle doucement.

- Hum… Des informations que Shanks et Mihawk ont récupéré sur la prochaine île… répondit-il distraitement.

- Ça s'annonce mal ? demanda-t-elle et le phénix perçut sans mal son inquiétude dans sa voix.

- On va dire que l'ambiance de cette île n'était pas géniale de base et que Jef y foute le bordel ne fait qu'en rajouter une couche, expliqua-t-il en déposant les feuilles sur la table de chevet.

- Une île abandonnée de la marine ? supposa la blonde en se calant contre le torse du second de l'équipage.

- Oui, pauvreté, maladie, famine, hors-la-loi… Tout cela y règne. Personne n'est épargné. »

Sohalia resta silencieuse et se concentra sur les battements du cœur du phénix. Elle soupira en essayant de chasser la tension et les mauvaises pensées qui s'installaient en elle suite à cette petite conversation.

Marco aussi soupira. Pas à cause de la prochaine île : ce n'était, malheureusement, pas la première fois qu'il allait voir un tel spectacle. Il avait l'impression que la poche de son bermuda était plus lourde… Qu'une enclume s'y trouvait. Il se redressa et la Shizen suivit le mouvement.

« Lia… Es-tu sûre ? demanda-t-il en fixant ses yeux où brillait un éclat de confusion suite à sa question. De ton choix ? Je me doute qu'une fois qu'on en aura fini avec Jef, tu retourneras sur ton île, expliqua-t-il en la sentant se tendre.

- Oui, je devrais y retourner… souffla-t-elle, les épaules abattues. Mais ce ne sera que pour deux ans ! Je dois juste attendre que Maiya soit majeure ! Ensuite, je serai libre de vous rejoindre et de faire ma vie à vos côtés ! Et je viendrai vous rendre visite pendant ces deux ans ! déclara-t-elle.

- Lia… Nous savons tous les deux que tu adores ta cousine et que tu vas vouloir la protéger… Tu ne la quitteras pas juste après sa majorité…

- Tu doutes de moi ? demanda-t-elle en fronçant les sourcils.

- Non. Je te connais. Et puis, si tu pars, tu ne pourras plus jamais y retourner… Qu'est-ce qui arrivera à Akihide ? Tu es prête à abandonner Hachiro et Maiya ?

- Bien sûr que non ! Je trouverai une solution ! J'en trouve toujours une ! Je dois juste me montrer patiente ! Mais, il est hors de question que j'abandonne ma vie de pirate, que je vous abandonne ! »

Marco pinça les lèvres. Il était en train de l'énerver et ce n'était pas le but. Il devait trouver un autre moyen de lui faire comprendre.

« Je ne dis pas ça... Mais je veux juste être sûre que tu as mûrement réfléchi tes choix, car après tu ne pourras plus retourner en arrière. Tu devras vivre toute ta vie avec ces choix. Je ne veux pas que tu regrettes… lui dit-il en attrapant sa main.

- Je sais ce que les deux voies peuvent m'offrir et ce que je devrais sacrifier pour les atteindre… Ecoute, j'adore Maiya et Hachiro, et je m'inquiète pour Akihide, mais je sais qu'en deux ans, j'aurais trouvé une solution pour m'assurer qu'ils iront bien quoiqu'il arrive. J'ai toujours eu pour but de vous retrouver, et mon objectif n'a pas changé.

- Lia… La vie de pirate ne peut pas tout t'offrir…

- Connerie, marmonna-t-elle en croisant les bras sous sa poitrine.

- Je suis un pirate ! rétorqua-t-il.

- Moi aussi ! répliqua-t-elle.

- Je ne pourrai jamais te faire de grandes déclarations d'amour comme a fait ce Kasai.

- Ça tombe bien… Puisque ce n'est pas mon genre non plus. Je préfère les gestes au long discours vide de sens.

- Mais un jour, tu désireras ça, Lia. Un jour, tu voudras avoir une vie calme, tranquille. Une vie avec un homme qui pourra te dire tout ce qu'il ressent pour toi, te les hurler sans avoir peur que la marine le sache et qu'ils vous pourchassent. Tu voudras te marier avec cet homme. Tu voudras avoir des enfants avec lui sans avoir peur que ta chair et ton sang soit chassé comme Ace. Je ne peux t'offrir cela, Lia. »

Sohalia maudit Kino Kasai, la marine et elle-même. Elle soupira et essaya de rester calme. Elle posa ses mains sur ses joues et plongea ses yeux dans les siens.

« Marco, je sais ce que je veux… J'ai toujours vécu comme un hors-la-loi et j'aime ça. J'aime voguer d'île en île. J'aime ce navire. J'aime cet équipage. Je t'aime, toi. Je suis libre avec vous. Là-bas, je dois faire semblant. Je ne peux pas monter sur les tables et chanter des chansons. Je ne peux pas être soûle. Ma vie, là-bas, est ennuyante. Avec vous, elle est incroyable. Je suis sûre de vouloir être pirate. »

La Shizen marqua une pause et inspira profondément.

« Pourquoi, par Davy Jones, tu me parles mariage et gosses ?! On vient de commencer notre relation… Je suis d'accord avec toi. Dès que la marine saura pour notre relation, nous serons doublement recherchés. Quant aux enfants… Bordel ! Je ne me vois pas mère. J'aime bien trop faire la fête et courir après des aventures pour me retrouver à pouponner. Ça serait bien trop dangereux pour eux… »

Sohalia secoua la tête pour effacer en rougissant l'image d'elle enceinte et Marco entourant son ventre rebondi. Hell no ! Comment ferait-elle pour protéger son père et ses frères enceinte jusqu'aux yeux ?!

« As-tu oublié ce que tu m'as dit hier ? souffla-t-elle. Tu sais ce que je veux : Un amour qui me consume et qui me marquera à jamais, de la passion, une famille, de l'aventure, un peu de danger… Et cela, tu es le seul à pouvoir me l'offrir. Marco, je n'ai pas besoin de long discours pour que tu prouves que tu m'aimes. Je le vois dans tes yeux, dans tes sourires, dans la façon dont tu me touches. Cela me suffit. »

Le phénix sourit, rassuré. Il se plaça derrière elle et la fit s'appuyer sur son torse. Il sortit le petit paquet de sa poche et le mit dans le creux de ses mains. Il sentit le cœur de Sohalia rater un battement, puis repartir dans une course folle et cela le fit rire.

« Marco… C'est pas ce que je crois… Hein ?! demanda-t-elle tremblante en ne touchant pas l'écrin de velours bleu nuit.

- Si. »

Le commandant de la première division sourit en apercevant ses joues pâles. Il ouvrit la boîte et la laissa observer la bague et l'alliance.

« Je me sens pas bien », couina-t-elle en mettant sa main sur bouche.

Marco s'esclaffa et lui passa les bagues au doigt sous les yeux horrifiés de la jeune femme.

« Déjà des nausées, chérie ? » se moqua-t-il doucement.

Il la sentit se figer au creux de ses bras, puis elle se retourna lentement vers lui, outrée qu'il se moque d'elle.

« Tu te fous de moi depuis un moment, n'est-ce pas ?

- Moi ? Jamais je n'oserai faire ça ! s'insurgea-t-il.

- Arrête tes conneries et dis-moi pourquoi tu me donnes ça ! grogna-t-elle en se détachant de lui pour être complètement face à lui.

- Si nous ne devons pas trop nous afficher, tu dois, toi aussi, prendre garde aux espions et jouer la comédie. Tu dois montrer ton lien avec Akihide. »

Sohalia détailla longuement les deux bijoux, essayant de réfréner la douce chaleur qui faisait gonfler son cœur. Elle aimait ces deux bijoux… C'était ce qu'ils représentaient qu'elle n'appréciait pas.

« Et puis, je préfère que tu portes quelque chose que j'ai choisi pour toi, plutôt que ça soit quelque chose que Akihide ait choisi… » souffla-t-il en fixant lui aussi le doigt orné des bagues.

La jeune femme se redressa et l'embrassa jusqu'à être à bout de souffle. Le phénix frissonna en sentant sur sa joue le métal froid des bagues. Un frisson agita son échine et il la colla un peu plus contre lui.

« C'est aussi pour marquer notre lien. Les autres ne le sauront pas, mais nous, nous connaîtrons la vérité, ajouta-t-il en posant son front contre le sien.

- Et qu'est-ce qui me rappellera à ton bon souvenir ? murmura-t-elle.

- Enlève ma chemise. »

La commandante de la quatrième division écarquilla les yeux, puis cligna des paupières ne voyant pas le rapport. Elle haussa des épaules, ne cherchant pas à comprendre et obéit. Il se tourna pour qu'elle puisse voir son dos. Il l'entendit inspirer bruyamment et sourit.

Un « S » ornait de fleurs se trouvait à l'emplacement exact de son cœur, gravé à jamais sur la peau de son dos. L'œuvre était magnifique en soi, tout comme le geste.

« Tu es fou ! chuchota-t-elle vivement alors qu'il se retournait pour la regarder.

- C'est maintenant que tu t'en rends compte ?! Personne ne peut le voir étant donné que je ne me trimbale pas à poils comme d'autres, répliqua-t-il en faisant clairement allusion à Ace. Toi, tu as ces bagues, et moi, ceci, ajouta-t-il en la rapprochant de lui pour lui ôter son t-shirt. Tiens, c'est nouveau ? questionna-t-il en attrapant son poignet où se trouvait un simple bracelet argenté.

- Ah ! Suis con ! C'est Nostradamus qui m'a donné ça tout à l'heure ! Ça empêche les espions de nous voir ! »

Marco cligna des yeux et soupira. Elle n'était pas possible. Elle allait le rendre dingue.

« Donc si je comprends bien, j'ai passé l'après-midi à me retenir pour rien ? grommela-t-il.

- Te retenir ? répéta-t-elle, perdue, elle avait le cerveau en compote après une telle journée.

- A ça… souffla-t-il en l'embrassant fougueusement. A ça, continua-t-il en ôtant son t-shirt. A ça, reprit-il alors qu'il lui enlevait son soutien-gorge. Et à ça… »

Il se pencha vers elle et commença à embrasser ses mamelons.

« On peut pas faire ça en public ! » s'écria-t-elle le faisait s'esclaffer.

J&V

Deux commandants maudirent les deux amants et tentèrent de disparaître sous leurs oreillers suite au cri de la jeune femme et aux rires de son amant. Joz et Vista n'hésitèrent que peu de temps en entendant les soupirs d'extases du couple et filèrent rejoindre leurs hommes dans les dortoirs, afin de dormir en paix.


Mis en ligne le 08/01/2018

EDIT : 10/06/2020