Merci de votre suivi, patience, et vos reviews qui me font chaud au cœur.
Disclamer : Certains OC proviennent de mon imagination ! Le reste de l'univers revient à Monsieur Oda !
Grand Line.
Hachiro remua quelque peu pour chasser l'engourdissement qui s'installait petit à petit dans son corps, faisant cliqueter ses chaînes qui le retenaient prisonnier contre un mur. En face de lui, il pouvait voir Jef s'entretenir vivement avec la sphère, ne percevant aucun son, il supposa que son neveu lui avait jeté un sort pour qu'il n'entende rien de ses plans.
La luminosité qui régnait dans la pièce était si puissante qu'il avait l'impression de fixer le Soleil. L'âme de l'ancêtre qui reposait dans la sphère devait être assurément puissante pour dégager un tel rayonnement. Jef ressemblait de plus en plus à un fou qui avait perdu la notion de tout, ne se concentrant que sur ce qui lui importait… Ou ce qui importait au résident de l'orbe.
En effet, le père de Maiya était de plus en plus persuadé que l'ancien avait entrepris de posséder doucement, mais sûrement Jef. Kyola qui se trouvait non loin d'eux devait aussi avoir des doutes aux vus de ses sourcils froncés et de ses lèvres pincées l'une contre l'autre. A moins qu'il puisse assister à la conversation à laquelle il n'était pas convié ? Ce qu'il entendait lui déplaisait peut-être ?
Hachiro remarqua du coin de l'œil Jef s'approcher de lui, un poignard aux armoiries de la famille des Mentaru dans la main. Il eut un rictus mauvais. Quelle ironie ! Mourir de la main d'un gosse qu'il avait protégé et par un objet qu'il avait souvent admiré enfant !
« Changeons de plan… Qu'elle est la plus grande faiblesse de Sohalia-chan ? Sa famille. Elle fera tout ce que je vais lui demander pour te sauver. »
Le sourire de son neveu lui donna des frissons qui agitèrent tout son corps. Ses entrailles se tordirent en tout sens, soudain inquiet de ce qu'il pouvait infliger à sa nièce et sa fille.
S&U
Moby Dick, port de Foolshout.
La Shizen s'éveilla, l'esprit engourdi par le sommeil et les événements de la veille. Elle se tourna pour trouver la chaleur réconfortante de Marco, mais fit face au vide marquant l'absence du phénix. Elle frôla de la pulpe de ses doigts les draps : ils étaient encore tièdes. Le second de l'équipage devait être en train de commander l'amarrage du Moby Dick.
Elle se redressa, s'étira, puis se figea, avant de détailla le lieu où elle se trouvait. C'est dans un soupir de soulagement qu'elle reconnut sa cabine. Elle fronça des sourcils et avisa Ume, sa dame de compagnie qui lui faisait face, attendant patiemment que la commandante de la quatrième division soit disponible pour discuter.
« Que fais-tu là ?! souffla-t-elle en se précipitant sur sa porte, inquiète qu'un de ses frères ne décide de la sortir du lit.
- Je vous prie d'excuser mon intrusion, Votre Majesté. Nous avons eu le déplaisir de la visite de Jef Mentaru. »
Sohalia ignora les excuses et se pétrifia en apprenant l'intrusion de son ancien petit ami sur l'île.
« Nous avons vaillamment combattu, mais nous avons échoué à compromettre ses plans. Il s'est emparé de votre oncle et a quitté immédiatement l'île. »
La blonde déglutit et fit signe à sa confidente de s'asseoir tandis qu'elle prenait appui sur la porte. Pourquoi Hachiro ?! Est-ce qu'il allait bien ?! Etait-il encore en vie ?! Maiya… Elle devait être terrifiée…
La Shizen secoua sa tête pour éclaircir son esprit et garder son calme. Jef avait un plan et il fallait le contrecarrer. Maiya n'était pas seule. Akihide et Kino étaient à ses côtés et l'un comme l'autre était au courant que s'il arrivait malheur à sa cousine, elle transformerait le palais et l'île en enfer.
« Que compte faire le Conseil ? interrogea-t-elle.
- Kino Kasai et Nostradamus Senrigan ont convoqué tous les deux une assemblée exceptionnelle. Tous les dirigeants des lignées de l'île y ont été invités.
- Voilà qui est rare… Mais je ne vois pas le but de la manœuvre, confessa-t-elle, perplexe.
- Le jeune Kasai veut, semble-t-il, prendre part à la prochaine et, espérons-le, dernière bataille contre Jef. Quant au sage Senrigan, j'avoue ne pas connaître son but », raconta-t-elle en restant debout, agaçant prodigieusement Lia.
Sohalia se mit à déambuler dans sa cabine, plongée dans de profondes réflexions sous le regard attentif d'Ume.
Un Kasai combattre avec des pirates du Dehors et dans le monde extérieur… Voilà, une idée bien curieuse qui avait le don de lui tirer un sourire anxieux et amusé. Néanmoins, le concept était à creuser. Si Kino désirait cette réunion extraordinaire, c'était qu'il avait sûrement l'intention d'acquérir l'aide des autres lignées, espérant, en vain pensa-t-elle, qu'ils l'aideraient et se joindraient à lui.
Mais cette action serait infructueuse… A moins que… A moins qu'ils arrivent à les manipuler habilement… A les faire changer d'opinion en leur faisant croire que cela serait la meilleure option qu'ils avaient, sauf s'ils aspiraient à mourir.
Ume pouvait voir les rouages de l'esprit de sa reine s'activer à toute vitesse. Soudainement, la blonde se statufia et un sourire étira ses lèvres. Elle plongea ses yeux dans les siens et posa ses mains sur ses épaules.
« J'ai un plan. Il ne fonctionnera qui si Kino arrive à convaincre les lignées à s'allier avec lui. S'il échoue, on est foutu. »
La dame de compagnie la dévisagea, s'interrogeant sur ce concept. Etait-ce réellement une bonne idée de mettre tout leur espoir dans ce seul et unique plan ? Les conséquences seraient lourdes et fatales si cela ne se passait pas comme prévu.
Pourtant, la lueur qui brillait dans les prunelles marron de la commandante de la quatrième division la chamboula. Elle avait l'air convaincue que l'héritier des Kasai y arriverait, que ce plan fonctionnerait et qu'ils s'en sortiraient… Certes, il y aurait des morts, mais ils seraient beaucoup moins nombreux quand le pire des scénarios envisageables se réaliserait.
La servante misa, elle aussi, sur ce pari risqué et écouta méticuleusement la blonde. Son cœur battait lourdement dans sa poitrine. Elle avait l'impression que, quoiqu'il arrive, cet enjeu changerait tout sur l'île. S'ils perdaient, Jef prendrait le pouvoir et la lignée des Shizen et tous leurs alliés seraient anéantis, et, assurément, de la manière la plus cruelle qui soit. S'ils gagnaient, la famille Shizen affermirait et augmenterait leur pouvoir sur l'île.
S&E
Moby Dick, cabine du capitaine.
Sohalia darda un regard soupçonneux sur l'uniforme rose qui se tenait à la gauche du commandant de la première division. Tachi était-elle obligée d'être si proche ? Et puis, la pirate ne rêvait pas ! Elle était sûre que l'infirmière en chef lançait des œillades bien trop appuyées sur le torse de son amant.
Un toussotement attira son attention et elle croisa le regard de Portgas qui paraissait retenir un sourire moqueur. Il valait mieux qu'il le retienne ou elle se ferait un plaisir de balancer à la charmante assistance qui les accompagnait comment il occupait ses nuits dernièrement. Du moins, elle le ferait bien si elle n'avait pas peur que leur père ne s'énerve de ce fait.
Son élan de jalousie soudain ne s'évapora pas et elle ne put s'empêcher de surveiller l'amante de Yori. Ses yeux se posèrent sur le phénix qui la détaillait, un rictus railleur sur les lèvres. La Shizen grommela, croisa les bras sous sa poitrine et gonfla ses joues pour montrer son mécontentement.
Le sourire caustique se transforma en un taquin. La blonde put constater se changer quand elle aperçut les yeux sombres et lubrique du second de l'équipage. Elle décroisa immédiatement les bras et cacha son visage derrière ses cheveux pour masquer ses rougeurs.
La phrase qu'il lui avait lancé alors qu'elle faisait semblant de bouder pendant une de leur soirée en tête à tête résonnait avec force dans son esprit. Elle s'en souvenait parfaitement. Ils étaient encore échevelés de leur récent ébat. Il était sorti de la couche confortable et était parti prendre la bouteille d'eau qui se trouvait sur son bureau. Il l'avait reposé et c'est là qu'elle s'était plainte de son égoïsme – ce qui était complètement faux – faisant mine de faire la tête. Il s'était alors avancé vers elle, s'était emparé de son visage, avait pincé ses joues pour en faire sortir l'air et avait susurré :
« Arrête de feindre d'avoir la bouche pleine ou je vais faire en sorte que ce ne soit plus un prétexte, mais bel et bien une réalité. »
Un frisson agita son échine alors qu'elle se laissait emporter par ce souvenir.
Marco avait été si viril, si bestial. Il ne laissait jamais son côté animal ressortir de la sorte, cela avait été la première fois qu'elle le voyait ainsi et elle en était encore chamboulée. Cela l'avait laissé pantoise. Ces simples mots avaient suffi à l'exciter et elle en avait demandé plus. Il était si envoûtant ainsi.
« Bien, vous êtes tous mis à contribution pour faire le ravitaillement qui sera plus important que prévu. Je préfère qu'on ait plus que pas assez au cas où l'île où on combattra Jef serait trop éloignée de ses voisines. Je veux aussi que les dégâts de la tempête et de la bataille soient réparés. Toutes les armes doivent subir une vérification. »
Les ordres du capitaine la firent sursauter. Elle était partie si loin que le retour à la réalité était assez brutale. Son excitation retomba comme un soufflé et une appréhension déchira ses entrailles, ce que le phénix parut remarquer, ce qui la fit se questionner. Depuis quand est-ce qu'elle était perdue dans les limbes de ses souvenirs ? Qu'avait-elle loupé ? Est-ce que Marco gardait toujours un œil sur elle ?
Cette dernière était l'interrogation la plus importante à ses yeux. Elle allait avoir besoin d'un certain champ de liberté pour que son plan puisse se passer comme prévu. Projet dont elle n'avait pas l'intention, pour le moment, de partager avec qui que ce soit. Si Marco s'amusait à la surveiller, cela se révèlerait compromettant et soulèverait une foule de questions auxquelles elle n'avait aucune envie de répondre… Pour l'instant.
« Sohalia. La quatrième et toi, vous restez sur le Moby Dick. Aki ne devrait plus tarder à se réveiller. Je veux que ce problème soit réglé le plus tôt possible. »
Son père la condamnait et l'aidait en même temps. Il venait de lui offrir une corde de secours qui lui assurait un champ d'action libre des yeux perçant du phénix. Pourtant, elle n'avait aucune envie de faire face à Aki, de lui expliquer et de le jeter dehors. Elle acquiesça silencieusement, le visage fermé. Elle n'était plus une enfant. Elle ne serait plus épargnée par la dure réalité du monde. Ses frères ne la protègeraient plus de ça.
S&J
Sohalia pénétra dans sa cabine, laissant s'émanciper de ses lèvres un lourd soupir, fatiguée à l'avance de ce que les prochains jours lui promettaient.
« Bonjour, Sohalia-chan. »
L'interpelée sursauta vivement et se retint de lancer l'alerte. Si elle faisait ça, elle ferait, elle-même capoter son plan. Elle se détourna rapidement de lui et tira violemment les rideaux, les plongeant dans une presque obscurité. Elle frissonna. Son instinct lui hurlait de rouvrir les morceaux de tissus, de foutre le camp tout en hurlant comme une perdue. Elle lutta et lui fit face.
La Shizen mit un certain temps pour s'habituer aux ténèbres. Peu à peu, elle distingua ses cheveux blancs, jurant dans le noir. Ils n'étaient pas soigneusement peignés comme à leur habitude. Elle avait même la nette impression que cela faisait un certain temps qu'il n'avait pas flirter avec un peigne ou une brosse.
Ses joues étaient émaciées, ses lèvres blanches. Ses doigts s'agitaient frénétiquement sous la tension qui régnait en lui. Ses yeux… Comme elle avait pu aimer ses yeux… Maintenant, ils l'effrayaient. Folie, voilà ce qu'y gouvernait dans ses prunelles.
La blonde déglutit, apeurée. Que lui était-il arrivé ? Où était Jef ? Le Jef Mentaru dont elle était tombée amoureuse ? Celui qui était devenu son ennemi ? Là, elle avait l'intuition de se trouver devant une pâle copie décharnée qui luttait désespérément pour sa survie. Celui qui l'avait trahie n'était pas présent. Il n'y avait plus rien de ce jeune homme qui lui souriait en lui assurant qu'elle ne faisait pas tâche dans le paysage, qu'elle arriverait à s'intégrer et qu'il serait là pour elle. Non. Jef Mentaru était déjà mort.
Chassant ses sentiments, elle se morigéna et s'escrima à garder son sang froid. La vie d'Hachiro était en jeu.
« Eh bien, tu es vraiment une des leur. Une vraie sauvage. Comment fais-tu pour vivre dans une telle misère ? » débuta-t-il les hostilités.
Jef était définitivement parti. Avant, il lui aurait posé milles-et-unes questions, il aurait regardé curieux et l'aurait taquiné.
« Rends-nous Hachiro, sain et sauf ! » ordonna-t-elle en se dirigeant vers lui pour le saisir par le col de sa chemise blanche.
Bon, l'agressivité semblait l'avoir surpris autant qu'elle. C'était sûrement mieux que les pleurs. La Shizen était triste de voir comment finissait la vie de cet homme qui avait eu toutes les cartes en main pour accomplir de grandes choses. Elle était furieuse, car elle avait espéré être celle qui lui offrirait le coup de grâce. Elle l'aurait fait proprement, dignement. Cette âme qui le possédait ne faisait que de le souiller et ça la mettait hors d'elle.
« Bien sûr… A condition que tu fasses ce que je te demande… »
Un murmure prometteur de souffrance venait de lui faire part du chantage qu'il effectuait sur elle pour que son oncle reste en vie.
« J'accepte. »
S&M
Ile de Foolshout
Sohalia ferma la porte de sa cabine à clé et se concentra. Un fleur s'épanouit sous ses pieds et l'engloutit soudainement. L'air se raréfia, mais elle garda son sang-froid. Ses pieds touchèrent à nouveau le sol et elle inspira immédiatement une grande goulée d'air en frissonnant.
Ce sort était très pratique et lui permettait d'avoir une mobilité relative en fonction de la distance. Le seul inconvénient était que la plante voyageait sous terre.
Elle rouvrit les yeux et balaya les environs de son haki de l'observation pour vérifier qu'elle était bien seule. Une fois rassurée, elle s'enfonça dans la forêt, cherchant un endroit bien obscurcit qui lui laisserait la place pour accomplir sa mission.
Dès qu'elle trouva l'endroit parfait, elle éteint son haki en s'asseyant en tailleur. Elle relâcha ses épaules, ferma les yeux et commença à prendre de profondes et lentes inspirations. Elle fit le vide dans son esprit et laissa le don de Gaia pulser dans ses veines. Elle ouvrit les yeux et fut éblouie par le spectacle de ses multiples papillons dorés.
La Shizen doutait qu'elle prendrait un jour l'habitude de voir tous ces esprits voltiger autour d'elle. Elle sourit et profita quelques instants de leur présence chaleureuse. Elle avait l'impression que certains d'eux n'appréciaient pas les cachoteries qu'elle était en train de faire.
« Aidez-moi… »
Sa voix n'avait été qu'un souffle, mais elle savait que c'était amplement suffisant pour que les âmes la perçoivent. Elle les dévisagea longuement, déterminée.
Soudain, ils s'élancèrent vers le ciel, formant une ligne lumineuse à travers les ténèbres de la forêt pour tracer un chemin vers le ciel. La commandante de la quatrième division eut un sourire ironique.
Sohalia les sentit puiser dans son énergie au fur et à mesure qu'ils s'éloignaient d'elle. Elle déglutit. Elle se releva et prit la décision de retourner sur le Moby Dick avant qu'elle n'en ait plus la force. Elle chancela légèrement à plusieurs reprises sur le chemin.
Il fallait qu'elle reste concentrée, qu'elle lutte. Elle devait y arriver.
S&M
Nouveau Monde, île de LT.
Kino et Nostradamus échangèrent un coup d'œil en prenant place au bout de l'immense table. Si les deux hommes ne laissaient rien paraître, ils étaient tout de même impressionnés par cette réunion plus qu'extraordinaire. Depuis le grand massacre qui avait réduit la moitié de leur peuple à la mort, ils n'avaient revu pareil rassemblement.
La salle de bal avait été aménagée en un temps recours pour accueillir tous les dirigeants des lignées encore vivantes à ce jour. Si le nombre de personnes était important, le décibel l'était tout autant. Un véritable capharnaüm y régnait faisant grimacer le sage de la lignée des Senrigan.
« Bien ! Commençons ! » claqua la voix de Nostradamus.
Le spectacle débutait à cet instant. A partir de maintenant, ils n'avaient qu'un but, réussir la mission que leur reine leur avait confié. Kino inspira, discrètement, profondément, tandis que les voix autour de lui s'amenuisaient pour finalement disparaître.
« Je vous ferai remarquer que la princesse Maiya et que le prince Hachiro ne sont pas encore présents… intervint-il, le visage fermé.
- Hachiro a été kidnappé, victime de Jef Mentaru », répliqua la Shizen.
Kino l'embrassa et il n'eut pas besoin de feindre l'étonnement. Maiya venait de pénétrer la salle de bal flanquée de part et d'autre par Akihide et Ume. Tous ceux qui osaient toiser le mari de Sohalia recevait une œillade mortelle de la part de la cadette.
Un tressaillement assaillit son échine alors qu'elle s'avançait majestueusement vers eux, faisant claquer ses talons qui résonnaient dans le silence surpris. Puis, le brouhaha revint alors que la princesse prenait place à ses côtés frôlant discrètement sa main de la sienne, cherchant un faible réconfort et un peu de courage dans cette subtile caresse.
« Ecoutez ! Ecoutez-moi ! s'exclama-t-elle pour se faire entendre par-dessus les cris. Notre île est plongée dans la tourmente depuis bien trop longtemps ! Nous sommes en grand danger ! Il nous est impossible de rester plus longuement les bras croisés et laisser d'autres personnes se battre à notre place ! Sa Majesté Sohalia a trouvé la cinquième et dernière clé. Elle prépare actuellement l'offensive afin d'abattre une fois pour toute Jef Mentaru ! »
L'héritier de la lignée du feu devait avouer qu'il était étonné. Il ne pensait pas qu'elle serait aussi convaincante. Elle se trouvait debout face à des personnes qui ne la connaissaient pas, puisqu'elle avait vécu recluse, surprotégée par ses parents, et qui la dévisageaient se demandant sûrement de quel droit elle se permettait de leur faire la morale. A aucun moment sa voix n'avait tremblé. Elle avait planté ses yeux déterminés dans ceux qui osaient encore rencontrer son regard vert qu'elle avait hérité de son père.
« Qui l'a fait entrer ?! Qui est ou sont les traites ?! Et où sont-ils ? » s'écria un vieil homme tremblant, qu'il n'identifia pas, levant des exclamations de soutien.
C'était à prévoir. Beaucoup voulaient la tête de ceux qui s'étaient alliés à Jef. Personne ne leur pardonnerait pour avoir mis en péril leur tranquillité. Mais depuis quand vivait-il en paix ? Pour lui, ils survivaient dans une cage aux barreaux dorés qui leur donnait l'illusion d'être libre. Mais ce n'était que cela : un habile tour de magicien pour leur faire croire à ce mirage.
« Certainement pas parmi nous ! clama Nostradamus. Comment il vient et sort de l'île, je m'en fiche ! La question est : qu'allons-nous faire maintenant ? ajouta-t-il faisant taire les derniers qui aboyaient pour avoir la tête de ceux qui les avaient vendus.
- Notre reine va se battre ! C'est notre devoir d'être à ses côtés et de la soutenir ! » répondit aussitôt Maiya.
Plusieurs têtes convergèrent immédiatement vers elle, hébétés par cette proposition. Se battre aux côtés de Sohalia signifiait sortir de l'île, prendre le risque d'être découvert et de mourir parce qu'un gamin avait pété les plombs. Kino eut envie de rire. Un éclat bref et rageur. Pour eux, il était hors de question qu'ils ne se mettent en si grand danger.
« Voyons… Intervint doucement l'ancienne de la lignée des prêtresses, Mira. Notre île est une forteresse qui est très bien défendue. Il n'y a pas de raison de se battre s'il ne peut pas nous atteindre. La seule chose que nous devons faire est de renforcer la sécurité et être beaucoup plus stricte. »
Kino sentit les murmures appréciateurs monter en force dans l'assemblée. Planquer la tête dans le sable… Quelle bonne idée ! Et après ? Jef continuerait ses massacres ! Le Kasai carra les épaules. C'était à son tour de jouer le rôle qui lui incombait.
« Il y a une troisième option, s'immisça-t-il d'une voix posée, mais forte. Il y a bien longtemps, nos ancêtres ont réussi l'exploit de devenir immortel et ont placé leur âme dans des sphères. Les Conseil des Lignées qui ont suivis ont condamné cette pratique et sceller ces orbes, commença-t-il en déambulant entre les lignées, plantant ses yeux rougeoyants dans ceux qui s'avisaient de les croiser. Nous avons, ici, dans ce palais, sur cette île, une source inépuisable de pouvoirs pouvant nous aider à nous protéger et à détruire nos ennemis, mais nous nous en servons pas, car cela est considéré comme tabou ! Mais regardons la vérité en face ! Nous sommes affaiblis, laissant la porte ouverte aux Dragons Célestes et leurs chiens de garde formant le Gouvernement Mondial et la Marine, exposa-t-il sentant une tension naître dans l'assemblée. Je regrette ces jours où nous pouvions sortir et voyager librement quand et comme on le voulait. Je déplore que notre liberté soit remise entre les mains de ceux qui nous ont un jour massacré ! Vous savez tous que j'ai raison ! Mesdames ! Messieurs ! Utilisons les pouvoirs de nos ancêtres ! »
A la fin de sa tirade, il appuya ses paumes sur la table et dévisagea chaque dirigeant, laissant ses mots flotter dans l'air. Du coin de l'œil, il aperçut le regard admiratif de la Shizen sur lui et, si cela fit gonfler son cœur de fierté, cela n'apaisa en rien les tiraillements de son estomac, tordu par l'inquiétude face à ce long silence.
Enfin, les premiers éclats explosèrent, mêlant joie, hargne, acceptation, désaccord, louanges et menaces. Un fin sourire étira un millième de seconde ses lèvres avant de disparaître pour retourner entre Maiya et Nostradamus.
Soudainement, un homme se retrouva sur la table faisant sursauter les trois acteurs principaux, surpris. Ils devaient se disputer, pas se chamailler comme des enfants à la maternelle.
« On perd du temps, murmura vivement la jeune fille.
- C'est de la vieille politique, répliqua le sage, follement amusé par ces débats.
- Pendant qu'ils se battent, Jef est peut-être en train d'assassiner mon père », siffla-t-elle mécontente.
S&A
Moby Dick.
Sohalia s'écarta des barreaux de la cellule en entendant Aki grogner tandis qu'il se réveillait en même temps que les douleurs infligées par les blessures et le châtiment. Elle s'avança vers lui et s'agenouilla, le laissant se redresser tranquillement, gardant le silence tout en le toisant d'un regard froid et dur.
La jeune recrue mit quelques secondes à remarquer son environnement et il pâlit en se souvenant des récents événements. Il attendit que la commandante prenne la parole, affrontant avec gêne ses prunelles marron, essayant d'ignorer la présence du capitaine et du second de l'équipage à l'extérieure de la cellule qui le dévisageaient sévèrement.
« Aki, Barbe Blanche, notre capitaine, notre père, a décidé que ta trahison n'est pas pardonnable. Il te banni de son navire, sa famille et ses territoires jusqu'à sa mort. Tu seras débarqué de gré ou de force sur l'île de Foolshout demain. »
A ces mots, Marco pénétra dans la cage et lâcha un sac au pied du lit, le visage fermé. Sohalia se releva et quitta les lieux sans un regard pour Aki.
« Père a peut-être compris pourquoi tu as préféré celle qui t'avait renié à celle qui te souriait. Lia t'a peut-être déjà pardonné. Mais, moi, je ne comprends, ni n'accepte, ni ne pardonne tes actes, Aki. »
Le phénix le fixa une longue minute, puis sortit en compagnie de l'empereur qui était resté silencieux, le dévisageant impassible.
Le jeune brun tressaillit et agrippa son drap de fortune et se mordit férocement la lèvre inférieure jusqu'au sang qui goutta peu à peu sur le linge qui le couvrait. Hogo avait eu raison, comme souvent, il avait tout perdu. Il ne lui restait plus rien.
S&M
Nouveau Monde, île de LT.
Les insultes et les coups continuaient de pleuvoir sur les deux camps : ceux qui acceptaient l'idée du Kasai et ceux qui la rejetaient avec véhémence. Le clan Shizen devait de temps à autres esquiver des objets ou des attaques perdues. Kino soupira et décida de stopper tout ça.
Il claque deux doigts et une boule de feu naquit dans sa paume. Il la fit grossir et la lança droit devant lui, et beaucoup dû fuir l'attaque qui fut un succès puisque le silence revint, ainsi que le calme.
« Nos ancêtres les ont condamnés, c'est donc à nous de les libérer. Et, pour nous remercier, ils jureront bon d'exaucer nos souhaits puisqu'ils auront une dette envers nous… reprit-il avec un sourire sournois.
- Des souhaits ? Ce ne sont pas des génies ! Et puis, quels souhaits ? Les vôtres ? Les Kasai ? Conneries hypocrites ! répliqua immédiatement Nostradamus en le toisant.
- Si vous avez une meilleure solution, je vous en prie, on vous écoute », railla le jeune homme aux yeux rouges.
Le sage de la lignée des Senrigan resta tranquille quelques secondes avant de sourire, tout content de lui et de commencer à faire le tour de la table comme Kino quelques instants auparavant.
« Combattants ! s'écria-t-il, rendant ses spectateurs confus, perdus ou perplexes. Evitons, chers amis, d'oublier nos chers amis : les combattants ! Sublimes petits poissons colorés ! Mettez-les ensemble sur un même territoire et ils se battront jusqu'à la mort pour le conquérir ! Même les femelles : couic ! cria-t-il vivement en mimant le geste de mort sous les regards effarés des chefs de lignées. C'est la nature humaine. Enfin, poissonnière, pouffa-t-il en se plaçant devant la sage des prêtresses. En effet, nous pourrions nous renfermer, à nouveau, sur nous-même et lutter avec nos vivres et nos pouvoirs contre Jef, mais, c'est dommage, il a l'air d'avoir le double des clés. On se ferait donc à moitié décimer en moins d'un mois… Ce qui ne m'enchante guère… Sauf si ma femme y passe avant moi et que je peux assister à ça ! s'exclama-t-il en tapant joyeusement des mains à cette idée. Ou alors, comme ce charmant morveux crétin le suggère stupidement, on pourrait utiliser les pouvoirs de nos ancêtres, en priant pour qu'ils ne nous tuent pas ou nous ne possèdent pas. Cela dit, j'en doute. Pouvons-nous faire comme s'ils étaient d'adorables bambins ayant simplement fait un petit caprice qui a donné lieu à deux massacres de masse ? Impossible ! En gros, on est dans la merde ! couronna-t-il avec un immense sourire, peu perturbé par tout ce bazar. Par conséquent, nous n'avons qu'une option. Je suis de l'avis, et je ne suis jamais d'accord avec nos dirigeants par pur esprit de contradiction et parce que j'adore les emmerder, de la princesse Maiya : Nous devons nous battre ! » termina-t-il.
Kino aurait aimé s'asseoir car il était sur le cul. Si les gens avaient encore des doutes sur sa santé mentale qu'ils soient rassurés : il était bel et bien fou ! Être considéré comme un taré ne semblait pas le déranger, bien au contraire, cela paraissait l'amuser profondément.
« Vous prenez toujours la fuite face aux combats ! accusa-t-il en se secouant mentalement.
- C'est faux ! s'écria le sage de la lignée des Senrigan.
- C'est vrai ! insista-t-il en le toisant pour ne pas sourire en voyant les têtes de leurs spectateurs jongler de l'un à l'autre.
- C'est faux et c'est pur calomnie ! rétorqua le vieux.
- C'est vrai, et vous le savez ! clama-t-il.
- Je n'ai fait que prendre exemple sur nos ancêtres qui durant le siècle vide ont combattu pour prendre la fuite ! Et c'est ce que nous devons faire : nous battre et nous tirer ! » cria-t-il.
Aussitôt, des hurlements d'allégresse retentirent. Beaucoup étaient séduits par cette idée de fuite déguisée qui leur permettait de protéger leur honneur.
« Nos lois sont formelles ! Une déclaration de guerre ne peut être faite que par le souverain de notre île, intervint Kino, calmant immédiatement les ardeurs naissantes.
- Pur invention ! contredit Nostradamus.
- Invention ? J'en appelle à Nana Senrigan, gardienne de nos lois. »
Le sage de la lignée pâlit en entendant le prénom de sa femme. L'expression de pur choc, d'horreur du vieil homme faillit faire exploser de rire les deux adolescents. Ils se concentrèrent sur la vieille femme qui arrivait tranquillement, la tête haute et la mine revêche. Elle se plaça dans le dos de son mari qu'elle toisa méchamment. Apparemment, elle avait entendu la petite pique que lui avait adressé son époux.
« T'es sur mon chemin, vieille bique ! »
Nostradamus se déplaça tel un crabe sur le côté et s'empressa de se diriger à l'opposé d'elle. La Senrigan ouvrit la main et un rouleau y apparu. Elle le déplia délicatement la table et commença à le parcourir en marmonnant. Maiya et Kino lurent par-dessus son épaule et échangèrent un regard victorieux.
« Le Kasai dit vrai, mais il y a une clause supplémentaire : si le souverain est indisponible, un vote collectif peut désigner une personne pour prendre cette décision. »
Des grognements retentirent et des murmures naquirent. Il y avait trois propositions : celle de Maiya, celle de Kino et celle de Mira. Nana s'installa confortablement en dardant un regard noir sur son mari qui fit mine d'être passionné par une tâche sur le mur.
Publié le 19/02/2018.
EDIT : 22/06/2020
