Bonus à lire après le chapitre 83 !

Bonjour à tous. Un bonus pas banal cette fois-ci, j'explique :

On m'a dit à plusieurs reprises que c'était dommage que Tortank ne soit pas resté mort... ça m'a un peu perturbé, je vous l'avoue, puis je me suis dis que j'allais tout simplement vous l'écrire.

Donc, voilà pourquoi :


Et si... ?

- J'aimerais que vous preniez la Master Ball. J'ai pu voir que vous avez les épaules pour porter un tel fardeau malgré votre âge. Réussir là où un immeuble d'adultes a échoué...

- Vous êtes sûr ? C'est un objet très rare ! s'écria Safran.

- Plus que rare, unique, releva le secrétaire.

- Nous vous faisons confiance. Cet objet était de toute façon destiné à finir entre les mains d'un dresseur. Ne vous battez pas pour l'avoir, hein ?

- Red la gardera, affirma Safran. J'ai... six Pokémon à présent, je n'en aurais pas besoin de plus.

Mon cœur se serra une nouvelle fois à la pensée de la place désormais vide de mon équipe. Je hochai la tête et la PDG me sourit. Elle se retourna et partit faire le tour de la table détruite. Elle ôta du mur un tableau représentant un Ponyta au galop et je vis que derrière, il... n'y avait rien... Rien d'autre qu'un mur mais elle passa tout de même sa main à travers comme s'il n'existait pas. Safran poussa un petit bruit de surprise qui fit sourire les deux adultes alors que la femme revenait armée de la Pokéball à tête violette ornée d'un grand M blanc. Une si petite balle... Et c'était l'arme la plus puissante du jeu. Je tendis la main en la remerciant et elle posa l'objet dans ma main. Je soupirai en la regardant et décidai de la ranger dans mon sac.

À nouveau, je me tournai vers Tortank, me demandant quand il allait finir sa sieste mal placée et me dire qu'il avait juste la flemme de combattre.

- Je suis vraiment désolée que les choses se soient passées ainsi, déclara la PDG derrière moi. Si vous le souhaitez, je peux faire en sorte qu'il soit déplacé à la Tour Pokémon dans les meilleures conditions. Nous pouvons bien évidemment vous offrir quelques Rappels mais...

- Nous avons déjà été informés de leur semi-efficacité, la coupai-je. Merci, mais je veux garder Tortank près de moi.

Je m'avançai vers ma tortue et m'agenouillai face à elle. Je tirai une de ses joues écailleuses, comme pour confirmer qu'il ne se relèverait pas. Je n'arrivais pas à regarder le creux dans sa carapace plus de quelques secondes et tentai immédiatement de me convaincre qu'il n'existait pas.

- Red, c'est fini, souffla Safran en posant une main sur mon épaule.

Je relevai les yeux vers elle et attrapai sa main. Elle tremblait tellement. Ou était-ce moi ? C'était... vraiment fini? Tortank... Tous ces moments ensemble, le nombre de fois qu'il m'avait sauvé la vie. Tout ça ? Je ne voulais pas le croire, je ne le pouvais pas. Il n'était pas vraiment mort, c'était impossible.

La fillette à mes côtés ouvrit mon sac. Je savais ce qu'elle comptait en sortir, je l'en empêchai.

- Non !

- C'est tout ce que l'on peut faire Red, pleura Safran.

- On a pas besoin de ça, il n'est pas mort. Il n'est pas mort !

Sa main s'enfonça dans mon sac, malgré les deux miennes qui la retenaient. Je n'avais plus aucune force, l'envie de résister ne me manquait pas pourtant mais...

Quand la petite main de la blonde sortit du sac, je la vis. Une simple balle couleur ténèbres. Cette simple balle représentant l'anéantissement de tous mes espoirs, m'interdisant de nier à nouveau ce que j'avais devant les yeux, celle qui allait me prendre à tout jamais mon meilleur ami et plus brave compagnon. La mort.

Il était... mort. C'était tout ce que je pouvais voir à présent. Je pensais que la PDG avait continué à me parler mais aucun de ses mots n'atteignaient mes oreilles. De lui, il ne restait plus que cette balle noire dans ma main, c'était fini. J'avais de nouveau laissé mourir un membre de mon équipe, de ma famille.

- Tu sais bien que ça arrive dans les matchs Pokémon, commenta Red. C'est dommage pour Tortank, mais il faut que tu te ressaisisses. Le plus dur est pas encore passé.

Je l'insultai mentalement en lui ordonnant de se taire et repris mes ruminations. Il insista à nouveau et je réussis, je ne savais comment, à le bloquer totalement, de façon à ne plus entendre sa voix. C'était mieux. Pour l'instant, je ne voulais qu'une chose. M'allonger et réfléchir à tout ça. Ce fut chose faite assez rapidement car je me trouvais dans la chambre du Centre Pokémon sans m'en rendre compte. Je fonçai vers le lit et me laissai tomber dessus avant de regarder à nouveau ma dernière Deathball. Je ne savais plus du tout quoi faire. J'avais à nouveau fait l'erreur de sous-estimer le jeu. Tortank battu par Giovanni, le Champion de type Sol, quelle mauvaise blague. Et j'allais devoir le ré-affronter à nouveau... Ma promesse de le laisser en vie ne concernait que cette fois-ci, non ? Je devais faire de mon mieux pour mettre fin à la Team Rocket la prochaine fois. Enfin... Si je voulais à nouveau risquer la vie de mes Pokémon. Et c'était absolument hors de question.

- Et qu'est-ce que tu comptes faire ? soupira Red. Tout arrêter ? Les libérer ? Cesse tes conneries, on a autant besoin de toi que d'eux pour la suite.

En effet Red. Mais la suite était dangereuse. La solution la plus logique était donc d'abandonner cette suite.

- Hé ! Hé ! Ça, c'est juste impossible pour toi ! Tu n'as pas le droit d'abandonner !

Rien ne m'en empêchait. Je voulais juste vivre avec mes Pokémon, sans risquer ma vie à tous les instants. Quel mal pouvait-il y avoir à ça ? Je trouverais un travail tranquille, m'installerais dans une ville sympa comme Azuria ou Parmanie. Nous pourrions vivre heureux et en paix.

- Eevee, abruti ! Les Pokémon n'existent pas, tu es dans un jeu je te rappelle !

Un jeu où on pouvait me prendre Tortank n'était qu'un jeu bugué, pas grande différence avec la vie. Je devais cesser ce jeu et en commencer un nouveau. Un plus simple, plus agréable, sans risque. J'avais Safran, mes Pokémon et sans doute suffisamment d'argent pour vivre le temps de nous stabiliser. Je me demandais si elle serait d'accord avec ça.

- Tu commences vraiment à me faire flipper. C'est un jeu, un simple jeu !

Ce n'était plus un jeu, tout ceci était bien réel. Les gens, les lieux, les Pokémon. Je pouvais les toucher, interagir avec sans aucune contrainte, faire ce que bon me semblait sans risque que l'on ne me force à vivre un scénario plein de dangers. Cet endroit était réel, cette chambre, ce lit, ce plafond, tout était réel. J'avais enfin trouvé un chez-moi. Un endroit qui m'acceptait, où il était facile de vivre. Un monde Pokémon.

Avant que Red ne puisse répliquer une autre absurdité, je me sentis décoller du sol et fus secoué dans tous les sens. Était-ce Gray ? Je retombai soudainement et sentis le matelas me soutenir dans ma chute.

- Tu te rappelles ce que je disais sur les morts ? dit-il. Si t'as le temps de rien foutre et fixer le plafond, tu devrais plutôt l'utiliser pour rendre les autres forts et éviter que ça n'arrive à nouveau !

C'était Gray. Il s'inquiétait pour moi ? Il n'y avait vraiment pas de quoi pourtant.

- Ça n'arrivera plus, commençai-je alors.

- … mieux ! entendis-je.

- ...il n'y aura plus de combats... promis-je.

Comme je m'y attendais, il eut l'air surpris. Je me levai et remarquai alors que Safran avançait à ses côtés et elle me demanda :

- Comment ça ? On doit encore gagner nos Badges, et battre le Conseil des 4. Sauver les infirmières et encore vaincre la T...

Elle s'arrêta soudainement. La Team Rocket ? Non, pourquoi tenter de faire quelque chose de si dangereux ? Je suis tellement désolé Safran. Je t'ai traînée sur une voie pleine de violence à laquelle tu n'aurais jamais dû avoir à faire face. C'était fini à présent. Nous allions entrer dans un mode de vie plus paisible.

- Arrête ces conneries Eevee, recommença Red. Tu ne peux pas arrêter de jouer. Tu es surveillé, tu te souviens ?

Ces mots eurent pour effet de me ramener à moi un instant. Peut-être bien que j'allais mourir si j'arrêtais de poursuivre le voyage ? J'avais... des employeurs. Non, c'était faux, je me les étais imaginé eux aussi. Personne ne se dresserait entre moi et mon futur parfait.

- Nier la réalité ne rendra pas ton mensonge véridique ! Je ne comprends même pas comment ça a pu te traverser l'esprit !

- Ce que tu comprends pas, c'est que j'en ai marre de ce petit jeu ! J'arrête tout ! Je ne risquerai plus connement la vie de mes amis !

- Tu es le meilleur dresseur Pokémon que ce monde ait pu connaître, tu es leur plus grande chance de survie !

Pas si je cessais les combats.

- Si tu arrêtes, je prendrais ta place, me menaça-t-il. Dans ton état, ce ne serait pas bien compliqué.

Cela me fit sourire. Je pensais être debout mais vis que j'étais par terre. Je me relevai donc et déclarai :

- Si tu t'en crois capable, fais-toi plaisir. C'est ta vie après tout.

- Désolé Eevee mais je vais accepter ton offre. Fais-moi signe quand tu voudras faire une petite partie.

- Conduis tout le monde à la mort si tu penses que ça en vaut la peine.

Je le sentis alors entrer en moi et je l'accueillis entièrement jusqu'à être expulsé de mon corps. C'était toujours une sensation étrange mais je pensais pouvoir m'y habituer. Petite pause avec les jeux pour l'instant, j'allais simplement regarder un film...

- Tu t'es vraiment trop laissé entraîné là-dedans... souffla Red à mon intention. Le prof t'avait prévenu.

Il parlait sans doute du professeur Alar. 'Rien n'est réel, ce n'est qu'un jeu'... Dans ce cas, laissez-moi charger ma partie ! Aucune erreur n'était irrattrapable dans un jeu, les sauvegardes, reset, il y avait toujours moyen de revenir dans le temps pour éviter de répéter des erreurs stupides.

Red s'épousseta et s'adressa à Safran :

- Désolé Safran, mais tu devras faire avec moi quelques temps...

Il porta ses mains à sa casquette et la tourna pour confirmer son identité. Laissons faire le Joueur Deux.

Gray avança doucement vers lui et le jaugea du regard avant de demander :

- Ça y est, t'es calmé ?

Red répondit à celui d'un grand sourire plein de dynamisme :

Pas du tout ! Il est temps qu'on t'explique la nouvelle situation, je crois.

C'était vrai que Gray n'était pas encore au courant de l'existence de Red. Il savait juste que c'était la personne à qui j'avais volé le corps. Se préparant sans doute à stocker de nouvelles informations, il se frotta la tête et s'assit sur le lit. Red commença sans détour :

- Je ne suis pas ton ami Red. Celui que tu connais s'appelle Eevee et m'a pris mon corps pour des raisons qui ne regardent que lui.

Il gardait l'histoire du jeu pour lui ? À ce niveau-là, autant tout leur révéler...

- Il a été... traumatisé par la mort de Tortank et envisage d'arrêter sa carrière de dresseur, continua-t-il. Je vais donc le remplacer jusqu'à ce qu'il se calme. Des questions ?

- Depuis quand t'es encore plus bizarre que d'habitude ? répliqua-t-il.

Il ne croyait pas à son histoire ? Pas vraiment étonnant...

- Il m'a rendu ma liberté dans la Sylphe, c'est pour ça que je n'ai pas pu venir dire bonjour avant, plaisanta Red. Il a bien fait apparemment.

- Pourquoi tu le forces s'il ne veut pas continuer ? continua Gray.

Je n'étais pas sûr de vouloir à nouveau entendre la réponse à cette question mais, sous cette forme, je n'avais pas vraiment le choix...

- Ça, je ne peux pas vraiment y répondre dans le détail... Mais... Disons que le monde sera détruit s'il cesse son voyage...

Il ne s'encombrait vraiment pas des détails. Il leur révélait à la fois tout et rien. Safran allait à nouveau croire que j'étais un dieu avec une histoire pareille.

- Le monde ?! s'écria-t-elle justement.

- Quelque chose comme ça, lança-t-il joyeusement. Bref, je sauve sa vie, et la nôtre. On va à l'Arène ?

- Ça me va... dit doucement Gray sans cesser de fixer Red.

- On ne devrait pas atteindre qu'il aille mieux ? demanda Safran.

- Comme l'a dit Gray, s'il ne veut pas, on ne va pas le forcer. Il reviendra bien en cours de route.

Il avait vraiment confiance. Il allait vraiment tenter ce voyage par lui-même ? Et tuer mes Pokémon ? Au final, ça revenait au même, non ? Et je ne voulais pas qu'ils meurent. Red n'était pas capable de les protéger, je le savais.

Dans ce cas, reprends la place qui est tienne. entendis-je. Reprends le contrôle de ma vie.

Effectivement, c'était ce que j'allais faire. Je repris immédiatement le contrôle et il se laissa faire sans résistance. J'attrapai ma ceinture de Pokéballs et libérai les cinq monstres de poche.

- Eevee ?

Je l'ignorai et déclarai :

- Je ne laisserai plus aucun d'entre vous mourir. On abandonne tout ça. Restons juste ensemble, nous n'avons pas besoin d'une vie de combats.

Les Pokémon ne furent pas vraiment surpris de cette constatation. Tous n'y réagirent pas de la même manière. Sakdoss était celui qui avait l'air le plus énervé par mon ordre.

- Red ? Qu'est-ce qu'il te prend ? me demanda Safran.

- Exactement ce que je viens de dire, on abandonne tout. Plus de Badges, plus de Team Rocket. Nous avons un monde merveilleux devant les yeux, pourquoi y rechercher la violence et la mort ?

- Désolée... souffla Safran. Mais je veux arrêter Papa...

- Tu en as assez fait Safran. Tu en as même fait plus que nécessaire, tu mérites de te reposer à présent.

- Tu es vraiment en train de péter un câble... commenta Red.

- C'est toi qui es fou de ne pas comprendre ce que ce monde pourrait réellement nous apporter ! criai-je.

- Tel que tu le souhaites, ça ne t'apportera que la mort. Tu sais, la chose que tu souhaites éviter ?

- Si nous mourrons tous ensemble, c'est déjà une plus belle mort, non ? commentai-je joyeusement.

- R... Red... bégaya Safran.

Elle tremblait ? Je plaçait une main sur sa joue et tentai de la rassurer d'un sourire. Elle recula et prit un air apeuré.

- Tout ira bien Safran... soufflai-je.

- N... Non !

Je sentis alors une main attraper mon bras, me rappelant de la présence de Gray dans la pièce. Je lui susurrai alors :

- Tu pourras venir avec nous aussi, tu es de la famille à présent ?

- Je suis pas sûr de vouloir te suivre dans ton délire, répliqua-t-il. Tu devrais vite te calmer.

- Tu veux vraiment continuer comme ça ? Sans savoir qui sera le prochain sur la liste ? Ce pourrait être Atchoum... ou Ember.

Il jeta un regard à la renarde mais reporta son attention vers moi. Je continuai :

- Ce n'est pas parce que tu sais te battre que tu dois le faire Gray.

- Ce n'est pas parce que j'en suis capable que je le fais, c'est parce que j'ai un objectif. Et sans combattre, je ne l'atteindrai jamais.

- C'est tellement dommage...

Red tentait encore de reprendre le contrôle de mon corps mais je le tenais à distance avec aisance, même sa voix n'était qu'à peine audible à présent. Cela me fit sourire de plus belle et je me tournai vers ma seule alliée :

- Mais toi, tu ne me laisseras pas, Safran, hein ?

- Red, je... T... Tout ira bien, prononça-t-elle.

- Oui, tout ira bien, répétai-je. Nous vivrons heureux, loin du sang et de la mort. Juste toi, moi et nos Pokémon.

Elle tourna la tête vers Gray qui serra le poing et demanda :

- Je peux ?

Je n'eus pas le temps de voir la réponse que ce poing se retrouva contre mon visage. Je décollai en arrière et tombai sur le sol. Je portai ensuite ma main à ma figure et m'aperçus que je saignais en masse. Je ne sentais absolument rien pourtant. Gray m'avait frappé... J'explosai alors de rire en me relevant alors que Fat et Chocobo se dressaient entre moi et Gray pour me protéger. Je jetai un œil aux autres ; Dardargnan observait tour à tour les deux humains qu'il avait devant les yeux sans montrer aucune émotion, Ember en faisait de même mais montrant qu'elle souhaitait intervenir sans savoir de quel côté. Sakdoss, lui, était allongé à l'endroit où je l'avais fait sortir, regardant devant lui d'un air vide.

- Je sais vraiment pas ce qu'il te prend Red, ni comment ça se soigne, mais je te promet que tu te prendras des taloches à chaque coup flippant comme ça.

- Flippant ? répétai-je en m'avançant entre mes deux défenseurs pour à nouveau faire face à Gray. Qu'est-ce que tu trouve flippant ? Le fait de vivre sans combattre ? Dans un monde ou tout le monde serait en vie ? Je ne te forcerai pas à nous rejoindre mais ne te mets pas entre notre bonheur et nous !

Un nouveau poing fusa pour s'effondrer contre mon visage mais je ne tombais pas au sol car il me retenait de son autre main, lui donnant l'occasion de me frapper à nouveau. Safran cria mon faux nom puis celui de Gray en lui intimant d'arrêter.

- Tu veux que je te laisse avec lui ? la questionna l'adolescent.

Quelle question ! Bien sûr qu'elle le voulait ! Elle m'aimait ! Je tournai doucement la tête vers la fillette et souris, voyant déjà la réponse qu'elle allait donner. Elle, ne souriait pas vraiment. Elle avait même l'air d'avoir peur. De Gray ? Sans doute, vu l'état dans lequel il avait du me mettre.

- N-non... murmura-t-elle alors. Je... ne veux pas...

Il... Il la forçait. Sans aucun doute... Je la regardai à nouveau et elle tourna la tête, se grattant nerveusement la main gauche avec la droite...

Finalement, c'était tout simplement inévitable, hein ? Le sang et la mort seraient toujours sur mon chemin, que je le veuille ou non... Je laissai échapper un rire. D'abord discret, il prit peu à peu une ampleur que je ne pus contrôler. Gray me lâcha finalement et mes jambes me forcèrent à reculer de quelques pas :

- Ce monde n'est pas si différent en fin de compte... On nous promet une liberté totale mais au final... je n'y ai pas ma place non plus...

Je passais mes deux mains le long de mon crâne, faisant tomber la casquette de Red de ce fait et enchaînai :

- Ça ne m'amuse plus, le jeu est terminé. Dardargnan, Furie !

Gray sauta en arrière et se mit face à la guêpe. Je me tournai également vers Dardargnan et le vis foncer vers moi. Son premier dard me transperça la poitrine. La douleur ? J'avais une légère impression de picotements et une envie infinie de dormir. Je forçai tout de même une main jusqu'au visage de la guêpe et dis :

- Tu as toujours compris ce que je voulais. Encore... quatre coups.

Le deuxième n'était pas encore rentré en moi que tout devenait noir. Peut-être allais-je me réveiller dans un monde meilleur ? Où je pourrais vivre sans ne jamais avoir de problèmes... Ce monde idéal devait bien exister quelque part...

...

J'ouvris doucement les yeux. Un mal de tête immense et une envie de vomir m'assaillaient mais je ne pouvais pas bouger. Peu importait la force que je pouvais bien y mettre, rien ne fonctionnait. Où étais-je ? Cette question resta sans réponse mais la voix que j'entendis alors m'informa sur ma prochaine destination.

- On a demandé un reset ?