*flash back* J'essaierai de moins traîner que pour celui-là! *fin du flash back*
Oui, bon, mais vacances oblige, j'ai eu peu de temps pour revenir aux aventures des Lyoko-Guerriers, et j'en suis désolée ^^''. Enfin, me revoilà, vivante, entière, et avec une nouvelle suite! Cette fois, on s'enfonce davantage dans Solar Building, avec à la clé quelques indices!
Au passage, réponses aux reviews du précédent chapitre:
Lou Celestial : Hin hin, j'aime les mondes sadiques et les fins qui vont avec ~. J'aime aussi connaître tes idées sur mes mondes, et j'espère que les miennes te plairont! Merci de tes reviews si enthousiastes ! :3
Omenassai: Encore une chance que ce soit pas le double d'Odd, là c'est plutôt lui que j'aurais vu aller vers son alter pour lui demander si ça va x').Tiens, du coup, je me demande comment je réagirais, moi. A méditer ce soir. Bref, du suspense, y en aura encore cette fois! Au plaisir donc de savoir ce que tu en penses! Merci à toi pour l'intérêt que tu portes à mon humble travail! o/
"Non, il a raison" Confirma fermement Aelita. "Ce monde, justement on ne le connait pas, on va devoir se raccrocher au moindre indice... Celui-là en est déjà un. Occupons-nous en. Je me porte volontaire pour la suivre."
"Moi aussi" Ajouta Yumi qui se sentait irrépressiblement attirée par cette vision parfaite d'elle.
[...]
Il demeurait si plongé dans ses réflexions qu'il ne sentit pas un souffle le frôler. Il n'entendit qu'à peine les cris étouffés de ses amis. Il n'eut pas le temps d'en pousser un quand il sentit un tissu glacé se plaquer contre sa bouche, le plongeant dans le noir total.
La Yumi en rouge filait dans les rues sombres, semblant hésiter à se retourner plusieurs fois alors qu'elle s'enfonçait toujours plus dans les ténèbres. A quelques mètres derrière elle, ses deux poursuivantes luttaient depuis cinq minutes contre l'excitation pour garder une bonne distance, bien qu'elles avaient peu d'espoir en ce qui concernait leur discrétion. Il n'y avait visiblement qu'elles trois dans cette ville à ne pas demeurer réfugiées du monde extérieur... Elles ne pouvaient qu'être repérables. Alors que cette pensée fit palpiter son cœur, la Yumi en noir sentit Aelita se rapprocher du mur de l'immeuble qu'elles longeaient. Si seulement elles savaient à quoi s'attendre... Jusqu'à présent, elles n'avaient traversé que des routes à peine reconnaissables. Et cette nuit inquiétante qui semblait ne pas vouloir s'éloigner... Etait-ce vraiment leur ville? La jeune Japonaise ne pouvait que tenter de se convaincre que tout irait bien et que son double pourrait les aider.
Elle avait tellement envie de se précipiter vers elle, l'interpeler, tout lui expliquer et la prier de se rallier à elle... Mais Jérémie avait sans doute raison: il valait mieux ne pas trop déranger ce monde. Après tout, que savaient-ils des voyages entre mondes parallèles? La veille, ce n'était encore pour elle que de la science-fiction... Il fallait qu'elle ignore la voix criant dans son esprit qu'elle devait se rapprocher de son alter-ego. Mais sa semblable, si proche, elle n'avait qu'à accélérer un peu, tendre le bras, la héler... Son corps était tendu d'impatience à cette idée... Il lui hurlait de foncer... Juste quelques pas... Elle n'avait qu'à la regarder, qu'à la rejoindre... Elle n'avait qu'à...
" A ton avis, où allons-nous comme ça?"
Yumi sursauta, violemment extirpée de sa quasi-transe par la voix intimidée d'Aelita. Elle massa vigoureusement ses paupières, comme si une trop puissante lumière les avait agressées, et respira à fond, remplissant ses poumons d'un air glacial et foudroyant. Ce n'était pas le moment de se laisser aller... Elle s'interdit de regarder à nouveau la Yumi en rouge, redoutant que la voix revienne la hanter. Pourquoi se sentait-elle si attirée par son double...?
" Je... Je n'en sais rien, mais on marche depuis longtemps sans rien reconnaître... Gardons l'œil ".
Et, suivant son propre conseil, elle s'appliqua à inspecter avec une attention exagérée tout ce qui l'entourait, marmonnant dès qu'elle croyait retrouver un élément connu: et une porte arrondie, et un panneau taggé, et un nid-de-poule juste après le feu... Elle regroupait toutes ses trouvailles et essayait de se souvenir où pouvait-elle les voir d'ordinaire. Elle avait vaguement l'impression de connaitre la route, mais n'en était pas sûre...
" Eh, Yumi, regarde ça!"
La jeune fille leva les yeux. Elle s'arrêta brutalement de marcher. Elle se disait bien que l'endroit ne lui était pas étranger...
Un immense bâtiment, divisé en deux parties parallèles et reliées par une partie centrale plus haute, arborait une surface couleur brique. Un toit gris comme un ciel de pluie était assorti aux bordures des fenêtres régulièrement alignées. Une autre partie, identique, était accolée à la première dans un parfait angle droit. Un chemin de terre lisse menait à des portes de fer lourdes et imposantes. Le tout était encadré d'une muraille décorée de barres à l'apparence de squelette d'or passé et craquelé par endroits.
Le collège Kadik.
Mais ce n'était pas tout. En s'approchant, les filles remarquèrent que leur établissement n'avait rien d'un lieu d'enseignement. Les fenêtres étaient coupées de barreaux de prison si serrés qu'il était impossible de voir quoi que ce soit de l'intérieur. Les couleurs étaient plus ternes, comme mourantes, et aucune végétation ne venait apporter un semblant de vie au paysage lugubre. Pas un son ne s'échappait des environs, pas un rire, ni l'ébauche d'une discussion, ou le murmure d'un oiseau. Pour couronner le tout, il y avait deux Spectres sévèrement postés à chaque entrée. Le souffle coupé, Yumi et Aelita n'osèrent pas faire un pas de plus. Elle s'abaissèrent lentement, davantage à cause de leurs jambes vacillantes que par souci de discrétion. Était-ce vraiment une école? Quel genre de chose pouvait-on y enseigner...?
Comment leur monde avait-il pu tourner aussi mal?
Elles préférèrent reporter leur attention vers la Yumi en rouge pour ne pas se laisser absorber par la désolation ambiante. Cette dernière avait passé l'entrée sans rien changer à son attitude, comme si tout cela lui était familier, et avança vers deux Spectres sans hésiter. L'un deux s'inclina, comme ceux que les Lyoko-Guerriers avaient croisé dans les souterrains, et acquiesça. Visiblement, ça n'enthousiasma pas son interlocutrice qui se retourna en tapant du pied et chercha quelque chose du regard. Les filles se mirent à genoux brutalement et retinrent leur respiration. Elles se serrèrent l'une contre l'autre sans s'aviser de relever les yeux par dessus la muraille. Et si un Spectre les attendait derrière?
Mais d'ailleurs... Pourquoi cette Yumi semblait acoquinée avec ses supposés ennemis?
Ni l'une ni l'autre n'eut le temps de développer cette idée qu'un "Hey!" masculin quoique aigu perça le silence. Elles reconnurent immédiatement cette intonation et se redressèrent de surprise. Aucun doute sur l'identité de ce garçon au corps menu et aux cheveux blonds ornés d'une mèche violette. Tout ce qui le différenciait de leur Odd, c'était un manteau semblable à celui de la Yumi rouge. Il secouait frénétiquement une main joyeuse vers une japonaise tempêtant. De l'autre, il tenait nonchalamment une immense chaîne emprisonnant deux petites silhouettes crispées et courbées.
"Mais qu'est ce que..." Murmura Aelita en reconnaissant les deux prisonnières.
La première, à la peau brune et aux courtes dreadlocks dressées sur son crâne, était sans doute Tamiya Diop. A ses côtés, cette petite fille rousse ne pouvait qu'être Milly Solovieff. Elles tentaient désespérément de ralentir la cadence d'un Odd indifférent qui n'avait pas besoin d'insister pour les faire avancer. Au contraire, il était tout aussi enjoué que le jeune homme qu'Aelita et Yumi connaissaient... Il échangea quelques mots à sa camarade avant d'entrer avec elle et les deux fillettes dans le bâtiment. La Japonaise en rouge avait entre-temps retrouvé le sourire. Un sourire d'impatience quasi malsaine... Yumi ne pensait pas un jour se voir avec une expression aussi inquiétante.
"Mais qu'a-t-il pu se passer ici..."
Il n'y avait que le noir. D'épaisses ténèbres envahissait son esprit. Il avait beau chercher, tout ce qui s'en différenciait était une lueur pâle et lointaine. Il ne savait s'il devait s'en approcher. Il restait planté là, à attendre, indécis. Puis une voix parvint à ses oreilles. Trop heureux de pouvoir penser à autre chose qu'à la lumière, il lui accorda toute son attention. D'abord imprécise, il finit par reconnaitre des syllabes, puis une phrase toute entière, répétée à l'infini d'une voix familière et moqueuse.
" Le chaos qu'engendre l'erreur n'est jamais loin."
Quelle erreur?
"Alors, le binoclard, ce réveil, c'est pour aujourd'hui ou pour demain?"
VLAN!
Une claque humide le força à ouvrir les yeux. Il sentit des gouttes perler le long des joues et lui chatouiller le cou. Des mèches collaient inconfortablement à son front. De l'eau s'infiltrait sans douceur dans la gorge et l'empêchait de respirer. Il dut pencher la tête pour la forcer à sortir. Il toussa jusqu'à s'irriter et couvrir tous les sons alentours; tout juste pouvait-il percevoir deux autres souffles laborieux se déchirer à ses côtés. Pris de spasmes, il tenta de bouger ses bras, mais ils étaient retenus en arrière, probablement par de la corde. Le froid qui lacérait sa peau lui fit comprendre qu'il avait été dépouillé de ses vêtements. Il ne lui restait que son boxer. Encore une chance, pensa-t-il en retenant un rire jaune alors qu'enfin il reprenait ses esprits. Une fois totalement remis, il s'autorisa un regard autour de lui.
A sa gauche, Ulrich et Odd étaient dans une posture similaire à la sienne. Le premier avait l'air de plus en plus énervé et le second perdu, mais soulagé en croisant les yeux ouverts de Jeremie. Ils étaient tous les trois assis contre un mur de béton noir réchauffé par leurs corps. Ils devaient donc être là depuis quelques temps. Le reste était une pièce au style dépouillé, sans fenêtre et tout juste éclairée d'une ampoule pendouillant au plafond. A sa taille, le génie l'associa à une sorte d'ancien garde-manger démeublé. En tout cas, elle n'avait pas du tout l'air conçue comme une prison. On avait dû l'utiliser en catastrophe. Devant eux, une porte classique et peu imposante en fer confirmait son idée. A côté était installé sur une chaise un masse pâlotte aux cheveux blonds ternes et courts sirotant un soda d'un air tranquille. De l'autre côté, un garçon plus jeune, au teint foncé et coiffé de courtes dreadlocks, rangeait un seau sans décrocher ses pupilles méfiantes du trio. Tous deux portaient un pistolet.
Un pistolet.
Jeremie sentit son cœur s'accélérer. Un pistolet. Mais dans quel pétrin s'étaient-ils embourbés? Il se rassura en constatant qu'aucun des hommes n'avait dégainé ou ne semblait sur le point de le faire. Toujours était-il qu'ils ne pouvaient pas être amicaux envers les Lyoko-Guerriers. Quel genre d'ami vous ligoterait dans une pièce sombre, hein?
Mais d'ailleurs, qu'est ce qu'ils faisaient ici?
Jeremie fouilla dans sa mémoire. La dernière chose qui lui revint était le tissu contre sa bouche, puis plus rien. Ils avaient été trop inattentifs... Pourquoi se balader au milieu de rues hostiles dans une ville déserte? Le piège était tellement évident, alors qu'ils y étaient pris! Le génie se maudit de ne pas l'avoir senti venir. A présent, une partie de son équipe était capturée sans savoir par qui et pourquoi! Il n'y avait plus qu'à espérer que les filles fussent encore libres...
"C'est quoi ce bordel, on est où?" S'exclama soudain Ulrich, faisant sursauter ses deux camarades. Jeremie lui adressa un avertissement silencieux, craignant qu'une provocation ne les missent en plus mauvaise posture, mais le guerrier l'ignora. Au contraire, il préféra s'acharner contre ses liens en lançant des regards assassins en direction des deux hommes. Ces derniers observaient d'un œil amusé leur prisonnier.
"Je te l'avais dit qu'un coup d'eau serait efficace!" Chantonna le plus jeune. "Je vais chercher la patronne, elle va être trop contente d'apprendre qu'on les tient enfin...". Il sortit en sifflotant un air léger, détendu comme après une longue épreuve. Alors qu'il referma la porte, son collègue eut un sourire compréhensif et se tourna vers les Lyoko-guerriers, une expression expectative sur le visage. Ils demeurèrent un temps sonnés, les idées se précipitant sans logique. Jérémie entendit Ulrich se débattre plus faiblement, apparemment las. Odd regarda Jeremie comme s'il s'attendait à ce qu'une solution lui apparût momentanément. Il n'y avait qu'une seule qui ressortait au milieu de la panique : discuter avec l'homme, gagner du temps ou même le convaincre... Le félin sembla le comprendre, car d'un sourire entendu il se tourna vers leur gardien.
"Attendez, vous faites erreur, nous ne sommes pas d'ici!" Tenta-t-il avant que Jeremie n'eut le temps de réagir. "On ne peut pas être ceux que vous cherchez..."
"Bien tenté" Renifla l'homme en jetant son soda vide à ses pieds. "Assez inattendu. Tu pensais vraiment que feindre te sauverait? Tu sais comme moi qu'il n'y a plus personne qui fout les pieds dehors... Alors des étrangers! Ha! Il ferait beau voir..."
Il se leva et s'accroupit devant Odd, un sourire confiant aux lèvres.
"J'te l'accorde, c'était bien joué de se pointer dans les rues sans armes ni protection... Ca m'a étonné, au début, d'pas trouver non plus dans vos fringues des puces de traçage ou des trucs comme ça... Mais j'ai vu clair ensuite! Z'êtes vraiment des petits rusés! Dommage que vot'piège n'ait pas fonctionné, hein? Vous pensiez entrer dans notre secteur et avoir assez d'infos pour nous attaquer ensuite, je parie?"
"Je ne comprends pas..." Balbutia Jeremie. "Je ne sais pas ce que vous voulez, mais vous n'y êtes pas!"
"Oh, ça suffit!" Coupa le colosse en se relevant. "C'pas comme si on pouvait pas vous reconnaître... Vous êtes foutus, laissez tomber! Quand elle vous verra, vous allez voir un peu..."
Le cerveau de Jeremie se lança enfin à pleine vitesse. Il n'avait pas du tout envie de voir! Il fallait qu'il trouve une solution, et vite! Il n'avait aucune idée du temps qui lui restait pour tout démêler, mais il était évident que, sans réagir, ils allaient passer un mauvais moment, de surcroit immérité!
Pourtant, l'homme avait l'air persuadé de ne pas s'être trompé de personnes... Il devait donc croire qu'il faisait face à leurs autres! Pour quelle raison seraient-ils recherchés? Pourquoi leur voudrait-on du mal? Qu'à-t-il pu arriver dans ce monde qui n'a pas eu lieu dans le leur? Cela donna au génie l'idée de tout révéler. Annoncer tout de go qu'ils venaient d'une autre "dimension" par un scanner pour accomplir une mission. Mais leur geôlier allait-il le croire? Connaissait-il l'existence de Lyoko? C'était un risque à courir... Il n'était pas vraiment sûr que ce fût une bonne idée... Les conséquences pouvaient être catastrophiques... Était-il donc préférable de glaner d'autres informations sur leurs alters pour mieux les comprendre, et donc prouver qui ils étaient? Cela allait prendre plus de temps... Mais avait le mérite d'être plus prudent! Oui, il valait mieux procéder ainsi. Le génie prit une grande inspiration et tâcha de garder son calme.
"Mais euh... Où s'est-on connus? Je suis désolé, mais je ne vous reconnais pas...". Non, il n'avait pas mieux.
"Ah, sûr qu'on s'est pas croisés depuis longtemps..." Ria l'homme. "Poliakoff, ça te dit rien?"
Poliakoff...? C'était impossible...
"Alors Nicolas, on me rapporte que tu as de bonnes nouvelles aujourd'hui?"
Cette voix féminine, jeune et haute perchée... Il ne lui manquait que des inflexions de caprice pour qu'elle lui appartînt...
La porte s'ouvrit brutalement. Et devant eux se tenait une jeune femme qu'aucun des garçons n'aurait cru voir dans un tel lieu.
Ses cheveux noirs aux reflets violets étaient retenus en arrière par une paire de goggles, jaune comme le serre-tête qu'elle portait d'ordinaire. A la place de son ensemble rose et mauve, elle arborait une chemise courte et un short retenue par une grosse ceinture, le tout dans les mêmes tons que son alter, à peine plus foncés. Ses mains étaient emmitouflées dans des mitaines en cuir assorties à des paires de coudières et genouillères jaunes. D'épaisses chaussures complétaient cette combinaison. Ses yeux noirs affichaient une maturité durcie. Son port habituellement arrogant se voulait plus imposant. Pour un peu elle avait tout d'une combattante post-apocalyptique. Ce qu'elle devait être dans un monde pareil, ne put s'empêcher de songer Jeremie alors qu'il essayait de réaliser ce qu'il avait devant lui.
Mais ce ne fut rien en comparaison du regard de surprise menaçante que la jeune femme eut quand il parvint enfin à articuler l'évidence.
"... Sissi?"
Chapitre un tantinet plus court, mais je prépare le terrain pour le prochain chapitre qui va révéler deux-trois choses sur Solar Building! Je dois avouer que sur la fin du chapitre, ça m'a bien fait délirer de faire apparaître ces deux persos secondaires aussi soudainement, vous l'avez pas senti venir hein? 8D
Bref, je vous retrouve rapidement pour la prochaine fois, j'espère que ça vous a plu, et que vous prenez toujours autant de plaisir à suivre nos héros! Bonnes vacances à tous!
