Bonjour à vous en ce temps radieux! Je vous arrive avec une suite (hin hin, surprise hein? 8D *VLAN*) C'est donc la deuxième partie du flash-back d'Elisabeth, qui j'espère vous plaira ! Bonne lecture à vous!

Disclaimer: Jérémie et son équipe, ainsi que XANA, Lyoko et Kadik ne m'appartiennent évidemment pas, tout le mérite revient aux créateurs ~


"Sauf notre respect, Monsieur Delmas, vous n'avez pas les capacités de contrôler la situation" Le coupa Ishiyama. "On vous demande de nous croire sur parole, et promis, vous ne le regretterez pas".

"Il n'en est pas question! Monsieur Jim, faites-les tous sortir!"

Le professeur d'EPS acquiesça et, par de larges mouvements de bras, força l'attroupement à se diriger vers les sorties.

"Mademoiselle Ishiyama et monsieur Stern, poussez vous immédiatement!" Brailla-t-il.

A nouveau, Ulrich sortit son portable, envoya un second texto, et rangea sa machine.

"Je ne crois pas, non".

"Sortez ou je vous vire par la force!"

"Non".

Excédé, Jim traversa la foule et prit les deux adolescents par le bras. Il les emmena dehors, suivi du proviseur, de Sissi et ses deux compagnons. Mais ils ne purent aller plus loin que l'immense grillage de la cité scolaire. On leur barrait la route.


Une foule de monstres s'étendait à perte de vue à l'entrée de la cité scolaire. Dans les rues. Sur le toit du bâtiment. Des blocs jaunes à pattes, des moustiques violets géants, des globes noirs énormes, tous semblaient sortir d'un film de science-fiction hollywoodien. Comme signe d'appartenance, ils étaient décorés du symbole de XANA; cependant même sans ce détail Sissi aurait compris que le programme avait piégé les lieux dès le début de cet enfer. Ou même avant, quand ils étaient en classe. Comment avaient-ils pu faire ça...?

La question pulvérisait la raison de la jeune fille, à tel point qu'elle ne sentit pas Ulrich s'approcher derrière elle.

"Alors, ta réponse, Sissi?"

"Vous êtes malades..." Murmura-t-elle sans bouger.

"Nous faisons cela pour le bien de nos concitoyens" Répondit-il calmement. "Je sais, pour le moment tout ceci semble impressionnant. Mais songe que nous pourrions enfin faire régner la justice et la vérité pour tous, avec une telle armée. Quel adversaire oserait s'interposer?"

"Il vous a retourné le cerveau... Ces choses, là... Elles sont de XANA... Et ce programme..."

"Tu es avec ou contre nous, Sissi. Choisis" Intervint Ishyama. Elle tenta d'approcher l'adolescente, mais cette dernière la repoussa. Ce n'était pas bon. Ces choses, la tournure des évènements... Ca allait mal finir. Elle se souvint du regard de Jérémie, quelques jours plus tôt. Il l'avait accompagnée partout, de jour comme de nuit, la hantant, l'angoissant. Elle n'y avait vu aucun désir de justice ou de vérité. Juste de la sombre froideur. A présent, dans ceux de la japonaise et de son ancien ami, elle n'y lisait que de l'euphorie, de l'exaltation. Ils ne réfléchissaient plus. Elle n'arriverait jamais à leur faire confiance. Elle ne pourrait jamais être totalement en accord avec eux. Jamais.

"Jamais".

La main puissante de Nicolas lui serra le bras en guise d'encouragement. Hervé lâcha un "ouais!" provocateur. Mais elle ne concentra son attention que sur le regard d'Ulrich, passé de la folie à la surprise, puis la déception.

"Est-ce que tu te rends compte que nous ne pouvons avoir d'ennemis? Tu penses vraiment pouvoir t'opposer à nous?"

"Arrêtez ça tout de suite! S'exclama Monsieur Delmas. "Quoi que soient ces choses, si vous pouvez les contrôler, faites les partir. Nous pouvons discuter de ça tranquillement..."

Il tenta de s'interposer entre sa fille et les deux adolescents, mais un rayon rouge lui barra soudain la route. Il heurta une jeune fille à l'épaule, qui poussa un cri de douleur. Nicolas et Hervé se resserrèrent près de Sissi.

"Ne faisons pas de victimes inutiles. Rendez vous" Ordonna Ulrich, un peu moins calme.

"Ca suffit! Vous ne paierez rien pour attendre, je vais m'occuper de vous..." S'écria soudain Monsieur Jim, comme sorti de nulle part. Il s'avança vers les monstres, pas si rassuré mais légèrement excédé. Sissi s'attendit à un nouveau rayon. Rien. Elle se tourna vers les adolescents. Yumi hocha la tête en direction d'un bloc jaune. Non...

"Monsieur Jim, attention!"

Le rayon heurta la poitrine de l'homme. Il resta figé une seconde, puis s'effondra en arrière.

Il n'en fallut pas plus pour que la panique reprît. La foule se cogna aux murs, se bouscula. Certains tombaient, d'autres étaient dangereusement compressés. On voulait retourner dans le bâtiment, aller dans la cour, n'importe où. On criait, on appelait des amis, on ne savait plus quoi faire. Des rayons tranchèrent les airs, pulvérisant le plafond, touchant parfois un élève. De peur, l'attroupement se replia vers les couloirs en essayant d'éviter les tirs. Sissi manqua de se faire emporter quand la main de son père se referma sur la sienne.

"Il ne faut pas rester là, viens!"

Il l'entraîna, avec à leur suite Nicolas et Hervé, jusqu'à une issue de secours. Il la força de deux coups d'épaules, aidé par le plus solide des garçons. Devant eux, l'arrière-cour était vierge de monde, d'un calme oppressant en opposition avec le concert infernal du collège. Ils coururent sans réfléchir. Pendant plusieurs minutes, aussi longue que des heures, ils foncèrent, ignorant les cris et les cliquetis des monstres derrière eux. Dans la course, la vue de Sissi se brouilla, son cerveau paniqué ne retint aucune image. Courir, juste courir...

Ils finirent par déboucher en centre-ville. Un chaos incroyable y régnait. Des hommes, des femmes, des enfants couraient eux aussi en tout sens en tentant d'éviter des tirs de monstres. Personne n'était à terre, mais des cadavres de télévision, d'ordinateurs et de téléphones portables jonchaient le sol goudronné au milieu de ruines de maisons et de voitures. Ceux des citoyens qui étaient restés sur l'axe principal étaient pourchassés vers le collège. On devait les emmener vers Belpois. Sissi se refusa à imaginer quoi que ce soit et suivit les trois autres fuyards à travers une sombre rue, puis dans une maison abandonnée à la porte grande ouverte. Ils se reposèrent un instant, le souffle coupé, la respiration erratique.

"Vous croyez qu'ils vont nous retrouver?" Questionna Nicolas à voix basse, comme s'il se savait déjà repéré. Monsieur Delmas ferma prestement la porte tandis que Sissi pointa l'oreille, attentive au moindre bruit.

Une fois toutes les issues fermées, le silence s'abattit sur le groupe. Pas un craquement, pas un murmure. Aucun d'eux n'osa bouger, comme si rompre cet instant de flottement les mènerait à leur perte. Seuls leurs pupilles couraient des fenêtres à la porte, au plafond, au sol. Sissi frissonna: elle avait l'oppressant sentiment que le danger pouvait venir de partout, qu'il était déjà là. Il lui frôlait le dos, faisait vibrer ses tympans, caressait ses cheveux... Elle voyait l'œil de XANA dans chaque ombre, chaque pan de lumière, chaque rayon... Mais Ulrich Stern, ce garçon qu'elle saluait tous les jours, qui le lui rendait en ronchonnant, cet Ulrich qu'elle aimait secrètement, il ne l'appréciait peut-être pas en retour, mais il ne lui ferait pas de mal pour autant... Il ne le ferait pas...

Soudain, la porte vibra dans un vacarme insoutenable. Le quatuor sursauta. Une autre vibration, puis une fenêtre vola en éclats. Monsieur Delmas, comme sorti d'un songe éveillé, se précipita vers les adolescents.

"Allez vous cacher, mais pas à l'étage, vous allez vous bloq..."

La porte alla lui frapper le dos, achevant prématurément sa phrase. Dans un cri de surprise et de douleur, il s'effondra. Sissi cria avec lui, puis fut entraînée à nouveau par Nicolas vers le salon. Accompagnés d'Hervé, ils foncèrent dans une pièce qui sembla être un bureau séparé d'un jardin simple par une véranda, doté d'une table, d'une siège à roues et d'un tas de cartons, et refermèrent la porte. Un autre cri, au beau milieu du chaos secoua la demeure. Puis une voix, reconnaissable entre toutes. Sissi se jeta sur le verrou de la porte. Elle y vit son père, debout mais chancelant, faire face à Ulrich Stern, Yumi Ishyama et un groupe de blocs jaunes. Il s'opposait à eux de tout son corps.

"Vous n'êtes pas conscients de ce que vous faites! Rendez vous maintenant, et vos peines seront allégées!" Clama-t-il d'une voix forte.

"Vous ne comprenez pas qu'il est trop tard" Rit Ishiyama, presque sans violence. "Nous libérons la population des moyens de contrôle de l'armée. Bientôt, nous serons les seuls détenteurs de technologie, et avec XANA nous pourrons éviter qu'un tel manquement aux droits de l'Homme ne se reproduise..."

"Laissez-nous Sissi" Continua Ulrich. "Pour le moment, on ne peut pas lui faire confiance. Si elle n'accepte pas nos actions, si elle ne voit pas que nous n'œuvrons pas pour le mal, il va falloir le lui expliquer".

"Vous ne la toucherez pas!"

Ishiyama soupira et, lentement, se tourna vers un bloc jaune.

Le reste de la scène se passa au ralenti devant les yeux de Sissi. Le rayon qui frappa la poitrine de son père sans préavis prit le temps de se ficher dans sa rétine. Le corps tombant au sol lourdement le fit sans bruit, mais se grava dans sa mémoire. Le souffle dans sa poitrine se bloqua quand elle reçut dans sa conscience de plus en plus engourdie l'information.

Un main se plaqua contre sa bouche. Puis une voix aux graves intonations se fraya un chemin jusqu'à ses tympans sifflants :

"Pas un bruit!"

Elle ne s'était pas entendue murmurer quoi que ce soit.

Elle garda les yeux rivés à travers le verrou. Elle vit les deux adolescents jeter un regard désolé vers le corps au sol, puis réagir brutalement. Ils se tournèrent vers la porte qui les abritaient. Des blocs se dirigeaient déjà vers eux. Hervé poussa un cri. Sissi se réveilla. Elle se dégagea de l'emprise de Nicolas et courut avec lui vers la véranda. Mais à peine avaient-ils traversé la porte vitrée que leurs ennemis investirent le bureau. Nicolas balaya les lieux du regard, à la recherche d'un endroit où se cacher. Dans l'urgence, il ne trouva guère mieux qu'une cabane à outils. Il serra le bras de Sissi et l'y jeta avant de la suivre. Sans Hervé. Ils mirent une seconde à s'en apercevoir. Ce dernier s'était emparé d'un râteau rouillé et retenaient les deux adolescents et leurs monstres à l'intérieur de la maison.

"Tiens, tiens, le petit deuxième qui pense pouvoir se battre?" Se moqua Ulrich en tentant de passer de force. Hervé pointa son arme de fortune vers lui. D'une voix à la fois colérique et tremblante, il répliqua:

"Je ne vous laisserai... Je ne vous laisserai pas avoir Sissi!"

"Hervé, non..." Chuchota Nicolas, les muscles crispés. Sissi, elle, observait, impuissante et horrifiée, son camarade affronter faiblement ses ennemis. Elle voulut le rejoindre, mais ses bras étaient trop lourds, ses jambes clouées au sol...

Ulrich insista, mais Hervé lui tint tête.

"Vous ne passerez pas! Vous ne passerez pas!"

Il asséna un coup sur la tempe d'Ulrich. Ce dernier se rattrapa de justesse à la vitre de la véranda, sonné. Ishyama sauta alors sur son adversaire. Ils se battirent, tous deux agrippant l'outil dans l'espoir de l'arracher à l'autre. Les pupilles de Nicolas voltigeaient, de plus en plus frénétiques et désespérées. Les deux adolescents, dans leur bataille, heurtaient les murs en jurant. Les blocs, eux, semblaient ne pas oser tirer. Ils devaient craindre de toucher leur chef...

Puis soudain, tout se précipita. La jeune japonaise donna une brusque impulsion. Le râteau échappa des mains d'Hervé. Dans l'élan, Ishyama fit tourner l'outil. Il toucha la gorge du garçon. Les dents lui transpercèrent la peau. Les yeux d'Hervé cessèrent de bouger. Son corps fut suspendu dans une position de pure surprise, les membres pris de spasmes, puis plus rien.

Le monde s'arrêta de tourner dans l'esprit de Sissi.

Hervé. Le sang. Le silence.

Son cerveau secoué ne renvoya qu'une information. Il ne fallait pas rester là, il fallait faire quelque chose. N'importe quoi.

Dans un mouvement synchrone avec celui de Nicolas, elle se leva, sortit de la cabane par la fenêtre faisant face à la porte, alors que les blocs retournaient fouiller la maison et qu'Ishyama se tourna vers Ulrich. Accroupis, silencieux ils quittèrent la propriété. Puis le centre-ville. Ils croisaient de moins en moins de maisons, et plus une âme. Ils flottaient au dessus du sol dans leur fuite effrénée et irréfléchie. Aucun bruit derrière eux. On ne les avaient pas repérés. Peut-être.

Il sortirent de la civilisation et son apocalypse. Pris dans leur course, il repoussèrent sans s'en rendre compte des branches, des buissons. Une forêt. Peu importait ce qu'elle faisait là. Ils foncèrent en se tenant la main, la vue brouillée, le souffle coupé, les jambes étirées. Puis une nouvelle maison, blanche aux toits noirs, plus grande, plus seule. Elle était de l'autre côté d'une rue encore calme, derrière un petit grillage sagement fermé. Ils traversèrent la route sans réfléchir, sautèrent par dessus la frontière, ouvrirent la faible porte sans même devoir la défoncer. Une fois à l'intérieur, Sissi se laissa tomber à genoux, incapable de faire un mètre de plus. Elle n'arrivait plus à se souvenir des dernières minutes, seulement d'un immense brouillard dans sa mémoire, fait de bruits sourds, de cris, de rouge. Elle sentit Nicolas s'approcher d'elle, la serrer, lui parler. Elle n'en comprit pas un mot.

Son père, Hervé... Laissés derrière. Ils étaient seuls maintenant.

Seuls.

Parce qu'elle avait craint de l'être, pendant ces trois derniers jours.

Elle avait condamné toute une ville, voire un monde, parce qu'elle redoutait de détruire le lien entre elle et Ulrich Stern.

Tout était de sa faute. Les bruits sourds, les cris, le rouge. C'était sa faute.

Un hurlement lui brisa le corps.


Fin d'une partie du Flash-Back d'Elisabeth ~ Bien sûr, il reste des choses à savoir sur Solar Building! Mais j'aime assez l'ambiance chaotique qui se dégage pour le moment.

En ce qui concerne les fan-arts précédemment évoqués, je fais face à des problèmes de logiciels et de scanners, donc ils sont bel et bien pour bientôt, mais sans couleur ^^' J'en parlerai la prochaine fois, d'ici là je pense qu'ils seront prêts!

J'espère que ce chapitre vous a plu, et à bientôt! Prenez soin de vous! :3