Bonjour bonsoir ! VioletBottle, de retour de ses vacances d'été ET d'automne !
Il faut dire qu'entre l'arrivée de la motivation pour répondre à des appels à textes, à illustration, l'envie de commencer enfin la biblio de Pratchett, la reprise de la pratique de dessins, le mémoire de M1 en cours, Mondes Alternés a connu une petite pause, qui je l'espère lui fera du bien.
Mais trêve de bavardage (oui, pour moi deux lignes et demi tiennent du bavardage o/), et je vous laisse avec cet Interlude d'entre-deux saisons, parce que le rythme 4 épisodes/Interlude/5 ou 6 épisodes se casse maintenant. De toute façon, peut-on parler de rythme régularisé quand ça s'est fait sur deux saison ?
Bref. Bonne lecture à vous tous qui revenez par ici o/
Disclaimer : Jérémie et son équipe, ainsi que XANA, Lyoko et Kadik ne m'appartiennent évidemment pas, tout le mérite revient aux créateurs. Verso et ses personnages sont toutefois de mon fait.
L'épave d'un train encore fumante trônait sut des vieux rails en forme de lianes décousues. Les petites roues tournaient encore dans le vide, sifflant leur agonie dans l'air poussiéreux. En une fraction de seconde, les derniers cris désolés se turent, et le silence fit vibrer ses carillons. On pouvait même confondre une respiration douce avec le hurlement d'un loup en colère. Les grains de terre volatiles mordaient la peau, piquaient et brûlaient, la luminosité mourante forçaient à replier des paupières entravées par les volutes de fumées. D'un geste lent, Belpois remonta et ferma le col haut de son long manteau gris d'acier et repoussa ses lunettes pour leur préférer des homologues aux verres teintées. Qu'importait de ne pas voir clair, il tenait juste à garder son sens suffisamment intact pour la trouver. Il savait qu'elle était dans ce train. Seulement, il ignorait depuis combien de temps il avait été banni de son propre monde, alors que chercher ? Une jeune femme, une vieillarde ? L'idéal, quand on ne sait vraiment où est la proie, est de la devenir soi-même, le temps que le faux prédateur se déclare. C'était précisément ce que faisait le génie. Attendre au milieu de la ruine. Elle le reconnaîtrait et attaquerait. Sauf qu'après un tel accident, elle n'aurait clairement pas l'avantage. Lui n'avait été bringuebalé en tous sens, ses os craquant contre les parois, sa tête flottant dangereusement au bout d'un cou incapable de se maintenir, l'esprit confus par la corruption de son endroit et son envers... N'empêche, il n'aurait jamais songé provoquer un tel capharnaüm. Il s'était contenté de se montrer au conducteur, le plus naturellement du monde, après avoir légèrement assommé le gardien de sécurité du wagon. Son monde était-il revenu à son écoeurante sensiblerie de jadis pendant son absence ? Décidément, les humains n'apprennent jamais.
Soudain, une succession de bruits de pas, de plus en plus lourds, fit vibrer la plante de ses pieds, ancrés au sol. Il pouvait sentir tous les efforts de son futur assaillant pour se rattraper à un siège tordu sans alerter sa cible, mais c'était chose impossible. Imperceptiblement, ce dernier tendit la nuque en signe de satisfaction. Un sourire de pure jouissance le traversa. Pour un peu, il en aurait penché la tête et déployé l'échine. Tout son être anticipait le plaisir à venir... Une sourde tension grimpait le long de sa colonne, il percevait ses bras puissants contre son ossature. Ses oreilles se courbèrent presque en augmentant leur attention, son nez se retroussa, sa langue côtoya ses canines...
Il se retourna. Une volée de chaises au feutre troué fila autour de lui. Un cri perçant et surpris suivit. Ses yeux s'écarquillèrent sans retenue.
Le choc fit éclater quelques vitres, desquelles s'échappèrent quelques "armes". Le son caractéristique d'un corps tabassant une paroi crissa contre les dents de Belpois. Par habitude, il demeura coi jusqu'à la dernière note du chaos. Comme un capitaine attend le dernier râle de sa machine pour l'éteindre.
Un instant, son regard croisa le sien dans le reflet sale et brisé d'une vitre. Un peu de sang brun tâchait l'oeil droit de l'image et voilait une partie du rictus, qui se fana instantanément. Il ne put empêcher la dernière image de Jérémie, avant destruction de Verso, de lui parvenir. Lui aussi avait du sang sur les mains maintenant... Plus le temps passait, moins les deux versions était dissociables. Et puis, il y avait cette fille... Et ses étranges paroles. Qui était-elle, pour savoir tout ça ? Et même... Savoir ? Pourquoi avoir choisi ce mot ? Y avait-il une sorte de puissance qui lui murmurait ces mots, à l'encontre de ce qu'il pensait ? Car elle se trompait... Forcément qu'elle se trompait. Il ne devait rien à ce double moins bon que lui. Rien.
- Que fais-tu encore là ? Je te croyais occupé à sauver le monde avec tes amis... Croassa une voix trop connue derrière lui.
Ah oui. Elisabeth. Même l'échine pliée, elle semblait droite face à tout. Ca aurait pu l'impressionner... Si cela lui avait suffi pour sauver sa vie. On peut bien avoir l'arrogance de se tenir toujours droit, il n'empêche que c'est ainsi qu'on prête le flanc aux canons des bouchers. Et, dans le cas d'Elisabeth, qui a fait de cette apparence de condamnée en fin de course une seconde nature, c'était devenu risible.
Surtout quand, visiblement, elle n'avait même pas assez de neurones actifs pour différencier la lie commune d'un ancien maître en campagne de reconquête.
- Si tu parles de ton sauveur, je crains que tu ne parles dans le vide. Quelle tristesse qu'on ne se soit pas vus plus souvent auparavant. Maintenant, tu ne peux même pas reconnaître ta Némésis...
- ... Si tu est vraiment lui, alors tu es un fantôme et je n'ai rien à craindre. Tu es mort avec ta tyrannie, je l'ai vu de mes yeux... Souffla la jeune femme en tentant de se redresser davantage, signe qu'elle n'était pas aussi rassurée qu'elle voulait le faire croire. Mais pourtant, sa remarque glaça l'ancien tyran. Elle doutait encore de la véracité de son existence... Il pouvait le sentir dans le sarcasme persistant au creux de sa voix. Elle ne croyait qu'à moitié ses yeux. Il allait être temps de lui donner une preuve plus indéniable, plus frappante...
- Tu n'as que peu vu, crois-moi. Ceux en qui tu comptais sont peut-être perdus à l'heure qu'il est. Si tu avais vu le désastre de leur dernière escale ! Il en était dépité, pauvre petit Jérémie qui aurait voulu sauver tout le monde... Enfin, il a eu l'occasion de découvrir le peu de pertinence de sa présence dans un plan d'aussi large que...
- Et en quoi cela est-il censé m'effrayer ? Tu ne fais que parler, mais tu n'es rien ici. Tu as été détrôné, et si tu crois que tu peux retrouver un semblant de pouvoir en détournant des trains, tu te trompes. Tu ne devais ta putain de personne qu'aux machines et programmes. Montre-moi où sont les tiens, et j'envisagerai peut-être de m'inquiéter."
... Il fallait reconnaître à cette petite garce des éclats de génie. Comment faisait-elle pour ne pas comprendre ? Il était là, revenu d'entre les morts, capable de braver le gouffre lui-même. Il revenait sur son royaume, quasi assuré que son alter ne pourrait revenir de sitôt, il venait de démontrer sa détermination et son contrôle, et elle, cette inconsciente en qui la délectation d'une vengeance accomplie coulait encore, osait persister dans ses illusions ? Il était le maître de Solar Building, qu'elle le veuille ou non, et personne n'était son égal ou supérieur !
Soudain, elle prit appui contre un siège branlant, le seul de la rame a avoir conservé un relatif bon état, et s'élança par-dessus les corps vers Belpois. Ce dernier, perdu dans ses réflexions, n'avait pas remarqué que la jeune femme détaillait attentivement les lieux à la recherche d'une porte de sortie. Désarmée, elle ne pouvait rien, mais rester face à son ennemi ne lui assurait aucun avantage. Il se laissa donc pousser sur le côté, dépassé par ce corps rapide et brusque qui le repoussait vers les vitres brisées et s'éloignait en défonçant presque la porte coulissante du wagon. Le son sifflant de la surprise persista dans son oreille un temps, puis il se reprit et se redressa. Il tomba à demi en fonçant à son tour hors du wagon, et les jambes en appui, fléchies et parées à bondir sur le chemin de la proie, pour s'ériger en obstacle. Il ne la laisserait pas fuir, oh non...
... Mais en lieu et place de la rebelle, une autre silhouette se tenait de l'autre côté de la porte vitrée coulissante. Une présence immobile, droite et lointaine, que pourtant Belpois avait déjà vue. Il n'y avait pas si longtemps... Elle était à nouveau là. Et dans sa tête, le temps se suspendit assez pour lui laisser le temps de l'observer et de graver son image dans sa mémoire.
Le reflet de la vitre sembla éclater devant ses yeux alors qu'elle se dévoilait, droite et éclairée comme un lampadaire perdu dans une rue sans électricité. Deux étoiles océaniques le fixant, profondes et lointaines comme le large et les cieux. Des mèches flamboyantes et enflammées comme un désert sous le soleil de midi entourant une face entre éveil et épuisement, et un corps fermement ancré en terre, solide et puissant, dont le moindre tremblement semblait posséder le pouvoir de briser les vents. Sa tenue d'aventurière post-apocalyptique paraissant cousue par l'asphalte et la poussière, colorée par les immeubles d'une mégalopole à l'abandon et éprouvée par l'humanité et la politique.
Cette femme devait garder dans son être tout entier l'Histoire des Mondes Alternés, et elle était là, à l'observer comme une étrangère en fin de quête, qui sait le sens de son existence en voie de disparition et cherche en l'autre de quoi ne pas tomber vainement. Elle était là pour lui, elle avait fait s'agenouiller les frontières et les logiques, posé ses attaches et ses barrières psychiques aux pieds de la Mort et l'avait regardée les emporter sans dire un mot, elle avait tout fait pour ne pas être une parmi tant d'autres. Elle était l'avatar qui avait pris vie.
Celle par qui tout s'affrontait.
Belpois délaissa le fantôme exsangue d'Elisabeth et s'approcha de la vitre, posant une main contre un siège décharné pour s'assurer de ne pas trébucher. Il lui rendit son regard, sentant son coeur s'affoler et ses désirs de savant paniquer. Il était un pilleur de tombe devant qui s'exposait le Graal. Il ne laisserait pas filer ce trésor qui venait s'offrir à lui sans broncher ni se courber. Il ne lui ferait rien, non, il n'irait même pas assez près d'elle pour la frôler. Il voulait juste s'assurer qu'elle était ce qu'il espérait.
Mais voila que déjà, elle se détournait. Sans même lui rendre un semblant d'attention, comme si l'unique but de sa présence était de le voir.
- Attends !
Elle s'arrêta, tranquillement, ses pas frôlant le sol comme si elle s'attendait à l'entendre. Cependant elle ne se retourna pas et patienta. Belpois garda sa main tendue vers lui. Il ne l'approcherait pas, non. Mais tant que sa main la désignait, il avait l'impression de pouvoir la convaincre.
Elle ne bougea pas, arrachant au génie toute possibilité d'évaluer l'efficacité de ses actes. Mais à défaut de pouvoir la laisser partir, il tenta :
- Que me veux-tu ?
Elle se tourna légèrement, comme pour le rejoindre, mais quelque chose la retenait encore.
- Tu y penses ? A ton reflet ?
- Oui, tout le temps. Il est là, sa présence me gêne, et il m'empêche d'avoir un visage et un nom que je pourrais imposer au monde.
- Moi, je ne veux pas m'imposer au monde.
Elle reprit sa position initiale et leva doucement un pied pour repartir.
- Je veux juste qu'il persiste.
Elle allait partir... Non ! Il avait besoin de savoir ! Elle le suivait, elle le troublait, quelque chose lui échappait, et il n'aimait pas ça. Pas du tout.
- Je peux t'aider mieux que d'autres ne le feront ! J'ai déjà prouvé pouvoir supporter le pouvoir et être plus implacable que...
- Nous n'avons pas les mêmes intérêts, et je comprendrais parfaitement que tu tentes de te jouer de moi pour arriver à tes fins. Cependant je crains de ne pas l'apprécier, alors autant nous épargner la peine.
Belpois chercha un autre argument, quelque chose pour la retenir, mais rien ne vint. Elle ne semblait pas en bonnes dispositions pour le croire, et son regard dur n'indiquait aucune chance de fissure. Il pouvait toujours l'obliger à rester par la force... Il exécrait cette solution, tout juste bonne pour des subalternes qui ne savent gagner par l'intelligence et l'esprit, qui n'acceptent que la demi-victoire que représente un corps brisé malgré son esprit intact. Mais, au fond, il aurait l'avantage facilement, et ça restait une bonne solution de dernier recours... Il la voulait, il voulait ses réponses, et il ferait ce qu'il faudrait. Cependant, comment fait-on pour battre au corps un adversaire ? Belpois ne savait pas vraiment... Il avait toujours compensé avec son imposant Solar Building, démonstration de puissance lui épargnant d'avoir à réellement faire ses preuves, mais il ne pouvait plus se cacher derrière un immeuble... Et le détournement du train ? S'en servir comme d'un argument, pousser la jeune femme à s'identifier aux ruines fumantes des wagons couchés ? Et pourquoi pas...
Il roula discrètement des épaules pour se donner du courage et se dessina un long rictus sur le visage.
- Tu sais, je suis quelqu'un de puissant... Mon trône est peut-être en morceaux, mais je n'ai pas perdu l'accès aux commandes. Je peux encore maîtriser ce monde... Et tout ce qui s'y trouve.
Il laissa un temps de pause, jaugeant de l'impact de son effet. Mais l'évaluation prit des allures de gêne. Elle le regardait toujours avec le même air patient et transperçant, comme si elle regardait au-delà de lui. Un peu piqué, mais surtout désemparé, il essaya d'accélérer sa réflexion. Soit il s'accrochait à cet argument et l'amplifiait, espérant qu'il n'en avait juste pas assez fait, soit il en changeait, mais alors, qu'est-ce qui pourrait l'effrayer ? Si le fait de voir son sort comparé à un train détruit ne l'impressionnait pas, alors quoi ? Quoi ?
- Qu'est-ce que tu veux ? Tu viens à moi, tu veux quelques chose, alors quoi ?
- Je ne suis que de passage. Tu crois peut-être que je m'immisce sur ton chemin, mais de mon point de vue, c'est toi qui n'a de cesse d'être sur le mien. Tu veux voir quelque chose d'intéressant ? Approche.
Aussitôt, la jeune femme suivit les rails de la voie ferrée. Ne sachant que faire d'autre, Belpois la suivit. Ce ne fut chose aisée quand il se rendit compte qu'un épais brouillard s'était levé il-ne-savait-quand et dissimulait le paysage. Il n'aurait pas même remarqué ses propres pieds. Il ne faisait que percevoir sa guide au son de ses pas. Il avança à l'aveugle, le pas un peu trop méfiant pour ne pas trembler. Il essaya de réfléchir à sa destination le moins possible, quand soudain quelque chose l'interrompit. En se penchant, il reconnut la manche de la veste de la jeune femme. Cette dernière s'était arrêtée, droite comme un i, en plein milieu du chemin. Il nota également qu'elle tenait le col de sa chemise d'une poigne ferme. Brutalement, sans prévenir, elle arracha le premier bouton et le jeta à ses pieds. Le son significatif de l'imposant accessoire se fit entendre. Surpris, Belpois resta coi, ouvrant tout juste la bouche pour tenter de protester, mais déjà elle s'emparait du deuxième bouton et le jeta à nouveau, un peu plus loin cette fois.
- Mais qu'est-ce que...
Elle ne se soucia guère de ses vagues protestations et réitéra son manège, chaque bouton lancé un peu plus loin à chaque fois. Le troisième, au son toujours clair, le quatrième, un peu moins précis mais toujours audible, puis le cinquième... Rien. Pas un bruit. Comme s'il eut été lancé dans un puits sans fond... Pourtant, le bouton précédent s'entendait encore bien... Et sans transition naturelle...
- Si j'avais voulu te tuer, j'en aurais eu l'occasion. Il m'aurait suffi de te laisser avancer.
- Il y a un.. Vide ? Mais... Mais le train venait de là...
- Bien vu. Ce n'était pas là il y a quelques minutes. Ca a aussi commencé comme ça chez moi. D'abord un petit trou, soit disant que la terre n'était plus assez épaisse pour soutenir les structures. Puis des trous plus larges, "on aurait vraiment jamais dû construire si près du bord de la falaise"... Des gens ont commencé à avoir peur, le phénomène se répétait, on hurlait au complot, des professeurs cherchaient des explications, mais en vain. Le nombre de morts devenait significatif, et les ressources disparaissaient. La paranoïa est montée, des chercheurs ont été assassinés par des personnes apeurées et persuadées de l'existence d'une conspiration, certains ont essayé de les protéger, et sont tombés avec, alors tous ceux qui n'approuvaient pas se sont tus. Mais la terre a continué de s'effondrer. La folie augmentait, mais la place diminuait. J'ai réussi à partir avant qu'il ne soit trop tard, je suis entrée dans un des scanners de rue qui jonchaient mon monde, et je l'ai programmé pour créer une faille, juste assez petite, pour remonter dans le temps. Dans mon voyage, j'ai dû passer par le Pont, et tu y étais, à regarder des écrans d'un monde de paradis, mais je n'ai pu rester. Et je suis arrivée ici, dans un univers qui n'a rien à voir avec le mien, et qui pourtant constitue un passé pour moi. Mais tout juste arrivée, j'ai vu un immeuble s'écrouler devant moi, une gigantesque tour avalée par le vide... Alors je me demande. Ce qui a détruit mon monde n'est-il propre qu'au mien, ou n'est-ce qu'un maillon dans une chaine de destruction plus large ?
Belpois resta songeur, un peu stressé à l'idée que son propre monde pût lui échapper. Ainsi donc, quelque chose ou quelqu'un essayait de s'en prendre à son empire ? Comme s'il n'avait pas assez de l'autre imbécile qui lui a détruit sa meilleure arme... A moins que... La destruction de Solar Building intervenait après sa chute...
Soudain, une secousse. Au cerveau. Un choc. Ou une vibration. Ou...
Il passa sa main devant son visage. Il crut d'abord que la lumière ambiante vacillait, avant de réaliser. Quand il y voyait, c'était flou... Ses yeux...
- Mon corps se détériore...
- Ca me l'a fait aussi. Quand mon monde s'est effondré. Nous faisons partie de notre environnement, alors quand il se meurt, quoi de plus normal qu'il emporte avec lui ce qui y vit. Par exemple, mon ouïe a été usée à force d'entendre le sol s'ébouler. Où que je sois, j'ai toujours l'impression qu'une montagne s'effondre contre mes tympans. Remarque que cela force à être attentif... Et à mieux lire les personnes. Mais je crains que tu n'aie pas cette chance, toi. Les ténèbres von bientôt te dévorer les yeux. Tu ne verras même pas ta cité disparaitre sous tes pas.
Non... Il ne voulait pas tomber comme ça... Pas avant d'avoir récupéré son trône... Il devait trouver une solution, quelque chose, une logique, un plan...
Ca a commencé... Quand les autres sont arrivés, qu'ils ont voulu détruire le programme... Et si... S'ils étaient en train de tout anéantir... Si ces êtres bouffis de bonnes intentions étaient bien plus imbéciles qu'il ne l'avait envisagé...
Il devait les arrêter. Il devait les retrouver et les en empêcher, ou il ne vivrait pas assez longtemps pour être présent à leur défaite... Pour récupérer son royaume et leur faire payer le contretemps...
Par chance, il y avait elle. Elle avait l'air d'en savoir long. Il fallait qu'elle le sortît de là.
- Il faut que je m'en aille, que je le retrouve... Toi tu as réussi à venir, tu sauras bien comment repartir...
- Sage déduction, je suppose... Il va falloir sauter. Tu l'as fait, dans le paradis virtuel, non ?
- Je l'ai vu, après ma première "mort"... Le monde avec les écrans. J'avais cru au Paradis, puis je les ai trouvés en regardant les écrans. Quand je les ai rejoins, je n'ai pas eu peur, je me suis dit qu'en mourant, j'y aurais à nouveau accès... Bien sûr...
Belpois sourit. Toutes les issues n'étaient pas bloquées... Son plan pouvait continuer... Mais il allait y ajouter quelque chose...
Soudain, la jeune femme soupira et dit, comme s'il s'agissait d'une évidence absolue :
- Tu as juste voulu le pousser à l'erreur, sur Verso, n'est-ce pas ? Histoire de le tuer en gardant les mains propres ?
Il leva les yeux vers elle. Brillante... Intrigante et brillante. Il fallait qu'il la déchiffrât...
Il se leva et se redressa à côté de l'inconnue. Les deux égarés attendaient que le vide vint à eux. Et alors qu'il léchait leurs chevilles, la jeune femme ferma les yeux et sourit étrangement. Avec une sorte d'appréhension.
- Cela dit, personne n'a jamais prouvé que les Mondes Alternés étaient une science exacte...
Tout autour, les immeubles, rougis par le soleil de l'aube, s'effondraient.
Voila donc pour ce petit Interlude, histoire de reprendre doucement ! J'espère ne pas trop tarder pour me replonger dans cette fanfiction, mais en tout cas, je remets un pied dans le processus !
Voila, j'espère que ça vous a plu, comme d'habitude n'hésitez pas à commenter, et je vous dis à dans une durée entre deux semaines et deux ans, bye o/
