A/N : Oui, je sais, ça fait longtemps depuis le dernier update ...
Je sais aussi que, si vous suivez Courages je n'avais pas prévu de vous publier la suite si vite ( je n'ai pas fini de traduire le prochain chapitre et je n'aime pas publier sans avoir un chapitre d'avance ... Enfin bon ... ) ... Mais je pars sur Paris et, ayant des soucis qui viennent de me tomber dessus aujourd'hui et que je vais devoir régler à mon retour, je pense être un peu comment dire ... occupée ... Donc bref, pour ne pas vous faire attendre "une durée indéterminée" ce que vous avez déjà fait pour le précédent chapitre ... Voici le chapitre 5.

Bonne lecture !


Bound to Him

Chapter 5

Alors que les terres de Poudlard se profilaient à l'horizon, Snape sentit son pied droit s'enfoncer dans la terre marécageuse.

Il ne manquait plus que ça, grimaça-t-il en extirpant son pied de la plaque de boue et en s'empressant de sauter sur un sol plus consistant. La rapidité de l'action eut pour conséquence de secouer le corps inconscient d'Hermione à tel point que son bras glissa bientôt de sous la robe qui, l'instant d'avant le recouvrait encore. Momentanément, il fit donc reposer les pieds de la jeune femme sur le sol, dans le but de mieux la replacer. Il fit aussi bon usage de ce temps pour sortir sa baguette de sa poche afin de faire apparaître son patronus.

En quelques seconde, la silhouette scintillante d'une biche traversait à toute vitesse les champs obscurs, résolue dans sa mission d'alerter le Directeur de leur retour à Poudlard. D'une secousse, Hermione recueillit de nouveau Hermione dans ses bras et se mit à suivre le chemin emprunté par l'animal.

X

Albus Dumbledore se tenait bien droit, sa barbe luisant au clair de lune qui se projetait contre le hall d'entrée, assombri par la nuit. Au bruit de pas qui se rapprochaient, il s'éclaircit la voix.

" Severus, mon garçon – tu m'as fait bien peur avec ton Patronus ! Je t'avoue que cela m'a intrigué cependant. Pourquoi ne pas se contenter de m'envoyer un hibou pour m'informer de ton retour ?"

Alors qu'il venait tout juste de tourner apercevant ainsi le vieux sorcier, Snape ne savait pas s'il eût du soupirer d'exaspération ou grogner de colère. En tout état de cause, il opta cependant pour une politesse exagérée et réduit la distance qui les séparait.

" Je vous prie de m'excuser, Monsieur le Directeur. Il m'a simplement semblé que la situation présente nécessitait la plus grande des exigences...

En effet, tu as raison, acquiesça Dumbledore l'air grave lorsque ses yeux se posèrent sur la jeune fille que portait Snape. Madame Pomfrey vous attend déjà.

Est-ce bien sage, Monsieur ?"

Tout au long du trajet, Snape avait réfléchi à ce qu'il conviendrait de faire d'Hermione une fois arrivé. Il était conscient, bien évidemment, que la fille avait besoin de soins médicaux. Néanmoins, il était hésitant à l'idée de la laisser entre les mains de l'infirmière en chef de l'école.

Dumbledore haussa les sourcils d'un air inquisiteur :

" T'inquiètes-tu pour la sécurité de Miss Granger ou pour la tienne, Severus ?"

Le plus jeune des deux sorcier ne répondit pas immédiatement mais il devait bien reconnaître que la question du directeur était valide. Snape ne pouvait nier qu'il était mal à l'aise – pour ne pas dire tout à fait embarassé – à l'idée que quiconque puisse voir ce qu'il avait fait. Et pourtant, ces craintes tout à fait personnelles n'étaient pas l'unique raison qui le poussait à remettre en question cette décision. Il ne doutait pas des capacités de Poppy Pomfrey quand il s'agissait de guérir de façon générale mais il ne pouvait s'empêcher de penser que, lorsqu'il s'agissait de victimes de la magie noire, ses talents laissaient un peu plus à désirer. Elle même lui avait confié cette même crainte quelques semaines auparavant seulement. Systématiquement, lorsqu'elle doutait de ses possibilités dans une situation donnée, elle n'hésitait pas à envoyer le patient à l'Hôpital Ste Mangouste. Dans ce cas précis pourtant, y transférer Hermione présenterait un risque immense pour la sécurité de la jeune fille : la sienne également. Le Seigneur des Ténèbres avait des espions partout : il ne faisait aucun doute qu'ils avaient infiltré Ste Mangouste aussi.

Snape choisit cependant de contourner la question lorsqu'il retrouva sa voix :

"Disons qu'il vaut mieux pour nous tous qu'un minimum de gens soit au courant. C'est tout ce que j'ai à dire."

Levant sa main à hauteur de l'épaule de Snape, Dumbledore prit la parole, compréhensif :

"Madame Pomfrey fera tout son possible pour elle, et elle le fera avec la plus grande des discrétions. Je suis également certain que quelles que soient les idées dont tu puisses nous faire part au sujet de Miss Granger, elles seront les bienvenues."

Il fallut moins d'une seconde avant que Snape ne fléchît. Il hocha la tête de façon rigide et continua son chemin vers l'infirmerie.

Alors qu'il franchissait la porte, Madame Pomfrey fit son apparition, portant un plateau sur lequel étaient posés plusieurs potions.

"Posez-la là, Professeur," commanda-t-elle en désignant le bed le plus proche de lui.

Snape posa Hermione avec douceur sur le lit propre et se recula, l'observant avec attention tandis que Madame Pomfrey s'activait instantanément près d'elle. Lorsque l'infirmière retira sa propre robe qu'il avait utilisée pour recouvrir la jeune fille, dénudant ainsi la poitrine de celle-ci, il reporta son regard sur la fenêtre.

"Pauvre petite, ma pauvre petite", marmonna-t-elle avec tristesse en procédant à un examen strictement visuel. Madame Pomfrey attrapa une des jarres qu'elle avait préparées et s'activa à soigner les plus petites plaies qui recouvraient le visage d'Hermione.

Sachant pertinemment que cet onguent, généralement utilisé pour les lésions moyennes, n'aurait que peu d'effet sur les blessures plus sérieuses que Poppy n'avait pas encore découvertes, Severus sortit en silence se dirigeant vers la réserve de l'infirmerie.

Une fois seul, il laissa échapper un long soupir avant de s'occuper des affaires qui le concernaient. Il vit un certain nombre de paniers en osier accrochés près de la porte. Il se saisit du plus grand d'entre eux et commença à tirer des étagères diverses jarres et bouteilles de potions antalgiques multicolores. Lorsqu'il eut fini d'en faire l'inventaire, il ne put s'empêcher de se renfrogner en réalisant qu'aucune d'entre elle ne serait assez forte pour apaiser la folle douleur que la jeune fille ressentirait dans son dos. Le sort maléfique nécessitait quelque chose de bien plus puissant – quelque chose que lui seul savait préparer correctement.

Il se prépara à retourner dans la pièce principale de l'infirmerie mais s'arrêta brutalement alors qu'une pensée révoltante le frappait de plein fouet. Se retournant à nouveau vers les étagères, les yeux de Severus se promenèrent sur chacune des potions qui composaient la réserve. Avisant enfin la petite fiole qui contenait un liquide couleur saumon au fond de la troisième étagère, il s'en saisit avec précipitation. C'était là la dernière ampoule contraceptive qu'il restait en réserve. Il eut une grimace en songeant que c'était là encore autre chose qu'il lui faudrait préparer personnellement.

Marmonnant dans sa barbe, il tourna les talons et émergea de la réserve.

Madame Pomfrey émettait toujours quelques inquiétudes au sujet de la jeune sorcière mais Severus ne l'écoutait plus vraiment. Il plaça le panier plein de potions sur la table de chevet et interrompit ses divagations maternelles.

"Veuillez m'excuser, Madame, mais je pense que vous pourriez souhaiter lui administrer ceci assez rapidement."

L'infirmière s'arrêta si soudainement qu'on eût pu croire qu'elle venait d'être frappée d'un sort d'immobilité. Son regard tomba sur la petite fiole rosée qu'il lui tendait et elle se mit à bégayer.

"Qu...Mais..." elle sonda le visage du sorcier avant de reposer son regard sur la jeune fille, l'horreur se peignant sur son visage. Vacillant sous le choc, elle attrapa la robe qui recouvrait Hermione et la retira totalement. Un soupir empli de tristesse lui échappa lorsqu'elle prit conscience du reste des blessures.

Un long moment, une éternité selon lui, Severus ignora ses commentaires autant que ses questions et il remarqua à peine que la vieille femme avait retiré la flasque de ses mains. Il était pétrifié d'horreur à la vue des traces sombres qui commençaient à naître sous sa peau livide. Un frissn glacé le transperça quand il comprit qu'il en était le responsable : c'était ses doigts qui s'étaient enfoncés dans son bras ; ses genoux qui avaient écarté ses cuisses.

Je n'avais pas le choix, je devais le faire. Il se répéta mentalement cela à plusieurs était meurtrie, blessée et aurait sans doute bon nombre de cauchemars. Elle le haïrait de toute son âme, il en était certain. Mais elle était vivante et, cela étant, il pouvait bien vivre avec toutes ces conséquences...

Après tout, il avait fait de son mieux pour l'épargner. Ah, vraiment ? Snape se pinça l'arrête du nez en se souvenant avoir levé la main sur elle. Ça n'était pas nécessaire, elle était déjà incapable de se défendre.

Quelle importance qu'elle t'ait craché au visage ? Elle en avait tous les droits. Elle avait bien le droit de se défendre bec et ongles. On ne pouvait que respecter sa force et sa destination, les admirer même et pourtant, c'était cela qui l'avait rendu furieux. Snape serra les poings avec force en sentant son corps trembler. Il se sentait rougir et il lui sembla que les murs de l'infirmerie étaient prêts à l'engloutir.

En panique, il s'enfuit à toute jambes.

X

Il n'arrêta de courir que lorsqu'il eut atteint son bureau dans les donjons. Claquant la porte derrière lui, il se laissa tomber au sol et prit son visage entre ses mains.

"Qu'ai-je fait ?" chuchota-t-il entre deux grandes inspirations. Il s'adossa contre la porte et ferma les yeux. Il avait besoin d'espace, d'intimité, mais même ici, il se retrouvait hanté par ses propres actions. Son regard était imprimé dans l'esprit de Severus : il pouvait voir les larmes lui monter aux yeux lorsqu'elle le suppliait. Il s'était alors forcé à les ignorer mais, à présent, malgré toutes ses tentatives pour les oublier, il n'y parvenait pas.

Les images de ce qu'il s'était produit cette nuit là étaient douloureuses pour lui : il ne supportait guère de penser à quel point tout cela affecterait son élève. A cet instant précis, elle dormait paisiblement, mais elle reprendrait conscience bien assez vite et, ce faisant, les cauchemars ne tarderaient pas à l'envahir. Hermione devrait supporter sa présence chaque jour. Après un certain temps, la douleur finirait par lui être étrangère mais, jusqu'à ce que ce moment ne vienne, ce serait probablement une réelle torture.

Si seulement je pouvais trouver une solution, supprimer tous ces souvenirs... Snape posa son menton sur sa main. Peut-être qu'un sort pour modifier sa mémoire .. Il ne suffirait que d'un simple mouvement de la main, de sa baguette magique, et la plus horrible expérience de la vie d'Hermione Granger aurait disparu. Il y avait des risques, bien sûr …

Un ronronnement soudain l'extirpa de ses pensées, le forçant à ouvrir les yeux. Un feu s'était allumé dans la cheminée et, à travers lui, Severus pouvait distinguer le bureau de Dumbledore.

"Severus" appela le Directeur, sa tête se dessinant dans les flammes.

Satané vieillard, ne peut-il pas me laisser tranquille une seconde ? Snape soupira, roulant des yeux, tentant tant bien que mal de retirer toute trace d'émotion de son visage en se relevant lentement.

"Oui ?" répondit-il, s'appprochant du feu.

Dumbledore hocha de la tête.

"Ah, tu es là. Je pensais que tu serais peut-être passé dans mon bureau..."

"Il y avait d'autres problèmes qui nécessitaient mon attention à ce moment précis, l'interrompit Snape. Veuillez m'excuser."

" Vous n'avez pas à vous excuser, Professeur... Tu es fatigué, Severus, repose toi, nous discuterons de l'état des choses lorsque le soleil sera levé."

Snape se raidit mais acquiesça, rigide.

Dumbledore semblait prêt à le laisser mais s'arrêta soudainement.

"Il y a autre chose, Monsieur le Directeur ?"

Le vieux sorcier baissa la tête en réponse avant de reprendre :

"Ce sont nos souvenirs qui font de nous ce que nous sommes, Severus. Aussi perturbant que tout cela peut-être, autant pour toi que pour moi, Miss Granger ne doit pas en être privée."

Dumbledore lui adressa un léger sourire et coupa la connexion. La flamme, dansante un instant auparavant, s'éteignit alors, ne laissant plus place qu'à des cendres froides.

Bien que cela lui déplaisait, Snape ne pouvait qu'être en accord avec Dumbledore. Il savait bien que si, à l'avenir, Voldemort, ou n'importe quel Mangemort, faisait irruption dans son esprit et n'y trouvait aucune trace de cet événement, les conséquences seraient désastreuses.

Il soupira, s'éloignant du foyer désormais froid. Il était, de toute évidence, plus qu'épuisé. Pourtant, il ne se reposerait pas cette nuit là. Il y avait encore bien des choses à régler avant que le soleil matinal n'ait fait son apparition.