Merci aux personnes qui ont pris le temps de laisser des reviews ! Ca m'a filé une banane incroyable. C'est la première fois que j'écris, alors savoir que mon histoire est lue... C'est une sensation assez dingue.
J'ai commencé à écrire cette histoire à la fin du mois de mai, et comme je le disais, j'ai quelques chapitres d'avance.
Je sais comme ça peut être très frustrant d'attendre une suite... Je devrais donc pouvoir publier tous les mercredi et dimanche.
J'espère que ce chapitre vous plaira, bonne lecture :)
Chapitre 3 - Drago
Vendredi 9 septembre 2005 - Poudlard
Une semaine que les cours avaient commencé et il n'avait pas encore réussi à lui parler.
Non pas parce qu'il n'osait pas aller la voir ; il était encore en colère après ce qu'il avait entendu à la soirée et même si son niveau d'alcoolémie était maintenant nul, le courage et l'envie d'avoir des explications étaient encore là.
Il ne lui avait pas parlé parce que tout simplement, il n'en avait pas eu la possibilité.
Impossible de la croiser dans la Salle Professorale ou même dans les couloirs du château. L'aborder au moment des repas n'avait pas non plus été possible car dans la Grande Salle, les deux n'étaient jamais assis à proximité. De plus, à chaque fois qu'Hermione quittait le repas elle était toujours accompagnée et en pleine discussion, que cela soit avec Hagrid, Neville, Johanna -il connaissait désormais son prénom- ou Emmelina. L'effet de l'alcool s'étant dissipé, Drago avait pris conscience qu'il préférait tout de même l'aborder en privé afin d'éviter tout regard menaçant de type « Vas-t'en maintenant-j'aimerais-lui-parler-seul-à-seul » à une tierce personne innocente.
Ayant l'impression qu'elle le fuyait constamment, il en était presque venu à envisager de faire le pied de grue devant sa salle de classe. Malheureusement, lui aussi avait des cours à assurer.
Enseigner lui plaisait. Il avait maintenant vu tous ses élèves et avait déjà pu remarquer les grosses têtes, les branleurs, les petits cons, les bavards, les flemmards, ceux qui ne travaillent pas mais qui réussissent quand même, ceux qui travaillent mais qui ne réussissent pas... Il en appréciait certains sans pour autant en détester d'autres. Il se forçait à être neutre, même avec ce Paul Declair, un Gryffondor de 5ème année qui avait voulu tester les limites dès le premier cours de Potions.
Drago l'avait remarqué dès qu'il était entré en classe. Ils avaient beau être une trentaine d'élèves, tous les regards étaient tournés vers Declair. Il était le noyau autour duquel gravitaient les autres. On ne pouvait ignorer les regards admiratifs que lui lançaient les filles de la classe et ceux en attente continuelle d'approbation venant des garçons. Declair était celui qui donnait le ton, qui menait le groupe. Son physique devait en être pour quelque chose, le jeune garçon n'ayant pas été délaissé par Mère Nature. Grand, élancé, des yeux verts perçants, une chevelure brune parfaitement bouclée, et un sourire ravageur à en croire les gloussements de ses camarades à la vision de celui-ci.
L'adolescent rappelait un peu à Drago celui qu'il avait été durant une partie de sa jeunesse. Car si on n'y prêtait guère attention, on pouvait simplement voir un garçon fier et arrogant. Seulement, si on s'y penchait un peu plus, on comprenait qu'il était plutôt le genre à continuellement s'entourer des autres mais à se sentir incroyablement seul.
C'était ça que Drago voyait chez Declair, une solitude amère et un besoin d'être reconnu, d'être vu.
Lors du premier cours, donc, le Gryffondor s'était autorisé un jeu de mot des plus déplacés au sujet du dard de Billywig. Un trait d'esprit qui lui avait permis de récolter rires et regards impressionnés. Drago n'en avait fait qu'une bouchée. Il s'était approché de lui le plus lentement possible, s'était penché sur son pupitre le plus près possible, et avait articulé le plus intelligiblement et froidement possible : « Si vous ne voulez pas en recevoir un à vos BUSE, cessez de jouer au « troll » avec moi ».
Il ne l'avait pas lâché de tout le reste du cours, l'interrogeant plusieurs fois, lui demandant des exemples, des justifications, des démonstrations. A la fin de la séance, l'adolescent semblait avoir compris le message et s'être calmé. Drago put même constater qu'il possédait une certaine inclination pour les potions.
En ce vendredi matin, Drago se dirigeait vers les serres afin d'y prendre une partie des ingrédients nécessaires à son premier cours de la journée. Il commençait à 10h avec les 2e années de Serpentard et Poufsouffle. Le professeur avait préparé une séance pratique sur la potion de l'œil Vif. Il allait donc avoir besoin d'aconit. Malheureusement, après avoir vérifié la réserve de la salle de potion, il n'en avait trouvé qu'une version séchée. Or, il lui fallait de l'aconit frais. Une fois à l'intérieur, Drago parcourut la serre des yeux et s'arrêta sur les plants et leurs fleurs violettes caractéristiques. Il s'apprêtait à cueillir quelques brins lorsqu'il entendit une voix.
« Tu... Tu cherches quelque chose ? »
Neville était accroupi dans un coin de la serre et rempotait des pousses de mandragore.
« Oui. Il me faudrait de l'aconit. Je pensais pouvoir me servir ici. Ça ne te dérange pas ?
— N... Non... »
Le ton de Neville donna à Drago l'impression que cette réponse était davantage une question.
« Tu es... sûr ? demanda-t-il. Dis-le-moi et je me débrouillerai autrement.
—... En fait, il faut juste que tu me préviennes quand tu prends quelque chose, déglutit Neville. Tu peux même me demander en avance ce dont tu auras besoin, comme ça je peux gérer les semis et transplantation en amont, afin que tout soit prêt pour toi. C'est ce qu'on faisait avec Slughorn.
— Vraiment ? Ce serait pratique, merci Neville. Je te prépare la liste de tout ce dont je vais avoir besoin dans les prochains m... »
Drago ne termina pas sa phrase. Au loin, à travers les vitres de la serre, il venait d'apercevoir la silhouette d'Hermione près du lac, seule.
« Je dois y aller, merci pour l'aconit. »
Drago arracha rapidement quelques brins et fonça hors de la serre.
Elle était seule et dans un endroit désert. Les étoiles ne pouvaient pas être plus alignées.
Tandis que Drago se rapprochait d'elle, l'incompréhension se fit plus forte. Qu'est-ce qu'elle faisait là au juste ? Est-ce qu'elle était en train de courir ?
Drago chercha aux alentours une raison pouvant justifier cela, mais visiblement, personne ne la poursuivait. Il activa son allure et alla se poster là où elle allait être d'ici quelques secondes. Lorsqu'elle le vit, elle ralentit son allure et s'arrêta, à quelques mètres de lui. Elle portait une espèce de bas noir moulant -Drago avait oublié le nom de ce vêtement moldu- ainsi qu'un vieux sweat large et abimé aux couleurs de Gryffondor, vestige apparent de sa vie d'élève.
« Drago, qu'est-ce que tu fais là ? » lui demanda-t-elle à bout de souffle, les mains posées sur les hanches.
Son prénom, de sa bouche, lui faisait toujours un drôle d'effet.
« C'est plutôt à moi de te poser cette question. T'es poursuivie par un manticore invisible ?
— Je fais juste un jogging. Un truc de moldu, je cours quoi, ajouta-t-elle face au regard perplexe de Drago, j'ai commencé avec mon père pendant l'été et j'y ai pris goût.
— Comment vont-ils ?
— De qui ?
— Tes parents.
— Bien. Merci de demander.
— Et toi ?
— Tu es vraiment venu me voir pour ce genre de formalité, Drago ? »
Il ne se formalisa pas de cette remarque et continua de la fixer de son regard d'acier.
« Je... J'essaie d'aller bien, finit-elle par répondre.
— J'ai appris pour Ron et toi.
— La Terre entière à appris pour Ron et moi... Faveur de Rita Skeeter.
— À son sujet, mon offre tient toujours, tu sais » sourit Drago.
A l'évocation de ce vieux souvenir, elle esquissa elle aussi le début d'un sourire. Visiblement, tout comme Drago, elle n'avait pas oublié cette discussion qu'ils avaient eue lors de cette soirée un peu arrosée en 7e année.
La voir sourire, même légèrement, était comme prendre un cognard en pleine tête. Étourdissant. Drago se força à reprendre ses esprits.
« Il n'est pas facile de s'entretenir avec la Professeure Granger. Est-ce que tu m'évites ?
— J'ai suffisamment de choses à faire et auxquelles penser, pas besoin de m'en rajouter. Donc non, je ne t'évite pas.
— Alors pourquoi tu as disparu d'un coup à la soirée de rentrée ? Au moment exact où je venais te parler.
— Quoi ? Mais pas du tout...
— Bref, tu m'évites. Je peux savoir pourquoi ?
— Je ne t'évite pas, s'exclama-t-elle. Qu'est-ce que tu voulais me dire ?
— Quand ?
— À la soirée. Tu prétends que tu venais me parler. Alors, qu'est-ce que tu voulais me dire ?
— Hermione, écoute, je ne savais pas que tu allais enseigner à Poudlard et...
— Et quoi ? l'interrompit-elle. Si tu l'avais su, tu ne serais pas venu ? Je le sais ça. Sérieusement Drago, qu'est-ce que tu veux ? Si tu avais des choses à me dire, il fallait le faire il y a six ans. Maintenant, c'est trop tard. »
Et Hermione s'éloigna.
Si tu avais des choses à me dire, il fallait le faire il y a six ans.
Il l'avait fait. Elle ne pouvait pas lui balancer ça. Il lui avait tout dit. Tout écrit. Tout.
Cette fois-ci, Drago ne la laissa pas s'enfuir. Il la rattrapa en quelques pas qu'il n'eut même pas conscience de faire et lui saisit le bras, la forçant à s'arrêter. La forçant à le regarder.
« Tu te fous de moi, Hermione ? Je...
— Quoi ? Drago, quoi ? hurla-t-elle.
Le visage d'Hermione, déjà rougi par la course, l'était maintenant de colère. Son regard furieux était braqué sur Drago. Sa respiration se faisait sonore, haletante.
De son côté, il ne tenait plus. Il fallait que ça sorte.
Tout en soutenant son regard, Drago relâcha doucement son emprise afin de calmer la lionne.
« Insignifiant ? … Nous deux, c'était vraiment insignifiant pour toi ? » Le ton de sa voix était posé, il chuchotait presque.
« P... Pourquoi est-ce que tu dis ça ?
— Ce sont tes propres mots non ?
— Je n'ai jamais dit ça. Ce n'était pas insignifiant, non. Mais nous deux, c'est du passé. »
Sur ce dernier mot, Hermione regarda au large du lac, brisant ainsi le lien visuel qui les unissait. Elle laissa échapper un long souffle et reprit sa course.
Du passé ?
Pour Drago, Hermione était son passé, son présent et son futur. Il n'avait jamais cessé de penser à elle. Il avait pourtant essayé de l'oublier. Dès lors qu'il avait compris qu'Hermione l'avait abandonné, il avait tenté de faire taire ses sentiments, de les étouffer.
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- Vendredi 4 septembre 1998 -
« ... et voilà pourquoi il est plus sage d'ajouter la teinture de tormentille avant la poudre d'ortie séchée. Allez, à la semaine prochaine. Passez tous un très bon week-end. »
Le professeur Slughorn acheva sa phrase dans un brouhaha, la presque totalité des Gryffondor et Serpentard s'étant déjà levé.
« J'ai encore option là. T'as cours ? fit Blaise.
— Non j'ai fini, je vais aller bosser à la bibliothèque. »
Drago s'apprêtait à suivre Blaise à l'extérieur de la classe lorsque la voix du professeur l'arrêta.
« M. Malefoy, avez-vous un instant ? »
Drago fit signe à Blaise de partir sans lui.
Se tenant debout, près de son bureau, Slughorn se rapprocha doucement de lui, attendant que la pièce se soit vidée pour commencer à lui parler.
Drago parvenait à percevoir une pointe d'inquiétude dans les yeux de son professeur. Il pouvait déjà deviner ce qu'il allait en être.
« Comment allez-vous M. Malefoy ? »
Dans le mille.
« Je vais bien, professeur.
— Ne me dites pas ce que, d'après vous, j'aimerais entendre.
— Je ne sais pas quoi vous dire d'autre.
— … Bon, très bien. Je n'insiste pas. Sachez que si vous avez besoin d'en parler, ou même de parler tout simplement, ma porte vous est toujours ouverte, mon garçon. »
Drago hocha poliment la tête et disparut par la porte, laissant derrière lui son professeur dont les yeux laissaient maintenant apparaître beaucoup plus qu'une pointe d'inquiétude.
Qu'aurait-il dû lui dire ? Qu'il ne dormait plus ? Qu'il mangeait à peine ? Que son esprit était constamment hanté par les nombreux visages des personnes qu'il avait vu mourir ? Qu'il entendait à chaque instant les cris de douleur des personnes torturées devant ses yeux ? Qu'il se rappelait lui-même avoir failli tuer ? Qu'il s'imaginait chaque jour faire des choix différents ? Que cette cicatrice lui brûlait le bras un peu plus fort chaque minute ? Qu'il souffrait terriblement et pire qu'il voulait souffrir ? Qu'il méritait de souffrir ?
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15h30. Drago pénétra dans la bibliothèque. Celle-ci était encore peu fréquentée. Notamment parce que les cours n'avaient commencé que depuis trois jours. En outre, ce vendredi après-midi, veille de week-end, les rangées de livres étaient boudées par les élèves.
Loin de lui déplaire, cette tranquillité était justement tout ce qu'il recherchait. Ainsi, il se dirigea là où il s'asseyait systématiquement depuis le début de la semaine. Au fond de la bibliothèque, dans un léger renfoncement, une petite table lui permettait de travailler sans être vu. Coupé du reste du monde, il pouvait rester là des heures sans être gêné par des regards insistants ou des murmures agaçants. Il n'avait découvert ce lieu que depuis cette année, préférant auparavant travailler dans la salle commune des Serpentard. Il aspirait dorénavant à un peu plus de tranquillité.
Bien qu'il n'ait eu que trois jours de cours, le Serpentard avait déjà quelques devoirs sur lesquels il pouvait s'avancer : 40 centimètres de parchemin sur l'histoire de l'Occlumencie en Défenses contre les forces du mal, une traduction en Étude de runes et un ouvrage à lire en Arithmancie.
Drago décida de commencer par la rédaction. Sa tante lui avait appris les techniques de l'Occlumencie mais il ne connaissait pas grand-chose de son histoire. Il fureta dans les rayons afin de trouver plusieurs ouvrages sur le sujet et après en avoir consulté un nombre assez conséquent, se munit de sa plume. Il ne releva la tête que deux heures plus tard, lorsqu'il apposa sur le parchemin le point final de son écrit.
17h30. Drago passa à la traduction runique. Cela allait lui prendre plus de temps, il le savait. Peut-être devrait-il terminer dans le week-end. Il sortit son dictionnaire et alla en chercher d'autres dans les rayons. Après quelques années d'Etude de runes, Drago avait compris qu'un seul dictionnaire ne suffisait jamais. Il s'apprêtait à commencer sa traduction lorsqu'une silhouette apparut subitement devant lui.
« Ah, mince. Je vais aller travailler ailleurs. »
Et aussi vite que la silhouette était apparue, elle disparut. Visiblement, Drago n'était pas le seul à apprécier ce renfoncement de la bibliothèque.
Hermione Granger également.
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20h. Plutôt satisfait de l'avancée de sa traduction et sentant la faim commencer à lui tirailler l'estomac -il n'avait rien mangé depuis la veille au soir- Drago referma les nombreux dictionnaires éparpillés autour de lui et commença à ranger ses affaires.
« Est-ce que tu as le dictionnaire runique de Cornelian Ford Elderberry avec toi ? Je ne le trouve pas dans les rayons. »
Hermione se tenait juste devant la table. Drago trouva que ses yeux étaient plus fatigués et ses cheveux plus ébouriffés que d'habitude. Il n'en dit rien et jeta plutôt un regard aux ouvrages l'entourant. Lorsqu'il repéra le bon, il le tendit à la jeune fille.
« Tiens, dit-il.
— Je te le ramène quand j'ai terminé.
— Pas la peine, je m'en vais.
— Tu as terminé toute la traduction ? s'étonna-t-elle.
— Il me reste quelques runes que je ne trouve pas dans ces dictionnaires. Je terminerai demain. »
Avant même d'avoir achevé sa phrase, il se leva pour partir.
Elle le regarda s'éloigner, les yeux braqués sur son dos, les sourcils froncés, et le regard interrogatif.
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« T'étais où ? interrogea Blaise tandis que Drago rejoignait la grande table des Serpentard. T'as failli louper le repas, encore.
— Bibliothèque.
— T'y es resté tout ce temps ? s'étonna le brun.
— Oui.
— Quel courage, siffla Blaise. J'avais Soins aux créatures magiques. Il n'y a presque pas de Serpentard, je ne connais personne. Tu me rappelles pourquoi j'ai choisi cette option ?
— Parce que tu veux être Langue-de-Plomb.
— Parce que je veux être Langue-de-Plomb, répéta Zabini d'un ton monocorde. Quelle connerie. Je dois me coltiner un nombre de matières que je n'aurai jamais choisi si ça ne tenait qu'à moi. Arithmancie, Soins aux créatures, Histoire de la magie... Tout ça pour pouvoir être embauché par le Département des Mystères et espérer un jour, peut-être, devenir Langue-de-Plomb, souffla le brun, dépité.
— T'as fini ? demanda Drago.
— Oui.
— Très bien, fit-il tout en reposant doucement sa fourchette sur le bord de l'assiette. Blaise, tu me parles de devenir Langue-de-Plomb depuis qu'on est gamin. Alors tu te ressaisis et t'arrêtes un peu de geindre. Au moins, toi, tu as la chance de savoir ce que tu veux faire de ta vie, tu l'as toujours su, alors donne-toi les moyens d'y arriver, accroche-toi.
—... Putain Drago. Tu vas me faire pleurer, railla-t-il. Non plus sérieusement, merci vieux.
— Ferme-la et mange, lâcha-t-il, un léger sourire complice accroché au visage.
— Bon en tout cas, la blonde avait raison. Hagrid nous a montré des Billywigs.
— Luna.
— Quoi ?
— Luna. La blonde, elle s'appelle Luna. » glissa Drago avant de se replonger dans son assiette et dans son mutisme.
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Le lendemain matin, Drago se rendit de nouveau à la bibliothèque. Bien décidé, s'il le fallait, à passer son samedi à éplucher chaque dictionnaire runique de Poudlard.
Il se dirigea droit vers son nouveau lieu de prédilection sans trop faire attention aux autres élèves.
Malheureusement, la place était déjà prise et cette fois, les rôles s'échangeaient. Hermione donnait l'impression d'avoir passé la nuit plongée dans cette traduction. Ses cheveux étaient encore plus ébouriffés que la veille et ses yeux encore plus fatigués. Elle n'avait même pas remarqué qu'un grand blond s'était posté droit devant elle. Elle semblait épuisée et la scène qui suivit en fut une confirmation. La jeune fille laissa tomber sa tête sur l'ouvrage ouvert devant elle et lâcha un long cri étouffé par le papier.
Drago eut un rictus imperceptible.
« J'en conclus qu'il te manque aussi des runes. »
Elle releva la tête avec empressement et se décomposa, gênée d'avoir été aperçue dans un tel moment d'égarement.
« Je- je pense que ces runes n'existent pas, bafouilla-t-elle. Je ne vois pas d'autres explications possibles. J'ai épuisé tous les alphabets. Le professeur Babbling doit nous faire une blague de début d'année. Je ne comprends pas.
— Si je les trouve, je te le dirai. » fit-il tout en s'éloignant de la table occupée par la Gryffondor.
Malheureusement, il devait aller s'assoir ailleurs.
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Cela avait été comme trouver une aiguille dans une botte de foin. Après plusieurs heures de recherche, Drago avait enfin mis la main sur les runes manquantes. Pour cela, il avait dû se rendre dans la réserve et parcourir la totalité des étagères en lien avec le sujet. Il avait fini par tomber sur un très ancien dictionnaire runique qui n'avait visiblement pas été emprunté depuis de nombreuses années. Il n'avait jamais vu cet alphabet avant. Pour un premier devoir, le professeur Babbling avait frappé fort. Ils étaient peu d'élèves de 7e année à avoir choisi cette option, Drago comprenait mieux pourquoi.
Le Serpentard put terminer son devoir, il était 15h, encore un repas de sauté.
Il attrapa le fameux dictionnaire salvateur et se dirigea vers ce qui, pendant trois jours, avait été son renfoncement.
La Gryffondor était toujours là. Elle semblait travailler sur un autre sujet, les dictionnaires runiques ayant quitté la table.
« Trouvé, glissa Drago en lui tendant le livre.
— Quoi ? Comment ?
— Réserve, étagère poussiéreuse, dur à trouver.
— … Merci Malefoy.
— Pas de quoi, souffla-t-il.
Une nouvelle fois, Drago s'éloigna, alors qu'elle lui lançait un regard encore plus interrogatif que la veille.
Drago l'observa courir et s'éloigner de lui, jusqu'à ce que sa silhouette disparaisse totalement. Par tous les moyens, il avait cherché à l'oublier, à ne plus l'aimer. Par tous les moyens.
Sans succès.
