Edit : je le republie encore une fois. Je ne me vois pas trop mettre en ligne le chapitre 5 alors que personne n'a pu lire le 4...

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Ce chapitre, je l'ai écrit en juin, d'après la date de création du fichier Word. De mémoire, je n'en étais pas pleinement satisfaite. J'ai toujours plus de mal à l'être avec les chapitres du point de vue d'Hermione. Je crois que j'ai peur qu'elle soit un peu clichée.

Cette semaine, avant de le publier, je l'ai relu une bonne trentaine de fois (au moins). Et après avoir, entre autre, changé à dix reprises la tournure d'une même phrase pour finalement, en revenir à la première version, j'ai eu un déclic.

J'ai rajouté une scène à la toute fin.

Comme quoi, la relecture, ça a du bon.

Bonne lecture et n'oubliez pas de m'écrire un petit mot, ça me fait toujours plaisir ! :)

Chapitre 4 - Hermione

Lundi 19 septembre 2005 – Poudlard

26 ans. Bon sang, quand est-ce que le temps avait commencé à passer aussi vite ?

Tandis qu'elle ouvrait les yeux en ce lundi matin, Hermione aurait juré, hier encore, n'avoir que 19 ans.


- Samedi 19 septembre 1998 -

« Bon anniversaire Hermione » lui murmurèrent deux voix à l'oreille.

La jeune femme, encore endormie, répondit par un gémissement plaintif. Dehors, le soleil se levait à peine.

« … Quelle heure… il est ?

— Tôt. Très tôt. Beaucoup trop tôt. Mais honnêtement on avait peur de te louper, tu pars toujours à la bibliothèque avant notre réveil alors on a essayé de te devancer... On est désolé ? murmura Ginny, un grand sourire fautif accroché au visage. Mais tu vas vite nous pardonner, ouvre ça. »

Les yeux encore à moitié fermés, Hermione parvint à apercevoir Eden, un paquet entre les mains.

« Oh, merci mais il ne fallait pas les filles.

— Te réveiller ou t'offrir un cadeau ? demanda Eden.

— Les deux, répondit-elle en riant.

Ses deux amies s'assirent sur le lit tandis qu'Hermione se redressait. Elle attrapa le petit paquet et le déballa avec soin. Elle était touchée qu'Eden prenne part au geste de Ginny. Elle ne la connaissait pas depuis longtemps mais elle s'était réellement attachée à elle, à l'instar de Ginny et Luna. Le paquet cadeau contenait une petite boite à bijoux. Avant même de l'ouvrir, Hermione sut ce que celle-ci renfermait.

« Oh non, Ginny. Tu n'as pas fait ça ? Tu es folle !

— Hermione, tu l'as regardé à travers la vitrine pendant tout l'été. Signal reçu ! »

La boite renfermait un collier qu'Hermione avait repéré dans une boutique de Loutry Ste Chaspoule cet été. Chaque semaine, Ginny et elle se rendaient dans le village pour flâner un peu et s'éloigner de l'effervescence du Terrier. Et en effet, Hermione avait tout de suite remarqué la pierre rouge et dorée du pendentif. C'était un grenat almandin, en forme de goutte, dans laquelle avaient été incrustés quelques éclats d'or. La chaîne dorée, tellement fine, n'était visible que lorsque la lumière du soleil s'y reflétait. C'était un collier très simple, très épuré. Elle l'avait regardé avec envie à chaque passage devant la boutique, sans jamais sauter le pas, freinée par le prix assez exorbitant du bijou.

« Harry et mes parents ont aussi participé, dit Ginny, devinant probablement ce qu'Hermione pensait.

— Merci beaucoup, merci Ginny.

— Il est magnifique, fit Eden tout en l'aidant à l'accrocher, il fait ressortir tes yeux. Et on ne peut pas faire plus Gryffondor que ces couleurs.

— On va te laisser te rendormir, souffla Ginny tout en l'embrassant sur la joue.

— Non, j'ai assez dormi, je crois que je vais aller à la b…

— Bibliothèque ! lancèrent les deux à l'unisson. Arrête un peu, elle n'est pas encore ouverte. » ajouta Ginny.

Les deux jeunes filles rejoignirent leur lit respectif, bien décidées à poursuivre leur nuit. Hermione les regarda replonger dans le sommeil, les doigts posés sur la pierre du pendentif. Ses yeux se perdirent dans le paysage extérieur. Le ciel possédait cette couleur rosâtre qu'elle aimait tant. Contrairement à ses deux amies, elle n'allait pas réussir à se rendormir, elle le savait.

Hermione descendit à la salle commune, encore déserte à cette heure-ci. Elle décida de commencer sa journée d'anniversaire de la meilleure des manières. Elle attrapa un livre, s'enroula dans un plaid et prit place dans l'un des fauteuils jouxtant la cheminée.

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« Hermione ? Hermione ? T'es là ? »

Une voix la tira de sa lecture. Elle regarda tout autour d'elle et fut étonnée de ne voir personne.

« La cheminée ! »

La Gryffondor se leva de son fauteuil et s'accroupit devant le foyer. Dans les cendres, elle distingua le visage de son meilleur ami.

« Harry ! se rejouit-elle.

— Bon anniversaire Hermione ! Je suis content de réussir à te voir, ça va être une journée de fou ici, j'avais peur de te louper. Comment tu vas ?

— Bien, Ginny m'a déjà offert votre cadeau. Merci beaucoup ! Je l'adore.

— Tu le mérites Hermione et franchement en allant le voir avec Ginny, c'était une évidence.

— Ron n'est pas avec toi ?

— Non, mais il va probablement essayer de te parler ce matin. On part en formation ce midi pour tout le week-end. Alors ne t'éloigne pas trop de la cheminée... Je suis désolé je dois déjà te laisser, j'ai hâte de te voir ! Bon anniversaire Hermione !

— Merci Harry, sourit-elle.

Son visage disparu, elle reprit place dans le fauteuil, heureuse d'avoir pu parler à son meilleur ami et bien décidée à attendre de voir apparaître celui de Ron dans les cendres.

Et tant pis pour la bibliothèque.

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Malheureusement, à 13h, aucun signe de Ron. D'après Harry, les deux garçons partaient en formation ce midi. Il n'était donc plus nécessaire d'attendre devant la cheminée.

Est-ce que Ron avait oublié son anniversaire ? Possible.

Est-ce qu'Harry le lui aurait rappelé ? Évidemment.

Ron savait que c'était son anniversaire.

Hermione avait sauté le petit-déjeuner de peur de le louper et avait gâché une matinée de travail, étant incapable de se concentrer dans le bruit ambiant de la Salle commune.

Il savait que c'était son anniversaire.

Elle n'avait pas encore eu de nouvelles de lui depuis son départ du Terrier, il y a plus de deux semaines. L'amertume se fit plus forte car Ron savait également que cet anniversaire était des plus particuliers pour elle. Pour la première fois, ses parents ne le lui souhaiteraient pas, ne se souvenant pas encore d'elle. Ron, lui, n'avait pas l'excuse d'un sortilège de Faux-Souvenirs.

Dès la fin de la guerre, ses parents avaient été pris en charge par l'hôpital Ste Mangouste, fait assez rare pour un couple de moldus. Depuis, ils avaient retrouvé certains souvenirs. Ils s'étaient d'abord rappelé de leur véritable enfance, puis d'une grande partie de leur jeunesse et enfin du début de leur relation, mais encore rien concernant Hermione. Pour eux, ils étaient toujours un jeune couple sans enfant. Les guérisseurs se montraient néanmoins confiants, ses parents finiraient par se souvenir d'elle. Ils n'avaient juste aucune idée de quand.

Ron savait que cette journée serait difficile pour Hermione.

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« Bon anniversaire Hermione ! s'écria Luna en la voyant approcher de la table du déjeuner. Il est magnifique, ajouta-t-elle en posant les yeux sur le pendentif. Je sens une belle énergie s'en dégager.

— On a cru que tu ne sortirais jamais de la salle commune. Tu as vu Ron ? s'enquit Ginny.

— Non, soupira Hermione.

La rousse roula des yeux.

— Mon frère peut vraiment être un abruti. Mais laissons-lui le bénéfice du doute, la journée n'est pas terminée. »

Le repas se déroula dans les discussions et les rires des quatre jeunes filles. Pour le dessert, Ginny fit apparaître d'un coup de baguette un gâteau d'anniversaire, goût chocolat, orné de plusieurs bougies. Luna commença à chanter, et d'un regard mêlant gêne et panique, Hermione lui fit baisser d'un ton. Eden et Ginny rejoignirent la chanson d'une voix basse, ce qui convint davantage à Hermione.

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Après le déjeuner, Hermione passa à la salle commune afin de vérifier si quelque chose avait été déposé pour elle.

Rien.

Passablement énervée mais pas encore totalement dépitée, la journée n'étant pas terminée comme Ginny l'avait fait remarqué, elle attrapa ses affaires et se rendit à la bibliothèque.

Une fois la porte franchie, elle traversa les rayons de livres et se dirigea vers sa table.

Sa table, car c'était celle qu'elle utilisait depuis plusieurs années maintenant, peut-être depuis la 3ème, elle n'était plus sûre. Cette table était toujours libre car personne n'aimait s'y assoir. Trop excentrée des autres, trop cachée et donc aucune notion du temps qui y passait. Exactement ce qu'Hermione appréciait à propos de cet endroit.

Elle étouffa un râle de mécontentement lorsqu'elle vit, de nouveau, une silhouette à la chevelure blonde assise sur sa chaise. Depuis quand travaillait-il à la bibliothèque ? Il n'avait jamais travaillé à la bibliothèque. A l'époque où leurs interactions étaient... difficiles, c'était le seul endroit où elle était sûre de ne jamais le croiser. Maintenant, soit il se trouvait déjà là quand elle arrivait, soit il débarquait alors qu'elle y était.

Drago releva la tête et posa les yeux sur Hermione, impassible. Sans rien dire, la Gryffondor entama un demi-tour. Elle commençait à avoir l'habitude. Le lendemain, les rôles s'échangeraient probablement.

« Granger, attends.

— Quoi ? » aboya-t-elle tout en se rapprochant de nouveau de la table.

Le Serpentard s'était levé et rassemblait ses affaires. Il attrapa sa plume, ses livres, ses parchemins. Lorsque la table fut vide, il s'en écarta et ajouta : « Je te la laisse. Bon anniversaire. »

Avant qu'Hermione n'ait pu dire quoi que ce soit, Malefoy avait disparu entre les rayons de livres.

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Ginny avait eu raison d'être optimiste car, le soir venu, un petit colis attendait Hermione dans sa chambre. Il avait été déposé par Coquecigrue plus tôt dans l'après-midi, lorsqu'elle était à la bibliothèque.

Hermione le déballa avec toute la délicatesse du monde. Le paquet contenait une petite boite de chocolats, ses préférés. Ron y avait joint un mot :

Bon anniversaire Mione. J'aurais aimé être à tes côtés pour le fêter.

Tu me manques énormément. Je t'aime. Ron

Hermione relut plusieurs fois la lettre. Elle était simple, mais depuis le début de leur relation, Ron avait été assez pudique concernant ses sentiments. Vivre ensemble, mais entourés de ses parents et de ses frères et sœurs ne l'avait pas vraiment aidé à s'ouvrir.

Hermione savait qu'elle devait apprécier ce que Ron lui donnait, ce qu'il lui dévoilait petit à petit. Mais elle ne pouvait pas s'empêcher de repenser à l'état de Ginny lorsqu'elle avait lu la lettre qu'Harry lui avait écrite.

C'était ça qu'elle aurait voulu ressentir en lisant celle de Ron.


« Professeure Granger ? Professeure ? Vous êtes demandées devant la cheminée. » lança une voix exagérément sérieuse.

« Tata Rmione ? Tata ? » en lança une autre, plus enfantine.

Hermione sortit de son bureau afin de se rapprocher de la cheminée de sa chambre. Elle s'y agenouilla et aperçu les visages d'Harry et Ginny.

« Bon anniversaire Tata ! s'exclama James, son neveu. Maman, pourquoi je ne peux pas mettre la tête dans la cheminée ? J'ai bientôt 5 ans, je suis grand. Tata, tu m'entends ? Quand est-ce que tu viens nous voir ? Pourquoi tu ne viens plus à la maison ?

— James, on t'a déjà expliqué, elle travaille à Poudlard maintenant, elle ne peut plus venir aussi souvent, répondit Ginny. Bon anniversaire Hermione ! » ajouta-t-elle.

Si seulement c'était la seule explication.

« Bon anniversaire Hermione ! Alors, la vie à Poudlard ? l'interrogea Harry.

— Merci, merci James, je viendrais vite te voir je te le promets ! … Ici, c'est incroyable, ça n'a pas changé, rien n'a changé. Je ne pensais pas que ça me ferait autant de bien d'être de retour à Poudlard ! Par contre, tenez-vous bien… Isaac Borealis est Professeur de Défense contre les forces du mal !

— Quoi ? hurla Harry. Ce connard fini ? … Aïe, pardon Ginny. Cet imbécile ? En Défense en plus ? Mais McGonagall l'a embauché sous la menace ? Il a été le pire Auror de l'histoire ! Il a à peine tenu un an. Vous vous êtes parlé ? Tu lui as jeté un autre verre à la tronche ?

— Harry ! On ne parle plus de cette soirée, tu m'as promis ! s'écria Hermione, rougissante. Ecoute, je l'évite avec succès depuis la rentrée. Et j'espère continuer ainsi tout au long de l'année… Ginny, comment se passe la grossesse ?

— J'en ai marre. Je ne peux pas voler, ni m'entrainer, bref, j'attends novembre avec impatience.

— J'ai dû lui prendre son balai la semaine dernière, elle comptait l'utiliser. A 7 mois de grossesse, ajouta Harry, dépité. James, laisse ton frère tranquille, lâche ça. Lâche ça j'ai dit. Et voilà… Albus, viens me voir mon chat. Hermione je vais devoir y aller, je te laisse avec Ginny. Deux enfants en liberté et deux parents avec la tête dans la cheminée, ce n'est pas compatible. Encore un bon anniversaire Hermione ! Tu viens nous voir bientôt j'espère, tu ne manques pas qu'aux garçons tu sais…

— C'est promis… » répondit Hermione.

Une fois Harry parti, elle ajouta : « Tu sais Ginny, Isaac n'est pas le seul fantôme du passé…

— … Tu as toute mon attention, dit Ginny, intriguée.

— Drago Malefoy est Professeur de Potions.

— Drago Malefoy ? Drago Malefoy Malefoy? Et… ça va ?

— O-oui, pourquoi ?

— Hermione... Tu as clamé toute notre 7ème année que vous n'étiez qu'amis, alors certes, vous l'étiez probablement. Mais je n'oublierai jamais l'expression de ton visage lorsque nous sommes montées dans le train à la fin de l'année. Je ne sais pas exactement ce qu'il s'est passé ou ce que tu as pu ressentir pour lui, peut-être que toi-même tu ne le sais pas vraiment, mais je doute qu'il n'y ait eu que de l'amitié. Je ne t'en ai jamais parlé, peut-être que j'ai eu tort… Mais tu n'avais pas non plus l'air de vouloir le faire, sûrement à cause de mon frère, sûrement parce que tu avais peur que l'on te juge... J'ai cru bêtement respecter ton choix. Les mois ont passé, tu as revu Ron, vous vous êtes remis ensemble et tu semblais heureuse avec lui, alors…

— Je l'étais, je pense que je l'étais.

— Pleinement ?

— … Je ne sais pas. Je ne sais plus, hésita Hermione.

— Je te l'ai déjà dit, mais cette année-là à Poudlard, je ne t'avais jamais vue aussi épanouie. Et je ne t'ai jamais vue aussi épanouie depuis. Tu étais bien avec Ron, mais ce n'était pas pareil. Si vos chemins se recroisent aujourd'hui, ce n'est peut-être pas un hasard.

— Je ne crois pas que mes sentiments aient été partagés. S'il m'avait aimée, il n'aurait pas disparu de ma vie comme ça.

— Vous en avez parlé ?

— Oui, enfin non pas vraiment. Je ne lui en ai pas laissé l'occasion. Je suis partie assez vite. Cette histoire, j'ai eu tellement de mal à m'en remettre. Finalement, je pense même que je ne m'en suis pas remise du tout… Je ne veux pas lui donner la satisfaction de s'en rendre compte. Et il va vite s'en rendre compte. Il m'a reproché de l'éviter, évidemment que je l'évite. Je suis incapable de le regarder, d'être à côté de lui. Clairement, je ne l'ai pas oublié. » La gorge d'Hermione se serra.

« Hermione, si j'avais su…

— J'ai tout fait pour le cacher, Ginny. Il y avait Ron, oui, mais j'avais surtout peur de vos réactions, tu as raison. Mais à la fin de l'année, j'étais prête à franchir le pas, j'étais prête à assumer mes sentiments. Prête pour rien finalement, parce qu'il est parti, comme ça.

— Qu'est-ce que tu vas faire ?

— Continuer à l'éviter ? glissa Hermione. Faire semblant de n'en avoir rien à faire qu'il soit là, sous mes yeux ? ... Je suis désolée, je vais devoir y aller, j'ai cours dans quelques minutes. On aura connu plus joyeux comme conversation d'anniversaire, mais merci Ginny. C'est dingue, c'est la première fois que j'en parle à quelqu'un, en six ans.

— Et ça restera entre nous. Si tu as besoin d'en reparler, je suis là, j'espère que tu le sais, je suis toujours là. Encore bon anniversaire Hermione. » souffla la rousse, son visage disparaissant progressivement des cendres.

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Sa journée de cours avait été assez éprouvante à assurer. La conversation avec Ginny l'avait profondément chamboulée. Elle n'avait jamais reconnu à voix haute avoir eu des sentiments pour Drago. Elle n'en avait jamais parlé à personne. Elle les avait enfouis, avait cherché à oublier, lui et tous ces moments passés à ses côtés. Ces moments qui, à chaque pas dans les couloirs de Poudlard, lui revenaient violemment en pleine face.

Elle pensait avoir oublié. Elle n'avait rien oublié. Tout était là, parfaitement intact.

Chaque souvenir lui étreignait le cœur.

L'avait-il aimée ? Avait-il réellement changé ? Ou avait-elle été un simple passe-temps pendant ces quelques mois ?

Non, Hermione n'y croyait pas. Elle connaissait Drago. Elle avait réellement appris à le connaitre, lui. Il lui avait tout dit et tout montré de ses peurs, ses craintes, ses joies et ses rêves. Il lui avait ouvert son cœur, elle le savait. Il n'avait pas pu jouer un rôle, pas aussi bien. Elle en était réellement convaincue.

Il ne lui avait pas menti, non, il ne l'avait simplement jamais aimée.

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A l'origine, Hermione pensait passer sa soirée au fond de son lit, entre lecture et apitoiement.

Neville et Hannah en avaient décidé autrement.

« Juste un petit dîner, lui avaient-ils proposé, tu ne vas quand même pas passer ta soirée d'anniversaire toute seule. » Hermione ne s'était pas sentie à même de refuser et finalement, elle était heureuse de ne pas l'avoir fait. Elle avait passé un moment agréable et se sentait bien mieux.

Hermione remontait le chemin menant jusqu'au château. Les futurs mariés ne logeaient pas dans l'enceinte-même de celui-ci. Pour plus de confort, et d'intimité probablement, ils occupaient un petit appartement à Pré-au-Lard, au-dessus d'une des boutiques de la rue principale.

L'air extérieur était frais mais agréable. La lune, pourtant partiellement cachée derrière les collines environnantes, se reflétait sur l'eau du lac. Les yeux d'Hermione parcouraient le paysage qui s'offrait à elle. Dans la nuit, l'immensité du château était décuplée. Les fenêtres des dortoirs éclairaient l'obscurité, comme elle, les élèves ne dormaient pas encore.

Au loin, Hermione aperçut une silhouette. Plissant légèrement les yeux afin de mieux la discerner, elle reconnut Isaac. Le Professeur de Défenses approchait lui aussi de la Grande Porte.

Merde.

Avant qu'il ne puisse la voir, Hermione se cacha derrière un large tronc d'arbre. Un comportement puéril, certes, mais pleinement justifié à ses yeux. Immobile, elle attendit le grincement de la porte qui lui indiquerait que la voie était libre.

Elle n'entendît que des bruits de pas se rapprochant. Cherchant des doigts sa baguette, perdue dans la poche de son manteau, Hermione se préparait à disparaître à l'aide d'un sortilège de désillusion.

« Hermione ? »

Merde.

Une conversation avec Isaac lui paraissait soudainement préférable.

« Drago... Qu'est-ce que tu fais là ?

— Je faisais un tour. »

Il s'approcha, quittant ainsi l'obscurité dans laquelle il était tapi. Les rayons de la lune vinrent délicatement se poser sur lui, ses yeux gris la transperçant de toutes parts. Une vision qui la fit tressaillir.

Loin, il fallait qu'elle parte loin.

« Et toi ? »

Son regard fut attiré par une petite fleur violette, coincée dans la chevelure blonde de Drago. Hermione n'en avait pas vue depuis des années, mais elle n'eu aucun mal à la reconnaître. Une glycine. Elle ignorait que Drago continuait de s'y rendre. Remettre les pieds là-bas lui paraissait insoutenable.

« Je reviens de chez Neville et Hannah. Je rentrais. Je... Bonne soirée. »

Les jambes tremblantes, la jeune femme s'éloigna. Elle fuyait, encore une fois. Fuir, c'était tout ce qu'elle était capable de faire.

« Hermione. »

S'apprêtant déjà à franchir la porte, elle s'arrêta, sans pour autant se retourner.

« Bon anniversaire, lança-t-il.

— ... Merci » répondit-elle, peut-être plus froidement qu'elle ne l'aurait réellement souhaité.

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