III. 14% de plaisir

Karin

Karin marcha dans les rues de Konoha avec beaucoup trop de tristesse. Elle avait raccompagné Hinata chez elle mais elle n'avait pas voulu rentrer.

Elle avait bien conscience qu'elle retardait bêtement le moment où elle se retrouverait face à Sasuke, le même moment où elle lui mentirait officiellement. Et elle ne voulait pas de ça.

Ils s'étaient promis la sincérité avant tout. Elle n'était pas censée être terrifiée à l'idée de lui parler.

— Karin ! hurla brusquement une voix en hauteur.

La jeune femme sursauta fortement et releva la tête en cherchant son origine. La voix était celle d'un homme en haut d'un échafaudage. Elle ne le reconnut que quand il enleva son chapeau et abaissa son masque de protection, c'était Suigestu !

— Viens faire un peu de tag, c'est mieux qu'une promenade !

Elle était tellement surprise de le trouver là. Ils ne s'étaient même pas croisés aujourd'hui. Elle grimpa précautionneusement heureuse de ne pas avoir opter pour des talons et Suigestu l'équipa dès son arrivée d'un casque ainsi que de lunettes et d'un masque.

— T'habites dans le quartier ? questionna Suigestu en classant ses bombes de peintures.

— Non, je me perds juste. Tu n'as pas peur que j'appelle la mairie ? menaça-t-elle faussement en observant à distance ses gestes fascinants.

— Vas-y, ils ont installé tout ce bordel pour mon p'tit cul. Apparemment ça les stresse de me voir me balancer au bout d'une corde.

Karin rigola franchement, heureuse de cette belle diversion. Son collègue lui demanda si elle voulait apprendre quelques bases et se montra ravi de sa réponse positive. Ils se postèrent au bout de l'étage et se mirent à s'exercer.

L'activité apaisait Karin qui se sentait bien moins sous pression que face au regard clair d'Hinata. Le jeune femme était sans doute très gentille mais sa remarque l'avait tout bonnement faite paniquer.

Ou plutôt avait fait ressortir la panique qui était sienne depuis qu'elle avait pris connaissance de ce test de grossesse.

C'était elle qui avait organisé leur soirée en urgence, pas pour faire plaisir à Hinata mais bien pour fuir la réalité de sa vie et de son état. Elle avait bu pour coller à son image. Mais elle s'était sentie coupable très peu de temps après.

Si Sasuke apprenait qu'elle avait bu enceinte, il lui en voudrait certainement. Comme elle-même s'en voudrait si son enfant avait des complications ou des soucis de santé suite à son comportement d'idiote.

Ouais, le regard d'Hinata avait été trop lourd pour elle à cet instant précis.

Plusieurs heures plus tard, elle allait mieux. Et la présence sereine de Suigestu y était sûrement pour beaucoup puisqu'elle n'avait pas réussi à se calmer seule jusque là.

— Pour un premier essai, c'est plutôt bien.

La jeune femme s'était contentée d'un « K » stylisé avec un jeu d'ombre. C'était un peu tordu et bourré de petits défauts qui devaient effrayer Suigestu mais elle en était atrocement fière.

— Merci de m'avoir laissée tester, ça m'a fait énormément de bien.

— Cool, pense bien à te laver les mains une fois chez toi.

Suigestu s'était remis au travail. Elle ne savait pas trop s'il voulait être tranquille ou s'il supposait qu'elle voudrait rentrer chez elle vu l'heure avancée. Mais Karin voulait s'attarder alors elle s'assit sur un sceau renversé. S'il ne voulait pas d'elle, il devrait la renvoyer explicitement.

Heureusement, il n'en fit rien.

Elle observa longuement ses gestes fluides et son corps qui s'étirait et se repliait selon les formes qu'il mettait au jour. Il marmonnait des chansons sans paroles sous son masque et la nuit lui paraissait plus douce que jamais.

— Pourquoi tu restes ? finit-il par demander. J'aime bien ta compagnie mais c'est étrange, t'as certainement un king size qui t'attend chez toi.

La voix de Suigestu était toujours un peu éraillée comme s'il venait de fumer quelque chose de particulièrement fort. Avec ses survêtement et ses chemises froissées, il évoquait les jeunes bandits aux ambitions démesurées.

— Bien vu mais aujourd'hui j'avais besoin d'être seule. Histoire de m'éclaircir les idées.

Karin ne se rendit compte qu'après coup de ce qu'elle voulait dire. N'allait-il pas trouver étrange qu'elle parle de solitude alors qu'elle bénéficiait de sa compagnie ? En tout cas, il ne cilla pas.

— T'as besoin d'en parler à voix haute ou on reste comme tantôt ?

La proposition était alléchante. Après tout, Suigestu était un homme d'environ son âge. Elle ne savait pas s'il était engagé dans un couple mais il avait eu l'air de comprendre cela les rares fois où ils avaient évoqué le sujet. Et surtout Karin espérait que cela lui servirait d'entraînement pour quand elle devrait parler avec Sasuke.

— Oui, j'aimerais en parler, acquiesça Karin en ajustant ses lunettes.

— Je t'écoute, annonça l'homme en s'asseyant en tailleur. C'est quoi l'histoire ?

— Je suis mariée, ça tu le sais. Ça fait plusieurs années et on devrait bientôt former une famille mais je repousse l'échéance parce que je trouve qu'on est trop jeune. Aujourd'hui j'ai appris que j'étais enceinte et je ne sais pas quoi faire.

— Bon, dans ces situations il y a trois choix : poursuivre la grossesse et garder l'enfant, poursuivre la grossesse et confier l'enfant à une tiers personne, ou interrompre la grossesse.

Il ne posa pas la question qui découlait de suite mais patienta. Elle savait qu'elle devait choisir, peut-être pas maintenant mais bientôt.

— Sasuke en serait ravi bien sûr, il rêve littéralement de fonder une famille. Et je n'ai pas de soucis de santé ou quoi que ce soit... Pourtant j'ai peur de ne pas gérer.

— D'être une mauvaise mère ? C'est ça que tu veux dire ?

— Non, de pas gérer mon mari et son enthousiasme. J'ai peur de lui parler de tout ça. Il est... Il est parfait avec moi mais il lui arrive de s'emballer et de m'entraîner à sa suite.

— D'accord. Essaie d'imaginer ta vie dans cinq ou six ans, avec ou sans enfant. Trouve ce qui te correspond le mieux, à quel endroit tu serais la plus heureuse.

Hinata

Hinata rentra chez elle et ouvrit directement les fenêtres, ça sentait les enduits, la colle et le plastique cramé. Les prises avaient été terminé et un nouvel évier installé dans la salle de bain. Il y avait aussi un bac de douche mais inutilisable pour l'instant.

Naruto ne devrait pas tarder à arriver donc elle se brossa les dents et patienta en lisant un bouquin sur l'histoire de Suna. Les minutes s'égrainaient mais aucune nouvelle de Naruto. Elle regardait convulsivement son téléphone mais tout ce qu'elle lut fut un message de Karin qui lui assurait être rentrée chez elle.

Hinata mit le volume de sa sonnerie au maximum et patienta en s'occupant autant que possible. Au bout d'une heure, elle se convainquit qu'il avait eu un empêchement et qu'il était temps de se mettre au lit. Elle était déçue bien évidemment mais elle se demandait aussi si elle n'avait pas fait quelque chose de mal.

Sans doute son comportement de vierge effarouchée l'avait fait fuir bien qu'elle ignore comment. Elle s'endormit la boule au ventre, épuisée.

Des coups la réveillèrent. Elle se traîna hors du lit et ouvrit sans même s'enquérir de l'identité de son invité nocturne. Elle faillit s'étouffer en voyant Naruto, les yeux alourdis par des cernes, en beau costume trois pièces.

— Je suis vraiment désolé Hinata. Mon retard est impardonnable.

La jeune femme recula de quelques pas hésitants. Elle n'était pas prête à faire face à Naruto pour l'instant. Elle attrapa une bouteille d'eau et avala de grandes gorgées.

— J'aurais dû te prévenir, ajouta Naruto avec une nervosité flagrante.

Il était rentré et avait fermé la porte d'entrée mais resté proche de celle-ci, comme prêt à partir.

— J'aurais apprécié avoir des nouvelles, confirma Hinata en resserrant son plaid autour de ses épaules gelées.

Naruto hocha la tête d'un air concerné. Il avança vers elle et prit une chaise.

— Tu es toute décoiffée, comme quand je suis parti hier.

Hinata aurait voulu se cacher quelque part. Elle détestait ce visage qui rougissait aussi rapidement. Et pour rien du tout. Elle inspira doucement et observa l'homme à ses côtés. Son genou caressait sa jambe nue et sa main droite était ouverte vers elle.

L'envie de coucher avec lui était toujours présente. Encore plus forte que la veille si c'était possible. Elle essaya de lisser ses cheveux débraillés avec nervosité puis glissa sa main jusqu'à la sienne.

Naruto la surprit en se mettant à genoux devant elle. Il tira délicatement le plaid jusqu'à ce qu'elle accepte de le lâcher. Son visage était au niveau de son pubis et quand il parla, la chaleur qu'elle y ressentit l'alluma instantanément :

— Je ne pourrais jamais assez m'excuser Mademoiselle Hyuga. Je ne suis qu'un humble stagiaire mais j'espère que vous m'autoriserez à me montrer dévoué et à vous faire oublier mon échec.

Hinata pinça les lèvres essayant de ne pas gémir. Cela ne collerait pas à son personnage, elle devait devenir une patronne exigeante et toute puissance. C'était tellement loin de ce qu'elle était. C'était même loin de ce qu'elle voulait à l'instant même.

Entre sa culotte trempée et ses mains moites, elle avait juste envie de recevoir autant de plaisir que possible. Mais elle savait aussi qu'il voulait certainement qu'elle prenne les rennes pour être plus communicative.

— Vous avez raison, vous avez été une déception.

Elle reconnut à peine sa voix tranchante, c'était tellement inhabituel chez elle.

— Vous allez me lécher, décida-t-elle avec nervosité. Votre performance pourrait me faire revenir sur ma décision concernant votre poste.

En même temps qu'elle parlait, Hinata se débarrassa de son short et de sa culotte. Elle leva la jambe pour arrimer l'épaule du jeune homme et lui permettre d'accéder à ses lèvres.

Sans tarder, Naruto s'en approcha et commença par déposer de doux baisers, sortant sa langue l'espace de quelques secondes par ci par là. Hinata dut immédiatement s'adosser à la table pour éviter de tomber, sa main sur hanche était pressante et chaude. Elle l'empêchait d'échapper à ses caresses.

Son autre main était directement allé à son clitoris et ne s'en écarta que pour humidifier ses doigts joueurs. Hinata grogna, serrant convulsivement les mains quand sa langue lapa sa cyprine et ses lèvres avant de glisser à l'intérieur.

Elle aurait pu jurer.

Elle n'avait jamais connu de sensation aussi forte, son corps était un immense tambour et chaque caresse résonnait en elle. La chaleur devenait une immense mer agitée, elle criait autant de frayeur que de fascination devant cet inconnu familier.

Les sensations diverses commencèrent à l'encercler, Hinata pensa à dire quelque chose. Elle ne savait pas quoi. Son cœur battit encore plus rapidement, elle ne savait plus traiter toutes les informations qui lui venaient, toutes les sensations qui l'agrippaient, tout ce qu'elle savait c'est que c'était grâce à Naruto.

C'était lui la source de son plaisir.

Encerclée, transportée, Hinata hurla puissamment au moment de l'orgasme. Surprise. Émue. Apaisée.

Naruto resta entre ses jambes, léchant doucement ses lèvres sensibles. Il s'écarta d'elle quand elle eut retrouvé un souffle normal. La surprenant une nouvelle fois, il la souleva et la porta sans aucune difficulté jusqu'à son futon au bout de la pièce.

Il l'allongea doucement et lui demanda s'il pouvait rester pour la nuit. Elle accepta, heureuse qu'il ne parte pas tout de suite après. Il enleva son costume ne garda que son caleçon et se glissa auprès d'elle. Contrairement à ce qu'elle aurait cru, il fit tout pour ne pas se coller à elle préférant lui tenir simplement la main.

Ils discutèrent ensemble dans la pénombre une bonne partie de la nuit avant que Naruto décrète qu'il fallait vraiment dormir à présent. Et effectivement, une fois réduits au silence, ni l'un ni l'autre ne tarda à s'endormir.

Le matin, Hinata fut surprise en sentant l'odeur de viennoiserie et de café qui émanait de la pièce. Elle se leva et éteignit son réveil en regardant autour d'elle.

Naruto était en train de travailler fébrilement sur son ordinateur portable. Il avait remis ses vêtements de la veille mais semblait tout sauf négligé. Il n'était toujours pas parti.

Hinata se frotta le visage dans l'espoir d'être présentable et se leva rapidement. Son tee-shirt était assez grand pour cacher ses fesses et son pubis dénudés mais elle était gênée malgré tout.

— Bonjour, osa-t-elle prononcer en passant à côté du bureau que Naruto s'était approprié.

Il s'arrêta brusquement en entendant sa voix et lui offrit un sourire frais et lumineux. Il lui répondit d'une voix pleine, presque chantante avant qu'elle disparaisse vers les commodités.

Une fois pleinement réveillée, Hinata revint à la salle de vie et se servit une tasse de café accompagné d'un peu de crème.

— Il y a des moments où tu n'es pas magnifique ? questionna Naruto avec un immense sourire taquin.

— Beaucoup, croassa Hinata que le flirt rendait nerveuse. Merci pour le petit-déjeuner.

Il balaya cette remarque d'un geste de la main. Il préféra s'avancer pour l'embrasser tout en palpant ses fesses.

— Mmh, pourquoi je trouve encore que tu es trop habillée ? grogna-t-il dans son cou pâle.

— Peut-être que tu n'as pas été... satisfait la veille au soir, suggéra doucement Hinata en jouant avec la boucle de sa ceinture.

Elle n'était pas idiote, elle avait même pensé le soir même lui rendre un peu de cet intense plaisir qu'elle avait apprivoisé tantôt. Mais elle était tellement fatiguée et timide qu'elle n'en avait rien fait.

Aujourd'hui, elle se disait que peut-être ils avaient le temps pour qu'elle lui rende la politesse.

— Enlève cette idée de ta tête, corrigea-t-il automatiquement. Tu ne me dois rien et tu es bien assez obsédante sans faire de fellation.

Sans surprise, elle rougit en un quart de seconde. Il fallait vraiment qu'elle soigne cela même si au rire de Naruto ça ne le gênait guère. Il l'embrassa encore, chastement avant de récupérer ses affaires.

— J'aimerais t'inviter pour un rencard, lui apprit-il sur le ton de la discussion. Peut-être au parc naturel ou un restaurant selon ce qui te tente le plus.

— Je préfère le parc, reconnut Hinata, c'est bien plus discret.

Il hocha la tête mais ne fit pas mine de s'en aller. Il se dandinait sur place.

— Je ne sais pas quand je pourrais me libérer pour cela mais je vais m'organiser au mieux. En attendant... Je ne sais pas comment tu gères ta vie sentimentale en ce moment mais j'aimerais... qu'on soit exclusif tous les deux.

Un grand sourire aux lèvres, Hinata hocha frénétiquement la tête. Heureusement qu'il avait mené cette discussion lui-même. Elle n'aurait pas pu mieux formuler.

— Si tu souhaites simplement venir ici pour qu'on passe une soirée tous les deux, comme hier, ça me ferait énormément plaisir.

Naruto lui offrit un sourire débordant de joie et d'affection. Il traversa l'espace entre eux en deux pas et l'embrassa puissamment. Elle goûta à sa ferveur, à sa tension dans son cou, à sa chaleur et faillit gémir. Elle se retint à temps.

— T'es super, affirma-t-il avant de la quitter.

Hinata tourna sur elle-même dans son nuage personnel. Elle voulait bien essayer de ne pas tomber amoureuse de Naruto mais cela allait être difficile.

Karin

Karin entendit le réveil et l'éteignit avec colère. Elle avait tout sauf envie de faire court. C'était plutôt triste étant donné qu'elle avait commencé moins d'un mois plus tôt.

L'appartement était vide de toute présence hormis la sienne, elle avait toujours refusé d'avoir un animal de compagnie pour occuper ses journées. Une note l'attendait sur la table de travail de la cuisine.

« Tout ce qui m'importe c'est de passer mes vacances avec toi. J'annulerai les réservations. À ce soir. »

Le message était plutôt laconique mais elle reconnut aisément son mari. Quand elle avait reconnu vers deux ou trois heures du matin qu'il était effectivement temps de rentrer chez elle, Suigestu avait insisté pour qu'elle contacte son mari et prenne un taxi. Il n'était pas aussi rebelle qu'il en avait l'air.

Sasuke était descendu l'attendre en bas de l'immeuble et elle devait avouer qu'elle tombait littéralement de fatigue. Ou bien c'était ses nerfs qui lâchaient. Quoi qu'il en soit, il prit soin d'elle sans se soucier de leur dernière engueulade allant jusqu'à la border.

Il était vraiment parfait.

Elle avait voulu lui dire, juste marmonner « au fait, je suis enceinte » aurait suffi. Il aurait attendu le lendemain pour qu'ils en discutent. Mais y avait-il vraiment débat ?

Ce n'était pas une question ouverte mais un fait qui appelait une réaction, un comportement. Quelle angoisse d'échouer à ce stade-là. Alors Karin s'était tu. Elle ne voulait pas que Sasuke lui dessine un avenir de maman heureuse.

Karin effectua ses deux cours de la journée. Le premier où ils se penchèrent sur l'incipit d'un roman de science-fiction et le second où ils évoquaient les figures de styles et ce qu'elles symbolisaient.

C'était un vrai robot et ses élèves la fuirent aussi vite que possible en entendant la cloche. Elle ressassait les derniers évènements quand des coups clairs résonnèrent contre la porte ouverte.

— C'est que moi, s'annonça Suigestu. Tu t'en sors ?

— J'ai besoin de temps, répliqua vertement Karin sans penser à s'excuser de sa mauvaise humeur.

Une fois seule de nouveau, Karin pensa à son avenir, à ce qu'elle voulait pour plus tard... C'était une question compliquée à ses yeux car elle avait toujours été impulsive préférant parfois l'instinct à la réflexion.

Serait-elle mère ? Serait-elle une bonne mère ?

Elle essaya de s'imaginer dans cinq ou six ans, habitant dans ce magnifique cinq pièces entourée de Sasuke et de leur enfant.

Peut-être serait tellement heureuse de cette vie de famille qu'elle en ferait un deuxième mais ça lui paraissait hautement improbable. Non, elle se voyait débordée, seule, engluée dans un tête à tête éternel. Sasuke travaillerait plus pas moins. Elle le savait. Il voulait rendre sa gloire à son nom et sa prestance à son clan. Sans doute penserait-il faire ça pour le bien-être du bambin, pour qu'il hérite d'une situation favorable. L'angoisse la prit aux tripes, elle essaya de parler à ce Sasuke de cette sensation d'enfermement mais il ne comprenait pas. C'était trop loin de tout ce qu'il connaissait, il ne pouvait même pas l'imaginer.

Retour à la réalité, elle était seule dans son bureau. Elle essaya de se dire que si Sasuke ne la comprenait vraiment plus, elle pourrait s'en séparer.

Beaucoup d'enfants étaient élevés ainsi ce n'était préjudiciable en soi. Chacun leur appartement, ils partageraient la garde. Mais Karin savait que dans un jugement elle aurait certainement la garde presque entière même si elle avait moins de ressources. Ce qui voudrait dire pension alimentaire de la part de Sasuke... C'était difficile à imaginer pour elle et même douloureux. Sasuke serait certainement un très bon père même si comme tout le monde il aurait besoin d'aide.

Et elle au fait ? Avait-elle envie de s'occuper d'un enfant cinq jours par semaine quand bien même ce serait le sien ?

Non.

La réponse tomba avec une clarté déchirante. Elle ne voulait pas être mère, elle se sentait embarquée vers une destination qui allait la broyer. Et elle hésitait à sauter du train en marche.

Assez d'angoisse, décida-t-elle, trouve un futur qui t'apaise ou t'enthousiasme. Quelque chose qui lui donnerait le sourire aux lèvres. Elle imagina un grand espace blanc où elle déambulait en déshabillé blanc équipée de bombe de peinture. Elle n'était pas surprise, elle adorait s'inventer de la lingerie ainsi. Elle peignait l'immense mur avec facilité sans se soucier des petites tâches qui se déposaient sur elle et ses vêtements. C'était un moment de bonheur pure qui prit une teinte plus osée quand elle entendit une voix rocailleuse :

— Beau travail, meuf.

Elle balança ses cheveux dans son dos avec exagération et s'il ne voyait pas son air réjoui à cause du masque et des lunette de protection, il le devina aisément.

— Je veux bien te payer en nature, ajouta-t-il avec un sourire tordu et lascif.

Karin quitta ses protections et s'avança vers l'homme. Maintenant qu'elle y pensait, elle se rendait compte que cet homme était Suigestu, même si elle avait évité de le nommer jusque là. C'était étrange mais ça ne l'empêcha pas de profiter de son fantasme.

Elle tira ses cheveux pour avancer sa tête et l'embrasser pleinement alors qu'elle s'installait sur ses jambes. Dans ses rêves, il était l'amant parfait qui la connaissait par cœur alors il lui mordilla l'oreille et massa durement ses fesses.

Elle se releva le temps d'enlever sa culotte et exigea qu'il fasse de même.

— Bonsoir, je peux ?

La voix la fit sursauter pour de bon, c'était une employée de l'équipe d'entretien qui avait failli la tuer. Elle fit signe que c'était bon alors que la femme s'excusait de lui avoir causé une frayeur.

Les élèves avaient rangé leur chaise sur leur bureau à la fin de la séance et Karin en fit de même avant de partir. Il faudrait vraiment qu'elle évite ce genre de dérivations à l'avenir, en tout cas, pas dans sa salle de classe.

Hinata

La journée fila à toute vitesse, Hinata n'en revenait pas. Elle fréquentait Naruto Uzumaki, l'homme le plus publique du Pays du Feu alors qu'elle-même n'était qu'une timide prof.

C'était irréel.

Et elle avait bien du mal à croire que sa vie avait définitivement pris une tournure plus heureuse. Après tout son père l'avait présenté à un nombre important de prétendants sans qu'il se passe grand chose au final. Sa timidité ne l'aidait pas à construire des liens spontanés avec son entourage.

Les seuls avec qui la sincérité venait de suite étaient Hanabi qui avait toujours été d'une franchise absolue envers elle, jusqu'à se mettre en danger et Neji qui l'avait si sévèrement jugé pendant des années. Le reste de sa famille avait trop d'attentes d'elle pour qu'elle se sente à l'aise.

Et cela avait été une source de déception pour son père. Il n'avait pas l'impression de lui en demander beaucoup, juste parler avec quelques personnes et faire bonne impression mais cela avait toujours pesé sur elle. Sa gêne constante, son manque de confiance en elle et son malaise par rapport à son corps étaient des freins puissants. Son père avait pensé qu'il suffisait qu'elle s'habitue mais il avait eu tort.

Allait-elle se retrouver dans une situation similaire en fréquentant Naruto ? D'ailleurs faisait-il partie d'un clan ? Avait-il une entreprise ? Elle ignorait encore tant de choses mais elle refusait de chercher sur internet tant qu'elle ne le connaîtrait pas suffisamment.

Hinata inspira et se força à se détendre. Tout le monde semblait penser qu'il était normal qu'elle s'amuse, elle devait s'occuper de l'instant présent et se détacher de ses préoccupations. Naruto l'invitait à sortir, il ne lui demandait pas sa main. Ils seraient discrets et tout se passerait bien.

Hinata envoya un message à sa petite sœur pour la rassurer sur son niveau de vie. La dernière fois, elle lui avait dit qu'elle finirait par braquer une banque pour la sortir de là. Les lois du bannissement étaient tellement strictes que les membres du clan ne pouvaient ni lui donner ni lui prêter de l'argent. Hanabi et Neji avaient tous les deux eu envie de passer outre ces stupides règles mais Hinata les en avait dissuadés. Elle ne voulait rien faire qui affaiblisse leur position au sein de l'honorable clan.

« T'es disponible pour que je t'appelle ? » questionna Hanabi par message.

Puisqu'elle était dans un parc juste occupée à lire Hinata prit les devants. Elle patienta deux tonalités avant que la voix claire d'Hanabi se fasse entendre.

— Tu vas vraiment bien ?

Sa voix était impérieuse et décidée.

— Oui, souffla fortement son aînée qui ne pouvait que s'attendrir devant son inquiétude de maman poule. Et comment va l'Avenir de la famille ?

— Exploitée, ricana Hanabi devant l'emphase, comme toujours. Mais j'ai ma soutenance dans deux semaines pour finir ma maîtrise du droit clanique. Après ça, je pourrais me concentrer sur la finance et la bio-chimie.

— Félicitations ma grande, tu es impressionnante de tout mener de front ainsi.

— Merci ma vieille, sourit largement sa jeune sœur qui n'avait jamais craché sur les compliments. Ce nouvel appartement dont tu m'as parlé est vraiment bien ?

— Oui, vraiment. En travaux pour l'instant mais ça avance vraiment vite et les propriétaires me font une ristourne sur le loyer le temps qu'il soit officiellement fini.

— Propre, salua Hanabi. Le boulot est ok ? Faut pas te laisser marcher sur les pieds !

— C'est ok, je n'ai pas de classe très turbulente à vrai dire. Et ce qui les amuse c'est de me faire rougir comme une tomate...

— On te changera pas, souffla Hanabi avec un désespoir feint. Du nouveau côté amour ? Je crois que Neji fréquente quelqu'un mais j'ai pas encore trouvé son identité.

— Laisse Neji tranquille, la rabroua sa sœur avec solidarité. Et oui, il y a du nouveau. J'ai rencontré un homme et on commence à se fréquenter, murmura Hinata en regardant un nuage glisser lentement.

— En moins d'un mois ? s'étonna-t-elle. T'es devenu un peu légère, non ?

Devant son silence coupable, elle s'exclama fortement :

— Je plaisante banane ! C'est cool que tu vois quelqu'un.

— Oui mais... J'ai vraiment été légère, marmonna Hinata.

— Ah oui ? Fais-moi rire.

— J'ai... fricoté avec lui le jour où je l'ai rencontré.

— Fricoter ça veut dire quoi ? questionna la plus jeune en grignotant quelque chose. Mains baladeuses ? Sexe oral ? Coït traditionnel ? Sexe anal ?

— Le numéro trois.

— Cool ça devait être sympa si vous avez décidé de remettre le couvert. Je suis fière de toi, ça a dû être flippant de lâcher prise comme ça.

Hinata sentit son cœur se réchauffer, sa sœur la connaissait bien. Oui ça lui avait demander un effort mais cet effort avait payé. Elle devait s'autoriser à être fière.

— Je vais devoir y aller mais une dernière chose avant... Père te souhaite une belle réussite, enfin indirectement tu le connais.

Hinata confirma. Il n'y avait pas moins effusif que son père, sans doute s'était-il contenté d'une remarque à un croisement de couloirs. Les deux sœurs se quittèrent avec les embrassades finales.


Bonjour, si vous êtes toujours là merci à vous et j'espère que cela vous plaît ! Merci en particulier à sybileotogo et Elodouuu de m'avoir laissé un message, ça m'a fait très plaisir. Comme toi Elodouuu j'aime particulièrement le Naruhina, j'espère que la suite est à ton goût. Bonne journée à tous et à bientôt ! Maneeya.