V. 75% de plaisir

Karin

Karin ne s'attendait pas que Suigestu habite le quartier de Gyokai, c'était devenu tellement bourgeois en si peu de temps. Elle quitta l'ascenseur immense et se dirigea vers les doubles portes de l'entrée. Pour un prof, il vivait drôlement bien qu'il soit propriétaire ou locataire. Il lui sourit en guise de bonjour et l'incita à rentrer.

— Mets-toi à l'aise, je finis mon paragraphe.

Karin eut tout le loisir d'observer les alentours. Elle avait vraiment l'impression d'avoir pénétré son intimité en le voyant humide et uniquement vêtu d'un short de plage. Le son rythmé des touches de clavier était le seul qu'elle entendait dans cette pièce de vie géante aux immenses fenêtres. La cuisine était spacieuse et elle aimait ce mélange de bois et d'acier, comme un ouvrier qui aurait meublé avec le chalet de sa grand-mère.

Karin entreposa son sac à dos et son manteau dans le placard derrière l'entrée et grimpa sur le canapé de taille aussi consistant que le reste du logement. Même s'il était monté sur des palettes industrielles, il était extrêmement confortable. En observant discrètement la bibliothèque qui prenait un large pan du mur, Karin se demanda ce qu'ils allaient faire. Certainement pas du tag, l'appartement était assez fourni de ce point de vue.

La jeune prof lui avait juste demandé pour passer la soirée ensemble sans rien préciser et il avait accepté sans rien demander. Maintenant qu'elle y était, elle ne pouvait que constater sa maladresse. Et s'il s'était imaginé qu'elle lui faisait du rentre dedans et venait de lui commander un plan cul ? Ce serait gênant de le repousser ; quoi qu'elle ne le repousserait sans doute pas. Ce qu'elle voyait lui plaisait particulièrement.

— Fini ! s'exclama Suigestu après quinze bonnes minutes. Tu voulais faire quoi au juste ?

— M'échapper pour laisser Hinata baiser, avoua-t-elle en grognant.

Il éclata de rire, il avait un air moqueur et un sourire sardonique. Pas très présentable le bougre.

— Je devrais être rassuré de ce signe d'humanité. Ça veut peut-être dire qu'elle est bruyante...

— J'imagine bien ça, sourit Karin. Bel appart', ajouta-elle en jetant un regard admiratif à l'ensemble.

— Je suis chanceux. T'as quitté le domicile marital alors.

Karin grimaça. Elle était loin d'avoir oublié ses mots du matin même. Mais ce n'était pas parce qu'elle en tenait compte qu'ils seraient vrais. Ils avaient un problème certes, mais elle le résoudrait. Elle exposa donc aussi posément et résolument que possible :

— J'avais besoin de temps pour moi mais je retournerai chez nous bientôt. Pas de remarque, pas de piques, pas de sarcasme, demanda-t-elle sans détour.

Suigestu leva ses deux mains en signe de non-hostilité. Il lui redemanda ce qu'elle souhaitait faire, après tout, c'est elle qui avait abruptement débarqué chez lui.

— Tu as bien 7 Wonders Duel ? s'enquit-elle.

Ils en avaient parlé il y a deux semaines et Karin était ravie de pouvoir y jouer. Elle avait trouvé un groupe de jeux durant ses années d'université mais depuis dure de trouver quelque chose de similaire. Certainement qu'elle ne prenait pas le temps ou voulait éviter à tout prix de reconnaître cela comme une passion.

— T'es vraiment une femme intéressée, grommela l'homme en revenant avec la boite.

Karin lui envoya un baiser joueur. Elle l'appréciait de plus en plus, même quand ils n'étaient pas d'accord ou qu'elle le remettait à sa place, il restait fidèle à lui-même. Elle se demandait bien sûr s'il n'arrivait pas à un tel détachement simplement parce qu'il n'en avait rien à faire, c'était aussi hautement possible. Elle était loin de l'avoir cerné pour l'heure. Et malgré tout, elle s'était confié à lui dans cette période tumultueuse...

— Je récapitule les règles grossièrement. On s'oppose et le but c'est de gagner militairement ou scientifiquement en accumulant ces points de puissance, il agita les petits jetons verts. Pour ça, on essaie de construire des merveilles donc d'avoir des ressources et des nouveaux bâtiments qui correspondent à plus de savoir-faire. À chaque tour, on pioche une carte et on choisit entre l'acheter ou la défausser pour récupérer des ressources.

Karin prenait les choses très au sérieux. Ils décidèrent de faire un premier tour de chauffe pour que la jeune femme comprenne bien.

— Je pensais pas que t'aurais retenu cette information sur moi.

— Je peux être autre chose qu'un gros bourrin, de temps en temps.

Il découvrit ses dents aiguisées pour un sourire qu'elle commençait à apprivoiser. Encore une fois, elle se demandait qu'est-ce qui avait rythmé son enfance sans toutefois oser poser ses questions. Ce serait injuste sachant qu'elle ne voudrait pas répondre aux siennes.

Une fois qu'elle eut saisi le fonctionnement tour par tour et les possibilités d'action, ils arrêtèrent avant de passer à l'âge II. Ils redistribuèrent les cartes puis les ressources et réagencèrent le plateau. Ils disputèrent cette première partie dans un silence lourd juste ponctuée de piques amères ou provocatrices. Karin resta rond comme deux flans quand elle dut s'avouer vaincue. Elle pressa ses joues, incapable de voir ce qu'elle aurait pu faire différemment pour gagner.

— Revanche ? questionna Suigestu qui rangeait tranquillement.

— Carrément, grinça Karin en se redressant.

Il lui sourit du bout des lèvres et commença la distribution.

— Ça te dérange si je me mets à l'aise ? J'enrage de te voir torse nu.

— Fait meuf, tu peux même essayer le naturisme.

Sans aller jusque là, Karin retira sa chemise et son short alors que son ami s'efforçait de ne pas la regarder même du coin de l'œil. Néanmoins il tourna la tête pour lui parler et se retrouva à la reluquer sans aucune gêne.

— T'es bonne, lâcha-t-il.

Ravie de son petit effet, Karin tourna sur elle-même renvoya ses cheveux dans son dos et se déhancha. Le peut-être de « peut-être que je vais m'envoyer en l'air avec lui » semblait plus gros que jamais.

— T'as pas mieux franchement ? C'est même pas un compliment.

Elle se laissa tomber sur le canapé, encore surprise de sa hauteur. Elle portait un des ensembles qu'elle adorait en lin et super fin. Son soutient gorge descendait sur ses côtes et donnait une forme de poire à ses petits seins. Son bas découvrait la moitié de ses fesses mais était tout doux et confortable.

— Que veux-tu, « boys are boys » se justifia-t-il d'un air goguenard. Je peux pas juste dire que tu m'excites, ça fait trop vulnérable.

Karin éclata de rire tout en s'attachant les cheveux. Elle aimait bien sa vulgarité étrange et ses fausses mauvaises manières. C'était vraiment apaisant après avoir été si longtemps dans un étroit carcan.

— Putain mec, ta gueule et joue.

Cette fois c'est son rire qui raisonna dans l'espace dégagé. Ils parlaient peu, lâchant de temps en temps des anecdotes selon ce que leur rappelait telle ou telle carte. Ils arrêtèrent au bout de trois parties supplémentaires et partirent se préparer des biscuits. Rien qu'à l'allure de la cuisine, Karin comprit que son ami aimait vraiment cuisiner. L'espace de travail était bien dégagé, il y avait un garde manger plein d'appareils supplémentaires comme une machine à gaufres ou une machine à pâtes. Finalement Karin n'eut qu'a s'asseoir au comptoir et le regarder s'exécuter avec prestance.

— Je veux un dîner complet un de ces jours, exigea Karin, avec les petits plats dans les grands.

— Rien que ça... T'as prévu quoi pour ton break ? (Il lui tournait le dos et ne pouvait pas voir son regard agacé. ) Te taper des queues ?

— Ben ouais, quoi d'autre, soupira la rousse avec sarcasme. J'ai vraiment envie de me prendre la tête pour des autres mecs là maintenant.

— Ben ça te détendrait sûrement. Ça te va une série pour la suite ? J'ai la tête explosée.

— Partante mais qu'est-ce que t'as foutu pour être dans cet état ?

— J'ai été appelé pour être correcteur d'une étude de fond et c'est vachement lourd comme lecture. J'avais pas fait ça depuis quelques années.

— En même temps quelle idée de faire des sciences dures, se moqua Karin sans compassion aucune.

Suigestu lui lança un regard plus qu'agacé, des fois il accueillait mal ses piques et cela la ravissait.

— Qu'est-ce qui t'as amené à la littérature ? Généralement c'est des folles à lunettes qui parlent à personne et découvre à la fin de leurs études qu'elles finiront profs par défaut mais tant mieux, c'est une bonne façon de canaliser leur instinct maternel.

Même en sachant que sa tirade ne servait qu'à la faire chier, Karin eut bien du mal à se contrôler. Elle avait juste envie de lui jeter une assiette à la figure et vu son grand sourire, il en était conscient.

— La littérature m'a beaucoup aidée pendant ma thérapie, j'ai voulu comprendre ce que j'avais loupé jusque là. J'ai toujours lu mais je crois que j'étais restée à la surface. J'étais trop frileuse.

Ses paroles sincères surprirent Suigestu, il ne s'attendait pas à cette perle de franchise. Il hocha simplement la tête et continua de verser la pâte à biscuits sur la plaque. Il l'enfourna rapidement et vint s'asseoir à côté d'elle.

— Si je demande pourquoi tu as suivi une thérapie, tu vas me répondre ?

Karin secoua la tête. Il n'y avait pas grand monde au courant de son passé et elle préférait que ça reste ainsi. Elle avait arrêté d'être la pauvre petite Karin depuis qu'elle s'était installée au pays du Feu et elle ne comptait pas le redevenir de si tôt.

— Trouve la télécommande et choisis un truc à mater, détourna-t-il, je vais nous trouver de quoi grignoter.

Voilà qui était mieux. Encore une fois, Karin se questionnait sur son ami. Il était d'une vulgarité affichée et assumée et pourtant parvenait à faire preuve d'une délicatesse rare. Elle n'avait pas le souvenir de l'avoir entendu une fois lui réclamer des confidences. Tout ce qu'elle disait, il le prenait en compte et elle n'avait pas à réfléchir à si ci ou ça allait le vexer ou si ce mot-ci serait mal interprété. C'était d'un reposant. Elle ne mit pas longtemps à trouver une série pour le faire chier, elle avait choisi une série d'adolescente qui lui faisait de l'œil depuis quelques temps. Il vint la rejoindre avec un bocal de cacahuètes caramélisées et la critiqua sans vergogne pour son choix. N'empêche qu'il fit démarrer la vidéo sans tarder.

Malgré l'immensité du canapé, Suigestu s'était installé juste à côté d'elle. Quand il passa son bras derrière elle, elle s'éloigna en riant.

— Il fait beaucoup trop chaud mec, tu veux m'étouffer ?

Toujours en sous-vêtement, elle s'étendit et posa sa tête sur ses cuisses fermes. C'était mieux que de rester peau contre peau malgré l'atroce chaleur.

— Ils viennent d'où ses muscles ? T'es prof et tagueur, c'est pas super vendeur, grogna-t-elle sans le regarder.

— Je nage et je grimpe. Et c'est toi qui ira chercher les biscuits dans quinze minutes.

Karin hocha la tête, les yeux fixés sur le grand écran. Elle était si absorbée par ce début de saison qu'il dut la secouer pour qu'elle aille chercher les biscuits à temps. Forcément, elle parvint à peine à trouver l'interrupteur de la cuisine, manqua de se brûler et finit par appeler Suigestu en se rendant compte qu'elle n'avait aucune idée de comment éteindre le four. Ils répartirent les biscuits dans une assiette et retournèrent s'installer. Son hôte réduisit les lumières et ils se remirent comme plus tôt.

Karin pensait encore à son mari. Cela faisait des lustres qu'ils ne s'étaient pas posés ainsi. En fait le cinéma et les séries ça n'avait jamais été leur truc. Pendant très longtemps, ils avaient eu un salon cosy où elle lisait pendant qu'il travaillait son droit clanique, ses tables ou ses projets professionnels. Et dans ces moments-là, mieux valait ne pas trop parler. Elle respectait son dévouement à sa famille, sans doute que si on l'avait arrachée à sa famille et dépouillé de sa fierté familiale, elle aussi se serait dédiée à la réhabilitation de son nom. Les caresses de Suigestu l'empêchèrent de s'empêtrer davantage dans ses souvenirs.

Sa main caleuse passait et repassait sur son bras en appuyant doucement. C'était agréable et elle devait reconnaître que ça faisait un moment qu'elle n'avait pas eu de rapports sexuels. Ça jouait certainement vu son désir et son impatience. En même temps, elle n'aurait pas imaginé du sexe alors qu'elle était en procédure d'avortement. Elle n'était clairement pas d'humeur. Mais maintenant que l'étau s'était desserré... Ouais, elle pouvait certainement se faire plaisir avec une partie de jambes en l'air sans conséquence.

Décidée, Karin se redressa et se cala contre son bras chaud. Elle était forcément un peu anxieuse à l'idée de se faire repousser, ça pouvait toujours arriver même si elle était super sexy. Elle fit glisser sa main droite sur la cuisse masculine et la massa doucement sans le regarder. Elle sentit qu'il tourna la tête vers elle mais ne fit aucun commentaire. « Fonce, tu es forte et sûre de toi ! » se dit-elle pour s'encourager ; elle détestait tout ce qui était flirt et drague. Avec ses gros sabots, elle enfourcha l'homme et lui laissa une bonne seconde pour la dévisager avant de foncer sur ses lèvres.

Il l'embrassa immédiatement répondant à sa fougue sans vergogne. Elle sentit une main ferme sur sa hanche l'approcher toujours plus alors qu'elle goûtait ses lèvres sucrées. Elle gémit quand cette main descendit jusqu'à ses fesses qu'elle pressa sauvagement. Il grogna en sentant ses ongles s'enfoncer au dessus de ses hanches.

— Merde, meuf, pas maintenant, coupa brusquement Suigestu en la repoussant.

— Y'a un problème ? questionna Karin qui observait attentivement son visage.

Elle avait peut-être loupé quelque chose. Et s'il était marié lui aussi ? Elle regarda compulsivement autour d'elle à la recherche de la moindre marque d'une présence féminine. Elle ne voyait rien mais il fallait bien que quelque chose explique sa réaction brusque et agacée.

— Y'a un problème de mon côté. On peut pas baiser maintenant, demain si tu veux.

Karin cligna des yeux lentement. Elle s'écarta enfin, surprise de la fraîcheur ambiante de l'appartement surtout comparé au corps vif de Suigestu. Elle s'assit à côté de lui sans oser faire de remarque. « Pas maintenant, demain » c'était surprenant. Les scénarios défilaient dans sa tête sans qu'elle en trouve un qui la satisfasse entièrement.

— C'est pas grave, on a encore sept saisons de Gilmore Girls à mater.

Cette fois, Karin recouvrit ses cuisses enflammées du premier plaid qu'elle trouva et s'installa confortablement. Ni l'un ni l'autre n'essaya d'entrer en contact avec le second, conscient qu'ils étaient sur un dangereux équilibre.

Hinata

Pour une fois, elle s'éveilla avec la faim au ventre. Et elle savait parfaitement pourquoi. Parce qu'elle avait passé une nuit très mouvementée aux côtés de Naruto et que ce dernier s'était encore une fois levé bien avant elle et s'était mis à faire la cuisine. Une bonne odeur régnait dans la pièce principale et avec ça impossible de se rendormir.

Dès qu'elle fut debout, Hinata s'aperçut que sa colocataire n'était pas rentrée. Elle se précipita sur son téléphone portable pour vérifier ses messages mais Karin n'avait rien envoyé. Elle lui demanda des nouvelles alors tout en répondant distraitement à Naruto. Il l'avait convaincue la veille qu'il était stupide de se cacher de leurs proches et lui avait assuré qu'il ferait tout pour que leur relation ne devienne pas publique. Il n'était pas suivi dans la rue mais les rumeurs pouvaient facilement s'étaler en une des magasines. En contrepartie, il n'était pas rare de le voir cheminer avec des amies au féminin donc cela devrait permettre de noyer le poisson.

Elle disparut dans la salle de bain pour se préparer rapidement, inquiète à l'idée qu'il soit arrivé quoi que ce soit à Karin. Heureusement, elle lui répondit assez rapidement : « Déso, je me suis endormie chez Suigestu. Je reviens d'ici une heure je pense. » Elle se brossait les cheveux quand Naruto débarqua dans l'encadrement de la porte pour l'instant absente.

— Arrête de me fixer comme ça, soupira Hinata mal à l'aise.

— Pourquoi je ferai ça ? J'adore te regarder, je te trouve sublime.

Hinata secoua la tête, incapable de lui donner raison. Il patienta tranquillement et glissa un bras dans son dos quand elle le rejoignit. Il se pencha vers elle et déposa des baisers sous son oreille descendant vers son cou et elle sentit quelques rires et soupirs lui échapper. Elle se précipita sur ses lèvres radieuses. Elle ne se lassait pas du temps passé à ses côtés.

Naruto la pressa contre lui et elle l'entoura de ses jambes. La première fois qu'il l'avait portée ainsi, elle avait été surprise mais maintenant ça l'allumait complètement. Sans doute était-ce stupide qu'elle le trouve puissant et viril ainsi.

Son dos heurta le mur nu du couloir alors qu'elle tirait ses cheveux pour l'attirer à elle. Elle rentra le ventre pour accéder difficilement à sa ceinture. Elle se sentait brûlante, pressée, et sans doute un peu obsédée à l'idée d'attraper son pénis.

— Viens par ici, grogna Naruto. Je veux te voir.

Hinata trouva le moyen de rougir malgré l'intimité qu'ils partageaient. Rapidement, ils rejoignirent le salon et Naruto la rallongea sur le futon et se dévêtit rapidement.

— J'ai le temps de m'occuper de toi, n'est-ce pas ? s'enquit-il avec un regard anxieux vers la porte.

— Oui, ne t'inquiètes pas.

Il profita de la vue en plongée qu'il avait. Sous ce bleu vif et clair, Hinata se sentit désirée, sexy, même si elle portait la robe la moins suggestive qui soit. Naruto s'accroupit entre ses jambes et retira lentement sa culotte. Il prit plusieurs secondes pour la faire glisser le long de ses jambes. Il savait maintenant qu'en était suffisamment lent, sa partenaire écartait les jambes sans timidité allant jusqu'à rouler désespérément des hanches. Il était alors compliqué pour lui de ne pas lui donner exactement ce qu'elle voulait, sa verge.

Il approcha ses doigts fins et fut surprit de l'humidité qu'il trouva entre ses jambes. Elle mouillait tellement, il aurait préféré la lécher mais il fallait du temps pour cela. Il amena son pouce sur le clitoris en érection et se servit de son index et son majeur pour caresser les lèvres sensibles. Alors qu'il faisait vibrer son membre de plaisir, elle se tordait sous ses yeux, les joues rouges, si différente de l'air policé qu'elle affichait quotidiennement. Il aurait pu éjaculer dans son caleçon avec moins de contrôle.

Incapable de tenir plus longtemps, Naruto défit sa braguette et sortit son membre dressé. Il lui fallut quelques instants pour enfiler un préservatif. Il s'approcha doucement et commença à se glisser entre les lèvres lubrifiées de sa petite-amie. D'un geste impérieux elle pressa son mollet dans son dos et glissa d'elle-même vers lui. Elle continua à se frotter à lui. Elle grogna incapable de comprendre cette satiété non satisfaite qui était la sienne. Pourtant elle sentait son odeur musquée et ses lèvres dans son dos. Elle aimait le voir par dessous et savoir qu'il menait leurs rapports, au moins en apparence. Mais elle voulait encore plus de présence, encore plus de puissance. Elle avait beaucoup goûté à sa douceur jusque là et maintenant... Hinata voulait du sexe sauvage.

— Plus fort, lança-t-elle directement à son oreille. Plus fort et plus vite.

Naruto lâcha un juron épicé qui la fit rougir - pas de gêne mais d'excitation. Il se pencha encore davantage et augmenta l'amplitude de ses mouvements, le bruit sec et saccadé de la rencontre de leur corps prenait tout l'espace. Il revenait encore alors qu'elle sentait ses seins écrasés par le torse musclé de Naruto. Elle releva les jambes, autant pour éviter de déranger ses mouvements que pour légèrement modifier son angle de réception. Il ne lui en fallut guère plus pour sentir sa gorge se nouer et ses muscles se figer dans cet instant de plaisir pur. Naruto la suivit peu après, il se retira doucement et s'agenouilla entre ses jambes.

— Il faut vraiment que tu manges avant ta journée, conclue Naruto en la regardant battre des cils.

Il jeta la capote usagée et remit correctement son pantalon. Sa chemise était sur le canapé pour éviter qu'ils ne la froissent davantage que ce qu'elle était déjà. Il l'aida à se relever et la conduisit à la table de la cuisine. Il s'empressa de lui faire une petite assiette alors qu'elle semblait éviter son regard. Comme souvent après l'amour.

Ils petit-déjeunèrent dans un silence presque complet. Naruto commençait doucement sa journée en répondant à certains courriels et messages vocaux. C'était assez impressionnant comme il avait toujours quelque chose à faire.

Alors qu'ils rangeaient leur affaire, Karin débarqua sans s'attendre à ce qu'elle allait voir. Elle fronça les sourcils devant son cousin torse nu et chercha une explication en se tournant vers sa nouvelle colocataire.

— Avant que tu penses quoi que ce soit, on sort ensemble, annonça Naruto de but en blanc.

— Et tu voulais que je pense quoi d'autre au juste ?

Karin se dirigea déjà vers sa valise pour prendre de quoi se changer.

— Grosse valise, fit remarquer le blond. Tu pars en vacances ?

— Stop, prévint Karin. J'échappe pas à Sasuke pour devoir te supporter à longueur de temps. Laisse-moi.

Sur ses derniers mots, elle disparut dans le couloir.

— Elle a l'air contrarié, observa Hinata déjà inquiète.

— Te biles pas ma belle, elle est souvent rognon. Je dois y aller, on se voit bientôt.

Ils échangèrent un dernier baiser passionné avant que Naruto finisse de se préparer et disparaisse. Hinata se repeigna pour éviter d'avoir l'air de sortir du lit, enfin selon ses critères, et attendit sa colocataire bien décidée à crever l'abcès. Dès que Karin revint, les cheveux mouillés et en lingerie fatale, elle se posta devant elle.

— Tu es sûre de toi ?

La voix de Karin lui mettait la pression, ça ressemblait à une interrogation notée plutôt qu'à une question amicale.

— C'est ton choix mais de mon avis, c'est pas une bonne idée.

Hinata sentait son cœur palpiter partout sauf à sa place. Elle pinça le bout de ses doigts pour essayer vainement de réagir mais c'était trop tard. Karin avait lâché sa bombe puis haussé les épaules. Comme si de rien était.

Karin

Hinata n'était pas la plus douée pour faire celle qui passe au-dessus. Elle n'arrêta pas de lui jeter des regards curieux de la matinée et il fallait reconnaître que c'était très désagréable. De toute évidence, elle n'acceptait pas sa remarque de la matinée.

Et ça allait être bien pénible de vivre avec elle si elle gardait son air tristounet et passif-agressif. Enfin autant que cette Hyuga puisse être agressive. À l'heure du déjeuner, elle la coinça à une table bien décidée à mettre les choses à plat. Quitte à devoir déménager ensuite.

— Tu m'en veux pour tout à l'heure ?

— Oui...

Au moins elle n'avait pas cette politesse crasse qui la forçait presque à mentir. Bon point, ce serait plus facile de lui exposer sa réflexion.

— Je vais t'expliquer ça.

Sans gêne, elle héla Suigestu à l'autre bout de la pièce. Elle lui tira une chaise en guise d'invitation entre deux bouchées.

— Mon expertise est requise ?

— Et pas qu'un peu mec. Imagine notre chère et tendre Hinata sortant avec Naruto Uzumaki. Qu'est-ce que tu lui dirais ?

— Pourquoi ? Ça n'a absolument aucun sens.

Devant leurs yeux, Hinata devenait de plus en plus rouge. Jusqu'à se cacher le visage derrière ses mains pâles. Elle qui faisait tant d'effort à cheminer tête haute semblait littéralement s'effondrer.

— Tu prends peut être ça trop à cœur, suggéra Suigestu déstabilisé par sa réaction.

— Je sais bien que je suis moins que médiocre, craqua Hinata en essuyant rageusement les quelques larmes qui lui échappaient, mais je pensais pouvoir plaire malgré tout !

Karin se sentit bouleversée en comprenant que son amie avait pris ses remarques personnellement. C'était tellement loin de ce qu'elle essayait de dire. Alarmée, elle fit le tour de la table pour prendre la plantureuse brune dans ses bras.

— Tu te montes la tête, on ne dit pas que tu n'es pas assez bien pour lui, corrigea Karin d'une voix douce.

— C'est plutôt le contraire, renchérit leur collègue avec une étrange douceur.

— J'ai peur que tu sois malheureusement avec un homme occupé et ambitieux.

— Si tu cherchais juste la notoriété pourquoi pas mais sinon, tu vas juste te coltiner le même bordel qu'avec ton clan. Et t'étais bien contente d'y échapper jusque là.

— Vous êtes vraiment adorables, conclue Hinata avec le sourire ravi d'un enfant.

— Ouais, si tu le dis, accorda Karin avec méfiance. T'envisages vraiment un truc sur la durée avec Naruto ? Tu as l'air des filles sérieuses en amour.

— Oui certainement. Et ça se passe vraiment bien pour l'instant.

Karin ne pouvait pas nier l'air heureux et le ton joyeux de la jeune femme. Elle était bien dans son couple et n'entendrait certainement pas les remarques qu'elle lui ferait.

— Fais attention à ne pas finir comme moi, lâcha-t-elle plus sèchement qu'elle ne l'aurait voulu.

Au vu des regards qu'elle s'attira elle venait de passer pour une folle. Et aigrie en plus. Tant pis, elle changea de sujet en leur demandant à quelle heure ils finissaient. Suigestu avait cours cet aprem mais Hinata comptait simplement corriger un lot de copies et préparer ses cours.

Pour sa part, elle avait son rendez-vous gynécologique dans l'après-midi et elle voulait passer à l'appartement pour y réceptionner les meubles. Elle finit rapidement de manger, poursuivant leur discussion au sujet du mouvement syndical cette fois.

Suigestu n'avait eu aucun geste témoignant d'un quelconque rapprochement la veille. Il était détendu et nonchalant, fidèle à lui-même quoi. C'était presque un peu vexant. N'avait-il pas plus envie de coucher avec elle que ça ? Il disparut plusieurs minutes avant la cloche et Hinata s'étonna à haute voix qu'il n'ait rien manger.

Alors qu'elle haussait les épaules pour toute réponse, la belle brune poursuivit :

— Tu as de gros problèmes de couple ?

— Assez pour déménager de toute évidence, répondit-elle avec méfiance.

— Je suis désolée, vous formiez un beau couple.

Karin ne savait pas vraiment quoi dire. Certainement qu'ils pouvaient sembler assortis, ça faisait neuf ans qu'ils étaient ensemble mais bon... Mieux valait ne pas s'attarder sur ce sentiment pesant qui l'accablait à chaque fois qu'il était question de Sasuke ces derniers temps.

— C'est qu'une pause, répliqua-t-elle à la place en essayant d'avoir l'air sereine. Je rentrerai qu'en début de soirée, j'ai un rendez-vous avant ça.

Hinata hocha la tête se retenant visiblement de dire ce qui lui traverser l'esprit. Et tant mieux, les amis sincères c'était bien mais il ne fallait pas en abuser.

Son détour par leur appartement prit peu de temps finalement. La peinture avait était achevé par des professionnels et elle avait bien séché. Les artisans travaillaient sur la cuisine maintenant puisque salle de bain et WC avaient été achevés. Karin n'eut qu'à attendre le livreur pour l'aider à monter les meubles et préparer complètement les chambres. Elle faisait toujours appel à Juugo car ils travaillaient bien ensemble.

La chambre d'Hinata avait eu droit à un mur lavande sableux ainsi qu'un placard mural qu'ils aménagèrent rapidement. Il y avait une magnifique alcôve sous la fenêtre pour laquelle elle avait commandé un meuble sur mesure ainsi que de confortables coussins. En le poussant à son emplacement, Juugo et elle ressentirent la même satisfaction. Ils placèrent un petit bureau proche du placard, la chambre n'était pas assez grande pour davantage. Juugo cloua un porte manteau au dos de la porte et monta le lit. Ils déballèrent le matelas et le laissèrent prendre doucement sa forme finale.

La chambre était niquel, Karin avait pris un lit gigantesque profitant du dressing mural et elle voulait laisser les autres éléments de décoration au goût d'Hinata.

Satisfaits, ils passèrent à la deuxième chambre, la sienne. Elle avait beaucoup hésité sur les couleurs mais avait fini par choisir du bordeaux. Elle avait un mur rayé de larges ou fines rayures rouges. Elle n'avait pas d'alcôve mais deux fenêtres sous lesquelles elle mit un banc moelleux. Juugo monta la tête de lit et le sommier puis ils installèrent le matelas comme précédemment. Ils passèrent au placard mural à aménager et installèrent le petit bureau à côté. Il n'y aurait plus qu'à installer leur affaire pour emménager officiellement.

— Tu as vraiment la main pour organiser tout ça, remarqua Juugo avec admiration.

Il avait l'habitude de ce genre de travaux et d'expérience les organisateurs s'empêtraient souvent les pinceaux. Elle lui sourit et le remercia chaleureusement. Elle savait qu'il pensait encore qu'elle devrait monter sa propre boite.

Ils sortirent ensemble non sans récupérer les cartons d'emballage et le papier kraft en quantité. Tout ça partit à la poubelle verte et ils se quittèrent sur le parking. Karin pouvait aller à son rendez-vous maintenant, elle avait même le temps de flâner. Elle ne se rappelait plus la dernière fois qu'elle avait erré sans but. Il y avait bien cette nuit où elle avait croisé Suigestu mais elle était tout sauf en paix. Elle venait d'apprendre qu'elle était enceinte et elle voulait se cacher sous terre.

Elle dut patienter dans la salle d'attente car sa praticienne avait accumulé un peu de retard mais ça ne la gêna pas. Elle dévisageait l'affiche qui lui faisait face, une publicité qui vantait le lait en poudre à coup de câlin maternel. Ça la gênait peut-être un peu finalement. Elle préféra décortiquer l'affiche sur les IST, c'était plus apaisant.

Dès qu'on l'appela, elle entra dans le bureau du Dr Shizune, un petite brune aux cheveux courts. C'est elle qui l'avait accompagnée durant son interruption volontaire de grossesse.

— Bonjour, comment allez-vous ?

— Très bien merci.

Il n'y avait aucune chance qu'elle soit à l'aise. Karin n'aimait pas être le point de mire donc être la cible d'autant de questions était très vite inconfortablement, surtout quand ces dernières ne portaient que sur ses ressentis. Une fois qu'elle fut convaincue que sa patiente vivait bien son IVG, Shizune passa au sujet suivant à savoir la contraception.

— Je suis surprise que vous n'ayez pas changer de contraceptif avec votre mari, commença-t-elle.

— Je ne suis pas à l'aise avec les contraceptifs hormonaux, expliqua Karin. C'est pour ça que j'ai toujours utilisé une capote.

— Vous n'avez jamais d'oubli ?

— Une fois pendant mes études supérieurs.

— Vous êtes d'une rigueur rare, félicitations, sourit la doctoresse visiblement impressionnée. Clairement vous avez joué de malchance néanmoins je peux vous proposer un stérilet en cuivre. Vous connaissez ?

Karin secoua la tête pour avouer son ignorance.

— C'est un petit appareil en forme de T que l'on place dans l'utérus. Sa tige est recouverte de cuivre ce qui tue les spermatozoïdes empêchant toute fécondation. Cela n'a aucun effet sur le cycle menstruel ni les règles.

— Ça a l'air bien, reconnut lentement la jeune femme. Mais ce serait pas plus simple d'opter pour une stérilisation ?

— Ce n'est pas ce que je vous recommanderais. D'abord parce que c'est une opération très lourde à effectuer et que revenir en arrière par la suite vous exposerait à de graves complications. Je me doute que vous êtes sûre de vous et définitive pour le moment mais les femmes subissent beaucoup de pression sur ces questions. Donc il vaut mieux ne pas vouloir d'enfant tout en pouvant en faire que l'inverse.

— Donc pas maintenant mais dans quelques années... ?

— Si vous ne changez pas d'idées je vous accompagnerais dans votre démarche, bien évidemment.

Karin hocha la tête rassurée. Elle savait que certains médecins étaient moralement contre la stérilisation et elle ne voulait pas se laisser mener en bateau. Elle expliqua qu'elle voulait bien opter pour le stérilet et la gynéco lui en expliqua le fonctionnement en détails. Karin repartit avec un nouveau rendez-vous dans une semaine pour qu'elle décide si c'était réellement ça qu'elle souhaitait.

Elle sortit satisfaite de son rendez-vous et retourna au collège dans l'espoir de croiser Suigestu. Généralement il lui demandait des débriefs de ses rendez-vous pour vérifier qu'elle allait bien et qu'elle n'avait pas de questions sans réponses. Il était vraiment attentionné. Elle grimpa jusqu'au deuxième étage et patienta non loin de sa classe. Elle entendit sa voix donner des précisions sur le travail d'un élève au sujet des volcans. Il était détaché mais précis et ses élèves l'écoutaient sans mal.

À la sonnerie, sa quinzaine d'élèves disparut en courant presque. Karin entra dans la classe en toquant légèrement.

— J'aurais presque envie d'assister à un de tes cours, sourit-elle joueuse.

— Ton rendez-vous s'est bien passé ?

— Super, je vais me mettre du cuivre dans la chatte.

Il éclata de rire en l'entendant parler ainsi. Sans doute avait-il compris de quoi elle parlait mais la formulation avait eu son petit effet. Suigestu récupéra ses affaires et lui demanda de l'accompagner à l'étage y ayant oublié un manuel. Bien que curieuse, Karin ne se méfia pas et l'accompagna en continuant à discuter. Elle parlait de sa grande affection pour les préservatifs et Suigestu lui disait de faire une collection si c'était à ce niveau-là.

Dans la salle poussiéreuse où des centaines de manuels étaient rangés, Suigestu la pressa contre son torse et l'embrassa bien plus doucement qu'elle ne l'aurait cru.

— « Pas ce soir, demain » cita Karin en fronçant les sourcils.

— Tu veux vraiment encore attendre meuf ?

— Non, je veux que tu m'expliques pour hier.

— J'ai du mettre fin à une sorte de relation que j'avais. Je voyais une nana et c'est une flippée de l'infidélité alors je voulais pas remuer le couteau dans la plaie. Autre chose ?

— Non ça ira, accorda Karin en retirant lentement son haut.

Elle fit de même avec le bas et savoura son regard vibrant sur sa personne. Elle avait mit un ensemble en cuir végétal exprès.

— Que veux-tu quand on me donne le temps de me préparer…

Elle ajusta ses lunettes d'un air docte mais Suigestu resta figé. Elle finit par lui taper dans le bras.

— Désolé, c'est juste que t'es tellement sexy j'ai plus envie de te déshabiller.

— Très bien, comme tu veux.

Même si elle avait un ton détaché, Karin était bel et bien contrarié. Il était supposé lui sauter dessus pas juste la regarder les yeux ronds. Elle grimpa sensuellement sur la table, roulant des hanches, arquant le dos avant de s'asseoir. Elle essuya rapidement sa main pleine de poussières avant de la glisser dans sa culotte. Elle fut surprise d'y trouver son clitoris si gonflé, elle gémit dès qu'elle posa le doigts dessus. Fascinée, elle observa Suigestu qui ne perdait pas une miette du spectacle. Son regard sur elle était tout ce dont elle avait besoin pour s'exciter et se motiver à poursuivre avec des mouvements plus saccadés et plus rapides.

Toujours en face d'elle, Suigestu défit la boucle de sa ceinture et baissa son caleçon et son pantalon. Il revêtit un préservatif et s'approcha d'elle. Elle crut qu'il voudrait garder cette position mais il l'incita à se mettre debout dos à lui. Il insistait pour qu'elle continue à se caresser de sa voix éraillée. Une main sur le pubis, l'autre sur la table, Karin se pencha et trembla de tout son corps quand elle sentit sa queue glisser en elle.

Elle perdit rapidement la notion du temps ne sentant que les puissants coups de bassin et les mains chaudes de son partenaire. Karin s'efforçait de garder les jambes tendues malgré les vagues de plaisir qui la transportaient et la faisaient tanguer dangereusement. Elle perdit la voix, surprise de se retrouver ainsi envahie de plaisir puis Suigestu ralentit et s'arrêta. Il s'éloigna d'elle et rangea la capote dans son emballage. Karin remonta doucement sa culotte, elle se sentait à fleur de peau. Suigestu l'aida à se rhabiller mais elle était envahie par chaque caresse, elle s'attendait pas à être aussi quémandeuse. Aussi elle fut plus qu'heureuse quand il lui demanda si elle avait envie de continuer chez lui.

Hinata

Hinata avait reçu un message de sa colocataire l'informant qu'une surprise l'attendait dans sa chambre. Celle à gauche. Du coup, elle avait eu du mal à se concentrer sur ses dernières copies et trépignait d'impatience. Une fois qu'elle eut fini son travail, elle rentra rapidement à l'appartement pressée de découvrir la surprise.

Et la surprise c'était la chambre. La dernière fois, seule la peinture blanche était faite mais maintenant il y avait plus de couleur et surtout c'était meublé. Hinata devait avoir vraiment eu la tête dans les nuages pour avoir à ce point perdu le fil. Elle envoya immédiatement un message ravie à Karin et partit chercher ses affaires pour les ranger précautionneusement. Elle était en train de pendre ses trois robes quand elle reçut un appel de Naruto. C'était complètement inhabituel. Il lui demanda rapidement si elle était libre et s'il pouvait passer. Il venait de finir exceptionnellement tôt et Hinata était ravie d'inaugurer ce lit avec lui. Cette simple pensée audacieuse la fit rougir et elle essaya de se concentrer davantage sur son rangement.

Dès que l'interphone sonna, elle déverrouilla l'entrée et entra la clef dans la serrure. Elle ouvrit dès que Naruto toqua et se jeta sur ses lèvres. Elle n'avait jamais accordé beaucoup d'importance aux relations charnels mais avec Naruto, ça venait tout seul. Il lui faisait tellement de bien qu'il court-circuitait momentanément son cerveau. C'est lui qui pensa à fermer la porte et à les entraîner dans le salon.

— Non, viens voir, coupa Hinata encore réjouie des efforts de Karin pour lui faire une chambre si belle et accueillante.

— Magnifique et à ton image, sourit Naruto en jetant un regard appréciateur. Au fait, tu n'as pas mis de soutien-gorge ?

Les joues d'Hinata tournèrent immédiatement au rouge alors qu'elle répondait doucement :

— Je l'enlève en rentrant à la maison.

Sa robe était assez fine pour qu'on voit la zone plus sombre de ses seins ainsi que ses tétons durcis. Naruto la complimenta, ça semblait lui venir naturellement à chaque fois qu'il s'attardait pour la regarder. Il la rejoignit en deux pas et l'embrassa sauvagement. Alors qu'il glissait ses mains sur ses cuisses, il s'aperçut qu'elle ne portait pas non plus de culotte. Il en fut ravi.

Ils grimpèrent sur le lit sans cesser de se sourire, heureux et dans leur bulle. Néanmoins ça ne dura pas. À peine Naruto avait-il posé un doigt entre ses cuisses que son portable sonna sans discontinuer. Il s'excusa avec un agacement visible. Bien qu'il fit savoir sa mauvaise humeur, son interlocuteur réussit à le convaincre de s'amener en vitesse à son plus grand désarroi.

— Je suis vraiment désolé, je devrais en avoir pour une dizaine de minutes. C'est pas loin et c'est pas long, promit-il. Me regarde pas comme ça, je vais jamais pouvoir partir, se plaignit-il devant son regard de braise.

— En fait, je me demandais... si tu accepterais de m'attacher, osa Hinata en fixant son regard sur sa chemise qu'il venait de refermer.

Naruto resta un moment silencieux avant de lui demander des précisions.

— Je me disais que puisque tu en aurais pas pour longtemps tu pourrais m'attacher au lit, expliqua doucement Hinata qui accumulait les rougeurs des pommettes au menton.

— Tout ce que tu veux, articula difficilement le politicien.

Hinata se leva pour lui remettre une écharpe blanche en coton puis elle lui s'assit sur le lit. Quand il s'avança, elle tendit ses poignets et il commença par les nouer lâchement entre eux. Il n'osait pas faire de nœud trop serré par peur de lui faire mal ou qu'elle se retrouve bloquée. Il l'attacha finalement à la tête de lit et observa le résultat la bouche sèche. Il avait tout sauf envie de partir maintenant. Hinata lui dit de prendre ses clefs pour revenir et il pensa à poser son portable sur la table de chevet si besoin.

Hinata l'observait. Il n'avait jamais l'air aussi grand que lorsqu'elle était allongée et le voyait en contre-plongée. Elle sentit ses cuisses moites et gigota maladroitement.

— Naruto il faut que t'y ailles, rappela-t-elle. Reviens vite.

Le blond sortit à reculons. Hinata inspira doucement. Elle regarda le nœud autour de ses poignets et imagina Naruto léchant ses seins sans qu'elle ne puisse jamais le toucher. Cette simple image la fit mouiller violemment, elle écarta les cuisses par réflexe mais il n'y avait personne pour la doigter. Et ses propres mains étaient indisponibles pour l'heure. Il suffit de se calmer et se détendre, pensa-t-elle en essayant d'être rationnelle. C'est pas sorcier.

Mais elle ne savait pas quand précisément Naruto serait de retour. Il avait dit qu'il serait rapide mais à quel point ? Aurait-il un empêchement ? Un imprévu qui le retarderait ? Il fallait qu'elle fasse quelque chose pour apaiser son esprit embrumé. Elle se retourna sur le ventre pour se mettre à genoux. Elle tira un oreiller vers elle avec les dents - elle se dit en passant qu'elle devait avoir l'air d'une folle. Hinata enjamba le coussin et commença à se frotter doucement dessus.

Naruto va te voir, pensa-t-elle. Tant mieux ! Il verrait qu'elle n'était pas une petite chose fragile ou une innocente à protéger. Lorsqu'elle avait envie de lui, elle voulait sa puissance, sa voix chaude et profonde, son regard fixe de prédateur. Elle était à peine capable de mettre des mots sur tout cela tant elle ne voulait que lui. C'était ce genre de désir qui l'animait alors qu'elle frottait désespérément son clitoris et ses lèvres gonflés contre le tissu.

Les bruits de pas la firent sursauter. Déjà. Si près. Elle s'immobilisa en regardant l'homme s'approcher davantage. Hinata aurait voulu qu'il sache sans avoir à s'exposer ainsi à son regard. Elle se sentait si incertaine ainsi, si anxieuse à guetter sa réaction. Elle n'imaginait même pas à quoi elle ressemblait sachant que des mèches collaient à son cou à cause de la transpiration.

— Continue, ordonna Naruto en glissant deux doigts entre ses jambes.

Elle n'aurait pas pu être plus surprise. Il répéta son mot et la regarda se branler sur sa main avec un plaisir non dissimulé.

— Hinata qu'est-ce qui te ferait mouiller encore plus ? questionna-t-il comme si ses gémissements ne lui suffisaient plus.

— Une fessée, commanda sa partenaire aux lèvres roses.

Cette fois, elle arrivait à le regarder en même temps.

— Fort s'il te plaît.

Il frappa ses fesses et le bruit raisonna dans la pièce comme s'il avait fait quelque chose d'interdit. Hinata laissa s'échapper un cri plus aigu, plus vif. Mais ça lui plaisait, elle arqua le dos et continua à frotter son membre bouillant sur ses doigts. Il recommença encore admirant à chaque fois, l'air perdu et excité de sa petite amie.

— Autre chose ?

— Me tirer les cheveux, mais juste un peu.

Elle avait un peu peur de la douleur malgré la couleur de ses fantasmes. Heureusement si Naruto saisit abruptement sa tignasse, il n'en fit pas grand chose préférant l'embrasser sauvagement jusqu'à mordiller sa lèvre inférieure.

Une flopée de jurons lui échappa et il s'écarta précipitamment d'elle. Il retira rapidement sa chemise et son pantalon ainsi que son caleçon. Elle en profita pour laisser une traînée de salive joueuse sur son torse bien découpé mais ne put aller plus bas. Il l'en empêcha :

— Pas maintenant, je veux profiter de ça.

Par « ça », il désignait ses liens et il lui demanda de s'allonger. Il finit de se déshabiller et grimpa entre ses jambes.

— Ta jambe sur mon épaule.

Elle s'exécuta immédiatement, Naruto semblait dans un tout autre état que les fois précédentes. Il avait le regard fixe, ses gestes étaient plus saccadés même sa voix lui paraissait plus sèche. Tout avait l'intonation de l'impératif même s'il restait à l'écoute de ses expressions.

— Je vais être un peu brusque, prévint-il en même temps qu'il déroulait le condom sur son phallus.

Un hochement de tête avide lui répondit. Hinata faillit venir en sentant sa main forte empoignait son sein alors que sa verge la pénétrait. Elle n'eut pas le temps de s'habituer à ce nouvel angle que Naruto commença un mouvement de va-et-viens puissant et rythmé qui la laissait immédiatement pantelante. Elle avait la sensation d'être étirée presque écartelée et qu'en même temps elle essayait d'entrer dans une minuscule boite. Elle grogna, cria, s'abîma les poignets à tirer sur ses liens de fortune. Elle était déjà étourdie et satisfaite quand Naruto se retira. Elle ne l'avait même pas senti venir. Dès qu'il eut fermé le préservatif, il défit ses liens et l'aida à se redresser.

— C'était à la hauteur du fantasme ? demanda-t-il une fois qu'il se fut désaltéré.

— Oui.

Hinata hocha simplement la tête, incapable de donner quelque détail.

— Oui, répéta-t-elle sans pouvoir contenir un rire joyeux.

— Pour moi aussi.


Nouveau chapitre, j'espère qu'il est à la hauteur. Encore une fois, merci à Elodouuu de m'avoir laissé un petit mot. Ai-je offert suffisemment de NaruHina ? En tout cas, j'espère que ça a plu à tout le monde et au week-end prochain.