VI. 5% de famille
Karin
Sans doute s'étaient-ils un peu précipité la première fois. Ils avaient presque fait les préliminaires dans l'ascenseur de Suigestu. Mais ils étaient plus calmes dorénavant. Ils avaient pris le temps de manger un petit truc et de boire. Ça allait mieux.
Karin eut tout le loisir de visiter la chambre de son ami. Ils ne sortaient évidemment pas ensemble. Elle déambulait nue et fouillait l'immense dressing en fer forgé. Elle attrapa une corde jusque là attachée à un cintre comme toutes les cravates.
— Quelque chose à avouer Monsieur ? sourit-elle en jouant lascivement avec le bout du jouet.
Elle savait que c'était un accessoire sexuel à cause du matériau doux et résistant. Suigestu l'observait depuis le lit, tout aussi nu, toujours à l'aise.
— J'aime me faire attacher, expliqua-t-il.
Karin cligna des yeux surprise. Elle n'était pas sûre de tout saisir.
— Par une domina ? questionna-t-elle.
— Quand j'ai de la chance, ouais. C'est ce que je préfère.
Karin fronça les sourcils se demandant à quel point il était sérieux. Il fallait dire que malgré son ouverture d'esprit, Karin n'avait pas eu beaucoup de partenaires. Elle avait fréquenté très peu d'hommes et avait découvert toute sa sexualité auprès de Sasuke. Et aujourd'hui, elle venait de coucher avec un autre homme.
Brusquement refroidie, Karin reposa la corde et chercha ses affaires pour se rhabiller.
— Déjà fatiguée ? Ou bien tu fuis ?
Karin secoua la tête ne voulant pas vraiment répondre. Ce ne devait pas être son jour car son téléphone se mit à vibrer. Suigestu lui passa sans rien dire et elle ne pensa même pas à vérifier qui l'appelait. Pour elle, c'était forcément Hinata. Elle tomba donc des nues en entendant la voix de Sasuke.
— Je te dérange ? questionna-t-il. Je voulais t'inviter à dîner, nous pourrions discuter.
— Je... Non, c'est trop tôt.
Karin maudit sa voix tremblante et le froid qui s'était emparé d'elle. Le souvenir de l'air doux de Sasuke lui revint et elle sentit la culpabilité l'envahir.
— Qu'est-ce qu'il y a Karin ? Tu...
— Rien, mais je suis occupée. Bye.
Karin raccrocha le cœur battant. Elle finit de s'habiller et fut surprise quand Suigestu lui offrit un chaleureux câlin. Elle l'aurait envoyé chier si elle s'était sentie un petit peu plus confiante.
Mais sentir sa main sur ses cheveux et son corps chaud quasiment à sa disposition − toujours nu −, ça la rassurait, ça l'apaisait.
— Il va être furieux quand il va apprendre ce que j'ai fait, gémit Karin avec désespoir.
— Pourquoi ?
— Parce qu'il m'aime vraiment et qu'on était censé former une famille !
— Non, pourquoi il l'apprendrait ? Il te suffit de garder ça pour toi.
Karin resta silencieuse. L'idée avait du mal à faire son chemin. Cacher son avortement, ça avait l'air d'une solution. Mais seulement de loin. Elle voulait pouvoir en parler ! C'était certainement pas la plus agréable des expériences mais c'était la sienne. Elle ne voulait pas en faire un honteux secret qu'elle devrait prendre gare à ne pas évoquer.
— Tu veux pas t'habiller ? répondit-elle à la place.
— Je suis très bien moi, c'est toi qui est trop habillée.
Karin rit doucement et frappa amicalement son torse imberbe. De toute évidence, il l'appréciait en tant qu'amie et amante. Il revenait vers elle et était super amical. Elle n'avait qu'une envie en profiter. C'était tellement agréable de se sentir vue, désirée et écoutée.
Elle poussa brusquement sur son torse et le regarda retomber sur l'immense lit qui était le sien. Elle avança sa main pour masser ses bourses chaudes et douces tout en l'enjambant. Il embrassa son cou, ouvrit sa chemise pour mordiller sa gorge dégagée.
Karin le poussa fortement jusqu'à ce qu'il tombe sur le lit et s'arqua pour cajoler ses parties. Elle fit glisser sa langue le long de sa hampe et insista sur son gland découvert. Elle joua en passant rapidement sa langue puis se décida à le prendre en bouche. Elle dut reculer davantage pour se mettre à l'aise mais ça valait le coup. Rien qu'entendre la respiration saccadée de Suigestu et sentir ses muscles tendus sous sa main... Elle adorait ça, elle se sentait étrangement puissante.
Accélérant le rythme, elle ajouta une main sur sa verge pour le branler en même temps et une main sur ses couilles qu'elle massa lentement. Elle était tellement absorbée par le rythme qu'elle tentait de maintenir qu'elle sursauta presque quand Suigestu l'appela.
— Pince mes couilles meuf, demanda-t-il en la regardant fixement.
Bien que surprise, Karin pinça la peau souple et chaude et observa sa réaction. Immédiatement il grogna et retomba sur le matelas en soupirant. Elle était toujours anxieuse à l'idée de lui faire mal mais elle reprit ses mouvements ajoutant de courts pincements à ses privautés. Il ne tarda pas à venir et la prévint pour qu'elle ait le temps de se retirer ce qu'elle fit.
Elle le regarda se frotter les cheveux, plutôt fière de l'avoir mis dans cet état. Elle sourit devant son sourire et se sentit immédiatement niaise. Suigestu prit la serviette qu'ils avaient abandonné tantôt pour s'essuyer et se redressa doucement.
— T'aurais pas dû me finir, protesta-t-il. On aurait pu remettre le couvert.
— Je me sens vraiment bien et j'avais pas trop envie de ça. T'as mis ma chatte en feu.
— Pyromane ! se vanta Suigestu avec un grand sourire de psychopathe. Mais je suis pour le commerce équitable, tu as envie de quelque chose ? questionna-t-il bien plus sérieusement en s'approchant d'elle.
— Oui mais malheureusement c'est rien de sexuel, confia Karin dans un murmure dramatique.
Entre deux éclats de rire, Suigestu lui embrassa la tempe. Il lui proposa de grignoter un truc pendant qu'elle lui expliquait son idée. Il la surprit en prenant le temps d'enfiler un bas avant de sortir de sa chambre.
— Tu as combien de pièces ? demanda Karin en observant le reste du couloir.
— C'est un trois pièces, j'ai fait deux chambres et mon salon.
— La deuxième chambre est aussi spacieuse que celle qu'on vient de quitter ?
— Encore plus, je te montrerai.
Karin aimait de plus en plus cet appartement. De jours, elle appréciait encore plus la brique dure et les murs en placo (surprenant quand on voyait les portes coulissantes en vieux métal). Le sol était en bois dans la partie nuit mais il avait laissé le béton d'origine dans le salon et la cuisine. Et tout ça sans parler des tag qui parsemaient le logement.
— Tu fais quoi encore ? grogna l'homme en sortant de la cuisine.
— Je visite. Tu tagues depuis longtemps ?
— Mon adolescence. Alors c'est quoi ton fantasme de tordu ?
Karin s'approcha pour grignoter les raisins qu'il lui présentait.
— Seulement des jeux de société, tu vas te calmer. Je comptais te traîner toi et Hinata et te piquer un jeu en passant.
— Évidemment, t'es une vrai profiteuse.
Karin sourit tout en récupérant son portable pour contacter sa nouvelle colocataire. Elle l'appela sans tarder.
Hinata
— Karin et Suigestu arrivent, annonça Hinata en raccrochant.
Naruto hocha la tête. Il était affairé sur la table de la cuisine s'étant décidé à cuisiner pour tous. Il coupait les légumes en julienne ou en cubes avec attention. Il avait convaincu Hinata de le présenter en tant que petit-ami et cela le réjouissait grandement. Karin les avait déjà surpris mais cette fois il y aurait une tierce personne.
— Elle s'est calmée depuis ce matin ? questionna-t-il tout de même.
— Oui, on a discuté. Tout va bien. Elle est plutôt protectrice.
— Ouais, c'est un cœur tendre au fond. Toilettes ? demanda-t-il en la voyant s'éclipser.
— Non je vais mettre un soutient-gorge.
Naruto s'immobilisa et releva directement la tête pour la regarder.
— Je ne vais pas accueillir Suigestu ainsi.
Hinata désigna vaguement sa poitrine uniquement supporter par sa robe.
— T'es chez toi, rappela son petit-ami. Mets-toi à l'aise.
Hinata baissa les yeux sur son imposante poitrine. Elle n'aimait pas vraiment les soutient-gorges et encore moins les brassières. Elle se sentait à l'aise ainsi et préférait rester ainsi si possible. N'empêche que devant un regard extérieur, elle se sentait exposée. Ça lui demandait même du courage.
Incertaine, elle se rassit sur la chaise qu'elle venait de quitter. Naruto lui avait expliqué qu'il ne manquait que sa signature au rapport d'incident pour pouvoir l'envoyer au tribunal correctionnel. C'était la raison pour laquelle Shikamaru l'avait appelé en catastrophe et qu'il l'avait quittée bien malgré lui. Hinata gardait les yeux fixés sur ses mains qui s'affairaient à la découpe, elle avait du mal à ne pas rougir quand elle se souvenait de la légèreté dont elle avait fait preuve plus tôt.
— Tu as toujours rougi comme ça ? Tu es excessivement mignonne.
Hinata secoua la tête pour nier ses propos. Elle détestait les compliments, ne les considérant jamais comme mérités. Et pourtant, la voix de Naruto était chaleureuse et ce genre de mots lui venaient tellement naturellement qu'ils faisaient battre son cœur malgré tout. Elle avait envie d'y croire, tout simplement.
Il s'éclipsa quelques instants à la salle de bain pour laver le riz puis revint poursuivre la préparation du repas. Il ajouta de la sauce soja, un peu de mirin et de saké ainsi que des épices puis remua lentement. Il ajouta les légumes, ferma d'un couvercle et posa le tout sur le feu. Il vint alors à côté d'elle et lui prit doucement la main. La sienne était encore un peu froide à cause de l'eau.
— Tu... Je me suis demandé si...
Naruto jouait avec sa main en y traçant des cercles distraitement. C'était étrange qu'un homme comme lui regarde partout sauf dans ses yeux. C'était comme s'il avait une grande annonce à lui faire.
— Dis-le comme ça vient, suggéra Hinata qui avait de l'expérience pour ce qui était de chercher désespéramment ses mots.
Naruto hocha fermement la tête et se lança :
— Tu as réveillé quelques fantasmes tout à l'heure, et j'aurais bien envie de les tester avec toi.
Le cœur d'Hinata s'emballa en entendant ses mots, un mélange de gêne et de satisfaction, qui devenait doucement habituel à mesure qu'elle fréquentait Naruto, s'empara d'elle. Elle demanda des précisions d'une petite voix.
— J'aimerais bien du sexe un peu plus brutal, sans te faire mal bien sûr. Peut-être quelques jeux de rôles. Selon ce qu'il te plaît. J'ai très envie de savoir de quoi tu as envie.
Naruto avait une voix particulièrement pour parler de sexe et maintenant qu'elle s'en était rendu compte, elle ne pouvait se défaire de l'excitation que ça provoquait chez elle. Peu encline à mettre des mots sur ses sensations nouvelles, elle se pencha pour l'embrasser langoureusement. Elle s'appuya sur ses épaules carré pour se stabiliser et grogna en sentant la main chaude masser son sein. Il quitta ses lèvres pour descendre dans son décolleté. Il n'avait même pas besoin de maintenir ses hanches tellement elle rechignait à s'éloigner de ses baisers brûlants.
— Karin et Suigestu vont arriver, rappela-t-elle dans un souffle.
— Heureusement que tu as une chambre alors.
Malgré elle, sa réplique la fit rire profondément et lui donna la force de s'éloigner de son petit-ami. Elle vérifia nerveusement si ses tétons étaient visibles, ce qui était le cas à son grand dam. Le repas finissait de cuire quand Suigestu et Karin se joignirent à la partie. La rousse était d'excellente humeur et Suigestu tomba sur les fesses en saluant Naruto Uzumaki.
— Ouais mais j'avais pas pris au sérieux vos délires de ce midi, expliqua-t-il en posant la boîte bleue sur la table. M'enfin, tant mieux pour vous.
Karin et elle échangèrent un regard éberlué devant les curiosités qui sortaient de la bouche de leur collègue. À tel point qu'elles finirent par pouffer de rire tout en étant incapables d'expliquer quoi que ce soit. Les garçons ne cherchèrent pas trop à comprendre.
Ils passèrent rapidement à table alors que la discussion battait son plein. Hinata avait vivement remercié sa colocataire et propriétaire de la splendide chambre qu'elle lui avait offerte. Cette dernière raconta quelques anecdotes sur les travaux et son choix de décoration.
— Je voulais quelque chose d'aussi mimi qu'elle, racontait-elle d'une voix enjouée.
— Je ne suis pas ta cousine de cinq ans, marmonna Hinata avec humeur.
— Sauf peut-être si la cousine en question a été bourrée d'hormones, plaisanta gaiement Suigestu en jouant avec sa fourchette.
Les trois personnes en face d'elle éclatèrent de rire, à sa grande consternation. Voyant ses joues menaçaient de virer à la tomate, Suigestu et Karin se lancèrent dans d'autres anecdotes à propos de leur cours respectif. Hinata se sentit curieusement familière à ce genre de scène. Elle avait un vague souvenir de s'être retrouvée entourée de Neji et Hanabi et d'avoir souri à leurs pires blagues simplement parce qu'elle se sentait bien.
Karin
Leur petit groupe avait enchaîné les parties de Splendor après leur repas. Le jeu était simple et ils avaient tout le loisir de discuter autant qu'ils le souhaitaient. Même si leur groupe était très hétérogène, ils ne manquaient pas de sujets de discussion certainement grâce à cette diversité de parcours.
Un des premiers sujets fut bien évidemment la reconversions d'Hinata et Karin :
— Pour moi ça découle directement de mon bannissement. J'ai été bannie en avril, j'ai été au centre d'aide à l'occupation, j'ai pu finir mon mémoire avant de travailler par intérim pour rembourser les frais et ensuite il a fallu que je trouve un boulot stable.
— L'intérim propose quoi comme job ? questionna Karin la coupant un peu.
— Beaucoup de remplacements, je n'appréciais pas du tout.
Elle récolta des hochements de tête entendus.
— Ensuite c'était l'été et j'avais le choix entre prof et consultante politique. J'ai préféré consultante mais ça s'est très mal passé donc j'ai fini par me résigner et j'ai essayé prof.
— T'as été consultante pour qui ? questionna Naruto.
— Toneri, un de tes opposants ? supposa la jeune femme.
— Pas directement mais on s'est croisé.
— T'aurais pas pu faire plus flou, remarqua Karin alors qu'il jouait son tour.
Son cousin haussa les épaules, elle crut même qu'il allait éluder le propos.
— J'ai pas grand chose à dire, notre seul point commun c'est notre métier. Et encore, j'ai rarement rencontré quelqu'un d'aussi toxique. Tu as travaillé longtemps avec lui ?
— Deux semaines, ça m'avait semblé si long mais maintenant ça semble si loin et anecdotique, rit Hinata avec cette douceur constante.
— Dis-moi si c'est intrusif mais je suis super curieux pour ce bannissement, j'ai même cherché les délits et crimes qui peuvent le provoquer !
Karin était on ne peut plus d'accord avec le prof de bio. Elle mourrait d'envie de savoir et vu le regard que Naruto posait sur sa petite-amie, elle n'était vraiment pas la seule à attendre avidement une réponse.
— Tu as dû souffrir à tenter de décortiquer les tables des Hyuga, compatit la recluse. Pour ma part j'ai été accusée de vol aggravé.
Naruto était déjà en train de décortiquer sa réponse mais Karin et Suigestu attendaient plus de détails.
— Je suis partie en camp d'hiver avec le collier de ma mère sauf qu'il appartient au clan, conséquence je ne l'ai rendu qu'à mon retour.
— Il n'y a aucun facteur aggravant, fit automatiquement remarquer Naruto en fronçant les sourcils.
— Mon mensonge est supposé être ce facteur, selon eux j'aurais retenu exprès le collier à l'extérieur même quand le vol a été déclaré. Ce dont je n'ai pas été mise au courant.
— Wouha, je pourrais pas faire aussi dramatique que ça, rigola Karin en essayant de détendre l'atmosphère.
Les deux gars commençaient déjà à fulminer sur l'injustice qu'elle avait vécue et vu comme Hinata semblait peu portée sur le conflit, cela n'apporterait rien de bon. Elle se lança donc avec enthousiasme :
— Pour ma part, je m'ennuyais ferme et j'avais envie de gagner un peu d'argent.
— Une bonne femme à la recherche d'argent de poche mérité, traduisit Suigestu avec un sourire suffisant.
Elle lui jeta un regard noir, elle savait qu'il n'allait pas la lâcher mais si elle rentrait dans son jeu c'est lui qui aurait gagné.
— Chut toi, répliqua-t-elle en le rabrouant. Du coup je suis allée au centre sur un coup de tête, j'ai rempli le formulaire de trois pages et voilà on m'a jeté dans une classe de collégiens.
— La vraie question c'est pourquoi tu as accepté.
La remarque de Suigestu était bénigne mais son regard attentif témoignait d'un réel intérêt. Elle lui sourit sans retenue :
— Je m'emmerdais ferme, rien de plus.
Les deux garçons étaient consternés, persuadés l'un comme l'autre qu'il y avait mieux à faire de ses heures libres, surtout lorsqu'on disposait des moyens financiers qu'elle avait mais heureusement Hinata vint la soutenir :
— Moi aussi j'aurais préféré travailler que me tourner les pouces lorsque je faisais encore partie du clan Hyuga. J'ai passé des heures et des heures à lire, ou à faire des balades mais même si on apprend beaucoup, il n'y a aucun sentiment de communauté ou d'utilité.
Vu leurs mines convaincues, Hinata avait utilisé les bons mots, l'un comme l'autre ne pouvait cracher sur les bons côtés du travail quand ils en étaient la représentation la plus visible.
— Je veux bien mais... prof quoi. Je ne t'ai jamais entendu dire un mot positif sur des enfants.
Les propos de Naruto la touchèrent peu, elle n'était clairement pas fan des enfants et elle ne s'en était jamais cachée. Ce n'était pas pour autant qu'elle les haïssait et était incapable de passer dix heures par semaine en leur compagnie.
— C'est le premier poste qu'on m'a proposé. Je n'ai pas trois milliards de compétences, souligna-t-elle. Et apparemment vous êtes toujours en manque de prof ce qui en dit long.
— Holà, je t'arrête tout de suite, répliqua directement Naruto. Avec vingt élèves max par classe, c'est normal qu'on est beaucoup de prof. Et les études montrent que c'est une expérience bénéfique pour les professionnels qui peuvent en profiter pour se poser, faire le point, bénéficier d'horaires un peu plus tranquilles et ça développe des nouvelles compétences.
— Les politiciens sont vraiment les meilleurs vendeurs, se moqua Suigestu devant sa tirade enflammée.
Naruto s'esclaffa en même temps qu'eux. Il était le premier à reconnaître qu'il avait tendance à partir dans des envolées lyriques quand le sujet le passionnait. En s'intéressant de nouveau à la partie, le grand blond se rendit compte que Hinata avait gagné la partie depuis plusieurs minutes mais qu'elle n'avait rien dit.
Typique.
— Je vais me faire un café quelqu'un en veut ? questionna Naruto en se levant pour s'approcher de la petite cafetière.
Seule Karin lui répondit et il la servit en l'affublant d'un « voici pour toi, cousine » qui la fit lever les yeux au ciel. Immédiatement, Suigestu profita de cette occasion :
— C'est encore intrusif, prévint-il, mais aux dernières nouvelles tu es toujours décrit comme un orphelin dans les biographies Naruto. C'est quoi en fait votre lien ?
Karin et Naruto échangèrent un regard amusé, évidemment que c'était le type aux dents pointus qui osait poser cette question. La plupart préféraient faire comme si de rien était, par peur d'évoquer leur manque de famille.
— C'est pas au sens littéral, on a juste découvert un jour qu'on avait une proximité génétique semblable à celle des personnes d'un même clan. À part ça, on s'est rencontré y'a à peine une dizaine d'années.
— J'ai rencontré Naruto en même temps que Sasuke, ajouta Karin en jouant distraitement avec sa tasse.
— Tu veux bien raconter ? quémanda de suite Hinata. J'adore les histoires de rencontres.
— Tu vas être déçue mon chou. J'avais fini mon secondaire et je travaillais à Kusa, je suis née au pays de l'Herbe. Je rentre simplement cher moi et un type me renverse en vélo. Je suis furieuse pendant trois minutes puis je me rends compte qu'il est super beau et qu'il s'en veut : c'est Sasuke. À côté de lui, son meilleur ami, ce type-là (elle pointe Naruto de sa petite cuillère) rigole et se fout de sa gueule. Sasuke est super inquiet, il insiste pour qu'on aille voir un médecin et finalement, on fait connaissance dans la salle d'attente.
— C'est une très belle histoire, affirma Hinata doucement.
— Racontée comme un pied, j'ai du mal à croire que t'aies un quelconque diplôme en littérature.
— Un jour je mettrais des glaçons dans ton caleçon, prévint Karin avec sévérité... en ayant complètement oublié à qui elle parlait.
Il fronça à peine les sourcils mais elle sentit son regard être plus fixe et plus direct. Ça lui donnait l'impression d'avoir sa main entre ses cuisses et elle baissa bien vite le regard sur sa tasse. Ce n'était pas parce qu'elle n'était pas gênée par la sexualité qu'elle se permettait de flirter ainsi d'ordinaire. Se rappelant de la présence de Naruto, elle ajouta à son attention :
— D'ailleurs, tu gardes la langue dans ta poche avec Sasuke.
— Pourquoi ? J'ai pas l'impression d'assister à quelque chose de secret.
— Comme quoi t'es toujours pas très dégourdi, le rembarra Karin sans ménagement.
— Sasuke et toi êtes si proches que ça ? questionna Hinata coupant court à leur petit duel.
— On se connaît depuis la primaire mais on est devenu ami au collège.
La discussion continua encore un peu avant que Hinata annonce qu'ils devaient penser à dormir. Naruto commençait tôt tous les jours et Karin et elle devaient avancer leur projet. Obéissants, ils rangèrent rapidement l'ensemble. Karin charria Naruto lorsqu'il avoua rester dormir aujourd'hui aussi.
— Moi aussi je découche, annonça-t-elle alors à Hinata. Comme ça tu pourras faire autant de bruit que tu veux. Cadeau !
— Même quand tu es gentille, tu es embarrassante, souffla la jeune Hyuga, rouge à cause de sa remarque.
Hinata
Même s'il était exténué, Naruto ne résista pas à l'envie d'elle. Et elle n'avait pas beaucoup de volonté de ce côté-là non plus. Elle était venue dans la chambre après s'être débarbouillée et il avait directement abandonné pour son ordinateur portable sur la table de chevet. Il l'avait incitée à venir dans ses bras et lui avait lentement retiré sa culotte. Juste sa lenteur et son regard à vif lui avaient suffi pour se sentir quémandeuse et désireuse.
Ils s'étaient embrassés avec fièvre un court moment. Tentant tant bien que mal de faire durer cet instant. Quand Hinata lui avait confié qu'elle était extrêmement fatiguée, il lui avait conseillé de s'allonger et était venu se coller à son dos. Il devait être dans le même état qu'elle parce qu'il n'avait passé qu'un doigt entre ses lèvres pour être sûr de ne pas lui faire de mal et était venu aussi tôt.
Hinata ne pouvait guère bouger dans cette position mais ce n'était pas important. Elle n'avait jamais fait l'amour dans cette position et profitait de chaque sensation. Le torse frais de Naruto contre son dos. Son souffle erratique dans son cou. Une main glissée sur son sein tandis que l'autre écarté doucement sa cuisse vers l'extérieur. Il parvint à garder une cadence lente et langoureuse qui la fit frissonner tout du long n'adoptant un rythme soutenu que pour la fin. Il fit glisser sa main de sa cuisse à son ventre la maintenant contre lui alors que ses va-et-viens prenaient de l'amplitude.
Hinata papillonna des yeux, s'accrocha désespéramment à son avant-bras, seule partie de son corps accessible, et hurla sous l'afflux de sensations. Il la relâcha doucement et embrassa chastement son épaule. Il prit uniquement le temps de hôter le préservatif et de le jeter, avant de revenir pour la serrer contre lui. Ils s'endormirent très rapidement.
Le lendemain, le réveil de Naruto la fit sortir du sommeil. Il eut beau se lever lentement, elle avait l'esprit trop alerte pour se rendormir. Elle ramassa sa culotte par terre et passa rapidement au toilette. Mais elle ne put s'empêcher de jeter un coup d'œil à la porte entrouverte de la salle de bain. Elle entendait l'eau couler, Naruto prenait sa douche juste à côté. C'était curieux pour elle d'avoir autant envie d'un homme, ça ne lui était jamais arrivé auparavant.
Se remémorant leur discussion de la veille, elle se dit qu'il ne serait pas contre une petite irruption matinale. Elle ferma doucement la porte une fois entrée et glissa un regard anxieux vers la cabine. Naruto ne l'avait pas encore vue et elle se demandait comme se manifester. Heureusement, elle n'eut pas besoin de faire quoi que ce soit, il la vit et lui fit signe d'approcher. La surprenant complètement, il ouvrit la porte et la porta à l'intérieur. L'eau coulait encore et elle fut immédiatement trempée.
Elle eut une vague pensée pour Karin qu'elle devait retrouver au collège mais le regard de Naruto l'empêcha de voir autre chose que le moment présent.
— Qu'est-ce que tu fais là ? questionna l'homme en éteignant l'eau.
— Et bien tu m'as dit vouloir être plus brusque et je me demandais ce que ça voulait dire concrètement... Si tu pouvais me montrer.
— Maintenant ?
À son ton presque ahuri, lui aussi s'inquiétait de manquer de temps. Elle acquiesça quand même, curieuse de ce qu'il pouvait lui proposer.
— D'accord, donne-moi un mot qui voudra dire stop.
— Pourquoi pas « stop » ?
— Non, rit Naruto. Autre chose, un mot que tu ne diras pas dans notre jeu.
— Euh 843.
Naruto marmonna quelque chose à propos des profs d'histoire mais hocha la tête. Il porta les mains à ses fesses et grogna contre son oreille. Même la fraîcheur de la pièce ne suffisait pas à calmer son excitation croissante. Il fit claquer le tissu élastique contre sa hanche, c'était si soudain qu'un gémissement lui échappa.
— Retire ça, ordonna-t-il.
C'était la première fois qu'elle le voyait ainsi, presque colérique. Ses traits étaient dures et fermés, même son ton n'avait plus le velours qu'elle lui avait connu. Elle s'empressa d'obéir, complètement subjuguée. Sans ce mot d'urgence, elle se serait peut-être laisser aller à la panique connaissant son esprit fertile mais là son anxiété était bienvenue. Elle se mélangeait à l'excitation de voir Naruto nu et tout-puissant. En tout cas sur elle.
Le sous-vêtement vola hors de la cabine et Naruto lui présenta le savon. Elle comprit immédiatement. Elle en prit sur les mains et commença lentement à le nettoyer. Elle ne savait pas pour qui c'était le plus excitant, pour elle qui pouvait bouger et faire glisser ses doigts partout ou pour lui qui subissait ses caresses sans pouvoir les retourner ? Sachant cela, elle en profita pour bomber le torse et laissa ainsi ses seins le touchaient partout où elle passait. Quand elle se savait visible, elle accentuait la courbure de ses hanches et fit même semblant de frôler son gland de ses lèvres par inadvertance.
— C'est bien, sourit Naruto qui n'avait pu cacher l'effet qu'elle lui faisait. Va vite chercher un condom et reviens ici.
Hinata s'activa rapidement, la boite qu'elle avait acheté se trouvait dans sa chambre et elle devait reconnaître qu'il était étrange de se balader sans sous-vêtement. Elle attrapa un préservatif et retourna bien vite à la salle d'eau. Naruto était en train de sortir de la cabine et elle crut un moment qu'il n'avait plus de temps à lui accorder. Heureusement, il baissa les stores faisant régner une semi-pénombre et se jeta quasiment sur elle.
Déstabilisée, Hinata s'accrocha à lui et le laissa l'asseoir sur l'évier. Il embrassait distraitement son cou en enfilant le préservatif et lui parla. C'était complètement décousu mais il parla de ses seins, qu'il avait envie de lui tirer les cheveux, ou qu'elle avait la chatte la plus étroite qu'il ait connu. Personne ne lui avait jamais parlé comme ça certainement parce qu'elle était incapable de répondre aussi crûment, elle osa simplement lui demander une pénétration et elle put le voir sourire. Elle ne savait pas si c'était de fierté ou bien d'orgueil ou de malice mais peu importe. Elle pourrait lui demander encore et encore tant qu'il promettait de le faire.
Elle eut l'impression qu'il joua avec elle pendant des siècles avant de finalement se glisser entre ses lèvres. Contrairement à la veille, il commença directement avec un rythme soutenu, griffa ses cuisses dans la frénésie et la fixa toujours de ce bleu limpide qui était sien. Hinata n'avait même plus la force de crier tant elle était en terrain inconnu, elle s'accrocha à ses épaules et savoura la sensation de plénitude et de satisfaction qui lui venait de son bas-ventre.
— Tire-moi les cheveux.
Elle n'avait jamais essayé non plus mais avec Naruto elle se questionnait. Il murmura son prénom d'un air habité et obtempéra immédiatement. Hinata dut resserrer les jambes autour de sa taille pour ne pas tomber car Naruto accéléra encore la cadence et jouit en peu de temps. Complètement hébétée, elle resta assise un long moment sans prêter attention à ce qui l'entourait.
— Tout va bien ? questionna Naruto en remettant ses cheveux derrière son épaule. Bois un peu d'eau.
Il s'habilla d'un air préoccupé, la regardant constamment.
— J'aimerais rester, lui confia-t-il d'une petite voix.
— Mais tu dois partir, tu es déjà en retard, conclut Hinata en adoucissant sa remarque d'un petit sourire.
Il s'approcha, lui couvrir les épaules d'une épaisse serviette et flatta tendrement sa joue.
— Je vais penser à toi toute la journée.
Sentant son cœur et son bas-ventre s'échauffer, Hinata se mordit la lèvre inférieure. Elle ne voulait pas dire quelque chose qu'elle regretterait. Même si elle ne l'avait jamais fait, elle avait brusquement envie de se porter pâle pour passer la journée à ses côtés. Mais elle ne pouvait pas faire ça, elle accumulerait du retard et de toute façon, Naruto ne pouvait pas déléguer son travail.
Il l'embrassa du bout des lèvres, lui conseillant de prendre une douche bien chaude pour se délasser. Il lui demanda une fois de plus si elle n'avait pas mal quelque part, toujours inquiet. Ce n'était pas le cas, et Hinata le convainquit de se mettre en route pour ne pas accumuler davantage de retard. Après un dernier baiser, il partit en quelques grandes enjambées et le froid envahit des lieux.
Avant même de prendre sa douche, Hinata récupéra la capote usagée et son emballage pour jeter le tout dans la poubelle de sa chambre. Elle ne voulait surtout pas que Karin sache qu'elle avait couché avec son cousin dans leur salle de bain. Elle se doucha avec de l'eau presque brûlante, heureuse de retrouver peu à peu des sensations plus habituelles. Elle avait du mal à croire que ce soit elle qui se soit abandonnée ainsi avec Naruto.
Rougissante, elle s'enroula dans sa serviette, étendit son pyjama mouillé et partit s'habiller dans sa chambre. Elle enfila une tenue décontractée composé d'un pantalon droit sombre qui laissait voir ses mollets et une tunique clair qui avait le bon goût de ne pas trop mettre en valeur sa poitrine. Elle récupéra ses cours et se mit au travail, ne s'arrêtant que pour ouvrir aux artisans qui préparaient les murs du salon et montaient la cuisine dessinée par Karin.
Toutes ces rénovations enthousiasmaient la jeune Hinata qui avait toujours vécu dans un environ très minimaliste sans décoration. Elle était toujours en joie de revenir après plusieurs heures pour noter tout ce qui avait changé. Karin la prévint qu'elle arrivait dans peu de temps, elles voulaient terminer de préparer leur atelier « Bonne vulgarité » comme elles l'avaient nommé.
Ensuite, elle avait deux cours d'histoire à donner et un QCM à préparer puis elle serait libre. La vie semblait enfin lui sourire pleinement.
Voilà un nouveau chapitre, un peu en retard parce que j'ai déménagé la semaine passée. Merci beaucoup à celles et peut-être ceux qui ont commenté le dernier chapitre ça me fait très plaisir ! Comme l'a dit Guest - à raison - la ligature des trompes est une opération permanente, on ne revient pas dessus. Mon erreur vient une anecdote familiale où une femme a eu une opération pour " réparer " cela sauf qu'elle est décédée (mais cela n'a pas été effectué en France donc je pense que c'est exactement pour cela que c'est interdit). Concernant les stérilets en cuivre, je ne connais pas de contre-indication si ce n'est bien sûr l'allergie au cuivre (normalement rare) et la maladie de Wilson (où le corps accumule du cuivre dans l'organisme). En tout cas tes remarques m'ont poussé à faire plus de recherche c'est toujours un plus.
Concernant nos chers personnages, contente qu'ils vous fassent réagir. Bien sûr, Karin est loin d'être parfaite, personne ne l'est. Chère Elodouuu je ne connais pas le film Jessie dont tu parles, je suis super frileuse des films d'horreur en général. Mais heureusement, Naruto tient toujours parole !
En espérant que ce chapitre vous ait plu, à bientôt, Maneeya.
