XIII. 50% de liberté
Karin
Karin avait eu beaucoup de mal à contacter le procureur Shino Aburame. Et elle fut rapidement déçue du résultat. Après qu'elle eut expliqué difficilement qui elle était et ce qu'elle pouvait apporter par son témoignage, elle se fit répondre :
— Je comprends votre démarche mais elle est inutile. Votre témoignage n'apporte aucun élément nouveau et il date de plusieurs années. Étant donné que Orochimaru base une part de son plaidoyer sur sa bonne conduite de ces dernières années, c'est hors propos.
L'homme au bout du fil se tut et Karin ne sut pas quoi répondre. Après quelques instants il poursuivit :
— Merci de m'avoir contacté et bonne continuation.
La jeune prof était défaite. Son superbe plan venait de voler en éclats. Elle grogna et se laissa tomber sur l'immense canapé de Suigestu. Ce dernier était sous la douche et ne pouvait voir le triste spectacle qu'elle offrait présentement. Qu'est-ce qu'elle pouvait détester son « parent adoptif ». Elle était dégoûtée de regarder en arrière et de se souvenir comme elle avait pu être attachée à lui. À onze ans, elle avait voulu l'appeler « papa » et il l'avait immédiatement corrigée. Elle n'avait le droit que de l'appeler « professeur ».
Bonne conduite.
Elle n'y croyait pas du tout, et se sentait furieuse contre ceux qui se permettaient ce genre de naïveté dangereuse. Elle regarda dégoûtée le café gourmand qu'elle avait réclamé comme une gamine à Suigestu. Quelle idiote ! Pourquoi elle perdait son temps ici ? Elle essuya le verre de ses lunettes et se leva pour se servir un verre d'eau. Elle devait se calmer, toute cette histoire la rendait fébrile alors qu'elle ne changeait rien à sa vie.
Personne n'était venue lui demander de témoigner, ou de se plonger dans de vieux souvenirs, ou même de révéler son passé. Elle n'arrivait pourtant que très difficilement à penser à autre chose. Elle trouvait cela tellement cruel de jeter des fleurs à ce type quand il avait détruit des centaines de vie. Tout ça pour quoi ? Parce qu'il était brillant, un « génie inestimable » ?
— Qu'est-ce que t'as à grogner ? interrogea Suigestu en revenant.
Il portait un short de plage et aurait dû lui paraître très appétissant. Mais le cœur n'y était pas et il s'en aperçut sans mal. Il souleva ses jambes pour venir s'asseoir et la laissa s'installer presque sur lui. Son regard attentif lui faisait du bien même si elle se sentait encore coléreuse, ce qui la désespérait.
— Tu vas pas avoir peur de me parler hein ? la charria son collègue en caressant tranquillement sa jambe nue.
Incapable de subir la faible distance qu'il y avait entre eux, Karin se redressa un peu plus pour venir se lover dans les bras de son ami et amant. Il eut l'air un peu surpris mais elle ignora cela. Elle avait besoin de réconfort et ses bras lui faisaient du bien.
— J'arrive pas à penser à autre chose, l'idée qu'il s'en sorte...
— Ça a de quoi rendre fou, confirma Suigestu en posant son menton dans le creux de son épaule. Te laisse pas faire.
Karin fronça les sourcils, surprise de recevoir ce genre de conseils. Pensait-il qu'elle pouvait faire mieux ? Qu'elle se laissait aller ? Il ne tarda pas à préciser sa pensée.
— Mon frère était obsédé par ce type, il était furieux de la facilité avec laquelle il s'est évadé. Tu sais qu'il a été aidé hein ?
Karin hocha la tête. Alors qu'il était supposé être esseulé et acculé, Orochimaru était parvenu à disparaître complètement. Il était évident qu'il avait bénéficier d'aides et de ressources.
— Mon frère a gâché sa vie en voulant absolument le faire payer. Fini le pavillon et la balançoire, bonjour la taule.
La jeune femme gigota mal à l'aise. Le ton de Suigestu était si abattu et définitif. Quelle qu'est été la condamnation, elle avait dû être très dure. Elle passa ses bras sur ceux de Suigestu et caressa les quelques poils de son avant-bras.
— Pourquoi une balançoire ?
— Il avait deux enfants, il ne les a pas vus depuis.
Instinctivement, ils se serrèrent avec davantage de force. Heureux d'avoir trouvé l'autre. Elle lui demanda s'il avait du travail, ce qu'il confirma mais ni l'un ni l'autre n'osèrent bouger. Ce moment n'était qu'à eux.
Hinata
Dès que la porte s'ouvrit Hinata se précipita dans les bras de son homme. Elle avait l'impression d'attendre ce moment depuis des années. Ils s'embrassèrent longuement, le sourire aux lèvres.
— Je vais te faire visiter, annonça Naruto avec impatience.
Il désigna les pièces tour à tour et lui montra les placards remplis pour une fois. Elle sourit en apercevant les sacs de course abandonnés sur le sol de la cuisine. Sourire qui se fana quand elle avisa l'ordinateur portable ouvert sur la table devant une chaise qu'il venait manifestement de quitter.
— Je finissais quelque chose, expliqua-t-il. Mais oublie ça, je suis tout à toi.
Il saisit ses mains et déposa un rapide baiser sur ses lèvres. Son sourire était lumineux et Hinata se hissa directement sur la pointe de ses pieds pour l'embrasser langoureusement. Naruto l'entraina sur le canapé, la déshabillant de son léger manteau.
Naruto ne semblait pas vouloir la lâcher, il restait proche d'elle sans même oser regarder autre chose qu'elle. Il n'était pas difficile pour Hinata d'avouer qu'elle en était très flattée. Elle était carrément sur un petit nuage. Ils restèrent côte à côte sur le canapé à commenter les pubs et parler de tout ce qui leur passait par la tête. Bizarrement, c'était la première fois qu'ils parlaient de musique ensemble.
Quand ils eurent faim, ils se firent un plat simple et rapide qu'ils dégustèrent en peu de temps. Tous les deux fatigués, Naruto préféra mettre un peu de musique le temps qu'ils se préparent pour dormir. Et Hinata fut tout attendrie de le voir commencer à danser seul sur les musiques qu'il reconnaissait. Elle se laissa entrainer par le blond et bientôt ils furent tous les deux rouges et essoufflés.
Hinata se laissa aller contre lui. Elle n'avait jamais connu quelque chose de similaire. Elle sourit en sentant les mains de Naruto se faire légèrement plus pressantes dans son dos. Elle attendait impatiemment ce qui allait suivre.
Comme elle s'y attendait, il lui fit clairement comprendre son désir. Il ne s'arrêta que pour lui demander s'il n'était pas trop tôt pour rejoindre la chambre à coucher mais cela lui convenait complètement. Cette précaution la fit sourire même si ce n'était vraiment pas nécessaire, Naruto lui avait manqué tout au long de la semaine.
Allongés sur le lit, se caressant en osant à peine s'effleurer sous leurs vêtements, Naruto eut un brusque mouvement de recul. Sa main droite quitta sa hanche alors qu'il se redressait pour s'éloigner. Hinata fronça les sourcils complètement surprise. Il n'avait jamais fait cela auparavant.
— Est-ce que tu as mal ? questionna-t-il abruptement en désignant vaguement son bras droit.
— Je... Non, pas en ce moment. Je n'ai pas eu si souvent mal, ajouta-t-elle pour adoucir ses traits sévères. Juste quand j'écrivais longtemps au tableau ou quand je fais un mouvement brusque.
Naruto hocha simplement la tête, le visage toujours aussi fermé. Il lui avait demandé des nouvelles toute la semaine mais elle ne s'attendait pas à ce qu'il soit toujours aussi touché. Il finit par secouer la tête et revenir près d'elle. Il l'embrassa sur le front.
Est-ce que cette blessure avait brisé ce lien spécial qu'il y avait entre eux ? La jeune historienne avait du mal à se dire qu'elle devait tirer un trait sur cet espace de liberté qu'ils s'étaient ménagé entre eux. Elle y tenait tellement.
— Tu...
Hinata ne savait même pas comment formuler cela. Son homme restait à ses côtés, silencieux et attentif.
— Ce ne sera plus comme avant nous deux ?
— Je... Je pense que c'est mieux.
Hinata pinça ses lèvres voulant éviter de lâcher un mot malencontreux. C'était stupide d'attacher autant d'importance à ce minuscule changement. Elle n'avait pas à être aussi attachée à ça, leur histoire ne se résumait tout de même pas à si peu.
— Je suis aussi déçu que toi mais il est hors de question que tu sois de nouveau blessée. Et je ne veux pas que tu sois sous pression quand on couche ensemble.
La jeune femme resta coite, elle n'avait rien à opposer à ses arguments. Évidemment qu'elle ne voulait plus être blessée de cette manière, cela lui avait gâché la vie toute la semaine au point qu'elle tombait de fatigue maintenant. Mais si elle était sincère, elle reconnaissait être très déçue.
Elle caressa l'avant-bras de Naruto qui reposait sur son ventre, elle tenta de se détendre contre son superbe torse. Ce n'était pas si grave, elle devait dédramatiser. Hinata se redressa pour se glisser sous le drap, incitant son petit-ami à faire de même.
Elle pensait qu'une pareille discussion l'aurait refroidi mais Naruto avait toujours envie d'elle. Elle y répondit sans savoir exprimer sa passion hors de leurs sentiers habituels. Ils firent l'amour lentement, amoureusement, dans un missionnaire angélique durant de longues minutes.
Quand ils se calèrent l'un contre l'autre pour dormir, Hinata ne put s'empêcher de penser à leurs rapports passés. Elle savait qu'elle ne devait pas comparer pourtant elle n'arrivait pas à se défaire de l'impression qu'elle avait manqué de quelque chose cette nuit. Une sensation qui la transportait habituellement sur les terres de la libre jouissance.
Elle s'endormit donc frustrée ce soir mais peu importe. Elle était dans les bras de l'homme qu'elle aimait, elle ne devait pas être capricieuse.
Karin
Très contente d'avoir l'appartement pour elle seule, Karin était rentrée chez elle ce week-end. Elle vérifia leur courrier mais ne trouva rien d'intéressant. Elle eut un peu de peine pour Hinata qui semblait avoir gardé si peu de connaissances de son ancienne vie. Quoi que ce n'était peut-être pas un mal ; certains clans étaient si toxiques...
La littéraire avait sorti un bouquin de sa pile à lire et tenter médiocrement de s'y intéresser. Malheureusement pour elle, son esprit ne la laissait pas en paix.
Tantôt elle ne pensait qu'à Sasuke, tantôt à Suigestu. Puis voilà qu'elle se crispait sur les nouvelles désespérantes de la procédure d'appel d'Orochimaru. Elle s'en pouvait plus de cette vie d'angoisse. Quand aurait-elle de nouveau droit au calme ?
Elle s'était réveillée trop tôt et passa une longue heure à lire des articles au pif sur Orochimaru. Et cela ne l'aida pas du tout à se calmer. Elle était désespérée de certains avis sans être rassurée par ceux qui semblaient d'accord avec elle. La seule chose qui l'empêchait de grogner était la présence sereine d'un Suigestu endormi à ses côtés.
Elle faisait vraiment n'importe quoi de sa vie.
Quand son portable vibra doucement sur sa table de chevet, elle s'empressa de répondre pour éviter de réveiller le jeune homme. Elle répondit en murmurant quittant la chambre pour le salon.
— Qu'est-ce qui t'arrive ? questionna-t-elle d'une voix tendue.
Hinata devait passer le week-end chez Naruto, elle avait attendu ça toute la semaine. Elle n'était pas censée l'appeler à sept heures du matin en quête de quoi que ce soit.
— Rien du tout, répondit posément sa colocataire. Pourquoi tu es réveillée ? C'est bizarre.
— Donc tu m'appelles en espérant que je réponde pas ? Va chier.
Le rire claire d'Hinata lui répondit alors qu'elle enveloppait ses jambes dans un plaid.
— Ton chérichou est sous la douche et tu t'ennuies déjà ? ironisa Karin.
— Naruto est parti dans la nuit, révéla la brune d'une voix morne. Il pensait rentrer avant mon réveil mais j'ai dû me lever trop tôt.
— Merde, grogna Karin. Il est chiant quand il s'y met.
Hinata acquiesça au loin avant de remarquer qu'elle avait l'air bien réveillée pour sa part.
— J'ai émergé vers cinq heures et demi du mat'. Cet appel me pourrit la vie.
Brièvement, elle lui expliqua qu'elle se sentait à vif et dormait mal. Elle lui raconta aussi le coup de fil désastreux avec le procureur Aburame.
— Peut-être que tu ne t'adresses pas à la bonne personne, glissa son amie après un temps de réflexion. Si tu veux convaincre les jurés, il vaut mieux convaincre l'opinion publique, non ?
— Oui mais je n'ai aucun pouvoir sur ça. Et faire pression sur les jurés me mènerait droit en prison.
— Je pensais plutôt à un article, précisa Hinata avec distance.
Karin n'avait pas pensé à cette idée mais elle se rendit immédiatement compte qu'elle n'avait rien pour la mettre en œuvre sinon un stylo. Et ce n'était bien évidemment pas suffisant.
— Je n'ai aucun contact dans ce domaine, opposa-t-elle.
— Avant j'en aurais eu... soupira Hinata.
Karin n'avait pas besoin de plus pour sentir le changement d'humeur chez son amie. Elle s'en voulut car elle savait qu'elle n'aurait pas eu l'idée de regretter son clan si elle ne tenait pas sincèrement à l'aider.
— Te tracasses pas, je vais fouiller un peu et je parviendrais à trouver quelque chose.
L'une comme l'autre savait qu'elle aurait du mal à être publiée si elle n'était qu'une quidam mais elles préférèrent ne pas en parler pour le moment.
— Alors tu es seule chez Naruto, reprit Karin d'une voix plus enjouée. Tu as déjà fouillé ?
Comme elle s'y attendait, Hinata décria ses accusations. Elle était trop mignonne.
— Tu ne vas quand même pas l'attendre toute la journée, observa Karin. Tu vas juste de faire chier.
— C'est déjà le cas mais je n'ai aucune idée de l'heure à laquelle il rentrera.
Ses mots semblaient curieusement familiers à Karin. Et la situation la mit bien plus en colère qu'elle ne le laissa paraître.
— Tu peux pas faire ça. Il t'a invité pour le week-end, tu ne l'y as pas forcé. Fais-le revenir.
Hinata hésita longuement avant de répondre, elle savait que c'était le laps de temps durant lequel elle se laissait convaincre.
— Je ne sais pas faire ça, grommela la brune à voix basse.
Karin haussa un sourcil, stupéfaite.
— Bien sûr que tu sais.
Et sur ses sages paroles, elle lui raccrocha au nez.
Hinata
Hinata regarda son écran, s'assurant qu'elle n'avait pas rêvé. Karin était vraiment une malpolie de première classe. Elle se releva et débarrassa les maigres traces de son petit-déjeuner. Sans doute pouvait-elle faire revenir Naruto.
Si elle mettait le feu à son appartement. Ou si elle lui mentait.
Mais elle n'était pas ce genre de femmes donc à oublier. Hinata était du genre patiente et douce. Elle n'allait pas s'arracher les cheveux parce que son petit-ami était sérieux dans son travail, qu'il était ambitieux. Ça n'avait pas de sens.
Elle regarda l'appartement lumineux, sourit devant les rideaux jaunes et le canapé rouge. Cet appartement avait des touches de joie qui la mettait de bonne humeur. Peut-être qu'elle pouvait se permettre quelques coups d'œil.
Après tout, Naruto lui avait dit ce dont elle devait se méfier. Il accordait beaucoup de valeur à une vieille coupe entreposée dans un vaisselier. Une alarme avait été mise en place mais elle était un peu trop sensible et se déclenchait souvent quand on touchait voir frôlait le meuble. Trop occupé, il n'avait pas encore remédier à ce problème.
Qu'il ne trouvait pas urgent car cette alarme ne prévenait pas la police, elle rediffusait sur son portable les images de la pièce. Pour le reste, Hinata était libre de fureter à sa guise.
Elle rejoignit directement la chambre de Naruto, se demandant s'il ne serait pas contre cette initiative. Il semblait n'avoir rien à cacher mais ce n'était peut-être qu'une façade. Peut-être aussi qu'il était plus pudique que ce dont il avait l'air.
Refroidie, Hinata laissa ses yeux parcourir la chambre, l'intérieur des placards, les étagères du dressing. Et à côté de deux boîtes à chaussures, elle trouva quelque chose. Une boîte plate d'une marque de lingerie. Elle pensa d'abord que c'était pour lui - ne sait-on jamais. Elle la saisit quand même car elle ne se voyait pas repartir dans le salon sans savoir ce que contenait cette boite.
Elle ouvrit le carton et mit longtemps à comprendre cette pièce de lingerie. Elle remarqua d'abord les lanières qu'elle ne parvint à mettre en ordre. Elle vit le corsage dure et soyeux qui se finissait sur des volants chichiteux. Hinata étendit la pièce sur le lit essayant de se représenter ce que cela pourrait donner sur quelqu'un.
Ce n'est que là qu'elle comprit que Naruto avait dû acheter cela pour elle. Ça expliquerait emballage quasiment neuf et l'emplacement de rangement si accessible. Même en fouillant davantage, elle ne put retrouver le ticket de caisse. Tant pis.
Il lui restait à savoir si elle oserait le mettre comme elle en avait envie. C'était tellement dingue qu'il ait fait cet achat avec elle en tête. Dingue, mais surtout très flatteur aux yeux de la timide brune qui ne s'était jamais vu offrir ce genre de cadeau. C'était une nouveauté aussi audacieuse qu'excitante.
Finalement, Hinata prit son courage à deux mains et se changea. Il y avait peu de risque qu'il rentre maintenant et la surprenne. Ça pourrait rester un secret. Elle resta longtemps les seins à l'air à étudier le petit schéma pour lier les lanières et fut immensément gêné de voir ses tétons apparents malgré le déshabillé. Ça n'avait rien de suggestif à ce niveau-là: c'était de l'exposition.
Elle se déplaça jusqu'au miroir du couloir et étudia le résultat. Ça lui allait plutôt bien, ses jambes semblaient gigantesques, la jupette cachait à peine ses fesses alors que la partie avant remontait sur son pubis. Le corset affinait sa taille et ces lanières rendaient ses seins un peu plus gros, un peu plus appétissants aussi en magnifiant leur téton au centre. Hinata mourrait d'envie que Naruto la voit ainsi.
Quand allait-il rentrer ?
Ça la désespérait de n'avoir aucune information dessus et elle se rendait compte que Karin avait raison. C'était horrible d'être abandonnée là à attendre dans l'incertitude. Elle voulait provoquer son retour, qu'il revienne en courant et la voie, qu'elle puisse constater l'effet qu'elle lui faisait.
Son plan fut rapidement monté, elle partit chercher quelques préservatifs qu'elle cacha sous un oreiller puis elle s'appuya sur le vaisselier protégé. Elle entendit la discrète caméra se mettre en route alors qu'elle s'éloignait précautionneusement du meuble hébétée par ce qu'elle venait de faire. Une caméra la filmait dans ce fichu déshabillé !
Elle dut s'astreindre au calme, se rappeler que les images n'étaient gardées qu'une journée puis effacées. Personne ne la verrait, à part Naruto. Elle s'étira lentement, vint s'asseoir mollement sur le canapé. Que devait-elle faire pour l'allumer ? Elle était incapable de danser, était trop peu vêtue pour offrir un quelconque spectacle d'effeuillage. Il ne lui restait pas grand chose.
Elle déambula timidement d'abord, essayant d'imiter ces femmes fatales qui l'impressionnaient tant. Elle fit semblant de bailler, comme si elle s'ennuyait à tourner en rond, seule dans cet appartement. C'était le cas avant mais maintenant qu'elle avait trouvé quelque chose à faire, elle se sentait exaltée. C'était la première fois qu'elle était aussi audacieuse. Son cœur battait à tout rompre, il y avait tellement de facteurs qu'elle ne maitrisait pas. Peut-être n'était-ce vraiment pas le bon moment pour Naruto. Et s'il était sur le chemin pour rentrer ?
Hinata espérait que tout se passerait bien, que sa surprise serait bien accueillie. Elle mangea le plus lentement possible un yaourt, désespérée par le froid qui s'emparait d'elle. Peut-être aurait-elle dû choisir autre chose. Tant pis, elle allait poursuivre son idée courageusement. Elle allait se saisir de quelques ustensiles de nettoyage quand son portable sonna. Elle se figea, observa le nom sur l'écran.
— Naruto, murmura-t-elle sans même y penser.
Elle décrocha, les mains presque tremblantes. Elle ne savait pas à quoi s'attendre.
— Écoute-moi attentivement, tonna Naruto avec une force inébranlable. Va t'asseoir sur le canapé et mets le haut-parleur.
La Hyuga obéit reconnaissant cette intonation si particulière qu'il avait eu dans la salle de bain. Elle trépigna immédiatement d'impatience, se remémorant la puissance dont il avait fait preuve et le plaisir qu'elle avait pris. Il la guida jusque dans la position qu'elle adopta une fois assise, les doigts à utiliser sur son clitoris et ses lèvres juteuses allant jusqu'à lui interdire l'accès à son vagin.
Complètement relâchée contre l'immense canapé, Hinata buvait ses paroles. Elle savait pourquoi il avait choisi cette lingerie, elle n'était aucunement faite pour bloquer un quelconque accès. Les ordres de Naruto se mêlaient à des remarques indirectes sur son état ; il restait dans son personnage d'homme autoritaire et exigeant et cela avait son effet. Sur tous les deux de toute évidence.
— Hinata, stop.
La jeune femme se redressa, regarda le portable à ses côtés. Elle était surprise qu'il souhaite s'arrêter quand elle était si proche de la délivrance.
— Je suis là dans quinze minutes, je veux te regarder sans intermédiaire.
Elle ouvrit la bouche sans savoir quoi dire. Allait-il vraiment se poster en face d'elle et l'observait se masturber ? C'était tellement incongru et pourtant son corps réagit positivement en sécrétant un peu plus de cyprine. Elle hocha simplement la tête, sachant qu'il l'observait toujours.
— Parfait. Tu... Bien, caresse-toi doucement les cuisses.
Elle savait qu'il faisait durer le plaisir, elle pressentait que dès qu'il serait près d'elle, elle exploserait de plaisir comme jamais. Et qu'est-ce qu'elle avait hâte. Qu'il la voie. Qu'il se poste pour la regarder. Qu'il ne puisse s'empêcher de la toucher.
Des papillons sous les paupières, les doigts si proches des lèvres, Hinata savait que son homme rentrait très bientôt.
Bonjour à toutes et tous. J'espère que ce chapitre vous aura plus, une fois n'est pas coutume cette fin appelle vraiment une suite. J'essaierai de ne pas faire trainer la suite.
Je profite pour laisser un merci particulier à Rozenn Selwyn pour avoir pris le temps de me laisser un commentaire, tu devrais recevoir un MP sous peu.
Je vous souhaite un bon week-end, à bientôt, Maneeya.
