XVII. 40% de soutien

Karin

C'était une véritable entreprise de refoulement. Chaque jour, à chaque instant, Karin se sentait pousser vers l'un ou vers l'autre mais elle le refusait. Il n'y avait aucun choix à faire. Elle se refusait même à formuler « Sasuke ou Suigestu ». Elle avait déjà fait son choix longtemps auparavant.

Il lui semblait qu'avec un peu de temps les choses se remettrait dans l'ordre. Elle avait mis le bazar, il suffisait de ranger le tout. Passer du temps avec Suigestu devenait interdit, elle ne voulait pas empirer son cas. Il l'avait aveuglée.

Ça avait été si incroyable de vivre aussi crument, aussi simplement. S'ils voulaient baiser, ils baisaient. S'ils voulaient manger, pareil. S'ils voulaient être seuls, idem. Et cela la rendait incroyablement heureuse, elle ne pensait pas que c'était possible. Avoir la liberté et le soutien. À vrai dire, Karin en voulait plus.

Tout ce temps passé loin de Suigestu était une plaie. Son esprit y revenait constamment. Elle brûlait de lui envoyer un message. Voire songer à le rejoindre. C'était dure de se cantonner à la solitude.

Sasuke n'avait pas besoin d'elle. Naruto était très occupé comme toujours. Hinata commençait son second boulot, elle était à fond dessus voulant faire bonne impression. Et Suigestu lui était désormais inaccessible de peur de le blesser. Sincèrement, cela la faisait beaucoup souffrir.

Elle errait péniblement dans son bel appart qu'elle avait rangé et nettoyé de fond en comble. Une question lui venait en tête très fréquemment : quand est-ce que la situation avec Sasuke redeviendrait normale ? Elle voulait pouvoir compter sur lui, ne plus subir sa présence accablante. Ils formaient une équipe après tout. Donc ils devaient au moins parvenir à se mettre d'accord.

Karin fit demi-tour et se mit à scruter son salon à la recherche d'une occupation. Son cerveau pensait à un tout autre salon de style industriel dans lequel elle avait passé des moments absolument merveilleux. Ces moments lui manquaient cruellement, son visage n'était même pas capable d'esquisser un sourire pour l'heure tant elle se sentait vide et amorphe.

C'est pour ça qu'elle prit la décision de sortir. Pour qu'elle se sente enfin vivante. Qu'elle reprenne goût à sa vie. Si Suigestu était d'accord pour l'accepter telle qu'elle était, pourquoi se priver de cette relation bénéfique ?

Elle se retrouva bientôt à toquer à la porte du scientifique. La tête basse, des résolutions pleins la tête. Il ouvrit la porte et elle entendit distinctement des voix et de la musique à l'intérieur. Elle le dérangeait pourtant il lui offrit ce sourire tout en dents et en arrogance.

— Enfin meuf. T'as mis une vie.

Il avait attrapé sa main pour la trainer à l'intérieur mais elle le retint. Elle ne savait pas ce qu'il se passait dans cet appart mais cela ne la travaillait pas. Karin était trop concentrée sur ce qu'elle avait dire, elle avait répété une phrase qu'elle s'empressa de sortir avant qu'il ne l'interrompe et qu'elle perde ses moyens.

— Je ne vais pas divorcer avec Sasuke. Peu importe ce qu'il se passe.

L'homme se figea, il s'avança dans le couloir et ferma la porte dans son dos. Plus de musique ni de voix. Juste eux deux, face à face.

— Pourquoi ?

Elle avait appris à connaître ses tons, là il était curieux et réservé. Il était rarement aussi froid aussi. Elle pensa qu'il ne pouvait peut-être pas comprendre.

— Sans lui, ma vie n'a plus aucun sens.

C'était peut-être pas le plus explicite mais c'était ce qu'elle ressentait. Il n'y avait pas de bonheur sans Sasuke. Pas de liberté non plus. Pas de vie, ce n'était même pas une exagération.

— Entendu. Alors tu ne risques pas d'exiger qu'on soit exclusif, railla-t-il les mains dans les poches.

Karin laissa échapper un rire plein de gêne.

— Ce serait malvenu de ma part. Je voulais juste te dire ça, je te laisse à tes affaires maintenant.

— Pas du tout.

La jeune femme fronça les sourcils et réajusta ses lunettes la mine confuse.

— Tu es venue parce que tu voulais être joyeuse. Alors viens, te contente pas du paillasson.

De nouveau, il ouvrit la porte et la musique se diffusa forte et chaleureuse. Karin fit quelques pas hésitants, elle ne savait même pas sur qui elle allait tomber. Mais c'était stupide, si ça se trouve c'était un simple film qui tournait. Elle tomba donc des nues quand elle fit face à deux enfants.

De ceux qui auraient été vexés d'être considérés comme tels.

— Les mioches je vous présente Karin, annonça Suigestu au dessus de la musique. C'est une amie, la faites pas fuir. Voici Heneki et Chihiro, mes neveux.

Un collégien et un gosse de primaire à première vue. Karin s'approcha la main tendue et ils furent très heureux de lui serrer gravement la paluche.

— Tu as apporté à manger ? questionna avidement le plus jeune.

Chihiro avait les joues rondes, les cheveux longs de la même teinte originale que son oncle et des yeux d'un bleu extrêmement sombre. C'était étrange de se faire tutoyer mais pourquoi pas, elle n'était pas leur prof.

— Désolée, c'est non. Qu'est-ce que vous faites de beau ?

Suigestu récupéra son manteau pour le ranger et reprit place sur le canapé qu'il avait abandonné. Karin sourit en se rendant compte que Heneki l'observait fréquemment sans rien dire. En voilà un qui ne cachait pas sa curiosité.

— On jouait à Overcooked, tonton dit qu'on doit apprendre à faire équipe. Même si Kiki est un gros nul.

— M'appelle pas comme ça espèce de sale gosse ! explosa immédiatement son frère les joues rouges. Dès qu'on rentre, je brule ton doudou.

— Tu ne sais même pas où il est.

Mais la voix du cadet avait perdu toute suffisance, il commençait à avoir les chocottes. Karin dut réfréner un sourire alors que la dispute se poursuivait.

Suigestu l'attira à lui, elle ne s'attendait pas à ce qu'il soit tactile devant ses neveux.

— Fini l'ennui, bonjour le mal de tête, lui murmura-t-il un large sourire dans la voix.

Hinata

Son cœur battait extrêmement vite. Elle fut prise d'un curieux vertige et dut fermer momentanément les yeux. Elle ne s'attendait pas à tout ce qu'il se passait, tout ce qui lui venait.

Il fallait qu'elle se rappelle de respirer malheureusement l'idée disparaissait aussi vite qu'elle apparaissait. Emportée par les vives sensations qu'elle tentait de traiter. C'était ce que provoquaient les coups de reins de Naruto. Ce que lui envoyaient ses parois humides et vibrantes. La main crispée sous ses fesses qui la maintenait dans un équilibre précaire. Le tension de son corps pour garder cette position qui lui faisait tant de bien. Alors qu'il lui manquait un bras, celui que Naruto maintenait tordu dans son dos, elle s'accrochait désespéramment à sa nuque. Si elle ne changeait pas de position, cela ne lui faisait pas mal. Mais si elle se penchait sur sa gauche ou vers l'arrière, elle ressentait un picotement vivace de son bras à son épaule. Comme il le lui avait promis elle avait le contrôle total.

Qu'est-ce que c'était grisant !

Hinata poussa vers l'arrière. Elle n'était même plus gênée de voir le regard concupiscent qu'il posait sur sa poitrine, elle l'attendait.

— Respire, lui rappela-t-il la voix joyeuse alors qu'elle papillonnait des yeux.

Elle inspira une grande goulée d'air. Ça lui fit du bien. Elle sentit ses muscles se détendre doucement, puis une nouvelle vague de chaleur s'approcha et elle fut heureuse de s'y plonger, complètement libérée de toute pensée annexe. Tout ce qui comptait c'était Naruto, elle, et ce qu'ils créaient à l'instant. Elle se fit surprendre quand la main de Naruto quitta sa cuisse pour se poser sur son bureau. Il se pencha vers elle, comme s'il était incapable de supporter une quelque distance. Elle se précipita sur ses lèvres, passionnée et transportée.

Elle se pencha encore, laissant son corps aux écarts de la petite douleur tendue qui la titillait et des intenses bombes qui implosaient en elle. Elle grogna contre ses lèvres, ondula son bassin avec avidité. C'est ensemble qu'ils atteignirent la jouissance, si forte qu'elle les laissait pantelants, abasourdis. Ils se redressèrent doucement, la capote finit fermée à la poubelle.

— Je suis claqué, soupira le blond en passant une main lasse dans ses cheveux.

Hinata s'étira doucement, prise de froid à cause de la température de la pièce. Elle était plus que d'accord pour rejoindre le lit avec lui. Ils s'allongèrent ensemble, l'un contre l'autre.

— Alors, le Club Ramen ?

La jeune femme fronça les sourcils, elle eut du mal à remettre ses idées en ordre et comprendre de quoi son amoureux lui parlait. L'Institut fondé par Choji était surnommé Club Ramen parce qu'il se servait de ce plat pour faire venir Naruto à ses lectures.

— Tout se passe bien, je travaille sur l'histoire des mœurs. Je me suis mise à la page et maintenant j'étudie les journaux de Byodo de Gakko Shu.

— J'ai oublié qui c'était, marmonna-t-il en baillant. Elle gérait une école, non ?

— La première école mixte du pays. J'adore participer à cette exploration.

Sa voix faiblit en fin de phrase, elle ne pensa même pas à étouffer son bâillement. Ce moment à deux l'avait vidée de toute énergie.

— J'organise une petite fête avec des amis en fin de semaine. Ça me ferait plaisir que tu viennes.

Hinata fronça les sourcils. Elle peina à se retenir de gigoter.

— Il y aura beaucoup de monde ? questionna-t-elle.

— Non, que des gens proches. On sera une quinzaine je pense. Que des gens gentils.

Hinata sourit du bout des lèvres. Elle reconnaissait le ton de sa voix et cette façon d'argumenter : il voulait vraiment la convaincre de venir. Et pour cela il fallait qu'elle surmonte sa réticence initiale. Ce n'était qu'une soirée, il ne se passerait rien de particulier.

Mais elle ne voulait pas rencontrer de nouvelles personnes en étant la petite-amie de Naruto. C'était trop de pression, trop d'attente à gérer. Ça la rendait déjà anxieuse.

— Il y aura Choji en plus, ajouta-t-il. Vous vous entendez bien non ?

Hinata n'eut d'autres choix que d'acquiescer. Elle avait littéralement chanté les louanges de l'Akimichi donc elle ne pouvait faire autrement. Pourtant elle se doutait que Naruto devait faire partie d'un groupe d'amis où elle serait la pièce rapportée.

— Est-ce que Karin peut venir ? finit-elle par demander.

— Bien sûr, ils pourront faire le round 2 de leur engueulade, ironisa-t-il.

— Ne dis pas ça, ça risque de leur porter préjudice.

Karin

Dès le lendemain, Hinata avait officiellement invité sa colocataire.

— Ah oui, sa fête de novembre. C'est ok pour moi.

La Hyuga avait été surprise que ce soit aussi simple, elle s'attendait à plus de débats. Mais Karin était formelle :

— Tu es bizarre sur le sujet Naruto alors si ma présence t'apaise j'ai rien à redire.

— Bizarre ? Comment ça ?

Karin eut l'air presque surprise qu'elle lui demande des détails. Pour elle, c'était tellement évident.

— Tu es super amoureuse mais super en retrait. C'est pas commun.

Puis Karin se détourna pour servir les thés. Elle n'était pas garante de normalité et si Hinata voulait se confier, elle n'avait qu'à le faire. Dès que l'infusion fut complète, elles s'installèrent dans leur canapé, zappant d'une chaine à l'autre sans grande attention.

— Naruto organise souvent cette fête ?

Karin acquiesça.

— Si je me trompe pas, il voulait faire un Noël avec ses amis mais bien sûr ils étaient tous déjà pris. Donc il a décidé de décaler sa fête de Noël pour que tous puissent venir.

— C'est tellement mignon, soupira Hinata tout attendrie.

Karin avait pensé pareil quand elle avait entendu cette histoire pour la première fois. Qu'est-ce que Naruto était impressionnant. Elle admirait vraiment la façon dont il arrivait à construire des liens et surtout à les garder intacts malgré le temps qui passait. C'était impressionnant.

Pour sa part, aller vers les autres lui demandait toujours un effort et au final, la jalousie avait remplacé l'admiration. Naruto s'était bâtti une grande famille et même s'il avait voulu la partager avec elle, elle savait que c'était impossible.

L'humeur au fond des chaussettes, elle but son thé en essayant de penser à quelque chose de réconfortant. Comme l'après-midi qu'elle avait passé avec Suigestu et ses neveux. Elle avait vécu un merveilleux moment. Un moment presque familial et elle devait reconnaître que ça l'avait chamboulée.

— J'aurais préféré qu'il m'invite plus tôt, bougonna Hinata l'arrachant ainsi de ses pensées.

— Moins t'as de temps, moins tu peux inventer une excuse pour esquiver la soirée, fit remarquer son amie.

Karin avait sans le faire exprès laissé la télé sur une chaine qui passait au même moment son émission « Témoignage ». Et elle entendait une femme racontée son expérience d'une relation toxique. Quand elle voulut changer, Hinata lui demanda de laisser.

Un rapide coup d'œil lui suffit pour s'apercevoir que sa coloc était complètement happée par l'histoire livrée. La grande femme blonde qui lui fit penser à Ino racontait les anecdotes effroyables de son couple et les diverses agressions qu'elle avait supporté à cette époque. Elle raconta son déni et supposa que ce qui l'avait sauvée c'était que ses amis n'avaient pas coupé le lien. Elle avait alors eu un lieu de repli et avait pu reprendre doucement son estime de soi et le contrôle de sa vie.

— Je crois que ça m'est arrivé, livra soudainement Hinata.

— De quoi ?

— Ce genre d'agressions. Quand j'étais enfant et adolescente.

Karin fronça les sourcils, incertaine de ce qu'il fallait dire ou faire. Elle n'avait même pas un début d'idée concernant ce que la Hyuga voulait lui confier.

— Je t'écoute.

— Il y avait un collègue de mon père qui rentrait dans ma chambre, commença-t-elle et Karin sut qu'elle n'allait pas aimer la suite. La première fois j'ai pas compris, il a été tellement grossier et vulgaire, je comprenais rien de ce qu'il voulait. Après il a touché mes seins.

Karin avait un milliard de questions et de remarques qui lui venaient - la majorité étant bien vulgaires. Mais elle se contint, ce n'était pas ce qui aiderait son amie à l'instant.

— Et les fois d'après ?

Hinata écarquilla doucement les yeux avant de les baisser comme prise en faute.

— Après j'ai fait semblant de dormir, je me tournais dos à la porte. Je l'entendais derrière moi, son souffle, les bruissements de vêtements, les sons qu'il faisait.

— Qu'est-ce qu'il foutait au juste ?

— À l'époque je savais pas, ça avait l'air sale. Maintenant je suis presque sûre qu'il se masturbait.

Rien n'était pas écœurant dans cette histoire. Elle posa son thé pour lui prendre la main. Hinata était glacée, elle devait être plongée dans de très mauvais souvenirs.

— Ce type appartenait à ton clan ?

Hinata secoua la tête.

— Alors pourquoi tu ne l'as pas accusé ?

— Parce que je ne comprenais pas, j'avais douze ans ! Tout ce que j'avais c'était une vague sensation d'interdit et d'anormalité, rien de tangible. Je me suis adaptée, j'ai monté des stratégie pour l'éviter et qu'il ne sache pas où je dormais. Même après, je ne voulais pas parler de peur de ne pas être crue, ou qu'on me dise que je faisais une montagne de rien.

Cette fois, Karin passa outre son appréhension et enlaça pleinement la brune. C'était tellement injuste et gratuit ce qu'elle avait vécu. Mais la plupart des malheurs était ainsi.

— Je crois que c'est ce qui me manquait le plus, avoir un endroit où ne pas avoir les bons mots ne m'aurait pas porté préjudice. Il y a beaucoup de choses que j'ai tu à mon père de peur que cela se retourne contre moi.

— Une autre histoire sordide à raconter ? ironisa Karin.

— J'en ai des tas, révéla piteusement Hinata. Mon grand-père m'a violée.

— Putain, t'étais vraiment mal entourée !

— Je ne sais pas... En tout cas la seule fois où j'en ai parlé, on m'a dit que c'était juste un doigt et que je ferai beaucoup de mal à mon père avec de telles accusations.

— Tu étais clairement mal entourée, conclut Karin la mine sombre. Mais tu as fait un chemin remarquable pour ne plus être cette enfant terrorisée. En plus maintenant tu es autonome, pourquoi continuer à te taire ?

— Je suis heureuse avec ce que j'ai construit. Je ne vais pas tout mettre en danger pour ça.

Hinata

Le jour venu, Hinata se regarda dans le miroir inquiète de ce qu'on penserait d'elle. Même si elle essayait d'avoir confiance en elle et de ne pas se laisser engloutir par les attentes des uns et des autres, elle avait l'impression de devoir se préparer à des regards d'indifférence, de mépris ou d'incompréhension.

— Meuf, t'as fini ?

Karin rentra directement dans sa chambre dont la porte était entre-ouverte.

— Ouah tu es grave sexy, jaugea-t-elle. Je suis un vrai sac à coté.

Ce n'était pas vrai évidemment. Sa coloc portait ses bottes à talons et un joli pull asymétrique. Elle avait même une tresse qui apportait un côté distingué à l'ensemble.

À côté, Hinata avait opté pour un leggings et une robe souple qui épousait ses formes. L'attache au cou accentuait son décolleté et elle n'était pas certaine que ce soit approprié pour ce genre de soirée.

— Allez on y va sinon tout le monde sera déjà là.

Karin était la première personne à qui elle se soit confiée et elle ne regrettait pas son choix. La seule autre personne au courant pour le collègue de son père était Neji – qui l'avait aidé à monter ses stratégies d'esquive – mais elle n'était pas entré dans les détails avec lui. Sa colocataire n'avait pas changé d'attitude ni de ton avec elle. Et c'était très agréable. Elle avait pu raconter son histoire et gérer les conséquences à sa façon. On était loin de la tutelle clanique.

La fête se déroulerait chez Naruto. Ce dernier en plus de son bel appartement à Konoha possédait une maison dans un petit village à côté. Elles auraient cinquante minutes à vélo mais un bus leur permettait de réduire correctement leur temps de trajet.

— Suigestu ne vient pas ?

— Il reste avec ses neveux, je crois qu'il va leur apprendre à gribouiller quelques graffs.

Hinata sourit tendrement, il avait vraiment tout d'un bon père. Elle était tout de même un peu déçue qu'il ne vienne pas, elle aurait adoré pouvoir compter sur un visage ami en plus.

Elles arrivèrent tôt à la maison de Naruto. Une maison sur deux étages qui s'étalait sans être imposante. Naruto les accueillit avec un grand sourire. Et un immense baiser pour Hinata.

— Vous voulez une chambre ? siffla Sasuke à quelques mètres.

— On va peut-être prendre la tienne, répliqua aussitôt son meilleur ami avec un grand sourire.

Mais Hinata s'aperçut rapidement que Sasuke était dans un bon jour. Il sourit poliment en lui serrant la main et esquissa un hochement de tête en direction de Karin. Il leur expliqua que Sarada faisait visiter les lieux aux premiers arrivés et que Shikamaru travaillait dans un des bureaux.

— Il s'arrête vraiment jamais, observa tranquillement Karin les mains dans les poches.

— J'ai essayé de le déloger deux fois déjà. J'espère qu'il bougera quand Choji et Ino seront là. Je vous sers quelque chose ?

Les garçons ayant déjà une bière en main, Karin les suivit. Hinata préféra une limonade. La discussion se poursuivit tranquillement. Elle remarqua que Sasuke et Karin ne se parlaient pas directement pourtant ils semblaient moins sur les nerfs qu'au diner du mardi. Elle ne savait pas ce qui avait pu se passer depuis.

— Viens, je t'ai préparé une surprise, s'exclama soudainement Naruto en entrainant sa petite-amie vers le hall d'entrée. Ne vous entretuez pas, lança-t-il à leurs amis.

Hinata ne savait pas du tout à quoi s'attendre. Elle n'avait jamais évoqué quelqu'un qu'il aurait pu inviter. Et pourtant, elle tomba des nues en voyant ceux qui se trouvaient sur le pas de la porte, casque en main.

— Vous êtes Madame Morino !

— Euh Tenten je préfère. Salut, vous allez bien ?

Sans doute aurait-elle dû répondre mais en faisant attention aux deux hommes qui entouraient sa conseillère, elle tomba des nues.

— N-Neji ?!

— Tu bégaies encore ?

Elle piqua immédiatement un énorme phare alors qu'il se faisait vivement rabrouer par ses amis. Elle profita qu'ils rangent leur affaire au vestiaire pour se remettre de ses émotions.

— J'espérais que ça te plairait de voir un visage familier. J'ai merdé ?

Hinata secoua la tête, elle savait que Neji et elle s'aimaient beaucoup. Mais elle ne s'attendait vraiment pas à le voir et de toute évidence lui non plus. Naruto déposa un doux baiser sur sa joue, comme pour l'encourager.

— Donc vous êtes ensemble, observa son cousin.

— Calme-toi, demanda Tenten avec lassitude. Tu es venu passer une bonne soirée pas agresser des gens, lui rappela-t-elle.

— Moi je m'appelle Rock Lee, coupa soudainement la voix enjouée du troisième invité.

Hinata se précipita dans la brèche et salua poliment l'homme. Néanmoins l'ambiance restait tendue et Lee et Tenten n'hésitèrent pas à les abandonner. Neji ne cilla pas, au contraire il demanda à Naruto de les laisser seuls. En voyant le froncement de sourcils de ce dernier, Hinata s'empressa de le rassurer :

— Va, nous avons juste besoin de mettre les choses au clair.

À voir sa tête cela ne lui convenait pas vraiment mais il prit sur lui et les laissa seuls. Hinata était toujours aussi gênée, elle était heureuse de voir son cousin mais elle sentait qu'elle aurait dû mettre plus de forme à l'annonce de sa mise en couple. Après tout, elle s'était contenté de lui dire qu'elle voyait quelqu'un et connaissant Neji, il avait sûrement imaginé le pire plutôt que le meilleur. Et bien évidemment, elle n'avait aucune idée de quoi dire pour apaiser la tension entre eux. Et son cousin mésinterpréta son silence.

— Tu t'habilles pour lui ? questionna-t-il.

— J'ai acheté cette robe il y a plusieurs années, souffla-t-elle. Pourquoi réagis-tu ainsi ?

Son visage se ferma un peu plus alors qu'il pinçait les lèvres au maximum.

— J'ai pas confiance, révéla-t-il à voix basse. Naruto est un très bon ami, j'ai beaucoup d'estime pour lui. Pour autant, je ne vois pas qui pourrait sortir avec lui sans en souffrir à un moment ou un autre.

Hinata resta sans rien dire devant cette déclaration, elle n'avait même aucune idée de ce qu'elle pourrait rétorquer. Certainement que les deux hommes se connaissaient depuis longtemps. Elle était la petite nouvelle à côté.

— Naruto ne me blessera pas, assura-t-elle.

— Il ne veut jamais blesser mais je t'assure que personne ne sort indemne.

La jeune femme baissa la tête, essayant de calmer les battements frénétiques de son cœur. Elle ressentait un mélange étrange de colère et d'humiliation devant son cousin. Certainement parce qu'elle le connaissait assez pour savoir qu'il n'y avait aucune mesquinerie derrière ses mots. Juste un soucis sincère à son sujet.

— Tu voudrais quoi ? Que je rompe ? Ça ressemble pas à une solution miracle.

Il eut le bon goût de paraître gêné. Il vint à elle et la prit doucement dans ses bras. Ça faisait tellement longtemps, ni l'un ni l'autre étant effusif, ils évitaient ce genre de contact le plus souvent. Peut-être qu'ils devraient se forcer un peu, ça faisait du bien une fois la distance franchie.

— Tu as raison, je te présente mes excuses. D'autant plus que tu as de bons amis pour noyer toute possible rupture, sourit-il doucement.

Le sourire d'Hinata s'étendit largement. Karin était presque sa première amie et bien sûr, elle ne s'était pas retenu pour parler d'elle à son cousin. Plus apaisés, ils rejoignirent leurs amis dans le salon. Shikamaru était apparu et ils discutèrent un peu avec lui. Hinata ne savait pas si l'homme était particulièrement froid avec elle ou si c'était son caractère mais elle pourrait peut-être en avoir une idée ce soir. Pour l'instant face à Neji, ils discutaient tranquillement de quelques changements législatifs sur les normes de production et de destruction. Ça ne l'intéressait pas beaucoup alors elle n'écoutait que d'une oreille.

Et son regard tomba sur Temari No Sabaku. Sa mâchoire se décrocha et elle partit sans même penser à s'excuser auprès de ces messieurs. Elle marcha rapidement jusqu'à la femme qui discutait avec Karin et lui attrapa l'avant-bras.

— Hinata ! Qu'est-ce que tu fais là ?

Temari – car c'était bien elle – lui offrait un sourire ravi. Elle la serra contre elle alors que Hinata remarquait tout juste son ventre proéminent.

— Naruto m'a invitée à la dernière minute. Je suis si contente de te revoir !

Temari lui offrit un sourire lumineux. C'est dingue ce que cette femme lui avait manqué. Hinata s'était inscrit à un de ses camps d'été dès qu'elle eut dix-huit ans révolus. Et depuis, elle y allait autant que possible.

Habituellement, c'était son père qu'elle devait convaincre pour gagner ce droit de s'absenter sur quelques semaines. Mais depuis son éviction de son clan, elle n'avait tout simplement pas eu assez d'argent pour partir ainsi, ne serait-ce que deux semaines.

— J'ai pensé à toi il y a pas longtemps. Ça doit faire un an qu'on t'a pas vue.

— J'ai été reniée par mon clan, j'ai eu pas mal de choses à gérer. Et j'ai loupé des nouvelles importantes apparemment.

Temari haussa les épaules :

— Je me suis dis pourquoi pas.

— On le dira à personne si c'est un accident, glissa Karin avec un demi-sourire.

Temari éclata franchement de rire.

— Ça aurait pu, on va pas se mentir. Mais on a voulu essayer. Et d'ici six semaines on verra si on a bien fait.

Elles reprirent rapidement leur discussion, principalement au sujet de ce que Temari avait organisé au cours de l'année passée. Hinata était ravie de voir un visage familier et amical. Temari lui avait manqué étrangement, même si elles n'étaient pas très proches, elle avait le souvenir de beaucoup de longues discussions à ses côtés.

Elle lui avait énormément apporté et Hinata lui en serait toujours reconnaissante.

— Il faut que tu saches un truc, nota Temari après un regard vers la cuisine. Gaara est là.


Bonjour, j'ai voulu poster mon chapitre avec un peu d'avance pour m'excuser. Je suis un peu déçue, c'est pas très joyeux pour un chapitre de St Valentin. En tout cas hésitez pas à me laisser un mot, je vous lis toujours avec plaisir.

Bonne semaine et à bientôt, Maneeya.