XIX. 15% de codes sociaux

Karin

Son portable sonna alors qu'elle était encore endormie. Elle comptait l'ignorer mais Suigestu la secoua de l'autre côté du lit et elle dut se résoudre à répondre. Karin marmonna, arrivant seulement à distinguer une voix masculine.

— J'ai eu des nouvelles de l'appel d'Orochimaru, je voulais te tenir au courant. C'est pas passé, aucune modification dans les chefs d'accusation ou les sanctions à son encontre.

Karin resta silencieuse un long moment, elle cligna encore une fois des yeux sans comprendre. Avant de raccrocher et de s'endormir. Elle était trop épuisée pour saisir ce qu'elle venait de vivre.

Elle dormit profondément jusqu'au lendemain matin. C'était inhabituel mais elle fut réveillée par des cris de gosses : ils se disputaient en jouant. Suigestu les rappela à l'ordre d'une voix mesurée et elle n'entendit que des murmures par la suite. Émergeant peu à peu, elle récupéra ses habits de la veille pour s'habiller et sortit de la chambre.

Après un tour rapide à la salle de bain, elle se présenta aux garçons le regard encore éteint. On lui cria deux « bonjour ! » du canapé alors que Suigestu vint poser une tasse de café devant elle. Il s'installa sur une chaise à côté.

— Bien dormi la marmotte ?

— Rentrer en vélo m'a tuée, je crois que je vais même pas tenir la journée...

Elle remarqua alors que son ami portait un tee-shirt manches longues. Elle savait pourquoi : la veille ou plus exactement il y a quelques heures, il l'avait doigtée tant et si bien qu'elle avait étouffé ses grognements en mordant son avant-bras. Elle essaya de se changer les idées mais ce fantôme de sourire sur les lèvres de son amant ne l'aidait pas. Heureusement, il changea lui-même de sujet :

— Qui t'a appelé cette nuit ?

Karin fronça les sourcils, elle pensait que cet appel avait eu lieu dans un rêve. Elle sortit immédiatement son portable et s'aperçut qu'elle avait pris un appel dans la nuit. Elle rappela Naruto pour savoir ce qu'il avait voulu lui dire. C'était étrange d'appeler aussi tard.

— Karin ! Quoi de beau ?

Il avait une voix super enjouée, comme toujours. Son débit de voix était rythmé et Karin espéra que la conversation ne s'éterniserait pas ; son cerveau ne le supporterait pas.

— Qu'est-ce que tu me veux cher cousin ?

— Moi ? Mais c'est toi qui m'appelles !

La réplique avait fusé trop joyeuse pour être vraie. Karin leva les yeux au ciel face à son exubérance.

— Tu sais que j'ai rien capté cette nuit, soupira la littéraire. Qu'est-ce que tu me voulais ?

Naruto aurait pu la faire mariner plus longtemps mais il eut pitié d'elle. Et tant mieux. Sa voix était bien plus posée quand il reprit la parole :

— L'appel d'Orochimaru a pris fin, le jugement a été rendu. Sa demande a été rejetée, il reste en prison.

— Vraiment ? murmura Karin dont le cœur était réduit au silence.

— Vraiment. J'ai pas tous les détails mais ses conditions de détentions vont être revues pour supprimer certains privilèges. Et bien sûr, hors de question de lui offrir des privilèges académiques. Bravo, termina-t-il d'un ton presque solennel.

— Me fais pas rire, j'y suis pour rien.

— Tu as ouvert une porte close ; après toi, d'anciennes victimes de ses cliniques ont élevé la voix ainsi que des professionnels de la santé et des universitaires.

Karin sentait son intérieur se ramollir tant les mots lui semblaient doux. Quand elle était jeune et seule dans cet appart, elle avait la sensation d'être seule au monde. Elle ne savait pas que les victimes d'Orochimaru formaient un groupe si important. Elle était persuadée d'être seule au monde.

Et soudainement, Naruto venait lui dire qu'elle avait porter une parole intime dans laquelle d'autres s'étaient reconnus. À ce stade, c'était tout simplement magique.

— Merci mec.

Elle ne savait pas quoi dire d'autre et manquait étrangement de mot pour s'exprimer. Elle voulait dire « merci d'avoir été un soutien et de ne pas m'avoir tourné le dos mec ». C'est juste que tout n'était pas sorti.

— Hinata se demande si elle rentre ce matin ou si dans l'après-midi ça va, continua-t-il sans transition.

— Cet aprem c'est parfait. Profitez bien les zamoureux.

Naruto se moqua d'elle, elle l'envoya promener. Et ils se dirent au revoir. Suigestu avait rejoint ses neveux pour jouer un peu avec eux et il proposait maintenant qu'ils partent tous à la patinoire.

Karin n'était pas une grande fan de sport, surtout le matin, mais elle pouvait passer outre pour profiter d'un bon moment. Après tout, ce n'était pas très risqué.

Mais Suigestu dut la ramener chez elle avec une compresse sur la tête. Il était mort de rire alors que la colère dominait chez elle. Ces imbéciles de gars qui avaient voulu s'improviser hockeyeurs. Connards. Y compris les gosses ; mini-connards.

Et pourtant ce n'était pas faute d'effort et de participation mais un connard indéterminé lui était rentré dedans après sa chute à lui. Qui était assez ignoble pour entrainer quelqu'un dans sa chute ? Un connard merci.

Hinata lui envoya un message parce qu'elle souhaitait passer du temps avec son cousin. Pas de soucis mais elle allait tenter de s'occuper pour sa part. Un rapide coup d'œil à ses courriels lui apprit qu'elle pouvait aller à l'opéra ce soir.

Elle mit ses bottes, remplaça les petits pois surgelés par un chapeau et s'y rendit. Alors qu'elle venait de faire la queue VIP pour les abonnés (une de ces bonnes résolutions d'un premier janvier passé) elle reconnut quelqu'un penché sur le livret d'une œuvre. Elle hésita avant de l'aborder.

— Tenten ? Je suis surprise de te voir ici.

— Surprise ? Tu m'as parlé de ce spectacle hier, se moqua gentiment la danseuse.

Elle aimait vraiment Tenten qui avait une manière bien directe de s'exprimer. Loin du bureau, ce n'était plus vraiment la même.

— On va s'installer ensemble ? Ah moins que ce soit pas très professionnel...

Tenten balaya cette pique d'un geste de la main. Elles se rendirent ensemble dans la salle pour profiter du spectacle à venir.

Hinata

Elle était en demi-sommeil, c'est pour cela que l'arrivée tardive de Naruto la réveilla. Elle cligna des yeux se demandant quelle heure il pouvait être. Quand Naruto se glissa sous la couette à ses côtés, elle frémit face à sa fraicheur.

— Tu as joué dehors toute la nuit ? comprit tardivement la jeune prof.

— Ouais, désolé de t'avoir abandonnée. Ça va ? Je t'ai réveillée ?

Hinata secoua la tête, emmêlant un peu plus ses cheveux. Elle avait bien dormi pour sa part, ne s'étant pas couché trop tard. Comme Naruto voulait encore profiter de sa soirée alors, il l'avait conduite à leur chambre et lui avait souhaité bonne nuit.

— Il est presque sept heures du matin, qu'est-ce que vous avez fait toute la nuit ? s'étonna Hinata.

— Un basket et un second repas avec les gars. Les gars c'est Sasuke, Shikamaru, Chôji, Lee et Tenten.

Bizarrement ça ne la choqua pas qu'il considère Tenten comme un des gars. Elle trouvait que ça correspondait bien à leur groupe. Elle l'écouta lui raconter les moments marquants de sa nuit. Elle ne pouvait s'empêcher de le trouver trop mignon dans ses relations avec ses amis.

— Tu joues un peu ? questionna-t-il une main sur sa hanche.

L'idée était tellement incongrue que la jolie brune rit doucement. Le sport ne faisait même pas partie des activités auxquelles elle pensait.

— Pas du tout.

— Vraiment ? Je croyais qu'il y avait plein de sports au camp de Temari ?

— C'est vrai, reconnut Hinata. J'ai même fait du rugby mais c'était plus par esprit d'équipe que par goût.

— J'ai du mal à t'imaginer en tenue, sourit largement Naruto. Tu n'as pas quelques photos ?

Hinata grimaça sans retenue :

— Je déteste les photos.

Naruto s'approcha d'elle la serrant dans ses bras.

— Dommage, j'aimerais avoir des tas de photos de toi.

Il déposa plusieurs baisers sur sa tempe, sa joue, son cou.

— Tu es tellement magnifique...

Ses joues rosissaient de plus en plus alors qu'elle sentait une main immense et chaude descendre jusqu'à ses fesses. Leurs lèvres se retrouvèrent passionnément alors que Hinata se sentait envahir d'un amour immense. Une idée lui vint alors.

— Attends, j'aimerais récupérer quelque chose.

Elle se courba pour fouiller son sac qu'elle avait abandonné près de son côté du lit. Elle y récupéra le foulard qu'elle avait finalement acheté. Celui qu'ils avaient vu ensemble au sex shop.

Quand Naruto vit ce qu'elle tenait, il haussa un sourcil avant de lui sourire doucement. Il la conduisit à s'asseoir sur lui et retira doucement son tee-shirt ample. Ses joues rougirent de voir ses seins si exposés mais Naruto poursuivit son idée. Il prit le foulard et le noua doucement autour de son cou. Le tissu cacha alors le dessus de ses seins et les petits médaillons dorés étaient autant de perles froides qui roulaient sur son corps.

— Est-ce que ça va ?

Hinata hésita, elle était déstabilisée dans cette tenue. Sa tête était baissée et le dessus de ses seins disparaissait sous le tissu chatoyant. Quelle vue avait Naruto allongé sous elle ?

— Je crois que oui.

Une des mains de Naruto quitta sa hanche pour se glisser sous sa culotte. Elle sourit, anticipant le plaisir à venir quand il atteindrait son clitoris et ses lèvres. Le blond semblait savoir exactement comment lui plaire et elle ne se rendit même pas compte qu'elle commença à bouger ses hanches en cadence.

Mais finalement ce furent les traits doux et concentrés de son petit-ami qui eurent raison de sa patience. Elle prit d'assaut ses lèvres - l'empêchant de la toucher plus longuement - et se décala pour enlever son caleçon. À chaque mouvement les médaillons la surprenaient par leur fraicheur contrastant avec la chaleur de leur étreinte.

Sa culotte disparut alors qu'un de ses tétons se faisaient aspirer par les lèvres tentatrices de Naruto. Quand elle l'enjamba de nouveau, elle se laissa happer par l'intensité de son regard qui allait de ses seins à son visage sans savoir où se fixer.

Ils firent l'amour dans un silence presque complet, presque sacré, entrecoupé simplement par leurs respirations. Et ils s'écroulèrent peu après ensemble. Serrés l'un contre l'autre.

— J'ai pas envie de dormir, lâcha subitement Naruto. Tu comptes te rendormir ?

Constatant que la nuit était finie pour eux deux, ils se levèrent. Naruto ouvrit les volets et Hinata put enfin se rendre compte de la chambre dans laquelle elle se trouvait. Elle avait l'impression de se trouvait un peu dans une chambre d'hôtel tant la décoration était soignée et impersonnelle. Cela ne l'empêchait pas d'être très chaleureuse.

Et elle put voir un poster encadré de taille plutôt moyenne, voire petite. Elle y vit Naruto, les cheveux lumineux et en pagailles, un sourire des yeux aux coins des lèvres. « Un peu d'ambition, un peu de BOL ! » s'exclamait l'affiche promotionnelle.

— C'est ta première affiche, reconnut Hinata en se plantant devant. Quelle est son histoire ?

Naruto vint derrière elle et l'enlaça doucement.

— Quand j'ai voulu me présenter pour le poste d'Hokage, Kakashi m'a aidé à candidater. J'étais connu du public mais je n'avais pas de parti politique et je refusais de m'affiler avec ceux qui existaient alors j'ai dû en créer un. J'ai regardé mon bol de ramen et voilà !

— Vraiment ?

Hinata se courba pour voir son petit-ami.

— Tu as nommé ton parti selon ton plat préféré ? J'arrive pas à croire que Sasuke et Shikamaru t'aient laissé faire ça. Ni Kakashi-sama.

Naruto éclata de rire gaiement.

— Tu as raison mais j'ai fini par avoir gain de cause en trouvant le bon acronyme. Et si on allait manger ?

— Tu n'as pas déjà mangé dans la nuit.

— C'est toute les quatre heures, se fit-elle répondre avec sérieux.

Ils poursuivirent leur conversation en descendant au rez-de-chaussée. Le politicien avait réfléchi autour du mot « bol » pour finalement lui donner sa définition personnelle. La chance associée ne suffisait pas. Il avait choisi d'œuvrer pour une société bienveillante, occupée et libre. Et finalement ça lui correspondait totalement.

Avant d'entrer dans la cuisine, ils surprirent une discussion mouvementée entre Shikamaru et Temari qui les mirent mal à l'aise. Ou au moins Hinata, parce qu'il n'était pas certain que quoique ce soit puisse gêner le blond.

— Tu fais chier, disait le Nara d'une voix trainante et distante.

— Ouais, réfléchis avant de mettre une chieuse en cloque la prochaine fois, répliqua sa campagne sur le même ton.

— Si par réfléchir, tu entends mettre en doute les engagements de ma femme, j'y manquerais pas !

Un court silence suivit sa réplique acide et Hinata crut que Temari n'allait rien répliquer. Mais c'était un espoir fou.

— Je suis pas ta femme.

C'est ce moment que choisit Naruto pour entrer bruyamment dans la cuisine, la trainant avec lui.

— La vache, j'ai cru que vous alliez sortir les couteux.

Les futurs parents levèrent les yeux au ciel en même temps, dans une synchronisation comique tant elle était parfaite.

Ils se saluèrent avant que Temari disparaisse aux toilettes.

— Il y a vraiment pas de céréales ? grogna Naruto. Tu étais sensé les amener, t'abuses.

— Le paquet a du rester dans mon sac au vestiaire.

Le sourire de Naruto réapparut aussitôt. Il sortit de la cuisine d'un bon pas laissant Hinata mal à l'aise face à Shikamaru qui buvait son café sans lui jeter un regard.

Mais l'inquiétude qu'elle ressentait pour son amie était plus forte que le malaise qui la prenait devant cette froide retenue.

— Est-ce que Temari va bien ? questionna-t-elle doucement en faisant l'effort de garder ses bras le long du corps.

— Je m'abstiendrai de parler pour elle.

Elle crut un moment entendre Temari tant le ton était dur et définitif. Finalement peut-être qu'ils étaient bien assortis. Quoi qu'il en soit, les mots aigres de la blonde lui avaient rappelé une ancienne discussion qu'elles avaient eu au sujet de la maternité. Une discussion qui l'avait marquée tant elle s'était senti démunie et à laquelle elle avait souvent pensé par la suite.

Elle n'hésita donc pas en demander au brun s'il avait un stylo et un bout de papier. Il lui tendit un calepin avec un stylo coincé dans les anses. Elle s'en saisit et écrivit les références qu'elle avait en tête.

— Tu devrais offrir ce petit livre à Temari, je suis sûre que ça lui ferait du bien.

L'homme en face d'elle fronça les sourcils.

— Fais-le toi, souffla-t-il avec ennui.

— Ça aura plus de valeur si ça vient de toi, expliqua sobrement Hinata.

— Désolé d'avoir mis autant de temps, lança Naruto en revenant. Lee et Gaara s'étaient planqués pour manger mes céréales !

Karin

— Tu as un truc de prévu cet après-midi ? questionna Hinata le lendemain matin.

Finalement, elles ne s'étaient même pas croisées la veille. Hinata avait passé du temps avec sa famille ce qui était une bonne chose après sa mauvaise humeur après avoir dû annuler son entrevue avec son cousin.

Karin secoua la tête, elle était penchée sur ses notes avec trois bouquins ouverts en train de réfléchir à un prochain cours. Hinata faisait un smoothie pour commencer bruyamment cette matinée qui serait accompagnée de pain spécial.

— Il y a un stand de don du sang dans le quartier. J'en ai parlé aux élèves et je me demanderais si ça te dirait d'y aller avec moi.

— Ça dure à peu près une heure c'est ça ? D'accord, ça m'aérera l'esprit.

Karin eut droit à un grand verre de smoothie à siroter et Hinata partit donner cours. La soirée de la veille, la littéraire avait passé une très bonne soirée avec Tenten. Cela faisait des lustres qu'elle n'était pas aller voir de spectacles : pas parce qu'elle n'aimait pas sortir seule mais juste parce qu'elle s'était repliée sur elle-même.

Elle continua à travailler jusqu'à midi où elle chercha rapidement quoi manger. En vérifiant son téléphone, elle trouva quelques messages de Suigestu, globalement des liens vers des trucs drôles ou curieux qu'il avait vu, ainsi qu'un texto de Tenten. C'était une surprise dans le très bon sens. Si elle revenait vers elle, ça voulait dire qu'elle aussi avait passé une bonne soirée la veille.

Très vite, elles convinrent de se retrouver dans l'après-midi. Karin se remit au travail, se disant une nouvelle fois qu'elle devrait récupérer quelques livres en plus chez Sasuke. Elle galérait à se souvenir précisément des extraits qu'elle avait en tête.

Dès que l'horaire approcha, Karin partit quitter son pyjama et se rendit au lieu de rendez-vous. Tenten l'attendait déjà, un casque sur les oreilles qu'elle retira quand elle l'aperçut.

— Tu dois avoir un don pour choisir les lieux de rencards, fit-elle observer en regardant l'affiche explicative.

— Tu pourras remercier Hinata.

En attendant que cette dernière arrive, elles prirent un questionnaire qu'elles remplirent en discutant posément. L'ambiance était sereine malgré tout le personnel médical. La Hyuga arriva sous peu et les rejoignit.

La discussion allait et venait sans gêne. Contrairement à ce qu'avait cru Karin, ses deux amies ne s'étaient pas beaucoup vu dimanche. Tenten avait dormi presque toute la journée après une nuit sportive et elle n'avait donc pas accompagné Neji et Hinata en ville.

Elles passèrent d'une salle d'attente à une autre avant d'être installées dans les fauteuils adéquats. Elles eurent de la chance, elles furent assez près pour poursuivre leur discussion. Un sujet en amenant un autre, Karin s'était mise à parler de son passé de conceptrice d'intérieur qui intéressait bizarrement beaucoup ses amies.

— Tu as travaillé sur tellement de logements, c'est fou que tu n'en es pas fait ton métier, s'étonnait Hinata.

— Il fallait beaucoup de fonds et je n'étais pas sûre d'atteindre une bonne marge de rendement donc j'ai revu mes ambitions à la baisse tout simplement.

— Tu serais toujours intéressée pour ce genre de projet ? questionna Tenten. Tu en parles de manière si passionnée.

— Pourquoi pas, mais j'aime vraiment être prof et ne pas avoir à dépendre d'un client. Je n'ai aucune envie de remplacer l'un par l'autre.

Karin avait peut-être trouvé par hasard son job de rêve, n'empêche qu'elle y tenait.

Hinata

À peine arrivée chez Naruto, elle partit se laver les mains. Elles étaient moites et c'était très désagréable. Ils prévoyaient ce moment depuis quelques jours et elle avait hâte autant qu'elle était anxieuse. C'était le premier jour de leur jeu de rôles.

D'habitude, elle ne réfléchissait pas tant avant de passer à l'acte. Mais pour cette fois, ils avaient décidé ensemble d'une esquisse de scénario pour savoir ce que l'un et l'autre aimeraient. C'était un peu comme se préparer pour une compétition.

Quand elle revint près de Naruto, elle ne sut pas vraiment quoi dire, ni quoi faire. Elle le laissa parler, se contentant d'acquiescer quand il distribua les boites des déguisements. Hinata partit s'habiller dans la salle de bain et ça lui demanda beaucoup de patience.

La robe qu'elle devait mettre était faite de plusieurs pièces à assembler. Elle commença par une fine blouse blanche, puis le corset (qui ressemblait finalement à un grand soutif), puis les bas, venaient plusieurs jupons et enfin le tissu fleuri de la robe elle-même. Le tout était faste et presque mignon.

Elle sortit de la salle d'eau en regrettant de ne pas avoir penser aux chaussures mais tant pis. Elle n'avait pas non plus la coiffure adéquate et encore moins le maquillage.

Naruto l'attendait en faisant les cent pas de le couloir. Inconsciemment, il avait adopté une posture plus raide dans son costume d'époque. Bas et haut étaient d'un orange vibrant qui rompait avec le blanc de sa chemise. Il n'avait oublié ni les collants, ni les chaussures de son côté.

Il lui sourit d'un air timide alors qu'elle ne pouvait le quitter du regard. Elle n'avait qu'une envie : plonger dans ses bras. Il fit un pas faire elle et se racla la gorge.

— Tu es toujours partante ?

Hinata hocha la tête, elle commençait à avoir chaud dans cette ensemble. Peut-être n'aurait-elle pas du mettre tous les jupons.

— On se rappelle nos codes ?

Ils firent l'échange d'un ton quelque peu tendu. L'appréhension était là des deux côtés. Ils avaient déjà échangé leurs idées principales pour le scénario globale. Ils ne leur restaient qu'à jouer.

Hinata se posta dans la chambre ; ça devait être la sienne dans l'histoire. Elle ne savait pas quoi trop faire alors elle sortit une brosse et lissa ses cheveux en attendant l'interruption de Naruto. Ce dernier prit quelques instants avant d'apparaître.

Elle se leva pour entrouvrir la porte et écarquilla les yeux. Ils avaient même proposer de nouveaux noms : Sieur Nator et Princesse Tiana. La princesse était jeune, inexpérimentée, encore plus à côté du seigneur. Un noble qui n'avait rien à faire sur le pas de sa chambre ce qu'elle lui dit aussitôt.

— Je devais venir vous voir, susurra Nator en comblant la distance entre eux.

Le vouvoiement était venu naturellement dans leur petit jeu ; ce qui convenait à merveille à Hinata. La porte se ferma et elle dut revenir à l'instant présent.

— Vous me devez un baiser, déclara le grand blond avec force.

Hinata ne s'attendait pas à une telle déclaration, leur scenario n'était pas très détaillé.

— Pa-pardon ? Je ne vois pas comment...

— Vous ne voyez pas mais je vois.

La voix de Naruto transpirait la confiance, c'était comme de la volonté pure qu'elle sentait courir sur son corps. Elle dut lever la tête, poussée par deux doigts chauds sous son menton.

— Vos regards sur moi. Vos rougissements. Vous êtes bien quémandeuse Princesse.

Elle s'empressa de secouer la tête :

— Non ! Il y a méprise.

Son haussement de sourcil fut parfaitement condescendent.

— Je serais donc en tort ?

Les frissons s'accentuèrent encore. Hinata se fondait dans son personnage.

— N-non, bien sûr que non. Mes excuses monseigneur.

Elle sentit soudainement les lèvres de Naruto s'écraser sur les siennes. Elle se sentit bercée par la sensation commune et n'eut qu'une envie : fondre dans ses bras. Elle se retint. Elle voulait demeurer fidèle à son personnage et s'astreignit à la passivité.

Quand Naruto la regarda, elle n'eut aucune difficulté à rougir. C'était tellement étrange de simplement recevoir un baiser.

— Vous pouvez repartir désormais n'est-ce pas ?

— J'aurais pu ; malheureusement vous n'avez pas dénié me donner un baiser. C'est extremement décevant.

C'était comme jouer au chat et à la souris, un schéma si convenu que même sans savoir précisément ce que Naruto faisait, elle trépignait d'impatience. Ses cuisses la brulaient. Sa respiration devait plus profonde au fur et à mesure qu'elle se rendait compte à quel point elle aimait cette situation inconvenante.

Quand elle se « rebellait » contre la situation, simplement pour qu'il puisse s'opposer à elle. Quand elle devait feindre l'ignorance et l'inquiétude alors qu'elle n'éprouvait qu'impatience et excitation. Le noble personnage exigeait toujours plus d'elle, plus de baiser, plus de fougue, plus d'abandon. Elle sentait que pour lui aussi, il y avait un vrai crescendo. Peut-être même qu'il gérait moins bien l'ascension qu'elle...

Il saisit sa main et la plaqua sur son entrejambe (au moins aussi bouillante que la sienne).

— Ceci est de votre responsabilité Princesse. Approchez vos douces lèvres.

Hinata fit l'ingénue, elle vint vers lui comme pour l'embrasser. Elle vit un éclair malicieux dans les yeux de Naruto : son cœur fit un vrai saut périlleux.

— Vous avez bien du mal sans directives.

Une main s'approcha d'elle et se suspendit en plein vol. L'attitude de son partenaire avait changé et elle laissait voir une certaine incertitude qui ne collait pas avec le personnage. Hinata resta silencieuse se contentant de prendre sa main et d'en caresser le dos du pouce.

— Si tu n'es pas d'accord avec ce qui suit, tape au sol, prévint-il.

Il attendit son hochement de tête avant de la faire habilement ployée d'une pression derrière les genoux. La main de Naruto quitta la sienne et vint se placer au dessus de sa mâchoire. Il mit un peu de pression et sa bouche s'ouvrit. Hinata savait ce qui allait venir, Tiana était dans l'ignorance et la terreur de perdre quelque chose dans cette aventure. Et l'idée que Naruto puisse lui prendre quelque chose - quand bien même elle aurait pu lui offrir - l'allumait complètement.

Elle avait juste hâte de sentir son gland puis sa hampe dans sa bouche. Elle trouvait ses gestes trop lents mais il devait s'occuper de son costume avec une unique main. Il gardait l'autre pour elle. Elle gémit quand elle vit se glisser la verge de Naruto en elle. C'était une position dont ils n'avaient pas l'habitude, une vue nouvelle.

Elle aurait pu continuer à jouer l'ingénue mais elle n'en avait pas envie. Elle voulait faire plaisir à son homme, lui montrer son affection et son attention pour lui. Alors elle ouvrit la bouche et fit glisser sa langue sur le membre tumescent. Elle suça le gland, caressa les bourses, avant de déplacer ses mains sur sa hampe pour le masturber en même temps.

Peut-être qu'il sentit que quelque chose n'était pas comme d'habitude ; peut-être qu'elle se déchainait. En tout cas, il lui demanda à mi-voix s'il pouvait éjaculer, sous-entendu dans sa bouche. Ne voulant pas s'arrêter, Hinata leva un pouce en l'air qui provoqua un lumineux sourire de sa part.

Quand elle sentit le liquide s'étendre sur sa langue, elle retira lentement le pénis de sa bouche et fut heureusement de trouver la main de Naruto pour s'aider à se relever. Il lui tendit la bouteille d'eau en silence. Il embrassa son front et la tint près de lui.

Hinata avait l'impression que le jeu avait pris fin et c'était très loin de ce qu'elle souhaitait. Son degré d'excitation avait atteint des sommets et elle voulait s'en servir. Ne restait qu'à savoir comment le communiquer à son partenaire. Elle s'accrocha à sa veste colorée et leva la tête vers lui. Elle n'avait qu'à suivre la discussion qu'ils avaient initiée avant la fellation.

— Pensez-vous que je plairais à mon fiancé ainsi ?

Le regard de Naruto fut perdu pendant un moment mais ce fut court. Il lui sourit malgré un regard plus sombre qu'elle attribua à la jalousie. Elle sentit sa prise se raffermir un peu plus et son autre main attrapa son jupon pour le raccourcir. Encore une fois la manœuvre paraissait malhabile tant leur costume n'était pas fait pour un effeuillage facile. Elle oublia toutes ses pensées quand il atteignit sa cuisse.

Il la souleva pour la poser sur la commode dans son dos et commença à masser ses cuisses, s'avançant jusqu'à son entrejambe. L'impatience était telle que Hinata ne pensait à retenir ni ses gémissements ni ses mouvements de hanche.

— J'avais raison, lui murmura-t-il à l'oreille. Vous êtes toute quémandeuse.

Elle ne savait pas comment il faisait pour provoquer ses sentiments éparpillés et mouvants. Tout ce qu'elle savait, tout ce qu'elle entendait, c'était ses propres impressions. L'urgence. Le désir. L'interdit. Le frisson. Elle ne s'éloigna que le temps de sortir le pénis de son compagnon et de l'aider à enlever son propre sous-vêtement. Naruto la ramena à lui et la pénétra avec urgence. Il avait le regard fixé sur ses seins qui ressortait de son corset dans cette position. Elle lui releva tendrement la tête : elle voulait profiter de ses yeux bleus.

La chaleur l'étouffait presque entourée de jupons et de Naruto. Elle sentait ses rougeurs se répandre. Hinata était dans un état second, presque bercée et elle ne vit même pas la jouissance arrivée. Elle sentit juste qu'elle s'était produite car ses muscles se détendaient et une douce euphorie la prenait. Elle resta accrochée à Naruto et fut surprise quand il se retira et qu'elle sentit un liquide couler le long de sa cuisse.

— Désolé, j'étais vraiment ailleurs.

Hinata aussi, cette possibilité ne lui avait même pas traversé l'esprit. Il traversa la chambre et saisit son portable.

— J'irais te chercher une pilule du lendemain ça te va ? Je me mets un rappel.

Dès que l'urgence fut réglée, il revint près d'elle et la conduisit jusqu'au lit. Ils s'allongèrent ensemble pour se câliner doucement. Ce moment n'était qu'à eux. Hinata était prête à ignorer la faim qui pointait le bout de son nez et s'endormir dans les bras de Naruto. Elle fut donc surprise quand il brisa leur tranquille silence.

— Je voulais te dire merci. Je me sens libre avec toi.

Hinata était surprise de ses paroles. Elle ne savait pas bien de quoi il parlait et quand elle se retourna vers lui, elle vit ses joues rouges. Cela la poussa à croire qu'il parlait de ce qu'ils venaient de tester. Et elle aussi était surprise d'avoir réussi à être aussi vite et aussi pleinement en confiance avec Naruto.

— J'essaie de cacher que je suis un homme de Cro-Magnon d'habitude.

Hinata ne put s'empêcher de rire gaiement.

— Tu joues très bien au noble pour un homme des cavernes.


Bonjour, j'écris à fond en ce moment donc je peux vous poster ce chapitre un peu plus tôt. J'espère que vous allez bien, que cette histoire vous plait toujours. Merci à ceux qui suivent la publication, ça fait plaisir.

Bonne journée, Maneeya.