Heeeey Salut a tous ! Désolé pour l'attente mais voici le prochain chapitre ^^
merci a ceux qui ont suivit l'histoire et qui l'ont mit en favori ;3
J'espère que la suite vous plaira !
Bonne lecture
Aussitôt que je compris ce que cela signifiait, mon corps se mit à trembler de rage et de honte, il voulait que je remonte la queue entre les jambes ? Comme un enfant qu'on aurait envoyé dans sa chambre pour se calmer, revenant timidement voir si ses parents étaient encore en colère contre lui ? Hors de question que j'offre cette satisfaction au vampire. J'allais certes bien devoir bouger d'ici, mais je me débrouillerais pour l'éviter… non attends… cela ne voudrait il pas dire que j'avais peur de me tenir à nouveau devant lui ? Inadmissible que ce vampire pense une chose pareille.
Je me mordis la lèvre, hésitant sur ce que je devais faire. Puis je choisis finalement de sortir, on verra bien comment les choses s'enchaîneront.
Je grimpais en silence l'escalier de cette sombre cave, mes pas glissants sur la pierre avec le moins de bruit possible. Le trajet me parut interminable et enfin, une porte en bois se dressa au-dessus des marches. Je la poussais du bout du doigt, elle révéla les couloirs tapissés de rouge du manoir. Je m'y aventurais à nouveau. Encore plus déterminé à me débarrasser de celui qui me détenait de cette manière…
Je parcourus longtemps des allées vides, mais très bien entretenues, pas une trace de poussière, chaque meuble luisait faiblement tant ils avaient été soigneusement nettoyés. Je n'avais pas pensé un seul instant que c'est lui qui aurait pu nettoyer, et cela se confirma un peu plus loin, quand je croisais des servantes et serviteurs, qui passaient sans m'accorder un seul regard, occupé dans leurs tâches du jour. Ainsi, en plus d'esclaves, il avait des domestiques… aimait il faire preuve de domination et s'entourer personnel ? Quelle question… bien sûr que oui… ma colère s'intensifia encore plus, comme si cela était encore possible.
Après quelque minutes de marche, où j'avais regardé partout autour de moi pour tâcher de m'orienter sans succès, je débouchais dans un petit salon. En le parcourant du regard, je serrais automatiquement les poings quand je vis Zoro, assis nonchalamment dans un canapé en cuir noir, livre à la main. La lumière naturelle apportée par les baies vitrées faisait ressortir la couleur inhabituelle de ses cheveux tout en couvrant le sol de paillettes dorées, le soleil était visiblement revenu entre temps. La scène devant le portail me revint en tête, et mon poignet se mit à fourmilier. Bloqué dans mon mouvement, je restais sur le pas de la porte. Une seconde à peine s'écoula, et le vert baissa légèrement son livre, juste assez pour que je puisse voir son sourire satisfait.
- T'en as mis du temps… dis-moi, tu t'étais perdu en route ?
Je me mordis la langue sans répondre. Comme si j'étais censé connaître le chemin… idiot. Il ajouta avec un brin d'amusement, tout en se relevant pour poser son ouvrage sur l'étagère directement à sa droite.
- Tu n'as plus ta répartie ? Dommage…
Il me cherchait en plus ? Et cela marcha très bien… en plus de m'énerver contre lui, je le fis contre moi même, car j'avais frémi à l'instant où il s'était relevé. Et ça, ce n'était pas acceptable… il fallait que je me reprenne rapidement, j'articulais un
- Va te faire voir
Avec tant de colère contenue, que cela m'irrita la gorge, avant de me retourner, prêt à partir. Je sentis une présence dans mon dos et je me crispais malgré moi, encore cette fichue aura… il fallait que j'apprenne à y devenir insensible. Plongeant mon regard dans la contemplation du couloir en face, je comptais bien l'ignorer et poursuivre ma marche, mais c'était juste avant d'entendre ces paroles froides.
- Je te conseille de te calmer si tu ne veux pas en payer les conséquences. Et puis, n'essaye plus de t'enfuir. Je suis un vampire… je te retrouverais bien avant que tu puisses faire ton deuxième pas hors de la propriété. Ah et il y a un repas de prévu pour toi à 18h, dans le grand salon. Je te conseille de prendre tes marques maintenant.
Les mots firent écho dans ma tête en se détachant avec une netteté absolue, éveillant encore une fois, cette partie bouillonnante de rancœur en moi. Je me mordis la langue et tournais ma tête sur le côté pour lui envoyer un regard assassin.
Avant de partir sans plus me préoccuper de lui, les poings toujours serrés. Je n'avais pas l'intention de m'abaisser à lui répondre… je guettais silencieusement le bruit derrière moi, attendant de voir s'il me suivait. Mais ce n'était pas le cas, je me détendis légèrement au fur et à mesure que je m'éloignais, en me concentrant sur le rythme de mes pas. Il avait le don de m'agacer celui-là… il m'avait parlé de manière si supérieure… alors comme ça il ne me laisserait pas m'enfuir ? Il allait me garder ici jusqu'à ma mort ? Et il pensait sérieusement que j'allais l'accepter sans me battre ? Cet idiot allait voir… si sortir d'ici ne suffisait pas, alors je me débrouillerais pour éradiquer le mal à la racine. J'allais devoir utiliser des méthodes plus radicales. Il se mettait entre moi et ma liberté… il devait donc, disparaître.
Mais bon, en attendant qu'un plan se forme dans ma tête moins je le voyais, mieux je me portais. L'adaptation risquait d'être dure… je soupirais un grand coup pour me calmer. Faisons les choses dans l'ordre…
Je commençais à visiter le manoir, pas parce qu'il me l'avait demandé, surtout pas. Mais parce que c'était ce que je comptais faire de toute manière. J'observais distraitement les jardins, visibles à travers les grandes fenêtres de l'étage. La faible lumière du soleil faisait ressortir l'herbe verdoyante et le rouge éclatant des pétales de rose, c'était très joli. Encore une fois, je ne regardais pas où j'allais… et encore une fois, je percutais quelqu'un. Sauf que dans ce cas précis, c'est l'autre personne qui finit projetée au sol. J'ouvris la bouche pour m'excuser précipitamment, mais me stoppais en voyant l'éclat d'horreur passer dans les yeux de la domestique. La pauvre avait perdu ses lunettes dans la chute, et ne voyait pas réellement qui elle avait en face d'elle. Et paniqua à l'idée qu'elle venait de percuter le maître des lieux. Le seul homme, pensait-elle, qui serait à même de rester parfaitement immobile face au choc.
- E.… excusez-moi ! Ça ne se reproduira plus Roronoa-sama !
Je vis ses doigts trembler légèrement, et plissais légèrement les yeux, désolé par la manière dont il semblait inspiré la peur aux autres, même au sein de son entourage. Je n'imaginais même pas le calvaire que cela devait être au quotidien pour ses servants… alors lentement, je me baissais vers cette jeune femme, tout à fait jolie au passage, avec ses cheveux de jais et ses yeux émeraude, avant de lui tendre ces lunettes gentiment. J'attendis qu'elle les remette avant de répondre.
- Je ne suis pas Roronoa… désolé de t'avoir bousculé
La domestique, sembla soulagée un instant, puis me détailla, forcée de constater son erreur. Avant de sourire légèrement, cette fois, elle se détendit, et sembla comprendre qui j'étais réellement,
- Oh, vous êtes l'esclave acheté par le maître aujourd'hui !
Aussitôt qu'elle sembla réaliser ce qu'elle venait de dire, elle se plaqua une main sur la bouche. Avant de détourner légèrement le regard. Elle avait parlé sans réfléchir. Se doutant bien que le sujet devait être sensible. Et ce qu'elle avait dit était vrai… j'étais un simple esclave, mais se le faire rappeler de cette manière, sans préparation en plus… je me mordis la langue. Et un silence s'installa entre nous deux. Au bout de quelques longues secondes, je poussais un soupir et me redressais, lui tendant la main dans le processus, je n'allais pas m'énerver contre une Lady tout de même.
- C'est moi… je vois que la nouvelle a déjà circulé…
La jeune femme, toujours gênée, hocha la tête, et prit volontiers ma main pour s'aider à se relever. Elle regarda à droite et à gauche comme pour s'assurer que personne ne pourrait l'entendre, son regard vert étincela légèrement alors qu'elle se rapprochait, comme pour me confier un secret, elle chuchota
- Désolé… et euh… s..si ça peut, vous aidez, je sais que les prochaines semaines seront compliquées pour vous… on met toujours un temps à s'habituer… mais, si vous faites ce qu'il vous demande… alors, il ne vous fera rien… les rumeurs, ne sont pas très exactes… il… il… ne fait pas ça pour le plaisir… enfin un peu, mais, enfin non, bref ! juste, si vous faites ce qu'il veut. Alors tout ira bien…
Je haussais un sourcil devant cette tirade décousue, avait-elle essayé de me rassurer ? En tout cas, ça n'eut pas l'effet escompté. Ainsi, il fallait faire ce qu'il demandait… je ricanais intérieurement, ce n'était absolument pas dans mes projets. Pendant ma rapide conversation mentale, je la vis se détourner légèrement de moi. Un sourire étrange sur le visage, que je décidais d'ignorer, n'attendant pas de réponse de ma part, elle allait continuer son chemin pour vaquer à ses activités, mais je la retins par la manche. Le tissu se froissa dans un petit bruit, et j'ai la lâchais bien vite, inquiet du fait qu'elle pourrait le prendre mal. Décidément, mes manières laissaient à désirer… en tout cas, le geste eu l'effet escompté son regard d'émeraude se fixa à nouveau dans les miens, à travers le verre de ses lunettes, avec une pointe de douceur mêlée à de l'interrogation. Elle semblait gentille… alors je me dis que c'était peut-être une bonne occasion de demander une faveur…
- Hum, d'accord. Merci du conseil. Dis-moi, tu pourrais me montrer où se trouve le grand salon… je suis un peu perdu…
Elle hésita, un instant ses yeux se perdirent dans la contemplation du jardin en contrebas, le soleil illumina sa peau pâle, ses fines lèvres pincées trahissaient sa réflexion, sur un visage qui restait pourtant neutre dans les autres signes qui auraient éventuellement pu m'éclairer sur la teneur de ces pensées. Pourquoi cela nécessitait un tel questionnement ? Allait-elle finalement refuser ? En tout cas, j'attendis, en faisant de mon mieux pour ne pas que mes pupilles bleutées ne laissent apparaître de l'impatience. Quelque seconde plus tard, elle me jeta un petit coup d'œil, semblant m'analyser. Avant de se tourner complètement vers, moi, elle avait l'air d'avoir accepté de m'aider, sa voix cristalline résonna mélodieusement tandis que sa bouche s'étirait en aimable sourire,
- Suis-moi
Je la remerciais d'un regard, notant qu'elle était passée au tutoiement, avant de m'exécuter. Sa démarche souple ne faisait absolument aucun bruit sur le marbre, ce qui lui donnait l'étrange impression de flotter au-dessus du sol, et si le frottement de ses vêtements ne produisait pas ce léger son de tissus froissé, elle aurait été totalement silencieuse. Ayant de plus grandes jambes qu'elle, il ne fut pas dur de la suivre, mon regard parcourait les murs en essayant de trouver des points de repère, pour tâcher de m'orienter à l'avenir. Le manoir était grand… pour moi, tous les couloirs se ressemblaient. Elle ralentit finalement devant une lourde porte en bois à deux battants, finement gravée dans des arabesques toutes plus compliquées les unes que les autres. Elle ne me laissa pas le loisir de les admirer et la poussa sans difficulté. Ce qui m'étonna légèrement au vu du poids évident de celle-ci, et de sa frêle carrure… elle fit quelque pas en avant et d'un grand geste de la main, me présenta l'immense pièce à vivre
- Voilà !
Je lui souris, en la remerciant une dernière fois. Elle avait vraiment l'air gentille… elle au moins, avait continué d'agir normalement même en sachant mon statut, contrairement aux gens en ville, qui avaient tous ce dédain mêlé à cette pitié. Comme si je n'étais qu'un animal malheureux… je lui en étais reconnaissant pour ça. Je détachais mon regard de son corps et regardais plus attentivement la pièce devant moi, une grande table était disposée sur un des côté, l'espace était ensuite pris par des fauteuils moelleux et une petite table basse. Sur une étagère, des livres aux couvertures de cuir était entreposé. Quand j'eus fini d'analyser sommairement le lieu, mon attention revint naturellement sur la femme à côté de moi. La servante laissa ses pupilles parcourir la pièce, une flamme de doute s'était mise à danser dans celles-ci, semblant hésiter à dire quelque chose. Le silence s'épaissit entre nous, j'allais lui demander ce qui n'allait pas, mais enfin, elle se lança et posa la question qui lui brûlait la langue depuis maintenant plusieurs minutes.
- Il t'a pris du sang déjà ?
Surpris par la question, je mis quelques secondes à réaliser que cela voulait dire qu'elle était au courant pour la vraie nature de Zoro… je serrais le poing, et aussitôt j'établis que cela voulait dire qu'il lui en prenait à elle aussi. Cela aurait pu être toute autre chose, mais je ne l'envisageais pas… surtout quand on savait ce qu'il m'avait fait un peu plus tôt… la douleur revint parcourir mon poignet sous la forme d'éclair sournois et invisible. La simple idée qu'une souffrance pareille puisse être infligée à d'autres, surtout à cette jeune femme à l'air si gentille, me mettais hors de moi. L'océan de mes yeux s'assombrit, ressemblant à un orage sur le point d'éclater, et les grondements du tonnerre qui l'accompagnaient se firent entendre dans ma voix quand je répondis à sa question par une autre. En tâchant de ne pas me montrer trop agressif,
- Il t'en prend à toi ?
La réponse ne tarda pas à venir, je remarquais une étrange lueur s'allumer dans ses yeux si expressifs, voyant bien l'énervement que cela avait créé en moi. Je ne compris pas le sourire cristallin qu'elle me fit en réponse. Pourquoi elle semblait si ravie ? En tout cas, elle finit par secouer négativement la tête, ses cheveux de jais ondulèrent légèrement sur ses épaules alors qu'elle soutint mon regard, avec le sien si doux qu'il réussit à m'apaiser légèrement, comme une sorte de baume qui avait fait retourner ma haine bouillonnante au fond de mon cœur dont il était originaire.
- Non, je suis O.+, mon sang n'a rien d'intéressant pour lui, d'ailleurs, la plupart des serviteurs ici ont le même groupe sanguin que moi.
Je plissais les yeux, en assimilant cette nouvelle information, un peu rassuré qu'elle n'ait pas à subir ça à chaque fois que monsieur avait une petite faim… un soudain élan de lucidité me frappa, et mes yeux s'écarquillèrent d'eux-mêmes. Une hypothèse était née en moi… et si…
elle était tellement horrible de mon point de vue que je la chassais violemment, quoi que cela ne m'étonnerait même pas de sa part. À la place je changeais de sujet, en essayant de trouvé le plus anodin possible, pour me calmer, rester dans cet état devant une dame… n'était pas acceptable. Bien vite je me rendis compte que nous n'avions pas échangé les présentations… quel idiot je faisais, j'ouvris la bouche, qui s'étira dans un léger sourire, en voulant réparer immédiatement cette erreur grossière,
- Me ferais-tu l'honneur de bien vouloir me donner ton nom ?
Elle sursauta, visiblement surprise par la question, mais surtout par la manière dont j'avais choisi de la tourner, sa main vint fugitivement se placer sur sa bouche, pour dissimuler un léger rire amusé, avec un entrain naturel, elle me répondit
- Azura !
Elle allait sans doute rajouté un « et toi » à la fin de la phrase, comme les règles de la politesse l'exigeaient dans cette situation, mais le léger tintement d'une cloche l'interrompit. Sa mélodie grave, mais agréable se répercuta dans la pièce, la plongeant dans une ambiance un peu plus apaisée, elle sonna quelquefois, et le regard de la domestique se perdit derrière moi, fixant une horloge, source du bruit, et quand les aiguilles de fer sombre révélèrent l'heure de la journée elle grimaça, en coupant la phrase qu'elle allait dire pour reprendre rapidement
- Ah ! Je vais être en retard ! Je te laisse, à une prochaine fois !
Elle me fit un signe discret de la main en guise d'au revoir, et disparut à l'angle d'un couloir, pressée de se rendre à l'endroit où elle était censée être. Je vis l'éclat de ses yeux d'émeraude scintiller légèrement quand elle me jeta un dernier coup d'œil en tournant, avant qu'elle ne parte définitivement. Quant à moi, je restais figé sur place par la rapidité de sa disparition, avant de hausser les épaules en esquissant un petit sourire de sympathie. Elle avait une joie de vivre un peu étrange au vu de sa situation… enfin bref, l'autre buveur de sang avait dit à 18h, il me restait donc une heure… je n'avais pas réalisé que j'avais passé tant de temps à errer dans les couloirs… d'ici, et pour mon plus grand bonheur, je su m'orienter jusqu'à la chambre qui m'avait été assignée au début. Aussitôt rentré, je fermais la porte derrière moi, soulagé d'entendre le « clic » caractéristique du verrou, avant de m'asseoir sur mon lit, le regard vide, parcourant les murs de la pièce comme s'ils détenaient une réponse particulière. J'avais toujours du mal à assimiler ce qui m'arrivait…
d'abord, j'avais été acheté par un homme à la réputation cruelle… j'avais sombré dans une résignation certaine. Avant de tout tenter pour m'échapper… j'avais ensuite découvert que cet homme était en réalité un vampire… qui prenait plaisir à voir les autres lui obéir, et particulièrement agaçant… malgré tout, il n'avait usé d'aucune violence physique à mon égard, enfin, à part pour la morsure, pas plus qu'il n'avait usé de violence verbale, même si son ton suffisant me mettait en rogne. En réalité, pas une seule fois il ne m'avait rappelé ouvertement mon statut d'esclave avec dédain, et si ce n'était pas pour m'enfermer dans une pièce et « s'amuser » avec moi, comme je le pensais au début… alors pourquoi est-ce que j'étais là ?
Oh j'eus bien une idée… la même que celle de tout à l'heure, mais je la repoussais violemment, il ne fallait pas que je pense à cela… je me relevais en décidant d'explorer ce nouveau territoire, qui serait le mien, si j'avais bien compris… et découvris avec stupéfaction qu'il ne s'agissait pas que d'une chambre, mais qu'une salle d'eau y avait été accolée, et qu'une autre pièce, plus petite, contenait un grand miroir ainsi que des vêtements propres et pliés parfaitement, rangés dans les armoires à disposition. Ils étaient de plusieurs tailles différentes, mais je repérais rapidement qu'il y en avait assez qui m'iraient. Je plissais les yeux en voyant mon reflet dans le miroir… avec mes habits d'esclave, mes cheveux blonds emmêlés… et je grimaçais, pas étonnant que les gens me regardaient avec pitié… je fis demi-tour et entrais dans la salle de bain, me déshabillant rapidement, dans l'intention plus qu'évidente de me laver.
Comme un miroir était aussi présent dans la pièce, je regardais rapidement mon dos, et frémis en maudissant le marchand… des marques rouges étaient clairement visibles, assez fines et discrètes, elles avaient les contours encore boursouflés, les traces que m'avait laissé ce fouet, je me remémorais dans un flash désagréable la morsure ardente qu'avait laissé cet objet dans ma chair exposée… et les analysait plus en détail, certaines étaient encore récente tandis que d'autre dataient de plusieurs semaines. Celle-ci s'estompait progressivement… devenant de simples traces rosées sur ma peau laiteuse, je poussais un soupir de soulagement au moins, elles ne seraient sans doute pas indélébiles. Je me plaçais dans la douche et fit couler l'eau chaude, la laissant doucement réchauffer mon corps, sans cacher un gémissement de plaisir, cela faisait si longtemps. Et même si cela était loin de plaire à mes blessures, je laissais quand même le liquide tomber sur mon dos. Les légers picotements qui apparurent alors étaient loin de suffire pour me faire renoncer à ce plaisir.
Je profitais encore davantage du moment en passant mes mains dans mes cheveux blonds, rejetant la tête en arrière et fermant les yeux pour laisser les gouttelettes glisser sur mon visage.
Je pris un savon au hasard, et commençait à me frotter avec, laissant une fine mousse blanche alors que les vapeurs d'eau s'enroulaient doucement autour de mes membres. L'atmosphère se réchauffa encore.
Après m'être aussi lavé et démêlé les cheveux, je me rinçais et sortis de la douche une serviette nouée autour de la taille, mes mèches encore humides. La différence de température me fit frissonner légèrement, et je contemplais la pièce comme si je la voyais pour la première fois. Je fus à nouveau frappé par la richesse de ce qui m'entourait, et laissais même échapper un petit rire, qui s'ajouta à mes prochaines paroles, prononcées dans un murmure qui passa traîtreusement la barrière de mes lèvres,
- Je ressemble pas trop à un esclave là… enfin, je ne vais pas m'en plaindre.
La douche m'avait détendu, assez pour que je puisse avouer à voix haute mon statut social… en tout cas, l'entente de ces mots m'écorcha les oreilles, et le léger sourire qui avait tracé son chemin sur mon visage disparut bien vite. En faisant quelques pas mornes sur le tapis, pourtant excessivement doux, qui reposait fièrement au milieu des autres meubles, je songeais que même si je n'en avais pas l'air… j'en restais un. Quand mon regard glissa par hasard sur mes anciens vêtements, je les pris rageusement et les mit à la poubelle sans la moindre forme de remords, ils étaient si usés, que les qualifier de bout de tissus était encore leur faire trop d'honneur, désireux d'effacer au plus vite les traces de ma captivité précédente. En me dirigeant vers les habits, j'en pris quelques uns au hasard, pour m'habiller de manière décente. Avec un bas noir, et une chemise blanche, que je ne parvins pas à fermer jusqu'en haut, le col était trop serré. Tant pis, je laissais le dernier bouton ouvert et je jetais distraitement un œil par la grande fenêtre de la pièce. Le jour déclinait doucement, teintant l'horizon de jaune et d'or. L'heure de sortir d'ici arrivait… je me dirigeais résolument vers la porte, ne laissant pas le temps a mon esprit d'appréhender la suite. Je ne lui en donnais pas le droit.
et voilaaa
j'espère que cela vous aura plût
rendez vous dans le prochain chapitre ;3
