Chapitre 4 - Junior - La tourmente des jeunes âmes - Quidditch avec deux D !
Lisa Jordan se tressait les cheveux, assise sur le rebord d'une des fenêtres de la tour des Gryffondor.
- Ah ! Lisa, tu es là.
Elle glissa une épingle pour retenir une mèche noire frisée rebelle et se tourna vers son ami d'enfance.
- Oui. Fred ?
Celui-ci mit un peu de temps à répondre.
- Hm ?
- On a entraînement de Quidditch dans une heure et match dans deux heures.
- Ah.
Lisa fronça les sourcils. Il était impossible que le rappel d'un match déclenche si peu de réactions chez Fred Weasley. Que lui arrivait-il ? Elle repoussa cette pensée pour s'attaquer à une autre question.
- Tu me cherchais ?
- Ouep ! Tu sais où est passée Jun ? J'ai besoin d'aide pour le devoir de potion.
- Eh bien, d'après mes souvenirs, elle est partie vagabonder dans les couloirs à la recherche d'une occupation digne de ce nom.
Fred soupira et se laissa tomber sur le fauteuil à côté de la fenêtre.
- J'avais besoin d'elle pour mon devoir de potions.
- Tu la verras au repas de toutes manières, impossible qu'elle rate ça.
- Hein ?
- T'as oublié ?
- De quoi ?
- Il y aura du jus de citrouille.
- Ah, ça.
La métisse attacha sa tresse avec un élastique et la balança par-dessus son dos, puis posa ses mains sur les accoudoirs du fauteuil où s'était avachi le jeune homme.
- Mais qu'est-ce qu'il t'arrive ?
Il passa une main sur son front et ses yeux.
- Rien. Je suis fatigué…
Doucement elle s'accroupit devant lui, puis tendit sa main pour venir prendre sa température. Il la lui repoussa violemment et se redressa, la renversant au passage.
- Qu'est-ce que tu fais ?! S'écria-t-il.
- Mais, Fred, je voulais juste…
Il la fusilla du regard.
- Eh bah non !
Il se retourna et partit d'un pas vif vers sa chambre. Lisa resta là, assise sur le sol, choquée par le comportement du jeune homme. Il avait vraiment de drôle de réactions depuis qu'il était revenu des vacances de Pâques. Elle ne parvenait pas à s'y faire. Il ne cherchait en rien à communiquer, et il traînait partout une perpétuelle expression maussade.
En passant le pas de la chambre, Fred trouva James assis sur son lit. Il tenait entre ses mains un vieux morceau de parchemin. Surpris, il interpella James.
- Tu as repris la carte ?
- Oui. Répondit James sans lever les yeux. Mon père l'utilisait quand il l'avait mon âge. S'il croit qu'il peut me dissuader de quoi que ce soit...
- Quand ça ?
- Le dernier jour des vacances. Il était occupé par Lily.
- Hm…
Il approcha du lit pour jeter un coup d'oeil.
- Qui est-ce que tu cherches ?
La phrase pénétra dans le cerveau de James et lui fit aussitôt refermer la carte.
- Personne. Dit-il un peu trop vite.
Fred lui lança un long regard, puis il se détourna pour se laisser tomber dans son lit. James l'observa quelques instants.
- Toi mon vieux, un truc qui te tracasse.
Fred soupira.
- Un truc avec mon père pendant les vacances. Dit-il en se massant la base du nez, entre les deux yeux.
- Ah ouai ? Il est plutôt détendu d'habitude.
- Ca, c'est ton impression à toi. Souffla Fred.
Il continua à masser la base de son nez pendant quelques instants avant d'abandonner et de déposer son bras sur ses yeux.
- J'ai surpris une conversation… j'aurais pas dû j'imagine.
Il ferma les paupières.
Il se trouvait à nouveau chez lui, dans la boutique familiale "Weasley, Farces pour sorciers facétieux". Sa mère lui avait demandé d'aller chercher son père et Oncle Ron qui discutaient des dernières inventions sur le marché. Oncle Ron passait assez régulièrement les saluer. Chaque fois, son père ressortait de leurs conversations resplendissant et plein de nouvelles idées d'inventions.
Il s'apprêtait à appuyer sur la poignée de la porte…
- C'est ce que Fred aurait dit. Entendit-il.
Il se figea. La voix d'Oncle Ron répondit.
- Tu parles, Fred t'aurait botté le cul pour avoir osé mettre en doute la foi d'Angelina.
Fred se demanda pourquoi il aurait fait une chose pareille, puis il comprit qu'on ne parlait pas de lui. Son père parlait rarement de son frère jumeau décédé. Il avait parfois cette drôle de lueur dans les yeux quand il regardait son fils. Cela avait toujours mis Fred Junior mal à l'aise. Parfois il aurait vraiment souhaité que ses parents le nomment autrement.
Il y eut des rires.
- Mon cher frère, je te prierais de ne pas critiquer ma relation avec ma femme. Dire que tu es allé au bal de Noël avec Padma Patil alors que l'amour de ta vie se languissait dans le dortoir d'à côté…
- C'est ça, pendant ce temps la tienne était éperdument amoureuse de Fred et dansait avec lui. Ricana Ron.
Fred Junior entendit un bruit de verre cassé suivit d'une protestation d'Oncle Ron.
- Comment oses-tu, traître de frère ! Clama son père à travers la porte.
Oncle Ron ricana avant de s'excuser.
Fred Junior avait envie de vomir. Comme si le poids de son prénom n'était pas assez lourd, il entendait maintenant des histoires bizarres sur ses parents. Il savait maintenant qu'il portait le prénom d'un homme dont sa mère avait été amoureuse. C'était encore pire que de porter le prénom d'un homme mort. Il décida qu'il ne voulait pas en savoir plus. Poussant la porte, il jeta à son père un regard indéchiffrable.
Un poids réel heurta soudain l'estomac de Fred.
- Lève-toi, mec, l'heure est au Quidditch ! S'exclama James tandis qu'il se relevait, constatant que son cousin l'avait littéralement enseveli sous sa tenue de Quidditch.
Il s'habilla sans dire un mot. Heureusement que James l'avait réveillé avant qu'il ne puisse se rappeler de la suite des vacances. Frapper dans un cognard lui ferait définitivement du bien.
Jun se retourna pour observer Lisa qui s'enroulait dans sa couette.
- Qu'est-ce qu'elle a ?
Maria Finnigan croqua dans sa sucette parfumée qui craqua avec un petit bruit sec.
- J'imagine que Fred lui a encore mis le cafard. Dit-elle en observant la métisse se retourner dans tous les sens.
Jun termina de se brosser les dents et s'approcha de la jeune fille comme si elle se préparait à lui sauter dessus. Ce qu'elle fit. Un cri entre le grognement et la surprise la reçut.
- Ahhh ! Jun ! Espèce de scroutt à pétard ! Lève-toi !
La blonde tira sur la couverture d'un coup sec.
- Jun ! Gronda la brune.
Cette dernière éclata de rire. Lisa se figea, la regardant fixement.
- Tu as du dentifrice sur le coin de la bouche.
Jun se leva pour aller vérifier ses dires dans un miroir.
- Depuis quand tu te brosses les dents au milieu de l'après-midi ? Demanda Lisa. Je croyais que tu étais encore partie vagabonder par monts et par vaux.
- Je veux des dents blanches pour commenter le match de tout à l'heure. Déclara Jun.
Lisa se redressa en sursaut.
- Le match ! L'entraînement !
Elle courut vers son équipement. Une minute plus tard, elle descendait l'escalier en vitesse, tellement vite d'ailleurs qu'elle rata quelques marches. Heureusement elle se rattrapa en amortissant sa chute sur une pauvre élève de première année. Elle s'excusa rapidement et se remit à courir.
Jun se tourna vers la seule personne restante dans le dortoir.
- Sérieusement Maria, arrête de manger ce genre de choses, c'est vraiment inquiétant.
- Quoi ?
- Ce sont des sucettes parfumées au sang ! Seuls les vampires mangent des choses pareilles !
Maria retira soudainement la sucrerie de sa bouche avec un air dégoûté.
L'entraînement terminé, les joueurs avaient droit à trente minutes de répit avant le match. Chacun évacuait la tension à sa façon. James, que rien ne semblait jamais atteindre, divisait son temps entre des loopings au-dessus du stade, des instructions aux membres de son équipe et des sourires mauvais aux visages adverses.
Lisa avait préféré rentrer au vestiaire. Elle employait son temps à astiquer son balais. Il fallait qu'il soit bien propre pour le match. Plus que ça ! Qu'il brille de mille feux ! C'était son bijou, son âme, une extension de son propre corps. Lorsqu'il fut étincelant, un sourire de bonheur s'étira sur ses lèvres et elle se mit à danser en le serrant tout contre elle. Elle allait se mettre à chantonner lorsqu'un regard la figea.
- Hmm, Lisa ?
Elle soupira et posa délicatement son balais sur le banc.
- Oui ?
Fred l'observait avec un sourire moqueur.
- Quoi ?! S'exclama-t-elle.
- Rien, rien, rien.
Incapable de se retenir plus longtemps, il explosa de rire. Elle croisa les bras sur sa poitrine, vexée. Puis finit par se joindre à lui. Une bonne minute passa durant laquelle des éclats de rire échappèrent du vestiaire.
- Fred… Finit-elle par grogner pour faire bonne mesure.
- Oui, oui, désolé !
Il essuya les larmes qu'il avait au bord des yeux.
- Mouai !
- Madame Bibine veut te voir.
- D'accord.
Elle ramassa son balais et s'apprêtait à quitter les vestiaires lorsque Fred éclata à nouveau de rire. Lisa gronda, un sourire plaqué aux lèvres.
- Fred…
- Le souafle vole des mains de James Potter, capitaine de Gryffondor, à celles de Lisa Jordan ! Les deux Gryffondors remontent le terrain... Joli coup de cognard de la part de Killian Brut ! Mais le Poufsouffle rate sa cible ! Lisa Jordan file vers les buts adverses !
Jun trépignait et hurlait depuis sur son siège dans le porte-voix. Le Quidditch, l'heure de la trêve. Ce moment était un pacte informel entre elle et James. Le seul moment de sa vie où elle l'encourageait et un moment qu'il faisait semblant d'oublier pendant leurs joutes verbales.
Je ne suis ni à Gryffondor, ni dans une autre maison. Pensa Jun. Je suis pour tous et nul en même temps. Je suis la commentatrice des matchs de Quidditch à Poudlard. Et j'adore ça ! Rien n'est plus beau qu'un homme sur un balais, rien n'est plus beau qu'un souafle arrêté en pleine course par un gardien ou qu'un cognard filant vers sa cible. Et surtout : rien n'égale le moment où l'attrapeur met la main sur le vif d'or.
- Elle tire ! Michael Finnigan, le gardien des Poufsouffle plonge… ! Arrêt du gardien ! Poufsouffle reprend-
Jun se fit interrompre par un cri dans la foule. Maria sautait plus haut que tous, encourageant son frère comme une démone. Plusieurs voix protestèrent alors qu'elle trahissait sa maison. Jun réprima un rire. Maria s'emportait toujours quand son petit frère jouait. Une fois, elle avait même lâché un feu d'artifice magique dans les gradins pour l'encourager et tout le stade avait pris feu. Littéralement.
Un grondement de la foule lui fit comprendre qu'elle avait lâché le match des yeux. Augmentant légèrement l'effet de son porte-voix pour couvrir celle de son amie, Jun reprit le commentaire du match.
- Nelson Crivey, poursuiveur de Poufsouffle, se rue vers les anneaux adverses ! Il évite le cognard de Billy The Kid !
Celui-ci lui jeta un regard noir. Jun lui répondit par un sourire malicieux, mais elle n'enchaîna pas avec ce qui lui venait à l'esprit. Elle n'avait pas particulièrement envie de se faire ouvrir le crâne par un cognard (supposément) perdu. Elle n'était pas la seule à avoir remarqué que Billy Grant avait tendance à tirer partout comme un dingue. Cependant, elle était responsable de son surnom, sorti de son imagination fructueuse. Grâce à elle (ou à cause d'elle), tout le monde s'était mis à l'appeler ainsi, et bizarrement il n'appréciait pas.
D'ailleurs... Je crois qu'il m'en veut un peu… Pensa-t-elle. Ou beaucoup à en juger son regard.
Elle se concentra sur le match pour ne pas décevoir ses auditeurs !
- Nelson Crivey s'approche du but… dans tous les sens du terme… Mais où est Gryffondor ?! Hurla-t-elle dans son porte-voix. Pas où il faut malheureusement. Nelson Crivey s'apprête à tirer ! Il tire eeeeeeeeeet… Hugo Weasley contre ! Le gardien de Gryffondor est incroyable ! Talentueux ! Valeureux !
Le regard de Jun croisa celui de Neville Londubat, le Directeur de Gryffondor, qui la surveillait avec application.
- Hm, pardon professeur.
Un petit sourire naquit sur ses lèvres. Au fond, elle savait qu'il partageait son avis. Un éclat doré vint attirer son attention.
- Le vif d'or ! S'exclama-t-elle. Est-ce le vif d'or à côté des buts de Gryffondor ?
Avant qu'elle n'ait pu ajouter quoi que ce soit, les attrapeurs des deux équipes, James Potter et Jean Barton, plongèrent vers leur cible. S'en suivi une course poursuite incroyable.
- Magnifique looping de James Potter qui survole les gradins comme une flèche ! Oh ! Jean Barton compense son retard grâce au cognard de Killian Brut ! James Potter a failli y passer ! Jean Barton fait à son tour une embardée pour éviter la réponse de Fred Weasley ! S'exclama-t-elle. James plonge vers la pelouse ! James se rapproche du vif d'or ! La pelouse se rapproche de James !
Prise dans le feu de l'action, Jun ne remarqua pas qu'elle avait totalement omis de dire le nom complet du Potter. Au dernier moment, James redressa sa trajectoire. Il frôla l'herbe, en arracha quelques mottes, mais rien ne l'arrêta dans sa course.
- Il continue à foncer comme un diable vers le vif d'or ! Jean Barton peine à le rattrapper ! Nouveau looping de James Potter ! Il tend le bras et… Attention James ! Le cognard ! S'écria-t-elle.
Alors que James attrapait le vif d'or, un cognard le frappa à pleine vitesse. Il fut projeté de son balais.
Madame Bibine malgré son âge avancé se précipita vers le jeune homme. Elle s'assura rapidement de son état, prononçant un ou deux sorts pendant que l'infirmière arrivait. Lorsqu'elle ôta le vif d'or de la main de James et tendit le bras vers la foule, la clameur habituelle ne retentit pas.
- Gryffondor a gagné ! Prononça Jun pour clôturer le match, mais sa voix vibrait d'inquiétude.
James gisait, inconscient, sur la pelouse.
James observa Fred quitter l'infirmerie. Son cousin avait passé la dernière demi-heure à s'excuser de ne pas avoir su le protéger du cognard. Fred était déprimé. James se promit d'avoir une petite conversation avec lui plus tard. Depuis le retour des vacances, James passait trop de temps à l'infirmerie à son goût, mais ça n'avait rien à voir avec Fred. Il y avait eu son altercation avec Paul… et maintenant ça. En parlant de Paul, il passa la porte à cet instant. Une sorte de relation d'amitié étrange s'était construite entre les deux cousins suite à leur rixe.
- Ca va ? Dit Paul d'une voix hésitante en s'approchant de lui.
- Ahhh… mec. Soupira James. Arrête de trembler comme une feuille, je ne vais pas mourir.
Paul s'approcha du lit. Il sortit de son sac un paquet de friandises.
- Rose m'a demandé de t'apporter ça. On a fait une collecte dans la salle commune des Gryffondor.
Comme James avait à peu près mal partout, il désigna la table de chevet d'un signe de tête.
Jun, assise à la table des Gryffondors dans la Grande Salle ne parvenait à se mêler à la joie générale déclenchée par la victoire. Elle buvait lentement son jus de citrouille en fronçant les sourcils. Pourtant le jus de citrouille avait toujours pour effet de la mettre de meilleure humeur. Alors qu'elle se mettait à mordiller sa paille en patacitrouilles, Louis, qui l'observait depuis le début du repas, décida qu'il était temps d'intervenir.
- Jun, si tu t'inquiètes tant que ça, va le voir.
- Je ne m'inquiète pas ! Répondit aussitôt la jeune fille.
L'expression blasée de Louis eut raison de sa mauvaise foi.
- Bon, d'accord, je m'inquiète… un peu.
- Va à l'infirmerie. Tiens, tu n'as qu'à lui donner ça.
Louis sentait qu'elle avait besoin d'une fausse raison, une béquille derrière laquelle se cacher. Il lui tendit le dernier numéro du Chuchoteur de Poudlard, le journal de l'école que sa petite soeur Dominique écrivait chaque semaine avec application.
- On y raconte la victoire de Gryffondor en y louant le courage infaillible de James.
En plus de froncer les sourcils, Jun se mit aussi à froncer le nez. Elle se leva en attrapant le journal.
- Je ne suis pas sûre de vouloir gonfler l'égo de Potter avec des louanges. Déclara-t-elle en observant la couverture du journal.
Elle quitta néanmoins la salle avec le journal à la main.
En arrivant devant l'infirmerie, elle croisa Paul qu'elle salua d'un geste de la tête. Elle prit une grande inspiration et poussa la lourde porte. Son regard trouva immédiatement celui de James. Pendant un instant, elle fut troublée de le voir ainsi recouvert de bandages. Elle se reprit bien vite, lui offrant un sourire provocateur.
- Alors Potter ? On dirait que tu apprécies particulièrement les séjours à l'infirmerie ces temps-ci.
- Les lits sont plutôt confortables.
Il accompagna sa réponse un énorme sourire énigmatique et d'un clin d'oeil. Elle jeta le journal sur le lit, s'asseyant sur le banc attenant.
- Dire qu'on loue tes prouesses au détour de tous les couloirs et que tu n'es même pas là pour te pavaner. Tu rates quelque chose.
- Qu'importe les louanges quand j'ai une magnifique créature pour me rendre visite.
Jun leva les yeux aux ciels.
- Tu es incroyable Potter.
- Je te manque, c'est tout.
Un silence flotta dans la pièce.
- C'est assez triste de fêter la victoire sans l'attrapeur. Reprit Jun.
Tout deux furent pareillement choqués la déclaration de la jeune fille. Celle-ci, mal à l'aise, se racla la gorge pour se redonner contenance.
- T'es obligé de me fixer comme ça, Potter ?
- Arrête de m'appeler Potter. Je préfère James.
Jun le regarda étonnée. Elle ne s'était jamais posée la question mais il était vrai que le nom des Potter était lourd à porter.
- James.
Un immense sourire vint barrer le visage du susnommé.
- Bien, bien, bien…
Il s'enfonça confortablement dans ses oreillers. Jun allait ajouter quelque chose quand elle se rendit compte qu'il s'était endormi. Il devait être vraiment affaibli. Jun ne l'avait jamais vu dormir devant personne. Elle posa le journal sur la table de chevet qui débordait déjà de friandises et quitta discrètement l'infirmerie.
