Chapitre 5 - Louis - La recherche est une quête de bouts de papier - Dégât collatéral

Jun s'affala dans un des fauteuils de la salle commune. Elle n'avait jamais connu de sièges plus moelleux que ceux de la tour de Gryffondor.

Pourtant sa mésaventure récente l'empêchait de profiter pleinement de ce confort. Elle revit sa dernière potion se reverser sur ses notes de Défenses contre les Forces du Mal et ces dernières brûler dans un feu flamboyant. Comble de la malchance, elle était arrivée en retard au dernier cours. Le Professeur Gillani enseignant de Défenses contre les Forces du Mal depuis le début de sa scolarité, lui avait donné des devoirs supplémentaires. Et Merlin savait à quel point il était pointilleux sur les devoirs !

De plus, elle savait pertinemment qu'il ne la portait pas vraiment dans son coeur depuis l'épisode du filtre d'amour dans sa tasse de thé. Elle avait choisi quelques cibles au hasard pour un test sociologique à grande échelle. Ce n'est pas de sa faute. Il s'était auto-sélectionné en prenant un des sachet de thé qu'elle avait glissé dans la cuisine du château. En plus, ça avait été assez drôle de le voir courtiser avidement la Directrice de Poudlard, Madame McGonagall.

Si elle ne souhaitait pas faire perdre encore plus de points à Gryffondor, elle avait intérêt à lui donner quelque chose de parfait ! Argh… Elle sentait déjà les regards hostiles de ses camarades. Non pas que ça la gêne habituellement, mais McGonagall avait récemment associé la victoire de la coupe des maisons avec une quantité impressionnante de jus de citrouille. Jun ne pouvait se permettre de passer à côté d'une telle occasion.

Elle tira de son sac un énorme livre sur la Défense contre les Forces du Mal qu'elle avait emprunté à la bibliothèque. Elle remonta ses lunettes et commença à lire. Les informations défilaient sous ses yeux, mais Jun ne voyait qu'une succession de lettres sans intérêt. Elle n'arrivait pas du tout à canaliser son énergie pour se pencher sur ce fichu bouquin et rédiger ce pauvre devoir.

Elle soupira en levant la tête. Elle balaya la pièce du regard. Ce qu'elle vit raviva instantanément son intérêt. Il y avait une meilleure façon d'avoir une note parfaite sur le sujet du dernier cours. Elle se leva brutalement, laissant retomber le lourd volume sur son pied (ce qui lui arracha une grimace éloquente accompagnée d'un cri de couleur). Après avoir dégagé son pied le plus naturellement du monde, Jun s'éclaircit la gorge et sortit de son éventail de possibilités son sourire le plus malicieux.

- Bonjour James !

James la fixait de son regard intense, intelligent, comme s'il avait déjà deviné absolument tout ce qu'elle prévoyait de faire. Il lui répondit d'un sourire espiègle.

- Belle matinée, Jun. Dit-il. Que me vaut le plaisir ?

Le regard de Jun dériva lentement sur le sac de James. Au passage, elle nota que ses bleus avaient presque disparus. D'après l'infirmière, il pourrait reprendre l'entraînement de Quidditch dans une semaine. Heureusement.

Jun se reconcentra sur l'objet de son intérêt. Son sac contenait assurément les notes les cours de Défense contre les Forces du Mal. La dernière fois qu'elle avait pu bénéficier de ses connaissances, elle avait eu l'occasion de voir que le manuel de James était plein de notes en tout genre. Le chemin vers son devoir s'ouvrait soudainement devant elle comme une quête à entreprendre, et pas la moindre. Demander quelque chose à James Potter c'était comme passer un pacte avec le diable.

- Pour une fois, tu tombes à pic. Je pourrais t'emprunter tes notes de Défense contre les Forces du Mal ?

Il lui devait bien ça après ce qu'il avait fait au petit déjeuner ! James fut d'abord surpris. Il était rare que Jun lui demande quelque chose. Il se reprit vite. En regardant ses yeux farceurs, Jun était presque sûre qu'il était en train d'échafauder un plan machiavélique. Elle s'empressa de couper court à ses réflexions.

- Alors ?

- Qu'est-ce que j'y gagne ? Demanda James.

Jun secoua la tête.

- Ah James… Quel esprit fermé tu as. Demander quelque chose en échange d'une aide apportée à une pauvre camarade en détresse.

- Tu n'as rien d'une camarade en détresse.

- Je ne marchande pas avec un voleur de pain.

Le sourire espiègle de James s'étira plus encore.

- C'était le mien. Il m'attendait au milieu de la table.

- Mais bien sûr, et je l'ai coupé en deux et tartiné de confiture juste pour toi.

James rit. Sournoisement, pensa Jun.

- Tu vois. Répondit James. Je savais que ce côté prévenant et gentil n'était pas une légende !

- Ne t'inquiète pas. J'aurais bientôt une belle occasion de te le montrer à nouveau. Alors, je peux avoir tes notes ?

Un nouveau rire s'échappa de la gorge de James.

- Réfléchis, Jun, ca n'arrivera pas sans contrepartie.

Signer un pacte avec le diable… Sans attendre sa réponse, il tourna les talons pour rejoindre Fred à l'autre bout de la salle. Jun rejoua mentalement la conversation, bien trop courte à son goût, et chercha ce qu'elle aurait pu dire pour récupérer les notes de James sans vendre son âme. Avait-il peur qu'elle les transforme en plumeau ? En effet, il y avait un risque, mais elle restait meilleure en potions qu'en métamorphose. Et il le savait d'expérience.

Il était temps de prendre une décision. Elle balaya une nouvelle fois la salle du regard. Ses yeux clairs se posèrent finalement sur son sac qu'elle avait totalement oublié dans un coin de la pièce. Elle sortit lentement sa baguette et l'agita vers le sac en murmurant si bas que ce fut inaudible pour le reste des Gryffondors présents. La fermeture du sac se mit en mouvement et se ferma seule. Jun sourit, très satisfaite. Elle agita encore sa baguette.

- Accio sac !

Le sac vola immédiatement pour venir dans sa main. Malheureusement, il percuta au passage Louis qui renversa toute son encre sur son parchemin.

- Oh pardon Louis ! Je ne t'avais pas vu ! Attends, je vais réparer ça… Dit-elle en se dirigeant vers lui.

Elle agita de nouveau sa baguette, déclarant, concentrée :

- Reparo !

Cela eut l'effet escompté et la copie se retrouva comme avant. Ses yeux distraits lirent les dernières lignes écrites par Louis Weasley.

- Oh Louis !

- Oui ?

- Ce sont tes notes de Défenses contre les Force du Mal ?

- Oui…

- Tu me les prêtes ?

Louis la regarda dubitatif.

- Où sont les tiennes ?

Jun haussa les épaules.

- Elles ont cramé dans un malheureux incident.

- Cramées ?!

- Ca arrive, tu sais…

- Ca n'arrive qu'à toi Jun…

- Je te prierais de ne pas me le faire remarquer. Alors tu me passes tes notes ?

- Si tu veux, mais attend je dois marquer un dernier truc avant que j'oublie.

Jun s'assit tranquillement à côté de Louis tandis qu'il inscrivait quelques lignes. Il lui tendit les feuilles.

- Voilà, tiens.

Au moment où Jun allait les saisir, un familier chat bondit, arracha les feuilles avec ses griffes et les avala en machonnant. Jun et Louis regardèrent le chat avec des yeux ronds engloutir le papier. Jun s'élança vers l'animal en hurlant.

- STUPIDE ! MAIS STUPIDE CHAT !


Jun roula sur son lit et s'arrêta sur le dos, les jambes repliées, son regard vint rencontrer sa montre. Elle souffla alors que sa main retombait mollement sur le matelas, y rebondissant légèrement. Stupide chat... pensa-t-elle une fois de plus. Tous ses muscles se relâchèrent d'un seul coup et elle resta là, les bras grands ouverts, couchée derrière les lourds rideaux de son lit baldaquin, se laissant porter par l'aura chaleureuse de la chambre.

Jun avait toujours admiré la beauté des lieux, cette ambiance qui se dégageait de la chambre et sa manière accueillante de la faire se sentir chez elle. Elle ignorait si la magie de Poudlard y était pour quelque chose. Il était certain dans tous les cas que sa chambre était son QG, Gryffondor son territoire et Poudlard sa conquête, son empire. Et comme tout empereur, Jun Daniel avait des ennemis. James Potter était son ennemi public numéro un ! Mais il y en avait d'autres.

- Stupide chat… Marmonna-t-elle.

Elle soupira. Dans ses moments-là, son frère, Johnson lui manquait. Il était dur d'admettre sa dépendance à un frère que l'on avait toujours connu, avec qui l'on avait toujours joué, que l'on avait toujours taquiné, car pour Jun être dépendante de quelqu'un semblait être la pire des choses.

Une idée germa lentement dans son esprit. Elle était vraiment trop sage ces derniers temps. Il était venu le moment de se remettre à l'action. Oh oui, un plan de grande envergure… Elle aurait besoin de complices. Elle commencerait par Louis. Fini le temps à la bibliothèque, de les siestes dans le parc et de la petite routine, Jun avait un avenir beaucoup plus palpitant pour lui ! Elle se redressa d'un bon.


Louis Weasley était un jeune étudiant, tout ce qu'il y avait de plus banal et de plus simple. Enfin, malheureusement, il était moins ordinaire que ce qu'il aurait voulu paraître.

Il était banal, si ce n'était son nom. Weasley, hérité de son père. Les Weasley n'étaient jamais inconnus au reste de la population, et surtout ils n'étaient jamais ordinaires. Maintenant liés aux Potter comme personne, ils étaient la grande famille de la résistance, ceux qui avaient leur nom doré dans les livres d'histoire. Evidemment, ils avaient toujours été connus, référencés comme la famille de Sang-Pur amie avec les Moldus, celle qui avait échappé à Voldemort, et aussi… la famille de Sang-Pur pauvre. Alors Louis était un Weasley. Il était toujours lié malgré lui aux actes héroïques de sa famille et Harry Potter en personne. Mais Louis était un Weasley banal. Enfin, il aurait bien voulu l'être.

Il était banal, si ce n'était son patrimoine génétique. Delacour, hérité de sa mère. Les Delacour portaient du sang de vélane. Son arrière-grand-mère en était une. Les vélanes étaient dotés d'un étrange pouvoir, elles pouvaient faire naître dans le coeur des hommes, grâce à un puissant sortilège, une attirance sans bornes et un hypnotisme intense. Le sang de vélane profondément dilué dans les veines de Louis Weasley avait d'étranges effets. Les vélanes étant un peuple féminin humanoïde, leurs gènes se combinaient sans problèmes avec les gènes des humaines. Victoire et Dominique, ses soeurs, étaient belles à en mourir lorsqu'on ne savait les distinguer derrière leurs faux-semblants. Elles attiraient les hommes comme des mouches, bon gré mal gré.

Pourtant, le sang des Delacour qui parcourait les veines de Louis avait un tout autre effet. Oh, bien sûr, il était beau, mais sans l'être outrageusement. Ses cheveux blonds, caractéristiques, étaient doux mais n'avaient ni la luminosité ni la brillance de ceux de ses soeurs. Ses yeux verts qu'il tenait de son père ressortaient par leur couleur vive et foncée sur sa peau claire. Cependant, la véritable attraction résidait dans son aura. Il ignorait comment, mais ses gestes, ses manières, sa façon d'être avec les gens, peu importe ce qu'il faisait, avaient toujours tendance à ramener les gens auprès de lui, pour des raisons diverses et variées. On venait naturellement le voir. Il acceptait docilement son sort car personne n'avait jamais fait preuve d'animosité envers lui. Louis, pourtant, n'avait jamais qu'aspiré à une vie paisible. Il aimait ses siestes dans le parc, dévorer des livres à la bibliothèque, aider sa petite soeur Dom à parfaire son journal.

- Louis !

Il se retourna pour se retrouver face à un de ses nombreux cousins.

- James ?

- Tu n'aurais pas vu Fred ?

- Il est monté au dortoir il y a deux minutes.

- Merci, frère !

James lui tapa brièvement sur l'épaule droite avant de se diriger vers l'escalier. Louis avait toujours trouvé que James avait un comportement étrange. Il était à l'aise avec tout le monde, était doué pour tout, pourtant il avait toujours besoin de se faire remarquer des autres pour se sentir vivre. Louis en connaissait une autre un peu dans ce genre, sauf qu'elle était beaucoup plus sournoise.

- Louis !

Il soupira. Elle était là, devant lui, avec son rictus malicieux habituel.

- Ca te dirait de faire un truc marrant ?

Il se demandait pourquoi il ne les sentait jamais ces trucs soi-disant marrants.

- Si c'est pour te couvrir pendant que tu installes un jeteur automatique de bombabouses sur ceux qui ont le malheur de se laver les mains en sortant des toilettes, n'y pense même pas.

- Oublie les toilettes, ça ne marchera pas. Elles sont beaucoup trop surveillées maintenant.

- On se demande pourquoi. Grimaça-t-il.

- Ne fais pas cette tête, c'était plutôt marrant ! Même Peeves a rigolé !

- Jun...

- Oui ?

Ô grand sourire beaucoup trop innocent.

- Qu'est-ce que tu manigances ?

- Viens, allons manger tranquillement, mon ami !

Elle glissa son bras sous celui du blond et l'entraîna vers la sortie.

- Rien de mieux qu'un petit déjeuner complet pour s'assurer d'une réussite fondamentale !

Sur ce, ils se dirigèrent vers la Grande Salle, Jun avec un petit rire sarcastique et Louis avalant difficilement sa salive.


Un peu plus tard dans la Grande Salle… Il faillit avaler de travers son petit pain tout frais du matin.

- Q... QUOI ?!

Son cri résonna dans toute la Grande Salle. Adieu la discrétion.

- Ccchhhhhut ! siffla Jun en lançant des regards aux alentours.

Puis elle se mit à faire tourner sa cuillère entre ses doigts.

- Ce n'est pas si grave Louis…

- Pas si grave ?! demanda-t-il d'une voix étranglée. James est mon cousin ! Comment est-ce que je pourrais lui faire un truc pareil ?!

- Rohhh c'est bon Monsieur-Je-Suis-Gentil-Avec-L'Univers-Entier ! Il s'en remettra, il a vu pire.

- Oublie tout de suite. Je ne coopère pas sur un truc pareil.

Elle le regarda en boudant. Louis réfléchissait. Peut-être que pour son propre bien, il ferait mieux d'éviter réellement Jun Daniel.

- Franchement, ne fais pas ça. Si tu le fais, tu le regretteras. Déclara Louis en soupirant.

Impossible de faire changer Jun d'avis une fois qu'elle était décidée sur quelque chose, mais Louis aussi était têtu. Et, ça, il ne le ferait pas.

- En plus ça n'a aucun sens. Repris Louis. On pourrait très bien lui demander.

Jun grommela quelque chose comme donner son âme au diable, être maudite sur dix générations et nourrir le serpent en son sein. Avant qu'elle n'ait pu poursuivre, une nuée de hiboux envahit la Grande Salle pour la distribution du courrier. Le Chuchoteur de Poudlard tomba sur la table des Gryffondor, entre le bol de céréale de Louis et le jus de citrouille de Jun.

Le Chuchoteur (de Poudlard) était le journal de l'école, principalement tenu par Dominique Weasley. Accompagnée ou non par Louis, son frère aîné, elle était toujours à la recherche d'un scoop. Dom, pour les intimes, parvenait toujours à ses fins. Elle était extrêmement douée pour séduire ceux qu'elle approchait. Et Dom Weasley n'avait absolument aucun scrupule à user de ses charmes pour obtenir des informations.

Un terrible accident sur le terrain de Quidditch ! James Potter se remet enfin de l'attaque d'un cognard enragé ! Louis se dit que franchement, parfois, elle en faisait beaucoup trop. Son regard dériva vers les autres articles. Ses yeux tombèrent sur Des cris inquiétants à Serdaigle et le journal lui parut soudain beaucoup plus intéressant. Jun avait dû parvenir à la même conclusion, car elle tendit la main vers le journal au même moment que lui.

Avant que ni l'un ni l'autre n'ai pu prononcer un mot, un grondement sonore s'éleva à l'autre bout de la table des Gryffondor, provoquant le silence dans la moitié de la Grande Salle. Jun eut à peine de temps de voir Fred déchirer une lettre avant de lui jeter un sort de feu. Il se leva et quitta la Grande Salle avec une démarche raide de colère. Trente longues secondes passèrent avant que les conversations ne reprennent peu à peu.

- Qu'est-ce qu'il a ? Demanda Jun.

Louis haussa les épaules. Malgré son air détaché, l'état de Fred l'inquiétait réellement.


Comment est-ce qu'ils osaient encore lui envoyer des lettres ? Après ce qui c'était passé, il auraient au moins pu faire profil bas ! Fred marchait droit vers la Tour de Gryffondor. Il n'avait qu'une envie, enfourcher un balais et voler jusqu'à ce que la tête lui tourne. Il allait récupérer le sien, puis il volerait à perdre haleine. Il donna le mot de passe à la Grosse Dame. Il se faufila à l'intérieur et se retrouva nez à nez avec Lisa. Il détourna les yeux aussitôt, incapable de la regarder. Il n'arrivait pas à supporter son regard inquiet et envoûtant alors que tout ce qui faisait de lui ce qu'il était le dévorait de l'intérieur. Il se trouvait lamentable et dégoûtant.

Il fit un pas sur le côté pour l'éviter, mais Lisa suivit aussitôt son mouvement.

- Fred ? Dit-elle.

Rien n'aurait pu le mettre plus en rogne que son prénom en cet instant. Il fut soudainement transporté au premier étape du magasin Weasley, Farces pour sorciers facétieux.


- C'est ton fils, il faut lui parler George.

George regardait Angelina. Il était très sérieux, ce qui était toujours un peu traumatisant pour ses enfants. George n'était que très rarement sérieux. Quand il l'était, il valait mieux se tenir à carreaux. Mais ce qu'il dit ensuite glaça le sang de Fred.

- Comment Fred réagirait...

- Ton frère n'est plus là, George. Il est temps de…

Fred Junior explosa. Il ouvrit la porte en poussant si fort qu'elle claqua contre le mur et faillit lui revenir en plein figure.

- Je NE suis PAS Fred ! Hurla-t-il. Arrêtez de me comparer à lui !

- Fred ce n'est pas… Commença sa mère.

- Non, Fred, c'est celui dont tu étais amoureuse ! Avant que tu te maries avec Papa !

Angelina se figea. Fred fulminait. Alors que George approchait de son fils, celui-ci lui claqua la porte au nez et s'enfuit en courant.


Il ne voulait plus les voir, ni même entendre parler d'eux ! Il en avait raz-le-cul des hommages à des morts qu'il ne connaissait même pas ! De quel droit le comparait-on à un homme mort plus de quinze ans auparavant ! Son propre prénom lui donnait envie de vomir !

Son regard noir se noya dans celui de Lisa.

- Qu'est-ce que tu veux Lisa ?! La harangua-t-il.

- Ca n'a pas l'air d'aller…

- Oui, ça ne va pas. Dit-il sèchement en la poussant. Maintenant laisse-moi passer.

Lisa s'accrocha à son bras.

- Attend Fred, laisse-moi au moins t'aider.

- M'aider ? Tu ne peux pas m'aider !

Quelque chose vacilla dans le regard de la jeune fille. Elle n'avait jamais vu autant de ténèbres au fond de ses yeux.

- Le Fred que je connais est prêt à rigoler de tout. Tu as définitivement besoin d'aide...

Fred dégagea son bras d'un mouvement brusque.

- Tu ne comprends pas ! Je ne suis pas celui que tu crois. Dit-il avec une voix qui tremblait d'émotion.

Il fit un pas vers elle. Lisa ne recula pas. Elle resta bien droite, sans détacher son regard du sien.

- Et j'en ai marre de jouer la comédie. Dit-il d'un ton grave.

Il la plaqua soudainement contre le mur, un bras de chaque côté de son visage. Il approcha dangereusement son visage du sien tout en la foudroyant du regard.

- Tu crois que je suis un gars gentil ? Non !

Alors il l'embrassa avec une douceur qui contrastait avec la dureté de ses paroles.