Bonjour/bonsoir à tous!

Me revoilà avec un nouveau chapitre, en espérant qu'il vous plaira!

Petite précision, ce chapitre fait suite au premier, dans le sens qu' il s'agit toujours de la même journée.

Voilà, à la prochaine!

Varnia37: Merci pour ton message! Et oui Greg est dans les parages!


- Tu viens manger avec nous, John? demanda Greg, alors qu'ils sortaient de la salle de classe dans laquelle ils venaient d'avoir deux heures de français.

- Oui, bien sûr! répondit-il sans une once d'hésitation, bien qu''il ne sache absolument pas de qui Greg voulait parler avec ce «nous».

John ne connaissait encore personne à part Greg. Il avait bien rapidement salué deux des amis de ce dernier pendant le changement de salle entre le cours de mathématiques et celui de français, mais rien de plus. Alors le fait qu'il lui propose de venir manger avec lui et ses amis lui faisait plaisir, il ne pouvait pas le nier. C'était une bonne occasion de faire plus ample connaissance avec d'autres élèves, de rencontrer de nouvelles personnes, et surtout de s'intégrer.

- Ça ne t'ennuie pas qu'on attende une amie? Greg posa son sac à ses pieds. Elle avait une question à poser à la prof de français dit-il en faisant un vague signe de tête vers la salle de classe.

- Non pas du tout répondit John en secouant la tête. C'est la fille qui a une queue de cheval? questionna t-il ensuite, bien qu'il se doute de la réponse. Il avait vu cette fille se précipiter devant le bureau professoral aussitôt après l'annonce de la fin du cours.

- Oui c'est bien elle rit Greg. Tu l'as vu à moitié courir, hein?

- Je ne pouvais pas la manquer sourit John en s'adossant contre le mur.

- C'est depuis qu'elle a loupé M. Vins deux fois de suite, le prof de physique chimie, après un cours qu'elle fait ça, alors qu'elle avait une question soit disant très importante à lui poser sur les particules de je ne sais plus quoi. Il faut dire que M. Vins est plus rapide que n'importe qui pour quitter sa salle de classe, on dirait qu'il est encore plus pressé que les élèves de s'en aller. Par contre Mme...

Greg s'arrêta dans ses explications car le bruit d'une porte qui s'ouvre et qui se referme se fit entendre. La fille venait de sortir.

- C'est bon dit-elle aussitôt en réajustant son sac sur son épaule. On peut y all... Oh. Elle s'interrompit en remarquant John, avant de se reprendre dans la seconde. Salut. Je suis Molly. Molly Hooper se présenta t-elle. Je suis ravie de faire ta connaissance!

- Moi aussi fit-il. Et je suis John. John Watson.

Elle acquiesça.

- Tu viens manger avec nous? demanda t-elle avec un grand sourire. Les repas ne sont pas terribles ici, mais je suis suppose que c'est le cas dans la majorité des cantines.

Alors qu'ils commençaient à avancer, John lui détailla le pire menu auquel il avait eu droit: des courgette farcies! Cela eut comme résultat de tirer un petite grimace à la jeune fille.

- Il nous arrive de manger à l'extérieur dit Molly en attrapant un plateau, John et Greg à sa suite.

- Ouais, en général on fait ça le jeudi répliqua Greg, on a trois heures pour manger.

- Trois heures? s'exclama John, bien qu'en réalité peu surpris. Il avait déjà eu des emplois du temps qui laissaient à désirer.

- Que veux-tu répondit-il théâtralement, les joies du lycée! ,

John sourit et continua de faire avancer son plateau, attrapant au passage une assiette de pâtes remplie de sauce qu'il regarda suspicieusement.

Arrivés au bout de la file, les trois adolescents se mirent à la recherche d'une table disponible, ce qui s'avéra être une tache plutôt ardue. La cantine était tout bonnement bondée.

Ils commencèrent à slalomer entre les tables remplies d'élèves avec leurs plateaux en mains, puis au bout de quelques minutes, finirent pas s'arrêter.

- On a qu'à aller là dit finalement John en pointant du doigt une table. Il n'y a qu'une personne.

Greg regarda dans la direction indiquée, puis fronça les sourcils.

- Je ne suis pas sûr que cela soit une bonne idée répondit-il après un temps en jetant un coup d'œil à Molly.

- Pourquoi? demanda John en fronçant à son tour les sourcils.

Molly se racla la gorge avant de parler.

- Eh bien, disons qu'il n'aime pas vraiment...la compagnie.

John haussa un sourcil. Il était intrigué maintenant.

Il relança un regard circulaire autour de la salle, tout comme Molly et Greg, puis reprit la parole.

- Je crois qu'on n'a pas vraiment le choix. Il n'y a plus de place nulle part.

Alors, poussant un soupir résigné, Greg fut le premier à s'avancer vers la table et à s'y asseoir. John vint s'asseoir à coté de lui, tandis que Molly s'installa à son autre coté.

Ainsi installés, eux trois d'un coté de la table, et l'autre garçon au centre en face de l'autre coté, John ne pu s'empêcher de penser qu'ils avaient l'air de trois enfants devant un parent. Surtout que l'autre garçon avait relevé la tête, et les dévisageait froidement, comme s'il leur reprochait d'avoir envahi son espace personnel. John trouva la situation parfaitement ridicule, et ne pu par conséquent se retenir de lâcher un rire.

L'attention du garçon en face d'eux se focalisa de suite sur lui.

- Qu'est-ce qu'il y a de drôle? demanda t-il sèchement.

John échangea un rapide regard avec Greg, lequel secoua simplement la tête de dépit, manifestement habitué à ce genre d'attitude.

- Rien se contenta finalement de répondre John, et il prit sa fourchette, pas le moins du monde impressionné par l'hostilité du garçon.

- Donc tu ris pour rien. Moi qui pensais que tu étais juste stupide continua t-il avec le plus grand sérieux.

- Sherlock! intervint fermement Molly.

Le dit Sherlock posa son regard sur elle, et presque instantanément, remarqua John, la jeune fille détourna la tête.

John avala une bouchée de pâtes, puis lança en relevant les yeux, ayant bien compris que le mot «stupide» n'avait pas été prononcé de façon amicale.

- Ça t'arrive souvent de traiter les gens de «stupide»?

- Tous les gens sont stupides répondit-il immédiatement comme si cela était un fait avéré.

John haussa un sourcil, avant de répondre «Ravie de le savoir» comme si de rien était, et de reprendre une bouchée de pâtes.

Sherlock, lui, le regarda un instant en fronçant les sourcils, avant de ranger dans son sac son sandwich qu'il n'avait pas touché et de s'en aller, sans un regard ni une parole de plus.

- Désolé John, on aurait du te prévenir déclara doucement Molly une fois qu'il fut parti.

- Il est toujours comme ça? questionna t-il en retour.

- Tu veux dire désagréable? intervint Greg. John hocha la tête. Oui. Et encore là, je trouve qu'il a été plutôt gentil.

- Qu'est-que cela doit être lorsqu'il ne l'ai pas alors? plaisanta John. Car tout cela n'avait pas été si méchant en réalité, et même assez drôle. Du moins, de son point de vue.

- Tu le découvriras bien assez vite, crois moi déclara sincèrement Greg, puis il rajouta en plaisantant à son tour, j'espère pour toi que tu es habitué à avoir mal à la tête.

Le reste du repas se déroula tranquillement, Molly et Greg racontant à John les informations qu'ils estimaient nécessaires qu'il connaisse du lycée. Principalement au sujet des professeurs. Puis John leur parla à son tour de son ancien lycée, Molly lançant par la même occasion que cela ne devait pas être évident d'arriver en cours d'année. Ce qu'il confirma.


- Vous pouvez dire ce que vous voulez.

John se retint de soupirer. Qu'est-qu'il pouvait bien dire? Et pourquoi fallait-il qu'il dise quelque chose d'ailleurs? Les professeurs de la matinée, eux, avaient eu l'amabilité de ne pas lui demander de s'adresser directement à la classe pour se présenter. Ce dont il leur était extrêmement reconnaissant en cet instant, car il n'aurait pas su quoi dire, exactement comme maintenant.

Bien sûr, il se doutait que Mme Lawrence ne faisait pas cela pour l'embêter, et qu'elle le faisait même probablement pour l'aider à s'intégrer. Mais tout de même ne pu s'empêcher de maugréer John intérieurement, elle aurait pu éviter!

Il s'éclaircit la gorge, puis se tourna vers son auditoire, essayant de se tenir aussi droit que possible.

- Je m'appelle John commença t-il, mais je pense que vous devez commencer à le savoir maintenant... rajouta t-il plus bas, provoquant ainsi le rire de quelques élèves, ce dont il ne prêta que vaguement attention, réfléchissant à ce qu'il allait pouvoir dire ensuite. J'habitais à Manchester avant de venir à Londres continua t-il, et bien que je ne connaisse pas bien cette ville, je suis content d'être ici. John s'arrêta et jeta un coup d'œil à sa professeure pour voir s'il en avait dit assez. Manifestement non, car elle l'encouragea d'un geste de la tête à poursuivre.

John se retint une fois de plus de soupirer et poursuivit:

- J'aime beaucoup le sport, principalement le rugby...

- Tu pourras rejoindre l'équipe, alors! Il nous manque un joueur l'interrompit la voix d'un élève.

John chercha instantanément du regard celui qui avait parlé et finit par le trouver. Il était à trois tables devant lui.

- Oui, je suppose lui répondit t-il alors, ne sachant encore une fois pas vraiment quoi dire, mais heureux qu'il lui propose.

- Bien! s'exclama finalement la professeure en se levant de sur son bureau sur lequel elle s'était assis, je pense que cela suffira. Vous pouvez aller vous asseoir M. Watson.

John acquiesça, et commençant à s'avancer vers les tables, constata qu'il n'y avait plus aucune place de libre. Il se retourna vers Mme Lawrence.

- Euh... commença t-il.

Alors qu'elle avait attrapé un feutre, elle se retourna pour le regarder, avant d'aviser la classe, comprenant visiblement le problème. Après une seconde de réflexion, elle dit avec un air...désolé? «Il reste une place à coté de M. Holmes, vous pouvez vous y installer». Et avant qu'il ne puisse penser: «Qui est M. Holmes?», elle rajouta «Au fond de la classe, à votre droite» avec un petit sourire, il en était certain cette fois, compatissant.

John hocha la tête puis passa entre les tables, se demandant avec une certaine curiosité pourquoi sa professeure avait réagit ainsi dans l'idée de le mettre à coté de ce Holmes. Et pourquoi plusieurs élèves le regardaient avec cette expression qui semblait vouloir dire «Bon courage». Ce ne fut que lorsque John arriva à sa place qu'il en comprit la raison. Holmes n'était personne d'autre que le garçon désagréable de ce midi. Celui qui lui avait dit avec le plus grand des sérieux qu'il était stupide.

Retenant un soupir pour la troisième fois en moins de dix minutes, il prit place au coté du brun, lequel ne lui jeta pas un regard. John sortit ses affaires. Devait-il dire quelque chose? Après tout, s'ils devaient partager une table durant les cours, autant essayer de bien s'entendre, non? Ou du moins d'être cordiale. L'altercation, si l'on pouvait appeler ce qui s'était passé comme cela, n'avait pas été grand chose, il pouvait passer outre. Et puis, il devait aussi bien admettre qu'aussi étrange que cela puisse paraître, le garçon l'intriguait.

Quoiqu'il en soit, avant de se perdre dans ses pensées, il se décida à parler.

- Alors toi c'est Sherlock, c'est ça? lança t-il l'air de rien.

A ces mots, le garçon s'arracha à sa contemplation de quelque chose – quoi que cela soit John ignorait de quoi il s'agissait - et se tourna lentement vers lui, le regardant droit dans les yeux.

- Je ne vois absolument l'intérêt de cette phrase, John répliqua t-il d'un ton ennuyé, avant de se détourner.

John écarquilla les yeux, sans même s'en rendre compte. C'est bien la première qu'on la lui sortait celle là pensa t-il. Alors il demanda, piqué par la curiosité, un simple: «Pourquoi?».

Simple, mais qui provoqua chez son interlocuteur un profond soupir, comme si cela lui coûtait beaucoup de devoir répondre à cette question. Alors il répondit, sans même le regarder.

- Manifestement tu sais que je m'appelle Sherlock vu que tu viens de le dire, alors l'intérêt de ta phrase, qui attendait probablement juste une confirmation, ne sert à rien. Il insista bien sur le «rien», avant de se désintéresser totalement de lui.

- C'était juste histoire de parler enchaîna néanmoins John, en haussant nonchalamment les épaules.

- Si à l'avenir une telle idée devait resurgir de ton esprit, j'apprécierais grandement que tu l'as supprime.

- Que je l'a supprime? répéta t-il bêtement, en clignant stupidement des yeux. Le garçon critiquait sa phrase qui n'avait selon lui aucun intérêt, mais la sienne n'avait juste aucun sens.

A cette nouvelle interrogation, le brun se tourna de nouveau vers lui, et cette fois, le fusilla du regard, clairement irrité.

- Si tu n'as rien d'intéressant à me dire, ne me dis rien.

- Et si j'ai quelque chose d'intéressant à te dire? ne pu t-il s'empêcher de répliquer, amusé malgré lui, et toujours pas impressionné par son attitude hostile.

L'air hostile disparu laissant place à une expression clairement dubitatif.

- Il n'y a que très peu de chances pour que cela arrive.

- Très peu. Cela veut donc dire qu'il y en a toute de même conclut-il avec un sourire satisfait.

Sur ce, John prit son stylo et commença à écrire les consignes inscrites sur le tableau, ne remarquant pas le regard étrange du brun posé sur lui.